« Cette femme ne ressent ni douleur, ni peine, ni angoisse… seulement du bonheur »

Science et Vie

Science et Vie indique en effet que « l’étude du cas étrange d’une femme immunisée contre la douleur et l’anxiété (ou angoisse) vient de mener à une découverte génétique appelée sans doute à intégrer de futurs traitements anti-douleurs non addictifs ».
Le magazine relate ainsi ce travail publié dans le 
British Journal of Anaesthesia : « Pas de douleur, pas d’anxiété, pas de déprime, jamais de panique (même face à des comportements agressifs ou à des situations limites), une vitesse de cicatrisation extraordinaire, le bonheur de vivre… et quelques pertes de mémoire. Son accouchement ? Une « chatouille », comme elle témoigne ».
Science et Vie explique que 
« Jo Cameron, une britannique vivant en Ecosse, vient de découvrir à 71 ans que son excellente qualité de vie n’est pas la règle générale car elle est anormale : son nirvana découle d’une mutation génétique inédite ».
L’article note que 
« son père (décédé) aurait bénéficié de la même chance, ce qui explique peut-être qu’elle n’ait jamais pris conscience de sa « pathologie » et que sa condition ait mis tant de temps à être identifiée clairement, par une équipe de chercheurs de l’University College London ».
Science et Vie relève que
 « c’est un anesthésiste qui, voici 5 ans, a eu les premiers soupçons : opérée de la main pour cause de rhizarthrose, une maladie déformante et très douloureuse, Jo ne ressentait aucune douleur avant l’opération, et n’en a pas plus ressentie après ».
« L’anesthésiste a alors informé des chercheurs spécialisés dans les causes biologiques de la douleur, lesquels après 5 ans de recherches sont tombé sur une perle : ils ont identifié chez Jo deux gènes mutants dont l’un était considéré comme faisant partie de l’ADN « fossile » c’est-à-dire inactif et sans aucun rôle dans notre espèce », 
explique le magazine.
Il note que « 
la découverte pourrait servir à de futures thérapies géniques contre la douleur, la dépression, les troubles d’anxiété généralisée (TAG) et les traitements d’aide à la cicatrisation ».
Science et Vie précise qu’
« il y a deux gènes mutés : le gène supposément fossile, qu’ils ont nommé FAAH-OUT, et un gène bien connu, FAAH, dont on sait qu’il est impliqué dans la signalisation des endocannabinoïdes au cœur de la sensation de douleur, de l’humeur et de la mémoire ».
Le magazine précise que « des expériences chez les souris ont montré que l’inhibition de l’activité du gène FAAH réduit la douleur, l’anxiété et la durée du sentiment de peur (faible mémorisation de celle-ci), tout en accélérant la cicatrisation ».
« Mais le niveau de nirvana atteint par Jo Cameron dépasse largement le seul apport de cette mutation : c’est l’interaction entre les deux gènes mutés qui en sont responsables, selon les conclusions de l’étude », 
note Science et Vie.

Date de publication : 1er avril 2019

« Autisme : malgré des avancées, les familles s’impatientent »

Le Figaro La Croix

Le Figaro note en effet, en cette Journée mondiale de l’autisme, que « l’impatience est à la hauteur du défi : immense. Alors que la France doit rattraper un retard «historique» dans la prise en charge de l’autisme, la nouvelle stratégie, engagée depuis bientôt un an par le gouvernement, peine encore à satisfaire les familles et les associations de personnes autistes ».
Le journal relève qu’hier, 
« un premier bilan des réformes engagées a été dressé par Sophie Cluzel, la secrétaire d’État en charge du handicap, et de nouvelles mesures ont été présentées en Conseil des ministres. La principale annonce concerne les «interventions précoces» auprès des enfants de moins de 7 ans, dès les premiers signaux d’alerte de troubles du neuro-développement (l’autisme mais aussi les «troubles dys», les troubles du déficit de l’attention, l’hyperactivité…) ».
Le Figaro observe qu’
« alors que l’«errance médicale» est dénoncée par de nombreux parents, le gouvernement estime que 35.000 enfants pourraient ainsi être diagnostiqués et pris en charge plus tôt par des professionnels tels que des ergothérapeutes, des psychomotriciens ou encore des psychologues en libéral ».
« Des interventions qui seront remboursées dans le cadre d’un forfait afin qu’il y ait «zéro reste à charge» pour les parents, et ce avant même la reconnaissance officielle d’un handicap », 
précise le quotidien.
Il indique que
 « cette intervention précoce sera mise en œuvre grâce à la création de 30 plateformes en 2019, à partir du mois de juin. Ce nouveau dispositif sera chargé d’orienter les familles et d’enregistrer les professionnels. Ces plateformes devront également former les médecins généralistes et pédiatres au meilleur repérage des signaux d’alerte de l’autisme grâce à un nouvel outil d’aide, en cours de validation par les professionnels de santé ».
Sophie Biette, administratrice et spécialiste des questions autisme à l’Unapei, réagit : 
« C’est une bonne idée mais ces plateformes risquent elles aussi d’être rapidement engorgées. De plus, personne ne sait s’il y aura assez de professionnels libéraux conventionnés, formés aux recommandations de la Haute Autorité de santé, pour répondre à la demande des familles ».
Olivia Cattan, présidente de SOS autisme, déclare pour sa part que 
« cette plateforme va concerner les enfants de 0 à 6 ans, une nouvelle génération d’autistes. Mais que va-t-il se passer pour ceux qui sont déjà là ? ».
La responsable ajoute : 
« Cette stratégie est fondée sur l’inclusion. Mais, pour l’instant, il s’agit d’une inclusion au rabais. Même si on est enfin en train de tirer un trait sur la prise en charge de l’autisme par les psychanalystes, les choses n’ont pas encore véritablement changé. Il y a toujours un décalage entre les annonces, le plan et la réalité du terrain. Aucun parcours de soins tout au long de la vie n’a été pensé ».
Le Figaro note que 
« pour défendre sa stratégie, dotée de 344 millions d’euros sur 5 ans, le gouvernement évoque une mise en place nécessairement longue puisqu’il s’agit de révolutionner les mentalités comme les pratiques ».
Claire Compagnon, déléguée interministérielle pour l’autisme, indique quant à elle qu’un 
« important travail souterrain a été fait ces derniers mois, qui ne montre pas encore de résultats concrets, mais qui était essentiel pour changer la vision de la politique “autisme” dans notre pays. La réorganisation de la question du diagnostic était essentielle ».
De son côté, La Croix titre son article :
 « Priorité au repérage très précoce des enfants autistes ». Le journal note que « le gouvernement souhaite faciliter un repérage de certains signes évocateurs, parfois présents avant l’âge de 18 mois ».
Le journal rappelle en effet qu’en France
, « on estime que, dans la grande majorité des cas, les enfants autistes sont diagnostiqués entre 3 et 5 ans. Ce qui est bien trop tardif selon la Haute Autorité de santé (HAS) ».
« Dans certains cas, il est possible de repérer, avant même l’âge de 18 mois, des premiers signes évocateurs d’un risque autistique. Par exemple chez des enfants qui ne babillent pas, qui n’arrivent pas à pointer à distance avec le doigt ou sont dans l’incapacité de réaliser certains gestes «sociaux», comme faire coucou ou au revoir », 
explique le quotidien.
La Croix souligne que
 « l’idée est d’abord de mieux sensibiliser les professionnels de «première ligne» au contact de très jeunes enfants (généralistes, pédiatres, médecins de PMI, médecins scolaires) en leur fournissant un «outil d’aide au repérage précoce» ».
Le journal relève ainsi que 
« les lacunes sont réelles. Le plan autisme [...] souligne que 50% des généralistes et 20% des pédiatres n’ont reçu, durant leurs études, aucune formation sur les troubles du spectre autistique. Mieux formés, ces praticiens devraient donc être en mesure d’adresser des enfants ayant des signes d’alerte aux plateformes spécialisées qui vont être progressivement installées sur le territoire ».

Date de publication : 2 avril 2019

« Enquête sur les escrocs de l’autisme »

Le Parisien

Le Parisien constate que « les parents d’enfants autistes sont de plus en plus victimes d’escrocs en tous genres qui profitent de leur désarroi pour leur vendre des traitements prétendus miracle. La Miviludes alerte ».
Le journal note ainsi : 
« Une hypnotiseuse explique s’être fait la main sur son beau-frère autiste. Elle propose désormais des séances à 110 €. Oreille collée au téléphone, Olivia Cattan semble dépitée. Ce mardi 2 avril, Journée mondiale de sensibilisation au syndrome qui touche 700.000 personnes en France, la présidente de SOS autisme a décidé de taper fort ».
Le quotidien explique que 
« cette vidéo […] la montre en train d’appeler quelques-uns de ceux qui surfent sur le désespoir des familles, leur proposant des solutions qui n’ont de miraculeuses que le toupet avec lequel ils les érigent en idéologie et le prix qu’ils les facturent ! ».
Le Parisien relève en effet que 
« sur le marché noir de l’autisme, très en vogue sur les réseaux sociaux, on croise des naturopathes, des coachs en tout genre, et même quelques médecins. Ils préconisent des antibiotiques à foison, des antifongiques, des immunothérapies, des vitamines, des régimes sans gluten et autres extractions de métaux lourds ».
Le Dr Jean-Marcel Mourgues, président de la section publique de l’Ordre des médecins, indique que 
« nous prenons cette situation très au sérieux. Il y a ceux qui enfreignent le code de déontologie mais aussi ceux qui ne sont pas des professionnels de santé et sont purement là dans l’exercice illégal de la médecine ».
Le journal note ainsi qu’
« au moins 6 médecins sont actuellement dans le viseur de l’Ordre. Un groupe de travail, avec la Miviludes, vient d’être constitué afin «de mieux recenser ces dérives et d’être plus efficace dans la traque», explique le Dr Mourgues. Plus anecdotique, mais assez rare pour être souligné, Amazon [...] vient, lui, de retirer de la vente deux livres de «remèdes» anti-autisme, dont un qui prônait l’ingestion d’eau de Javel ! ».
Le Parisien observe que 
« si des mères et des pères sont tentés de croire à ces approches et de s’en faire parfois les porte-voix les plus convaincus (et convaincants pour d’autres familles), c’est qu’il y a en France un vrai problème de prise en charge de l’autisme ».
Le journal continue :
 « Dans sa vidéo, nous voyons [Olivia Cattan] téléphoner à une dizaine de centres et d’hôpitaux pour – seulement – établir le diagnostic d’un enfant avec des troubles du comportement. À l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), il y a un an et demi d’attente. À l’Unité d’évaluation du Morbihan, c’est 2 ans de patience. Dans celle du Finistère, c’est (si, si !) 3 ans et demi à 4 ans de délais pour décrocher la visite tant attendue ».
Le Parisien indique que 
« sans «électrochoc», Olivia Cattan n’exclut pas «d’attaquer l’État pour défaut de soins» ».
Sophie Cluzel, secrétaire d’État en charge des personnes handicapées, observe pour sa part : 
« C’est parce qu’il y a une errance de diagnostic que des familles se tournent vers des charlatans. Alors, on prend le taureau par les cornes ».
Le journal note ainsi : 
« Dans l’escarcelle de la secrétaire d’Etat, des parcours coordonnés de soins pour les moins de 7 ans, censés permettre une «intervention précoce» dès les premiers signes d’alerte, avec un reste à charge zéro pour les parents. 90 millions d’euros seront engagés. Seront-ils suffisants pour enrayer un phénomène qui ne demande qu’à s’étendre ? », s’interroge le quotidien.
En poursuivant son «
 enquête sur les escrocs de l’autisme », Le Parisien se penche notamment sur ce « médecin radié [qui] consulte… par téléphone ».
Le journal explique ainsi que 
« reconvertie «coach», Corinne S., installée en Suisse, dispense les mêmes traitements qui lui ont valu sa radiation de l’Ordre des médecins en France en 2010 ! Ses consultations téléphoniques sont facturées… 160 € ».
Le quotidien relate ce 
« testing » : « En moins de 3 minutes, [Corinne S.] fixe une consultation par téléphone. Le rendez-vous est pris le 16 avril à 16 heures. Le règlement […] devra se faire par virement bancaire. Olivia Cattan, la présidente de SOS autisme qui fait ce testing […], lui précise qu’elle souhaite pour son enfant autiste un régime «sans gluten et caséine». «Oui», répond-elle, sans même poser la moindre question sur le garçon ni demander son âge ».
Le Parisien indique qu’
« en 2010, alors généraliste à Paris, elle fut pourtant radiée de l’Ordre des médecins pour avoir prescrit ces régimes. «Les traitements du Dr S. n’ont reçu aucune validation scientifique». Ils retardent «les prises en charge plus appropriées», tout en donnant des «espoirs inconsidérés à des familles dans le désarroi», tranche le délibéré ».
Le journal poursuit :
 « Nous avons demandé à l’Ordre si une médecin radiée en France a le droit de donner des consultations depuis la Suisse à une patiente française ». L’Ordre répond : « Non, il s’agirait d’un exercice illégal de la médecine ». Corinne S. remarque pour sa part : « Je travaille en Suisse à titre de chercheuse et de consultante. Le coaching par téléconsultation est autorisé ».

Date de publication : 2 avril 2019

« La difficile prise en charge psychiatrique des migrants »

La Croix

Annabelle Perrin livre dans La Croix un reportage sur « l’immense rond-point qui sépare Paris d’Aubervilliers », où l’association France terre d’asile et le Samu social de Paris « s’installent tous les jeudis. Coincées entre le périphérique et les barres d’immeubles, les deux organisations tentent de répondre aux besoins primaires des migrants entassés dans les camps du nord-est parisien ».
La journaliste observe : 
« Infirmière employée depuis 3 mois par le Samu social, Cloé Gautier enfile son gilet bleu et déploie la petite tente blanche qui fait office de centre de soin. À l’intérieur, le matériel est rudimentaire : table en plastique, trousse de premiers secours et ordinateur ».
L’infirmière précise : 
« Une petite révolution pour créer une base de données et avoir accès aux antécédents des patients déjà passés nous voir ».
Annabelle Perrin note que 
« pour rendre la consultation plus efficace, elle est accompagnée par un interprète originaire d’Afghanistan. […] En quelques heures, tous deux vont voir défiler des dizaines d’exilés venus ici chercher une solution à leurs maux de gorge, de dos ou de l’âme ».
Cloé Gautier souligne que 
« ces consultations sont parfois frustrantes. On gère l’urgence, mais il est difficile d’expliquer que les douleurs ressenties peuvent avoir des causes indirectes, notamment le parcours migratoire. Et puis, je ne suis ni psychologue ni médecin ».
Annabelle Perrin rappelle ainsi que 
« d’après les chiffres du Samu social, 80% des 2043 personnes vues entre avril et décembre 2018 souffriraient d’un syndrome de stress post-traumatique dû à leur traversée. Une dimension pas suffisamment prise en compte par les pouvoirs publics, d’après Cécile Laporte, responsable du pôle migration au Samu social ».
Cette dernière observe :
 « On sollicite beaucoup les équipes mobiles du Réseau psychiatrie précarité rattachés aux hôpitaux de Paris, qui sont spécialisées dans les troubles psychiatriques causés par l’isolement et la pauvreté. Le problème est qu’ils n’ont pas de structure fixe, alors que certains migrants auraient besoin d’être hospitalisés ».
Annabelle Perrin évoque en outre 
« le système de «sectorisation» de la psychiatrie, qui oblige les patients à se rendre dans l’hôpital proche de leur lieu d’habitation. Difficile donc d’être admis quand on est à la rue ».
La journaliste continue : 
« Selon les chiffres du Samu social, 10% des personnes vues en consultation sont considérées comme particulièrement vulnérables du fait de problèmes de santé. Certaines sont orientées vers les services de Permanences d’Accès aux Soins (Pass), qui sont implantées au sein des hôpitaux et restent accessibles aux personnes sans couverture médicale. D’autres sont envoyées aux urgences ou urgences dentaires ».

Date de publication : 2 avril 2019

« La Cour de cassation ouvre, en théorie, l’indemnisation du préjudice d’anxiété à tous les travailleurs de l’amiante »

Le Monde

Patricia Jolly remarque dans Le Monde que « la Cour de cassation est, parfois, capable d’autocritique. L’arrêt qu’elle a rendu, vendredi 5 avril, en témoigne. Il permet désormais à tout salarié, non malade, mais présentant un «risque élevé» de développer une pathologie mortelle en raison de son exposition aux poussières d’amiante, de demander réparation de son «préjudice d’anxiété», sous certaines conditions ».
La journaliste explique que 
« la décision de la haute juridiction représente une petite révolution dans la jurisprudence, même si elle n’évite pas certains écueils ». La Cour précise que « le salarié qui justifie d’une exposition à l’amiante générant un risque élevé de développer une pathologie grave peut agir contre son employeur pour manquement de ce dernier à son obligation de sécurité, quand bien même il n’aurait pas travaillé dans l’un des établissements figurant sur les listes d’employeurs bénéficiaires de l’aide à la cessation anticipée des travailleurs de l’amiante (Acaata) ».
Patricia Jolly retient que 
« ce jugement marque donc théoriquement la fin du traitement inégalitaire auquel étaient soumis les travailleurs ayant inhalé des fibres d’amiante ».
La journaliste rappelle que 
« consacrée en 2010 par la Cour de cassation, juge du droit, la reconnaissance du préjudice moral d’anxiété était jusqu’ici strictement limitée aux salariés dont l’établissement employeur était inscrit sur une liste fixée par arrêté ministériel ouvrant droit à l’Acaata. Considérée comme particulièrement arbitraire, cette jurisprudence a rapidement suscité des critiques et la résistance des juridictions d’appel ».
« Ainsi, le 29 mars 2018, la cour d’appel de Paris a-t-elle donné raison à un ancien salarié d’une centrale thermique d’EDF de la région parisienne qui sollicitait la réparation de son préjudice d’anxiété pour avoir été exposé à des fibres d’amiante entre 1973 et 1988, alors que cette centrale ne figurait pas sur la fameuse «liste». La juridiction lui a accordé la somme de 10.000 € de dommages et intérêts. Et elle a fait de même pour 108 de ses collègues figurant dans le même recours », 
explique Patricia Jolly.
La journaliste note donc que « 
ce camouflet a incité la Cour de cassation à revoir prestement sa copie ».
Elle ajoute que 
« si les associations de défense des victimes de l’amiante considèrent toutes que cette décision [...] est «raisonnable sur le principe», leurs points de vue sur les conséquences de sa mise en œuvre divergent ».
Alain Bobbio, secrétaire général de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva), remarque que 
« la jurisprudence précédente était une discrimination intenable qui accordait un droit aux préretraités de l’amiante tout en le niant à d’autres travailleurs y ayant pourtant été très exposés. […] La décision du 5 avril permet un retour aux fondamentaux du droit commun pour les autres. On ne leur refuse plus l’indemnisation du préjudice d’anxiété, on leur demande simplement d’en apporter la preuve ».
Michel Parigot, vice-président de l’Association nationale des victimes de l’amiante et autres polluants (AVA) et du Comité anti-amiante Jussieu, évoque pour sa part 
« la correction d’une injustice qui en annonce d’autres ».
Il déclare que 
« parmi les retraités actuels, environ 2 millions ont été exposés à l’amiante à des niveaux supérieurs à 100 fibres d’amiante par litre, soit 10 fois la limite actuellement autorisée. Peu d’entre eux bénéficieront au final du préjudice d’anxiété et ce ne seront pas les plus exposés ».
Patricia Jolly rappelle qu’«
 avec des délais de latence de plusieurs dizaines d’années, l’amiante provoque notamment un cancer spécifique de la plèvre, le mésothéliome. Son inhalation est également responsable de 10% à 20% des cancers du poumon ».
« En France, selon les autorités sanitaires, il cause environ 3000 morts par cancer chaque année et, selon une étude de 2012 de l’Institut de veille sanitaire – devenue Santé Publique France en 2016 –, il devrait provoquer au total entre 130.000 et 180.000 morts », 
indique la journaliste.

Date de publication : 8 avril 2019

« Enfants et écrans : nouvel appel à la vigilance »

Le Figaro

Le Figaro fait savoir que « 6 ans après la publication d’un avis controversé, l’Académie des sciences se penche à nouveau sur l’utilisation des écrans par les enfants. Dans un débat devenu électrique sur les risques de surexposition des tout-petits, l’institution présente un avis qu’elle a élaboré avec l’Académie nationale de médecine et l’Académie des technologies ».
Le journal explique que 
« présentées sous forme d’un «appel à la vigilance raisonnée», ces recommandations ont été nourries d’entretiens avec des experts. Elles sont destinées à «faire avancer la réflexion» plutôt qu’à trancher le débat, précise le Pr Jean-François Bach, immunologiste, membre de ce groupe de travail ».
Le Figaro relève qu’
« avant l’âge de 3 ans, l’avis recommande de ne pas laisser un enfant seul avec un écran, surtout ceux dont il peut lui-même contrôler l’utilisation comme les tablettes et les téléphones portables. Une «exception» peut être faite, selon les experts, pour un usage «récréatif» avec l’accompagnement «absolument indispensable» des parents ».
Le journal note en outre : 
« «On observe chez les jeunes enfants un usage important et préoccupant des écrans (plusieurs heures par jour)», reconnaissent les experts. Mais les scientifiques peinent encore à mesurer l’impact de cette «surexposition» sur le développement cognitif ».
Le Pr Bach indique que 
« s’agissant d’enfants qui passent jusqu’à 6 heures par jour devant un écran, il est difficile de faire la part des choses entre la possible nocivité intrinsèque des écrans et celle des pratiques inadaptées de parents qui permettent une telle exposition ».
Le Figaro relève que 
« l’Académie appelle à poursuivre les recherches, estimant par ailleurs que la notion d’addiction est «difficilement applicable» à la fascination que certains tout-petits éprouvent devant un écran ».
Le journal continue : 
« De 3 à 10 ans, un temps «dédié aux écrans» devrait être fixé pour «apprendre à l’enfant à attendre» et donc à s’autoréguler dans sa consommation. Le rapport déconseille aux parents d’acheter à leurs enfants tablettes, téléphones ou consoles portables, dont l’usage s’avère «difficile à réguler» ».
« Après 10 ans, comme à tous les âges, le dialogue doit primer mais il est essentiel que les parents soient vigilants face à de possibles signes d’isolement, pouvant conduire à un repli sur soi et à un fléchissement des résultats scolaires », 
ajoute Le Figaro.
Le quotidien souligne qu’« 
outre un risque accru d’obésité, l’impact des écrans sur le sommeil fait consensus, selon les experts. Ils notent que 89% des 13-19 ans ont aujourd’hui un smartphone. Celui-ci est allumé tout le temps, même la nuit, chez 60% d’entre eux ».
Le Figaro observe ainsi qu’
« un adolescent sur trois affiche une dette de sommeil. Enfin, les enfants ne sont pas tous «égaux» devant les écrans, interpelle l’avis. Des contextes familiaux et socio-économiques précaires «peuvent rendre difficile» l’éducation aux écrans et leur régulation ».
Le journal constate enfin que 
« cette prise de position de l’Académie des sciences, qui se veut mesurée, suscite déjà des critiques sévères ». Le Pr Michel Desmurget, chercheur à l’Institut des sciences cognitives de Lyon, déclare ainsi : « Ce document, fondé sur un argument d’autorité pure, n’apporte aucune recommandation concrète aux parents. De plus, il fait curieusement l’impasse sur bien des impacts négatifs solidement documentés, dont la sédentarité, le langage, l’attention ou les résultats scolaires ».
Dans un entretien, le psychiatre Serge Tisseron observe que
 « les concepteurs de jeux utilisent de plus en plus des stratégies calquées sur les jeux d’argent avec pour seul objectif d’«accrocher» les joueurs ».
Il rappelle que
 « depuis 2018, l’OMS a reconnu l’existence d’un «gaming disorder», traduit en français par «trouble du jeu vidéo». L’addiction en serait le stade terminal, lorsque l’isolement et la désocialisation durent depuis plus d’une année ».
« Mais, dans la mesure où la définition d’une addiction comportementale repose sur la perte du contrôle des impulsions, il n’est pas encore très clair qu’on puisse appliquer le mot aux adolescents, parce que, chez eux, le contrôle des impulsions n’est pas encore installé. Pour les parents, le meilleur signe d’alerte est la chute des résultats scolaires. Mais il faut se souvenir que l’engagement dans le jeu pathologique trouve toujours son origine ailleurs que dans le jeu, dans une situation pénible que le joueur cherche à fuir », 
poursuit Serge Tisseron.

Date de publication : 9 avril 2019

« Les bébés sont-ils sensibles à l’effet placebo ? »

Science et Vie

C’est ce que se demande Science & Vie sous sa rubrique « Questions/Réponses ». Le magazine répond : « Oui, plusieurs études l’ont montré ! Mais il s’agit d’un effet placebo particulier, qui passe par les parents ».
Il explique ainsi que 
« plusieurs études se sont penchées sur la réaction des bébés aux effets psychologiques des médicaments. Par exemple, des chercheurs américains ont demandé aux parents de 119 enfants de moins de 4 ans souffrant d’une toux aiguë de leur administrer soit du sirop d’agave, soit un sirop sans principe actif (un placebo), soit rien du tout ».
Science & Vie note que 
« le lendemain, les parents du groupe placebo ont rapporté une amélioration significative, similaire à celle constatée dans le groupe sirop d’agave, et supérieure à celle du groupe sans traitement ».
Le magazine évoque ainsi 
« une sorte d’effet placebo « par procuration » ! L’idée est la suivante : convaincus de l’efficacité du traitement, les adultes adoptent un comportement et des propos apaisants, qui se répercutent sur l’enfant et induisent la libération, par son cerveau, d’antidouleurs naturels comme les endorphines ».

Date de publication : 9 avril 2019

« « Psychiatrie : le grand naufrage » : tous concernés en France »

Le Monde

Le Monde constate : « Dépressif, bipolaire, schizophrène, autiste… un Français sur trois sera un jour dans sa vie atteint de maladie mentale, soit 2 millions de personnes soignées chaque année, pour un coût évalué à 80 milliards d’euros. Le sujet concerne donc tout le monde ».
« Or, la psychiatrie, parent pauvre d’un secteur médical déjà en difficulté, va mal – un état de fait régulièrement dénoncé », 
indique le journal, qui se penche sur le documentaire intitulé « Psychiatrie, le grand naufrage », diffusé ce mercredi sur France 3.
Le Monde explique que le film 
« détaille le quotidien des malades contraints de vivre chez eux, à la charge des familles, dans des conditions précaires. Une mère explique ainsi, d’une voix douce et aimante, à son fils schizophrène de 13 ans qu’il est inutile de réparer les portes défoncées, puisqu’il va les casser de nouveau ».
Le journal observe que 
« d’autres patients doivent trouver un établissement d’accueil. [Le magazine] « Pièces à conviction » s’est ainsi rendu à l’unité pour malade difficile (UMD) de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime). Une structure modèle, dont 50% des patients sont des criminels ».
Le quotidien relève que 
« d’autres hôpitaux sont dénoncés pour leurs défaillances, comme à Rennes, où un journaliste s’est infiltré comme agent chargé de l’entretien. Une méthode éthiquement contestable mais efficace. Le jeune homme y filme la « vie » des malades placés à l’isolement, certains depuis plusieurs années, dans 5 mètres carrés, parfois attachés. Il découvre également un trafic de drogue, ce qui n’a l’air d’étonner personne ».
Le Monde souligne que 
« partout, le manque de moyens est dénoncé, qui peut s’expliquer en partie par le fait que le nombre de malades soignés en psychiatrie a doublé en 10 ans. Les 40 millions d’euros promis par l’actuelle ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, n’ont apaisé ni les familles ni les soignants. Les mouvements de contestation se succèdent ».
Le journal relève que 
« le dernier dossier abordé dans le documentaire interroge. On y voit 6 patients de l’hôpital psychiatrique d’Amiens être transférés vers un établissement belge, encore partiellement en travaux. Une pratique courante, régie par l’accord-cadre France-Wallonie de 2011 ».
Le quotidien note ainsi qu’
« une représentante du centre d’accueil belge concerné […] n’y va pas de main morte avec le système psychiatrique français : «On a l’impression que vous avez 20 ans de retard (…). Vous n’avez rien» ».
« Elle détaille comment « sa » structure d’accueil s’en sort financièrement, grâce aux patients français, dont le séjour est payé (par la Sécurité sociale et par les départements) 180 € par jour, contre 30 à 35 € par jour pour un patient belge. Conséquence, «pour 10 Français, on prend 1 Belge.» C’est donc le système français qui paye ce type d’établissement belge – 203 sont ainsi disséminés le long de la frontière », 
explique Le Monde, qui s’interroge : « Pourquoi ces centres ne sont-ils pas construits en France ? ».

Date de publication : 10 avril 2019

« En psychiatrie, « l’urgence, c’est l’accès aux soins » »

Libération

Libération brosse le portrait du Pr Frank Bellivier, « nommé cette semaine délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, [qui] cherche ses marques alors que le secteur est très tendu ».
Le journal parle d’un 
« poste inédit dont la création souligne la gravité de la situation », relevant que « le tout nouveau psychiatre en chef renvoie l’image d’un homme posé, plutôt discret. Il dit avoir été approché il y a 3 semaines, et reconnaît avoir hésité ».
« Dans un univers psy très tendu, il peut surprendre. On le sent pragmatique, on l’écoute sans qu’il ne produise des effets de manche. Et on le voit détendu alors que bon nombre d’experts évoquent une mission impossible, d’autres estimant même que sa seule fonction va être de servir de fusible à la ministre », 
continue Libération.
Le quotidien explique ainsi que 
« le chercheur reconnu et chef du département de psychiatrie du groupe hospitalier Saint-Louis, Lariboisière et Fernand-Widal à Paris, se prépare à sa nouvelle fonction méthodiquement. Et pour la première fois depuis sa nomination, il parle publiquement ».
Le journal s’interroge : 
« Sa mission, une tâche impossible ? ». Le Pr Bellivier remarque : « Il y a toujours le risque que cela soit un effet d’annonce mais je sens une volonté politique forte. La situation est préoccupante, cela ne date pas d’aujourd’hui. Les patients comme leurs proches en souffrent. La communauté de soignants fait état de difficultés récurrentes. Et il y a une inadéquation persistante entre les besoins et l’offre ».
Libération rappelle notamment que 
« la France, hier pionnière en matière d’organisation des soins, se doit aujourd’hui de composer avec une diminution trop forte du nombre de lits de psychiatrie générale à l’hôpital : plus de 60% en moins entre 1976 et 2016. Les grèves se multiplient. Les centres médico-psychologiques, lieux de consultations, sont saturés, alors que les besoins augmentent ».
Le Pr Bellivier ajoute que 
« nous sommes à un moment clé. Les pathologies mentales viennent de passer au-dessus des maladies cardiaques et cancéreuses, en termes de coûts et de handicaps. […] L’urgence, c’est l’accès aux soins. La deuxième urgence, c’est l’amélioration des parcours des malades qui, aujourd’hui, restent trop hachés ».
Le journal demande par ailleurs : 
« Y aura-t-il au moins de l’argent ? ». Le psychiatre répond : « Il y a de l’argent sur la table, la ministre a été claire. On n’a pas le choix, car nous sommes à un point de rupture, il faudra que cela s’accompagne de moyens, mais il ne s’agit pas que d’injecter de l’argent ».
Libération évoque en outre des 
« aspects sociétaux », comme les « pratiques de contention et d’isolement qui se développent partout ».
Le Pr Bellivier remarque que 
« c’est un sujet sensible. La contention ou l’isolement, c’est du soin, cela répond à des pratiques et situations spécifiques. Mais il y a des dérives et j’y serai très attentif. En tout cas, je rencontrerai très rapidement la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté ».

Date de publication : 12 avril 2019

« La MDMA, cette inquiétante « drogue de l’amour » qui attire de plus en plus »

Le Figaro

C’est ce que titre Le Figaro, qui observe sur une page que « cette molécule de la même famille que les amphétamines, très meurtrière, gagne du terrain chez les jeunes ».
Le journal se penche notamment sur 
« le carnaval étudiant de Caen, qui a attiré 24.000 jeunes jeudi 4 avril. […] En fin de journée, 109 jeunes carnavaliers ont dû être admis au CHU de Caen, dont 8 en état d’urgence absolue après avoir consommé des drogues de synthèse, principalement de la méthylènedioxyméthamphétamine, la MDMA ».
Le quotidien explique que 
« très en vogue au milieu des années 1990 avec l’émergence du mouvement techno, où elle était ingérée sous forme de comprimés dénommés « ecstasy », cette molécule de la même famille que les amphétamines avait fini par tomber en désuétude avant de faire un retour en trombe sur les différentes scènes électro en France dès 2010, sous forme de poudre ou de cristaux ».
Magali Martinez, chargée d’études à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), souligne que 
« le produit s’est diffusé auprès de publics issus de milieux sociaux très diversifiés. C’est une drogue générationnelle qui concerne tous ceux qui fréquentent les milieux festifs, alternatifs et électro ».
Le Figaro remarque que 
« la consommation de MDMA a effectivement augmenté de 60% entre 2010 et 2014, en passant de 2,7% à 4,3% de la population l’ayant expérimentée au moins une fois, avant de poursuivre une hausse plus contenue jusqu’en 2017. Chez les 18-25 ans, elle est même devenue en 2017 la seconde drogue la plus consommée, après le cannabis mais devant la cocaïne (6,9% des jeunes ont déjà expérimenté la MDMA, contre 5,2% pour la cocaïne) ».
Le journal évoque 
« des expérimentations particulièrement risquées, puisque sur les 25 cas d’overdoses mortelles à Paris en 2018, près d’un tiers l’ont été suite à une prise de MDMA. Là aussi, les chiffres augmentent chaque année ».
Le quotidien explique que 
« la MDMA est ingérée sous forme de comprimés, mais aussi et surtout de « parachutes », des petites doses de cristaux ou de poudre à 5 ou 10 euros enrobées dans du papier à cigarette, puis gobées. Une forme «moins chère et moins compliquée à produire pour les dealers que les comprimés d’ecstasy», selon un commandant de la brigade des stupéfiants à Paris ».
Le Figaro souligne en outre que 
« si la dépendance à cette substance est rare, cette drogue de synthèse peut tuer dès la première prise ». Laurent Karila, psychiatre addictologue et porte-parole de SOS Addictions, précise ainsi : « Le danger de la MDMA, ce sont les complications aiguës qui peuvent arriver à la première dose. Elles se traduisent par des hyperthermies malignes et des hépatites fulminantes, et dans les deux cas, le consommateur peut mourir ».
« Un médecin sapeur-pompier explique de son côté prendre en charge nombre de consommateurs qui «perdent la notion de réel», capables de «se mettre nus dans la neige ou de sauter d’une fenêtre». Autre danger, surtout pour les non-initiés : le surdosage de la quantité de cristaux ingérés, qui peut être fatal », 
continue le journal.

Date de publication : 16 avril 2019

« Drogues : les Français se la roulent douce »

Libération

Libération indique que « l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) vient de publier la 7e édition de son rapport «Drogues et addictions, données essentielles». Il fournit un état des lieux de la consommation de drogues sur les 5 dernières années en France ».
« Il constate notamment une baisse du tabac et de l’alcool, aussi bien chez les jeunes que chez les adultes. Sans surprise et sans nouveauté, le cannabis reste la drogue illicite la plus prisée en France. Le pays occupe la première place des Etats consommateurs en Europe et la sixième dans le monde », 
relève le quotidien.
Libération souligne ainsi que 
« l’augmentation de l’expérimentation du cannabis chez les adultes est passée de 33% en 2010 à 45% en 2017. Parmi eux, 11% en ont pris dans l’année et 6% au cours du dernier mois. Cette progression chez les adultes s’explique par le vieillissement des générations ayant testé le cannabis dans sa période forte de diffusion, autour des années 90 ».
« Quant aux jeunes usagers, s’ils sont globalement moins nombreux à l’expérimenter, la part de ceux pour qui la fumette pose problème augmente », 
remarque le journal.
Julien Morel d’Arleux, directeur de l’OFDT, indique en effet qu’
« environ 25% des jeunes usagers de cannabis dans l’année ont un usage problématique. Cela représente 60.000 personnes de 17 ans ». Libération précise qu’« à 17 ans, quatre jeunes sur dix ont déjà testé le cannabis et 7,4% d’entre eux présentent un risque élevé d’usage problématique ».
Julien Morel d’Arleux souligne qu’
« outre les questions de décrochage scolaire, la consommation de cannabis à l’adolescence entraîne des effets pérennes sur la maturation du cerveau. Il faut donc adopter un vrai message de prévention ».
Jean-Pierre Couteron, psychologue clinicien, déclare quant à lui que le cannabis est 
« un important problème de santé chez les mineurs. Mais il faut bien comprendre que lorsqu’on continuera de penser qu’il n’y a que la pénalisation pour répondre à ce phénomène, le problème persistera ».
Libération note par ailleurs que 
« pour la cocaïne, une nouvelle ligne a été franchie. Acheminée via des conteneurs ou par voie aérienne en provenance des départements d’outre-mer, la poudre blanche s’étend de plus en plus sur le territoire national et atteint un record de consommation. Plus de 1,5% des Français déclarent avoir consommé ce psychotrope stimulant dans l’année. En 2013, cet usage ne concernait que 1,1% de la population ».
Le quotidien relève enfin que 
« l’Observatoire alerte sur un autre phénomène émergent, l’importance des conduites addictives liées aux écrans, particulièrement chez les jeunes. Tablette, smartphone ou ordinateur, les lycéens qui passent plus de 4 heures par jour sur les écrans sont ceux qui affichent le plus de résultats scolaires en dessous de la moyenne ».
Julien Morel d’Arleux précise que 
« les effets de cette exposition sont encore mal connus. Ce sont des changements de comportement marqués pour cette génération d’adolescents. Les jeux vidéo excessifs ont été relevés par l’OMS comme une conduite addictive en 2018. C’est une donnée majeure qui explique cette nouvelle entrée dans notre rapport ».

Date de publication : 19 avril 2019

« Des pédopsychiatres en surmenage »

Libération

Eric Favereau constate en effet dans un reportage : « Baisse des budgets de formation, manque de moyens et de postes… Mercredi, les membres du personnel du centre médico-psychologique du XIXe arrondissement de Paris, où la population a augmenté de 20% en 20 ans, ont signalé leur mécontentement ».
Les soignants indiquent ainsi : «
 Cela fait plusieurs années que la pédopsychiatrie connaît de graves attaques. Nous avons décidé de nous mettre en grève et d’organiser une manifestation festive pour défendre notre secteur ».
Eric Favereau évoque une 
« réponse ferme de la direction » : «Vous n’avez pas le droit d’organiser la moindre chose dans les locaux.» En fin de matinée, un directeur de permanence est même venu pour mettre dehors les quelques journalistes présents. C’est anecdotique, mais le signe est inquiétant ».
« Depuis près de 30 ans, jamais la parole n’a été aussi contrainte dans le monde hospitalier. Les directions des établissements donnent des consignes insistantes de «droit de réserve», interdisant aux cadres de santé de parler. Elles menacent. Les médecins sont même inquiets. En l’occurrence la psychiatre qui dirige ce secteur de pédopsychiatrie a choisi la retenue. Et de ne pas parler de la grève », 
remarque le journaliste.
Il observe que « 
dans la planète de la santé mentale, la pédopsychiatrie, on le sait, est au bout du rouleau : manque de moyens, manque de postes, et une administration de la santé qui a du mal à intégrer le fait qu’en la matière, «ce qui compte c’est le temps et le lien» ».
Eric Favereau relève que 
« cette équipe du XIXe croule sous le travail. En 20 ans, la population de l’arrondissement a augmenté de 20%, les difficultés sociales se sont aggravées en proportion. Et la demande a explosé. Dans les trois centres médico-psychologiques du secteur, le temps d’attente pour un premier rendez-vous varie entre 3 mois et 1 an pour des adolescents. Dans le centre de l’avenue de Flandre, 140 enfants sont sur une liste d’attente ».
Le journaliste constate qu’« 
au CMP de l’avenue de Flandre, trois psychiatres travaillaient avant, il n’y en a plus qu’un. Les postes d’orthophonistes ? Il y avait deux temps plein, il n’y en a en plus qu’un, et il en manque désormais trois sur l’ensemble du secteur ». Une psychiatre indique ainsi : « J’ai connu un burn-out, tant la pression est forte et le temps nous manque ».
Eric Favereau relève que
 « pourtant, bizarrement, l’ambiance est bonne ». Une psychologue précise que « le problème, c’est que tout se délite. Pour les jeunes enfants, on n’a ni le temps, ni la place. Et on voit des enfants si jeunes, dès la sortie de la crèche, qui vont bien mal ».
Une autre psychologue souligne : 
« Plutôt que de nous aider, que fait la direction ? Une baisse des budgets de formation de 50%. On nous a mis un agenda électronique où l’on a l’impression d’être surveillés ».
Le journaliste conclut ainsi : 
« Drôle de monde où plutôt que de s’entraider, les uns se méfient des autres. A Paris, tous les hôpitaux et secteurs de psychiatrie sont désormais regroupés dans un seul groupe hospitalier universitaire (GHU). Cela aidera-t-il à une meilleure utilisation des moyens ? Au CMP de Flandre, on en doute. Faut-il rappeler qu’aujourd’hui une orthophoniste, après 5 ans d’études, débute avec un salaire de 1350 € nets par mois ? ».

Date de publication : 23 avril 2019

« Des singes aux cerveaux humanisés ? »

Le Figaro

Le Figaro revient sur ces travaux de chercheurs chinois de l’Institut de zoologie de Kunming et de l’Académie des sciences de Chine, qui « ont modifié l’ADN de macaques rhésus pour leur donner un gène impliqué dans le développement cognitif humain. Une expérience critiquée, qui ébranle la frontière entre l’homme et l’animal ».
Le journal note que 
« selon les chercheurs, si le gène MCPH1 ne rend pas, à proprement parler, les macaques plus intelligents que leurs congénères non génétiquement modifiés, il renforce néanmoins leur mémoire et leur capacité d’apprentissage ».
Pierre-Marie Lledo, responsable du département de neurosciences à l’Institut Pasteur, remarque qu’«
 il s’agit très clairement de singes augmentés. Ils ont introduit la copie du gène humain MCPH1 dans leur ADN. Ce gène est très bien connu et joue un rôle dans la formation de l’intelligence humaine ».
Le Figaro explique que 
« les scientifiques ont utilisé la technologie Crispr-Cas9, qui permet, en quelque sorte, de découper un morceau d’ADN et de l’introduire dans un autre organisme. […] En tout, ce sont 11 singes transgéniques qui ont été créés ; le gène MCPH1 a été injecté dès la formation de l’embryon. Seuls 5 d’entre eux ont survécu ».
Le quotidien ajoute que 
« le MCPH1 est impliqué dans le développement cognitif humain. […] S’il ne rend pas, à proprement parler, ces macaques plus intelligents que leurs congénères non génétiquement modifiés, il renforce leur mémoire et leur capacité d’apprentissage, d’après les chercheurs chinois ».
Pierre-Marie Lledo note ainsi que 
« si on leur montre comment dévisser un boulon avec une clef à molette, ils sauront le faire et le reproduire. Il y a de fortes chances qu’à terme, s’ils sont entraînés, ces singes s’éloignent de leurs anciens congénères et se rapprochent même des hommes ».
Le Figaro précise néanmoins que 
« cette modification génétique n’a pas instantanément doté ces macaques de la parole ou de toute autre caractéristique typiquement humaine. Les chercheurs ont tenté de donner ce qui peut se comparer à un coup de pouce au processus d’évolution dont découle l’intelligence ».
Pierre-Marie Lledo continue : 
« Si un homme grandit seul sur une île déserte, il ne saura ni parler ni se servir d’outils, car il ne l’aura pas appris. C’est la même chose pour ces macaques. C’est la transmission des pratiques culturelles qui ferait d’eux des singes particuliers. On pourrait alors même presque parler de nouvelle espèce ».
Le journal observe que 
« l’équipe de l’Institut de zoologie de Kunming justifie sa démarche par un véritable intérêt scientifique dans la compréhension des pathologies qui touchent le cerveau humain ».
Pierre-Marie Lledo indique que 
« les perspectives de recherches sont très intéressantes pour des maladies encore peu connues comme les troubles autistiques ou la schizophrénie ».
« Des progrès médicaux qui ne se dessineront pas sans poser de nouvelles questions éthiques, car ces singes augmentés serviront de cobayes pour soigner les humains », 
poursuit Le Figaro.
Le Figaro revient en outre sur ces «
 neurones de cochons décapités ravivés 4 heures après leur mort », selon des travaux présentés le 18 avril dans Nature par des chercheurs de la faculté de Yale (États-Unis).
Le journal publie enfin un entretien avec Judith Nicogossian, anthropobiologiste, philosophe des sciences, qui observe que 
« le passage au IIIe millénaire a vu éclore de grands progrès techniques et biotechnologiques, ce qui ne signifie pas forcément progrès (bio)éthique ! Les animaux humanisés ou le clonage humain, la greffe de tête, ou plutôt de corps, la cryonie (ou cryogénisation, de corps ou de tête) sont controversés, bousculant les limites entre les espèces, celles entre la vie et la mort, ou encore celles de l’humain ».
« Le clonage dissimule notamment le projet de l’amélioration du patrimoine génétique de l’homme et la création d’un surhomme, plus résistant. Ces expérimentations chirurgicales ou génétiques sur l’unicité génétique de l’homme et sur les limites de la vie peuvent risquer d’endommager le principe des humanités, ce qui rend l’homme humain », 
ajoute-t-elle.
Judith Nicogossian remarque en outre que «
 la spécificité de notre temps réside dans la possibilité de modification de l’espèce [humaine] de trois façons. D’abord, le corps cyborg, l’hybridation entre le corps de l’homme et les technologies, requérant des techniques chirurgicales et des innovations technologiques pour les dispositifs implantables, ou des prothèses. Ensuite, le génie biologique, avec par exemple la reprogrammation génétique par l’outil d’édition génomique Crispr-Cas9. Enfin, le génie des êtres non-organiques, l’intelligence artificielle (IA), du chatbot désincarné au ­robot social ».
L’anthropobiologiste souligne qu’« 
avec ce pouvoir sur la vie et des conséquences pressenties mais encore difficilement mesurables, il devient très important de réfléchir à ce que nous voulons faire de notre espèce, des autres espèces et de l’environnement ».

Date de publication : 26 avril 2019

 

 


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