« « Dry January » : une psychiatre à l’écoute des femmes « malades d’alcool » »

La Croix

La Croix brosse le portrait de Fatma Bouvet de la Maisonneuve, psychiatre, qui « soigne des patientes souffrant d’alcoolisme. Un tabou que cette promotrice du « Dry January » (janvier sobre) en France participe à lever ».
Le journal observe ainsi : «
 Il y a celles qui boivent avant de prendre la parole en public, pour «se donner du courage». Celles qui ont besoin d’un «remontant» avant un entretien d’embauche. Celles encore que l’alcool aide à affronter les brimades d’un conjoint. Un verre ou plus, plusieurs fois par semaine ou tous les jours, simplement pour oublier ».
« Voilà le genre d’histoires que les patientes du Dr Fatma Bouvet de la Maisonneuve lui confient, dans son petit cabinet médical de Montrouge (Hauts-de-Seine) ou à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, où cette psychiatre a créé l’unique consultation pour les femmes souffrant d’alcoolisme, en 2008. Des histoires de violence bien souvent, avec des «cassures», des non-dits enfouis »,
 poursuit le quotidien.
La psychiatre indique : «
 Les femmes que je vois ont souvent été maltraitées impunément, abusées. Elles boivent pour éloigner le traumatisme, ne plus sentir la douleur ».
La Croix explique que la spécialiste 
« s’est très tôt intéressée aux addictions, dont les malades, au profil complexe, sont «trop souvent délaissés». En particulier les femmes, victimes d’un véritable tabou alors qu’elles représentent 10% des dépendants à l’alcool ».
Le Dr Bouvet de la Maisonneuve précise : 
« Elles viennent de tous les milieux, mais les plus touchées sont les femmes hyperactives, avec des responsabilités. Elles excellent dans les études, se battent deux fois plus que les hommes pour accéder au poste qu’elles convoitent, s’occupent des enfants. Et puis un jour, les enfants partent, il ne se passe plus grand-chose avec le conjoint et le plafond de verre ne s’est toujours pas brisé… ».
La Croix indique que 
« c’est pour elles qu’il y a 2 ans, cette femme chaleureuse et élégante a fondé l’association Addict’elles, un lieu d’information sur l’alcoolisme féminin où seront bientôt proposés des groupes de parole. Alors qu’a débuté l’opération « Janvier Sobre » – traduction du « Dry January » anglais, qui consiste à se passer d’alcool pendant un mois –, le docteur entend profiter de l’événement pour éveiller les consciences ».
La psychiatre souligne que 
« les autorités ont choisi les intérêts économiques plutôt qu’humains. […] À part un pictogramme ici et là, rien n’est fait pour alerter les femmes enceintes de la gravité du syndrome d’alcoolisation fœtale, dont les conséquences peuvent être dramatiques sur les enfants ».

Date de publication : 7 janvier 2020

« Enfants et écrans : « On est face à un problème majeur de santé publique » »

Le Parisien Libération

Le Parisien observe que « l’inquiétude grandit face à l’impact des écrans sur les plus jeunes. Une étude de l’université de Rennes, présentée ce mardi par Santé publique France, établit que les petits qui regardent les écrans le matin ont trois fois plus de risque de développer des troubles du langage. Pire encore : si l’enfant ne parle pas de ce qu’il voit à l’écran avec ses parents, le risque est multiplié par six ».
Le quotidien relève notamment que 
« l’étude inédite montre que la durée n’est pas une question essentielle. «Peu importe le temps, explique l’autrice Manon Collet, médecin généraliste dans le bassin rennais. Le problème, c’est l’exposition dès le lever.» ».
Lise Barthélémy, pédopsychiatre, note pour sa part : 
« Les écrans, le matin, les excitent toute la journée. En consultation, je vois des petits agités, des comportements brouillés ». Elle évoque « une hausse faramineuse des troubles du langage, de l’apprentissage, du comportement, relationnels. Parfois, je ne sais pas quel enfant j’ai devant moi ».
Le Parisien indique que
 « Michel Desmurget, docteur en neurosciences à l’Inserm, […] met en garde sur la consommation numérique qui « rend bête » nos enfants. La liste des risques, nous dit-il, est sans fin. Tous les piliers du développement sont affectés ».
Dans un entretien, le spécialiste souligne :
 « On sait déjà que l’exposition aux écrans, qui atteint aujourd’hui un niveau stratosphérique, favorise les troubles du langage. Mais cette étude est l’une des premières à montrer leur impact le matin. Ce temps d’échange, avant l’école, est essentiel autour du petit-déjeuner. Plus on parle à l’enfant, plus son intelligence va se développer ».
« En le mettant devant un écran, vous le privez d’une discussion quotidienne. Ce sont des milliers de mots qu’il n’apprendra pas. Si vous échangez beaucoup avec lui, il connaîtra 1100 à 1200 mots, à 3 ans, si vous parlez peu, seulement 500 »,
 poursuit-il.
Michel Desmurget ajoute que 
« d’autres études ont montré que ce retard était ensuite plus difficile à rattraper. Ne faites pas peur aux parents, je ne dis pas que c’est impossible. Mais le déficit de départ tend à croître avec le temps et à donner un lexique et une syntaxe plus pauvre. Si vous touchez au langage, vous touchez au cœur de l’intelligence humaine ».
Il constate qu’«
 on est en train de faire du mal à toute une génération de gamins nés après 2000. En France, ils sont 750.000 à 800.000, âgés de 4 à 10 ans, à être encore devant la télé à 22h30 ! J’ai comparé les versions de 1962 et de 2006 du Club des 5 et du Trésor de l’île. En 40 ans, 40% du vocabulaire a disparu ».
Le Parisien demande :
 « Pas d’écran avant 3 ans comme le disent les autorités de santé, c’est donc la règle absolue ? ».
Michel Desmurget répond que «
 cette limite d’âge est une jolie arnaque marketing. […] En réalité, les écrans sont aussi délétères à 2 ans qu’à 4 ans. Qu’importe leur âge, les enfants ne doivent pas être exposés à la télé, aux tablettes, aux smartphones. Pour moi, c’est zéro écran jusqu’à 6 ans. La liste des risques est longue comme le bras : problèmes de langage, d’attention, de mémorisation, d’obésité. On est face à un problème majeur de santé publique ».
De son côté, Libération titre : 
« Les écrans coupent-ils la parole aux plus petits ? ».
Le journal remarque ainsi : 
« Et vlan, une pierre de plus dans le jardin de ceux qui crient aux dangers des écrans pour les enfants, quand ils ne pronostiquent pas carrément une Fabrique du crétin digital tel Michel Desmurget, docteur en neurosciences à l’Institut des sciences cognitives de Lyon ».
Le quotidien explique aussi que 
« conduite par une équipe de Rennes (Université, Inserm, Santé publique France), une étude rendue publique ce mardi par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire le pointe : les enfants exposés aux écrans le matin avant l’école et qui discutent rarement voire jamais du contenu de ces écrans avec leurs parents multiplient par six leur risque de développer des troubles primaires du langage ».
Libération retient que
 « cette étude, après avoir établi une mauvaise «connexion» entre exposition aux écrans (notamment le matin, car l’enfant épuiserait alors son attention, et serait moins apte aux apprentissages de la journée) sans discussion avec les parents sur le contenu de ces écrans et troubles primaires du langage, évoque un «problème de santé publique» ».

Date de publication : 14 janvier 2020

« Alcool, un problème à géographie variable »

Le Figaro La Croix

Damien Mascret indique en effet dans Le Figaro que « les nouvelles données de Santé publique France sont sans appel : un Français sur quatre boit trop ».
Le journaliste fait 
« le point région par région », relevant : « La bière au nord et à l’est, le vin au sud et les alcools forts à l’ouest : on ne privilégie pas les mêmes alcools selon les régions. Ramenée en volume d’alcool pur, la consommation en France reste impressionnante avec 11,7 litres par habitant en 2017 ».
« On peut se rassurer en se disant que la baisse est constante depuis les années 1960, ou s’alerter devant un mode de consommation qui change », 
continue Damien Mascret. Santé publique France observe ainsi : « On note une consommation régulière plus faible et une augmentation des consommations ponctuelles importantes ».
Le journaliste évoque tout d’abord l’Occitanie :
 « La région a le triste privilège d’avoir la plus haute prévalence de consommation d’alcool avec 12,6% des adultes de 18 à 75 ans qui en boivent chaque jour. C’est aussi l’une des trois régions où la consommation de vin est la plus importante ».
Damien Mascret note toutefois que
 « le taux standardisé de mortalité directement lié à l’alcool est nettement inférieur (de plus de 20%) à la moyenne de la France métropolitaine tant pour les hommes que pour les femmes. La consommation d’alcool est de plus en plus fréquente chez les jeunes filles ».
Le journaliste observe qu’«
 en deuxième position des régions où l’on trouve le plus de buveurs quotidiens (12,3%), la région [Nouvelle-Aquitaine] s’illustre par la deuxième plus forte consommation de vin derrière la Bretagne. Comme en Occitanie, la mortalité directement liée à l’alcool reste néanmoins inférieure à la moyenne nationale. Un paradoxe puisque la région est au-dessus de la moyenne nationale à la fois pour les alcoolisations ponctuelles importantes mensuelles, quel que soit l’âge ».
Damien Mascret précise que 
« la mortalité la plus forte » est enregistrée dans les Hauts-de-France : « La région n’est «que» troisième en termes de consommation quotidienne, mais l’impact sur la santé est majeur avec le plus haut taux de mortalité directement liée à l’alcool. Il s’agit essentiellement de bière, comme dans le Grand Est voisin. La consommation quotidienne qui était en baisse de 2000 à 2014, a légèrement réaugmenté en 2017. Signe encourageant : chez les 18-30 ans, la consommation hebdomadaire et les ivresses y sont plus faibles qu’ailleurs ».
Le journaliste continue : 
« Paca, les femmes boivent », « Pays de la Loire, la jeunesse s’enivre », « Ile-de-France, la vertueuse », « Grand Est, trop de bière »…
La Croix retient également que « 
si l’Occitanie est la région de France où la consommation quotidienne est la plus élevée (devant la Nouvelle-Aquitaine et les Hauts-de-France), c’est en Bretagne que la consommation ponctuelle importante (ou « binge drinking ») est la plus répandue ».
Le quotidien ajoute que 
« Santé publique France relève […] que les alcools consommés ne sont pas les mêmes selon les régions : les régions du Nord, de l’Est et la Bretagne consomment plus de bière que le reste du pays, tandis que la consommation de vin est plus importante en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes, régions de forte production vinicole ».
La Croix observe en outre que
 « l’agence sanitaire a mis sur pied un nouvel indicateur, qui mesure la responsabilité de l’alcool dans les passages aux urgences. En moyenne quotidienne, pour les hommes, entre 1,2% (Corse) et 3,1% (Bretagne) des passages aux urgences sont en lien direct avec une consommation d’alcool. Ce taux grimpe à 7,3% pour La Réunion ».

Date de publication : 15 janvier 2020

« Tramadol : pour faire face aux addictions, les autorités vont limiter les prescriptions »

Le Parisien

Le Parisien note en effet : « C’est un comprimé qui peut vite rendre accro. Alors pour mieux encadrer l’accès au Tramadol, un antidouleur qui agit sur les mêmes récepteurs que la morphine, sa délivrance va être plus stricte. Plus question pour les médecins de rédiger des ordonnances pour 12 mois, comme cela pouvait être le cas jusqu’à présent. Désormais, ce sera 3 maximum ».
Nathalie Richard, directrice adjointe des médicaments antalgiques et stupéfiants à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), précise ainsi :
 « Avant le patient pouvait aller tous les mois pendant un an en pharmacie se procurer du Tramadol. Dès le 15 avril, il devra revoir son médecin au bout de 3 mois si les douleurs persistent. Le spécialiste réévaluera la pertinence du traitement, le niveau de dépendance et fera le choix ou non de le prescrire à nouveau ».
Le Parisien rappelle que
 « prescrit pour calmer les douleurs modérées ou sévères, après un accident, une chirurgie ou encore des douleurs chroniques, cet antalgique, consommé en 2017 par 6,8 millions de Français, est la solution lorsque le paracétamol ou les anti-inflammatoires n’agissent plus. Mais son usage prolongé peut entraîner une forte dépendance longtemps sous-estimée. Or, depuis le retrait du marché en 2011 du Di-Antalvic, un autre antalgique, sa consommation a augmenté de 30% ».
Nathalie Richard souligne qu’
« on a vu de plus en plus de patients, sans antécédent particulier, développer une dépendance au Tramadol ». Le journal relève ainsi qu’« en 2016, sur les 84 décès liés aux antalgiques, 37 sont dus à une overdose au Tramadol ».
Le Dr William Lowenstein, président de la fédération SOS Addictions, réagit :
 « Cette mesure est un premier pas mais il faut aller plus loin, le prescrire uniquement sur une ordonnance sécurisée, c’est-à-dire infalsifiable, rédigée en toutes lettres comme c’est le cas pour la morphine ».
Le Pr Nicolas Authier, directeur de l’Observatoire français des médicaments antalgiques, note quant à lui : 
« En réalité, il est très rare de prescrire du Tramadol 12 mois. Cette mesure est un moyen de sensibiliser les médecins et les patients, de leur dire, soyez vigilants, pensez au suivi. Il est très efficace mais c’est aussi l’antalgique opiacé qui a le plus d’effet indésirable, souvent prescrit à tort en premier choix ».

Date de publication : 16 janvier 2020

« Comment le lobby de l’alcool sape toute prévention prônant l’abstinence »

Le Monde

Le Monde observe en effet que « bloquant toute initiative en ce sens, comme un soutien gouvernemental au « Janvier sec », les lobbyistes deviennent acteurs de la politique sanitaire, au grand dam des addictologues ».
Le journal explique ainsi que «
 le 14 novembre 2019, en début d’après-midi, le président de la République sort tout juste de table à Epernay (Marne) quand le responsable du Syndicat général des vignerons de la Champagne, Maxime Toubart, s’improvise porte-parole de l’Elysée. «Vous pouvez faire savoir qu’il n’y aura pas de “Janvier sec”», annonce-t-il ».
Le quotidien rappelle que 
« l’opération « Janvier sec » ou « Dry January », qui consiste à suspendre sa consommation d’alcool pendant un mois, devait être soutenue par l’agence nationale Santé publique France, mais voilà que le vigneron triomphe : elle se fera sans l’Etat ».
« Les acteurs de l’addictologie et de la prévention en santé s’insurgent. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, fait profil bas. Une polémique grandit, se déplie en invectives, en insultes, en tribunes d’écrivains et d’acteurs : on en appelle au «patrimoine» et à la «liberté» alors que la «civilisation s’effondre» peut-être », relève Le Monde.
Le journal observe que « début janvier 2020, un éditorial de La Revue du vin de France concentre tous les qualificatifs et vilipende les «associations hygiénistes qui font régner la peur en associant le vin à la mort et au cancer», n’hésite pas à parler de «cabale», de «camarilla prohibitionniste», de «censeurs», de «ligues de vertu», du «carcan mortifère de la loi Evin», qui encadre le tabac et l’alcool. «Il faut réagir, s’enflamme le directeur de la rédaction, cesser de financer ces associations parasites qui préconisent la ruine de notre secteur viticole, le reniement de notre culture.» ».

Le Monde continue 
: « Qu’elle dure un mois ou toujours, les alcooliers ne veulent pas de l’abstinence. Au cauchemar de la sobriété, ils préfèrent la «modération» toute l’année. Une modération dont ils font la promotion à l’aide de «repères de consommation». Ce sont les fameux «2, 3, 4, 0» – 2 unités d’alcool par jour pour les femmes, 3 unités pour les hommes, 4 unités pour les consommations occasionnelles et 0 unité d’alcool «dans le cadre de situations à risque (grossesse, prise de médicaments…) et au moins un jour par semaine dans toutes les autres situations» ».
Le journal remarque que « 
le détournement des repères par le secteur est d’autant plus lourd de conséquences que, depuis la fin des années 2000, les études scientifiques qui s’accumulent finissent de balayer le mythe des effets bénéfiques de l’alcool consommé avec «modération». Le risque de cancer annihile les éventuels effets bénéfiques, cardiovasculaires en particulier, mis en avant par le lobby depuis trois décennies ».
Le quotidien souligne ainsi : 
« Vin, bière ou rhum : en cela, tous les alcools se valent. Deuxième cause de mortalité prématurée évitable après le tabac, l’alcool est responsable du décès de 41.000 personnes chaque année en France, dont 16.000 meurent d’un cancer, selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France de février 2019 ».
« Et pourtant… C’est à la demande de la présidence de la République elle-même que les alcooliers sont […] devenus des «acteurs de la prévention», comme ils aiment à le dire »,
 relève Le Monde.

Date de publication : 21 janvier 2020

« La luminothérapie, un bon réflexe pour passer l’hiver ? »

Le Figaro

C’est ce que se demande Le Figaro, qui remarque que « pour ceux qui n’ont pas la chance d’habiter sous les tropiques, l’hiver peut parfois sembler long. Avec la grisaille, le froid et le manque de lumière, notre moral en prend un coup. Mais il y aurait une solution : la luminothérapie ».
Le journal relève ainsi que 
« s’exposer chaque jour quelques minutes à une lampe qui mime les rayons du soleil est réputé pour stabiliser l’humeur, prévenir la dépression saisonnière ou encore améliorer le sommeil. Longtemps cantonnés à l’hôpital, les appareils de luminothérapie sont désormais accessibles au grand public ».
La Dr Élisabeth Ruppert, neurologue spécialisée dans le sommeil au CHU de Strasbourg, indique que «
 si une personne voit que son humeur et son niveau d’énergie fluctuent en fonction de la saison, c’est un bon candidat à la luminothérapie. Chez les personnes souffrant de dépression saisonnière ou de troubles affectifs saisonniers, nous observons un bénéfice clinique très net ».
Le Figaro rappelle qu
’« une étude française publiée en septembre 2019 dans la revue scientifique Sleep Medicine Reviews a même montré que la luminothérapie s’avérait aussi efficace qu’un antidépresseur pour lutter contre la dépression. Et que l’association des deux donnait encore de meilleurs résultats ».
« Mais pas question de le faire n’importe comment »,
 ajoute le quotidien. La Dr Ruppert précise : « Nous recommandons d’utiliser une lampe qui émet une lumière blanche de 10.000 lux d’intensité. Il faut s’exposer 30 minutes le matin, dans les heures qui suivent le réveil. […] Si les personnes ne supportent pas cette forte intensité, il est possible de s’exposer à 5000 lux pendant une heure. […] Si des effets n’apparaissent pas dans les premiers jours, il faut compter au moins un mois à ce rythme avant de conclure à une absence d’effet ».
Le Figaro rappelle que « ce «pouvoir» de la lumière est intimement lié à notre horloge biologique. Car la lumière en est le chef d’orchestre ».
 Jacques Taillard, ingénieur de recherche au CNRS à Bordeaux, indique ainsi que « lorsqu’elle arrive sur la rétine, elle va bloquer la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil, qui est produite par certains neurones ».
« Pas étonnant, donc, que la luminothérapie soit utilisée pour traiter les troubles du sommeil »,
 observe le quotidien.
Il souligne toutefois que
 « les appareils de luminothérapie ne sont pas tout à fait sans risque : maux de tête, nausées, inconfort visuel et irritabilité peuvent parfois se manifester au début du traitement ». La Dr Ruppert explique qu’« il peut y avoir des effets indésirables, mais ils sont majoritairement transitoires et bénins. Dans ce cas, nous conseillons de diminuer l’intensité lumineuse et de s’écarter du dispositif ».
Le Figaro note de plus que
 « la luminothérapie peut être plus délétère que bénéfique pour les personnes souffrant de maladies de la rétine comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge. Dans ce cas, le choix de traiter ou non devra se faire sur les conseils éclairés d’un médecin ».

Date de publication : 27 janvier 2020

« Fausses couches précoces : un impact psychologique à ne pas sous-estimer »

Le Monde

Sylvie Logean remarque dans Le Monde que « souvent banalisées, les fausses couches du premier trimestre peuvent avoir un impact psychologique non négligeable. Une femme sur six serait ainsi victime de stress post-traumatique à long terme, selon une étude anglaise ».
La journaliste explique ainsi que
 « selon les résultats d’une étude prospective réalisée auprès de 650 femmes par l’Imperial College de Londres, et publiée le 14 janvier dans l’American Journal of Obstetrics and Gynecology, près d’une personne sur trois ayant vécu une fausse couche avant 12 semaines de grossesse, ou ayant subi une grossesse extra-utérine […], se trouverait dans un état de stress post-traumatique pouvant perdurer, pour une femme sur six, jusqu’à 9 mois ».
« Des symptômes d’anxiété modérée à sévère seraient par ailleurs rencontrés par 25% des personnes interrogées et perdureraient après 9 mois chez 17% d’entre elles. De même, 10% et 6% des femmes souffriraient de dépression modérée à sévère après respectivement 1 mois et 9 mois »,
 indique Sylvie Logean.
La journaliste souligne que 
« ces chiffres viennent rappeler la nécessité d’améliorer la prise en charge des couples ayant perdu un bébé en cours de grossesse, quelle que soit son avancée ».
Le Pr Tom Bourne, principal auteur de ce travail, remarque ainsi : 
« Notre société peine à reconnaître cet événement comme pouvant être particulièrement traumatisant. Il en résulte un manque de compréhension et de soutien pour de nombreuses femmes. L’accompagnement des personnes ayant vécu des fausses couches devrait être adapté afin de répondre à leur réel impact psychologique, tout comme il faudrait encourager les gens à en parler davantage ».
Sylvie Logean continue : «
 Relativement fréquentes, les fausses couches concerneraient entre 15% à 20% des grossesses confirmées par prise de sang. Elles sont cependant encore régulièrement vécues dans la solitude ».
La Pr Antje Horsch, psychologue et directrice du Lausanne Perinatal Research Group à l’université de Lausanne (Suisse), observe que 
« le secret entourant les trois premiers mois de la grossesse, puis la perte du bébé, rend plus difficile pour le couple de pouvoir partager son deuil. Le couple peut alors se sentir isolé et insuffisamment entendu dans sa souffrance, y compris par l’entourage, dont certaines remarques peuvent s’avérer inadaptées ».
Sylvie Logean ajoute que «
 pour Tom Bourne, il est fondamental de mettre en place des outils de dépistage permettant d’identifier, dans les 3 mois suivant l’arrêt de la grossesse, la présence d’une éventuelle pathologie psychologique ».
Le gynécologue précise :
 « Les personnes présentant des critères d’anxiété ou dépression importants se verront probablement proposer une thérapie comportementale cognitive et, si nécessaire, une prise en charge médicamenteuse. Nous prévoyons actuellement un essai afin de déterminer le traitement optimal du stress post-traumatique spécifiquement associé aux fausses couches ou aux grossesses extra-utérines ».
« Les deux parents peuvent également vivre le deuil à des rythmes différents, un phénomène venant compliquer une situation par ailleurs déjà difficile », 
poursuit Sylvie Logean.
La Pr Horsch explique que « 
des enquêtes réalisées au CHUV, à Lausanne, nous ont permis de constater que [les pères] pouvaient également souffrir d’anxiété, de dépression et de stress post-traumatique. C’est pourquoi la recherche devrait également s’intéresser aux partenaires qui, eux aussi, ont vu leur projet de parentalité s’arrêter soudainement ».

Date de publication : 28 janvier 2020

« Violences conjugales : l’Assemblée vote la proposition de loi permettant la levée du secret médical »

Le Parisien Libération

Le Parisien indique en effet qu’« après des mois de débats entre experts et un Grenelle dédié, la proposition de loi LREM visant à protéger les victimes de violences conjugales a été adoptée ce mercredi à l’unanimité à l’Assemblée nationale. Elle doit notamment permettre la levée du secret médical en cas de «danger immédiat» ».
Le journal précise que «
 la levée du secret médical sera possible pour un professionnel de santé «lorsqu’il lui apparaît» que des violences au sein d’un couple «mettent la vie de la victime majeure en danger immédiat et que celle-ci se trouve sous l’emprise de leur auteur». Une mesure qui suscite toutefois certaines réticences ».
Le quotidien relève ainsi que 
« lors des débats, en présence de trois membres du gouvernement – Nicole Belloubet (Justice), Marlène Schiappa (Égalité femmes-hommes) et Adrien Taquet (Protection de l’enfance) -, des élus de droite comme de gauche ont pointé le risque d’une «perte de confiance» entre la victime et son médecin ».
« Marlène Schiappa a défendu pour sa part une disposition «utile» qui […] «vient des femmes elles-mêmes», la rapporteure Bérangère Couillard (LREM) ajoutant qu’elle est le fruit d’une concertation avec l’Ordre des médecins », continue Le Parisien.
Le journal remarque par ailleurs que « face aux violences conjugales, les médecins [sont] en première ligne ».

Le Parisien livre des témoignages de praticiens qui 
« détaillent les difficultés qu’ils rencontrent lorsqu’ils sont confrontés à cette problématique. […] Marie Le Bars, médecin généraliste à Lyon, se souvient très bien de cette patiente, victime de violences conjugales depuis des années. «À chaque fois, elle refusait de prendre le certificat médical de coups et blessures qui permet de déposer plainte. Mais un jour, elle est arrivée, m’a demandé les sept papiers sans hésiter et est partie voir la police.» Depuis, son conjoint dort en prison ».
Le journal continue :
 « Des femmes frappées par leur mari, petit ami, ex-conjoint, Marie Le Bars en voit deux à trois fois par jour dans la salle d’attente de son cabinet. Pas de profil type, «les violences conjugales touchent toutes les classes sociales, tous les âges», rappelle la médecin ».
Le Parisien s’interroge :
 « Faut-il lever partiellement le secret médical ? […] «Fausse bonne idée, nous ne sommes pas des auxiliaires de la police», s’agace Héloïse Galili, psychologue et conseillère conjugale au Planning familial de Paris. Pour elle, cette possibilité risquerait de «briser la confiance entre la patiente et son médecin et infantiliserait la victime au moment où elle a le plus besoin d’avoir confiance en elle» ».
Le journal souligne : «
 Le manque de moyens pour l’accompagnement des victimes. C’est ce que pointent du doigt les soignants que nous avons contactés. De l’absence de sensibilisation aux violences conjugales dans beaucoup d’universités, au nombre de places insuffisant dans les hébergements d’urgence, tous considèrent que les femmes battues ne sont pas suffisamment protégées ».
Héloïse Galili ajoute que 
« chaque soignant devrait avoir une formation sur les violences faites aux femmes, qu’on prenne conscience que c’est une donnée médicale puisque c’est un facteur majeur de dégradation de la santé ».
Libération évoque également cette 
« passe d’armes à l’Assemblée sur le secret médical ».
Le journal relève : « 
Faut-il revoir la loi en matière de secret médical, et préciser les conditions dans lesquelles un professionnel de santé peut signaler des faits de violences conjugales au procureur ? La question a suscité des débats pointus ce mercredi à l’Assemblée nationale, où les députés examinaient en première lecture la proposition de loi de la majorité en matière de protection des victimes de violences conjugales ».
Le quotidien indique qu’«
 issu du récent Grenelle sur le sujet, le texte prévoit une série de mesures destinées à endiguer un fléau qui touche chaque année quelque 210.000 Françaises, et a causé la mort d’au moins 127 d’entre elles en 2019 ».
Libération constate que 
« la plus controversée figure sans conteste dans l’article 8 de cette proposition de loi portée par la députée LREM Bérangère Couillard. Il s’agit de permettre une levée du secret médical lorsque le personnel soignant a «l’intime conviction que la victime majeure est en danger immédiat et qu’elle se trouve sous l’emprise de [l’]auteur». Le médecin devra alors «s’efforcer d’obtenir l’accord de la victime» et à défaut, devra «l’informer du signalement fait au procureur de la République» ».
Le journal note que 
« les amendements de suppression de cet article 8 controversé ont finalement été rejetés, n’ayant reçu le soutien que de 34 des 93 votants dans l’hémicycle. Le gouvernement a engagé une procédure accélérée sur cette proposition de loi, qu’il espère faire adopter d’ici à la fin mars ».

Date de publication : 30 janvier 2020

 

 


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