« Comment ChatGPT bouleverse les réflexes des Français en matière de santé »

 Date de publication : 9 janvier 2026 Temps de lecture: 4 min


Keren Lentschner et Marie Bartnik constatent dans Le Figaro que « plus de 230 millions d’internautes se tournent chaque semaine vers ChatGPT pour le questionner sur leur santé. Le chatbot d’OpenAI les aide à interpréter leurs symptômes ou leurs bilans sanguins, ou à s’informer sur leurs remboursements de soins ».
« Au total, ces questions représentent plus de 5% des requêtes, selon des chiffres dévoilés par OpenAI. Soit 125 millions de questions quotidiennes. 70% de ces échanges ont lieu en dehors des heures d’ouverture des cabinets médicaux », relèvent les journalistes.
Elles notent ainsi qu’« OpenAI a annoncé mercredi lancer aux États-Unis ChatGPT Health. Cet onglet au sein du chatbot permettra d’y connecter son dossier électronique médical et des applications de bien-être, a annoncé mercredi la start-up américaine. Il pourra aussi «s’appuyer sur le contexte de vos conversations hors ChatGPT ­Santé, comme un déménagement récent ou un changement de mode de vie, afin de rendre une discussion de santé plus pertinente», précise OpenAI ».
Un jeune père de famille indique : « Ma fille a eu beaucoup de fièvre cette nuit et j’ai confondu la bouteille de sirop de Doliprane avec du Desloratadine. J’ai indiqué à ChatGPT les quantités exactes, et il m’a rassuré ».
Nathalie, architecte d’intérieur, remarque quant à elle : « J’apprécie la synthèse, le gain de temps et la formulation en langage naturel, qui est plus accessible. Le fait qu’il me dise “tu” me permet de mieux m’approprier sa réponse ».
Keren Lentschner et Marie Bartnik relèvent cependant que « ces outils peuvent donner l’illusion d’échanger avec un médecin ». Alexandre Biosse-Duplan, responsable du service des usagers à la Haute Autorité de santé, explique que « le ton du chatbot induit la confiance. Cela peut être trompeur, notamment dans le cas d’un patient vulnérable ».
Les journalistes continuent : « Hervé Gompel, gastro-entérologue à Neuilly, constate ainsi que des patients, «très angoissés», ont «tendance à retenir ce qu’il y a de plus grave sur ChatGPT. C’est très anxiogène pour les patients hypocondriaques. Mais cela a au moins le mérite de les faire consulter plus tôt. Le rôle du médecin est de faire la part des choses» ».
Keren Lentschner et Marie Bartnik ajoutent que « les utilisateurs de chatbots se heurtent aussi au risque de mésinformation. ChatGPT et ses rivaux peuvent donner des conseils erronés, et potentiellement dangereux. Cela peut venir de la formulation de la requête. […] Le risque vient aussi des fake news médicales que peuvent véhiculer les chatbots. […] Les assistants IA généralistes sont, en effet, alimentés par des bases de données le plus souvent venues d’internet, pas toujours fiables ni mises à jour ».
Nicolas Gatulle, médecin anesthésiste et fondateur du chatbot Gustave, souligne que « de nombreux patients arrivent avec des idées totalement erronées. […] L’IA, ce sont des probabilités, des méthodes statistiques ».
Keren Lentschner et Marie Bartnik remarquent qu’« OpenAI a indiqué travailler à l’amélioration des réponses fournies par ChatGPT, en collaboration avec des médecins. Avec la dernière version de son modèle de langage, GPT-5, le chatbot est plus susceptible de poser des questions complémentaires à l’utilisateur, de rechercher des informations et articles de recherche récents, d’utiliser un langage prudent et d’orienter les utilisateurs – si nécessaire – vers son médecin ».
Les journalistes poursuivent : « Les changements d’usage des internautes et les alertes rouges des professionnels de santé ont conduit Doctolib, acteur reconnu du secteur, à lancer fin octobre son propre moteur de recherche dopé à l’intelligence artificielle. Ce «compagnon» IA ne s’adresse pour l’instant qu’aux parents d’enfants de moins de 4 ans. […] À terme, cette IA a vocation à répondre aux questions de tous les utilisateurs de Doctolib ».

« L’activité physique, aussi efficace que les psychothérapies contre la dépression »

 Date de publication : 12 janvier 2026 Temps de lecture: 3 min


Delphine Chayet relève dans Le Figaro que « parmi les outils disponibles contre la dépression, l’activité physique n’est pas souvent mise en avant. Elle serait pourtant aussi efficace que la psycho­thérapie et les antidépresseurs pour atténuer les symptômes de la maladie, selon une étude publiée jeudi par la collaboration Cochrane ».
La journaliste explique ainsi que « des chercheurs de l’université de Lancashire (Royaume-Uni) ont regroupé les résultats de 73 essais cliniques menés depuis dix ans auprès de 5000 adultes pour évaluer l’efficacité de séances de « cardio » et de musculation. Seules des études de comparaison avec une autre mesure thérapeutique (antidépresseurs, psychothérapie, musicothérapie…) ou avec un placebo (…) ont été examinées ».
Delphine Chayet retient que « quand on la compare à une absence de traitement, l’activité physique est bénéfique ». Le Pr Pierre-Michel Llorca, chef du service de psychiatrie adulte au CHU de Clermont-Ferrand, remarque ainsi que « les participants à ces groupes voient l’intensité de leurs symptômes réduite en moyenne de moitié ou un peu moins par rapport au groupe placebo, ce qui est plutôt un bon résultat ».
« Seul un petit nombre de personnes a rapporté des effets indésirables, telles que des blessures musculaires », ajoute la journaliste.
Delphine Chayet relève que « les chercheurs constatent aussi qu’«il n’y a probablement que peu ou pas de différence» d’efficacité entre cette mesure de santé et les psychothérapies. Le résultat est similaire face aux traitements pharmacologiques, mais la conclusion est incertaine en raison du nombre très réduit d’essais cliniques ».
Pierre-Michel Llorca déclare que « globalement, l’exercice physique est un outil important pour améliorer la symptomatologie de la dépression, qu’elle soit associée ou non aux autres traitements ».
La journaliste précise que « le fait de réaliser entre 13 et 36 séances d’exercice est associé à de plus grandes améliorations des symptômes dépressifs. Aucun type d’activité ne s’avère clairement supérieur aux autres – les programmes variés et la musculation semblent toutefois plus efficaces que l’exercice cardio seul. Enfin, certaines pratiques, comme le yoga, le qi gong et les étirements, n’ont pas été incluses dans l’analyse. Elles constituent des pistes de recherche futures ».
Delphine Chayet ajoute que « les chercheurs appellent à la réalisation d’un essai clinique de grande envergure pour déterminer quels types d’exercices sont les plus efficaces et mesurer le maintien des bienfaits dans le temps ».
La journaliste observe que « des mécanismes à la fois biologiques et psychologiques peuvent contribuer à l’effet positif de cette mesure. Le sport augmente le rythme cardiaque, l’oxygénation des organes, régule le taux d’endorphines et réduit le taux de cortisol, l’hormone du stress. L’effort augmente la vascularisation cérébrale et stimule la croissance de nouvelles cellules nerveuses. Mais l’activité physique peut aussi détourner l’attention du patient de ses pensées négatives et renforcer son lien social ».

« Le lien entre trouble de l’attention et comportements sexuels à risque chez les étudiants mesuré par une nouvelle étude »

 Date de publication : 13 janvier 2026 Temps de lecture: 2 min


Le Parisien relève que « les étudiants présentant des symptômes caractéristiques du trouble de l’attention (TDAH) ont plus fréquemment des comportements sexuels à risque, comme un usage irrégulier du préservatif, montre une étude réalisée en France par des chercheurs de l’Inserm ».
Ces derniers observent ainsi que « les symptômes de TDAH seraient associés à des niveaux plus élevés de comportements sexuels à risque chez les étudiants universitaires : âge plus précoce au moment des premiers rapports, moindre usage du préservatif, risque accru d’infections sexuellement transmissibles ».
Le Parisien relève que « la littérature médicale a déjà montré qu’un patient atteint de TDAH est plus exposé à des comportements sexuels à risque, mais l’étude de l’Inserm est la première à mesurer cette association au sein de la population étudiante française ».
Le journal précise que « les chercheurs, emmenés par la psychologue Claudine Offranc, ont examiné des questionnaires remplis par plus de 13.000 étudiants, âgés en moyenne de 20 ans. […] Les étudiants faisant état de symptômes du TDAH ont, ainsi, 25% de risque en plus d’avoir eu un usage irrégulier du préservatif au cours des 12 mois écoulés, et 50% de risque supplémentaire de s’être vu diagnostiquer une infection sexuellement transmissible (IST) ».
« Chez les femmes, les étudiantes aux symptômes associés au TDAH sont un peu plus nombreuses (+ 20%) à avoir recouru à la pilule du lendemain », continue le quotidien.
Le Parisien observe que « cette étude présente certaines limites, pointées par les chercheurs. Elle ne permet pas, par exemple, d’étudier en détail les risques associés à différentes manifestations du TDAH qui, selon les patients, donne plutôt lieu à une inattention ou à des comportements impulsifs ».
Cédric Galera, pédopsychiatre, qui a supervisé ce travail, souligne que « ces résultats invitent à mieux prendre en compte les étudiants présentant des symptômes de TDAH dans la prévention en santé sexuelle ».

« Réseaux sociaux et adolescents : face à des “interfaces manipulatrices”, l’Anses veut “responsabiliser les plateformes” »

 Date de publication : 13 janvier 2026 Temps de lecture: 4 min


Bénédicte Lutaud note dans Le Figaro qu’« en France, près de 90% des 12-17 ans utilisent quotidiennement un smartphone pour accéder à internet, et 58% d’entre eux s’en servent pour accéder aux réseaux sociaux. L’impact de ces plateformes sur leur santé mentale […] agite le débat public ».
La journaliste fait savoir que l’Anses « publie un rapport inédit […], afin d’«éclairer l’ensemble des acteurs, dont les pouvoirs publics» sur le sujet «pour les aider à prendre des mesures appropriées». […] Epidémiologistes, pédopsychiatres, ou chercheurs en science de l’information et de la communication ont analysé plus d’un millier d’études scientifiques sur les effets des réseaux sociaux sur la santé ».
Bénédicte Lutaud retient que « le mode de fonctionnement même des réseaux sociaux consultés par les jeunes est néfaste pour leur santé : ils se basent sur des «stratégies de captation de l’attention visant à maintenir l’engagement des utilisateurs le plus longtemps possible» ».
La journaliste explique que « les plateformes s’appuient sur des «interfaces manipulatrices» ». Thomas Bayeux, chef de projet socio-économique à l’Anses, précise : « Cela passe par le design, comme les notifications, le scroll infini, l’enchaînement automatique de vidéos, les likes ».
Bénédicte Lutaud ajoute que « les algorithmes sur lesquels s’appuient ces plateformes enferment leurs utilisateurs dans «des contenus de plus en plus ciblés, parfois extrêmes». Des stratégies qui «exploitent la vulnérabilité des adolescents, leur besoin d’interactions sociales et leur recherche de sensations» »
Thomas Bayeux observe ainsi que « l’adolescence est une période charnière de transition, et les réseaux sociaux permettent de nourrir la soif d’interaction sociale, le désir d’information par ses pairs ou encore la prise de risque ».
Bénédicte Lutaud continue : « Parmi les effets majeurs, l’agence sanitaire liste des troubles du sommeil, mais aussi des troubles anxio-dépressifs (les deux étant corrélés, soulignent les experts), des gestes auto-infligés (automutilation, suicide…), des altérations de l’image du corps voire des troubles du comportement alimentaire, des conduites à risque comme la prise de drogues, le sexting ou la diffusion non consentie d’images intimes, ou encore le cyberharcèlement ».
La journaliste évoque « l’un des enseignements majeurs de l’expertise : «Les filles constituent une population particulièrement à risque pour tous les effets sanitaires étudiés». […] Elles consacrent plus de temps aux réseaux sociaux que les garçons (1h32 contre 52 minutes par jour en moyenne), et y accordent davantage d’engagement émotionnel ».
« Un autre groupe est particulièrement vulnérable aux troubles anxio-dépressifs via l’usage des réseaux sociaux : les adolescents présentant initialement des symptômes dépressifs ou anxieux », poursuit Bénédicte Lutaud.
Elle remarque que « l’encadrement parental, «en coopération avec les adolescents», joue un rôle clé, assure l’agence sanitaire ».
Thomas Bayeux souligne en outre que « l’expertise de l’Anses invite surtout à une responsabilisation des plateformes, c’est le message premier ».
Bénédicte Lutaud explique que l’Anses « a quelques idées pour les dites plateformes : «Mettre en œuvre la limite d’âge prévue par le RGPD pour éviter un accès (…) aux moins de 13 ans», ce qui «implique également une révision en profondeur des principes de fonctionnement des réseaux sociaux», c’est-à-dire bannir les «techniques d’interfaces manipulatrices, interdire la diffusion de contenus délétères pour la santé (conduites à risques, jeux d’argent, régimes alimentaires extrêmes, contenus violents, pornographie)» ».
« Programme ambitieux… ou vœu pieux, face aux géants chinois TikTok et américains Instagram ou Snapchat ? », s’interroge la journaliste.
Le Parisien titre pour sa part : « Réseaux sociaux et santé mentale : cyberharcèlement, troubles alimentaires… les adolescentes en première ligne ».
Juliette Pousson indique également que « l’Anses dresse un état des lieux des connaissances sur les risques sanitaires associés à l’usage des réseaux sociaux chez les jeunes ».
La journaliste retient que « ces plateformes altèrent la santé mentale des plus jeunes. Et encore plus celle des adolescentes, à tous les niveaux. Ce sont les premières victimes du cyberharcèlement, elles se sentent davantage contraintes d’envoyer des contenus sexuellement explicites et se disent plus stressées par l’utilisation des réseaux ».
Juliette Pousson note que « l’Anses recommande donc que seuls les réseaux paramétrés pour protéger les mineurs soient accessibles aux adolescents ».
Libération note aussi : « Troubles du sommeil, TCA, cyberviolences… L’Anses détaille les risques des réseaux sociaux chez les adolescents ».
Théo Eberhardt retient que le rapport « désigne […] les réseaux sociaux comme des «facteurs contributifs de troubles anxiodépressifs, d’automutilation et d’idées suicidaires». Les algorithmes de personnalisation de contenu créent un effet de spirale qui amplifie l’exposition et limite les chances de sortir de ces types de contenus dangereux ».
« Si l’Anses ne se prononce pas sur la question de l’interdiction, le rapport ne nie pas la possibilité d’une pratique saine par le biais de «réseaux sociaux protecteurs», c’est-à-dire conçus et paramétrés pour protéger la santé de ses utilisateurs », ajoute le journaliste.

« Avec ChatGPT, “le monopole de la confiance avec le psychiatre est remis en cause” »

 Date de publication : 14 janvier 2026 Temps de lecture: 3 min


Le Monde livre un entretien avec le philosophe et physicien Alexei Grinbaum, qui « appelle les institutions européennes à s’adapter aux évolutions technologiques. Il plaide par ailleurs pour un système de santé avec une IA souveraine ».
Le physicien, à la tête du comité opérationnel pilote d’éthique du numérique au Commissariat à l’énergie atomique, expert auprès de la Commission européenne et membre du Comité consultatif national d’éthique du numérique, déclare notamment que « nous entrons dans une nouvelle époque. Les citoyens, dont des patients psychiatriques qui sont les premiers exposés car ils souffrent de troubles sévères, utilisent des chatbots généralistes, une sorte d’automédication à travers le langage. Auparavant, un patient parlait à un professionnel dans un cadre réglementé. Aujourd’hui, il ouvre son téléphone et discute avec un système qui n’est pas un dispositif médical ».
Alexei Grinbaum souligne que « le patient ne vit plus seul, il «fait système» avec son chatbot et cela remet en cause le monopole de la confiance qu’avait le médecin, notamment le psychiatre ».
Le Monde interroge : « Qui est responsable si la machine conseille mal ? ».
Le physicien répond que « c’est la grande question qui, pour l’instant, n’est pas résolue. Contrairement au médecin qui suit des protocoles, l’ingénieur conçoit un modèle de langage, mais ne peut prédire ses réponses à la requête d’un utilisateur, car elles ne sont pas déterministes [non directement liées à des événements antérieurs]. Pourtant, il est le fournisseur du système ».
« Pour les ingénieurs, il va falloir à l’avenir impérativement faire en sorte que le système indique au chatbot à qui il s’adresse, un adolescent, un adulte, un médecin… afin de fournir une réponse adaptée », poursuit-il.
Alexei Grinbaum relève que « de nombreux concepteurs d’applications surfent sur l’idée du bien-être, pour éviter les contraintes réglementaires de la thérapie. Affirmer ne pas faire de médecine permet de s’affranchir des règles médicales, même si les utilisateurs s’en servent pour se soigner ».
Il souligne en outre que « la collecte de données physiologiques et comportementales en temps réel (vitesse de frappe sur un clavier, accéléromètres montrant qu’une personne marche doucement, données cérébrales captées par des montures de lunettes) permettrait d’acquérir une connaissance intime de l’individu. De plus, lorsque les professionnels de santé font appel à des ingénieurs ou à des systèmes tiers externes pour construire ces outils, les fabricants peuvent potentiellement avoir accès aux données sensibles des patients. Cela pose la question de ce que devient la notion même de secret médical ».
Le physicien poursuit : « Il faut dès à présent que l’ensemble des médecins travaillent avec ces systèmes, car leurs patients vivent déjà avec ces machines parlantes. Un système de santé du XXIe siècle, avec une IA souveraine, doit par ailleurs être construit le plus rapidement possible pour ne pas laisser la place aux seuls acteurs internationaux ».

« “Blue Monday”, le jour de l’année où le moral est en berne ? Le vrai-faux de la dépression saisonnière »

 Date de publication : 19 janvier 2026 Temps de lecture: 2 min


Gaël Lombart relève en effet dans Le Parisien : « Décrété jour le plus déprimant de l’année, le troisième lundi de janvier a été victime d’un coup marketing, plutôt que le résultat de recherches sérieuses ».
Le journaliste fait « le point sur ces idées reçues qui associent la santé mentale et le calendrier ».
Il relève ainsi : « Le lundi, le moral est plus bas que les autres jours. Faux » : « La recherche montre un effet négligeable du jour de la semaine sur le moral. Certains travaux révèlent des cycles hebdomadaires d’humeur différents selon les cultures, mais le lundi n’est pas universellement considéré comme un jour maudit. En revanche, d’après une large étude incluant un million de réponses, les symptômes dépressifs ou anxieux varieraient selon l’heure de la journée, avec, en moyenne, un bien-être meilleur le matin et moindre autour de minuit ».
Gaël Lombart continue : « L’hiver, on broie du noir. En partie vrai » : « Il existe une dépression à profil saisonnier où les épisodes reviennent surtout en automne hiver, avec une amélioration au printemps pour une partie des patients. Mais les fluctuations de l’humeur selon les saisons seraient loin de concerner tout le monde ».
Le journaliste précise que « selon une vaste analyse publiée en décembre dans Journal of Affective Disorders, 5% des gens ressentent l’hiver une vraie dépression avec un ensemble de symptômes (tristesse, perte d’intérêt, fatigue, troubles du sommeil, etc.) assez forts pour gêner nettement la vie quotidienne, que ce soit le travail, les études ou les relations ».
Gaël Lombart relève que Xavier Briffault, chercheur en santé mentale au CNRS, « estime plutôt à 1% la part des personnes concernées. Il distingue cette maladie du «blues hivernal», qui peut toucher une plus large proportion des gens ».
Le journaliste observe en outre : « La luminothérapie, ça ne marche pas du tout. En partie faux » : « Pour les personnes qui font chaque hiver une vraie dépression, la luminothérapie fait partie des traitements de référence. […] Mais cette technique est plus ou moins efficace selon la situation ».
Xavier Briffault indique en effet que « si des gens sont dans des états dépressifs vraiment intenses, avec perte totale du plaisir, difficulté à travailler, envies suicidaires, cela ne va pas résoudre le problème. Mais en prévention, en début de saison, chez les personnes luminosensibles, ça peut jouer un rôle ».

« “J’étais un zombie” : le difficile sevrage des traitements antidépresseurs »

 Date de publication : 20 janvier 2026 Temps de lecture: 4 min


Isabelle Veloso Vieira relève dans La Croix qu’« alors que les prescriptions de médicaments antidépresseurs sont en hausse constante en France, leur arrêt reste insuffisamment accompagné par les professionnels de santé. Un sevrage brutal peut pourtant s’avérer dangereux ».
La journaliste livre notamment le témoignage d’Emmanuel, 47 ans, qui « tente d’arrêter son traitement antidépresseur depuis 2 ans. Le quadragénaire en prend depuis 14 ans pour des problèmes «d’impulsivité» ».
Il déclare : « Quand le médecin m’a proposé ce traitement, j’ai accepté car il m’a affirmé qu’il était inoffensif, que je n’aurais pas de problèmes de dépendance ou de sevrage à l’arrêt ».
Isabelle Veloso Vieira relève que « sa première tentative de décrocher s’est pourtant muée en échec ». Emmanuel indique : « J’étais un zombie, je ne pouvais plus travailler à cause de la fatigue et d’un brouillard cérébral permanent ».
La journaliste explique que « l’arrêt en 10 jours est trop brutal. Contraint de reprendre la molécule, il décide de diminuer ses doses progressivement. Là encore, les symptômes s’accumulent : insomnies, «sensations de décharge électrique dans le cerveau. Mais c’est beaucoup plus gérable que la dernière fois», explique Emmanuel, à qui la vie sans médicament semble encore lointaine ».
Isabelle Veloso Vieira souligne ainsi qu’« environ 15% des patients qui arrêtent les antidépresseurs connaissent un syndrome de sevrage ».
Jean-François Huon, pharmacien clinique et président du Réseau français de la déprescription, déclare que « si l’arrêt est trop brutal, le patient peut ressentir des symptômes physiques : nausées, vomissements, confusion, sueurs, tremblements, etc. Mais aussi des symptômes psychiques comme de l’angoisse et des idées suicidaires ».
Le pharmacien précise : « Lorsqu’un patient arrête son médicament, la concentration de celui-ci dans le sang chute en quelques jours voire en quelques heures. Alors que le système nerveux, lui, va mettre du temps à modifier son nombre de récepteurs de sérotonine. C’est donc l’écart entre la quantité de médicament dans le sang et ce à quoi s’attendait le système nerveux qui provoque le syndrome de sevrage ».
Isabelle Veloso Vieira poursuit : « Pour retrouver une stabilité, les patients doivent alors reprendre leur médicament à dose égale ou plus importante et se voient parfois prescrire un anxiolytique, provoquant «une espèce d’escalade médicamenteuse», déplore Jean-François Huon ».
Elle indique que « pour Fabrice Berna, professeur de psychiatrie aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, ces erreurs fréquentes de diagnostic sont en grande partie dues à un manque de formation des médecins à la déprescription ».
Le praticien observe que « les manuels de psychiatrie sur la prescription des psychotropes abordent rarement le sujet ».
Fabrice Berna relève que les médecins font « comme ils le sentent. Ils disent aux patients de diminuer les doses par palier, de couper les derniers comprimés ou d’espacer les prises, puis d’arrêter, sans schéma très clair ».
« Un manque de connaissances dangereux pour le patient qui risque «une nouvelle hospitalisation ou un passage à l’acte suicidaire face aux symptômes violents du sevrage», s’inquiète Maëva Musso, psychiatre aux Hôpitaux de Paris Est-Val-de-Marne », continue Isabelle Veloso Vieira.
La journaliste rappelle que « des protocoles de déprescription et des ordonnances spécifiques pour l’arrêt de certains antidépresseurs ont été mis au point par l’Observatoire du médicament, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique (Omédit) Grand Est. La HAS, elle, recommande de réduire graduellement les doses, de privilégier la thérapie et déconseille l’arrêt d’un traitement «sans accompagnement médical» ».
Isabelle Veloso Vieira fait savoir qu’« outre-Atlantique et outre-Manche, des chercheurs et des médecins se sont intéressés à la déprescription des psychotropes. Parmi eux, Mark Horowitz, un psychiatre qui s’est lui-même sevré d’un antidépresseur. Une expérience dont il a tiré un guide de déprescription devenu une référence et dans lequel il préconise une «décroissance hyperbolique» des traitements ».
« Il s’agit de diminuer chaque jour ou chaque semaine de 10% la dose précédente », poursuit la journaliste.
Isabelle Veloso Vieira note en outre que « pour Matthias Brunn, psychiatre et chercheur en politiques publiques à Sciences Po, la déprescription est un «enjeu systémique qui se joue aussi en dehors du cabinet du médecin». Elle tient aussi au suivi psychologique et social proposé au patient ».
« La déprescription demande surtout du temps. […] La création du Réseau national de la déprescription et du Groupe de travail sur l’arrêt des psychotropes en 2025 constitue une première étape », conclut la journaliste.

« “Mes bras s’allongent », ”les murs se rapprochent »… Quand un médicament déforme la réalité, ou le syndrome d’Alice au pays des merveilles »

 Date de publication : 22 janvier 2026 Temps de lecture: 3 min


Anne Prigent remarque dans Le Figaro : « Avoir soudain l’étrange sensation que sa propre main devient gigantesque, que son cou s’allonge de façon démesurée ou que les murs de la pièce se resserrent irrémédiablement. Sentir son propre corps flotter avec une légèreté surnaturelle, ou percevoir l’écoulement du temps comme s’il était brusquement ralenti, étiré, totalement déréglé ».
« Ces manifestations spectaculaires […] définissent un trouble neurologique rare et encore largement méconnu du grand public comme du monde médical : le «syndrome d’Alice au pays des merveilles» », explique la journaliste.
Elle évoque ainsi « une réalité clinique complexe faite de distorsions sensorielles et de perceptions spatiales erronées. Particularité importante : les patients gardent conscience que ce qu’ils perçoivent est anormal, ce qui distingue ce syndrome d’un trouble hallucinatoire psychiatrique ».
Anne Prigent indique que « si les causes neurologiques sont documentées depuis des décennies, une étude récente publiée dans la revue internationale Psychiatry Research suggère que ce syndrome pourrait également être un effet indésirable rare de certains médicaments ».
Elle explique ainsi que « les chercheurs du CHU de Nice et du centre de pharmacovigilance de Toulouse ont analysé VigiBase, la base de données mondiale de pharmacovigilance gérée par l’OMS, qui compile des millions de déclarations d’effets secondaires à travers la planète ».
Le Dr François Montastruc, médecin et pharmacologue au CHU de Toulouse et coauteur, observe que « parmi toutes les déclarations, seuls 87 cas correspondaient au codage “syndrome d’Alice au pays des merveilles” ».
Anne Prigent relève que « cette extrême rareté explique pourquoi le lien avec le médicament est resté si longtemps dans l’ombre. Parmi ces cas, environ 30% concernaient des enfants, un chiffre notable compte tenu de leur moindre exposition aux traitements ».
Le Dr Montastruc déclare que « le syndrome est probablement sous-estimé chez l’enfant, notamment parce qu’il est difficile pour les plus jeunes de décrire précisément ce qu’ils ressentent ».
La journaliste précise que « les principaux médicaments pédiatriques concernés sont le méthylphénidate, utilisé dans le TDAH, et le montélukast, prescrit dans l’asthme. Pour le méthylphénidate, l’action sur le système nerveux est évidente. Pour le montélukast c’est plus surprenant ».
Le Dr Diane Merino, psychiatre au CHU de Nice et principale auteure, déclare : « On sait aujourd’hui qu’il peut provoquer des effets neuropsychiatriques : troubles du sommeil, cauchemars, modifications de l’humeur, voire idées suicidaires, y compris chez l’enfant. Il agit sur les leucotriènes, impliqués dans l’inflammation, et ces mécanismes peuvent avoir des répercussions centrales encore imparfaitement comprises ».
Anne Prigent ajoute que « chez l’adulte, la liste des médicaments potentiellement déclencheurs s’allonge et inclut aussi certains antidépresseurs, antiépileptiques ou antipsychotiques. Là encore, malgré l’aspect spectaculaire des signes cliniques, leur évolution est très rassurante ».
Le Dr Merino souligne que « dans la littérature comme dans notre étude, les symptômes régressent spontanément ou après une réduction ou un arrêt du traitement suspecté. Les formes persistantes sont exceptionnelles ».
La journaliste note enfin que « l’enjeu majeur reste la reconnaissance de ce trouble par l’ensemble du corps médical ». Le Dr Merino remarque ainsi que « si le syndrome d’Alice au pays des merveilles était mieux connu, une potentielle origine iatrogène pourrait être évoquée plus tôt, et donc favoriser une tentative d’éviction médicamenteuse ».

« Les pensées positives boostent les effets de la vaccination »

 Date de publication : 21 janvier 2026 Temps de lecture: 3 min


Soline Roy indique en effet dans Le Figaro que « dans des travaux publiés dans la revue Nature Medicine, des chercheurs israéliens de l’université de Tel-Aviv expliquent avoir entraîné de jeunes adultes à activer des zones précises de leur cerveau, avant d’être vaccinés contre l’hépatite B ».
La journaliste explique que « 85 participants étaient invités à appliquer diverses stratégies mentales (par exemple, se souvenir d’un voyage agréable) tandis que leur activité cérébrale était enregistrée par IRM ».
« Soixante-huit d’entre eux recevaient un retour sur leurs «performances» qui leur permettait, au fil de 4 séances, d’apprendre à activer des zones cérébrales précises ; et en particulier l’aire tegmentale ventrale, une région du tronc cérébral impliquée dans le système de la récompense, notamment par la libération de dopamine », relève Soline Roy.
Elle ajoute que « tous ont alors été vaccinés contre l’hépatite B, et des prises de sang réalisées avant la vaccination, puis 14 et 28 jours après et, pour certains, 3 mois plus tard ».
La journaliste constate qu’« avoir des pensées positives permettait d’augmenter l’activité cérébrale dans la zone impliquée dans la récompense, et ceci était corrélé à une hausse durable du taux d’anticorps produits suite à la vaccination. Notre cerveau peut donc bel et bien moduler le fonctionnement de notre système immunitaire ».
Gérard Eberl, professeur d’immunologie et responsable de l’unité Micro­environnement & Immunité Institut Pasteur/Inserm, remarque ainsi : « Quand vous vous sentez bien et pensez à quelque chose de positif (…), votre cerveau relâche de la dopamine dans l’aire tegmentale ventrale. Inversement, en cas de stress aigu ou chronique, il relâche de l’adrénaline et du cortisol ».
Le spécialiste rappelle que « ces substances ont un effet sur le système immunitaire : la dopamine le “booste”, les deux suivantes l’inhibent. Et ce pour une raison simple à comprendre : si vous êtes attaqué par un lion, l’urgence est de fuir, pas de combattre une éventuelle infection. Inversement, quand le stress diminue, vous pouvez remettre de l’énergie dans le fonctionnement immunitaire ».
Il ajoute que « l’effet psychosomatique est puissant, et “psychosomatique” ne devrait pas avoir de connotation péjorative. Cela signifie simplement que le fonctionnement cérébral a une influence directe sur celui du reste de l’organisme ! On sait depuis longtemps que l’effet placebo existe, mais ce genre d’article en apporte la preuve biologique ».
Soline Roy conclut que « ces découvertes pourraient avoir une application dans la prise en charge du cancer avec le développement des immunothérapies, ou dans les maladies inflammatoires chroniques, soulignent les chercheurs ».
Dans un commentaire associé à l’article, des chercheurs écrivent ainsi que « les études futures devront déterminer comment ces facteurs psychologiques influencent les réponses du circuit de récompense et développer des protocoles de “neurofeedback” sur mesure qui peuvent exploiter efficacement ces états modifiés ».

« La lecture nourrit ce moment où l’on se déconnecte des stimuli de la journée »

 Date de publication : 22 janvier 2026 Temps de lecture: 2 min


Emmanuelle Giuliani observe dans La Croix que « par sa dimension rituelle et sa faculté à enrichir notre imaginaire, la lecture nocturne possède de sérieux atouts pour favoriser l’endormissement. Elle accompagne ce moment de lâcher-prise si nécessaire à notre cerveau ».
La journaliste livre un entretien sur le sujet avec Nicolas Decat, doctorant en neurosciences à l’Institut du cerveau.
Elle interroge ainsi : « La lecture avant de dormir est-elle favorable à l’endormissement ? ».
Le spécialiste répond que « les profils d’endormissements en termes de durée, d’allers-retours entre veille et sommeil et d’images mentales perçues pendant le processus sont très divers. Ils méritent d’être étudiés comme nous le proposons actuellement via un questionnaire international ouvert à tous qui permettra, je l’espère, d’identifier des groupes types selon l’âge, le sexe, l’origine géographique et culturelle, etc. ».
« Dans tous les cas, je suis 100% favorable au rituel avant de dormir pour donner à notre cerveau un signal familier d’entrée dans la nuit. La lecture en est un excellent exemple. […] La lecture nourrit ce moment de déconnexion de tous les stimuli de la journée qui n’ont cessé de nous distraire », poursuit Nicolas Decat.
Il explique que « l’imagerie créée par le livre va irriguer notre monde intérieur et notre créativité. Celle-ci est en effet favorisée lors de l’endormissement grâce à une sorte de laisser-aller, de détachement et de flexibilité mentale. C’est un mécanisme analogue à celui de la résolution presque malgré soi de problèmes complexes ».
Le scientifique ajoute que « le livre facilite le sommeil sans le troubler. Tout l’inverse des stimuli technologiques. […] Toute la journée sur leur portable, les jeunes ne connaissent aucune plage de vide ni d’ennui. Si bien que, le soir, seuls et dans le noir, la jeune fille ou le jeune homme se trouvent subitement assaillis par une immense vague de pensées. Elle surgit, trop grande, trop anxiogène, empêchant de trouver le sommeil. Si bien qu’il faut à nouveau s’occuper pour s’en détourner. […] Jusqu’à ce que, exténué, on s’endorme enfin ».

« Cocaïne : un nombre croissant de consommateurs et une prise en charge encore insuffisante »

 Date de publication : 23 janvier 2026 Temps de lecture: 5 min


Esther Serrajordia indique dans La Croix qu’« une expertise de l’Inserm […] confirme la nette augmentation de la consommation de cocaïne, qui touche l’ensemble des tranches d’âge et toutes les classes sociales. L’institut de recherche met notamment en lumière les conséquences sanitaires d’une addiction encore insuffisamment prise en charge ».
Perrine Roux, directrice de recherche Inserm en santé publique, souligne ainsi que « les chiffres récents montrent une hausse importante ».
Esther Serrajordia relève qu’« un adulte sur dix a déjà consommé de la cocaïne au cours de sa vie (9,4%), soit environ cinq fois plus qu’au début des années 2000. Les 25-34 ans sont les plus concernés, avec 5,4% d’usagers récents – un chiffre en hausse dans cette population. À l’inverse, chez les plus jeunes, âgés de 17 ans, l’expérimentation recule, passant de 2,8% en 2017 à 1,4% en 2022 ».
« Recherche de performance, gestion du stress ou usage récréatif en contexte festif : les motivations de consommation sont multiples », continue la journaliste.
Perrine Roux indique que « les études menées à l’échelle nationale montrent une prévalence plus élevée dans les secteurs de l’hébergement-restauration et du milieu artistique. Chez les femmes, la consommation est également plus fréquente chez les cadres et les professions intellectuelles supérieures ».
Esther Serrajordia remarque que « parmi les signaux d’alerte relevés par l’Inserm figure l’augmentation de la demande de prise en charge pour des problèmes liés à la cocaïne, qui a doublé entre 2015 et 2019, avec des délais d’attente pouvant atteindre 3 à 6 mois ».
Hélène Donnadieu, médecin hépatologue et addictologue, souligne : « On sait qu’en général il existe un décalage de 13 ans entre la première consommation et la première consultation des usagers présentant des troubles de l’usage. […] Quel que soit le type d’usage, occasionnel ou régulier, les conséquences médicales peuvent être graves, même si leur intensité augmente avec la fréquence des prises ».
La praticienne indique que « la consommation peut entraîner l’aggravation de troubles psychiatriques et accélérer leur développement, comme pour des troubles anxio-dépressifs, symptômes psychotiques ou troubles du comportement ».
« S’y ajoutent des troubles cardiovasculaires, des lésions ORL liées à la consommation par voie nasale, ainsi qu’une altération des fonctions cognitives – troubles de l’attention, de la mémoire, de l’apprentissage et de la psychomotricité – sans oublier des complications pulmonaires ou rénales », ajoute Esther Serrajordia.
La Dr Donnadieu remarque que « de nombreux passages aux urgences sont liés à la cocaïne, ce qui pèse également sur le système de soins, en raison d’AVC, d’infarctus du myocarde et d’autres complications. La cocaïne provoque une vasoconstriction des artères, entraînant une souffrance des tissus qu’elles irriguent ».
La journaliste relève que « l’Inserm souligne l’importance d’un accompagnement médico-psychologique global, le plus efficace pour favoriser une diminution réelle de la consommation. Contrairement à certains opiacés, aucun médicament n’a pour l’instant montré son efficacité contre l’addiction à la cocaïne ».
Esther Serrajordia note que « des pistes d’espoir ont toutefois été évoquées par les chercheurs, notamment la kétamine, le méthylphénidate (spécifiquement pour les personnes TDAH qui sont plus susceptibles de développer des troubles de l’usage), certains psychédéliques ou le bupropion (traitement utilisé contre la dépression) ».
La journaliste conclut que « l’Inserm souligne le rôle clé de la prévention pour freiner le passage à la consommation, tout en pointant l’inefficacité des politiques répressives ciblant les usagers ».
Libération titre pour sa part : « Cocaïne : pour l’Inserm, «la première chose qui ne marche pas, c’est la répression pure» ».
Maïté Darnault explique aussi : « Offrir un regard croisé, autant qu’une caution scientifique indépendante. C’est l’ambition d’un rapport d’expertise collective dévoilé […] par l’Inserm, afin d’«affronter la complexité» de l’attrait de la cocaïne en France, où le nombre de consommateurs a doublé en dix ans, et contribuer à «mettre en place des politiques publiques efficaces» ».
La journaliste souligne que « ce nouvel état des lieux part des usages multifacettes de cette substance psychoactive, devenue le premier marché de la drogue dans notre pays, pour s’attacher aux possibles «leviers d’action» au bénéfice des populations concernées ».
Maïté Darnault retient notamment : « Au centre du passage à l’acte, demeure la «relation tripartite entre une substance, un individu et un environnement», rappellent les scientifiques. Parmi les facteurs de risques identifiés, il existe «peu de données sur l’hérédité, mais un effet avéré des troubles psychiatriques», qui favorisent le risque de «troubles de l’usage» ».
La journaliste remarque qu’« «aucun traitement pharmacologique dédié n’a encore obtenu d’autorisation de mise sur le marché pour traiter la dépendance», d’abord psychologique, à ce produit, même si «plusieurs pistes thérapeutiques intéressantes» existent pour réduire ou stopper sa consommation. En attendant, c’est sur l’offre «médico-psycho-sociale» que l’accent doit être mis, a estimé le Pr Yasser Khazaal, psychiatre au CHU de Lausanne ».
« D’où la nécessité de campagnes de prévention ciblées, couplées à des actions d’«aller vers» les populations en particulier les plus précaires, par le biais d’associations, de systèmes de soins mobiles et de la pair-aidance », poursuit Maïté Darnault.

« “On diagnostique mieux et donc plus” : pourquoi le TDAH fait autant parler »

 Date de publication : 23 janvier 2026 Temps de lecture: 3 min


C’est ce que titre Le Parisien qui observe que « de plus en plus de personnes annoncent souffrir d’un trouble de l’attention [avec hyperactivité (TDAH)]. Doublée d’une hausse des diagnostics, cette prise de parole réjouit les spécialistes qui pointent néanmoins quelques (faibles) risques ».
Clémence Bauduin relève ainsi que « le diagnostic de ce trouble du neurodéveloppement a explosé au cours des dix dernières années. La vente du médicament le plus couramment prescrit pour soulager certains cas de TDAH, la Ritaline ― composé de méthylphénidate, la molécule qui combat cette pathologie ― est en augmentation constante depuis une décennie ».
La journaliste note que « cette médication croissante s’explique par une évolution sociale en France, où le TDAH a longtemps été sous-estimé ». Klara Kovarski, maîtresse de conférences en psychologie du développement à Sorbonne Université, déclare qu’« on diagnostique mieux et donc plus, notamment les femmes ».
Clémence Bauduin évoque « une notion importante : le TDAH est un trouble à spectre large : son intensité dépend du degré de trouble dont est atteint le patient, et sa forme varie elle aussi ― considérablement ― d’un patient à l’autre. Certains peuvent donc parfaitement vivre avec un trouble d’intensité faible, sans médication, quand d’autres auront besoin d’une aide, pas forcément médicamenteuse ».
La journaliste ajoute que « pour identifier un TDAH, le comportement du patient doit s’inscrire dans la durée ». Céline Masson, psychothérapeute et professeure des universités en psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, remarque ainsi : « Souvent, je dis aux parents : Attendez, ça fait une semaine que votre enfant ne dort pas, on va prendre un peu le temps ».
Clémence Bauduin relève que « dans leurs cabinets, les spécialistes interrogés notent un empressement de plus en plus marqué à poser un diagnostic ». Céline Masson confirme : « Il y a une impatience, un besoin de rationalité. Cela répond aussi à une peur de l’anormalité : coller un diagnostic apaise les inquiétudes ».
Thierry Delcourt, pédopsychiatre, souligne toutefois : « Notre société a horreur du vide, du silence et du flou, il y a un besoin d’identifier, de nommer. Mais à nommer trop vite, on pose une étiquette sur le front de la personne. Cela stigmatise autant que ça rassure ». La journaliste souligne : « Le principal risque, selon lui : la surmédication ».
Elle explique en outre que « le diagnostic d’un TDAH est complexe. […] «Il nécessite plusieurs interventions (entretien, examen clinique…)», fait valoir la Haute Autorité de santé, qui livre en ligne ses recommandations afin d’aider les professionnels à identifier ce trouble chez l’enfant et l’adolescent. La HAS doit d’ailleurs rendre, fin 2026, des consignes spécifiques pour les adultes ».
« Une suspicion de TDAH a en tout cas le mérite d’amener à consulter », poursuit Clémence Bauduin. Klara Kovarski remarque ainsi que « les personnes qui cherchent un diagnostic, qu’elles se pensent par exemple autistes ou TDAH, ont souvent une souffrance associée et d’autres troubles ou maladies qui méritent d’être explorés ».
La journaliste continue : « À l’heure où beaucoup sont encore en attente de prise en charge et de diagnostic, décomplexer la parole sur le TDAH encourage le déploiement «de structures cliniques et la bonne formation du personnel de santé, mais aussi scolaire», salue Klara Kovarski. Depuis des années, la HAS appelle d’ailleurs les pouvoirs publics «à développer l’offre de soins pour réduire les délais de prise en charge». En attendant, les spécialistes appellent au «bon sens» et à «ne pas coller un TDAH à tous les gamins agités», plaide Céline Masson ».

« “Trois ans pour me remettre d’une fatigue écrasante” : après un burn-out, comment revenir au travail ? »

 Date de publication : 27 janvier 2026 Temps de lecture: 4 min


C’est ce que titre La Croix, qui observe qu’« en France, entre 300.000 et 500.000 personnes souffriraient d’un syndrome d’épuisement professionnel. Si l’arrêt de travail s’impose souvent, la question de la reprise après des mois de pause est rarement abordée ».
Sophie Viguier-Vinson explique ainsi : « Trois ans d’arrêt. C’est le temps qu’il a fallu à Magalie Milo pour reprendre son métier de soignante, après avoir craqué et manqué de se tuer sur la route ». La généraliste déclare : « Trois ans pour me remettre d’une fatigue écrasante, réinvestir mon corps, me concentrer à nouveau et savoir ce que je voulais faire de ma vie professionnelle ».
Sophie Viguier-Vinson relève que « devenu la première cause des arrêts de travail de longue durée (plus de 90 jours) avec la fatigue et la dépression, le burn-out n’est toutefois pas reconnu comme une maladie ».
La journaliste indique qu’« en décembre 2025, la Haute Autorité de santé (HAS) a mis à jour ses recommandations sur le sujet, qui remontaient à 2017. La prise en charge, dit-elle, doit assurer «le repos, la reconstruction identitaire, (…) le retour au travail ou une reconversion professionnelle» et identifier les facteurs de risque dans l’environnement professionnel ».
Sophie Viguier-Vinson évoque « un long chemin, qui commence par une étape incontournable ». Le Dr Clément Duret, chef de l’unité des maladies professionnelles de l’hôpital Raymond-Poincaré à Garches (Hauts-de-Seine), médecin du travail, précise ainsi : « Traiter les effets destructeurs du stress chronique, grâce à un arrêt prolongé et par l’accompagnement du médecin traitant, voire d’un psychiatre reconduisant plus facilement les arrêts de travail que les généralistes ».
Le praticien ajoute que « le médecin du travail, consultable confidentiellement pendant l’arrêt, est aussi bien placé pour faire le lien entre le syndrome et le contexte professionnel ».
Sophie Viguier-Vinson note que « les médecins-conseils de la Sécurité sociale, familiers de la problématique, peuvent aussi être de bons interlocuteurs. Et pour le Dr Duret, la psychothérapie est essentielle ».
Le médecin indique en effet que « plus tôt le travail sur soi a lieu, moins la souffrance est grande, et plus vite on se remet ».
La journaliste continue : « Cet accompagnement «permet de comprendre pourquoi on s’est exposé pour mieux se protéger à l’avenir et trouver les ressources psychiques pour rebondir», ajoute la Dre Catherine Badinier, elle aussi médecin du travail et psychothérapeute. Un suivi qui, selon elle, «doit être prolongé après la reprise, afin d’assurer un bon soutien. Tant qu’on pense pouvoir s’en passer, on n’est pas prêt à revenir» ».
Marie Pezé, psychologue, souligne quant à elle que « cette approche pluridisciplinaire est importante. Alors que l’épuisement professionnel crée des dommages cognitifs durables, les activités créatives mobilisent des facultés intactes pour restaurer un sentiment d’accomplissement réparateur ».
Sophie Viguier-Vinson relève qu’« avant d’envisager le retour en poste, elle suggère de faire un bilan neuropsychologique pour objectiver l’impact du burn-out et peser dans la négociation avec l’employeur sur les changements à opérer ». La psychologue observe en effet que « si rien ne bouge dans l’organisation, la rechute est assurée ».
Le Dr Duret remarque ainsi : « Certes, le profil surinvesti de la personne explique en partie son burn-out, mais celui-ci est bien causé à 90% par le mode d’organisation du travail ».
La journaliste observe cependant que « certaines structures restent fermées à toute adaptation, par déni ou manque de moyens. C’est ce qu’a vécu Magalie Milo, le centre où elle travaillait étant confronté à la pénurie de personnel soignant. Elle a finalement été licenciée pour inaptitude ». La généraliste indique que « cela m’a permis de retrouver un poste ailleurs et d’exercer trois jours par semaine en suivi pédiatrique ».
Le Dr Duret précise enfin que « 80% des travailleurs en burn-out quittant leur structure retrouvent un emploi, surtout quand ils ont été bien accompagnés ».

« À la ménopause, les zones du cerveau touchées sont les mêmes que celles de la maladie d’Alzheimer, selon une étude »

 Date de publication : 28 janvier 2026 Temps de lecture: 2 min


Le Parisien relaie en effet les conclusion d’une étude de l’université anglaise de Cambridge, parue dans Psychological Medicine, qui « visait à examiner l’impact de la ménopause et des traitements hormonaux de substitution (THS) sur la santé mentale, la fonction cognitive et la structure cérébrale des femmes. Elle conclut d’une manière peu encourageante dans les deux cas ».
Le journal explique que « l’équipe constituée autour de la Pr Barbara Sahakian, neuroscientifique réputée pour son travail sur la maladie d’Alzheimer, a analysé les données de près de 125.000 femmes issues du copieux vivier de l’UK Biobank ».
Le Parisien note que « 11.000 [femmes] ont subi une IRM cérébrale pour évaluer précisément les volumes du cerveau dans le lobe temporal médian (LTM) et le cortex cingulaire antérieur (CCA), deux zones impliquées dans la mémoire et les émotions ».
« Non seulement les volumes du LTM et du CCA étaient plus petits chez les femmes déjà ménopausées que chez les femmes périménopausées, mais les volumes les plus faibles ont été observés dans le groupe sous traitement hormonal (THS). L’étude a également montré des temps de réaction allongés pour les patientes ménopausées ou sous THS », continue l’article.
Le Pr Sahakian fait ainsi savoir que « les régions du cerveau où nous avons observé ces différences sont celles qui ont tendance à être affectées par la maladie d’Alzheimer. La ménopause pourrait rendre ces femmes plus vulnérables par la suite. Bien que cela n’explique pas tout, cela pourrait contribuer à expliquer pourquoi on observe presque deux fois plus de cas de démence chez les femmes que chez les hommes ».
Le Parisien ajoute que « les femmes sous THS sont plus susceptibles de souffrir de troubles de santé mentale. Une constatation à prendre toutefois avec des pincettes : le recoupement des données a montré que nombre d’entre elles présentaient déjà des problèmes de santé mentale avant de recevoir leur prescription ».
Le journal relève qu’« au Royaume-Uni, 15% des femmes en périménopause ont un THS et les deux tiers des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont de sexe féminin. En France, alors qu’un demi-million de femmes passe statistiquement le cap tous les ans, le taux de femmes sous THS a chuté sous les 3% après des inquiétudes sur leurs effets secondaires et le risque d’augmentation de cancer du sein. Malgré des démentis rassurants, les THS n’ont pas redécollé en France ».

« Les ultrasons à l’assaut des dépressions résistantes »

 Date de publication : 28 janvier 2026 Temps de lecture: 3 min


Marie-Laure Théodule évoque dans Le Monde « une nouvelle piste ouverte pour faire face aux 30% de dépressions dites «résistantes», car rétives aux traitements classiques à base d’antidépresseurs ».
La journaliste explique que « 5 personnes âgées de 23 à 75 ans ont ainsi testé à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, une nouvelle méthode : la stimulation cérébrale profonde par ultrasons. Les résultats sont encourageants : au bout de 5 jours, à raison de 5 séances d’ultrasons de 5 minutes quotidiennes, la sévérité de leur dépression, mesurée à l’aide d’échelles standardisées, a diminué de 61% en moyenne ».
Marie-Laure Théodule relève que « certes, la maladie s’est peu à peu réinstallée dans les 4 semaines de suivi ». David Attali, psychiatre et chercheur à l’hôpital Sainte-Anne, coauteur de ce travail, indique que « c’est toujours le cas quand on arrête un traitement contre la dépression. Il faut prévoir une période de consolidation ».
La journaliste ajoute que « leurs résultats publiés en avril 2025 dans Brain Stimulation restent à confirmer, l’étude n’ayant porté que sur 5 personnes ». Marion Plaze, psychiatre et co-auteure, précise : « Nous voulions d’abord valider la faisabilité et l’innocuité de la méthode, ce qui a été fait ».
Marie-Laure Théodule précise que « la phase intermédiaire se poursuit, avant qu’une étude comparative – traitement contre placebo – soit lancée d’ici à la fin de l’année pour évaluer l’efficacité de la solution sur un grand nombre de patients ».
La journaliste observe que « la nouvelle méthode soulève un réel espoir pour la dépression résistante aux traitements (DRT). […] Depuis l’épidémie de Covid-19, les DRT (environ 400.000 cas en France) ont augmenté, et avec elles les tentatives de suicide menant à une hospitalisation : +6% en 2024 par rapport à 2023 ».
Marie-Laure Théodule rappelle que « pour traiter la DRT, deux solutions sont reconnues par les autorités de santé en France. La plus utilisée, l’électroconvulsivothérapie (…), donne 80% de résultats positifs, mais elle perturbe souvent la mémoire. La seconde, l’eskétamine, médicament long à agir (4 semaines), n’est efficace que sur la moitié des patients ».
« Deux techniques de neuromodulation non encore agréées par les autorités de santé commencent à être utilisées. La première, la stimulation magnétique transcrânienne répétée, bien supportée, n’atteint que les zones superficielles du cerveau, ce qui ne suffit pas toujours à traiter la maladie. La seconde, la stimulation cérébrale profonde, nécessite une neurochirurgie assez lourde – implantation d’électrodes dans le cerveau – qui limite son application », relève la journaliste.
Elle indique que « l’approche développée par l’équipe du physicien Jean-François Aubry à l’Institut physique pour la médecine Paris […] se contente d’un seul émetteur, sur lequel on fixe une lentille acoustique personnalisée en silicone ».
« Réalisée à partir des données crâniennes de chaque patient, la lentille ralentit l’onde – pour rendre le crâne comme transparent aux ultrasons – et permet de focaliser la région cingulaire subcalleuse, repérée auparavant par IRM par l’équipe de Marion Plaze. Il suffit alors au soignant, guidé par un écran et une caméra, de placer la sonde au bon endroit sur le front du patient avant de commencer l’envoi des ultrasons par impulsions », poursuit Marie-Laure Théodule.
La journaliste note qu’« avec ce système de faible intensité […], on stimule la zone comme avec une électrode implantée sans que le patient ressente ni douleur ni gêne ».


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