« “Conséquences dangereuses” sur la santé sexuelle des jeunes : Sidaction alerte sur la “montée spectaculaire” des discours masculinistes »

 Date de publication : 1er décembre 2025 Temps de lecture: 2 min


Le Parisien fait savoir que « l’association Sidaction s’alarme […] d’une «montée spectaculaire» des discours masculinistes sur les réseaux sociaux et de leur impact sur la santé sexuelle des jeunes. Pour la Journée mondiale de lutte contre le sida, Sidaction met l’accent sur les «discours délétères de domination masculine et de violences sexistes et sexuelles», aux «conséquences dangereuses sur la prévention et la santé sexuelle» ».
Le quotidien explique : « Jugeant que les plates-formes amplifient ces discours car «leurs algorithmes privilégient les formats sensationnalistes», Sidaction explique avoir diffusé «discrètement» sur TikTok «une série de vidéos virales imitant les codes des influenceurs ‘alpha’, pour réinjecter prévention, respect et information fiable dans les ‘feeds’ (fils d’actualité, NDLR) des jeunes hommes» ».
Le journal précise que cette campagne « s’accompagne d’un sondage Opinionway, selon lequel plus d’un jeune homme de 16 à 34 ans sur trois (37%) consulte des contenus masculinistes sur les réseaux sociaux ».
« Parmi ceux de 25-34 ans connaissant des influenceurs masculinistes, un sur deux (51%) estime que leurs contenus «disent enfin la vérité». […] Plus de la moitié (53%) des sondés considère que les hommes sont trop souvent accusés de violences sexuelles exagérées ou mensongères ou juge important d’être «viril» (51%) », continue Le Parisien.
Le journal cite Florence Thune, directrice générale de Sidaction, selon qui « ces croyances «augmentent les prises de risques» et «déstabilisent profondément la culture du consentement, centrale dans la lutte contre le VIH» ».
Le quotidien observe en effet que « près d’un homme de 25-34 ans sur cinq (18%) et un sur trois (34%) parmi ceux adhérant aux théories masculinistes affirme «comprendre» le retrait non consenti d’un préservatif pendant un rapport sexuel ».

« “C’est dingue que ça n’existait pas” : pour ses filles et en hommage à sa mère, il invente la blouse gynécologique »

 Date de publication : 2 décembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Barbara Baudin indique dans Le Parisien qu’« alors qu’il n’existait jusqu’ici aucune blouse réellement pensée pour les examens gynécologiques, Rodolphe Cressonnier, ingénieur basé dans l’Aube, vient bouleverser les usages en créant Miaro, un vêtement dédié au respect de la dignité des femmes. Une avancée saluée autant par les patientes que par les soignants ».
La journaliste note en effet que « lors des premières consultations gynécologiques de ses deux filles, Rodolphe Cressonnier constate un malaise profond : l’exposition du corps, souvent totale, est vécue comme intrusive et anxiogène. Et pourtant, aucune blouse spécialement conçue pour la gynécologie n’était disponible ».
Barbara Baudin relève que « c’est ce décalage entre les besoins des femmes et l’absence de solution qui déclenche son projet de créer une blouse de ce genre. L’ingénieur présente en juillet dernier un prototype à la Caisse primaire d’assurance maladie, puis à un chirurgien plastique et à un cadre du centre hospitalier de Troyes (Aube). Il a également déposé deux brevets à l’INPI ».
La journaliste précise que « sa blouse […] s’enfile comme une robe et s’adapte à toutes les morphologies, du 34 au 54. Sa conception repose sur des «volets» modulables permettant chaque type d’examen : mammaire, abdominal, gynécologique. Cette blouse permet au praticien de réaliser tous les gestes nécessaires sans jamais exposer inutilement le corps de la patiente ».
« L’usage de cette blouse est accompagné d’un document d’explication, remis directement à la patiente ou accessible via un QR code. Ce support permet d’expliquer la démarche, de rassurer en amont de l’examen et de rappeler que l’objectif principal est de protéger la pudeur et de réduire la charge émotionnelle associée à la nudité en contexte gynécologique », continue Barbara Baudin.
Elle ajoute que « la partie basse, fendue et maintenue dans les étriers, joue le rôle d’un écran de protection. La patiente ne voit pas le geste, le médecin n’est plus sous un regard direct souvent chargé d’émotions. L’ingénieur insiste également sur la protection qu’offre la blouse aux soignants, souvent exposés au regard défensif, tendu ou inquiet des patientes ».
Rodolphe Cressonnier déclare ainsi : « Sans s’en rendre compte, ils accumulent des émotions toute la journée. Certains praticiens en avaient les larmes aux yeux quand je leur ai expliqué ».
Barbara Baudin note que « des services hospitaliers hors gynécologie s’intéressent au produit. À Troyes, quatre services testeront prochainement Miaro : soins post-Samu, Maison des femmes, gynécologie et maternité ».
La journaliste précise en outre que « le nom Miaro vient du malgache « miharo », qui signifie protection ». Rodolphe Cressonnier explique : « Ma mère était malgache, elle avait toujours le cœur sur la main. C’était un hommage à mes parents ».
Barbara Baudin observe enfin que « l’innovation pourrait aller encore plus loin : une version masculine est désormais à l’étude ». 

« Les ultrasons, une piste prometteuse pour les dépressions résistantes »

 Date de publication : 3 décembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Bénédicte Lutaud relève dans Le Figaro que « la dépression affecte 2,5 millions de Français chaque année. Dans 15% à 30% des cas, les traitements classiques restent inefficaces, c’est ce qu’on appelle une dépression résistante, avec un risque suicidaire élevé ».
La journaliste observe que « parmi les pistes de traitements alternatifs, une nouvelle thérapie très prometteuse repose sur la concentration d’ultrasons de faible intensité dans une région spécifique du cerveau. Une idée qui vaut à Jérémy Bercoff, physicien, cofondateur et président de Sonomind, le prix Marcel-Dassault 2025 pour l’innovation en santé mentale ».
Bénédicte Lutaud précise qu’« actuellement, les pistes se concentrent sur des techniques de neuromodulation pour corriger l’activité électrique dysfonctionnelle du cerveau. Deux types existaient jusqu’à présent, «les techniques non invasives mais peu précises, telles les électrochocs pour les cas les plus sévères, ou les techniques très précises mais nécessitant des interventions chirurgicales, comme la stimulation cérébrale profonde, avec l’implantation d’électrodes dans le cerveau», décrit Jérémy Bercoff ».
La journaliste explique que « les ultrasons sont capables de cibler avec une précision extrême les zones du cerveau impliquées dans la dépression. Le dispositif de Sonomind repose ainsi sur des ultrasons focalisés de faible intensité pour stimuler ces zones. Cette thérapie ne se substitue toutefois pas aux autres traitements, médicaments et psychothérapie, mais les complète, permettant de «casser cette résistance», clarifie le professeur en psychiatrie Marion Leboyer, directrice générale de FondaMental ».
Jérémy Bercoff indique qu’il s’agit de « moduler l’activité cérébrale en induisant des ultrasons, un peu comme des massages pour les neurones. Il va y avoir un effet électrique. On sait ainsi soit réduire l’activité des neurones, soit la stimuler ».
Bénédicte Lutaud poursuit : « Restait à contrebalancer les effets de la boîte crânienne, qui déforme les ondes à leur passage. […] Les chercheurs de l’Institut de physique pour la médecine, à Paris, à l’origine du dispositif, ont mis au point une lentille acoustique, sorte de coupelle en silicone, personnalisée pour chaque patient et conçue grâce à un jumeau numérique et imprimée en 3D ».
« Simplement posée sur le crâne, la lentille agit comme un tampon qui ralentit les ultrasons, pour les faire arriver dans la zone cible. Le patient positionne sur sa tête un masque imprimé sur mesure, à partir de son IRM, qui correspond à la morphologie de son visage et de son crâne », note la journaliste.
Elle ajoute que « le dispositif, totalement indolore, ne nécessite pas d’anesthésie. Le traitement consiste en une heure d’ultrasons par jour, pendant cinq jours. Le patient n’entend ni ne ressent les ultrasons ».
Bénédicte Lutaud relève que « c’est […] ce qu’a permis de vérifier un premier essai clinique mené en 2023 à l’hôpital Sainte-Anne, avec 5 patients, dont les résultats préliminaires ont été publiés en mai dernier dans la revue Brain Stimulation. Au bout du cinquième jour de traitement, les patients, en dépression sévère depuis 4 ans environ, ont observé une réduction moyenne de 60% de leurs symptômes ».
La journaliste conclut que « le prix Marcel-Dassault, doté de 100.000 euros, va permettre de lancer un essai clinique de plus grande envergure, dès le premier trimestre 2026, avec la participation de 100 à 200 patients, afin de vérifier la sûreté et l’efficacité, à plus long terme, du dispositif, avec un suivi à 4, puis à 6 mois ».

« Alcool et réseaux sociaux : “Il faut interdire toute publicité”, demande Addictions France »

 Date de publication : 10 décembre 2025 Temps de lecture: 2 min


Mariam Sahraoui remarque dans La Croix : « Recettes de cocktails, jeux à boire, scènes festives alcoolisées… Plus d’un an après le premier rapport d’Addictions France sur la promotion de l’alcool en ligne, l’association constate dans une nouvelle enquête […] que 79% des 15-21 ans restent confrontés à de la publicité pour des boissons alcoolisées toutes les semaines sur les réseaux sociaux ».
La journaliste précise que « menée entre juin 2021 et janvier 2024, l’enquête « Promotion de l’alcool : les réseaux sociaux, un nouveau Far West » avait permis d’identifier plus de 11.300 contenus faisant la promotion de boissons alcoolisées, émis par 483 influenceurs ou par des marques. En un an, «rien n’a changé», regrette Addictions France. Aujourd’hui, plus de 5000 nouveaux contenus ont été identifiés par l’association ».
Mariam Sahraoui rappelle que « la loi Évin de 1991 a interdit «de faire appel à des célébrités pour promouvoir l’alcool», tant les jeunes sont sensibles à ce type de publicité. Pour contourner la loi – respectée dans les médias traditionnels – les influenceurs usent de stratégies, comme la publication de stories éphémères ».
Addictions France observe que « les stories représentent 73% des contenus repérés, des formats difficilement contrôlables et donc sanctionnables. De même, les décisions de justice qui sont venues sanctionner les contenus pro-alcool publiés par plusieurs influenceurs ne semblent pas les inquiéter ».
La journaliste note qu’« en l’absence de régulation efficace, France Addictions privilégie pour l’heure la pédagogie, en contactant sur les réseaux sociaux les influenceurs pour leur demander de retirer les contenus qui contreviennent de manière manifeste à la loi. Avec une efficacité relative ».
L’association indique que « 58% ont cessé de publier des contenus promouvant l’alcool », mais « 42% des influenceurs repérés continuent à promouvoir la consommation d’alcool en dépit des messages de sensibilisation qui leur sont envoyés ».
Addictions France remarque ainsi qu’« il faut interdire toute publicité en faveur de l’alcool sur les réseaux sociaux ».
Mariam Sahraoui fait savoir qu’« à l’Assemblée nationale, deux propositions de loi (PPL) ont déjà été déposées pour mieux encadrer le marketing de l’alcool. Aucune n’a cependant été discutée au Parlement ».

« Soins psychiatriques sans consentement : les droits des patients ne sont pas suffisamment protégés, alerte un rapport »

 Date de publication : 12 décembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Le Figaro indique en effet : « Privations de liberté arbitraires, isolement et contention abusifs : bien que contrôlées par un juge judiciaire, les hospitalisations sans consentement de patients en psychiatrie portent de «nombreuses atteintes» à leurs droits, pointe jeudi la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté ».
Le journal explique que « chargée de veiller au respect des droits fondamentaux, l’autorité indépendante pilotée par Dominique Simonnot, qui visite régulièrement des établissements psychiatriques, a évalué l’effectivité du contrôle juridictionnel de l’hospitalisation sans consentement ».
Le quotidien indique ainsi qu’« en 2022, sur 286.000 personnes hospitalisées à temps plein en psychiatrie, 76.000 l’ont été sans leur consentement. Malgré des garde-fous, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté constate […] «de nombreuses atteintes aux droits des patients, en particulier concernant leur liberté d’aller et de venir et le recours à des mesures d’isolement et de contention hors du cadre strict défini par le code de la santé publique» ».
Le Figaro ajoute que « cela s’explique «au moins en partie, par la crise que traverse la psychiatrie : conditions d’accès dégradées, pénurie de moyens, inégalités territoriales» ».
Le journal rappelle que « depuis le début des années 2010, le juge judiciaire contrôle systématiquement les hospitalisations sans consentement, en raison des «contraintes nées de décisions de la Cour européenne des droits de l’homme et du Conseil constitutionnel». Les mesures d’isolement et de contention […] sont soumises au contrôle du juge depuis 2022 ».
Le quotidien observe qu’« il s’agit de mesures de «dernier recours», «destinées à prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou pour autrui», rappelle le rapport. Si la généralisation de ce contrôle a favorisé le «développement d’une réflexion sur le recours à ces mesures» et une «diminution des pratiques abusives», elle n’a contribué «que très imparfaitement à la protection des patients» ».
« Quant au placement en unité pour malades difficiles, il manque de contrôle. Et la contestation en justice «ne peut remplacer une politique de moindre recours à la contrainte en psychiatrie», souligne la Contrôleuse qui réclame «une politique ambitieuse» de l’État », continue Le Figaro.
Le journal précise enfin que « parmi 27 recommandations, le rapport préconise d’améliorer les procédures afin de faciliter les recours des patients et de mieux former et spécialiser juges et avocats. Il appelle aussi à saisir la justice afin de rechercher la responsabilité des établissements en cas de «conditions indignes d’hospitalisation» notamment, à «combler les lacunes du droit» pour les mineurs, les urgences et les unités de soins intensifs en psychiatrie et à mieux former les soignants ».
Libération remarque de son côté : « Internement sans consentement : la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté alerte sur les atteintes aux droits des patients ».
Le journal explique aussi qu’« après avoir analysé les jurisprudences française et européenne, réalisé des entretiens avec des juges, des avocats, des représentants de familles, des psychiatres ou encore des autorités sanitaires, [Dominique Simonnot] constate dans son rapport des «conditions d’accès dégradées», une «pénurie de moyens», et des «inégalités territoriales» dans le secteur ».

« Antidépresseurs : moins de rechutes avec un arrêt progressif »

 Date de publication : 15 décembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Delphine Chayet observe dans Le Figaro que « l’arrêt d’un traitement antidépresseur n’est pas toujours une décision facile à prendre. Redoutant la réapparition de leurs symptômes autant que les risques d’un sevrage raté, de nombreux patients n’osent pas franchir le pas, et poursuivent la prise des médicaments pendant des années ».
La journaliste fait savoir qu’« une étude publiée jeudi dans […] The Lancet pourrait les rassurer : elle montre qu’un arrêt progressif et accompagné d’un soutien psychologique n’entraîne pas plus de risque de rechute que la poursuite du traitement ».
Florian Naudet, professeur à l’université de Rennes et auteur de ce travail, indique ainsi que « ces deux stratégies – arrêt précautionneux et poursuite du traitement – sont toutes les deux plus sûres qu’une interruption brutale et qu’une réduction rapide des antidépresseurs. Les patients qui se posent la question doivent savoir qu’il est possible d’arrêter, à condition de le faire dans le cadre d’une décision partagée avec son médecin et d’être bien accompagné ».
Delphine Chayet précise que les chercheurs « ont analysé l’ensemble des publications scientifiques sur le taux de rechute associé aux antidépresseurs les plus fréquemment prescrits (pour la plupart des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ou ISRS) ».
« Ils ont sélectionné 76 essais, incluant plus de 17.000 participants, en comparant la prise d’un traitement avec différentes stratégies de sevrage », explique la journaliste.
Delphine Chayet note qu’« une réduction des doses sur plus de 4 semaines, associée à un soutien psychologique, permet de prévenir environ une rechute sur cinq par rapport à un arrêt brutal ou à une diminution rapide ».
La journaliste relève que « ce type de stratégie expose en effet les patients à la réapparition de symptômes dépressifs ou à un syndrome de sevrage – deux états qui peuvent être difficiles à distinguer. De nombreux malades connaissent des troubles, plus ou moins sévères et durables, liés à un arrêt trop rapide du traitement ».
Delphine Chayet retient que « l’étude confirme donc le bien-fondé des recommandations de la Haute Autorité de santé qui préconise un arrêt progressif «sur plusieurs semaines ou mois». Faute de données suffisantes, les chercheurs ne peuvent cependant pas se prononcer sur le schéma de réduction des doses le plus efficace ni sur sa durée ».
La Dr Maëva Musso, psychiatre aux hôpitaux Paris Est Val-de-Marne, précise que « la stratégie optimale pour éviter ces effets indésirables est de diminuer la dose très progressivement pendant quelques mois, en baissant de plus en plus lentement à mesure que la dose approche de zéro. Ce processus est différent de l’arrêt par palier, qui est aujourd’hui pratiqué en France, faute de formation des médecins ».
La journaliste ajoute que « l’étude, dont le niveau de preuve est «modéré» car elle rassemble des données très hétérogènes, a le mérite de soulever la question de la nécessaire «dé-prescription», selon la psychiatre ».
La Dr Musso souligne que « c’est un enjeu de plus en plus reconnu par les institutions, et une demande croissante des usagers qui ne se sentent pas assez soutenus lorsqu’ils tentent d’arrêter un traitement. Les antidépresseurs ont aussi des effets indésirables, comme des troubles sexuels et un émoussement des émotions ».

« “Dès que j’avais une angoisse, ça me calmait” : la tentation de la kétamine chez les jeunes »

 Date de publication : 15 décembre 2025 Temps de lecture: 2 min


C’est ce que titre Le Monde, qui constate que « la kétamine, autrefois cantonnée aux marges festives, s’est glissée dans le quotidien de certains vingtenaires. Portée par une esthétique pop et un prix abordable, la substance abîme en silence et se diffuse parmi toutes les classes sociales ».
Audrey Parmentier souligne ainsi qu’« en 2023, 3,3% des 18-24 ans et 4,8% des 25-34 ans avaient déjà testé la kétamine, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) ».
Joëlle Micallef, cheffe du service de pharmacologie clinique et pharmacosurveillance de l’AP-HM, remarque que « c’est loin d’être marginal… Il y a quelques années, on était à presque zéro avec seulement quelques usagers ».
La journaliste note qu’« un autre indicateur préoccupant montre que le profil des usagers a également évolué, cette substance n’étant plus uniquement réservée aux publics aguerris ».
Le Pr Micallef indique qu’« il y a des cas où la première dépendance est liée à la kétamine – même avant l’alcool ou le tabac. On ne voyait pas ça avant ! ».
Audrey Parmentier relève que « sur TikTok et Instagram, un marketing pop et coloré entoure la « kéta », « Special K », « K2 ». Fort de 338.000 internautes, le compte Instagram Keta Polo Club tourne la consommation en dérision ».
Jean-Victor Blanc, médecin psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP), relève ainsi : « Il y a tout un marketing avec une certaine imagerie de la teuf, symbolisé par l’équidé – en référence à son utilisation comme anesthésiant pour chevaux. On donne l’impression que c’est nouveau et plus branché ».
Le Pr Micallef ajoute que « les outils numériques permettent d’y accéder en un temps record : ce n’est plus vous qui cherchez le produit, c’est le réseau qui vient à vous ».
Audrey Parmentier remarque en outre que « les consommateurs ne sont pas tous égaux face à cette drogue : certains profils sont plus vulnérables, notamment celles et ceux qui cherchent à apaiser des souffrances psychiques. Chez des jeunes femmes en particulier émerge un usage plus discret ».
Joëlle Micallef fait savoir qu’« on parle de 400 à 500 complications sanitaires en France, contre une vingtaine de cas il y a dix ans. Depuis quatre ans, cela augmente progressivement. Il s’agit de patients passés par les urgences, pris en charge en addictologie, parfois en urologie pour des complications pouvant mener à des ablations de la vessie ».

« Protoxyde d’azote : comment les professionnels de santé se mobilisent face à cette “épidémie silencieuse” »

 Date de publication : 15 décembre 2025 Temps de lecture: 4 min


Esther Serrajordia remarque dans La Croix qu’« encore marginal il y a quelques années, l’usage détourné du protoxyde d’azote s’est aujourd’hui largement répandu chez les jeunes. À l’hôpital, les professionnels de santé se retrouvent confrontés à cette nouvelle addiction ainsi qu’aux séquelles parfois graves, encore difficiles à cerner avec précision ».
La journaliste livre notamment les propos de Rémy Diesnis, médecin urgentiste à l’hôpital de Roubaix, expliquant que « fin 2020, il a commencé à voir affluer de jeunes patients présentant des troubles neurologiques «atypiques». Les symptômes étaient très variés : douleurs dans les jambes, incapacité à marcher depuis plusieurs semaines, voire paraplégie. Mais impossible de rattacher ces signes à des pathologies connues ».
Le médecin indique : « Nous avons pensé au syndrome de Guillain-Barré, mais cela ne correspondait pas ».
« Grâce à des examens approfondis et à des échanges avec des collègues d’autres hôpitaux, l’équipe a finalement établi un lien avec la consommation de protoxyde d’azote », relève Esther Serrajordia.
Elle explique que « détourné, ce gaz qui se trouve dans les cartouches pour siphons à chantilly, dans les aérosols d’air sec ou dans les bonbonnes destinées à un usage médical ou industriel procure une sensation d’euphorie proche de l’ivresse, souvent accompagnée de rires incontrôlables, d’où son surnom de «gaz hilarant». Ses effets, immédiats, s’estompent en 2 à 3 minutes ».
La journaliste souligne que « depuis 2020, les signalements d’intoxications liées à son usage détourné augmentent sans interruption ». Le Dr Diesnis note ainsi : « On estime qu’un jeune de moins de 25 ans sur dix en a consommé au cours de l’année ».
Esther Serrajordia souligne : « Perte de coordination, troubles moteurs, paralysies partielles, bouffées délirantes, hallucinations, mais aussi thromboses, AVC ou infarctus… La consommation de protoxyde d’azote peut entraîner des dégâts majeurs ».
Le Pr Laurent Karila, addictologue à l’hôpital Paul-Brousse, remarque qu’« en 2021, 80% des cas signalés au centre d’addictovigilance présentaient des complications neurologiques, et 65% des symptômes rapportés aux centres antipoison concernaient des atteintes neurologiques ou neuromusculaires ».
La journaliste indique en outre que « tous les médecins le soulignent : il reste beaucoup d’inconnues ». Christophe Riou, addictologue au CHU de Lyon, remarque qu’« il se passe quelque chose au niveau du cerveau, mais nous avons encore du mal à le percevoir. Nous constatons simplement que les jeunes que nous suivons présentent un déficit cognitif parfois impressionnant ».
Esther Serrajordia ajoute que « les séquelles à long terme restent elles aussi difficiles à évaluer ». Le Dr Diesnis relève que « la littérature sur le sujet est limitée. Une étude datant de quelques années indiquait qu’un patient sur cinq récupérait complètement, qu’un sur vingt ne montrait aucune amélioration malgré les traitements, et qu’une grande majorité conservait des séquelles partielles, allant de simples douleurs à une faiblesse compromettant la marche ».
La journaliste observe que « c’est notamment pour mieux comprendre ces effets que l’urgentiste a participé à la création de Protoside. Cette association, dédiée à la prévention et au traitement des intoxications au gaz hilarant, mène des projets de recherche, contribue à monter des centres de compétences pluridisciplinaires accueillant les patients et forme les professionnels de santé ».
Esther Serrajordia poursuit : « En attendant la création d’une filière de soins nationale ou d’un protocole officiel, les professionnels de santé s’organisent comme ils peuvent. Constatant que les patients intoxiqués arrivaient souvent dans des situations déjà compliquées, l’addictologue Christophe Riou a lancé une téléconsultation spécifique, la première en France ».
La journaliste indique que « l’objectif est d’évaluer les habitudes de consommation du patient et, en cas d’usage problématique, de proposer une consultation en présentiel. Un an plus tard, le dispositif rencontre déjà un grand succès. […] Même succès pour Protoside, qui peine désormais à répondre à toutes les sollicitations ».

« “On perd 2 millions de neurones par minute” : ce neurologue parisien lance un podcast pour alerter sur l’AVC »

 Date de publication : 19 décembre 2025 Temps de lecture: 2 min


Bertrand Métayer observe dans Le Parisien : « Une course contre la montre. C’est ce à quoi est confrontée chaque personne victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC), source importante de mortalité et de lourdes séquelles ».
Le journaliste indique que « le Pr Éric Jouvent, neurologue à l’hôpital Lariboisière à Paris (Xe), publie le podcast « Le temps de l’AVC » pour informer sur une pathologie qui touche 150.000 personnes chaque année ».
Le spécialiste déclare en effet qu’« on perd 2 millions de neurones par minute, donc l’enjeu du temps est primordial. […] Pour une crise cardiaque, les secours sont appelés en moyenne au bout d’une heure contre six dans le cas d’un AVC ».
Bertrand Métayer note ainsi que « chaque jour, le professeur de neurologie voit des patients affluer dans son service […]. Des malades dont le diagnostic a parfois été retardé par un manque de réaction, faute de connaissance sur l’AVC ».
Le journaliste explique que « pour améliorer les prises en charge, le médecin a décidé de faire acte de pédagogie… en s’installant derrière un micro. Avec le soutien de l’université Paris-Cité et de l’Inserm, le praticien a publié le podcast Le temps de l’AVC pour mettre la lumière sur les différentes problématiques de cette maladie. Signes avant-coureurs, prises en charge, témoignages de professionnels, anecdotes ; les différents épisodes, de sept minutes en moyenne, abordent l’ensemble du parcours de soins ».
Le Pr Jouvent précise : « On essaie d’avoir une approche différente pour informer et prévenir la population afin d’améliorer les prises en charge. Que ce soit pour nos patients ou les étudiants, les formats traditionnels fonctionnent moins bien que les réseaux sociaux, les vidéos ou de l’audio comme les podcasts. Cela nous permet d’aller toucher un autre public, alors qu’il n’y a pas de campagne nationale pour évoquer l’AVC auquel beaucoup sont confrontés à un moment sans vraiment savoir comment réagir ».

« La plupart des maladies psychiatriques partageraient une base biologique commune »

 Date de publication : 22 décembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Anne Prigent observe dans Le Figaro : « Schizophrénie, trouble bipolaire, dépression, anxiété, autisme, addictions ou troubles obsessionnels compulsifs… Derrière la diversité des symptômes, les frontières entre ces troubles psychiques seraient en réalité bien plus poreuses qu’on ne le pensait ».
La journaliste fait savoir qu’« en analysant les données génétiques de plus de 1 million de personnes souffrant de troubles psychiatriques, une équipe internationale de chercheurs montre en effet que la majorité de ces maladies partagent une base biologique commune, bien au-delà des catégories diagnostiques traditionnelles ».
Le Dr Boris Chaumette, psychiatre et enseignant-chercheur à l’université Paris Cité, coauteur de ce travail paru dans Nature, remarque ainsi que « pendant longtemps, nous avons mené des études maladie par maladie. Ce que montre cette publication, pour la première fois à cette échelle, c’est que les mêmes gènes peuvent prédisposer à différents troubles ».
Anne Prigent explique que « cette étude, menée par le consortium international Cross-Disorder Psychiatric Genomics Consortium, identifie cinq grands facteurs génétiques communs à 14 maladies psychiatriques majeures. Ce qui explique pourquoi dans certaines familles une personne peut souffrir de schizophrénie, son frère de bipolarité et un cousin de dépression ».
La journaliste note que « les chercheurs ont ainsi mis en évidence cinq grands « clusters » de maladies, qui recoupent étroitement l’observation clinique : un ensemble anorexie mentale-TOC, un autre schizophrénie-trouble bipolaire, un troisième dépression-anxiété-état de stress post-traumatique, un cluster autisme-TDAH, et enfin un cluster addictions ».
Le Dr Chaumette ajoute qu’« à l’intérieur de chaque cluster, il existe des facteurs génétiques partagés. L’environnement, ensuite, oriente la trajectoire individuelle ».
Anne Prigent précise que « ces résultats ne permettent pas, à ce stade, de poser un diagnostic génétique individuel. […] Les variants génétiques identifiés sont fréquents dans la population et n’augmentent le risque que de manière modeste ».
« En revanche, les implications thérapeutiques sont considérables. En croisant les données génétiques avec les types de cellules cérébrales concernées, les chercheurs ouvrent la voie à des traitements ciblant des mécanismes communs à plusieurs troubles », continue la journaliste.
Anne Prigent conclut que « la prochaine étape sera d’identifier les variants génétiques rares, à fort impact, avec un réel potentiel diagnostique. Dans ce domaine, la France dispose d’un atout majeur grâce au Plan France Médecine Génomique 2025 ».
Le Dr Chaumette indique que « chez des patients avec des formes sévères ou atypiques de schizophrénie ou de trouble bipolaire, on trouve aujourd’hui des variants explicatifs dans 20% à 25% des cas. C’est énorme pour des maladies aussi complexes ».

« “De patients, on est devenus artistes” : en psychiatrie, soigner le blues avec du rock »

 Date de publication : 23 décembre 2025 Temps de lecture: 4 min


C’est ce que titre Libération, qui constate qu’« à Rodez (Aveyron), professionnels de la santé mentale et patients ont créé un groupe de musique au sein duquel ils partagent tout : concerts, tournées, compositions, mais les coups de cafard ».
Sarah Finger livre ainsi un reportage : « Tandis que les morceaux s’enchaînent, on se dit qu’on assiste là à un concert déconcertant. Côté scène se tiennent les Squatteurs du Blues : ce groupe réunit un psychiatre guitariste, un infirmier bassiste, un musicothérapeute campé derrière sa console et une dizaine d’artistes, tous patients en psychiatrie, souffrant de troubles de l’humeur, de psychoses ou de schizophrénie ».
« Côté public s’alignent les fauteuils roulants d’adultes de tous âges, lourdement handicapés, hébergés dans une maison d’accueil spécialisée de Saint-Côme-d’Olt, un bourg aveyronnais de 1500 habitants », continue la journaliste.
Sarah Finger poursuit : « Leurs pathologies, leurs troubles, leurs failles, ces musiciens amateurs les mettent en chanson, les transforment en partition, les tournent en dérision. Leurs paroles décalées résonnent dans la salle aseptisée : «Je me sens si bien quand je deviens folle / Ma folie, je t’aime, je t’aime à la folie…» ».
Nathalie déclare ainsi : « C’est très enrichissant de se produire dans une structure comme celle-ci, de rencontrer ce public qu’on ne côtoie pas. Aller vers ces personnes, les voir applaudir à leur manière, c’est que du bonheur ».
La journaliste explique que « ce groupe s’est formé en 2017, à Rodez, au sein du centre de réhabilitation psychosociale de l’hôpital Sainte-Marie, un établissement de santé privé d’intérêt collectif ».
Pierre Kivits, psychiatre et guitariste, précise qu’« au départ, il s’agissait d’un atelier de musicothérapie classique s’adressant à des usagers de la psychiatrie non hospitalisés. Mais au fil du temps, un vrai projet artistique s’est dessiné et nous a tous embarqués dans une grande aventure thérapeutique et humaine ».
Sarah Finger relève ainsi que « le groupe enchaîne répétitions et compositions tandis que les thérapeutes poursuivent d’ambitieux objectifs : que ces patients retrouvent une «posture citoyenne» grâce à la pratique artistique. Et, selon les mots du Dr Kivits, d’arrimer ce projet de soin à un projet de vie ».
Olivier Rabereau, infirmier musicothérapeute et bassiste, ajoute qu’« autrefois, l’art-thérapie restait toujours au sein de l’hôpital. Nous, on fait sortir cet art, on le montre, et on part à la rencontre du public ».
Sylvie déclare ainsi : « Le groupe nous aide à avancer, à nous épanouir, à grandir, à nous protéger », tandis que Françoise remarque : « Ce sont nos failles qui nous ont donné notre force. Aujourd’hui, j’ai plus le pouvoir d’agir, davantage confiance en moi. J’avance ».
Sarah Finger observe que « le noyau dur de la formation compte plus d’une douzaine de membres actifs. Reprises réarrangées et compositions originales ont donné naissance, en 2021, à un double album baptisé Opus 16/3 (en mémoire du premier confinement) ».
La journaliste ajoute qu’« une nouvelle étape est franchie en 2025, avec la création de Maudit Blues, un spectacle musical théâtralisé au cœur de la maladie mentale. Sur scène, les Squatteurs évoquent les symptômes, les soins et les prises en charge, en compagnie de leurs thérapeutes ».
« La représentation de Maudit Blues se poursuit toujours par une discussion avec le public visant à briser les tabous sur la maladie mentale et à faire dialoguer le public avec les usagers de la psychiatrie et les soignants », souligne Sarah Finger.
Le Dr Kivits indique ainsi que le spectacle « porte un message émouvant, plein d’espoir. Les Squatteurs parlent de la maladie, du rétablissement, à la fois dans leurs textes et dans l’aventure que nous partageons ensemble. Ce que le groupe transmet à d’autres, à tous les niveaux, c’est la possibilité d’une identité positive. Tout cela représente pour moi un grand bonheur ».


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