« Précarité, violences, isolement : les facteurs sociaux rendent le cerveau plus vulnérable aux maladies psychiatriques »


 Date de publication : 1er juillet 2026 Temps de lecture: 3 min


Anne Prigent observe dans Le Figaro : « Grandir dans la précarité, subir des violences dans l’enfance ou vivre dans l’isolement ne laisse pas seulement des traces psychologiques. Ces expériences pourraient aussi s’inscrire durablement dans le cerveau, suggère un article publié ce mois-ci dans JAMA Psychiatry ».
La journaliste indique que « les auteurs ont rassemblé 114 études portant sur plus de 10.900 participants à différents stades du spectre schizophrénique, et montrent que les traumatismes de l’enfance, l’isolement social, la pauvreté, la discrimination ou encore les complications obstétricales ne se contentent pas d’augmenter le risque de schizophrénie ».
« Ils modifient en profondeur la structure et le fonctionnement du cerveau, en particulier dans les régions impliquées dans la gestion du stress et des émotions », précise-t-elle.
Anne Prigent note toutefois : « Ces altérations sont-elles la conséquence directe de ces facteurs sociaux ou reflètent-elles des vulnérabilités préexistantes ? La plupart des études analysées étant observationnelles, elles mettent surtout en évidence des associations sans pouvoir démontrer formellement un lien de causalité ».
Le Pr Jean-Luc Martinot, pédopsychiatre et directeur de recherche Inserm à l’Ecole normale supérieure Paris-Saclay, observe que « l’intérêt majeur de cette revue est de souligner le rapprochement entre épidémiologie sociale et neurosciences. Ce lien est trop souvent négligé dans les recherches sur les troubles psychiatriques ».
La journaliste relève ainsi que « les traumatismes précoces sont associés à un amincissement cortical, une réduction de volume de l’amygdale et de l’hippocampe, une altération de la connectivité ou encore des anomalies neurochimiques touchant la dopamine ou le glutamate. Ces données s’inscrivent dans un modèle désormais bien établi : celui de l’interaction gène-environnement ».
Anne Prigent ajoute que « ces régions, amygdale, hippocampe, cortex cingulaire, sont précisément celles qui orchestrent la réponse au stress. Leur vulnérabilité pourrait expliquer pourquoi les personnes exposées à des adversités précoces présentent un axe du stress durablement perturbé, avec notamment un cortisol du réveil émoussé, marqueur d’un système épuisé par des sollicitations répétées ».
La journaliste note que « la revue met également en lumière des facteurs longtemps sous-étudiés. La pauvreté est associée à des volumes hippocampiques plus faibles chez les jeunes à risque. L’isolement social est lié à un élargissement des ventricules cérébraux ou à une réduction de l’hippocampe. La discrimination raciale est associée à un amincissement du cortex cérébral, une baisse des facteurs de croissance cérébraux ou un excès de dopamine au niveau des structures profondes du cerveau chez les populations immigrées… ».
Le Dr Boris Chaumette, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne et enseignant-chercheur à l’Université Paris-cité, remarque cependant que « ces travaux permettent de mieux comprendre des trajectoires développementales à risque, mais ils ne constituent pas des outils diagnostiques en pratique clinique ».
Anne Prigent relève que « les variations observées restent modestes et très hétérogènes d’un individu à l’autre, ce qui limite toute extrapolation à l’échelle individuelle. Pour autant, ces résultats ne sont pas sans implications. Parce que ces déterminants sont en grande partie modifiables, ils constituent aussi des leviers de prévention. […] Prévenir les traumatismes dans l’enfance, lutter contre l’isolement ou renforcer le soutien psychologique pourrait ainsi infléchir durablement les trajectoires ».

« L’étrange pouvoir des sons inaudibles »


 Date de publication : 1er juillet 2026 Temps de lecture: 1 min


Hugo Jalinière note en effet dans Sciences et Avenir que « les infrasons pourraient contribuer à certaines expériences dites paranormales, selon une étude de l’Université MacEwan (Canada) ».
Le journaliste relève que ce travail « publié dans la revue Frontiers in Behavioral Neuroscience, montre qu’une exposition à des sons de très basse fréquence (18 hertz) augmente le stress et le taux de cortisol chez des volontaires, sans qu’ils perçoivent consciemment ces vibrations ».
Hugo Jalinière observe ainsi que « présents dans certains bâtiments, ces infrasons pourraient entraîner malaise et sensations étranges, ensuite interprétés comme des « présences » ».

« “On a le sentiment d’être enfin écoutés” : à Montpellier, des chercheurs ont peut-être percé une des origines du bégaiement »


 Date de publication : 8 juillet 2026 Temps de lecture: 4 min


Sarah Finger se penche dans Libération sur le bégaiement : « Alors que ce trouble parfois très handicapant touche 1% de la population et que 5% des enfants traversent un épisode de bégaiement, une équipe de scientifiques tente, depuis 2021, de localiser grâce à des IRM les zones cérébrales impliquées dans ces «accidents de parole» ».
La journaliste note en effet que « jusqu’ici, peu de scientifiques français se sont lancés dans l’exploration de ce trouble. Pourtant, environ 5% des enfants traversent un épisode de bégaiement selon Fabrice Hirsch, professeur de linguistique de l’oral et directeur de Praxiling, une unité de recherche mixte associant l’université Paul-Valéry-Montpellier-3 et le CNRS ».
Le spécialiste explique que « le bégaiement apparaît entre l’âge de 2 et 7 ans. Dans 75 à 80% des cas, il disparaît à la fin de l’adolescence soit spontanément, soit grâce à une prise en charge par un orthophoniste. Mais, dans environ un quart des cas, il persiste à l’âge adulte et peut varier d’intensité en fonction des périodes de la vie. On estime qu’environ 1% des adultes sont concernés, notamment des hommes : le ratio est de l’ordre de quatre hommes pour une femme ».
Sarah Finger relève que « les chercheurs ont également constaté que le bégaiement, qui existe dans toutes les langues, s’estompe quand la personne chante, fait du théâtre, lit ou récite un texte. De même, les personnes concernées ne butent pas, ou très peu, sur les mots lorsqu’elles s’adressent à un bébé ou à leur animal, ou se parlent à elles-mêmes à voix haute ».
La journaliste explique que « les recherches menées à Montpellier visent à en savoir davantage sur ce trouble parfois très handicapant. Devenu une référence sur le sujet, notamment dans ses dimensions neuroscientifiques, le laboratoire Praxiling a lancé en 2021 le programme Benephidire ».
« Le protocole a réuni une soixantaine de volontaires, répartis en deux groupes : des personnes qui béguaient et des locuteurs sans trouble de la parole. Après un long bilan clinique, tous se sont succédé dans une salle d’IRM du CHU de Montpellier », précise Sarah Finger.
Elle poursuit : « Objectif de ces IRM : repérer les dysfonctionnements lors des «accidents de parole» et tenter de localiser les zones cérébrales impliquées dans le bégaiement. L’exploitation des milliers de données ainsi récoltées semble avoir permis aux chercheurs de conforter une hypothèse concernant l’une des origines du bégaiement ».
Sarah Finger indique que « cette hypothèse a d’abord surgi lors d’opérations du cerveau réalisées au CHU de Montpellier par Hugues Duffau, neurochirurgien et professeur des universités. Durant ces interventions visant à retirer des tumeurs cérébrales, les patients sont éveillés, donc conscients, mais ne ressentent aucune douleur. Tout au long de l’opération, ils sont invités à réagir et à s’exprimer. […] Or, quand le neurochirurgien stimulait une zone spécifique de l’hémisphère gauche, des patients sans trouble de la parole se mettaient à bégayer ».
Maëva Michon, chercheuse en neurosciences cognitives au laboratoire Praxiling, précise que « cette zone correspond au faisceau frontal aslant, une petite partie de la substance blanche du cerveau. Schématiquement, ce faisceau connecte les parties inférieures aux parties supérieures du lobe frontal. Dans l’hémisphère gauche, dominant pour le langage, ce faisceau est impliqué dans l’initiation de la parole, la fluence verbale et la décision lexicale ».
« En interprétant les IRM réalisées durant notre étude, nous avons décelé une corrélation entre certains segments du faisceau frontal aslant et la sévérité du bégaiement. Moins ce faisceau était dense et intègre, plus le bégaiement était sévère », souligne la chercheuse.
Sarah Finger remarque que « si la communication entre les régions supérieures et inférieures du cortex frontal semble apporter de premières réponses aux chercheurs, elle n’explique pas tout. Praxiling explore également, à l’aide de l’IRM, les données articulatoires, autrement dit les blocages et mouvements parasites de la langue, du larynx, des lèvres et de la mâchoire entraînant la répétition ou la prolongation de sons, de syllabes ou de silences involontaires ».
« Il est trop tôt pour voir se dessiner des pistes thérapeutiques liées aux recherches actuelles mais déjà, ces investigations réjouissent les principaux concernés », continue la journaliste.

« Un suicide par heure en France : des professionnels de santé interpellent le gouvernement »


 Date de publication : 10 juillet 2026 Temps de lecture: 2 min


Libération rappelle qu’« une personne se tue chaque heure en France, 500 essaient. Le suicide reste tabou, et pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : la problématique est d’ampleur et doit appeler à des actions concrètes pour enrayer la situation ».
« Tel est l’objet d’une lettre ouverte signée par des professionnels de santé, chercheurs et responsables associatifs adressée ce jeudi 9 juillet au gouvernement. Lequel continue de placer la santé mentale comme «grande cause nationale» en laissant le secteur dubitatif », note le quotidien.
Les signataires soulignent ainsi que « le suicide constitue la deuxième cause de mortalité chez les 15-25 ans. Le nombre de tentatives de suicide des jeunes femmes a plus que doublé au cours des 5 dernières années ».
Libération observe qu’« avec environ 9000 passages à l’acte par an, la France présente un des taux les plus élevés d’Europe. […] Pourtant, «l’Etat n’est plus au rendez-vous de la prévention», estiment les auteurs de cette lettre ».
« Certes, reconnaissent-ils, la stratégie nationale de prévention du suicide a permis des avancées − citons par exemple la mise en place du 3114, numéro d’aide accessible gratuitement partout dans le pays. Mais ils s’inquiètent d’une «démobilisation du gouvernement» et d’un risque de «délitement des leviers de prévention» », continue le journal.
Libération ajoute que « selon eux, elle tend aujourd’hui à se «diluer dans une approche globale de la santé mentale», au détriment d’actions spécifiques et coordonnées consacrées au risque suicidaire. Ils affirment que les associations du secteur ont vu leurs moyens diminuer ces deux dernières années ».
Le journal indique enfin que « la lettre mentionne l’augmentation des passages à l’acte, et la pression sur les systèmes d’urgence et sur la psychiatrie. Pour agir sur la situation, ces professionnels demandent le maintien des financements alloués à la prévention du suicide pour les années à venir ainsi qu’une «concertation réelle et structurée» avec les associations, soignants, chercheurs et acteurs de terrain pour construire des politiques publiques efficaces ».

« Dans la tête des pyromanes, des impulsions incontrôlables »



Christine Lamiable explique dans Le Figaro que « la France a dénombré 234.702 incendies en 2024, et le ministère de l’Intérieur estime que chaque année, 10% sont allumés de manière délibérée. Au nombre des incendiaires, «un tout petit sous-groupe, de l’ordre de 3% à 5%, est atteint de pyromanie», explique Laurent Layet », psychiatre et expert agréé près la Cour de cassation.
La journaliste relève que « la personne atteinte de pyromanie allume des incendies sans motif apparent. Elle n’en attend «ni gain matériel, ni vengeance, ni idéologie, ni camouflage d’un crime», précise le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) ».
Christine Lamiable note que « Julie Palix, docteur en psychologie au Centre hospitalier universitaire vaudois, à Lausanne, […] rappelle que le terme de pyromanie «est introduit pour la première fois en 1833 par le psychiatre français Henri Marc, qui décrit ce mal comme une forme de monomanie instinctive et impulsive». L’impulsion irrépressible est effectivement au cœur de la pyromanie ».
Laurent Layet déclare : « Comme le jeu pathologique, elle est classée dans les troubles du contrôle des impulsions ».
La journaliste relève que « la fascination pour le feu, au centre de ce trouble, se manifeste par un intérêt pour les incendies, les outils liés au feu (briquets, allumettes…) ou les situations d’urgence liées aux flammes ».
Elle ajoute que « la prévalence de la pyromanie chez l’adulte est estimée à 1%, «1,7% chez l’homme et 0,4% chez la femme», écrit Julie Palix ».
Laurent Layet souligne que « l’impulsivité dans l’agir violent est beaucoup moins développée chez les femmes. Or vouloir que le feu prenne et s’étende est un agir violent ».
Christine Lamiable continue : « Il n’est pas aisé de tirer le portrait type d’un pyromane, car «lorsque l’on mène des études, elles portent sur des pyromanes déjà arrêtés à la suite d’un incendie, pas sur la population générale», rappelle le psychiatre. Cependant, Julie Palix décrit volontiers un homme habitant à proximité des incendies allumés, «socialement bien intégré et souvent marié, âgé de 18 à 35 ans» ».
« Le premier comportement incendiaire pourra être déclenché par un sentiment d’insatisfaction grandissant lié à des tensions professionnelles, une déception amoureuse… et l’incapacité à dénouer les difficultés rencontrées », poursuit la journaliste.
Elle interroge : « Est-il possible de soigner, voire de guérir un pyromane ? ». Laurent Layet répond qu’« on peut lui donner des outils dans le but de diminuer son niveau d’impulsivité, grâce notamment aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Cela peut diminuer significativement le risque. Mais il n’existe aucune thérapie ciblée sur les comportements incendiaires ».
Christine Lamiable note que « la récidive est cependant loin d’être certaine : elle était de l’ordre de 6% seulement dans une étude ayant suivi pendant dix ans 1250 condamnés pour incendie criminel en Nouvelle-Zélande entre 1985 et 1994 ».
Laurent Layet précise que « dans la trajectoire d’une personne pyromane, le fait d’être arrêtée et confrontée à la loi peut mettre une limite. Mais la prise en charge doit être pluridisciplinaire, et concerner aussi celle des addictions éventuellement associées ».

« Tabagisme, alcoolisme, hypertension… : jusqu’à 45% des risques de démence peuvent être évités ou retardés selon l’OMS »

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[Déclaration de liens d’intérêts]
 Date de publication : 17 juillet 2026 Temps de lecture: 2 min


Libération indique que « jusqu’à 45% des risques de démence pourraient être évités ou retardés, en modifiant certains facteurs tels que le tabagisme, la sédentarité et la pollution atmosphérique, a estimé mercredi l’OMS ».
Le journal observe que « plus de 57 millions de personnes sont atteintes de démence dans le monde et près de 10 millions de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, d’après l’OMS. La maladie d’Alzheimer est la forme la plus courante de démence et constituerait 60 à 70% des cas ».
Devora Kestel, directrice du département des maladies non transmissibles et de la santé mentale de l’OMS, souligne que « derrière ces chiffres se trouvent des personnes, des familles et des communautés confrontées à des défis majeurs qui affectent non seulement leur santé mais aussi leur dignité, leur autonomie et leur bien-être ».
Libération relève que ces recommandations actualisées « expliquent comment les professionnels de santé et les décideurs politiques peuvent contribuer à empêcher ou à retarder l’apparition de la maladie ».
Le quotidien explique que l’OMS, « qui avait rendu publiques ses premières recommandations sur le sujet en 2019, précise que les données scientifiques se sont considérablement enrichies depuis. Ces recommandations visent à favoriser un dépistage et une prise en charge précoces afin de réduire le fardeau de la démence au cours des prochaines décennies. […] Bien qu’elle soit plus fréquente après 65 ans, cette pathologie n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement, insiste l’OMS ».
Libération retient qu’« en l’absence de remède, la prévention reste la stratégie la plus efficace pour réduire le nombre des cas. L’OMS suggère notamment la stimulation et l’entraînement mental pour les adultes présentant des troubles cognitifs légers. Et elle juge qu’une meilleure attention portée à des pathologies telles que l’hypertension, le diabète et le cholestérol élevé pourrait également aider à réduire le risque ».
Le journal note enfin qu’« investir pour réduire ce risque serait rentable, relève l’OMS, car cette pathologie coûte 1300 milliards de dollars par an à l’économie mondiale, dont environ la moitié correspond à des soins non rémunérés prodigués par la famille et les proches ».

« “En deux ou trois jours, on arrive à récupérer” : nos conseils pour vite retrouver un sommeil réparateur après les canicules »


 Date de publication : 20 juillet 2026 Temps de lecture: 2 min


Véronique Hunsinger constate dans Le Parisien que « les canicules successives ont créé une dette de sommeil chez la plupart d’entre nous. Or, il ne suffit généralement pas d’une seule bonne nuit pour s’en remettre illico car nos organismes ― comme nos logements ― ont besoin de quelques jours pour se réadapter ».
Marie-Françoise Vecchierini, neurophysiologiste et ancienne présidente de la Société française de recherche et de médecine du sommeil, précise que « chez une personne en bonne santé, dès que les températures redeviennent normales, en 2 ou 3 jours, on arrive à récupérer ».
La journaliste relaie ainsi « ses conseils pour profiter du répit météorologique ».
Véronique Hunsinger note que « la règle d’or d’un bon sommeil, c’est la régularité des horaires du coucher et du lever. Après des nuits courtes et hachées, la tentation peut être forte, si on a la chance d’être en vacances, de céder à la tentation des grasses matinées pour rattraper la dette accumulée de sommeil ».
La Dre Vecchierini souligne : « Mauvaise idée. Notre sommeil va s’améliorer rapidement et on va retrouver de l’énergie, ce n’est pas le moment de casser le rythme en se couchant beaucoup plus tôt ou se levant beaucoup plus tard ».
La spécialiste ajoute que « si la nuit a été mauvaise et si on se sent très fatigué en journée, on peut envisager une courte sieste en début d’après-midi ».
Véronique Hunsinger relève par ailleurs que « les nuits durent moins de 8 heures et surtout le soleil se lève vers les 6 heures du matin. […] Pour éviter d’ouvrir les yeux avant que ne sonne le réveil, il vaut mieux bien fermer les volets ou les rideaux. L’autre solution très efficace est de se couvrir les paupières avec un masque de sommeil ».
La journaliste note enfin que « quand les températures nocturnes plongent enfin sous 20°C, l’endormissement est tout de suite plus facile. Mais si la chambre à coucher est encore un peu trop chaude, c’est le corps qu’on peut essayer de rafraîchir juste avant de plonger dans les bras de Morphée. Ventilateur et brumisateur restent des solutions d’appoints efficaces. Mais rien de mieux qu’une douche tiède avant le coucher afin «que l’organisme n’ait aucun effort à fournir pour baisser sa température interne», conseille la médecin ».
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« Alcool : de nouveaux traitements contre l’addiction »


 Date de publication : 21 juillet 2026 Temps de lecture: 3 min


Sylvaine Lehmann observe en effet dans Le Figaro : « Médicaments ou psychothérapies, il est notoirement difficile de soigner la dépendance à l’alcool. De nouvelles molécules pourraient changer la donne ».
La journaliste rappelle qu’« il s’agit bien d’une maladie chronique, et elle n’est pas si rare : elle concernerait autour de 1,5 million de personnes en France tandis que 2,5 millions auraient une consommation à risque, c’est-à-dire dépassant les repères établis par les autorités sanitaires, sans toutefois répondre à tous les critères signalant la dépendance ».
« Force est de constater que les soins spécialisés ne concernent qu’un nombre modeste de patients. Ainsi, la prise en charge au sein des Csapa (Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) pour un problème d’alcool est estimée autour de 156.000 personnes (en 2022), majoritairement des hommes. Concernant les hospitalisations en unité spécialisée, 308.000 patients y ont eu recours (en 2023), là encore, il s’agit d’un public masculin et de plus de 50 ans », relève Sylvaine Lehmann.
Elle explique que « les soins reposent à la fois sur les psychothérapies et sur les médicaments avec, dans ce domaine, de nouvelles molécules qui font actuellement beaucoup parler ».
Sylvaine Lehmann précise que « le traitement traditionnel utilise 4 molécules – disulfirame, naltrexone, acamprosate et nalmefène – produits anciens bien tolérés, mais d’efficacité limitée. […] Mais il y a aujourd’hui du changement. Le paysage pharmacologique des molécules antialcool est en train de se renouveler et suscite l’espoir des malades et de leurs proches ».
La journaliste relève que « chercheurs et cliniciens ont fait, très récemment, une découverte fortuite concernant l’effet antiaddiction des molécules « stars » antidiabète et obésité : les agonistes du récepteur GLP1. Ainsi, en 2024, une étude suédoise portant sur des personnes souffrant de trouble alcoolique suggère que les périodes de prise de ces molécules s’accompagnent d’une réduction marquée des hospitalisations liées à l’alcool, particulièrement avec l’un des GLP1, le sémaglutide ».
Sylvaine Lehmann retient une « autre piste novatrice et pour le moins étonnante, celle des psychédéliques, et tout particulièrement l’utilisation de la psilocybine – la substance active des champignons hallucinogènes – contre les troubles sévères de l’usage de l’alcool. Là aussi, il s’agit de découvertes très récentes. Des expérimentations sur des animaux ont montré un effet de la molécule sur certaines zones du cerveau impliquées dans la consommation d’alcool. Ont suivi des essais cliniques fondés sur des protocoles et un strict suivi hospitaliers, où les patients testent des doses faibles et élevées de psilocybine ».
« Le critère principal de ces études est la diminution du nombre de jours de consommation excessive d’alcool, ainsi que l’évolution des comorbidités psychiatriques qui affligent très souvent les alcoolodépendants : dépression et anxiété notamment. Avec une expérimentation en cours au CHU de Nîmes, la France est en pointe dans ce domaine », remarque la journaliste.
Elle note que « les premiers résultats font état de taux d’abstinence à 12 semaines d’environ 55% dans le groupe actif contre 11% dans le groupe placebo, ainsi que d’une réduction plus marquée des envies de consommer et des symptômes dépressifs. Un encouragement à poursuivre les recherches ».

« “Une génération sans tabac, on est en train d’y arriver” : pourquoi les ventes de cigarettes et produits dérivés du tabac continuent de baisser »


 Date de publication : 24 juillet 2026 Temps de lecture: 3 min


Mathys Gautier et Fabien Casaleggio observent dans Le Parisien que « depuis 20 ans, [les réglementations concernant le tabac] se sont considérablement durcies : hausses de prix et premiers messages écrits sur les paquets de cigarettes (2003-2004), interdiction de vente aux mineurs et avertissements visuels (2009-2011), puis paquet neutre, lancement du programme #MoisSansTabac, remboursement des substituts nicotiniques (2016-2021)… ».
Les journalistes notent ainsi : « Une succession de tours de vis destinés à «endiguer cette pandémie industrielle», rappelle le Pr Gérard Dubois, membre de l’Académie nationale de médecine et ancien président de l’Alliance contre le tabac ».
Mathys Gautier et Fabien Casaleggio en évoquent « le résultat » : « Une nette diminution des ventes de cigarettes et autres produits issus du tabac, mais aussi du nombre de fumeurs. C’est dans ce contexte que l’Assurance maladie recommande un nouveau durcissement, avec en ligne de mire l’atteinte d’une «génération sans tabac» avec moins de 5% de la population qui en consommerait quotidiennement ».
Marc-Antoine Douchet, chargé d’études à l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), remarque pour sa part qu’« on est à un adulte sur cinq qui fume quotidiennement, ce qui est la plus basse prévalence jamais observée ».
Les journalistes relèvent que « pour Gérard Dubois, qui a contribué à la mise en place d’une partie de ces mesures, c’est bien leur combinaison qui a permis d’enclencher cette dynamique de baisse, amorcée depuis 1991 avec la loi Évin. À commencer par le prix et l’augmentation régulière des taxes ».
Le Pr Dubois souligne que « c’est la modalité d’action la plus efficace. Il faut au moins une hausse de 5% sinon ça ne sert à rien ».
Mathys Gautier et Fabien Casaleggio ajoutent que « le développement en flèche de la cigarette électronique et de ses variantes a aussi contribué à accélérer cette dynamique. […] Autre moyen d’action qui ne cesse de progresser : les dispositifs de traitement. Initialement réservés aux médecins généralistes, ils peuvent désormais être prescrits par d’autres professionnels de santé et sont remboursés intégralement par l’Assurance maladie depuis 2018 ».
Les journalistes notent enfin que « la recommandation faite par l’Assurance maladie n’est pas nouvelle et reprend une proposition de loi du député écologiste Nicolas Thierry qui visait à proscrire la vente de tabac à toutes les générations nées après 2014. L’Assurance maladie suggère elle d’aller plus loin en se calquant sur une loi adoptée par le Parlement britannique : interdire la vente à celles nées après 2009 et qui auront alors 18 ans en 2027 ».
Ils relèvent que « l’OMS fixe le seuil d’une «génération sans tabac» à moins de 5% de fumeurs quotidiens au sein d’une population, un chiffre dont la France approche ».
Marc-Antoine Douchet observe ainsi que « dans les enquêtes en population jeune, on [y] est déjà plus ou moins, en tout cas, on s’y achemine et on va y arriver ».

« Sudoku, scrabble ou jeux de cartes : jouer, un atout pour la santé de notre cerveau »


 Date de publication : 24 juillet 2026 Temps de lecture: 2 min


Sophie Massieu explique dans Le Figaro que « les activités ludiques aident à préserver l’autonomie malgré l’avancée en âge. Les raisons sont multiples ».
La journaliste relève qu’« adaptés aux goûts personnels, pratiqués régulièrement, les jeux soutiennent en effet la santé cérébrale et la préservent de certains effets du vieillissement ».
Bertrand Lapergue, chef du service de neurologie de l’hôpital Foch (Hauts-de-Seine), indique ainsi : « Comme un muscle, la mémoire se travaille. Or, le jeu mobilise la capacité de mémorisation, l’attention. D’autre part, il favorise le lien social. Ces deux aspects contribuent à préserver la santé cognitive ».
« À condition de privilégier des activités ludiques qui nous plaisent, et de varier les plaisirs », ajoute Sophie Massieu. Elisabeth Bélot, docteur en psychologie cognitive, et directrice du Centre de ressources pour la cognition, déclare en effet que « si on s’oblige à faire des mots croisés tous les jours, et cela seulement, on n’entraînera pas la mémoire, on deviendra juste plus efficace pour résoudre les grilles ».
La journaliste continue : « L’enjeu, décrypte-t-elle, consiste à dépasser le seul entraînement des fonctions cognitives comme la mémoire, le raisonnement, le langage. Il convient «d’aller plus profond dans le cerveau et de stimuler les fonctions exécutives». À commencer par la flexibilité, qui facilite le passage d’une tâche à une autre ».
Sophie Massieu note que « la deuxième fonction à travailler relève de la possibilité de stopper un automatisme, de supprimer une routine, ce qui parfois s’avère complexe en avançant en âge. Enfin, la mise à jour de la mémoire de travail représente la troisième précieuse fonction exécutive à cultiver, pour soutenir tout l’édifice des fonctions cognitives. Et faciliter la «transférabilité» des aptitudes acquises par le jeu à d’autres domaines de la vie courante, et ainsi contribuer à la préservation de l’autonomie ».
La journaliste indique que « la chercheuse recommande de cibler les activités en fonction du but poursuivi, de l’aptitude à développer. […] Le sudoku travaille les capacités de raisonnement, le scrabble est bénéfique à la mémoire de travail, etc. Ils peuvent être pratiqués seuls ou guidés par un professionnel. […] La régularité s’avère précieuse, de même que de ne pas mettre en échec le joueur par un exercice déplaisant ou trop complexe à ses yeux ».
Sophie Massieu souligne qu’« à tout âge, il reste en effet possible de fabriquer de nouvelles connexions synaptiques, ces liens entre les neurones ».

« Sexe de Barbie pour les femmes, surdimensionné pour les hommes… L’inquiétant boom de la chirurgie de l’intime en France »


 Date de publication : 27 juillet 2026 Temps de lecture: 5 min


C’est ce que titre Le Parisien, qui observe que « depuis cinq ans, la chirurgie de l’entrejambe se développe au point de se banaliser. À la plage, les hommes veulent des maillots bien remplis et les femmes que tout disparaisse. Nous avons pu assister à l’une de ces opérations, une nymphoplastie. Des actes loin d’être anodins ».
Elsa Mari relate ainsi : « La main saisit la lame. Le chirurgien la fait glisser dans la chair, suivant le tracé au feutre : 4 cm de longueur, un de largeur. Le geste précis est exécuté comme une chorégraphie, lampe braquée sur la scène. «J’enlève cette partie comme un tailleur l’aurait fait sur une chemise», annonce d’un air tranquille le Dr Alexandre Koutsomanis. Il lui aura fallu 5 minutes pour découper le sexe de Célia (le prénom a été changé) ».
La journaliste note que « la lame s’approche maintenant de la deuxième petite lèvre. Allongée, jambes dans les étriers, la jeune femme brune aux yeux verts, à demi-consciente, n’est pas malade. Sa vulve n’est pas mal formée. Mais elle ne lui convient pas. Elle la veut plus petite, serrée, normée ».
Elsa Mari explique que « le problème de Célia, 30 ans, a surgi d’une comparaison. Ses copines qui se changent devant elle ont l’air d’avoir un sexe plus petit. Son compagnon n’a rien remarqué d’anormal. Mais elle veut savoir : y a-t-il une solution ? «Nymphoplastie…» cafte TikTok ».
La journaliste observe que « le coup de rabot à 4000 euros n’est pas sa priorité. Célia aimerait se payer une nouvelle poitrine : ça, au moins, c’est visible ! Trop tard : le petit complexe entre les cuisses s’est mué en urgence à corriger. En 30 minutes, il sera réglé ».
Elsa Mari relève ainsi : « Là, face à nous, la vue sur son entrejambe ne laisse rien apparaître d’atypique. Où est le problème ? «L’excès de Madame n’est pas important», en convient le médecin. Alors, pourquoi l’opérer ? ». « Si ça la rend heureuse, je le fais. Qui suis-je pour juger ? », répond le chirurgien.
La journaliste continue : « Une décision en un claquement de doigts, un sexe que l’on modifie à la demande, la chirurgie de l’intime est en plein boom au point de devenir banale. Le Dr Koutsomanis fait presque une nymphoplastie par semaine, deux fois plus qu’en 2021. […] La demande grimpe chez les jeunes : dans son cabinet, 50% ont moins de 25 ans, certaines 16 ans à peine ».
La Dre Catherine Bergeret-Galley, présidente du Syndicat national de chirurgie plastique (SNCPRE), indique ainsi que « depuis cinq ans, il y a une vraie tendance liée à l’explosion des réseaux sociaux et la banalisation de la pornographie qui détruit l’image que les jeunes ont de leur corps et de la relation amoureuse. Beaucoup d’hommes veulent une taille surdimensionnée et les femmes, un sexe de petite fille, sur le modèle de l’abricot. On parle du syndrome de la poupée Barbie ».
Elsa Mari remarque que « si la nymphoplastie soulage un grand nombre de patientes gênées au point de ne plus faire de vélo, elle s’est répandue, devenant le symbole d’un sexe idéalisé et de stéréotypes qui s’immiscent jusque sous les draps. Peu importe que les petites lèvres servent à protéger le vagin ! Aujourd’hui, en France, l’entrejambe est désormais soumis à des normes tyranniques ».
Le Dr Koutsomanis indique toutefois : « Des patientes me disent : Enlevez-moi les petites lèvres docteur, c’est moche ! Je leur réponds hors de question. »
Brice Gurriet, chirurgien gynécologue à Marseille et membre du collège national de la profession (CNGOF), rappelle qu’« elles maintiennent l’étanchéité de la cavité, si vous les supprimez, cela entraîne une modification de la flore, des risques de sécheresse et de rapports douloureux, c’est comme si vous enleviez les lèvres d’une bouche. On corrige un nez raté, on change des prothèses de sein mais on sait très mal reconstruire des petites lèvres ».
Elsa Mari note que « personne ne parle des graves mutilations causées par des médecins négligents. Alexandre Koutsomanis se souvient d’une patiente de 22 ans, traumatisée ». Le chirurgien explique : « J’ai découvert qu’elle avait deux lambeaux de lèvres. Le chirurgien avait dû l’opérer au ciseau en dix minutes. J’ai dû intervenir trois fois pour la réparer ».
La journaliste souligne ainsi : « Comme toujours en esthétique, on manque de règles. Faut-il opérer des organes génitaux de taille «normale» ? «Je pense qu’il faut être très prudent avec la chirurgie de l’intime et résister à l’envie de tout normer», insiste Catherine Bergeret-Galley ».
« Plusieurs praticiens nous confient leur réserve à propos de certaines interventions. «L’injection dans le gland ? Ça fait des boules», grimace l’un d’eux, qui en fait quand même. Sectionner le ligament suspenseur de la verge pour l’allonger ? «Je ne touche pas, après le sexe se met à pendre en érection.» La preuve, s’il en fallait une, qu’on manque d’un consensus », poursuit Elsa Mari.

« Le sucre peut-il vraiment nous rendre addict ? »


 Date de publication : 28 juillet 2026 Temps de lecture: 3 min


Géraldine Meignan observe dans Le Figaro : « Difficile de résister. Plonger la main dans un sac de bonbons ou sa cuillère dans une pâte à tartiner revient à y retourner, et plutôt deux fois qu’une. Parfois de manière irrépressible, voire compulsive. À tel point qu’il est légitime de s’interroger sur le caractère addictif du sucre ».
La journaliste relève que « s’il nous fournit une énergie immédiate et éveille nos papilles, le sucre nous réconforte aussi en stimulant le fameux «circuit de la récompense» dans le cerveau. Plus on consomme, plus on y revient, plus on a du mal à s’en défaire ».
Anthony Berthou, nutritionniste, rappelle ainsi que « de nombreuses données objectivent le fait que certaines personnes sont susceptibles de développer une obsession alimentaire pour les produits sucrés ».
« Une dépendance qui trouve son origine très tôt dans la vie », remarque Géraldine Meignan.
Le Dr Reginald Allouche, médecin et ingénieur spécialisé dans la prévention du diabète de type 2, indique que « le liquide amniotique est légèrement sucré, tout comme les laits maternisés. Pour autant, on ne peut pas parler de drogue au sens strict du terme ».
La journaliste précise qu’« il faudrait pour cela que la consommation de sucre engendre chez les individus une altération du comportement allant jusqu’à des envies irrésistibles, une perte de contrôle de soi, une interférence sur les activités scolaires ou professionnelles, la poursuite de la consommation malgré la connaissance des dommages engendrés, etc. Ce qui, à ce jour, n’est pas scientifiquement démontré ».
Jacqueline Kerjean, chef du service addictologie à l’hôpital de Lorient et vice-présidente d’Addictions France, souligne quant à elle : « Certes, un individu ne va pas dévaliser une banque pour un morceau de sucre. Mais, cliniquement, on observe que certaines personnes perdent le contrôle de leur consommation face à un produit sucré ».
Serge Ahmed, neurobiologiste, ajoute que « si l’addiction au sucre n’est pas encore officiellement reconnue comme un trouble du comportement, on a les preuves nécessaires pour dire qu’elle existe de facto. En tout cas autant, sinon plus, que l’addiction au tabac au moment où cette dernière a été reconnue de manière officielle ».
Anthony Berthou déclare ainsi : « On sait aujourd’hui que l’obsession alimentaire pour les produits sucrés entre dans le champ d’une partie seulement de la définition de l’addiction. Peut-être cela doit-il nous interroger sur cette définition ? Les scientifiques en discutent ».
Géraldine Meignan indique que l’Inserm « s’apprête à proposer, dans une publication en cours de finalisation, une échelle d’addiction au sucre, à l’image de celle de l’alcool ». Mickael Naassila, directeur d’unité Inserm et vice-président de la Fédération française d’addictologie (FFA), précise ainsi qu’« en identifiant certains troubles du comportement – perte de contrôle, prise compulsive, fringale, etc. – cette échelle permettrait de repérer, caractériser et diagnostiquer une éventuelle addiction ».

« Comment expliquer le déni de grossesse, une pathologie encore très mystérieuse ? »

 Date de publication : 30 juillet 2026 Temps de lecture: 3 min


Paula Pinto Gomes constate dans La Croix que « 5 dépouilles de bébés ont été retrouvées, le 26 juillet 2026, dans l’appartement d’un couple à Orange (Vaucluse). Il pourrait s’agir d’une série de dénis de grossesse, une pathologie dont les mécanismes sont encore mal connus ».
La journaliste indique ainsi : « Elles sont enceintes et ne le savent pas. Elles le découvrent au cours de la grossesse ou parfois même le jour de l’accouchement. Le déni de grossesse est un trouble de la gestation psychique ».
Le Pr Israël Nisand, gynécologue obstétricien, remarque que « la femme n’a pas conscience d’être enceinte et quand il n’y a pas de grossesse psychique, il ne peut y avoir de grossesse physique ».
Paula Pinto Gomes poursuit : « Bien souvent, «la femme arrive aux urgences avec des douleurs dans le ventre et on lui annonce qu’elle est enceinte et qu’elle est en train d’accoucher», illustre Myriam Szejer, psychanalyste, et présidente de l’association La cause des bébés. Certaines accouchent parfois toutes seules et «c’est là que c’est dangereux pour l’enfant», rappelle le Pr Nisand ».
La journaliste s’interroge : « Comment le fœtus peut-il se développer dans le ventre, sans signes physiques apparents ? ». Le Pr Nisand indique que « dans le déni de grossesse, la femme va inconsciemment renforcer les muscles de l’abdomen qui deviennent un véritable mur. L’utérus, au lieu de se pencher vers l’avant reste droit dans l’abdomen, repousse les intestins, le diaphragme. Et le bébé va se développer dans la cavité abdominale où il y a la place pour mener la grossesse à terme, sans que cela se voie ».
« Il faut intégrer l’idée que le psychisme gouverne complètement le corps et c’est une des raisons pour lesquelles les médecins sont souvent fermés à la réalité du déni de grossesse », ajoute le spécialiste.
Paula Pinto Gomes note que « ce phénomène concernerait, selon lui, «une naissance sur 300 ou 400» pour un déni avant la fin de la grossesse et «moins de 1%» pour un déni jusqu’au bout ».
Elle remarque que « parmi [les] causes, le gynécologue a souvent repéré des antécédents de violences sexuelles ». Il explique que « près de 90% des femmes suivies déclarent qu’un proche a abusé d’elles pendant l’enfance et qu’elles avaient recouvert ce souvenir de strates d’oubli pour pouvoir exister ».
La journaliste ajoute que « parfois, le contexte familial, conjugal ou social semble également insurmontable aux yeux de la mère ».
Myriam Szejer souligne pour sa part qu’« il ne faut pas confondre la femme qui tue ses bébés, souvent atteinte de psychose, avec celle qui est dans le déni. Il peut y avoir un déni derrière un infanticide, mais ce n’est pas systématique ».


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