« Anxiété, sommeil, dépression : les “horaires atypiques”, nocifs pour la santé et la vie familiale, doivent être mieux encadrés »

 Ajouter aux favoris Date de publication : 3 septembre 2026 Temps de lecture: 3 min


C’est ce que titre Libération, qui observe que « l’Anses appelle […] à un meilleur encadrement de ces heures de travail effectuées en décalé le matin ou le soir, le week-end ou en horaires longs de plus de 8 heures par jour ».
Le journal note ainsi qu’« entre la moitié et les trois quarts des actifs en France travaillent, lors de leur vie professionnelle, avec des «horaires atypiques», décalés, longs ou le week-end, qui dégradent leur santé et altèrent leur vie sociale et familiale, estime l’Anses ».
Le quotidien explique que « pour définir les horaires atypiques, l’Anses en a retenu trois grandes formes dans un avis publié ce mercredi 2 septembre : travail le week-end, en horaires longs de plus de 8 heures par jour et /ou 40 heures par semaine, ou en horaires décalés entre 5 heures et 8 heures et entre 19 heures et minuit ».
Henri Bastos, directeur scientifique Santé et Travail de l’Anses, souligne que « c’est tout sauf marginal : aujourd’hui en France, cela concerne 55% à 75% des actifs selon la définition retenue. Quelle que soit votre profession, vous pouvez être concerné à un moment ou à un autre par l’une de ces formes de travail en horaires atypiques ».
Libération indique qu’« il n’existe pas de définition juridique des horaires atypiques. Ils concernent, à divers degrés, salariés, agents publics, travailleurs indépendants, agriculteurs, commerçants, ouvriers, infirmiers, aides-soignants, vendeurs, caissiers, agents d’entretien, aides à domicile, boulangers, cuisiniers, serveurs… ».
Le journal relève qu’« au vu des 172 études jugées pertinentes sur le sujet, l’agence a relevé des effets sur la santé mais aussi sur la vie familiale et sociale, «modulés par la charge ou la nature du travail, le stress ou encore la durée et les rythmes du sommeil» ».
Henri Bastos déclare que « les études mettent en évidence des associations statistiques plus ou moins fortes, en fonction du type d’horaires, [avec] des effets néfastes des horaires longs avérés sur l’anxiété, le sommeil, la survenue de maladies cardiovasculaires ».
Libération ajoute que « des effets négatifs probables ont également été notés sur la santé reproductive et métabolique, l’équilibre entre vie professionnelle et socio-familiale, avec un risque accru de dépression et des accidents du travail ».
Le quotidien poursuit : « Travailler le week-end nuit à la vie personnelle, mais aussi, suggèrent les études, à la santé mentale – dépression, anxiété – et physique – sommeil perturbé, douleurs, fatigue, troubles musculosquelettiques, accidents. Dette de sommeil, stress, perturbation de la vie familiale s’accumulent… ».
« Pour le travail en horaires décalés, les études suggèrent des effets néfastes sur la vie socio-familiale surtout pour le travail en soirée et sur la santé mentale, cardiovasculaire et le sommeil plutôt pour les postes matinaux », continue le journal.
Libération retient : « L’Anses conclut que le travail en horaires atypiques «doit être limité autant que possible». Lorsqu’il ne peut être évité, il doit être mieux encadré, en lui appliquant par exemple certaines protections prévues uniquement pour les heures de nuit : suivi médical, dispositions pour les femmes enceintes ».
Le Parisien indique aussi que « l’Anses alerte sur les risques des horaires atypiques, nocifs pour la santé ».
Antoine, 24 ans, infirmier dans un hôpital bordelais, déclare : « Quand je suis de nuit, je n’ai aucune vie sociale, je suis tellement fatigué que je n’arrive pas à faire autre chose, à part du sport et quelques courses. (…) Les trois dernières nuits (d’un mois de travail de nuit), je commence à avoir des nausées ».
Le quotidien note que l’infirmier « explique avoir besoin d’au moins 5 jours et de mélatonine pour reprendre un rythme de jour ».

« Des jardins thérapeutiques pour soigner les maux du XXIe siècle »

 Ajouter aux favoris Date de publication : 4 septembre 2026 Temps de lecture: 3 min


Florian Bardou s’interroge dans Libération : « Les jardins sont-ils vecteurs de soin ? Les favorisent-ils même ? Dès l’Antiquité, on y croit, et les centres de guérisons, à l’instar du sanctuaire dédié au dieu Asclépios à Epidaure (dans le Péloponnèse), daté du VIe avant J.-C., est un formidable exemple du rôle thérapeutique attribué au paysage (avec les arts) à l’époque ».
« Au Moyen Age, monastères et hospices d’Europe occidentale sont tous équipés de jardins médicinaux, souvent insérés dans un cloître, qui servent aussi à des fins restauratives, contemplatives ou spirituelles », continue le journaliste.
Florian Bardou constate que « l’essor de la médecine moderne relègue néanmoins les jardins à une pure fonction d’ornementation, même si certaines institutions d’avant-garde, sanatoriums et autres hôpitaux pour blessés de guerre, leur accordent un rôle à part ».
Le journaliste indique que « l’idée d’adosser des «jardins thérapeutiques» à des établissements de santé, pour les bénéfices rendus aux patients mais aussi aux soignants, naît au tournant des années 90. Des paysagistes américaines […] sont connues pour leurs réalisations dans des maisons de retraite, des hôpitaux pour enfants ou malades du cancer ».
« En France, l’élan est plus récent. Les premiers essais sont menés en 1997 à la Pitié Salpêtrière (AP-HP) par une infirmière, Anne Ribes, devenue paysagiste depuis, auprès d’enfants autistes. […] Aujourd’hui, on en recenserait dans près de 150 unités de soin hexagonales, de la psychiatrie à des cliniques orthopédiques, de la simple terrasse aménagée de bacs pour jardiner au parc de pleine terre de quelques hectares », continue Florian Bardou.
Il remarque cependant que « le périmètre de la notion, assez floue, fait débat. Au point que certains préfèrent parler de «jardins de soins» ou de santé ».
Philippe Walch, président de la Fédération des jardins nature santé, déclare que « le premier des objectifs est l’apaisement mental et psychique, c’est la raison pour laquelle ils sont faits dans des unités de soin. Il est thérapeutique par l’expérience qu’on en fait, si possible encadrée par un infirmier ou un animateur, et il s’inscrit dans une démarche globale de soin. Ce ne doit pas être pour cocher une case RSE dans un établissement ».
Florian Bardou note que « depuis une quinzaine d’années, le gérontologue Etienne Bourdon cherche, lui, à faire la démonstration scientifique des effets bénéfiques des jardins pour accompagner certaines pathologies. […] Dans son «jardin enrichi», ouvert aux patients en 2021, à l’hôpital Charles-Foix d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), arbustes, vivaces et fruitiers que l’on peut sentir ou goûter, côtoient des modules censés susciter des interactions cognitivo-comportementales, comme un cadran solaire végétal. Les plantes toxiques, piquantes ou coupantes sont proscrites, les fleurs réparties selon leurs couleurs et saison de floraison ».
Le médecin explique : « On travaille sur l’effet que peut avoir l’environnement sur la santé des personnes âgées. Cela consiste à essayer de définir les caractéristiques de ses jardins à travers d’études randomisées et contrôlées. Leur fréquentation par des malades d’Alzheimer a montré des effets positifs en matière de récupération de capacités cognitives à une échelle unique par rapport aux approches médicamenteuses ».

« Pertes de mémoire, dépression et agressivité… La responsabilité des sports de contact plus que jamais établie dans les dégénérescences cérébrales »

 Ajouter aux favoris Date de publication : 8 septembre 2026 Temps de lecture: 3 min


Guillaume Mollaret observe dans Le Figaro : « Combien, parmi les joueurs de la ligue professionnelle de football américain (NFL) décédés entre 2016 et 2021, souffraient d’encéphalopathie traumatique chronique (ETC) ? Au moins un quart, voire la quasi-totalité d’entre eux, étaient atteints de cette maladie neurodégénérative au moment de leur décès, révèle une étude américaine publiée fin août dans le British Medical Journal ».
Le journaliste explique en effet que « 878 anciens joueurs sont morts durant cette période. Parmi eux, 235 ont donné leur cerveau à la recherche, dont 215 souffraient d’une ETC. En d’autres termes, au moins 24,5% des joueurs morts sur cette période avaient une ETC, pourcentage qui pourrait monter, par extrapolation, à 97,7% du total des joueurs ».
Les chercheurs de l’université de Harvard écrivent que « parmi les joueurs de la NFL ayant fait don de leur cerveau, une démence diagnostiquée sur la base des dossiers médicaux avant le décès était fréquente et associée à une ETC de stade IV ».
Guillaume Mollaret rappelle que « l’encéphalopathie traumatique chronique demeure mal diagnostiquée, bien qu’observée depuis près d’un siècle. Dans les années 1930, on la nommait «démence pugilistique» en raison d’observations comportementales faites chez les boxeurs ».
Le Dr Olivier Rouaud, neurologue, directeur adjoint du Centre Leenaards de la mémoire au CHU Vaudois de Lausanne (Suisse), précise qu’« à l’instar de la maladie d’Alzheimer, l’ECT est une tauopathie ; une pathologie qui repose sur des dépôts anormaux de protéines tau dans le cerveau initialement dans le lobe frontal en profondeur des sillons corticaux autour de petits vaisseaux ».
« Or, en l’absence de biomarqueurs identifiés à ce jour pour l’ECT, il n’est pas possible de la diagnostiquer in vivo avec certitude », ajoute-t-il.
Guillaume Mollaret relève que le diagnostic « est posé par déduction «et donc de façon parfois erronée en raison de symptômes similaires aux maladies d’Alzheimer ou de démences fronto-temporales», complète ce médecin ».
Le journaliste souligne que « si les joueurs de football américain sont tous munis d’un casque protégeant leur tête des blessures visibles, cet équipement ne protège en rien leur cerveau, endommagé par des chocs répétés, même de faible intensité, contre la boîte crânienne. Une répétition qui favorise l’apparition de troubles neurologiques et de dégénérescences cérébrales ».
Guillaume Mollaret remarque qu’« en France, c’est notamment le témoignage d’anciens joueurs de rugby, sport d’évitement devenu sport de collision, qui a amené les instances dirigeantes de ce sport à protéger davantage les joueurs ».
Il note qu’« afin de préserver la santé des joueurs, la Ligue nationale de rugby a mis en place dès 2018 un protocole commotion interdisant au joueur de revenir sur un terrain dès lors qu’il n’est pas en mesure de lire un texte à voix haute et de répondre à quelques questions simples ».
Le Dr Elliot Rubio, médecin du Stade Français, déclare que « ce qui se passe en match, on ne peut totalement le maîtriser. En revanche, nous avons significativement réduit le nombre de commotions à l’entraînement avec l’arrêt des plaquages en poursuite et des duels aériens en dehors des rencontres officielles ».
Le Dr Marc Julia, spécialisé en médecine physique et de réadaptation au CHU de Montpellier et médecin de l’USAP à Perpignan, note quant à lui que « ce n’est malheureusement pas le cas dans tous les clubs. Il demeure des habitudes et tous les entraîneurs ne sont pas convaincus ».

« Urgences psychiatriques : en Ile-de-France, “de nombreux malades sont pris en charge de manière illégale” »

 Ajouter aux favoris Date de publication : 11 septembre 2026 Temps de lecture: 4 min


Nina Guérineau de Lamérie relaie dans Libération « un constat accablant. Selon un rapport de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté [Dominique Simonnot], la prise en charge des patients aux urgences psychiatriques est «défaillante» dans plusieurs hôpitaux de Paris et de la petite couronne, incompatible avec le respect des «droits fondamentaux» ».
La journaliste souligne que « le texte dénonce des «dysfonctionnements graves» : certains malades doivent attendre des jours avant de consulter un médecin, dorment au sol ou sur des chaises, d’autres sont retenus contre leur gré sur des brancards et se voient administrer des sédatifs en dehors de tout cadre légal… ».
Nina Guérineau de Lamérie relève ainsi que « les équipes de Dominique Simonnot ont arpenté, entre mars et juillet, les couloirs d’hôpitaux de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) tels que Cochin, Robert-Debré, Necker, la Pitié Salpêtrière à Paris ou Henri-Mondor à Créteil… L’hôpital Sainte-Anne dans la capitale, et d’autres établissements franciliens, comme Delafontaine à Saint-Denis, ont également été visités ».
L’AP-HP confirme : « Les urgences font face à une augmentation importante des situations psychiatriques, notamment chez les adultes (plus de 40% entre 2024 et 2026), [alors que] l’offre en psychiatrie est insuffisante ».
Le groupement hospitalier ajoute qu’« il existe un retard parfois très important dans les prises en charge, fréquemment de plus de 48 heures et parfois bien au-delà. Cette durée de séjour dans les services d’urgence a ainsi augmenté de 37% en 3 ans [malgré] la mise en place une série de mesures pour faire face à cette situation très difficile ».
Nina Guérineau de Lamérie continue : « Si ces «manquements à la dignité des malades», dénoncés depuis quelques années par des soignants, sont le fruit du «manque de moyens et de personnel», caractérise Dominique Simonnot, le bilan est «très préoccupant», notamment en ce qui concerne les adolescents ».
Dans un entretien, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté déclare notamment : « Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les temps d’attente sont intenables. A Sainte-Anne, 60% des patients attendent plus de 13 heures, 42% plus de 24 heures et 20% plus de 48 heures. C’est énorme, alors que l’accueil n’est pas à la hauteur ».
« Beaucoup préfèrent partir et renoncent à se faire soigner. C’est dur à entendre car personne ne vient de gaieté de cœur aux urgences psychiatriques. Généralement, cela traduit une extrême souffrance mentale », remarque Dominique Simonnot.
Elle ajoute qu’« il y a un abandon des enfants. Les 16-18 ans sont mélangés aux adultes, avec tous les risques que ça comporte, et, pour la plupart, ne sont pas suivis par un pédopsychiatre parce qu’il n’y en a plus assez. C’est très préoccupant : c’est le constat d’un lent démembrement du service public ».
Dominique Simonnot souligne de plus que « dans certains hôpitaux, tout se passe en dehors des clous. De nombreux malades sont pris en charge de manière illégale, placés sous contention sur des brancards, sans le regard du juge. Ce n’est pas acceptable ».
Elle évoque « le manque de temps, de soignants, de moyens. Les urgences ne sont pas en état d’accueillir tout le monde. Et la cellule régionale d’appui à la recherche de lits, lancée en 2022 par l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, n’y change rien pour l’instant. En parallèle, on continue de fermer des lits de psychiatrie, tout en poussant le recours aux soins ambulatoire. Pourquoi pas, mais le problème, c’est que la souffrance mentale n’est pas diagnostiquée en amont ».
Dominique Simonnot conclut qu’« au-delà d’embaucher plus de soignants et de rouvrir des lits, il faudrait abandonner quelques habitudes professionnelles, notamment sur la contention et l’isolement. […] Il faut aussi trouver des solutions d’aval et d’amont, repenser tout le système et arriver à faire respecter ce qui est encadré par la loi ».
Le Monde explique aussi qu’« un rapport pointe des «dysfonctionnements graves» dans la prise en charge des urgences psychiatriques en Ile-de-France ».
Le journal retient que « ces dysfonctionnements sont incompatibles avec le respect des «droits fondamentaux» des patients, entre «attente prolongée dans des conditions indignes», «rétentions arbitraires» ou «contentions sans cadre légal», alerte la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté ».

« A Marseille, les résidents d’un Ehpad s’essayent à la zoothérapie : “C’est la basse-cour ici !” »

 Ajouter aux favoris Date de publication : 14 septembre 2026 Temps de lecture: 4 min


C’est ce que titre Libération, qui fait savoir que « les ateliers de médiation animale, quoique non réglementés, se développent à travers la France et sont reconnus par les professionnels pour leurs bienfaits ». Le journal publie un reportage dans un Ehpad des Bouches-du-Rhône, « en compagnie de résidents qui vont devoir affronter poules et serpent ».
Guillaume Tion indique ainsi : « Ici, à l’Ehpad des jonquilles, […] les résidents participent toutes les deux semaines à un atelier de médiation animale. […] Pierre y libère une dizaine de spécimens, en prenant garde à toujours emporter des mammifères, des reptiles et des oiseaux, soit des poils, des écailles et des plumes ».
« Aujourd’hui, il s’est déplacé avec Rosalie, la petite chienne ; Horace et Hector, les lézards géants d’Australie ; Tatooine, la couleuvre rousse ; Eglantine et Marguerite, les poules aux tarses emplumés ; Keira, le lapin bélier aux oreilles tombantes, et avec deux cochons d’Inde », explique le journaliste.
Il précise que Pierre « a passé un diplôme de médiation animale au domaine de la Bergerie, dans la ferme de Marie-Pierre, sa mère, qui l’accompagne ce jour-là. Son carnet de commandes est surchargé, il lui arrive de pratiquer une dizaine d’interventions par semaine, appelé par des Ehpad, des cliniques, des écoles, des prisons… ».
Le jeune homme précise : « Je n’apporte que des animaux qui aiment travailler, et je ne les surcharge jamais. Quatre heures maximum par jour. Ensuite, ils retrouvent leurs enclos et poursuivent leur vie de groupe ».
Guillaume Tion s’interroge : « Quel peut être l’intérêt de placer des animaux face à des personnes âgées, mis à part celui de passer le temps ? ».
Pierre répond que « cela stimule leur mémoire. Les gens qui souffrent d’Alzheimer me parlent souvent de lapins ou de poules, de leurs animaux de jeunesse ».
Guillaume Tion observe en outre qu’« à l’hôpital Bretonneau, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, l’équipe gériatrique est séduite depuis une dizaine d’années par la médiation animale. Un atelier y est organisé une fois par semaine, essentiellement avec des chiens, et à destination des patients touchés par des troubles sévères de la compréhension et de l’expression ».
Sophie Lacaille, gériatre, précise que « ce sont des interventions intéressantes car le contact avec les animaux ne passe pas par le verbal. Il y a un rapport primaire simple et facile à comprendre. Les patients sont tout de suite attirés. Ils retrouvent une communication sensorielle dans le fait de toucher et de caresser l’animal ».
Le journaliste relève que cela « leur permet aussi de reprendre pleine conscience de leur corps », la Dr Lacaille indiquant que « les personnes âgées le perçoivent souvent comme associé à une douleur. Ils redécouvrent là des choses positives ».
Guillaume Tion ajoute que « ces ateliers servent aussi aux gériatres de base pour des activités cognitives. […] Les animaux permettent aussi de développer la sociabilité des patients ».
La gériatre poursuit : « Il est parfois impossible d’entrer en communication avec certains patients. Avec l’animal, c’est comme de la magie, les personnes qu’on n’arrive pas à mobiliser ont les yeux qui s’illuminent quand ils voient un chat ou un chien, et nous sommes surpris des ressources de certains patients, qui soudain expriment du bonheur, de l’émotion, de l’apaisement ».
Guillaume Tion note cependant que « la zoothérapie n’est pas réglementée en France. […] Une proposition de loi PS «valorisant les bienfaits du lien animaux-humains», déposée en juillet 2025, prévoit toutefois d’encadrer la pratique, avec un comité national de la médiation animale, chargé notamment d’accorder un label officiel définissant de bonnes conditions d’exercice, mais elle n’est pas pour l’instant inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée ».

« “Je reste à fixer le plafond jusqu’à 4 heures du matin” : ces jeunes qui ne trouvent plus le sommeil »

 Ajouter aux favoris Date de publication : 16 septembre 2026 Temps de lecture: 3 min


Alice Raybaud constate dans Le Monde : « La génération Z se serait-elle perdue sur le chemin qui mène aux bras de Morphée ? Les nuits des moins de 30 ans se sont largement raccourcies au cours des dernières décennies ».
La journaliste fait savoir que « ce sont 88% des 15-24 ans qui manquent de sommeil, d’après une enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance, en 2018. Celui-ci estime que, depuis les années 1970, les jeunes de cette tranche d’âge ont perdu en moyenne une heure et demie de sommeil par nuit ».
« Ils sont aussi particulièrement touchés par l’insomnie : plus d’un tiers des étudiants français présentent un diagnostic clinique d’insomnie chronique, soit trois fois plus que la population générale, d’après une étude de 2025, publiée dans le Journal of Sleep Research », souligne Alice Raybaud.
Elle poursuit : « Les jeunes grandissent dans un environnement qui est «de moins en moins propice à un sommeil de qualité», constate le médecin Damien Léger, responsable du Centre du sommeil et de la vigilance, à Paris, où il reçoit une part croissante de jeunes adultes. Souvent pointée du doigt, leur hyperconnexion, avec des écrans qui s’invitent régulièrement dans la chambre, est une cause parmi d’autres ».
Alice Raybaud note que « c’est aussi l’anxiété, dont on constate une intensification au sein de la jeune génération, qui fracture son sommeil ». Carmen Schröder, psychiatre et professeure aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, remarque qu’« entre les guerres, le changement climatique, la pression académique due à une sélection croissante… Les jeunes évoluent dans une période incertaine où il est difficile de se projeter de manière sereine dans l’avenir, et c’est au moment où l’esprit n’est plus occupé, au coucher, que ces préoccupations peuvent tourner en boucle ».
« Un cercle vicieux s’installe alors, troubles de santé mentale et manque de sommeil s’alimentant l’un l’autre », continue la journaliste.
Sophie Bayard, chercheuse en psychologie à l’université Paul-Valéry de Montpellier, indique pour sa part que « la privation de sommeil entraîne un moins bon fonctionnement cognitif, avec des difficultés de concentration, d’organisation, de mémoire. C’est un facteur déterminant de risque d’abandon des études, d’échec universitaire, mais aussi de perte d’emploi ».
Alice Raybaud note que « la somnolence, qui touche un tiers des jeunes, est de plus impliquée dans 10% à 20% des accidents de la route, selon une récente feuille de route interministérielle ».
Le Pr Schröder souligne qu’« on pense aussi qu’il faudrait juste un peu plus de volonté pour se recaler : ce n’est pas vrai. Une fois les insomnies installées, il est difficile de s’en défaire seul ».
La journaliste observe que « ces préjugés débouchent sur une «sous-diagnostication préoccupante», alerte Sophie Bayard. […] Agir sur le sommeil est un des leviers «les plus puissants et les moins coûteux», insiste-t-elle, pour protéger la santé ».

« La pollution de l’air favorise les troubles mentaux »

 Ajouter aux favoris Date de publication : 25 septembre 2026 Temps de lecture: 4 min


Jean Zanardo livre dans Le Figaro un entretien avec Stéphane Jamain, directeur de recherche à l’Inserm et codirecteur de l’Institut Mondor de recherche biomédicale (IMRB),« où il anime une équipe de 60 personnes. Leur travail vise à identifier les facteurs de risque génétiques, épigénétiques et environnementaux associés aux troubles neuropsychiatriques et de développer des modèles cellulaires et animaux pour les comprendre ».
Le journaliste relève ainsi qu’« une recherche menée à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil a montré, sur 10 ans, une corrélation entre pics de pollution en région parisienne et admissions aux urgences psychiatriques. Quel est le lien entre pollution et troubles mentaux ? ».
Stéphane Jamain répond que « cette étude épidémiologique établit en effet une association entre pics de particules fines et survenue de crises psychotiques et d’épisodes dépressifs récurrents. D’autres travaux ont pointé une hausse de 10 % d’admissions aux urgences psy pendant les épisodes de canicule avec une augmentation du risque suicidaire chez ces patients. L’épidémiologie nous indique également un risque accru de développer un trouble du spectre de l’autisme chez les personnes qui naissent et grandissent à côté d’un axe routier ».
Le chercheur souligne ainsi : « Nous estimons que l’exposition à la pollution atmosphérique multiplie par 2 le risque de développer une psychose […] et par 3 celui de la survenue d’autisme. Précisons que nous évoquons ici, non des relations prouvées de cause à effet, mais des études d’observation réalisées sur des populations vivant dans ce que nous appelons l’«urbanicité» : des environnements très urbanisés tels que nous les connaissons à Paris et dans d’autres mégalopoles du monde ».
Stéphane Jamain explique que « certains [mécanismes] sont assez évidents comme les perturbations du sommeil lors des vagues de chaleur, auxquelles les personnes souffrant de troubles psychiatriques sont particulièrement sensibles. Le bruit, les espaces restreints, la précarité pour certains… Il y a un stress social important inhérent à l’urbanicité qui contribue à l’augmentation du risque de développer des troubles mentaux ».
« Il nous faut dépasser l’épidémiologie : nous devons démontrer sur le plan de la biologie l’impact direct de la pollution atmosphérique sur le développement et le fonctionnement cérébral », ajoute le chercheur.
Il déclare que « nous pouvons d’abord nous fonder sur les mesures réalisées ces 30 dernières années sur les émissions de particules que l’on classe selon leur taille en micromètres : les PM10 et les PM2,5 (plus fines). Nous avons également des cartes pour les polluants gazeux – le dioxyde d’azote et l’ozone, par exemple. Ce sont là les éléments des modélisations réalisées par le Laboratoire interdisciplinaire des systèmes atmosphériques (Lisa) qui peut être combiné avec de l’imagerie cérébrale. Cela a permis, par exemple, de détecter des modifications de la substance blanche cérébrale, diminuée chez les personnes exposées à la pollution par rapport à celles qui ne le sont pas ».
Stéphane Jamain précise que « le Lisa est allé plus loin : il a pu reproduire en laboratoire des atmosphères complexes, tout comme celles que nous respirons à l’extérieur, des composés primaires qui interagissent et produisent des polluants secondaires. La prochaine étape est la mise en œuvre d’une deuxième chambre de simulation atmosphérique multiphasique – dite Cesam – que nous sommes en train de construire à l’IMRB ».
« Nous allons exposer des systèmes biologiques à des atmosphères polluées afin d’étudier les impacts sur le cerveau et sur les troubles mentaux. Par exemple, on soupçonne que l’exposition aux particules peut entraîner une inflammation susceptible de perturber ce que l’on appelle la barrière hémato-encéphalique qui empêche en temps normal tout passage d’éléments présents dans le sang vers le cerveau. S’il y a porosité, cela peut aboutir à une inflammation centrale, une neuro-inflammation qui altère le fonctionnement cérébral », poursuit le chercheur.


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