« Santé : quand l’empathie est considérée comme une faiblesse… »
Date de publication : 2 mars 2026 Temps de lecture: 4 min

Dans Libération, Christian Lehmann, médecin et écrivain, « se demande […] comment remettre la prise en compte de l’autre au cœur du système de santé ».
Le médecin cite ainsi Theodore Zeldin, historien, sociologie et philosophe anglais, qui évoquait en 1988 le système de santé sous Margaret Thatcher : « J’ai appris à connaître ce conflit permanent dans lequel vous, médecins, vous débattez, entre les impératifs de santé et les impératifs financiers. Ici, en Angleterre, le souci d’argent est devenu obsessionnel. Tout est argent. Les comptables sont devenus les maîtres de la société. C’est une éthique différente, qui rend fous les médecins… Mais vous ne savez pas la chance que vous avez. Vous êtes au cœur du combat de la compassion. Et parce que c’est difficile, parce que vous vous sentez isolés, vous perdez espoir… ».
Christian Lehmann écrit : « J’y ai repensé la semaine dernière en cherchant à venir en aide à une patiente vue en téléconsultation. Vivant dans un endroit médicalement désertifié, elle avait du mal à obtenir un rendez-vous pour une urgence gynécologique. Sur un forum médical de la région, j’expose son cas et demande si un confrère ou une consœur aurait une idée pour l’aider. […] Nombre de réponses m’interpellent, du genre : «C’est aux femmes de faire ce qu’il faut faire au bout d’un moment non ? Se déplacer, prendre les rendez-vous…», «Tu as vraiment du temps à perdre ! On ne peut pas faire les choses à leur place…» ».
Le médecin et écrivain précise : « Je n’ai pas réussi à aider la patiente qui, comme tant d’autres, subira donc une perte de chance. […] Mais ce qui m’a surpris, c’était le ton employé par certains confrères. Pour eux, semble-t-il, l’empathie ou la compassion envers une patiente confrontée à la désertification médicale est une perte de temps. Et je me suis rendu compte à quel point les choses avaient changé au fil des décennies ».
Christian Lehmann écrit que « de nombreux soignants aujourd’hui portent un regard critique sur la génération des médecins boomers des années 80-90. Ils considèrent, parfois à juste titre, que leur rapport aux patients était vicié, que certains, pour fidéliser leur «clientèle», travaillaient à guichet ouvert, prescrivant des médicaments ou des examens complémentaires au-delà de leur stricte nécessité, se déplaçant à domicile ».
« Or au fil des années, avec la raréfaction des médecins, ce type de pratique n’a plus été possible, et on voit nombre de patients s’en plaindre. Ils considèrent les plus jeunes médecins comme insuffisamment empathiques, pas aussi dévoués que le généraliste des temps bénis que l’on pouvait sonner à toute heure, et pour qui travailler 15 heures par jour était une vocation », remarque le médecin.
Il poursuit : « Cela signifie-t-il que les jeunes soignants auraient perdu leur empathie, se seraient éloignés des patients ? C’est le reproche que leur font beaucoup de confrères et de consœurs de mon âge, ayant travaillé ainsi toute leur vie, le nez dans le guidon, et s’agaçant soudain, à l’âge de la retraite, de ne trouver personne pour racheter leur patientèle (…) ou reprendre leur activité à temps complet ».
Christian Lehmann ajoute que « l’empathie, la compassion, ne sont possibles que lorsque le méta cadre le permet, ce qui était le cas il y a quelques années, et qui ne l’est plus aujourd’hui. Prendre de son temps pour aider dans son parcours de soins un patient qui galère pour trouver des rendez-vous, c’est possible dans un système de santé fonctionnel ».
« Aujourd’hui, dans un système extrêmement dégradé, avec des délais très longs, l’incapacité à joindre les confrères, l’attente pour récupérer des résultats sanguins, des biopsies, des examens complémentaires (…), c’est chronophage et épuisant. De même que la prise en compte des situations liées aux inégalités sociales de santé est indispensable en soins primaires, et complètement dévaluée et ignorée par les tutelles », poursuit-il.
Christian Lehmann continue : « La vision comptable imposée et largement répétée, qui veut qu’un patient soit un irresponsable qu’il faut taxer de nombreuses franchises, et le médecin un complaisant qui distribue des arrêts de travail sans souci du produit intérieur brut, a détruit en grande partie ce qui faisait du système français un système envié, celui d’une prise en charge médicale individuelle respectueuse de l’humain. Et si, globalement, patients comme soignants, nous ne mettons pas le holà à cette dérive, cela va encore s’aggraver ».
« Dans les entreprises, une femme sur quatre se dit “en mauvaise santé mentale”, davantage que les hommes »
Date de publication : 3 mars 2026 Temps de lecture: 2 min

Le Parisien fait savoir qu’« une femme salariée sur quatre se dit «en mauvaise santé mentale» contre 19% des hommes, un constat qui s’aggrave chez les moins de 40 ans, selon une étude d’Ipsos-BVA pour le cabinet Qualisocial ».
Le journal ajoute que « les femmes sont plus nombreuses à se déclarer en bonne santé mentale par rapport à la même étude menée en 2025 (74%, soit + 5 points), «mais l’écart avec les hommes persiste» ».
Le quotidien précise que « pour celles qui se déclarent «en plutôt ou assez mauvaise santé mentale» cette «fragilité se concentre chez les plus jeunes», relève le baromètre. Ainsi, elles sont «29% chez les femmes de moins de 40 ans (contre 22% chez les 40 ans et plus)» à se déclarer «en mauvaise santé mentale» ».
L’enquête souligne que « les femmes expliquent davantage la dégradation de leur santé mentale par des facteurs liés au manque de temps pour soi (44% contre 35% chez les hommes) et aux difficultés personnelles ou familiales (32% contre 28%), et moins par la situation politique nationale (25% contre 32%) ».
Le Parisien relève que « «la charge mentale et l’équation temps – vie personnelle – travail» semblent être le nœud du problème, même si par ailleurs, elles ont un regard moins positif que les hommes sur certains aspects de la vie au travail ».
« Le premier hôpital des nounours va ouvrir au CHU d’Orléans »
Date de publication : 5 mars 2026 Temps de lecture: 2 min

Christian Panvert remarque dans Le Parisien que « pour dédramatiser une hospitalisation, des étudiants en médecine à la fac d’Orléans apprennent aux enfants […] le fonctionnement d’un établissement de santé et la pratique des médecins ».
Le journaliste souligne en effet que « consulter un praticien ou se rendre à l’hôpital est souvent angoissant pour les enfants. Alors, pour relativiser ce passage, une douzaine d’étudiants en santé ont créé un «hôpital des nounours», reconstitué dans un local du CHU ».
Maxime Fradet, président de l’association Hôpital des nounours, indique que « ce lieu fictif existe dans tous les hôpitaux qui comptent une faculté de médecine. […] Nous nous déplaçons tout d’abord dans les écoles en amont pour rencontrer les enfants afin de discuter avec eux de leurs représentations du monde médical et de la maladie en général ».
« C’est aussi l’occasion de les faire prendre contact avec du matériel médical : brassard à tension, ou stéthoscope afin qu’ils puissent poser des questions. L’action se déroule ensuite dans des locaux de l’hôpital », ajoute l’étudiant en médecine.
Christian Panvert explique donc que « les jeudis 5 et 12 mars, différents stands seront installés sur le site du CHU. Médecin traitant, bloc opératoire, hygiène bucco-dentaire ou l’alimentation seront autant de thématiques présentées ».
Maxime Fradet précise : « Les enfants viennent avec leur doudou auquel ils vont prêter une pathologie. Ce qui permet d’inverser le rapport. L’enfant n’est plus passif parce qu’accompagné de ses parents et pris en charge par le médecin. Là, c’est lui qui prend le rôle d’accompagnateur de son doudou malade. Ça le responsabilise. Le doudou sert de médiateur pour dédramatiser et expliquer à l’enfant les gestes qu’il peut être amené à subir s’il est hospitalisé ou s’il va chez le médecin ».
« Un lien direct entre perte auditive et déclin cognitif découvert »
Date de publication : 4 mars 2026 Temps de lecture: 3 min

Thaïs de Bastard remarque dans Sciences et Avenir que « la presbyacousie est une perte auditive liée à l’âge se caractérisant par une diminution progressive de l’audition. Elle représente près de 90% des cas de surdité. […] Elle ne résulte pas seulement du déclin des organes auditifs, mais implique également des lésions du cortex auditif ».
Le journaliste explique ainsi que « de nombreuses études montrent une association étroite entre presbyacousie et déclin cognitif, à tel point que des chercheurs ont prouvé que les seuils d’audition pouvaient servir d’indicateurs prédictifs des déficits des fonctions exécutives (mémorisation, planification, attention) ».
Il ajoute que « d’autres scientifiques ont démontré que la perte auditive constituait le premier facteur de risque modifiable de la démence. Toutefois, les mécanismes physiologiques à l’origine de cette association demeuraient mal compris ».
Thaïs de Bastard annonce qu’« une étude publiée dans la revue eNeuro a identifié pour la première fois un lien neurobiologique spécifique entre ces deux phénomènes. [….] Les chercheurs de l’Université de Tiangong et de l’Hôpital de Shandong, en Chine, ont examiné l’audition et la cognition de 110 participants âgés de 50 à 74 ans. Parmi eux, la moitié présentait une presbyacousie, tandis que l’autre moitié était composée de témoins sains ».
Le journaliste indique que « les biologistes ont mesuré les seuils d’audiométrie tonale, soit la capacité à percevoir des sons à différentes fréquences et intensités, et les seuils de reconnaissance vocale (…). Puis, pour quantifier les caractéristiques cognitives, ils ont mesuré l’activité cérébrale spontanée par IRM, et le volume de matière grise ».
Les chercheurs notent ainsi que « chez les patients presbyacousiques, une atrophie de la matière grise et une diminution de l’activité cérébrale électrique ont été constatées », évoquant « des dommages d’autant plus marqués que la perte auditive était sévère ».
Les auteurs ajoutent : « L’altération de la structure cognitive et de la connectivité aux réseaux cérébraux fonctionnels dans […] 4 zones expliquerait les symptômes de déclin. Ces résultats apportent la première preuve neurobiologique directe reliant la perte auditive au déclin cognitif via une réorganisation neuronale coordonnée ».
Thaïs de Bastard poursuit : « L’hypothèse des scientifiques est celle de « la privation auditive » : lorsque le cerveau cesse de recevoir des signaux sonores clairs, les zones responsables du traitement de ces informations s’atrophient et se déconnectent progressivement du reste des réseaux cérébraux. L’impact se propage notamment aux zones de mémoire et de prise de décision et finit par affecter l’ensemble des fonctions cognitives ».
Les auteurs indiquent cependant que « nous ne pouvons exclure que des modifications cérébrales préexistantes contribuent aux altérations observées ».
Ning Li, co-auteur, ajoute que « le principal enseignement est que la préservation de la santé auditive pourrait protéger l’intégrité cérébrale. Étant donné que les variations du ratio fonctionnel-structurel sont corrélées à la fois à la perte auditive et au déclin cognitif, ce ratio pourrait à terme servir de biomarqueur – un outil permettant aux médecins d’identifier les personnes présentant le risque le plus élevé de démence, simplement en analysant leurs examens cérébraux ».
« “L’impression de tromper les autres sur ses qualités” : et vous, souffrez-vous du syndrome de l’imposteur ? »
Date de publication : 6 mars 2026 Temps de lecture: 2 min

C’est ce que titre Le Parisien, qui indique que « d’après une enquête inédite [de l’institut Odoxa], 83% de Français ont déjà éprouvé ce syndrome, principalement les femmes et les jeunes, et 32% doivent composer avec de façon régulière. Une BD s’intéresse au phénomène, accompagnée d’un test accessible en ligne ».
Bérangère Lepetit précise ainsi que « 38% se sentent freinés dans leur vie. Les catégories sociales supérieures, les jeunes et les femmes sont les plus concernés. L’étude nous apprend que chez les hommes, le syndrome «tend à s’atténuer avec la maturité professionnelle et les prises de responsabilités». Chez les femmes, ce n’est pas le cas. Entre 35-49 ans, 51% d’entre elles sont touchées, contre 28% des hommes ».
La journaliste rappelle que « ni maladie, ni trouble, le syndrome de l’imposteur est un phénomène sociétal qui repose, selon le psychologue Kevin Chassangre, sur «la peur d’être démasqué, l’impression de tromper les autres sur ses véritables qualités et le sentiment que votre place – ou votre poste – vous a été mal attribué» ».
Inès Gauthier, psychologue clinicienne, remarque que « beaucoup d’hommes peuvent le ressentir mais ils n’en parlent pas toujours beaucoup ou ils ne l’identifient pas car ils sont moins dans l’introspection que les femmes ».
Bérangère Lepetit note que « cette dernière repère souvent ce trouble chez les personnes neuroatypiques, par exemple diagnostiquées HPI ou TDAH. […] La plupart des personnes peuvent néanmoins mener une vie relationnelle et professionnelle tout à fait épanouie. Mais lorsque le syndrome est trop pesant, comment alléger son poids ? ».
Inès Gauthier répond qu’« il faut travailler sur l’image que l’on a de soi et apprendre à accepter les compliments, par exemple ».
« Violences conjugales : le repérage par les médecins généralistes progresse mais de manière encore lente, estime la HAS »
Date de publication : 9 mars 2026 Temps de lecture: 3 min

Mattea Battaglia relève dans Le Monde qu’« en matière de repérage des violences faites aux femmes, les médecins généralistes, interlocuteurs privilégiés des patientes, pourraient faire mieux. [Dans le cadre de] la Journée internationale des droits des femmes, dimanche 8 mars, la Haute Autorité de santé (HAS) a rendu publics […] les résultats d’une consultation faisant état de progrès, toutefois encore lents ».
La journaliste souligne que « dans le secret de la consultation, les échanges sur le sujet ne vont pas de soi : une femme sur 20 (5%) déclare avoir été questionnée à ce propos, contre une sur 33 (3%) en 2022 ».
La HAS observe ainsi : « Aujourd’hui, seul un quart des victimes se confient à leur médecin généraliste, essentiellement parce qu’elles lui en parlent d’elles-mêmes, faute d’avoir été questionnées ».
Mattea Battaglia explique que la HAS, « qui recommande depuis 2019 aux généralistes comme aux autres professionnels de santé (gynécologues, sages-femmes, urgentistes…), de demander à toutes leurs patientes «si elles subissent ou ont subi des violences», même en l’absence de signes d’alerte, a mis en place ce baromètre, qui en est à sa troisième édition, pour suivre l’évolution des pratiques ».
La journaliste relève que « les besoins sont manifestes […] : parmi les répondantes, une sur cinq déclare subir ou avoir subi des violences (verbales, psychologiques, sexuelles…) de la part de son partenaire, dont 21% en ont parlé, spontanément, en consultation. Mais 39% n’ont rien dit, tout en signalant qu’elles l’auraient fait si le médecin les avait questionnées. Reste que plus du tiers (35%) pensent «ne jamais lui en parler» ».
Mattea Battaglia ajoute que « sur le terrain, si le principe du questionnement n’est remis en cause par aucun praticien, les modalités de sa «systématisation» font émerger certaines réserves ».
La Dre Julie Chastang, vice-présidente du Collège de médecine générale, remarque ainsi qu’« il y a beaucoup de questions à poser lors d’une consultation, sur les conditions de vie, la santé au travail, les consommations d’alcool, de tabac, les vaccins, la prévention. Sur le papier, tout le monde comprend qu’on en fasse un objectif essentiel, mais dans la réalité, la demande, un peu injonctive, se heurte à de nombreux écueils ».
La journaliste précise : « Un écueil de temps, d’abord, les généralistes se rejoignant sur le constat que le temps de la consultation est «compté», mais aussi qu’une relation de confiance avec le patient se construit «dans la durée». Un écueil de formation, aussi ».
La Dre Chastang remarque que « le repérage des violences fait aujourd’hui partie de la formation initiale de tous les internes, en dix ans on a beaucoup progressé, mais les pratiques évoluent plus lentement, et ces violences, qui restent une question sensible dans la société, […] le sont également dans les cabinets médicaux ».
Mattea Battaglia cite en outre Sophie Duchesne, gynécologue à la Maison des femmes de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, « régulièrement sollicitée pour animer des formations ». Elle déclare : « Cela montre tout l’intérêt des collègues généralistes. Le message à faire passer, c’est qu’ils ont à poser la question des violences, et le plus rapidement possible, mais qu’ils peuvent le faire en fonction de leurs possibilités, de la patiente, du moment… Si c’est pour l’aborder en catastrophe, en étant mal à l’aise, ça peut ne déboucher sur rien ».
« “Au bout d’un mois, 90% des gens dorment mieux” : à Paris, un centre du sommeil aide les mauvais dormeurs »
Date de publication : 13 mars 2026 Temps de lecture: 3 min

Esther Serrajordia note dans La Croix : « Nuits trop courtes, insomnies, hypersomnolence… Un tiers des Français disent souffrir de ces troubles. À l’occasion de la 26e Journée du sommeil, […] La Croix s’est rendue au Centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu (AP-HP), où sont pris en charge des patients pour qui dormir n’est pas de tout repos ».
La journaliste observe ainsi : « Ici, pas de « bips » intempestifs, ni d’infirmières pressées dans les allées. Loin de l’agitation habituelle d’un hôpital, le calme domine. Seules les cloches de la toute proche cathédrale Notre-Dame rappellent, de temps à autre, le monde extérieur ».
« Ce jour-là, ce centre de référence – l’un des 50 en France – accueille quatre patients. Tous ont, au préalable, effectué une première consultation quelques mois plus tôt, un étage au-dessus », indique Esther Serrajordia.
Le Pr Damien Léger explique : « Nous leur faisons retracer l’historique de leur sommeil afin de comprendre quand les difficultés sont apparues, s’il y a déjà eu des tentatives de traitement ou des prises en charge. Certains arrivent dans un état très sévère : je pense par exemple à un patient récent qui ne dormait que trois heures par nuit, mettait 1h45 à s’endormir, avec des cycles de sommeil fragmentés de 45 minutes… ».
La journaliste relève que « pour les patients du jour, le problème est inverse : le professeur soupçonne une narcolepsie (endormissements involontaires pendant la journée) ou une hypersomnie (somnolence excessive). Ils sont donc invités à passer 48 heures au centre, durant lesquelles leur sommeil est enregistré grâce à un examen de polysomnographie ».
« Des électrodes placées sur leur cuir chevelu permettent de mesurer l’activité du cerveau et des yeux ; un petit boîtier enregistre l’activité cardiaque comme un électrocardiogramme ; d’autres capteurs sont fixés sur les jambes. Tout est minutieusement surveillé », relève Esther Serrajordia.
Le Pr Léger observe : « Il existe parfois un paradoxe. Certaines personnes ont l’impression de très mal dormir alors que ce n’est pas le cas, tandis que d’autres sont persuadées d’être de très bons dormeurs alors que leur sommeil est de mauvaise qualité ».
« Nous proposons aux insomniaques des thérapies cognitivo‑comportementales : cinq séances de 2 heures, à raison d’une par semaine. Au bout d’un mois, 90% des gens dorment mieux. On voit des patients qui traînent des décennies d’insomnie et qui, soudain, revivent », indique le médecin.
La journaliste ajoute que « pour l’hypersomnie, des médicaments peuvent être nécessaires afin de maintenir l’éveil ».
« “J’ai lutté pendant des années” : un nouveau traitement prometteur pour les soldats traumatisés »
Date de publication : 16 mars 2026 Temps de lecture: 3 min

Marine Legrand et Fanny Delporte indiquent en effet dans Le Parisien qu’« une étude clinique, menée à l’hôpital militaire Bégin (Val-de-Marne), vise à améliorer la prise en charge par antidépresseurs. Les effets indésirables des médicaments actuels sont tels que seuls 30% des patients poursuivent leur traitement au-delà de 6 mois ».
Les journalistes évoquent ainsi le trouble de stress post-traumatique : « C’est le sujet sur lequel travaillent le Dr Émeric Saguin et son équipe de l’Hôpital national d’instruction des armées (HNIA) Bégin à Saint-Mandé ».
Le médecin psychiatre souligne que « chez nos patients, plus d’un sur deux interrompt son traitement avant 3 mois ».
Marine Legrand et Fanny Delporte remarquent : « Baisse de libido, vie sexuelle fortement altérée, prise de poids jusqu’à 13 kg… Les effets indésirables des antidépresseurs sont tels qu’en effet, seuls 30% des patients les poursuivent au-delà de 6 mois ».
« Il faut souvent tester une molécule durant un mois, en essayer une autre le mois suivant si elle ne fonctionne pas, etc. Le problème est d’autant plus criant chez les militaires français souffrant de stress post-traumatique, car seuls deux antidépresseurs sont autorisés face à ce trouble dans l’Hexagone : la paroxétine et la sertraline », observent les journalistes.
Elles indiquent : « Alors, comment trouver la bonne molécule pour le bon patient ? Le Dr Saguin s’est penché sur la question avec son collègue Hervé Delacour, pharmacien en chef et responsable du service de biochimie à l’hôpital Bégin. Il est sur le point d’achever une étude clinique dont les résultats intermédiaires s’avèrent particulièrement prometteurs. Son nom : Psygen ».
Marine Legrand et Fanny Delporte expliquent que « grâce à une simple prise de sang coûtant une centaine d’euros, le laboratoire est capable d’établir en une semaine le profil du malade, c’est-à-dire de savoir si son corps transformera le médicament très vite, normalement ou très lentement, de connaître la concentration de la molécule dans son sang, l’importance des effets indésirables, etc. ».
Le Dr Saguin précise : « Nous avons créé un algorithme sur mesure qui aide le médecin à mieux choisir la molécule en fonction du génotypage du patient ».
Les journalistes notent ainsi que « 97 militaires suivis en psychiatrie dans les hôpitaux militaires Bégin, Percy à Clamart (Hauts-de-Seine) et Clermont-Tonnerre à Brest (Finistère) ont été recrutés pour tester cette approche. Et les résultats sont éloquents ».
Les auteurs précisent que « lorsque les médecins ont suivi notre guide, 70% de leurs patients ont vu les effets secondaires des médicaments chuter et 50% ont constaté une augmentation de l’efficacité de leur traitement ».
Marine Legrand et Fanny Delporte observent que « les résultats définitifs seront analysés à partir de mars ». Le Dr Saguin ajoute que « nous pourrions rechercher d’autres marqueurs génétiques pour améliorer notre algorithme, décliner l’étude pour les antipsychotiques, antalgiques et antiépileptiques. Et, enfin, généraliser cette approche à tous les patients suivis en psychiatrie ».
« Le projet de “prisons-hôpitaux” pour les détenus souffrant de troubles psychiatriques, une bonne idée ? »
Date de publication : 20 mars 2026 Temps de lecture: 3 min

C’est ce que titre Le Parisien, qui explique que « Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, a annoncé sa volonté de créer des établissements hybrides pour prendre en charge les détenus atteints de pathologies psychiatriques graves. Un projet qui inquiète les soignants en milieu carcéral ».
Lucie de Perthuis note ainsi que cette « expérimentation devrait être lancée avec le ministère de la Santé, ciblant «les 700 à 800 détenus les plus dangereux» du pays, qui seraient pris en charge dans des prisons adaptées. Selon l’entourage du ministre, entre 20 et 25% des personnes incarcérées en France présentent des troubles psychiatriques nécessitant des soins spécifiques ».
La journaliste relève que cette « annonce [est] saluée par le syndicat pénitentiaire UFAP Unsa-Justice, qui y voit «la fin de la prison fourre-tout», dans laquelle les agents pénitentiaires seraient devenus des «infirmiers de fortune face à des pathologies lourdes» ».
Lucie de Perthuis indique cependant que « le projet, dont les contours restent flous, suscite de fortes inquiétudes chez les soignants. Dans un communiqué commun, fédérations hospitalières, syndicats et associations de professionnels de santé craignent «un retour à une logique purement sécuritaire», où «les soins seraient dictés par les impératifs pénitentiaires au mépris de la dignité des patients» ».
La journaliste explique que « depuis 1994, les soignants intervenant en prison dépendent de l’hôpital public et non plus de l’administration pénitentiaire. Une réforme destinée à garantir l’indépendance des soignants et le respect du secret médical. Pour Nathalie Von Zelowitz, psychologue au centre pénitentiaire de Château-Thierry (Aisne), spécialisé dans la prise en charge de détenus souffrant de troubles psychiatriques, revenir sur la loi de 1994 serait «une catastrophe». Elle redoute que la psychiatrie ne devienne un «outil de contrôle des détenus» ».
La psychologue déclare ainsi que « ce serait une véritable régression, un retour à l’asile du XIXe siècle ».
Lucie de Perthuis rappelle que « dans un rapport parlementaire consacré à la santé mentale en prison, les députées Élise Leboucher et Josiane Corneloup préconisent en premier lieu d’investir dans la psychiatrie publique, afin de mieux accompagner les malades avant le passage à l’acte, et après leur sortie ».
« Les rapporteuses alertent sur la «présence croissante en prison de personnes qui n’y ont pas leur place», conséquence directe, selon elles, de la crise de la psychiatrie publique. Le secteur continue de se paupériser alors que les besoins augmentent. Entre 2010 et 2025, le nombre de personnes faisant l’objet de mesures de soins ordonnées par la justice a plus que doublé, passant de 35.000 à plus de 73.000 », poursuit la journaliste.
« Le cannabis thérapeutique n’a pas encore fait ses preuves face aux troubles mentaux, conclut une étude du Lancet »
Date de publication : 18 mars 2026 Temps de lecture: 3 min


Libération note en effet que « le Lancet Psychiatry publie […] une analyse de la littérature scientifique sur l’efficacité et la sécurité de ce traitement dans la prise en charge de certains troubles mentaux. Pour l’heure, ses auteurs dressent un tableau peu concluant ».
Le journal rappelle que « le cannabis thérapeutique est actuellement autorisé dans plusieurs dizaines de pays, comme l’Australie, le Canada et plusieurs États de l’Union européenne − mais pas encore en France. Il a obtenu ce feu vert essentiellement dans deux grandes indications : face à la douleur et à certains troubles psychologiques. La méta-analyse du Lancet Psychiatry s’est concentrée sur ce second volet ».
Le quotidien note que « les scientifiques ont donc passé au peigne fin une cinquantaine d’essais cliniques. Et se montrent très prudents dans leurs conclusions ». Ils écrivent que « vu le manque de preuves, il est difficilement justifiable à l’heure actuelle d’employer couramment des cannabinoïdes pour traiter des troubles mentaux ou liés à l’usage de substances [addictives] ».
« Certes, les chercheurs reconnaissent que les données des travaux analysés laissent penser que ces produits peuvent “améliorer” certains symptômes liés à des troubles mentaux, comme les tics, l’insomnie, le sevrage d’une addiction au cannabis. Mais la qualité des études menées reste à ce stade insuffisante pour parvenir à des conclusions solides », continue Libération.
Les auteurs soulignent qu’« aucun effet significatif n’a été observé sur […] l’anxiété, l’anorexie mentale, les troubles psychotiques, le syndrome de stress post-traumatique et le trouble lié à l’usage d’opioïdes ».
Le quotidien ajoute qu’« ils n’ont pas non plus trouvé de «preuve» issue d’essais cliniques solides concernant les effets du cannabis dans le traitement de la dépression. En revanche, le cannabis médical ne semble pas associé à des effets secondaires graves pour traiter ces troubles ».
Libération relève que « cette absence de données probantes ne signifie pas que le cannabis thérapeutique n’a pas d’intérêt pour traiter certains de ces troubles. Elle montre surtout un «besoin pressant de recherches d’excellente qualité» pour pouvoir réellement le recommander dans les prises en charge ».
Le Figaro observe aussi : « Dépression, anxiété, stress post-traumatique… Le cannabis n’a guère fait ses preuves dans la lutte contre les troubles mentaux ».
Le journal indique qu’« une analyse de grande ampleur des études publiées depuis 1980 montre que les données sont de faible qualité, et que la recherche doit avancer avant d’envisager d’autoriser ce produit dans ces indications ».
Jack Wilson, chercheur de l’Université de Sydney (Australie), qui a mené l’étude, remarque de plus que « même si notre étude ne s’est pas penchée spécifiquement sur ce point, l’usage systématique du cannabis à des fins médicales pourrait faire plus de mal que de bien (…) par exemple en augmentant le risque de symptômes psychotiques et de développer un trouble lié à l’usage du cannabis, et en retardant le recours à des traitements plus efficaces ».
Le Figaro relève que « l’étude du Lancet Psychiatry s’inscrit dans un contexte où de nouveaux pays envisagent de légaliser le cannabis médical mais où son intérêt continue de faire débat au sein du corps médical ».
« La consommation de cocaïne et de kétamine à la hausse en Europe, à en croire les eaux usées »
Date de publication : 20 mars 2026 Temps de lecture: 2 min

Le Figaro remarque ainsi : « Une hausse de 41% entre 2024 et 2025 pour la kétamine, et de 22% pour la cocaïne : les résidus de ces deux drogues dans les eaux usées, qui permettent de retracer leur consommation, ont fortement augmenté l’an dernier par rapport à 2024 ».
Le quotidien explique que « l’étude, menée par l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA, ex-EMCDDA) en association avec le réseau de chercheurs Score, repose sur l’analyse d’échantillons quotidiens d’eaux usées municipales prélevés sur une période d’une semaine entre mars et mai 2025 dans les zones de captage de stations d’épuration dans 115 villes de 25 pays (23 pays de l’Union européenne, Norvège et Turquie). Couvrant 72 millions de personnes, l’analyse visait à détecter des traces de kétamine, de cocaïne, de MDMA, de méthamphétamine, d’amphétamine et de cannabis ».
Lorraine Nolan, directrice de l’agence, évoque ainsi « un phénomène de consommation de drogues à la fois généralisé, varié et en constante évolution ».
Le Figaro explique que « la présence de kétamine a progressé dans la majorité des villes l’an dernier, et les niveaux les plus élevés ont été observés dans des villes belges, allemandes et néerlandaises étudiées. Quant à la cocaïne, sa présence dans les égouts a elle aussi augmenté et reste élevée dans les villes d’Europe occidentale et méridionale ».
Le journal ajoute que « pour la MDMA, la majorité des localités ont signalé une baisse des détections entre 2024 et 2025. Cette diminution a été la plus marquée dans les eaux usées des villes d’Allemagne, d’Autriche et de Slovénie ».
« Des “ondes de sommeil” responsables des troubles de l’attention ? »
Date de publication : 23 mars 2026 Temps de lecture: 3 min

Anne Prigent remarque dans Le Figaro : « Oublis à répétition, pensées qui s’échappent, impossibilité de rester concentré sur une tâche monotone… Les adultes atteints de TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) connaissent bien ces décrochages. Mais d’où viennent ceux-ci, exactement ? ».
La journaliste fait savoir qu’« une étude internationale, publiée dans le Journal of Neuroscience, apporte un début de réponse inattendu. Le cerveau des personnes TDAH présente, pendant l’éveil, des intrusions d’ondes cérébrales lentes normalement réservées au sommeil profond ».
Thomas Andrillon, chercheur Inserm à l’Institut du cerveau et coauteur, indique ainsi : «Nous sommes partis du constat que les personnes atteintes de TDAH présentent des difficultés d’attention et souffrent très souvent de troubles du sommeil, qui provoquent eux-mêmes inattention et impulsivité »
Anne Prigent relève que « l’équipe a donc cherché à savoir si ces «intrusions de sommeil», c’est-à-dire l’apparition à l’éveil de marqueurs cérébraux typiques du sommeil, pouvaient contribuer aux symptômes ».
La journaliste explique que « les chercheurs ont enregistré l’activité cérébrale de 32 adultes TDAH et 31 témoins pendant une tâche d’attention soutenue. Résultat : les participants TDAH présentaient davantage d’ondes lentes, notamment dans les régions pariéto-temporales. Et plus ces ondes étaient nombreuses, plus les erreurs d’inattention, la somnolence et les temps de réaction lents ou irréguliers augmentaient. À l’inverse, leur rareté coïncidait avec des moments de concentration ».
Anne Prigent note que « ces intrusions de sommeil local ne sont pas propres au TDAH. Elles surviennent en effet chez tout le monde lorsque la fatigue s’installe. […] Chez les personnes atteintes de TDAH, toutefois, cette activité est plus fréquente ».
Thomas Andrillon indique qu’« elle pourrait constituer un mécanisme cérébral clé expliquant leurs difficultés à maintenir une attention et des performances stables au cours du temps ».
La journaliste ajoute que « les personnes atteintes de TDAH rapportent également davantage d’épisodes de vagabondage mental (« mind wandering »), mais aussi, fait plus rare dans la littérature, davantage d’épisodes de vide mental (« mind blanking »), ces moments où la pensée s’interrompt complètement ».
Anne Prigent note ainsi que le chercheur « explique avoir été frappé, lors de rencontres avec des groupes de soutien, par le nombre de personnes atteintes de TDAH qui décrivaient spontanément ces moments de vide comme une part familière et pesante de leur quotidien. Un vécu qui, paradoxalement, ne figure pas dans les critères diagnostiques officiels du trouble ».
« Les chercheurs se gardent d’affirmer que ces ondes lentes causent l’inattention. Leurs analyses statistiques de médiation indiquent néanmoins que les ondes lentes n’accompagnent pas seulement les symptômes. Elles en expliqueraient une partie, agissant comme un maillon entre le diagnostic de TDAH et les difficultés comportementales observées », continue la journaliste.
Elle note que « ces résultats ouvrent plusieurs perspectives. D’abord, celle d’un nouveau biomarqueur du TDAH, simple à mesurer avec un électroencéphalogramme. Ensuite, celle d’interventions ciblant le sommeil qu’elles soient pharmacologiques ou non médicamenteuses ».
Thomas Andrillon observe que « si on améliore le sommeil, on pourrait diminuer ces ondes lentes pendant la journée et donc atténuer certains symptômes. Ce ne serait pas une solution unique, mais un levier supplémentaire, facile à intégrer aux prises en charge existantes ».
« Stress et eczéma : un circuit nerveux identifié comme déclencheur des poussées »
Date de publication : 24 mars 2026 Temps de lecture: 3 min

Anne Prigent remarque dans Le Figaro : « Pourquoi une période de stress suffit-elle parfois à déclencher ou aggraver une poussée de dermatite atopique, plus connue sous le nom d’eczéma ? Un mystère auquel s’est longuement heurtée la science, et dont des chercheurs ont peut-être enfin trouvé la cause… ».
La journaliste relève ainsi : « On sait que le stress psychologique perturbe l’équilibre du système immunitaire, et que la peau y est particulièrement sensible, car elle est riche en nerfs et en cellules immunitaires. Des travaux récents suggèrent que les signaux envoyés par le système nerveux sympathique, qui prépare le corps à réagir face au danger, pourraient agir directement sur l’immunité cutanée. Dans la dermatite atopique, les éosinophiles, des cellules immunitaires capables de libérer de puissantes protéines inflammatoires, sont étroitement associés à la sévérité de la maladie. Mais jusqu’ici, on comprenait mal comment les signaux neuronaux liés au stress pouvaient recruter et activer ces cellules dans la peau ».
Anne Prigent indique qu’« une nouvelle étude publiée dans Science apporte enfin une explication. Les chercheurs de l’université Fudan (Shanghai) décrivent un véritable axe cerveau-peau. Un groupe très spécifique de neurones sympathiques activerait directement les éosinophiles, aggravant ainsi l’inflammation cutanée ».
La journaliste précise que les auteurs « ont combiné l’analyse de données cliniques issues de 51 patients avec des expériences sur des modèles de souris, mettant en évidence un sous-ensemble de neurones exprimant une protéine appelée prodynorphine (Pdyn+), qui innerve préférentiellement la peau. Sous l’effet du stress, ce petit réseau nerveux recrute et active les éosinophiles, déclenchant une flambée inflammatoire ».
Lilian Basso, immunologiste à l’Institut Toulousain des Maladies Infectieuses et Inflammatoires, réagit : « Ce qui est vraiment très nouveau, c’est qu’ils identifient une population neuronale du système nerveux sympathique qui réagit au stress et innerve la peau, et que c’est cette population-là qui, dans un stress spécifique, va attirer les éosinophiles et promouvoir l’exacerbation de la maladie ».
Le spécialiste note toutefois qu’« ils ont testé plusieurs types de stress chez la souris et il n’y en a qu’un qui a exacerbé la maladie, celui qui permet de sécréter le plus d’adrénaline, donc plutôt lié au stress aigu. Il faut prendre le parallèle avec la vie réelle avec des pincettes ».
Anne Prigent continue : « Pour confirmer le rôle central du système nerveux sympathique, les chercheurs ont ensuite utilisé une technique de sympathectomie chimique, en administrant aux souris une substance détruisant sélectivement ces fibres nerveuses. Résultat : les souris stressées ne développaient plus de poussée. […] La chaîne causale est désormais établie : le stress active les neurones, les neurones appellent les éosinophiles, les éosinophiles aggravent l’eczéma ».
La journaliste conclut que « cette étude ouvre donc des pistes thérapeutiques inédites. Elle suggère qu’il pourrait être pertinent de cibler les neurones sympathiques, de bloquer la production de la molécule qui attire les éosinophiles ou de moduler l’activité de ces cellules inflammatoires. Mais elle met aussi en lumière l’importance d’intégrer la dimension psychologique dans la prise en charge de l’eczéma ».
« Santé mentale : près d’une personne sur deux garde pour soi ses difficultés psychologiques »
Date de publication : 25 mars 2026 Temps de lecture: 3 min



Libération constate que « les Français souffrant d’anxiété ou de dépression sont plus nombreux qu’on ne le pense. Selon une étude publiée [hier] par Santé publique France, près d’une personne sur deux ayant souffert de difficultés psychologiques garde son trouble pour soi ».
Le quotidien remarque que « cette [propension] à taire ses difficultés psychologiques se manifeste en particulier chez les personnes âgées, dépressives ou issues de milieux ouvriers et ruraux. Celles-ci n’en parlent ni à leur entourage ni à un professionnel de santé ».
Le journal précise que « cette enquête se base sur les résultats d’une première baptisée CoviPrev et lancée en 2020. Sur plus de 8000 Français interrogés entre 2022 et 2023, près de 3000 personnes déclarent avoir ressenti un mal-être ou des difficultés psychologiques sur les 12 derniers mois. Il en ressort qu’une proportion élevée de ces personnes – 49% […] –, ont déclaré n’en avoir «parlé à personne, ni à leur entourage ni auprès de professionnels de santé» ».
Libération ajoute que « ceux qui évoquent le moins souvent leur mal-être sont les hommes âgés de plus de 65 ans (41%), mais aussi les personnes présentant un état dépressif (44%), celles vivant en milieu rural (47%) ou encore les ouvriers (46%) ».
L’étude de SpF indique ainsi que « les freins au fait de réussir à évoquer ou partager son mal-être pourraient en partie s’expliquer par des normes d’autonomie, de forte indépendance, de confidentialité ou d’anonymat, ou encore par une stigmatisation particulièrement renforcée en contexte rural ».
Le journal relève qu’« à l’inverse, les personnes de l’autre moitié de l’échantillon (51%) s’étaient confiées à un professionnel de santé ou de santé mentale (29%), un membre de leur famille (25%), un ou une ami(e) 19%, un ou une collègue de travail (7%) ou des canaux de communication alternatifs tels que le recours à une ligne d’écoute téléphonique, aux réseaux sociaux ou encore auprès d’une association (9%) ».
Libération note que « ces résultats montrent «l’importance de déployer des actions pour faciliter la parole autour de la souffrance psychique et réduire la stigmatisation» ».
Le Parisien titre également : « Santé mentale : près d’1 personne sur 2 en difficulté psychologique n’en parle à personne, selon une étude ».
Le journal rappelle qu’« en France, la prévalence des épisodes dépressifs caractérisés survenus dans l’année a presque doublé chez les 18-24 ans, passant de 11,7% en 2017 à 20,8% en 2021 ».
Le Figaro indique aussi que « près d’une personne sur deux ayant souffert de difficultés psychologiques, en particulier les personnes âgées, dépressives ou issues de milieux ouvriers et ruraux, n’en parlent ni à leur entourage ni à un professionnel de santé ».
Le quotidien relève notamment que depuis la pandémie de Covid-19, l’OMS « a observé une hausse d’environ 25% des troubles anxieux et dépressifs, en particulier chez les femmes et les jeunes ».
« Le lien entre douleur chronique et dépression enfin élucidé »
Date de publication : 30 mars 2026 Temps de lecture: 3 min

Marguerite Jamet relève dans Le Figaro que « les douleurs chroniques touchent 1,5 milliard de personnes dans le monde et sont fréquemment associées à l’apparition de troubles du comportement émotionnel : 40% des personnes touchées présentent des symptômes dépressifs ou anxieux, soit un risque deux à quatre fois plus élevé que dans la population générale ».
La journaliste explique : « On sait que des mécanismes neuro-inflammatoires sont impliqués tant dans la douleur chronique que dans les troubles émotionnels, et certains psychotropes se sont montrés efficaces contre la douleur. Deux éléments qui renforcent l’idée que le lien entre souffrance physique et psychique résulte en partie de mécanismes neurobiologiques ».
Elle fait savoir que « dans la revue Science, une équipe de chercheurs de l’université Fudan, à Shanghaï, explique avoir identifié certains leviers moléculaires impliqués dans ce mécanisme. Un premier pas pour lutter contre le développement de troubles émotionnels chez les patients souffrant de douleurs chroniques ».
Marguerite Jamet précise notamment que « l’un des secrets à l’origine de cette association fréquente réside dans une petite structure cérébrale connue pour son rôle dans la mémoire, mais aussi impliquée dans la régulation émotionnelle : l’hippocampe. Suite à des douleurs récurrentes, ce dernier grossit en réaction à la souffrance, puis diminue et s’atrophie conjointement à l’apparition progressive de symptômes dépressifs et anxieux ».
« En complétant ces observations humaines avec des données issues de modèles animaux, les chercheurs sont parvenus à comprendre le déroulement des événements sous-jacents à ces modifications structurelles », poursuit la journaliste.
Marguerite Jamet retient que le « mécanisme semble commun à tous les sujets développant une dépression suite à des douleurs neuropathiques, indépendamment de leur sexe ou de la pathologie à l’origine de la douleur. Cette observation soulève l’espoir d’identifier une cible thérapeutique qui concernerait l’ensemble des patients. Mais quelle cible ? Les «initiateurs» de ce basculement sont les neurones hyperactifs nouvellement formés dans l’hippocampe, qui s’emballent. Les microglies ne sont que les amplificateurs de cette transition ».
« Pourtant, ce sont vers elles que les chercheurs ont décidé de se tourner pour tâcher d’enrayer le processus. En limitant leur recrutement excessif et leur suractivation, ils parviennent à empêcher la dépression chez des animaux souffrant de douleur chronique, sans affecter les fonctions de l’hippocampe. Un résultat encourageant, bien qu’un long chemin reste à parcourir avant le développement d’une telle thérapie pour l’humain », continue la journaliste.
Elle conclut que « l’étude ainsi que d’autres travaux soulignent cependant que l’hippocampe n’est pas la seule structure cérébrale impliquée dans le lien entre douleurs chroniques et dépression, suggérant que des mécanismes complémentaires restent à élucider ».
« Cuisiner une fois par semaine peut réduire le risque de maladie d’Alzheimer »
Date de publication : 30 mars 2026 Temps de lecture: 3 min

Pauline Fréour note en effet dans Le Figaro : « Et si un geste simple, et aux conséquences plutôt sympathiques, aidait à prévenir le risque de maladie d’Alzheimer ? […] Des chercheurs japonais montrent qu’une piste pourrait être efficace : préparer soi-même un repas par semaine pourrait suffire, chez les seniors, à réduire le risque de plus d’un quart… ».
La journaliste explique que « les chercheurs se sont appuyés sur une cohorte d’environ 11.000 Japonais et Japonaises âgés d’au moins 65 ans, à qui il a été demandé par questionnaire s’ils savaient cuisiner (un peu, beaucoup…), et à quelle fréquence ils se faisaient eux-mêmes à manger. Ils ont ensuite croisé ces résultats avec les données de l’assurance-maladie nippone sur leur santé cognitive, pendant 6 années consécutives (entre 2016 et 2022) ».
Pauline Fréour retient que « leurs conclusions, présentées dans le Journal of Epidemiology and Community Health, montrent que les personnes cuisinant au moins une fois par semaine avaient un risque de présenter un Alzheimer réduit de 23% à 27% par rapport à celles cuisinant moins que cela. Et le gain était particulièrement significatif chez ceux qui déclaraient ne pas savoir bien cuisiner (-67%), par rapport à ceux déjà bien expérimentés en la matière ».
La journaliste observe que « les études épidémiologiques comme celle-ci ne permettant pas de conclure avec certitude sur les causes d’une telle association vertueuse, mais l’équipe de Yukako Tani, de l’Institut des sciences de Tokyo, émet une hypothèse : le bénéfice serait dû à l’activité physique nécessaire à la cuisine (aller faire les courses, rester debout pendant l’élaboration du plat, puis ranger la cuisine) ».
Yukako Tani déclare en outre que « cuisiner stimule la pensée à différents niveaux, car il faut planifier, séquencer et organiser ses gestes, autant d’activités intellectuelles associées dans des études antérieures avec un moindre risque de déclin cognitif ».
La Dre Catherine Malaplate, enseignante-chercheuse au CHU et à la faculté de médecine de Nancy, remarque pour sa part : « Quand on cuisine chez soi, on a tendance à utiliser davantage de produits bruts et frais, et moins d’aliments ultratransformés dont on sait qu’ils sont délétères pour la santé cognitive ».
Pauline Fréour note que « la biologiste rappelle que le régime alimentaire japonais comporte de nombreux poissons gras riches en acides gras polyinsaturés oméga-3 ». La Dre Malaplate observe ainsi que « les recherches que je mène avec mon équipe visent à montrer que la consommation de ces composants, très présents et utiles dans les membranes neuronales, protège les neurones et améliore leur fonctionnalité ».
« Aux Etats-Unis, les promesses et les dangers d’un “shoot” de testostérone pour raviver le désir féminin »
Date de publication : 30 mars 2026 Temps de lecture: 4 min

Eve Minault constate en effet dans Le Monde qu’« outre-Atlantique, les vidéos vantant les bienfaits de cette hormone fleurissent sur les réseaux sociaux. A les croire, la testostérone résoudrait tous les maux liés à la ménopause, redonnant vitalité, joie de vivre et désir sexuel. Reste qu’elle présente des effets secondaires parfois irréversibles et ses conséquences à long terme sur la santé ne sont pas encore connues ».
La journaliste explique ainsi que « les promesses, alléchantes, ont de quoi séduire n’importe quelle femme à partir de la quarantaine : désir sexuel au top, motivation en béton, ambition décuplée, mais aussi une amélioration du sommeil et une diminution des douleurs musculaires et articulaires ».
Elle cite Marcella Hill, relevant qu’« à 45 ans, cette pétillante entrepreneuse et mère de 4 enfants de l’Etat de l’Utah parle carrément de renaissance, avec un sourire communicatif qui traverse le téléphone ».
Cette dernière déclare : « Je me sentais complètement morte de l’intérieur. Je n’avais plus aucun désir pour mon mari. J’essayais de me donner envie en buvant du vin, pour me mettre dans le mood… Je n’avais plus aucune motivation pour rien. J’avais l’impression d’être cassée. Cela me rendait très malheureuse ».
Eve Minault note qu’« il y a 7 ans, alors âgée de 38 ans, elle cherche des réponses auprès de son médecin généraliste, sans pour autant obtenir de traitement satisfaisant. […] Sur les conseils d’une amie, elle finit par s’adresser à une clinique esthétique qui lui propose de lui poser un implant sous-cutané (pellet) diffusant de la testostérone dans son corps ».
Marcella Hill indique que « les premières nuits, je me suis remise à dormir. En une semaine, mes douleurs chroniques et mon brouillard mental avaient disparu et, trois semaines plus tard, j’ai senti mon désir renaître : mon corps fonctionnait à nouveau ».
Eve Minault relève que « ce nouveau traitement est une telle révélation qu’elle décide de partager son histoire sur TikTok. La vidéo génère plus de 9 millions de vues en trois jours […] L’idée germe de monter un site de conseil, baptisé Wake Her Up (« réveille-la »), qu’elle lance en 2022 et qui s’adresse aux femmes de 40-50 ans qui, comme elle, ne se reconnaissent plus. Ces vidéos vantant l’hormone «miraculeuse» pullulent désormais sur les réseaux sociaux, réalisées par des patientes convaincues mais aussi parfois par des femmes médecins ayant elles-mêmes expérimenté le «traitement» ».
La journaliste souligne : « Une popularité qui inquiète désormais une partie du corps médical américain. Car, à ce jour, aucun traitement hormonal à base de testostérone n’a été approuvé pour les femmes aux Etats-Unis par la Food and Drug Agency (FDA) et aucune institution médicale reconnue n’a encore officiellement recommandé son usage ».
Eve Minault retient que « parmi les problèmes signalés, beaucoup parlent de perte de cheveux, de sautes d’humeur ou de l’apparition d’une nouvelle pilosité, notamment sur le visage. Et l’absence de traitement adapté aux femmes sur le sol américain inquiète particulièrement les médecins, car elle pousse certaines d’entre elles à prendre des doses très élevées de testostérone, jusqu’à dix fois le taux naturellement produit par l’organisme, sans que la science n’ait aucun recul sur les conséquences à long terme ».
Elle note que « face à cet engouement, la FDA a annoncé en juillet 2025 vouloir se pencher sur une possible réglementation. A titre de comparaison, il existe déjà une trentaine de traitements à base de testostérone pour les hommes, approuvés depuis les années 1950. Les médecins américains qui acceptent donc de prescrire aujourd’hui cette hormone aux patientes qui le leur demandent doivent commander en pharmacie des préparations spécifiques ou détourner un traitement homologué pour les hommes, en réduisant la dose pour l’adapter à leur public ».
Marcella Hill déclare ainsi que « les femmes me contactent souvent dans un état de détresse immense, alors j’ai constitué une liste de médecins prescripteurs. Aujourd’hui, c’est le plus grand annuaire mondial de thérapeutes hormonaux recommandés par des patientes du monde entier ».
Susan Davis, endocrinologue et chercheuse à l’université Monash, à Melbourne (Australie), observe de son côté que « ces femmes cherchent des réponses. Elles veulent savoir pourquoi elles sont fatiguées, pourquoi elles ont des sautes d’humeur. Elles veulent trouver une solution à ce qu’elles vivent. Mais il y a de nombreux facteurs socioéconomiques et environnementaux qui contribuent à l’épuisement des femmes et à leur moral en berne ».
« Peut-être que d’autres études permettront à l’avenir d’établir de nouveaux bienfaits de la testostérone… Mais ce qui ne va pas, c’est de faire croire qu’il existe un remède miracle qui va faire que tout le monde se sente fabuleusement bien », ajoute-t-elle.
« Retour à la revue de presse.