« Santé mentale chez les jeunes : la ministre de la Santé promet un “rendez-vous dans les 48 heures” »
Date de publication : 3 juin 2026 Temps de lecture: 2 min

« La ministre de la Santé a annoncé (…) mardi matin un système de « coupe-file » pour les jeunes souffrant de troubles psychiatriques repérés par l’Éducation nationale [pour avoir rendez-vous dans les 48 heures » avec un psychiatre ou un psychologue] », fait savoir Le Parisien.
« Si c’est un médecin scolaire, une infirmière scolaire ou un psychologue scolaire qui repère une situation de détresse, « il pourra être en contact avec les professionnels de santé de ville de son territoire (psychologue, psychiatre, pédopsychiatre) et ainsi permettre » directement cette prise de rendez-vous rapide », a ajouté Stéphanie Rist sur France Info.
« Dans les cas où c’est l’enseignant ou le directeur qui détecte, et qu’il n’y a pas de soignant dans l’établissement, « il y aura une organisation sur le territoire des professionnels de santé entre eux », de manière à « libérer des créneaux pour de l’urgence » », reprend Le Parisien.
« Je connais l’état du système de santé » notamment le manque de médecins, mais « quand on repère des troubles psychiatriques plus tôt, on évite des hospitalisations. Donc nous avons à faire cette bascule », estime la ministre.
« Stéphanie Rist a par ailleurs annoncé vouloir mettre fin aux pratiques de contention dans les établissements psychiatriques d’ici 2030 », fait savoir le journal. « C’est possible. (…) Déjà un établissement sur dix en France est engagé dans ce zéro contention, que ce soit à Marseille, à Bordeaux, à Lyon. Il y a des pays, la Norvège, l’Espagne, qui sont à plus de 90 % de diminution de leur contention », a observé la ministre.
Il faudra « un nombre de professionnels adapté, des locaux adaptés » et « une formation de toute l’équipe », donc « évidemment, ce n’est pas du jour au lendemain » mais il s’agit de garantir « la dignité humaine » et de « suivre les recommandations de la Haute Autorité de santé, car la contention peut entraîner ensuite des troubles mentaux « encore plus forts » », a-t-elle conclu.
« Mal-être – Pensées suicidaires, dépression, troubles émotionnels… Deux nouvelles études dressent un panorama inquiétant de la santé mentale des enfants et adolescents »
Date de publication : 3 juin 2026 Temps de lecture: 3 min

« Deux enquêtes publiées ce mardi 2 juin par Santé publique France (SPF) dévoilent des chiffres inquiétants : deux lycéens sur dix disent éprouver une souffrance psychique sévère, avec des pensées suicidaires », révèle Libération.
« Des résultats qui s’inscrivent dans la lignée de nombreuses alertes lancées ces dernières années, aussi bien par la voix des médecins que par d’autres études, quant à l’état psychique dégradé des enfants et des adolescents », note le journal.
« Ces nouvelles données sont tirées de la dernière édition de l’enquête nationale en collèges et lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS), menée en 2024 auprès de 11.400 élèves du secondaire par SPF », détaille-t-il.
« Interrogés dans ce cadre, 20% des lycéens déclarent avoir eu des «pensées suicidaires» au cours des 12 derniers mois. Un léger mieux (-4 points) comparé à 2022. En revanche les «tentatives de suicide déclarées au cours de la vie» ont concerné 15% d’entre eux, un chiffre en hausse de + 2 points », rapporte l’article.
« Il ressort malgré tout qu’environ huit collégiens et lycéens sur dix (respectivement 82% et 78%) se perçoivent en «bonne» ou «excellente» santé », nuance l’article. « Ce qui n’empêche pas que «les formes les plus sévères de souffrance psychique persistent chez une partie des adolescents», constate SPF, notant que près d’un lycéen sur cinq (19%) a un «risque important de dépression» (manque d’énergie, difficultés de concentration, sentiment de découragement…), «plus marqué chez les filles» : soit + 3,5 points par rapport à 2022 », avertit Libération.
« Après une «dégradation marquée» des indicateurs de bien-être et de santé mentale entre 2018 et 2022, la situation s’avère plus «contrastée» en 2024, mais les indicateurs de santé mentale des filles sont «systématiquement moins favorables» que ceux des garçons, «avec des écarts qui s’accentuent au cours du secondaire» », souligne l’article.
« L’agence sanitaire publie simultanément ce mardi de nouvelles données autour de l’enquête Enabee, consacrée à la santé mentale des enfants scolarisés en maternelle ou élémentaire en France hexagonale. Les premiers résultats de ces travaux, basés sur des questionnaires remplis par 15.000 enfants, 15.000 enseignants et 10.000 parents, étaient parus en 2023 », indique Libération.
« Il y a trois ans, Enabee avait estimé à 13% la proportion des 6-11 ans présentant un probable trouble de santé mentale : troubles émotionnels, oppositionnels, d’inattention /hyperactivité, selon les déclarations recueillies », rappelle le journal.
« Il en ressort, entre autres, que les enfants éprouvant des difficultés scolaires ou ayant vécu des événements difficiles (deuil, agression, placement à l’ASE) mais aussi un confinement pénible pendant la crise sanitaire liée au Covid-19, présentent plus souvent des troubles », reprend-il. « Mais à ce stade, il ne s’agit que d’associations et non pas de lien de causalité formel », tempère l’article.
« La question du lien entre santé mentale et écran, qui n’est pas abordée dans ces deux études, est l’objet d’une thèse spécifique encore en cours. Sa date de publication n’est pas encore connue », conclut Libération.
« L’indispensable suivi neurologique des enfants nés prématurés »
Date de publication : 3 juin 2026 Temps de lecture: 4 min

« Si la majorité des bébés nés prématurément évoluent favorablement, certains présentent des troubles du neurodéveloppement. Il est crucial de les repérer tôt pour mieux accompagner ces enfants et leurs parents », indique Pascale Santi dans Le Monde.
« Les données des deux enquêtes Epipage, pilotées par l’Inserm, qui ont suivi environ 5000 enfants, montrent que, à 5 ans et demi, 34% des enfants nés extrêmes prématurés (entre 24 et 26 semaines d’aménorrhée), près de 46% des grands prématurés (entre 27 et 31 semaines) et 55% de ceux nés modérément prématurés (entre 32 et 34 semaines) auront une trajectoire développementale proche de la normale », fait savoir l’Inserm.
« En revanche, près de 28% des enfants nés extrêmes prématurés présentaient des difficultés sévères ou modérées de développement, contre 19% de ceux nés grands prématurés et 12% de ceux nés modérément prématurés, selon ces études », rapporte la journaliste.
« Le risque de trouble du neurodéveloppement [TND] – sur le plan moteur, sensoriel, cognitif, comportemental, qui entraîne une altération du fonctionnement personnel, social, scolaire… – est inversement proportionnel au terme à la naissance », note Stéphane Marret, professeur de pédiatrie au CHU de Rouen.
« D’où l’importance du repérage précoce. Retard de marche, troubles moteurs, difficultés visuelles ou auditives, troubles du langage, de l’attention, de comportement… sont autant de signaux d’alerte. Un suivi est en général proposé dès la maternité, et ce jusqu’aux 7 ans de l’enfant », reprend l’article.
Pour « Yarah, née au printemps 2023 à 29 semaines », « le diagnostic de paralysie cérébrale est tombé en juillet 2024. Il se manifeste par des troubles moteurs possiblement accompagnés de difficultés cognitives ou sensorielles », raconte Pascale Santi.
« Yarah a ce que l’on appelle une triplégie spastique – de la raideur dans les jambes et un peu dans la main gauche –, elle doit porter des attelles, marche avec un déambulateur à l’extérieur et suit une rééducation intensive : kinésithérapie, psychomotricité, orthophonie, notamment au Centre d’action médico-sociale précoce [CAMSP] du CHU de Rouen », observe sa mère, neurologue.
« Elle progresse constamment et prépare son entrée à l’école en septembre », poursuit-elle. « En effet, plus on intervient tôt, plus on peut améliorer la trajectoire de l’enfant »,assure Nolwenn Nabat, orthophoniste au CAMSP du CHU de Rouen.
« L’accompagnement passe aussi par le soutien des parents. Notre premier objectif, c’est qu’ils comprennent le trouble de leur enfant, qu’ils puissent proposer des jeux, des stimulations et des interactions adaptées au quotidien », explique le neuropédiatre Stéphane Rondeau, dont l’équipe utilise des programmes de guidance parentale, comme PACT. « Il s’agit de déculpabiliser les parents, de les valoriser », insiste le spécialiste.
« Depuis 2019, les plateformes de coordination et d’orientation (PCO) jouent un rôle-clé et orientent les enfants dont le développement suscite des inquiétudes vers un diagnostic et une prise en charge adaptée. Mais les délais restent longs dans certains territoires, de l’ordre de plusieurs mois », rappelle Le Monde.
« Si des expérimentations positives sont menées sur une prise en charge précoce, comme le parcours Cocon en Occitanie », « il y a des endroits où il n’y a pratiquement pas de suivi », alerte Charlotte Bouvard, directrice et fondatrice de l’association SOS Préma.
« Autre enjeu, la prise en compte de l’âge corrigé dans l’évaluation des enfants », note Le Monde. « Vous ne pouvez pas évaluer un bébé né trois mois trop tôt de la même façon qu’un enfant né à terme », insiste Jean-Baptiste Muller, chef du service de pédiatrie néonatale au CHU de Rouen. « A l’école aussi, les familles demandent davantage de souplesse », indique l’article.
« L’objectif est d’aller vers une médecine de précision et de trouver le meilleur écosystème à mettre en place autour de chaque enfant », estime Stéphane Marret.
« Problème : Le manque de personnel formé au repérage précoce des TND, le manque de programmes de guidance parentale, et l’insuffisance de coordination entre les acteurs de la petite enfance, comme les collectivités – crèches, écoles, PMI –, les PCO TND, les structures médico-sociales, etc. », constate le pédiatre.
« Santé mentale des jeunes : “On est dans une société qui mange ses enfants” »
Date de publication : 8 juin 2026 Temps de lecture: 4 min

Dans Libération, le médecin et écrivain Christian Lehmann remarque que « Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a annoncé le 2 juin la relance de la «grande cause nationale» qu’était censée représenter la santé mentale… en 2025. Avec, entre autres, un dispositif prétendument novateur, non pas un nouveau numéro vert pomme, mais un système de «coupe-file» pour déclencher une prise en charge sous 48 heures par un psychologue, un psychiatre ou un pédopsychiatre si un membre du personnel de l’Education nationale considère qu’un élève pourrait devenir dangereux pour lui-même ou ses camarades ».
« Le moins qu’on puisse dire est que, sur le terrain, les professionnels sont partagés entre l’incompréhension et la consternation », écrit le médecin.
Marie Langlois, psychoclinicienne, réagit ainsi : « Ce qui m’interpelle, au niveau du dispositif, c’est l’idée que c’est la régulation du Samu qui va être chargée de contacter les psys. J’ai participé à Rouen à l’ouverture du 31 14, numéro d’appel pour gérer les crises suicidaires, et les écoutants, infirmiers en psychiatrie, ou psychologues, sont spécifiquement formés, connaissent le réseau local, savent comment orienter ».
Elle explique que « ce sont des prises en charge téléphoniques assez longues, complexes, pas un travail de secrétariat téléphonique à pratiquer en urgence, d’autant qu’en aval les centres médico-psychologiques sont blindés, les psychiatres surchargés. Ça sent vraiment l’effet d’annonce pour paraître novateur, sans jamais sécuriser voire renforcer l’existant ».
Thierry Baubet, pédopsychiatre, déclare quant à lui que « le terme même de coupe-file est choquant, car qu’est-ce qu’un coupe-file sinon un passe-droit ? En pédopsychiatrie, tous les enfants qu’on reçoit ont besoin de soins, d’un suivi à long terme, ce n’est pas du superflu, de l’occupationnel… Or que nous demande-t-on là, d’annuler des prises en charge, de les repousser, dans le but de traiter des cas considérés comme plus graves par l’école ? ».
Le pédopsychiatre ajoute qu’« on paie aujourd’hui un défaut d’investissement historique, les psychiatres pour enfants sont une minorité. Nous sommes actuellement réunis en congrès à Nice et ce qui remonte lorsque nous parlons entre nous, c’est que personne n’a été consulté, aucune société savante, aucun syndicat, pour sortir cet effet d’annonce. Bien sûr qu’il faut améliorer l’articulation entre l’école et le soin, mais pas comme ça, et pas sans les spécialistes de ces sujets ».
« Et que dire de la médecine scolaire, en déshérence, de la disparition des structures intermédiaires comme les éducateurs de rue, tout un tissu de soutien social qu’on a laissé se déchirer. On est dans une société qui mange ses enfants », continue Thierry Baubet.
Johan Faerber, enseignant en lettres et essayiste, note pour sa part : «Alors oui, l’un des problèmes majeurs que nous rencontrons à l’école est le déficit de médecins et d’infirmières scolaires, particulièrement dans les secteurs en difficulté comme le 93. Mais, au-delà de cela, il y a une cause majeure de stress et de mal-être qui impacte la santé mentale des jeunes, c’est la détresse liée à Parcoursup, qui crée un stress constant chez les élèves, une fragilisation de l’élève par rapport à sa propre expertise ».
« On ne mesure pas la violence du système mis en place, cette ère de management émotionnel toxique, cette culture de l’entrepreneuriat entraînant un stress exponentiel pendant les études. Et comme, dans le même temps, il y a de moins en moins d’adultes dans les collèges et les lycées, moins de professeurs, moins d’AESH, la souffrance des adolescents est tue, leur détresse devient une masse opaque dont sont désignés responsables TikTok ou les jeux vidéo alors que le temps passé sur les écrans est juste une manière de tenter de retrouver une certaine liberté, d’échapper à la toxicité du système éducatif actuel », continue l’enseignant.
« Cocaïne en France : les passages aux urgences liés à sa consommation sont repartis à la hausse en 2025 »
Date de publication : 11 juin 2026 Temps de lecture: 2 min

Sciences et Avenir constate que « la consommation de cocaïne a un impact « significatif » sur la santé des Français et sur les hôpitaux, où les passages aux urgences associés ont connu « une reprise marquée » en 2025 pour dépasser les 6.500, selon un état des lieux publié lundi 8 juin 2026 par Santé publique France ».
SpF fait ainsi savoir qu’« avec 6.529 passages (aux urgences, ndlr) en lien avec la consommation de cocaïne et 2.096 hospitalisations après passage en 2025, l’impact de la consommation de cocaïne sur la santé des Français et pour les services de soins hospitaliers est significatif ».
Le magazine explique que « cela représente, en moyenne, 125 passages aux urgences par semaine. […] Entre 2012 et 2022, les passages aux urgences liés à la consommation de cocaïne ont été quasiment toujours en hausse (hormis une stabilisation en 2019), et l’augmentation a été encore plus marquée en 2023 ».
Sciences et Avenir souligne qu’« après une stabilisation en 2024, […] 2025 a enregistré « une reprise marquée », avec un taux de 34,7 passages liés à la cocaïne pour 100.000 passages toutes causes, soit un bond de 26% sur un an. Également reparti en hausse, le taux d’hospitalisations post-urgences s’est élevé à 55,1 pour 100.000 (+22% par rapport à 2024) ».
Le magazine précise qu’« il existe aussi des « disparités régionales marquées », avec des taux de passages très élevés en Bretagne (61,4 pour 100.000), Provence-Alpes-Côte d’Azur (55,9/100.000) et Guyane (52/100.000) en 2025. […] Sur 39.383 passages aux urgences liés à la cocaïne en entre 2012 et 2025, 73% concernaient des hommes (…) et l’âge médian était de 32 ans ».
Il ajoute qu’« outre la dépendance, la consommation de cocaïne peut avoir des conséquences médicales aiguës, principalement cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, thrombose) et psychiatriques (dépression, attaque de panique, paranoïa). […] Et les passages aux urgences liés à la cocaïne restent fréquemment associés à des consommations d’autres substances, alcool en tête, ce qui augmente les risques pour la santé ».
« Comprendre et traiter l’anxiété : les recherches d’Anna Beyeler ouvrent de nouvelles perspectives »
Date de publication : 16 juin 2026 Temps de lecture: 3 min

C’est ce que titre Le Monde, qui explique : « Directrice de recherche Inserm, la scientifique présente les dernières avancées de ses travaux sur les réseaux neuronaux et l’anxiété. Elle explore notamment de nouvelles thérapies anxiolytiques fondées sur les psychédéliques ».
Claire Mayer remarque ainsi : « Comment distinguer l’anxiété de la peur ? Cette question revient régulièrement lorsque l’on interroge Anna Beyeler, cheffe de l’équipe Circuits neuronaux de l’anxiété au Neurocentre Magendie (Inserm, université de Bordeaux) ».
La spécialiste précise que « la peur est une réponse physiologique et comportementale à un danger immédiat. Face à une forêt en feu, la réaction adaptée consiste à s’éloigner. L’anxiété, en revanche, est une réponse physiologique et comportementale à un danger potentiel, c’est-à-dire à l’anticipation d’un danger ».
Claire Mayer indique que « si la peur et l’anxiété sont des mécanismes fondamentaux pour la survie, elles peuvent devenir pathologiques lorsqu’elles persistent en l’absence de danger réel ou potentiel. Les troubles anxieux sont particulièrement fréquents : ils regroupent 9 catégories différentes et concernent chaque année environ 17% des adultes. Plus de 21% de la population sera confrontée au cours de sa vie à un trouble anxieux ».
« Les recherches d’Anna Beyeler répondent donc à un enjeu de santé publique. Ils mettent aussi en évidence les limites des traitements actuels. Car, si les antidépresseurs constituent une part importante de l’arsenal thérapeutique, près de 30% des patients y sont résistants, sans compter qu’il faut souvent 4 à 5 ans pour établir le bon diagnostic, puis une durée comparable pour identifier le traitement le plus efficace », continue la journaliste.
Elle précise que « ses recherches se concentrent sur deux régions cérébrales impliquées dans l’anxiété. La première, le cortex insulaire, joue un rôle central dans la perception des signaux internes de l’organisme, comme la fréquence cardiaque, la respiration ou la pression artérielle. La seconde est le noyau du raphé, zone qui contient les neurones producteurs de sérotonine, neurotransmetteur essentiel dans le traitement de l’anxiété ».
Claire Mayer ajoute que « d’autres travaux sont menés en collaboration avec des équipes hospitalières sur des interventions cognitives, […] grâce à la stimulation cérébrale mesurée par électroencéphalogramme (EEG). […] Mais la piste principale étudiée est celle des psychédéliques, et en particulier la 5-MeO-DMT, qui appartient à la même famille que le LSD ou la psilocybine ».
Anna Beyeler déclare que « l’aspect révolutionnaire de ces substances est qu’une ou deux administrations peuvent produire des effets qui persistent plusieurs mois, voire plusieurs années. Cela contraste fortement avec les anxiolytiques classiques, qui nécessitent une prise chronique ».
La journaliste ajoute que « ses résultats montrent qu’un effet anxiolytique est observable dès la première heure après administration dans certaines conditions expérimentales. Sept jours plus tard, les animaux présentent encore une réduction significative de l’anxiété dans plusieurs tests comportementaux. Les recherches visent désormais à comprendre les mécanismes neurobiologiques responsables de ces effets durables ».
« Quand la maladie mentale infiltre la famille : “Les proches aidants, grands oubliés du système” »
Date de publication : 16 juin 2026 Temps de lecture: 3 min

Clémence Bauduin livre dans Le Parisien le témoignage de Karine Buisson, qui « se heurte au diagnostic posé sur la santé mentale de son fils après trois années d’errance médicale : le jeune adulte est atteint de schizophrénie. Dans son livre «Maman, je ne suis pas malade» (Éd. Eyrolles), publié début juin, elle raconte son rôle d’aidante dès la survenue de la maladie et des bouleversements qu’elle a engendrés ».
Elle déclare que « quand une personne qu’on aime tombe malade, c’est toute une famille qui entre dans la maladie. […] Les proches aidants restent les grands oubliés du système de soins ».
Clémence Bauduin observe que « 5 millions de Français aident un proche parmi 3 millions de personnes atteintes de troubles psychiques sévères. Lorsque son fils fait une bouffée délirante aiguë marquée par des hallucinations, en 2017, cette ancienne directrice de la création dans l’industrie automobile est forcée de se familiariser avec «un pays dont on ne connaît pas la langue, un territoire dont on ignore tout» ».
« Pas à pas, Karine Buisson a épaulé son fils pour l’aider à mener une vie la plus normale possible », continue la journaliste.
Karine Buisson souligne : « Le processus de rétablissement d’une personne qui vit avec un trouble psychique repose en très grande partie sur le soutien de son entourage. Les familles sont des partenaires de soin, elles prennent le relais des professionnels de santé. Leur rôle est le deuxième facteur de rétablissement après les médicaments ».
Clémence Bauduin relève que « ce n’est donc pas tout à fait par hasard si elle est entre-temps devenue pair-aidante familiale au GHU, le principal groupement hospitalier consacré aux maladies mentales et du système nerveux, qui comprend notamment l’hôpital Sainte-Anne ».
Karine Buisson indique ainsi : « On se tient debout et on ne se rend pas compte de ce que ça génère sur soi. Les retombées psychologiques sont très importantes sur les parents, sur les conjoints ».
La journaliste note qu’« au GHU, où sa mission de pair-aidante familiale consiste à rencontrer les familles concernées pour leur apporter des clés et les guider, elle entend «dans la bouche des parents leur désarroi, leur impuissance, leur tristesse». Elle leur conseille d’exprimer sans tabou, autour d’eux, ce qui frappe leur famille ».
Karine Buisson déclare que « la maladie psychique ne devrait plus être quelque chose à cacher. Trop de gens se taisent encore. Plus le silence dure, plus on aggrave l’isolement des malades et de leurs proches ».
« Violences obstétricales et gynécologiques : plus de 8 femmes sur 10 “estiment difficile de refuser un examen proposé par un soignant” »
Date de publication : 18 juin 2026 Temps de lecture: 2 min

Le Figaro fait savoir : « Examens gynécologiques sans consentement, douleurs ignorées, pratiques contraires aux recommandations… Plus de 4 femmes interrogées sur 10 déclarent avoir subi des violences gynécologiques ou obstétricales en consultation »,selon l’association StopVOG, « à partir d’un questionnaire complété par 10.000 personnes ».
L’association remarque ainsi que « les atteintes au consentement dans le soin, ainsi que les violences obstétricales et gynécologiques, sont de grande ampleur en France. Loin d’être marginales, elles relèvent de violences sexistes en santé ».
Le journal explique que « 45,1% des répondantes ont déclaré avoir subi ce type de violences : 28,7% des violences gynécologiques, et 24,5% des violences obstétricales (dans un contexte de grossesse, d’accouchement, ou d’avortement), certaines des répondantes pouvant être victimes des deux. Plus d’une personne interrogée sur deux témoigne «d’atteintes graves au consentement» pouvant s’apparenter selon StopVOG à des violences sexuelles : examens réalisés par surprise, par sentiment d’obligation, ou malgré un refus exprimé ».
« 80,1% des interrogées rapportent «au moins une atteinte à leur consentement lors d’un examen», et 84,6% «estiment difficile de refuser un examen proposé par un soignant», notamment «à cause de l’asymétrie inhérente à la relation de soin» ou d’un défaut d’information. En outre, 10% ont déclaré des gestes «déplacés sur les parties intimes» et 4,5% des «va-et-vient dans le vagin» », ajoute le quotidien.
Le Figaro poursuit : « Une sur deux assure avoir subi au moins un examen douloureux, mais qui a été poursuivi malgré sa volonté de l’arrêter. […] Des mineures déplorent, elles, «des examens imposés, sans information adaptée à leur âge ou sans leur consentement effectif», souligne l’étude, faisant état de frottis réalisés sur des adolescentes vierges, donc contraires aux recommandations ».
Le quotidien relève enfin que « concernant les auteurs de violences, les répondants citent essentiellement les gynécologues (39,7%), ou d’autres médecins (14,8%) mais aussi les sages-femmes (12,7%), plus rarement des internes ou soignants paramédicaux ».
« “On assiste à une véritable explosion du phénomène” : la consommation de protoxyde d’azote a doublé chez les jeunes »
Date de publication : 19 juin 2026 Temps de lecture: 3 min

Aymeric Renou et Sidonie Blaise se penchent dans Le Parisien sur « la nouvelle drogue qui fait fureur. Surtout dans les soirées festives comme celles qui se profilent ce dimanche soir pour la Fête de la musique. C’est également le produit qui inquiète actuellement le plus les pouvoirs publics tellement il gagne du terrain chez les jeunes, avec un niveau de propagation bien difficile à endiguer ».
Les journalistes indiquent que « les chiffres du 6e baromètre des addictions des jeunes, que publie la Macif ce vendredi […], sont édifiants. La consommation de protoxyde d’azote, qu’on appelle également le gaz hilarant, a doublé en quelques années ».
Aymeric Renou et Sidonie Blaise soulignent que « 12% des [16-30 ans] ont déjà expérimenté le protoxyde d’azote, contre «seulement» 6% en 2022, selon les chiffres de Santé publique France. Et 3% en consomment régulièrement — à raison de plusieurs fois par mois — et 9% de façon ponctuelle ».
Alban Gonord, directeur de l’engagement de la société d’assurances mutualiste, déclare ainsi qu’« on assiste à une véritable explosion du phénomène. Parmi les chiffres les plus effrayants, il y a notamment celui de 34% des jeunes déclarant avoir consommé et se déplacer en voiture. Il faut impérativement multiplier les campagnes de prévention ».
Aymeric Renou et Sidonie Blaise observent que « les cas d’accident se multiplient en effet sur la route, avec leur lot de blessés, parfois graves, mais aussi de morts, causés par des conducteurs incapables de contrôler leur véhicule après avoir inhalé des «ballons» de protoxyde d’azote ».
Ils notent que « malgré cette perception du risque — 83% des 16-30 ans s’accordent à dire qu’il peut causer des problèmes de santé et 85% vont même jusqu’à soutenir le renforcement des sanctions —, un autre chiffre interroge ».
« Car si […] la consommation reste avant tout associée à des contextes festifs et récréatifs (42% des consommateurs déclarent en prendre « juste pour s’amuser » et 71% lors de soirées entre amis), un peu plus d’un tiers des amateurs réguliers et occasionnels (35% exactement) déclarent également consommer seuls chez eux », relèvent les journalistes.
Alban Gonord évoque « un signal d’alarme sur l’état émotionnel et psychologique d’une partie de la jeunesse qui ne va pas bien sur le plan mental. Il est urgent de se pencher sur cette problématique et la mettre en relation avec les chiffres en augmentation des cas de dépressions et des demandes de consultations en psychiatrie ».
Aymeric Renou et Sidonie Blaise rappellent que « le projet de loi Ripost, présenté par le gouvernement en mars, prévoit un renforcement des sanctions. […] Dans l’attente de pouvoir mettre en place ces mesures mais aussi les faire respecter efficacement via des détecteurs homologués, les pouvoirs publics misent d’abord sur la prévention »
« Une campagne nationale, lancée en avril dernier autour du slogan «on passe vite du rire aux larmes» pointe à la fois les risques pour la santé des consommateurs mais aussi des dangers de conduire sous l’influence d’un gaz bien moins hilarant qu’il n’y paraît »,indiquent les journalistes.
« Dépression, bipolarité : la santé mentale, nouvel eldorado pour les grands laboratoires »
Date de publication : 22 juin 2026 Temps de lecture: 3 min

Marie Bartnik constate dans le Figaro que « si les traitements contre le cancer se perfectionnent à une vitesse époustouflante, c’était loin d’être le cas, ces dernières années, de ceux destinés à soigner les troubles mentaux ».
La journaliste note cependant que « de récentes découvertes scientifiques suscitent un regain d’intérêt des laboratoires pharmaceutiques dans ce domaine jugé particulièrement risqué ».
Pierre-Michel Llorca, professeur de psychiatrie à l’université de Clermont Auvergne, explique que les médicaments marchent bien « pour 60% à 70% des patients. Mais les 30% restants n’y répondent pas bien et c’est un problème majeur. En psychiatrie, nous traitons des troubles dont nous ne connaissons souvent pas la cause précise. Certaines personnes souffrant de dépression ressentent, par exemple, beaucoup d’anxiété, d’autres sont ralenties, d’autres encore n’éprouvent plus aucun plaisir. On peut penser que les mécanismes sous-jacents sont différents. Pourtant, nous disposons des mêmes médicaments pour tous ».
Marie Bartnik indique que « si la pharmacopée des psychiatres s’est si peu étoffée ces dernières décennies, c’est que les laboratoires se sont longtemps tenus relativement éloignés de ce champ de recherche, qu’ils considéraient comme trop risqué. Le taux de succès, s’agissant du développement d’un nouveau médicament, y est en effet «de l’ordre d’un sur dix, contre un sur six s’agissant des autres indications, souligne Bartlomiej Szabat-Iriaka, gérant santé chez Exane AM» ».
« Ces écueils n’ont pas disparu, mais les laboratoires sont de retour dans le champ de la psychiatrie. De récentes découvertes scientifiques ont suscité de leur part un regain d’intérêt pour les maladies mentales », note la journaliste.
Elle évoque notamment « le rachat, en 2023, de la biotech Karuna Therapeutics par l’américain BMS, pour 14 milliards de dollars. Si le laboratoire américain a payé si cher cette société, c’est qu’elle disposait dans sa besace d’un candidat médicament, le KarXT, dont le mécanisme d’action rompt avec celui des antipsychotiques utilisés depuis trente ans ».
« Au lieu de bloquer les récepteurs de la dopamine, ce qui occasionne des effets secondaires importants (troubles moteurs, cognitifs, prise de poids, effet sédatif…), le KarXT stimule un autre type de récepteurs (qu’on appelle les récepteurs muscariniques). À la clé : une efficacité plus grande sur les symptômes de la schizophrénie et moins d’effets secondaires », relève Marie Bartnik.
Elle ajoute que « BMS ambitionne désormais d’étendre l’indication de ce médicament aux patients atteints de la maladie d’Alzheimer et souffrant à ce titre de symptômes psychotiques ».
La journaliste poursuit : « L’ampleur des recherches dans le domaine des maladies mentales est encore faible comparé aux travaux menés en cancérologie. Près de 200 molécules sont néanmoins actuellement en développement. […] 20% d’entre elles visent le traitement de la dépression, 13% la schizophrénie et 10% les troubles du sommeil ».
Le Pr Llorca déclare que « nous revendiquons de disposer du plus grand nombre de molécules possible parce que, aujourd’hui, nous ne savons pas prédire laquelle fonctionnera le mieux sur tel ou tel patient. Il nous faut pouvoir les tester, de façon empirique, en attendant de pouvoir catégoriser précisément les patients comme c’est le cas en oncologie, et pratiquer une psychiatrie de précision ».
Marie Bartnik relève que « le praticien regrette dès lors que ces médicaments ne soient pour l’instant disponibles qu’aux États-Unis, pour ceux qui sont déjà sur le marché ».
« AVC, troubles cognitifs, déshydratation… Comment la canicule met les corps en surchauffe »
Date de publication : 23 juin 2026 Temps de lecture: 4 min

Nina Guérineau de Lamérie souligne en effet dans Libération : « Risques cardiaques et d’insuffisance rénale, aggravation des affections respiratoires, déshydratation ou, à l’inverse, intoxication à l’eau… La canicule précoce, qui touche 38,8 millions de Français, met l’organisme en danger, en particulier pour les personnes précaires, malades ou âgées ».
La journaliste note ainsi que « même si la tragédie des 15.000 décès de l’été 2003 ne s’est jamais répétée, notamment grâce aux actions de prévention mises en place depuis, les vagues de surchauffe continuent de causer des milliers de morts chaque année en France ».
Nina Guérineau de Lamérie indique que « l’an dernier, plus de 5700 décès ont été attribués aux fortes températures. […] S’il est encore bien trop tôt pour connaître le bilan de la surmortalité liée à l’épisode actuel et à celui de mai, certains drames rendent déjà visibles ces morts ».
Elle ajoute que « les canicules rendent aussi malades. Elles augmentent le risque d’insuffisance rénale aiguë, d’infarctus du myocarde et d’AVC, […] et aggravent les pathologies respiratoires, comme l’asthme, mais aussi les fibroses pulmonaires ou la mucoviscidose ».
« Lorsque le thermomètre s’emballe, la mécanique [biologique] déraille. Les maux de tête, les nausées, les crampes musculaires ou encore la déshydratation sont autant de signes cliniques d’un corps «qui n’arrive plus à se rafraîchir», déroule Noémie Letellier, épidémiologiste à l’Institut de recherche en santé, environnement et travail à Rennes », continue Nina Guérineau de Lamérie.
Elle note que « l’organisme déploie alors deux mécanismes pour éviter la surchauffe ». Noémie Letellier explique que « les vaisseaux sanguins proches de la peau vont se dilater dans le but d’envoyer la chaleur excédentaire aux extrémités, vers les mains, les pieds et les joues. C’est ce qu’on appelle la vasodilatation. Le corps se met également à transpirer afin de faire redescendre la température interne ».
L’épidémiologiste souligne que « cela perturbe le fonctionnement normal du corps, tout en accélérant les battements du cœur qui redirigent le flux sanguin ».
Nina Guérineau de Lamérie observe que « mal pris en charge, ces efforts, comparables à un footing léger, peuvent «entraîner des malaises et des insuffisances rénales», appuie Nahid Tabibzadeh, néphrologue à l’hôpital parisien Bichat ».
Elle ajoute que « le cerveau, composé en grande partie d’eau, est tout aussi vulnérable. Même une légère déshydratation altère les fonctions cognitives ainsi que la capacité à réguler les émotions. […] Dans la fournaise et sous le cagnard, les personnes sans domicile fixe, les ouvriers et les sportifs – même en très bonne santé – risquent le coup de chaleur, une urgence vitale ».
Vincent Bounes, professeur de médecine et directeur du Samu au CHU de Toulouse, indique qu’alors « la température corporelle est égale ou supérieure à 40°C. Malgré la transpiration, l’organisme n’arrive plus à évacuer la chaleur. Les symptômes qui doivent alerter sont, comme pour la grippe, la sensation de froid et les frissons. Si on grelotte, il est urgent de stopper tout mouvement, de s’hydrater et de se mettre à l’ombre ».
Sinon, « les cellules cessent de fonctionner et libèrent une toxine qui provoque l’arrêt des organes. Les patients entrent dans un état confusionnel, parfois jusqu’au coma, et convulsent. Ce diagnostic nécessite une prise en charge urgente car la mortalité est importante (entre 20% et 60%) », souligne le médecin.
Le Pr Bounes remarque que « les plus vieux évitent maintenant le contact avec la chaleur et font attention à s’hydrater. Mais quand il fait chaud pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, que l’habitat se transforme en four, ils n’arrivent pas à compenser et finissent aux urgences pour une insuffisance respiratoire ou rénale, car leurs reins fonctionnent moins bien. A l’hôpital, le pic d’hospitalisations est au bout de 5 jours ».
La journaliste relève en outre que « l’hyponatrémie – une diminution de la concentration de sel dans le sang causée par un excès d’eau – représente une complication grave encore méconnue qui endommage les cellules, en particulier celles du cerveau, et qui peut mener au malaise ».
« Âge, démence, AVC : pourquoi certains cerveaux résistent mieux que d’autres »
Date de publication : 29 juin 2026 Temps de lecture: 3 min

Sophie Massieu se penche dans Le Figaro sur « une des plus importantes inégalités de santé : nos cerveaux n’ont pas tous les mêmes chances de résister aux assauts du temps ou de la maladie. Outre les facteurs génétiques, le niveau socio-économique et éducatif influence par exemple lui aussi largement la bonne santé cérébrale ».
Clément Vialatte de Pemille, neurologue à l’hôpital Saint-Joseph à Paris, indique ainsi qu’« un patient qui n’a pas fait d’études verra les effets de lésions cérébrales limiter ses capacités bien plus tôt qu’un patient Bac + 5. Il peut y avoir jusqu’à 8 ans d’écart pour une première consultation en neurologie avec des atteintes pourtant similaires ».
La journaliste relève que « ces différences mettent au jour la notion de «réserve cognitive», qui définit notre capacité à compenser les conséquences de ces lésions ».
Emmanuel Cognat, neurologue à l’hôpital Lariboisière (AP-HP, Paris) et président du conseil scientifique de l’association France Alzheimer, précise que « la réserve cognitive n’est pas un stock de neurones qu’on activerait quand on en a besoin. C’est notre capacité à optimiser le fonctionnement cérébral ».
« Cela repose en partie sur les connexions synaptiques qui relient les neurones. Certes, le nombre de neurones importe et il convient de veiller au mieux à garder son cerveau en bon état. Mais on accomplit plus de tâches avec moins de neurones bien connectés qu’avec un plus grand nombre mal reliés entre eux », continue le spécialiste.
Sophie Massieu explique ainsi qu’« on peut fabriquer tout au long de la vie des connexions synaptiques. […] Il faut néanmoins pour cela avoir une activité cognitive riche et variée. Visiter des expositions, jouer à plusieurs à divers jeux de société, échanger le plus possible avec d’autres personnes, etc. Il n’existe aucune recette universelle pour accroître cette réserve cognitive. Il faut s’appuyer sur ce qui nous motive et nous fait plaisir ».
La journaliste évoque un « autre prérequis : varier les plaisirs. Inutile de toujours s’adonner au même exercice. […] Ce qui compte, c’est d’entraîner le cerveau à accomplir diverses tâches et à passer de l’une à l’autre pour qu’il conserve et améliore sa flexibilité ».
Sophie Massieu continue : « En raison des lésions cérébrales qu’ils engendrent, les maladies et les accidents cardio-vasculaires accroissent le déclin cognitif et le risque de survenue d’une démence. Une alimentation saine permet de limiter ce risque, rappelle Bertrand Lapergue, chef du service de neurologie de l’hôpital Foch (Hauts-de-Seine). Mieux vaut éviter les apports de graisses animales, privilégier l’huile d’olive au beurre, consommer des baies et légumes verts à feuilles et éliminer autant que possible les aliments ultratransformés ».
« Il faut être attentif à disposer d’un sommeil de qualité, soigner d’éventuelles pathologies chroniques (diabète, cholestérol, hypertension…) et éviter de consommer alcool et tabac. Une activité physique régulière contribue, elle aussi, à préserver notre «capital cerveau» », poursuit la journaliste.
Elle note enfin que « lutter contre l’isolement reste sans doute le plus important. Et cela passe parfois par la prise en charge de déficiences sensorielles, auditives en particulier ».
« Un spray nasal pour améliorer la mémoire ? »
Date de publication : 30 juin 2026 Temps de lecture: 3 min

Nicolas Gutierrez C. remarque dans Sciences et Avenir : « Et si on pouvait atténuer le déclin cognitif lié à l’âge avec un simple spray nasal ? Des chercheurs de l’Université Texas A&M aux États-Unis ont présenté en février 2026 un traitement novateur qui protège la cognition chez des souris vieillissantes ».
Le journaliste explique que « leur approche, publiée dans le Journal of Extracellular Vesicles, s’attaque à la neuro-inflammation causée par l’âge ou les maladies neurodégénératives. Par ce biais, elle pourrait ralentir la perte de mémoire associée aux démences, rallongeant l’espérance de vie en bonne santé ».
Il rappelle que « la neuro-inflammation est caractéristique des maladies neurodégénératives. Elle est causée par un dysfonctionnement des mitochondries (les usines énergétiques des cellules), ce qui entraine une augmentation de la production de stress oxydatif dans le cerveau. Cela déclenche une cascade de signalisation proinflammatoire, avec notamment l’activation d’inflammasomes, des complexes protéiques qui causent l’inflammation ».
Nicolas Gutierrez C. note qu’« une des solutions potentielles contre cet état d’inflammation chronique est de traiter le cerveau avec des cellules souches, qui vont venir « rajeunir » le cerveau artificiellement. Mais ce traitement par cellules souches serait très complexe à réaliser chez l’humain et, pour le moment, ne fonctionne que chez des modèles animaux ».
Le journaliste indique que « l’approche des chercheurs texans contourne ces difficultés en utilisant non pas les cellules souches en entier, mais des molécules produites par celles-ci, plus faciles à introduire dans le cerveau. Ces molécules sont encapsulées dans des vésicules extracellulaires, qui peuvent être administrées simplement par spray nasal, atteignant le cerveau rapidement ».
Nicolas Gutierrez C. continue : « Grâce au spray nasal, ces vésicules atteignent presque toutes les régions du cerveau de souris en moins de 6 heures. Elles y sont absorbées par les neurones et les cellules microgliales, les cellules immunitaires responsables de la neuro-inflammation lorsqu’elles sont suractivées. C’est notamment le cas dans l’hippocampe, structure cérébrale qui joue un rôle central dans la mémoire ».
« Les cellules microgliales dans l’hippocampe réagissaient rapidement au traitement et diminuaient leur suractivation comparée à celles chez les souris non traitées, ce qui réduisait la production de signaux proinflammatoires. Comme conséquence, les inflammasomes étaient moins sollicités, diminuant l’état inflammatoire du cerveau », remarque Nicolas Gutierrez C.
Il précise que « cet effet protecteur est dû à un meilleur fonctionnement des mitochondries : les molécules contenues dans les vésicules augmentaient l’expression de plusieurs gènes nécessaires pour la bonne marche de la chaine respiratoire, complexe protéique responsable de la production d’énergie. […] Et lorsque les mitochondries fonctionnent mieux, les cellules fonctionnent mieux et le cerveau se porte mieux. Ce « rajeunissement » moléculaire entrainait une amélioration de la mémoire des souris âgées de 20 mois ».
Ashok Shetty, directeur de l’étude, indique ainsi : « Ce que nous montrons est que le vieillissement du cerveau peut être inversé, et qu’on peut aider le cerveau à rester vif. Notre but n’est pas seulement que l’on puisse vivre plus longtemps, mais que l’on reste intelligent et en bonne santé ».
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