« Des implants testés pour retrouver le contrôle de bras paralysés grâce à la pensée »

Date de publication : 28 septembre 2023

Le Parisien

Le Parisien fait savoir que « pour la première fois, un implant cérébral couplé à un implant stimulant la moelle épinière est testé afin de permettre à un patient tétraplégique d’à nouveau bouger ses bras, mains et doigts par la pensée » selon l’entreprise néerlandaise Onward.
Le journal note que « la combinaison de ces deux technologies avait déjà permis à un patient paraplégique de retrouver un contrôle naturel de la marche par la pensée, une avancée qui avait fait l’objet d’une publication dans la revue scientifique Nature en mai. Mais c’est la première fois que cette double technique est employée pour les membres supérieurs ».
Jocelyne Bloch, chirurgienne qui « a réalisé les opérations d’implantation » et cofondatrice d’Onward, précise que « la mobilité du bras est plus complexe. […] La musculature de la main est assez fine, avec plein de petits muscles différents qui sont activés en même temps pour certains mouvements ».
Le Parisien indique que le patient « est un homme suisse de 46 ans ayant perdu l’usage de ses bras après une chute. Deux opérations ont eu lieu le mois dernier au Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV) de Lausanne ».
« La première pour placer l’implant cérébral de quelques centimètres de diamètre, développé par l’organisation française CEA-Clinatech, au-dessus du cerveau, à la place d’un petit bout d’os crânien. La deuxième pour placer les électrodes développées par Onward au niveau de la moelle cervicale, reliées à un petit boîtier implanté dans l’abdomen »,
 explique le quotidien.
Il ajoute que « l’implant cérébral (ou interface cerveau-machine, ICM) enregistre les régions du cerveau qui s’activent lorsque le patient réfléchit à un mouvement, et les communique aux électrodes. Une sorte de «pont digital» ».
Jocelyne Bloch indique que « ça se passe bien pour l’instant. On arrive à enregistrer l’activité cérébrale, et on sait que la stimulation marche. (…) Mais il est trop tôt pour parler de ce qu’il a fait comme progrès, ce qu’il est capable de faire maintenant ».
Le Parisien note enfin que « deux autres patients doivent participer à cet essai. Les résultats complets seront publiés ultérieurement ».

« La fermeture de lits en psychiatrie, un problème national »

Date de publication : 3 octobre 2023

Libération

C’est ce que titre Libération, qui observe qu’« en cette rentrée 2023, la crise dans le secteur de la santé mentale s’aggrave un peu partout en France, notamment avec des patients non pris en charge ou tardivement ».
Eric Favereau note ainsi que « chaque jour, chaque semaine, des conflits éclatent un peu partout en France dans des hôpitaux psychiatriques, liés à la fermeture de lits. Dernier en date, à Nantes, le 27 septembre. Cela a pris la forme d’une lettre au procureur de la République, la CGT du CHU de Nantes alertant «sur une situation de mise en danger des patients (mineurs et adultes) et des professionnels en psychiatrie au sein de l’hôpital Saint-Jacques». Deux responsables syndicaux ont pointé la fermeture de 4 lits sur 12 dans l’unité Espace qui accueille des jeunes de 15 à 20 ans présentant des risques suicidaires ».
Le journaliste fait un « tour de France » et s’interroge : « Que déduire de ces successions répétées de restrictions, alors qu’au même moment la demande de soins augmente ? Ce n’est pas nouveau, mais cela ne s’arrête pas. Comme un goutte-à-goutte sans fin ».
Eric Favereau relève que « début septembre, une enquête de la Fédération hospitalière de France a confirmé que «les fermetures structurelles de lits se sont intensifiées après la crise sanitaire». Et qu’entre un quart et trois quarts des postes de médecins sont vacants dans 40% des établissements, 8% des établissements déplorant même le vide de plus de la moitié de leurs postes de médecins ».
Un infirmier normand observe : « Je ne sais plus trop ce que l’on peut attendre. Le personnel n’y croit plus, on soigne mal. A la population de s’énerver et de se battre ».

« « C’est une prison » : se faisant passer pour « fou », ce journaliste a passé une semaine dans un hôpital psychiatrique »

Date de publication : 5 octobre 2023

Le Parisien

Le Parisien indique en effet : « Diagnostics expéditifs, surmédication… En immersion durant une semaine dans un établissement psychiatrique parisien, le journaliste Alexandre Macé-Dubois a constaté les dysfonctionnements du système et raconte son expérience dans un ouvrage » (« A en devenir fou. Dans la peau d’un schizophrène », éditions Phébus).
Zoé Lauwereys explique ainsi que « pendant une semaine, le quotidien d’Alexandre Macé-Dubois a tourné autour de ces « fous ». Tout comme lui, ces patients étaient enfermés dans un hôpital psychiatrique parisien. Mais à la différence de ses camarades d’infortune, le journaliste indépendant de 32 ans s’y était laissé interner en simulant les symptômes d’une maladie mentale pour les besoins d’une enquête ».
« Le jeune journaliste a voulu « emmener le lecteur là où il ne peut pas aller ». Mais Alexandre Macé-Dubois se défend d’avoir voulu mener, tout du moins au début du projet, « une enquête à charge » à l’encontre du système psychiatrique »,
 note Zoé Lauwereys. Il précise dans un entretien : « Je voulais rencontrer ces patients, connaître leurs parcours, leur donner de la visibilité. J’ai dû jouer un rôle mais j’étais au plus proche des patients ».
Alexandre Macé-Dubois indique notamment : « Je m’étais pas mal documenté, lu des ouvrages, regardé des documentaires. J’ai aussi rencontré des schizophrènes. Mais ça n’a finalement pas été très compliqué. J’avais pris rendez-vous chez un spécialiste de la schizophrénie, je pensais qu’il aurait besoin de plusieurs séances pour me diagnostiquer. Je ne pensais pas qu’il allait tomber dans le piège si facilement ».
Le Parisien continue : « Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant votre séjour ? ».
Alexandre Macé-Dubois répond que « globalement, c’est l’ennui qui m’a le plus choqué. On m’a dit qu’une semaine, c’était très court comme séjour, mais une minute paraît deux heures. J’ai eu l’impression de rentrer de six mois de terrain de guerre. On passe nos journées dans une salle avec quatre chaises, une télé qui ne fonctionne pas, un baby-foot sans balle ».
« On attend que le temps passe. On regarde les autres faire les cent pas, certains pieds nus, on se scrute dans le blanc des yeux. On ne voit le psy que deux fois cinq minutes par semaine. Les journées sont rythmées par les repas et la prise de médicaments. C’est une prison »,
 poursuit le journaliste.
Il explique : « Tous ont des pathologies différentes et sont parqués au même endroit. Pour moi on les met à l’écart, on les parque, sans accompagnement réel. On ne veut pas les voir, on les invisibilise un peu plus. On sort dix minutes trois fois par jour dans une cour minuscule, tous habillés dans le pyjama bleu qu’on nous donne à notre arrivée, certains font des exercices de muscu. Ça m’a fait penser à une cour de prison. Et il y a de la résignation dans le regard des gens, de la fatalité. Comment peut-on penser qu’un patient sera soigné après un an dans ces conditions ? ».
Le journal interroge enfin : « Quel bilan tirez-vous de cette expérience ? ».
Alexandre Macé-Dubois déclare que « c’est une catastrophe à bien des égards. Il faut mieux faire. Il ne faut pas opposer psychologie et psychothérapie. Il n’y a pas de psychiatrie sans écoute et sans bienveillance. Je pense que les psychiatres ont envie d’écouter les patients, mais faute de moyen et de temps leur donnent des médicaments qui, pour beaucoup, ne seraient utiles que dans l’urgence.
On met le patient hors d’état de nuire, cela prend moins de temps qu’un suivi personnalisé qui permettrait de comprendre les origines du trouble. Il faut remettre le patient au centre du système ».

« Violences conjugales : en Île-de-France, les victimes pourront porter plainte depuis les urgences »

Date de publication : 5 octobre 2023

Le Parisien

Le Parisien annonce en effet que « les victimes de violences conjugales pourront solliciter la police depuis les urgences de l’hôpital. Le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, le préfet de police de Paris et quatre procureurs franciliens ont signé mercredi une convention pour que les victimes de violences conjugales puissent dorénavant déposer plainte dans tous les services d’urgence de l’AP-HP ».
Le journal explique qu’« expérimenté depuis octobre 2020 dans trois établissements (sur 16) de l’AP-HP (Saint-Antoine/Paris XIIe, Tenon/Paris XXe et Henri-Mondor à Créteil), le dispositif d’envergure nationale, lancé à la suite du Grenelle des violences conjugales de 2019, est ainsi généralisé à partir de jeudi à l’ensemble des services d’accueil et d’urgence de l’AP-HP ».
Nicolas Revel, directeur général de l’APH-HP, a déclaré : « Le pas que nous faisons peut paraître modeste mais en réalité il est très important pour faire avancer le combat. C’est la justice elle seule qui peut mettre à l’écart l’agresseur et protéger la victime ».
Le Parisien explique que « la convention nouvellement signée prévoit qu’un médecin urgentiste qui prend en charge une victime de violences conjugales lui demande si elle veut porter plainte. Dans l’affirmative, l’urgentiste contacte les services de police via une ligne dédiée ».
« L’audition se fera dans l’hôpital, en toute confidentialité. Si la victime ne souhaite pas déposer plainte, elle sera orientée vers un service d’accompagnement et l’urgentiste pourra éventuellement faire un signalement auprès du procureur de la République », 
poursuit le quotidien.
Il note que « selon l’AP-HP, 46 victimes (30 à Paris, 16 à Créteil) ont déposé plainte dans les locaux de l’AP-HP depuis le début de l’expérimentation. […] La région Ile-de-France a enregistré le nombre le plus élevé de morts violentes au sein du couple en 2022 d’après le rapport annuel du ministère de l’Intérieur, soit 19 victimes ».

« Le quotidien éprouvant des jeunes aidants »

Date de publication : 9 octobre 2023

Le Figaro

C’est ce que titre Le Figaro, qui rappelle que « près d’1 million de jeunes âgés de 16 à 25 ans deviennent le pilier d’un parent malade, d’un frère handicapé ou d’un grand-parent fragilisé, selon une nouvelle étude sur ce phénomène de société resté longtemps invisible ».
Le journal remarque ainsi : « Combien sont-ils ces enfants, adolescents ou jeunes adultes qui […] grandissent avec des lourdes responsabilités à l’âge de l’insouciance, béquille d’un frère handicapé, d’un père malade, d’une grand-mère dépendante ? ».
« 523.000 mineurs apportent une aide régulière à un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie, estime une étude de la Drees parue en février 2023. 13% des 16 à 25 ans, soit près d’un million de jeunes, seraient en situation d’aidance, chiffre une étude réalisée auprès de 3000 jeunes par Macif et le Crédoc »
, précise le quotidien.
Le Figaro poursuit : « Soutien émotionnel, gestion des tâches domestiques, aide aux soins… 1 jeune aidant sur 10 entre 16 et 25 ans se dit éprouvé par l’accompagnement d’un proche, souligne l’enquête de la Macif et du Crédoc. Un lourd fardeau qui comprend l’entretien du domicile pour 78% d’entre eux, les soins à la personne pour 74% ou encore l’aide administrative pour 71% ».
« Pour ceux encore à l’école ou qui poursuivent des études, ce rôle auprès de leurs proches bouscule leur parcours. Un quart des jeunes aidants signalent un décrochage scolaire. Ils peuvent aussi endosser des responsabilités financières dans leur famille, ce qui a conduit plus d’un tiers d’entre eux (37%) à prendre un emploi en parallèle de leurs études ou à les raccourcir (30%). 54% des jeunes aidants subissent la charge mentale et le fardeau que cela représente et 1 tiers d’entre eux estiment être en moins bonne santé que les jeunes de leur âge »,
continue le journal.
Le Figaro note enfin qu’« après avoir été longtemps invisibles, ignorés des politiques publiques, la stratégie Agir pour les aidants 2020-2022 leur a apporté une première reconnaissance, notamment grâce à des actions de sensibilisation auprès des personnels de l’Éducation nationale. Le nouveau plan, annoncé le 6 octobre à l’occasion de la Journée nationale des aidants par la ministre des Solidarités et la ministre déléguée aux Personnes handicapées, devrait améliorer le système de bourse pour les jeunes étudiants aidants avec quatre points de charges supplémentaires ».

Troubles psychiques ; un risque de persistance de l’enfance à l’âge adulte

Troubles psychiques ; un risque de persistance de l'enfance à l'âge adulte

Par Mme Aude Rambaud (Saint-Germain-en-Laye) [Déclaration de liens d’intérêts]  – Date de publication : 11 octobre 2023

L’apparition de troubles psychologiques pendant l’enfance prédit chez certains patients des difficultés sur le long terme. Une étude montre que des symptômes psychiques constatés aux âges de 9-13 ans sont associés à un risque de moins bonne santé physique et/ou mentale vers 17-20 ans. Ces résultats parus dans le JAMA appuient une nouvelle fois l’importance d’une prise en charge précoce et pluridisciplinaire des troubles psychiques chez les enfants.
 
Que deviennent les jeunes enfants atteints de troubles psychologiques, au stade du jeune adulte sur le plan de la santé physique et mentale ? C’est à cette question qu’une équipe irlandaise a voulu répondre.
Pour cela, elle a étudié la trajectoire d’enfants pour qui les parents ont rapporté des difficultés psychologiques entre les âges de 9 à 13 ans ; problèmes de comportements, symptômes dépressifs, maladies mentales… La collecte de données a commencé en août 2007 et a été répétée pour la dernière fois en septembre 2018 soit jusqu’aux 17-20 ans des participants.
Les résultats évalués au stade jeune adulte comprenaient une mauvaise santé mentale, une mauvaise santé physique, l’isolement social, une consommation excessive de substances, un recours fréquent aux services de santé, un mal-être subjectif et des résultats éducatifs/économiques défavorables.
Sur 5141 participants inclus, plus d’un quart présentait un problème de santé mentale (27,5%). Parmi ces enfants, la moitié a présenté des difficultés à 17-20 ans ce qui s’est accompagné d’un surcroit de recours aux soins (+38% par rapport aux jeunes sans antécédents psychologiques). L’association était d’autant plus forte que la sévérité des troubles était élevée autour de 9-13 ans avec un risque multiplié par trois environ de mauvaise santé physique et mentale dans les années qui ont suivi.
 
Référence: 
Niamh Dooley et al.
Functional Outcomes Among Young People With Trajectories of Persistent Childhood Psychopathology
JAMA Netw Open. 2023;6(9):e2336520. 

« Une thérapie génique contre l’addiction à l’alcool »

Date de publication : 12 octobre 2023

Challenges

« Le test mené sur des singes [macaques rhésus (Macaca mulatta)] a permis de réduire leur consommation de plus de 90% », révèle Challenges.
« La consommation de quantités excessives d’alcool pendant de nombreuses années conduit à des niveaux plus faibles de dopamine, un neurotransmetteur central dans le phénomène de dépendance. Et seule la consommation d’alcool permet alors de rétablir ces niveaux », rappelle le magazine.
« Pour réinitialiser ce système de la récompense, les chercheurs ont acheminé, dans le cerveau des singes alcooliques, un gène codant une molécule qui favorise la survie des cellules cérébrales productrices de dopamine », détaille-t-il.
« Les résultats publiés dans Nature Medicine montrent que les singes ainsi traités ont réduit spontanément et durant les douze mois d’observation leur consommation d’alcool de plus de 90%, à un niveau proche de zéro », rapporte-t-il. « Reste pour l’équipe de l’université Science et santé d’Oregon, à Portland (Etats-Unis), à transformer l’essai en clinique, chez l’humain », conclut Challenges.

« Tentative de suicide : ce dispositif qui limite la récidive »

Date de publication : 16 octobre 2023

Le Figaro

Anne Prigent rappelle dans Le Figaro que « chaque année en France, 150.000 à 200.000 personnes font une tentative de suicide, dont une part importante récidivera », et se penche sur VigilanS, « un dispositif qui maintient le contact avec les personnes ayant été hospitalisées pour une tentative de suicide ».
« Le but : éviter un nouveau passage à l’acte en maintenant un lien personnalisé avec la personne en souffrance sans envahir son existence. Et c’est efficace ! », 
observe la journaliste.
Le Pr Guillaume Vaiva, psychiatre au CHU de Lille, souligne ainsi : « On sait que 40% des personnes dont c’est la première tentative vont renouveler leur geste dans leur vie, dont plus de la moitié dans les 6 mois ».
Anne Prigent indique que « le risque d’une récidive, dans les 12 mois après une tentative de suicide, chute de près de 40% chez les personnes prises en charge, selon une étude publiée récemment par Santé publique France ».
La journaliste retient en outre « le caractère coût efficace du dispositif : chaque euro investi permettrait d’en économiser deux. En moyenne, 248 euros de coûts de santé seraient ainsi économisés pour chaque patient inclus dans VigilanS ».
Anne Prigent explique notamment qu’« une personne qui tente de se suicider est le plus souvent dirigée vers un service d’urgences ou en réanimation. Lorsqu’elle quitte l’hôpital, le médecin lui remet un programme de soins et lui propose d’entrer dans le dispositif VigilanS. Elle reçoit alors une carte ressource, avec un numéro à appeler en cas de besoin. […] Le service hospitalier transmet également au dispositif VigilanS les coordonnées du patient, de son médecin traitant et de son psychiatre, ainsi que des éléments sur la tentative de suicide ».
La journaliste ajoute que « l’équipe de «vigilanseurs», comme ils s’appellent, recontacte la personne dans les dix à vingt jours qui suivent sa sortie de l’hôpital. Il s’agit de savoir comment elle va et de reprendre avec elle les éléments du programme de soins ».
Le Pr Vaiva précise : « Rien ne se fait sans l’accord des patients qui, dans la grande majorité des cas, acceptent. Par ailleurs, nous prévenons les soignants habituels du patient qu’il est entré dans le dispositif. […] Si la personne va bien, qu’elle a trouvé une façon d’aller mieux, nous en resterons là, mais on lui rappelle qu’elle peut toujours nous contacter ».
Anne Prigent note enfin que « la veille dure 6 mois, éventuellement renouvelables. Elle concerne les adultes mais aussi les adolescents et les enfants. […] Aujourd’hui, 32 centres VigilanS couvrent l’ensemble des régions françaises y compris les territoires d’outre-mer ».

« Crise de la psychiatrie : des patients toujours plus abandonnés »

Date de publication : 17 octobre 2023

Libération

C’est ce que titre Libération, qui note que « le baromètre de l’Union des familles et amis de personnes malades ou handicapées psychiques pointe de nouveau le délabrement de la prise en charge des patients, entre restrictions de liberté, refus de visite des proches et difficultés financières ».
Eric Favereau se penche ainsi sur ce document de l’Union nationale des associations des familles et amis de personnes malades et /ou handicapées psychiques (Unafam) : « Près des deux tiers des personnes interrogées – sur plus de 4000 répondants – assurent que l’accès à un psychiatre ou à un psychologue est «de plus en plus difficile». Dès le départ, ça coince ».
Marie-Jeanne Richard, présidente de l’Unafam, observe que « le manque de moyens observé en psychiatrie ne vient pas seulement restreindre l’accès ou le maintien dans les soins, mais il vient aussi détériorer la prise en charge des patients. 83% d’entre eux déclarent avoir rencontré d’importantes difficultés lors de la prise en charge de leur proche. Dans environ 60% des cas, le patient a subi des mesures d’isolement et dans 30% des cas, des mesures de contention ».
Le journaliste note que « ces restrictions de liberté sont significatives, car elles apparaissent, de plus en plus, comme un symptôme des tensions actuelles ».
Eric Favereau évoque en outre « les refus de visite des proches, qui se multiplient. Or, ils doivent être motivés et être strictement adaptés aux circonstances, selon les textes ».
L’Unafam souligne qu’« il est difficile de croire que pour 44% des répondants qui en ont souffert, le refus était adapté. Le droit de visite est un droit qui est aujourd’hui en France mieux respecté dans les institutions pénitentiaires que dans les hôpitaux psychiatriques, où sont autorisées et légitimées l’interdiction et la privation absolue de liberté des patients vivant avec des troubles psychiques ».
Le journaliste observe que « plus généralement, la vie des malades psychiques reste un parcours du combattant, déjà tout bêtement sur le plan financier ».
L’Unafam précise que « le manque de moyens est criant : 71% des répondants déclarent venir en aide financièrement à leur proche. Pour 40% d’entre eux, cela les fragilise économiquement ».
Marie-Jeanne Richard ajoute : « Notre baromètre démontre que l’Etat français n’a pas pris la mesure des besoins. Des droits fondamentaux sont toujours bafoués. Nous appelons de nos vœux non seulement une accélération du changement, mais que celui-ci puisse se faire sur tous les territoires car les inégalités régionales restent massives ».

« Sommeil des enfants : le cauchemar des parents »

Date de publication : 25 octobre 2023

Libération

« Actualité anxiogène, écrans omniprésents, voisins bruyants… Petits et adolescents dorment de moins en moins longtemps, affectant leurs capacités d’apprentissage ou les rendant davantage irritables. Un rythme et une fatigue parfois difficiles à gérer à la maison », indique Marie-ève Lacasse dans Libération.
Selon les statistiques « les enfants dorment en moyenne deux heures de moins par nuit qu’il y a vingt ans. Chez les ados, la durée de sommeil varie entre 7h47 et 9h07 les jours d’école et entre 9h31 et 10h22 les jours non scolaires (selon une étude de 2020 portant sur 165.793 jeunes) », fait savoir la journaliste.
Parmi les difficultés repérées, « la problématique des petits appartements, la télé allumée et les écrans, bien sûr, mais aussi les enfants de différents âges qui dorment dans la même pièce à des heures différentes », souligne la psychiatre Sylvie Royant-Parola du Réseau Morphée, une équipe pluridisciplinaire de spécialistes du sommeil. 
« A l’adolescence, le sommeil est souvent source de conflits dans les ­familles et les insomnies des jeunes, en raison notamment des écrans, sont une véritable épidémie, comme l’avait documenté Libération en octobre 2022 », note Libération.
« Pour cette tranche d’âge, on a fait différentes enquêtes avec le Réseau Morphée et nous avons constaté que 30% des jeunes dorment six heures ou moins par nuit, ce qui est insuffisant », observe le Dr Royant-Parola. « Les recommandations, c’est huit ou neuf heures par nuit. Six heures c’est dans le rouge, sept c’est acceptable. Les ados n’ont pas conscience que c’est quelque chose d’important, une priorité », insiste-t-elle.
« Les problèmes psychologiques, les temps de trajet trop longs, la surcharge de travail, les activités extrascolaires, les sorties et les psychotropes sont autant de raisons qui affectent leurs nuits », note l’article. « Et ce phénomène ne se limite pas à l’Occident », assure le Dr Maxime Elbaz, docteur en neurosciences et directeur technique du centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel Dieu (AP-HP), à Paris.
« On l’observe dans tous les pays. Santé publique France avait publié une vaste étude en 2011 et l’on constatait déjà que la durée de sommeil des ados diminue d’année en année de trente à quarante minutes et qu’ils cumulent une dette chronique de sommeil qu’ils essaient de récupérer le weekend, en vain », poursuit-il.
« Cette carence a un impact direct sur le développement et le comportement », relève Marie-ève Lacasse. « Un manque de vigilance, des fautes d’inattention qui peuvent conduire à des difficultés scolaires ou potentiellement à des accidents de vélo ou de scooter », ajoute le Dr Royant-Parola.
« Sans oublier que ça peut favoriser la prise de poids ou la résistance aux infections, avec l’amenuisement des défenses immunitaires [la privation de sommeil diminue l’effet protecteur des lymphocytes et épuise les systèmes de l’immunorégulation, ndlr]. Et puis, les ados carencés en sommeil ont tendance à se dévaloriser, à voir les choses plus en noir », avertit le médecin.
« Comment y remédier ? », s’interroge la journaliste. « Les conseils des docteurs Elbaz et Royant-Parola se rejoignent : interdire l’écran au lit, se coucher et se réveiller à la même heure, maintenir une température ambiante dans la chambre à 18 ou 19 degrés, éviter le sport en soirée, terminer ses devoirs pour ne pas avoir l’esprit préoccupé, privilégier un repas du soir léger à base de sucres lents », liste l’article.
« Certes… Mais les horaires de travail des parents, les situations familiales complexes voire violentes, la personnalité explosive des ados (ou des parents) et les appartements minuscules rendent ces recommandations difficiles à mettre en œuvre », estime la journaliste.
« Le diagnostic de carence est difficile à établir car à moins d’un suivi pour maladies graves, les ados n’ont pas forcément le réflexe (ni leurs parents) de prendre un rendez-vous annuel avec leur généraliste, comme le constate le Dr Juliette Guillossou, médecin à Paris », observe Libération.

« Troubles du comportement alimentaire : traitements, prise en charge… Où en est la recherche ? »

Date de publication : 26 octobre 2023

Le Parisien

C’est ce que titre Le Parisien, qui constate que « de plus en plus d’adolescents (généralement des adolescentes) et de jeunes adultes souffrent de TCA. Des chercheurs appellent à investir davantage pour la recherche, afin notamment d’identifier des médicaments efficaces ».
Nathalie Godart, pédopsychiatre et présidente de la Fédération française Anorexie Boulimie (FFAB), souligne ainsi qu’en France, « les fonds attribués à la santé mentale sont insuffisants. Et dans cette catégorie, les TCA sont le parent pauvre ».
Nicolas Berrod remarque qu’« aux yeux de ces scientifiques, il y a d’autant plus urgence à inverser la donne et à davantage investir sur les troubles alimentaires (anorexie, boulimie, etc.) que les demandes de prise en charge ont explosé depuis le Covid. Isolement, perte de repères, rythme de vie perturbé… Les confinements répétés ont fait basculer de nombreux patients dans la « spirale » de la maladie ».
Le journaliste relève qu’« en France, la FFAB estime qu’environ un million de personnes (essentiellement des jeunes femmes) souffrent de troubles alimentaires compulsifs ». Hugo Saoudi, psychiatre à la clinique de la Fédération santé étudiants de France (FSEF) à Paris, déclare qu’« eu égard à ce nombre, la recherche n’est clairement pas au niveau ».
Nicolas Berrod indique que « de nouvelles études permettraient, notamment, de mieux comprendre les causes et les mécanismes de «ces maladies multifactorielles et très complexes, à la fois dans leur origine et dans leur développement», avance le médecin ».
Le journaliste explique que « s’agissant des médicaments, seul le Prozac dispose d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans le traitement d’un trouble alimentaire, plus spécifiquement la boulimie. […] Certains médicaments psys (antidépresseurs, anxiolytiques, neuroleptiques, etc.) peuvent être prescrits pour soulager les symptômes, mais sans forcément agir sur les mécanismes qui les provoquent ».
« La recherche avance malgré tout, avec les fonds limités disponibles », 
note Nicolas Berrod. Le Pr Marie Grall, du service d’addictologie et de psychiatrie du CHU de Nantes, souligne que « de nombreux travaux sont menés pour mieux comprendre ces troubles ou mieux les prendre en charge, en testant des thérapeutiques innovantes ».
Nicolas Berrod indique ainsi que « l’un des médicaments faisant l’objet d’un essai clinique est le nalméfène. […] L’étude NABAb vise à évaluer son éventuelle efficacité «pour réduire le craving (sorte d’impulsion irrépressible) lié aux addictions comportementales (jeu d’argent pathologique, addiction sexuelle et addiction à l’alimentation)», détaille l’hôpital ».

« Personnes transgenres : face au manque d’accès aux soins, le parcours de la débrouille »

Date de publication : 31 octobre 2023

Le Monde

Lilas Pepy indique dans Le Monde que « de nombreuses études révèlent un état de santé préoccupant chez les personnes transgenres. Transphobie, refus de soin, manque de formation des soignants, rareté de l’offre en soins de transition… En réaction aux carences institutionnelles, milieux associatifs et praticiens volontaires se mobilisent ».
La journaliste souligne : « Transphobie, refus de soin, manque manifeste de formation des soignants dans l’accueil des personnes transgenres, retard dans les diagnostics de pathologies, rareté de l’offre en soins de transition : voici le quotidien des personnes trans dans l’accès à la santé ».
Elle explique que « les associations LGBT+ et certains praticiens dénoncent depuis des années le manque d’accessibilité à des soins primaires de qualité pour les personnes trans, alors que les chiffres sur leur état de santé globale sont vertigineux. Entre 0,3% et 4,5% des adultes sont concernés selon les études et leur méthodologie, d’après l’Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres (WPATH) ».
Lilas Pepy évoque « une étude américaine présentée en juin 2023, incluant 66.682 patients trans reçus aux urgences entre 2006 et 2016, [qui] montre que ces derniers arrivent dans un état de santé bien plus dégradé que les personnes cisgenres (qui se reconnaissent dans le genre attribué à leur naissance) : 58,2% des visites sont liées à des maladies chroniques pour les premiers, contre 19,2% des visites pour les seconds ».
Sophie Le Goff, médecin généraliste, remarque ainsi : « Lorsque j’ai commencé à recevoir des patients trans il y a quelques années, j’ai été déboussolée : alors qu’il s’agissait d’une patientèle jeune, les besoins en santé étaient très importants. […] Mes patients n’avaient pas accès au soin en raison d’une offre inexistante ou inadaptée, ou s’étaient eux-mêmes exclus du système de santé à la suite de discriminations ou de violences ».
La praticienne ajoute : « Lors de formations ou de sensibilisations que j’anime, certains professionnels m’assurent qu’ils n’ont pas de patients trans. Or, c’est statistiquement impossible. La vraie question est : quelle place laissent-ils aux gens qui ont des besoins en santé spécifiques pour s’exprimer dans leurs consultations ? ».
Lilas Pepy évoque un « autre obstacle, en lien avec la transition médicale cette fois, le manque de praticiens à l’origine d’un traitement hormonal. En France, tout médecin peut réaliser une primo-prescription d’hormones féminisantes – de type œstrogènes. La plupart des personnes en transition se tournent vers leur médecin généraliste ».
Anaïs Perrin-Prevelle, coprésidente de l’association OUTrans, note cependant que « rien qu’en Ile-de-France seulement une trentaine le fait sur les 10.000 référencés par Ameli [le site de l’Assurance-maladie] ».
La journaliste observe que « la testostérone pouvant, quant à elle, être détournée pour des actions de dopage, seuls quelques spécialistes – endocrinologues, urologues, gynécologues, andrologues, médecins de la reproduction – peuvent rédiger la primo-prescription d’hormones masculinisantes. Dans les faits, la testostérone est prescrite par des endocrinologues. En 2021, OUTrans a contacté une soixantaine d’entre eux exerçant dans la région : seulement 5 acceptaient de recevoir des patients trans ».
Lilas Pepy ajoute que « des médecins continuent, par ailleurs, d’exiger un certificat établi par un psychiatre avant toute prescription, alors même que l’OMS a sorti la transidentité du champ des maladies mentales pour la faire entrer dans celui de la santé sexuelle, en 2019. Enfin, certaines caisses d’assurance-maladie conditionnent l’accès à une affection de longue durée – qui permet une prise en charge des soins de transition – à l’avis d’un psychiatre ».
La journaliste relève qu’« au-delà d’un manque évident de formation, de nombreux praticiens soulignent l’absence de recommandations de bonnes pratiques officielles de la Haute Autorité de santé, qui a été saisie par le ministère de la santé en 2021, et a réuni pour la première fois, en avril 2023, un groupe de travail sur la question. L’Institution explique que «la validation de ces recommandations est prévue au deuxième trimestre 2024» ».


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