« Psychiatrie : des « traitements inhumains » à l’hôpital de Saint-Etienne »

Le Monde Libération

Le Monde note en effet que « le Contrôleur des lieux de privation de liberté a saisi en urgence le gouvernement pour mettre fin à des violations de la dignité et des droits des patients ».
« Les termes de «traitement inhumain ou dégradant» se retrouvent aujourd’hui sous sa plume au sujet des conditions de vie de certaines personnes hospitalisées au pôle de psychiatrie du CHU de Saint-Etienne », 
explique le journal.
Le quotidien indique que 
« les constats établis lors d’une visite réalisée du 8 au 15 janvier […] sont édifiants. Faute de lits disponibles en psychiatrie, certains patients sont stockés au service des urgences. Au moment du passage du Contrôleur général, 5 patients relevant de la psychiatrie se trouvaient ainsi aux urgences générales du CHU depuis 3 ou 7 jours ».
Adeline Hazan, contrôleure générale, remarque qu’
« ils n’avaient pu ni se laver, ni se changer, ni avoir accès à leur téléphone portable ».
Le Monde observe qu’
« au total, les urgences de l’hôpital accueillaient, à la mi-janvier, 20 patients de psychiatrie, dont 13 étaient sur des brancards dans les couloirs. Sept personnes «faisaient l’objet de contentions au niveau des pieds et d’une ou des deux mains», qu’elles soient sous le régime de l’hospitalisation sans consentement ou en soins libres ».
Le quotidien souligne que 
« dans le service de psychiatrie (216 lits) de l’établissement de la Loire, la situation ne semble pas plus conforme au droit. «Une patiente non agitée mais souffrant de troubles compulsifs est ainsi placée en isolement dans sa chambre ordinaire depuis plusieurs mois, avec porte des toilettes fermée à clé et quatre sorties d’un quart d’heure autorisées par jour pour fumer», note l’autorité indépendante. En l’absence de «projet médical de pôle», l’hôpital recourt de manière abusive à «une pratique générale d’isolement et de contention» ».
Le Monde rappelle que 
« selon les règles publiées en mars 2017 par la Haute Autorité de santé, un patient susceptible d’être dangereux pour lui-même ou pour les autres ne devrait pas être enfermé plus de 12 heures et attaché plus de 6, même si des prolongations limitées sont possibles ».
« Au CHU de Saint-Etienne, l’isolement et la contention sont décidés «de manière fréquente» pour des durées de plusieurs jours », 
note le journal.
Adeline Hazan observe qu’« 
en matière de psychiatrie, le patient ne doit plus être un objet de soins, mais un sujet de droit ». Le quotidien relève qu’« elle dresse une liste de recommandations pour faire cesser «immédiatement» ces violations de la dignité et des droits des patients. Le ministère de la Santé, qui avait 3 semaines pour lui répondre avant publication au JO, ne l’a pas encore fait. En revanche le contrôleur a reçu un courrier du directeur de l’hôpital qui témoigne «d’une réelle volonté de changement» ».
Libération évoque également ces 
« «conditions indignes» au CHU de Saint-Etienne » : « Patients attachés, isolement abusif… Une visite des contrôleurs généraux des lieux de privation de liberté début janvier a révélé des pratiques «honteuses» qui se faisaient pourtant au grand jour. Des recommandations ont été transmises au ministère de la Santé », indique le journal.
Le quotidien remarque que « 
ce que décrivent les contrôleurs est ahurissant, d’autant plus qu’il a fallu le passage de ces experts pour que des personnes réagissent alors que ces pratiques se font au grand jour ».
Libération souligne que 
« dans ce CHU, la psychiatrie adulte est une discipline importante. Elle dispose de 216 lits, contre 14 lits et 64 places pour la pédopsychiatrie. Et il n’y a pas de manque criant de personnel. En tout cas, le parcours de soins se veut précis : en dehors des hospitalisations programmées, tous les patients sont pris en charge, au départ, par les urgences ».
« Seulement voilà, selon le rapport, «ce jour-là, les contrôleurs ont constaté la présence, aux urgences générales du CHU, de 20 patients relevant de la psychiatrie en attente de places. Treize de ces 20 patients attendaient, allongés sur des brancards dans les couloirs des urgences. Sept patients faisaient l’objet de contention au niveau des pieds et d’une ou des deux mains. Ces sept personnes se trouvaient aux urgences depuis des durées allant de 15 heures à 7 jours» », 
note le quotidien.
Libération relève : «
 Peut-être était-ce en raison de leur pathologie ou de leur dangerosité ? En aucun cas. «Aucun de ces patients ne présentait d’état d’agitation, certains demandant juste à pouvoir être détachés, sans véhémence, dans une forme de résignation et d’acceptation». Plus effrayante encore, l’indifférence ambiante : «Les contentions étaient visibles de toute personne circulant dans les couloirs des urgences […] Les entretiens avec les médecins et infirmiers, comme la délivrance des traitements, s’effectuaient sans aucune confidentialité» ».
Le journal continue : 
« Les urgences sont-elles un cas à part ? Négatif. Les contrôleurs découvrent des pratiques qui semblent être institutionnalisées. Ainsi, «toute personne admise en soins sans consentement est systématiquement placée sous contention». Sans aucune raison. Dans les services d’hospitalisation, rien ne va mieux, sans que nul ne s’en offusque. On voit «une pratique générale d’isolement et de contention dans les unités d’hospitalisation complète ne répondant pas aux exigences législatives et réglementaires» ».
« Certaines unités ont même mis au point des «périodes d’isolement régulières, de plusieurs semaines». Sans oublier ces patients, en hospitalisation libre, qui se retrouvent isolés et attachés, ce qui est totalement illégal », 
observe le quotidien.
Libération cite aussi Adeline Hazan, qui remarque :
 « Nous sommes désarçonnés. Car ce sont des équipes qui se sont montrées ouvertes, comme d’ailleurs la direction de l’hôpital. Dès qu’ont été débattues leurs pratiques, elles ont convenu que cela n’allait pas, et elles sont prêtes à les modifier rapidement ».

Date de publication : 1er mars 2018

« L’euthanasie revient sur le devant de la scène »

Le Parisien Le Monde La Croix

Le Parisien note en effet que « 156 députés, en majorité LREM, réclament une loi en faveur de l’aide active à mourir pour 2018, dans une tribune parue dans Le Monde. La bataille sur ce sujet sensible est repartie ».
Le journal observe ainsi :
 « «Sortir de l’hypocrisie», «droit au choix», «des malades implorent ce soulagement». Il était d’usage de rencontrer ces mots, appelant à une loi sur la fin de vie pouvant aller jusqu’à l’euthanasie active… chez les militants. Ce champ lexical est désormais employé par 156 députés. Soit plus du quart d’entre eux, pour la plupart issus de la majorité LREM-MoDem, dans une tribune […] intitulée «Euthanasie : allons plus loin avec une nouvelle loi» ».
Le Parisien rappelle que 
« cette alternative n’est actuellement pas possible en France pour les malades dont le pronostic vital est engagé à court terme et dont la souffrance est réfractaire aux traitements ».
Le quotidien précise ce que 
« prévoit, pour eux, la loi dite Leonetti-Clays de 2016 chargée de suppléer les manquements de la loi Leonetti de 2005. Associée à une analgésie qui supprime la sensibilité à la douleur, une sédation «profonde et continue» peut accompagner le patient jusqu’à la mort, après l’arrêt des traitements. C’est le «dormir avant de mourir pour ne pas souffrir» de l’ancien député LR, Jean Leonetti ».
Le Parisien ajoute : 
« L’aide active à mourir est-elle pour demain ? Le président de la République, Emmanuel Macron, ne s’est pas prononcé pour l’instant sur cette question ».
Dans un article intitulé 
« Fin de vie : 156 députés font pression pour une nouvelle loi », Le Monde s’interroge : « Y aura-t-il dans les 12 prochains mois une majorité suffisante à l’Assemblée nationale pour voter une loi autorisant une aide médicale active à mourir sous certaines conditions ? Deux ans après l’adoption de la loi Claeys-Leonetti instaurant un droit à la sédation profonde et continue pour les malades en phase terminale, le débat pourrait de nouveau avoir lieu dans l’Hémicycle avec un rapport de force inédit ».
Le quotidien explique ainsi que 
« 156 députés, dont 122 étiquetés La République en marche (LRM), demandent qu’une nouvelle loi soit adoptée «sans délai» ». Ils écrivent notamment qu’« il convient de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et, c’est essentiel, de leur destin. C’est pourquoi nous, députés issus d’horizons différents, proposons de légiférer en ce sens au cours de l’année 2018 ».
Olivia Grégoire, porte-parole du groupe LRM, observe de son côté : 
« Il y a beaucoup de parlementaires mobilisés, soit d’anciens professionnels de santé, infirmiers et médecins, soit des parlementaires qui ont vécu, comme moi, cette épreuve de vie douloureuse en accompagnant leurs proches ».
La Croix relate aussi cette 
« offensive des partisans de l’euthanasie à l’Assemblée ». Le journal évoque ainsi cette « tribune réclamant l’ouverture d’une «aide active à mourir» dans la loi française. Parmi ses signataires, l’ancien premier ministre Manuel Valls et 155 députés très majoritairement issus des rangs de LREM. «Il n’est plus raisonnable d’attendre davantage, d’observer sans réagir les souffrances physiques et psychiques de nombre de ces Français», peut-on y lire. Le texte […] a été élaboré par le député Jean-Louis Touraine (LREM), auteur d’une proposition de loi sur la fin de vie ».
Le quotidien note que le député 
« se défend de vouloir pousser l’exécutif à agir dans le sens qu’il souhaite. «La tribune n’a aucune intention de mettre la pression, mais de permettre aux gens de réfléchir», affirme-t-il. De son côté, le gouvernement temporise et renvoie à l’été. «Tant que les états généraux ne seront pas terminés, nous ne nous prononcerons pas», fait-on savoir dans l’entourage d’Agnès Buzyn. Dernièrement, la ministre de la Santé a plusieurs fois répété qu’elle ne souhaitait pas une nouvelle législation sur «un sujet éminemment compliqué» ».
La Croix observe par ailleurs que 
« les représentants du milieu des soins palliatifs ne cachent pas leur malaise » et cite notamment Marie-Dominique Trébuchet, vice-présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), qui remarque que « ce texte est publié alors que la loi Claeys-Leonetti est loin d’être complètement mise en application. […] La pratique éthique n’est pas, comme le sous-entend le député Touraine, d’encadrer l’euthanasie, mais au contraire d’accompagner et de soulager les patients en fin de vie ».

Date de publication : 1er mars 2018

« La psychiatrie française est-elle « inhumaine » et « dégradante » ? »

La Croix

C’est la « question du jour » que pose La Croix. Le journal note en effet que « la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, s’alarme [...] des conditions «indignes» d’accueil des patients relevant de la psychiatrie au CHU de Saint-Étienne. Depuis plusieurs années, cette instance multiplie les alertes sur la psychiatrie ».
Adeline Hazan déclare ainsi :
 « Lors de notre visite, nous avons constaté la présence [aux urgences du CHU de Saint-Etienne] de 20 patients relevant de la psychiatrie : 13 d’entre eux étaient allongés sur des brancards, dont 7 étaient attachés au niveau des pieds et d’une ou deux mains. Cinq d’entre eux étaient aux urgences depuis plus de 3 jours et un depuis 7 jours. Ils n’avaient pas pu se laver ni se changer ni avoir accès à leur portable ».
« Ces patients ne présentaient pas d’agitation particulière, ce qui rend scandaleux ce recours à la contention, qui ne doit être utilisée qu’en cas de danger pour soi-même ou pour autrui. À la suite de notre signalement, la direction du CHU a réagi avec rapidité, sans nier la gravité des faits et en prenant des mesures pour y mettre un terme », 
indique la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté.
Elle ajoute qu’«
 à ce jour, nos services ont visité environ 50% des hôpitaux psychiatriques en France. Tous ne sont pas confrontés à ces dérives. Mais, de manière générale, on constate une banalisation du recours à la contention ou de la mise à l’isolement des patients. Ces mesures peuvent se justifier dans certains cas mais de façon encadrée, contrôlée et limitée dans le temps. Or, trop souvent, on voit des équipes qui attachent ou qui isolent sans vraiment réaliser qu’il s’agit là de mesures attentatoires à la liberté ».
Adeline Hazan relève que « dans certains établissements, les chambres d’isolement ne sont pas équipées d’un bouton d’appel. Quand les patients veulent solliciter un soignant, ils tapent contre les murs ou, quand ils sont attachés, sont obligés de crier. Voilà bien des situations qui, comme pour ces patients de Saint-Étienne, sont inhumaines et dégradantes au sens de la Convention européenne des droits de l’homme. Et, oui, dans certains cas, les hôpitaux psychiatriques sont maltraitants ».

De son côté, Stéphane Bourcet, président de l’Intersyndicale de défense de la psychiatrie publique (Idepp), déclare que 
« nos pratiques sont très encadrées et visent à protéger les patients ».
Le responsable souligne que 
« les hôpitaux psychiatriques sont confrontés à un manque de moyens humains qui rend plus difficile la prise en charge des patients. [...] La baisse des tarifs complique aussi notre travail. Mais on ne peut laisser dire que la psychiatrie est maltraitante ou inhumaine en France. Des dérives peuvent exister ici ou là mais, dans la très grande majorité des cas, les équipes travaillent dans le respect des droits et de la liberté des patients ».
Stéphane Bourcet ajoute :
 « Il faut en finir avec cette idée qu’on attacherait les patients pour le plaisir ou qu’on les mettrait à l’isolement par facilité. Aujourd’hui, la contention et l’isolement sont encadrés par une loi de janvier 2016 et par des recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS). Ce sont des actes qui doivent être réalisés sur prescription médicale. Toute personne chez laquelle une contention est mise en place doit être réévaluée toutes les 6 heures. Et, pour une personne à l’isolement, c’est toutes les 12 heures ».
Il indique qu’
« il faut aussi comprendre que, dans certains cas, certaines pathologies peuvent donner lieu à des éclosions délirantes et hallucinatoires, avec des accès de violence parfois très difficiles à maîtriser ou stabiliser. Prendre en charge un patient qui souffre de psychose est parfois très complexe et il faut éviter de faire des raccourcis. Un patient qui crie ou qui tape, cela peut aussi s’expliquer par un état difficile à maîtriser ».
« Bien sûr, on peut toujours progresser. Mais, franchement, la psychiatrie aujourd’hui n’est plus celle que j’ai connue quand j’ai commencé mes études. […] Sur la mise en pyjama, là aussi on a avancé. Par le passé, cela pouvait faire partie de l’arsenal des soins. Aujourd’hui, c’est quelque chose qui appartient au passé », 
continue Stéphane Bourcet.

Date de publication : 2 mars 2018

« Hypocondriaques, soignez-vous »

Le Parisien

Le Parisien se penche sur l’hypocondrie : « Véritable pathologie, trop souvent moquée, elle se caractérise par «un souci exagéré de sa santé qui peut aller jusqu’au délire, lâche Michèle Declerck, psychologue et sophrologue, auteur de l’Hypocondrie (Ed. In Press), paru ce mois-ci. Les malades ont une vision apocalyptique de leur propre corps dont ils ne savent pas quel sort il va leur réserver» ».
Le journal s’interroge : 
« Combien sont-ils ? Difficile à dire. Une dernière étude Ifop Capital de 2014 avançait déjà un chiffre édifiant : près de 13% de la population française serait touchée ».
Michèle Declerck,
 « dont 75% des patients sont hypocondriaques », remarque qu’« on est presque tous préoccupés par notre santé, c’est un mal de société. Mais la plupart sont des hommes bien portants de 35 à 40 ans qui ont été surprotégés par leur mère. Evidemment, il y a plusieurs degrés ».
Le Parisien note ainsi que 
« l’hyper-fréquentation des cabinets médicaux doit alerter » et « explique comment sortir de cette spirale infernale ».
Le journal évoque 
« le sport comme diversion » : « L’hypocondriaque a une vision médicalisée de son corps. «L’effort permet, au contraire, de l’associer à la performance», explique Michèle Declerck. Mais aussi de détourner son attention de cet état d’hypervigilance. Une activité que recommande également le psychiatre Antoine Pelissolo, chef de service à l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil ».
Ce dernier observe : «
 S’il voit qu’il est, par exemple, capable de courir, il aura une meilleure maîtrise de son corps. C’est un moyen de retrouver confiance en soi et de ne pas se sentir toujours vulnérable. ».
Le Parisien conseille en outre : 
« Fuyez Internet », notant que « les médecins le martèlent, la consultation des sites médicaux est un «grand pourvoyeur de malades», s’indigne Michèle Declerck, et les forums, «des pousse-au-crime». Un mal de tête devient le symptôme d’un AVC, une crampe à la jambe, d’une phlébite, à l’estomac, d’un ulcère. Ils entretiennent les hypocondriaques dans leur quête médicale, dans l’autodiagnostic et la hantise de la mort. Et répondent à leur fascination pour la médecine ».
Le quotidien relève que 
« Michèle Declerck conseille aussi d’éviter de lire les faits divers, sources de panique ». La psychologue remarque ainsi : « J’ai eu une recrudescence de consultations dans mon cabinet après la mort de Johnny et de France Gall. Forcément, les gens se disent : Comment une personne riche qui a les moyens de se soigner n’a pas pu être sauvée ? ».
Le journal conseille enfin :
 « Faites-vous aider », soulignant qu’« un médecin peut vous expliquer que les petits maux font partie du quotidien, que ce sont des signes normaux et non les symptômes d’une maladie grave. Les hypocondriaques ont souvent perdu un proche ou sont confrontés dans leur entourage à des pathologies lourdes, il faut donc les rassurer ».

Date de publication : 5 mars 2018

« La PMA ouverte à « toutes » ? »

La Croix

La Croix fait savoir que « pendant 3 semaines, [le journal] va examiner les questions qui seront débattues tout au long des états généraux de la bioéthique lancés en janvier par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) ».
Le quotidien évoque 
« la première d’entre elles, la PMA », relevant que « les enjeux de l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules sont multiples, allant bien au-delà de la seule question de la procréation ».
Le journal remarque ainsi que 
« l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules est assurément l’un des sujets les plus débattus et emblématiques de la révision des lois de bioéthique qui doit être présentée à l’automne par le gouvernement. De fait, évoquer la légalisation de ce que les uns appellent «la PMA pour toutes» et les autres «la PMA sans père» fait figure de marqueur, car touchant à un certain nombre de paradigmes qui vont du rôle de la médecine à la place du père, en passant par la gratuité des produits du corps humain… ».
La Croix évoque notamment 
« le passage d’une médecine qui soigne à une médecine qui satisfait une demande d’enfant. La PMA est aujourd’hui uniquement accessible aux couples formés d’une femme et d’un homme pour pallier une infertilité pathologique ou pour éviter la transmission d’une maladie. L’étendre aux couples de femmes et aux célibataires revient à prendre en compte des critères «sociétaux», en dehors de toute demande médicale ».
Le journal cite le Dr Bertrand Galichon, président du Centre catholique des médecins français (CCMF), qui 
« craint une «instrumentalisation de la médecine» ». Il déclare : « On exigerait de la médecine qu’elle réponde à un désir, en évacuant toute notion de réparation. […] Nous passons peu à peu d’une obligation de moyens à une obligation de résultats : les médecins sont sommés d’obtenir des résultats quelles que soient la biologie du patient, son histoire, sa liberté ou sa personnalité ».
Nicolas Faget, porte-parole de l’Association des parents gays et lesbiens (APGL), indique quant à lui : 
« Il s’agit de réparer une infertilité sociale. Un couple de femmes est dans un état d’infertilité sociale et devrait donc pouvoir accéder à la technique d’assistance médicale à la procréation comme les couples hétérosexuels. C’est une question d’égalité ».
La Croix relève en outre que 
« pour nombre de juristes, l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules aurait surtout un impact sur la définition de la filiation », ou encore note que « l’ouverture de la PMA risque aussi d’avoir des conséquences concrètes. Les dons de sperme sont déjà insuffisants par rapport à la demande. Les couples recourant à une procréation assistée avec donneur doivent parfois attendre jusqu’à 18 mois. Si la pression s’accroît, la tentation sera forte de rémunérer ces dons, aujourd’hui régis par le principe de la gratuité ».
« Autre question : la PMA sera-t-elle remboursée aux couples de femmes et aux femmes seules, comme elle l’est aux autres couples ? », 
continue le journal.

Date de publication : 12 mars 2018

« Comment se balader en forêt améliore votre santé »

Le Parisien

Le Parisien remarque en effet : « Saviez-vous que se promener dans les bois peut être bon pour notre métabolisme ? C’est ce qu’explique le biologiste [japonais] Qing Li dans son nouveau livre. Celui qu’on présente au pays du Soleil Levant comme le pape des arbres publie « Shinrin Yoku »* (en français « les Bains de forêt »), un ouvrage grand public traduit en 35 langues ».
Le journal explique que 
« le scientifique y raconte comment lui et ses équipes ont prouvé que la fréquentation des arbres diminuait le taux de cortisol, un indicateur de stress, donnait un coup de fouet à notre système immunitaire et même augmentait les cellules tueuses (NK), ces protéines qui protègent notamment contre le cancer… ».
Le Parisien précise que 
« tout a commencé quand, en 1982, le ministre japonais de l’Agriculture lance un programme de recherche sur les « bains de forêt », un rituel de la culture nippone. Depuis, des centaines de cobayes ont vu leur sang, urine, temps de sommeil soupesés, décortiqués, analysés après des excursions au milieu des futaies tandis que les sites de soins fleurissaient au milieu des forêts l’archipel ».
Le journal s’interroge : 
« Comment les arbres peuvent-ils nous faire autant de bien ? Grâce aux huiles naturelles « phytoncides », répond le Pr Qing Li. Il s’agit de défenses naturelles que les grands végétaux libèrent « pour se protéger des bactéries et champignons ». […] On observe les premiers effets dès la première demi-heure en forêt. Qing Li conseille d’y passer au moins 2 heures par mois ».
Le Parisien note que 
« la thérapie par les arbres – ou sylvothérapie – n’est pas une nouveauté en France. […] Mais les forêts redeviennent à la mode ». Jean-Marie Desfossez, organisateur de cette version française de « Shirin Yoku », remarque ainsi : « Depuis un an, je vois un engouement que je n’avais pas anticipé. […] Peut-être que nous, humains, avons besoin de revenir à ce milieu qui nous a nourris et dans lequel nous avons évolué des millions d’années ».
Dans un entretien, le Pr Qing Li précise : 
« À travers nos recherches, nous avons montré que les arbres ont des effets mesurables sur la santé humaine. Pour le prouver, nous avons mis au point plusieurs expériences. Nous avons par exemple immergé 12 cobayes dans un bain de phytoncides (NDLR : les molécules émises par les arbres pour se défendre) pendant 3 jours. À la fin, tous les individus testés présentaient une activité de leurs cellules anticancer beaucoup plus importante. Et un niveau de toxine bien plus bas ».
Le biologiste ajoute que
 « les « bains de forêts » ne relèvent pas de la culture, mais de la science ! Ils peuvent être bénéfiques pour tous. D’ailleurs, d’autres pays que le Japon ont déjà ouvert des centres de sylvothérapie. C’est le cas en Chine, Corée, aux États-Unis ou en Finlande. Pourquoi pas en France ? ».
*« Shinrin Yoku, l’art et la science du bain de forêt », 
de Qing Li, First éditions, 320 p., 17,95 €.

Date de publication : 15 mars 2018

« Comment vaincre les insomnies »

Le Parisien

Le Parisien observe qu’« alors que la 18e Journée du sommeil se tient aujourd’hui, l’Institut qui est dédié à nos nuits (INSV pour Institut national du sommeil et de la vigilance) relève que 73% des Français se réveillent la nuit et alerte plus spécifiquement cette année sur le sommeil des jeunes ».
Le journal explique ainsi que 
« l’étude […] menée sur 1014 15-24 ans conclut que 88% s’estiment en manque de sommeil. La faute notamment aux écrans desquels ils ne décrochent pas, même une fois couchés ».
Joëlle Adrien, présidente de l’INSV, rappelle que 
« le cerveau opère en dormant un grand nettoyage, éliminant les déchets qui s’accumulent. S’il y a grève des éboueurs, le moteur s’encrasse. Une nuit sans dormir ça va, mais trop, cela créer des dégâts ».
« Sans compter qu’au-delà de la fatigue immédiate, d’une baisse de la réactivité, d’une irritabilité, le manque de sommeil a un vrai impact sur notre santé générale, rendant notre organisme moins résistant aux bactéries », 
ajoute le quotidien.
Le Parisien souligne qu’
« il existe pourtant des clés à tourner au quotidien pour tenter d’en finir avec les insomnies. Trois grands médecins spécialistes nous livrent cinq trucs et astuces pour faire redonner au sommeil la notion de plaisir et de sécurité qu’il mérite ».
Le quotidien évoque tout d’abord une 
« bonne température, mais [une] couette séparée ». Le Dr Adrien remarque ainsi qu’« il faut oser aborder le sujet, car une mauvaise cohabitation nocturne a un impact sur le sommeil ».
Le quotidien souligne que 
« la piste du «chacun sa couette», en vogue dans les pays nordiques «ne doit plus être taboue», renchérit François Duforez. Docteur en médecine du sport et du sommeil à l’Hôtel-Dieu (AP-HP), il insiste sur la nécessité de transformer la chambre à coucher en lieu «propice à un bon endormissement» ».
« Ne pas y loger ses animaux la nuit, avoir une bonne literie, retourner son réveil pour ne pas subir sa lumière, mettre un chiffon sur les écrans de veille, notamment s’ils sont bleus (créant ainsi des messages d’alerte au cerveau pour qu’il se réveille) et maintenir une température à 18-20° font partie des bons gestes à adopter », 
continue Le Parisien.
Il poursuit : 
« Insomnies riment avec stress, angoisse, sentiment d’insécurité personnel et/ou professionnel. La sophrologie est l’une des voies royales pour «maîtriser sa respiration et se concentrer sur des idées plaisantes», décrypte le Pr Damien Léger. Il la développe sous forme de cinq séances espacées d’une semaine au centre du sommeil et de la vigilance qu’il dirige à l’Hôtel-Dieu ».
Le Parisien conseille en outre de 
« respecter le «couvre-feu» digital ». Le Dr Adrien rappelle qu’« il ne faut pas dormir avec son portable, tablette, écran dans sa chambre, rappelle. Ils n’ont pas leur place dans le lit, fait pour dormir. Donner des indications contraires à son cerveau, c’est s’assurer une insomnie. Nous devons aussi nous imposer un couvre-feu digital une heure avant de se coucher ».
Le journal évoque le sport, 
« même le soir », relevant que « les spécialistes sont unanimes : pas de bon sommeil sans l’activité physique régulière qui va doper le cerveau. A faire si possible en plein air pour s’exposer à la lumière naturelle ».
Le quotidien conseille enfin 
« des sucres lents pour alimenter les rêves ». Le Pr Léger indique que « les glucides et sucres lents sont bons le soir, que ce soit des pâtes, du riz, des desserts, des bananes. Et n’oubliez pas de boire de l’eau ».

Date de publication : 16 mars 2018

« Autisme : vers un premier traitement ? »

Les Echos

Yann Verdo s’interroge dans Les Echos : « Un premier traitement contre l’autisme va-t-il bientôt voir le jour ? Yehezkel Ben-Ari y croit, et se démène pour y parvenir ».
Le journaliste explique qu’
« à 74 ans, ce neurobiologiste spécialiste des courants électriques circulant dans le cerveau, à l’état normal ou pathologique, a gardé l’ardeur de ses jeunes années dans son combat contre ce trouble du développement affectant, sous une forme ou sous une autre, un enfant sur 100 ».
Yann Verdo indique que 
« son arme s’appelle la bumétanide, un simple diurétique développé au début des années 1970 par les laboratoires Roche. Couramment utilisé pour réduire les œdèmes ou lutter contre l’hypertension, ce médicament semble avoir un impact positif sur les troubles du spectre autistique ».
« C’est du moins ce qu’il apparaît à la lecture d’une étude publiée le 26 février dans Nature Scientific Reports et réalisée en collaboration avec l’experte en imagerie cérébrale Nouchine Hadjikhani (Harvard Medical School) et le pédopsychiatre et neuroscientifique Eric Lemonnier (CHU de Limoges) », 
précise le journaliste.
Il explique que 
« dans cette expérience, il a été demandé à 8 autistes Asperger (capables de s’exprimer normalement) de fixer la région des yeux de visages humains (une croix centrée sur la pupille était censée les aider à focaliser leur regard sur ce point précis). Pendant qu’ils se livraient à cet exercice, Nouchine Hadjikhani les soumettait à un examen d’imagerie cérébrale. Dans le viseur de la radiologue, l’activité de l’amygdale, cette structure du système limbique jouant un rôle central dans les émotions, et notamment la peur ».
Yann Verdo relève que 
« les résultats ont été nets et conformes aux attentes des trois chercheurs : alors que chez les sujets du groupe contrôle ce « contact visuel forcé » entraînait une hyperactivation de l’amygdale, témoin de la peur qu’éprouvent les autistes à regarder quelqu’un dans les yeux, chez ceux qui avaient préalablement été traités pendant 10 mois à la bumétanide cette hyperactivation était nettement réduite. Le protocole a pu également mettre en évidence que ceux-ci, même lorsqu’ils n’étaient soumis à aucune contrainte, regardaient plus spontanément les autres dans les yeux ».
« Un progrès essentiel quand on sait que l’une des principales difficultés auxquelles se confrontent les autistes réside précisément dans cette peur du contact visuel », 
note le journaliste.
Il souligne que «
 cela fait bien longtemps que Yehezkel Ben-Ari et Eric Lemonnier explorent cette piste de la bumétanide, d’abord sur les animaux, puis sur les humains. Les deux hommes se sont d’ailleurs associés pour créer la société Neurochlore, une biotech dans laquelle les laboratoires Servier ont récemment décidé d’investir une vingtaine de millions d’euros ».
Yann Verdo relève que la biotech 
« va pouvoir lancer, en septembre prochain, un essai clinique de phase III – dernière étape avant la commercialisation – qui portera sur environ 400 enfants autistes recrutés dans 6 ou 7 pays européens et suivis dans une quarantaine de centres. Il devrait prendre «au moins 3 ans» avant de livrer ses résultats définitifs ».

Date de publication : 19 mars 2018

« Dans la tête d’un schizophrène »

La Croix

La Croix fait savoir que « l’Association des journées de la schizophrénie propose à travers un film de s’immerger dans la tête d’un malade pour mieux connaître, et éventuellement reconnaître chez un proche, les symptômes de ce trouble mental ».
Le journal remarque ainsi : 
« Antoine, âgé d’une vingtaine d’années, participe à un repas de famille. Il se présente comme un schizophrène qui a eu la chance d’être diagnostiqué assez tôt. Aujourd’hui, grâce aux traitements, il vit comme les autres, « joue au basket, fait du piano, sort avec ses copains ». Ces images introduisent le court film interactif Un repas de famille, mis en ligne par l’Association des journées de la schizophrénie ».
La Croix continue : 
« On découvre sur son ordinateur comment la schizophrénie altère la perception qu’a Antoine de son environnement. Ainsi, quand on maintient la barre « espace » appuyée, on se retrouve dans la tête d’un malade sans suivi thérapeutique, qui voit des personnages malveillants et dangereux pour lui ».
« Quand on relâche cette barre espace, on va dans la tête de celui qui bénéficie d’un traitement et qui décrit les tics, manies, travers et excès de sa famille de façon humoristique, et parfois tendre. À travers cette expérience immersive, on passe ainsi d’une ambiance assez apaisée à un contexte angoissant avec des images floues, saccadées et des couleurs irréelles », 
remarque le quotidien.
Nicolas Franck, psychiatre au centre hospitalier Le Vinatier, à Bron (Rhône), observe qu’
« avec ce film, on se met dans la perspective de la personne schizophrène et on observe le désarroi qui est le sien. Mais il reste impossible de dire ce qui se passe dans la tête d’une personne atteinte de cette maladie. C’est à elle de l’exprimer, car la schizophrénie a des causes multiples, qui provoquent des troubles divers ».
La Croix précise enfin que 
« l’objectif de cette campagne de sensibilisation est notamment de combattre les idées reçues », Nicolas Franck relevant que « la principale, c’est que ces personnes ne peuvent pas vivre normalement, et notamment ne peuvent pas travailler. C’est faux, car si on les accompagne, elles le peuvent ».

Date de publication : 19 mars 2018

 

« Le « déjà-rêvé », un mystérieux phénomène vécu par les épileptiques »

Sciences et Avenir

C’est ce que titre Sciences et Avenir, qui fait savoir que « des neuroscientifiques français ont étudié cette étrange expérience qui consiste à revivre un rêve en plein état de veille. A la fois similaire et très différent du fameux « déjà-vu » ».
Hugo Jalinière indique ainsi : « Revivre un rêve alors qu’on est éveillé, c’est la très étrange expérience que font certains épileptiques lorsqu’une crise se déclenche. A la fois proche et très différente du « déjà-vu » qui est une sensation subjective de familiarité vis-à-vis d’une situation objectivement nouvelle, le « déjà-rêvé » s’apparente lui à une réminiscence de rêve ».
« Ce phénomène est bien plus rare que le « déjà-vu » mais il fait partie de ces phénomènes cérébraux singuliers à même de nous éclairer sur le fonctionnement du cerveau. En l’occurrence, sur ce qu’il se passe dans celui des patients épileptiques », 
observe le journaliste.
Il explique qu’« une équipe de chercheurs français du CHU de Toulouse, du centre de recherche Cerveau et Cognition (CNRS) et de l’université de Nancy s’est attelée à proposer une classification des différents types de « déjà-rêvé » rapportés », selon une étude parue dans Brain Stimulation.
Jonathan Curot, premier auteur, remarque que « c’est un phénomène qui a longtemps été amalgamé avec le « déjà-vu ». Mais le déjà-vu est dépourvu de contenu mental, c’est une sensation de familiarité qui ne se traduit pas par des images dans la tête ».
Hugo Jalinière note qu’« au contraire, le « déjà-rêvé » peut se caractériser par une série d’images voire de sons : « les patients revoient ce qu’ils ont déjà rêvé lorsque leur crise se déclenche » ».
Le journaliste indique que « les chercheurs ont travaillé sur 42 cas de patients dont les expériences étaient déclenchées lors de stimulations électriques cérébrales appliquées en différents endroits de la région temporale interne du cerveau. Une procédure effectuée dans une logique d’évaluation des fonctions neurologiques avant une chirurgie ».
Il note que « les chercheurs ont établi trois entités bien distinctes en fonction de la phénoménologie du contenu mental qui survient ». Jonathan Curot précise : « On a d’abord le rêve très précis, qui s’apparente à un souvenir épisodique. Le patient est capable de dire que les images qui surgissent viennent d’un rêve qu’il a fait deux ou trois jours auparavant, et d’en relater des éléments narratifs précis ».
Hugo Jalinière ajoute qu’« une deuxième catégorie comprend les patients rapportant une réminiscence, « mais avec un contenu mental assez pauvre, lacunaire, et ne sachant pas précisément quand s’est déroulé le rêve, ni où il prenait lieu ». Enfin, il y a « l’état de rêve », c’est ce qui se rapproche le plus d’un « déjà-vu » : « les patients sont comme dans un rêve, mais sans contenu mental précis » ».
Jonathan Curot souligne que « ces phénomènes induits nous donnent beaucoup d’informations dans l’étude des processus à l’œuvre dans une crise d’épilepsie, il est important de mieux les caractériser. Ça peut conduire aussi d’autres médecins et chercheurs à mieux rechercher ce genre de phénomènes, mieux interroger les patients sur le vécu de leurs crises ».

Date de publication : 23 mars 2018

 

Fin de vie :« La grande difficulté des soignants face à la douleur des familles »

Le Figaro

Le Figaro publie un reportage à l’hôpital Necker-Enfants malades (Paris) et à l’hôpital Antoine-Béclère (Clamart), relevant : « Comment accompagner des parents qui vivent dans leur chair la souffrance de leur enfant malade ? Comment expliquer à des familles qui sont au désespoir et qui veulent croire à la poursuite de traitements que l’équipe médicale les juge inutiles et déraisonnables ? ».
Le Dr Laure de Saint Blanquat, pédiatre réanimateur à Necker, observe ainsi que 
« grâce à la médecine moderne, nous soignons et guérissons des enfants très malades, mais nous pouvons aussi provoquer d’importantes souffrances ».
Le journal remarque que 
« pourtant, dans ce service [de réanimation pédiatrique] aux murs et plafonds décorés de fresques féeriques, le tragique et la douleur se font presque oublier. À travers les alarmes des machines, on peut entendre des rires d’enfants qui jouent avec les magiciens et les clowns venus les divertir ».
« Si la grande majorité de ces petits patients quitteront l’hôpital en bonne santé, ce sont bien sûr les décès qui marquent les équipes soignantes. Surtout s’ils surviennent quand au fil du temps un climat de tension s’est installé avec les familles », 
continue Le Figaro.
Le Dr Véronique Fournier, responsable du Centre d’éthique clinique à l’hôpital Cochin, déclare qu’
« il y a 15 ans, tout le monde pensait qu’il fallait se protéger de l’acharnement thérapeutique des médecins. Aujourd’hui, ce sont les médecins qui demandent comment faire à des familles qui leur demandent de s’obstiner. Ces demandes sont marginales. Mais elles frappent tout de même tous les services de réanimation, pédiatrique et adulte ».
Le quotidien relève ainsi qu’
« en plein désarroi, les proches ont le sentiment que les équipes médicales n’ont pas tout tenté pour guérir leur enfant, époux ou mère. […] L’idée qu’il puisse s’agir d’euthanasie (la loi française l’interdit) peut alors se traduire en violences verbales, physiques, voire en menaces de mort ».
Le Dr de Saint Blanquat observe qu’
« il suffit parfois d’un seul mot pour tout faire basculer. Un jour, j’ai dit à un papa qu’un résultat d’examen était anormal. Il m’a dit que j’étais inhumaine et que je ferais mieux de changer de métier. C’est très difficile à encaisser même quand on sait que ce n’est pas dirigé contre nous ».
Le Dr Pierre Trouiller, chef de service de réanimation adulte à l’hôpital Antoine-Béclère, remarque pour sa part que 
« les infirmières et les aides-soignantes sont les premières à s’en prendre plein la figure. Elles ressentent physiquement la douleur des malades et celle des familles ».
Le Figaro relève ainsi : 
« Confidentes des familles, elles subissent de plein fouet les conséquences d’une relation qui s’est brisée avec le médecin. Une rupture qui traduit la douleur des parents face à l’indicible : la perte d’un enfant ».
Alisson, infirmière à Necker, déclare :
 « On est confrontées à l’ambivalence des parents. D’un côté, ils ne veulent plus nous voir dans la chambre de leur enfant, et de l’autre, ils veulent qu’on se précipite à son chevet lorsqu’une alarme retentit et scrutent ce que l’on fait »
Elle ajoute :
 « Quand nous décidons de limiter les traitements, nous décidons aussi de ne pas réanimer l’enfant en cas d’arrêt cardiaque, explique la jeune infirmière. Mais quand cela arrive, on est impuissants et totalement désarmés face à ces parents ».
Le journal souligne que 
« conscients que les personnels paramédicaux sont confrontés à cette souffrance, les services de Necker et d’Antoine-Béclère leur prêtent une oreille attentive. Infirmières et aides-soignantes ont leur place lors des discussions collégiales et participent aux entretiens avec les familles. […] Être uni et soudé est précieux pour ces deux équipes ».
Le Dr Trouiller indique qu’«
 on s’assure que la décision d’arrêt des traitements est consensuelle. Si elle ne l’est pas, on prend du temps pour réfléchir. Cette démarche permet de protéger le service. Avec la médiatisation de certaines affaires, nous appréhendons ces situations de conflit. Cela doit être une expérience très traumatisante pour un service ».
Le Figaro observe que 
« les services de Necker, comme de Béclère, n’ont jamais eu affaire à la justice mais la judiciarisation et le battage médiatique planent comme une épée de Damoclès. […] Mais comment éviter ces situations de désaccord extrême ? Tous les soignants répondent d’une seule voix : créer un lien de confiance et être transparent avec les familles ».

Date de publication : 30 mars 2018

 

 


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