Revue de presse santé psy – Janvier 2008


Source Mediscoop


3 01 08
« Les associations s’inquiètent du retard du plan Alzheimer »
Les Echos, L’Humanité
Les Echos font savoir que « l’Union nationale des Associations France Alzheimer se disent «inquiètes et déçues» du retard pris dans la présentation du plan 2008-2012 de lutte contre la maladie d’Alzheimer ».
Le journal rappelle que Nicolas Sarkozy avait « annoncé une consultation des professionnels et la présentation du financement du plan avant la fin de 2007, pour une mise en œuvre «dès le 1 er janvier 2008» ».
« Or la concertation n’a pas encore eu lieu », poursuit le quotidien.

4 01 08
« Le téléphone mobile pour enfants, cadeau de plus en plus suspect »
Libération, L’Humanité
Libération note sur une page qu’« alors qu’un nouveau téléphone portable destiné aux enfants vient d’être commercialisé, le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports a «invité» mercredi les familles et les parents «à la prudence et au bon usage dans leurs achats et l’utilisation de tels dispositifs» ».
Le journal précise que « le ministère indique toutefois qu’«aucune preuve scientifique ne permet aujourd’hui de démontrer que l’utilisation des téléphones mobiles présente un risque notable pour la santé» ». Le quotidien observe que « cette prise de parole aux raisons et au «timing» assez obscurs a fait bondir deux associations en croisade contre la téléphonie mobile, Agir pour l’environnement et Priartém (Pour une réglementation des implantations d’antennes relais de téléphonie mobile) ».
Libération cite Janine Le Calvez, présidente de Priartém, qui remarque que « ce communiqué est plein de contradictions, car il est dit à la fois qu’il n’y a pas de problème mais qu’il faut faire attention ».
Le journal ajoute que « pour Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’environnement, il s’agit certes d’une «avancée incontestable», mais qui arrive après que les achats de Noël ont été faits ». Pour lui, « le ministère aurait plutôt réagi «sous la pression médiatique» », continue Libération.
Le quotidien estime que « peut-être, aussi, que le ministère a juste dégainé le sacro-saint principe de précaution pour prévenir tout reproche futur ».
Le journal note en tout cas que « les deux associations ont réagi […] en menaçant de «porter l’affaire sur le terrain judiciaire, faute d’engagements politiques forts en faveur d’une réglementation interdisant la commercialisation des portables pour enfants» ».
Libération relève qu’« à la Direction générale de la santé, on se borne à répéter qu’il s’agit seulement d’un «rappel des mises en garde concernant les enfants» et qu’on attend les résultats des études en cours ».
L’Humanité retient pour sa part que « le portable pour enfants [est] mis sur liste rouge ».
Le journal remarque ainsi qu’« après des années de silence complaisant, le ministère alerte sur les risques liés à l’utilisation du téléphone mobile pour les enfants ».
Le quotidien cite également Janine Le Calvez, qui indique que « tous les résultats connus sont préoccupants et vont dans le même sens : au-delà de 10 ans et pour des utilisations prolongées, les risques de cancer du cerveau, gliomes, méningiomes, neurinomes mais aussi cancer des glandes salivaires augmentent ».
L’Humanité note en effet que « c’est ce que démontre une partie des résultats de l’étude Interphone lancée en 2000 dans 13 pays » auprès d’une population adulte.
Le journal relève que « les résultats globaux, prévus pour fin 2003, se font quelque peu attendre ». La présidente de Priartém précise que « les enfants, dont le cerveau est plus sensible, le système neurologique plus fragile, la boîte crânienne plus fine, absorbent 60 % de plus de rayonnement électromagnétique que les adultes ».

Plan Alzheimer : les principales mesures annoncées « lors de la seconde quinzaine de janvier »
Les Echos
Les Echos remarquent en bref que « suite aux critiques des associations sur les retards du plan Alzheimer, l’Elysée a indiqué hier que les principales mesures seraient annoncées «lors de la seconde quinzaine de janvier» ». Le journal cite ce communiqué, qui précise qu’« une personnalité sera chargée prochainement d’animer et de coordonner la mise en œuvre » du plan.

« Des stages payants de « sensibilisation » pour les fumeurs de cannabis »
Le Monde
Le Monde revient sur la « nouvelle arme anti-drogue du gouvernement ».
Le quotidien rappelle en effet qu’« à partir du 1er janvier, des « stages de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants » pourront être imposés aux consommateurs de drogues interpellés sur la voie publique ».
Le journal explique que « cette sanction « pédagogique » sera payante et visera surtout les jeunes fumeurs de cannabis ».
« Le gouvernement fait le pari que [ce stage] peut modifier leurs comportements », poursuit Le Monde.
Le quotidien cite Etienne Apaire, président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, qui explique que « l’idée, c’est de cumuler sanction et transmission d’informations sur la dangerosité des drogues ».
Le Monde note ainsi que « trois thèmes seront abordés [lors de ces stages] : les effets des stupéfiants sur la santé, la loi et les conséquences de sa transgression, les aspects sociaux de l’usage de drogues (risques pour soi et pour autrui, trafics, violences…). […] Ceux qui le désireront pourront être orientés vers un dispositif de soins ».
Le journal observe que « les associations intervenantes en toxicomanie sont sceptiques ».
« Si elles reconnaissent que la dynamique de groupe peut être intéressante, elles s’insurgent contre le caractère payant des stages », remarque Le Monde.
Le quotidien ajoute que « le fait que les stages de sensibilisation ne visent que les personnes interpellées inquiète aussi les associations. La quasi-totalité des fumeurs du cannabis restant à domicile, le dispositif ne peut concerner que les jeunes, souvent en difficulté, qui prennent le risque de consommer dans la rue ».
Le Monde précise toutefois que « malgré ces réticences, certains professionnels sont prêts à s’engager dans le dispositif ».

07 01 08

« Pays-Bas : alerte aux champignons hallucinogènes »
Le Parisien
Le Parisien note en effet sur deux pages que « depuis la mort d’une jeune Française de 17 ans en mars dernier à Amsterdam, le débat s’est engagé autour de la vente libre des champignons hallucinogènes ».
Le quotidien se penche ainsi sur ces « champignons très forts en psylocibine, une drogue hallucinatoire majeure, en vente libre [dans ce pays]. Grâce à Internet, ils sont distribués partout dans le monde, faisant fi des législations », ajoute le journal.
Le Parisien relève que les vendeurs « promettent une bonne tranche de rire aux usagers, très souvent des touristes. Mais certains au contraire se voient entourés d’ombres malveillantes, entendent des voix, assaillis par l’angoisse. […] Les urgences voient de plus en plus défiler chaque week-end des touristes venus s’ébaudir dans la liberté néerlandaise au risque d’y laisser leur vie ».
Le journal note que « le débat fait rage. […] Dans ce pays libéral, des voix s’élèvent contre le narcotourisme ».
Le quotidien indique que « l’interdiction totale pourrait être votée d’ici à quelques semaines ».

08 01 08

« Anorexie : décoder les premiers symptômes »
Le Figaro
Catherine Petitnicolas remarque dans Le Figaro que « bien des hypothèses ont été formulées pour expliquer ces désordres du comportement alimentaire [que sont l’anorexie et la boulimie], aux répercussions très sévères tant physiques que psychiques ».
La journaliste indique qu’« une étude américaine publiée dans une revue spécialisée de pédiatrie et de médecine de l’adolescent pointe le fait que d’avoir très peu de repas familiaux en commun est un facteur facilitateur ».
Catherine Petitnicolas relève ainsi que « selon l’équipe de Diane Neumartk-Sztainer, épidémiologiste à l’université de Minnesota, à Minneapolis (Etats-Unis), les très jeunes filles qui partagent plus de cinq fois par semaine la table familiale auraient par la suite moins tendance à se jeter dans des régimes draconiens, à se faire vomir ou à avoir recours à des pilules pour maigrir, des diurétiques ou des laxatifs ».
« En revanche, ceci n’est pas confirmé chez les garçons de même âge », précise la journaliste.
Catherine Petitnicolas cite pour l’occasion le Pr Maurice Corcos, chef du service de psychiatrie de l’adolescent à l’Institut mutualiste Montsouris, à Paris, qui rappelle : « Nous savons bien depuis longtemps que la table est également un lieu relationnel, un lieu d’échange où l’affectivité est primordiale ».
La journaliste observe ainsi que « le fait de ne plus pouvoir partager les repas avec ses proches est un symptôme d’alerte que les parents doivent savoir repérer et décoder ».

10 01 08

« Pourquoi les Français sont moins obèses que les autres »
Le Point numéro 1843
C’est ce qu’explique Le Point sur trois pages.
L’hebdomadaire relaie ainsi les conclusions que tirent le sociologue Claude Fischler et la psychologue Estelle Masson, dans un livre intitulé « Manger. Français, Européens, Américains face à l’alimentation » (Odile Jacob), après avoir enquêté auprès de 7 000 personnes aux Etats-Unis et dans cinq pays d’Europe.
Le magazine retient avant tout que « dans notre culture, le repas demeure un rituel de convivialité qui nous protège (un peu) des ravages de la «malbouffe» ».
Le Point livre les propos de Claude Fischler, qui déclare notamment : « De tous les pays développés et connaissant le même type d’environnement, la France est, avec le Japon, celui qui est encore le moins touché par l’obésité ».
« Pour les Français, bien manger, c’est certes manger varié et équilibré, mais surtout «convivial» : le plaisir se partage et le partage fait plaisir », poursuit le directeur de recherche au CNRS.
Claude Fischler ajoute qu’« un sous-échantillon de médecins a répondu au même questionnaire que les profanes. C’est frappant : les différences culturelles dans le domaine alimentaire sont si marquées qu’elles transcendent dans une large mesure non seulement les classes sociales, mais aussi les compétences médico-scientifiques : sur certaines questions, les médecins sont plus proches de leurs concitoyens profanes que des médecins d’autres pays ».

« Alzheimer : valoriser la recherche médicale »
Les Echos
Alain Perez aborde dans Les Echos le plan Alzheimer, qui « devrait conduire à un renforcement de la collaboration entre la recherche académique publique et le développement industriel ».
Le journaliste remarque que « de très nombreuses équipes de chercheurs sont mobilisées et il s’agit donc d’un véritable cas d’école pour la collaboration public-privé ».
Alain Perez observe toutefois qu’« alors que les chercheurs français ont réussi des percées originales et de niveau mondial dans le domaine de la maladie de Parkinson, ils sont clairement en retard dans la MA ».
Le journaliste note en outre que « tout ou presque reste à faire », relevant que « les quatre molécules actuellement sur le marché possèdent une «efficacité modeste» ».
Alain Perez relève notamment que « selon Christian Lajoux, président des entreprises du médicament (Leem), 118 laboratoires dont 80 sociétés de biotech ont dans leurs cartons pas loin de 150 molécules ciblant la MA. En France, 6 laboratoires et 2 sociétés de biotech ont engagé des programmes de recherche ».

11 01 08

« Surdité : réticences sur le dépistage néonatal »
Libération, Le Parisien
Eric Favereau note dans Libération qu’« a priori, un dépistage néonatal systématique des enfants sourds ne pose pas de problème éthique ».
« Pourtant, il aura fallu pas moins de 25 versions au Comité national d’éthique pour rendre un avis sur cette question », observe le journaliste.
Le président de l’organisme, le Pr Didier Sicard, déclare : « Evidemment, nous ne sommes pas contre le dépistage, mais nous sommes réservés sur le côté systématique, et surtout nous ne sommes pas pour que l’on dépiste dès les premiers jours de la vie ».
Eric Favereau observe que « la question se révèle complexe. Qu’est ce que la surdité ? Est-ce un handicap, ou une maladie qui se soigne à l’instar de la mucoviscidose ? Faut-il se précipiter dès la naissance pour la détecter, afin d’installer au plus vite des implants cochléaires au nourrisson pour qu’il puisse faire l’apprentissage de la parole ? ».
« Mais si tel est le cas, pourquoi, comme le notent les sages, «les sourds dans leur grande majorité sont-ils farouchement opposés à ce type de dépistage» ? », poursuit le journaliste.
Eric Favereau relève en outre que « le retard dans le diagnostic peut constituer une évidente perte de chances pour l’enfant. En même temps, la question du dépistage ne se pose de la même façon quand les parents de l’enfant sont sourds, ou quand ils ne le sont pas ».
Le journaliste cite les conclusions des sages, qui estiment que « si le dépistage d’une surdité profonde doit être réalisé aussi précocement que nécessaire, […] les tests réalisés trop précocement ne sont pas suffisamment fiables pour faire l’objet d’une généralisation systématique ».
Eric Favereau note que le Comité « préconise «le concept de repérage orienté des troubles des capacités auditives plutôt qu’un dépistage néonatal généralisé» ».
Le Parisien constate également que « le dépistage de la surdité [est] remis en cause ».
Le journal note que selon le CCNE, « les tests ultraprécoces […] ne sont ni fiables ni satisfaisants concernant le suivi psychologique des parents », le Comité redoutant « une médicalisation excessive de la surdité ».
Le quotidien cite le Pr Jean Dagron, de la Fédération nationale des sourds de France, qui remarque qu’un test de dépistage dès les premiers jours de l’enfant « est beaucoup trop tôt. Cela assimile la surdité aux autres maladies graves. […] Le risque étant un traumatisme des parents et un rejet du bébé ».

15 01 08

La cocaïne est « vite nocive »
Sciences et Avenir numéro 731
Sciences et Avenir observe que « la consommation occasionnelle de cocaïne, même une seule fois par mois, suffit à exercer un effet sur le comportement ».
Le magazine indique que c’est ce que viennent de prouver des psychologues des universités de Leyde et d’Amsterdam, aux Pays-Bas, dans PLoS One.
Sciences et Avenir explique qu’« au cours d’un test, des volontaires devaient appuyer sur une touche d’ordinateur lorsqu’une flèche apparaissait à l’écran et ne pas le faire lorsque celle-ci passait au rouge; les usagers occasionnels de la drogue ont eu plus de peine à obéir au signal rouge de stop. Et ce d’autant plus que leurs habitudes de consommation «occasionnelle» de cocaïne duraient depuis longtemps ».
Le mensuel cite Laurent Karila, médecin de la consultation cocaïne à l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif, qui remarque que « ce résultat montre que les effets de la cocaïne sont encore pires que ce l’on croyait. Sa toxicité, qui finit par provoquer des troubles psychiatriques et cardio-vasculaires graves, semble agir très tôt, même chez des patients sans antécédents particuliers ».
« Elle est autrement plus redoutable que celle de cannabis et d’autant plus pernicieuse que la dépendance est très forte, même si la consommation est espacée dans le temps », poursuit le praticien.
Sciences et Avenir ajoute que « dans leur étude, les auteurs soulignent que le retard d’inhibition chez les consommateurs occasionnels peut déjà les gêner pour s’arrêter à temps à un feu rouge ».

16 01 08

« Difficultés d’endormissement chez les enfants : pas de médicament »
Prescrire numéro 291
Prescrire note en effet que « la prise en charge des troubles de l’endormissement chez les enfants repose sur des mesures non médicamenteuses : une bonne hygiène du sommeil en premier lieu ».
La revue « déplore la nouvelle indication officielle de l’hydroxyzine comme hypnotique chez les enfants à partir de 3 ans (sous forme de sirop) ».
Prescrire rappelle que « l’efficacité de l’hydroxyzine n’est pas démontrée dans cette indication, alors que ses effets indésirables nombreux et parfois graves sont connus depuis plusieurs années : troubles neurologiques et psychiques, réactions allergiques graves, etc. ».
Le mensuel constate en outre que « l’hydroxyzine sous forme sirop contient de l’alcool et des substances susceptibles d’entraîner des convulsions (dérivés terpéniques) ».
Et « la seringue orale est graduée en ml, alors que sa posologie est exprimée en mg, ce qui fait craindre des surdoses par erreur de conversion », poursuit la revue.

17 01 08

Le thermalisme pour soigner la dépression
Le Parisien
Le Parisien fait savoir qu’aujourd’hui, « une équipe de chercheurs français rend publique une vaste étude démontrant pour la première fois les effets bénéfiques du thermalisme sur la dépression ».
Le journal cite le Dr Olivier Dubois, coordonnateur de l’enquête, psychiatre à la station thermale de Saujon (Charente-Maritime), qui remarque que « cette méthode s’avère beaucoup plus efficace que certains médicaments ».
Le Parisien explique que cette étude, intitulée Stop-Tag, a été réalisée auprès de 318 personnes : « Les patients ont été partagés en deux groupes. Le premier a bénéficié de 3 semaines de soins thermaux […] et le second a reçu un traitement médicamenteux à base de Deroxat ® ».
Le quotidien note que « selon l’évaluation des deux groupes réalisée 8 semaines après le début du traitement, la diminution des symptômes anxieux, comme les troubles du sommeil, est beaucoup plus importante chez les curistes ».
Le Dr Dubois précise : « Ils sont 50 % à aller mieux contre 35 % pour le groupe sous médicament ».
Pour expliquer ces résultats, le psychiatre observe notamment que « des études ont montré que l’action de l’eau sur la peau stimule les cellules qui agissent sur la glande surrénale, impliquée dans le stress. Il y a aussi une action positive sur la fabrication par notre organisme des opioïdes endogènes, des molécules permettant de lutter contre la douleur ».
Olivier Dubois ajoute : « Il est temps de prendre au sérieux les vertus du thermalisme dans les troubles psychiques. Pourquoi ne pas l’envisager avant de prescrire des médicaments ? On peut faire les deux ».

18 01 07

« La dérive du marché des médicaments psychotropes »
L’Humanité
L’Humanité remarque que « la revue Prescrire, lors de la remise de la pilule d’or hier, a organisé un débat sur la surconsommation des psychotropes en France et le rôle joué par les laboratoires ».
Le journal indique ainsi : « Le diagnostic est brutal. Pendant 5 ans, Prescrire a analysé les médicaments psychotropes nouvellement mis sur le marché. Conclusion : aucun progrès thérapeutique n’a été réalisé pour la prise en charge des maladies psychiques ».
L’Humanité rappelle en outre que « la France est le champion du monde de la consommation d’antidépresseurs, neuroleptiques et autres psychostimulants ».
Le quotidien note que lors de ce débat, « des psychiatres et des pharmacologues se sont penchés sur «le marché des médicaments psychotropes : la dérive» ».
L’Humanité relève notamment que « ceux qui en auraient le plus besoin ne bénéficient pas de médicaments vraiment innovants et les autres sont surmédicalisés, avec des conséquences pas anodines pour leur santé ».
Le journal ajoute que « l’exemple des antidépresseurs est frappant : les laboratoires opèrent un glissement de leurs indications vers des troubles anxieux, le stress post-traumatique et même le traitement de la boulimie ».
Le quotidien aborde les effets secondaires de ces nouvelles molécules, « éléments presque systémiquement passés sous silence par les laboratoires ».
L’Humanité note enfin dans un encadré que la pilule d’or de Prescrire pour 2007 a été attribuée au Carbaglu ®, prescrit chez « les enfants atteints d’un trouble rare et mortel du cycle de l’urée ».
« Au tableau d’honneur, on trouve également le Glivec ®, dans le traitement de la leucémie myéloïde chronique, et le Herceptin ®, dans le traitement adjuvant de certains cancers du sein », poursuit le journal.

« Les médecins prescrivent aussi des substances inactives »
Le Figaro
Jean-Michel Bader indique dans Le Figaro qu’« une jeune étudiante en médecine de l’université de Chicago s’est lancée dans une enquête importante pour évaluer la fréquence de prescription des placebos, et les raisons qui poussent les médecins américains à les délivrer à leurs patients ».
Le journaliste note qu’« avec l’aide d’un professeur de médecine de la même université, John Hickner, Rachel Sherman a envoyé un questionnaire très détaillé à 466 spécialistes de médecine interne des trois plus gros centres hospitalo-universitaires de l’État du Michigan. Elle en publie les résultats dans le Journal of General Internal Medicine ».
Jean-Michel Bader précise que « les questions portaient sur la définition d’un placebo, leur utilisation, l’information donnée au patient qui le reçoit, la valeur thérapeutique et les bénéfices attendus ».
Le journaliste relève que « 45 % des médecins hospitaliers interrogés utilisent les vertus du placebo (qu’il s’agisse de gélules de sucre ou d’amidon). De surcroît, 15 % des praticiens prescrivent des placebos jusqu’à 10 fois par an, et 8 % en prescrivent plus de 10 fois chaque année. Enfin, 80 % pensent que leurs collègues ont recours au placebo ».
Jean-Michel Bader note que ces praticiens prescrivent un placebo pour « des plaintes vagues non spécifiques, les demandes «injustifiées» d’ordonnances médicamenteuses. Ils cherchent aussi à contrôler la douleur, ou encore à couper court aux plaintes chroniques ».
Le journaliste continue : « Près de 34 % présentent le placebo au malade comme une substance «qui peut vous aider et n’aura pas d’effet indésirable» et 19 % leur disent que «c’est un médicament». Environ 9 % se contentent d’un «c’est une médication sans effet bien spécifique». Seuls 4 % des médecins avertissent qu’il s’agit d’un placebo pur ».
Jean-Michel Bader relève par ailleurs que « sur un plan éthique, ils ne sont que 12 % à estimer que l’usage du placebo devrait être totalement prohibé ».

22 01 08

« Le pouvoir des antidépresseurs remis en cause »
Le Figaro
Catherine Petitnicolas note dans Le Figaro que « l’efficacité des nouveaux antidépresseurs mis sur le marché depuis le milieu des années 1980, avec pour chef de file la fluoxétine (alias Prozac ®), est mise en doute par des experts américains de la FDA ».
La journaliste indique en effet qu’« une étude du New England Journal of Medicine démontre que des publications ont exagéré l’efficacité de ces médicaments parés de toutes les vertus par les laboratoires, les médecins et même les malades ».
Catherine Petitnicolas livre les résultats « révélateurs » de cette étude, menée par le Dr Erick Turner, psychiatre et pharmacologue (université de l’Oregon, Etats-Unis), sur « 12 nouveaux antidépresseurs très largement prescrits entre 1981 et 2004 ».
La journaliste observe que « 94 % des médicaments testés avaient des effets positifs. Mais, pour la FDA, juge beaucoup plus sourcilleux, seule la moitié des études soumises à sa sagacité était dans ce cas ».
« Dans l’autre moitié, les médicaments n’avaient pas l’effet escompté. De surcroît, si toutes les études positives, sauf une, ont donné lieu à publication dans la littérature scientifique, celles qui étaient négatives (33 sur 36 ayant enrôlé 5 212 patients) sont restées dans les tiroirs de la FDA. Ou, pis, elles ont été «maquillées» pour leur donner un aspect positif, contraire au verdict de la FDA », poursuit Catherine Petitnicolas.
La journaliste cite le Dr Turner, qui remarque que « des publications sélectives peuvent conduire les médecins et les patients à croire que ces médicaments sont plus efficaces qu’ils ne le sont vraiment, un résultat susceptible d’influencer les prescriptions ».
Le spécialiste ajoute : « Nous ne savons pas si ces erreurs d’interprétation résultent d’une faute des auteurs ou des sponsors qui ont soumis leur manuscrit, ou d’une décision des éditeurs de ne pas publier certaines études, voire de ces deux parties. Mais une chose est sûre, les médecins prescripteurs et les personnes traitées, les premières concernées, devraient avoir accès à des expertises complètes et non maquillées ».
Catherine Petitnicolas relève que « cette étude apporte de nouveaux arguments aux experts qui dénoncent la dérive du marché des psychotropes, incriminant la logique marchande des firmes ».

« Les ouvriers restent désavantagés face à la maladie et à la mort »
Les Echos, La Croix
Les Echos observent en effet que « dans une étude au titre évocateur, «La double peine des ouvriers», l’Institut national d’études démographiques explique que non seulement les catégories socioprofessionnelles du bas de l’échelle vivent en moyenne moins longtemps que les cadres, mais que, de surcroît, elles passent plus de temps qu’eux en mauvais état de santé ».
Le quotidien remarque que « d’une manière générale, les situations d’incapacité augmentent avec l’âge : à partir de 60 ans, les hommes passent en moyenne trois années de leur vie en ayant de la peine à réaliser des activités élémentaires comme faire sa toilette, s’habiller ou se nourrir ; pour les femmes, qui vivent plus longtemps, cette période s’étend sur 5 ans ».
Le journal précise que « les écarts sont importants selon le type d’activité professionnelle : à 35 ans, les cadres supérieurs ont une espérance de vie de 47 ans, soit 4 années de plus que la moyenne et 6 années de plus que les ouvriers ».
« A partir de cette deuxième tranche de vie, ils peuvent espérer vivre en moyenne 34 ans en bonne forme physique, soit 10 années de plus que les ouvriers », poursuivent Les Echos
Le quotidien relève en outre que « les différences les plus notables concernent les «petites» incapacités (difficulté à voir de près ou de loin, à entendre, à se pencher, etc.) », ou encore remarque que « les personnes sans activité (ni retraité ni chômeur) sont les plus fragiles : elles ont, de loin, l’espérance de vie la plus courte ».
Le journal indique que cela « s’explique pour les hommes par le fait que ceux-ci sont souvent exclus du marché du travail en raison d’un handicap », alors que « les femmes ont beau être plus nombreuses à choisir de rester au foyer (pour élever leurs enfants par exemple), leur espérance de vie est tout de même de 2 ans inférieure à celle des ouvrières ».
La Croix constate aussi que « les ouvriers vivent moins longtemps et en moins bonne santé ».
Le quotidien cite cette étude de l’Ined, publiée dans Population & Sociétés, qui indique entre autres qu’« après 60 ans, les ouvriers et les ouvrières vivront en moyenne plus d’années avec que sans limitations fonctionnelles ». (Etude de l’Ined à télécharger ici)

24 01 08

Un plan contre l’anorexie annoncé en février
Le Parisien
Le Parisien fait savoir brièvement qu’« un plan contre l’anorexie sera annoncé en février, selon le ministère de la Santé ».
Le journal note que ce plan « inclura une charte de bonne conduite, élaborée par un groupe de travail qui rassemble des professionnels de la publicité, des représentants d’associations, des spécialistes scientifiques et des professionnels de la mode ».

24 01 08

« Un lien direct est établi entre stress au travail et affections cardiaques »
Le Monde
Le Monde note que selon une étude britannique portant sur plus de 10 000 fonctionnaires, publiée sur le site du European Heart Journal, « un lien de causalité directe peut exister entre le stress au travail et diverses affections cardiaques, comme l’angine de poitrine et l’infarctus du myocarde ».
Le journal indique que les chercheurs, dirigés par Sir Michael Marmot, professeur d’épidémiologie et de santé publique (University College, Londres), « ont confirmé les données connues sur l’exposition chronique au stress professionnel et l’augmentation du risque de maladies coronariennes. Ils observent aussi que cette association est plus élevée chez les femmes et chez les hommes âgés de moins de 50 ans ».
« Mais ils vont plus loin dans leurs conclusions. […] Ils estiment avoir pu mettre en lumière le fait que le stress peut, à lui seul, être directement à l’origine des accidents cardiaques par l’intermédiaire du système nerveux végétatif, qui assure le contrôle des fonctions respiratoire, digestive, cardio-vasculaire et endocrinienne. Il joue de ce fait un rôle central dans les réponses neuroendocriniennes au phénomène de stress », précise Le Monde.
Le quotidien observe que « l’étude montre notamment que les personnes soumises à des stress chroniques ont plus que d’autres des taux matinaux anormalement élevés de cortisol et que leur appareil cardio-vasculaire n’a plus les mêmes capacités d’adaptation ».
Le Monde ajoute que « ceci ne signifie pas que les facteurs comportementaux ne jouent aucun rôle, mais les chercheurs estiment que ces facteurs – qui peuvent d’ailleurs être induits par le stress – ne joueraient, au total, que pour un tiers dans la genèse des manifestations pathologiques ».

« Le stress est sexué »
Pour la Science numéro 363, La Recherche numéro 415
Pour la Science note qu’« hommes et femmes ne sont pas égaux face aux maladies. Les hommes sont plus souvent victimes d’infections, de maladies cardio-vasculaires et de dépendance aux drogues ou à l’alcool. Les femmes souffrent davantage de maladies chroniques, de dépression et d’anxiété ».
Le magazine observe que « les hormones, les gènes et l’environnement joueraient un rôle », et indique que « Jiongjiong Wang et ses collègues de l’Université de Pennsylvanie, à Philadelphie, et de l’Université Rockefeller, à New York, ont montré que le stress interviendrait aussi, car le stress des hommes n’est pas le même que celui des femmes ».
Pour la Science explique ainsi que, selon des travaux publiés dans Social Cognitive and Affective Neuroscience, « ces biologistes ont observé par IRM fonctionnelle comment le cerveau de 16 femmes et celui de 16 hommes s’activent en réaction à un stress psychologique ».
« Chez les hommes, le cortex préfrontal droit – qui régule les émotions négatives – s’active davantage, tandis que le cortex orbitofrontal gauche – qui a un rôle inhibiteur – est moins stimulé ; ces réactions sont dues à la libération de l’hormone du stress, le cortisol », indique le mensuel.
« En revanche, chez les femmes, c’est le système limbique du cerveau – le cerveau émotionnel – qui s’active, et ce, indépendamment de la concentration en cortisol », poursuit le magazine.
Pour expliquer cette différence, Pour la Science remarque qu’« au cours de l’évolution, les hommes auraient réagi face à des situations psychologiquement stressantes en les affrontant ou en fuyant, d’où les modifications de l’activité cérébrale enregistrées ».
« Au contraire, les femmes auraient contrôlé leur stress de façon émotionnelle en s’occupant de leurs enfants au sein de groupes sociaux », continue le mensuel.
La Recherche aborde aussi cette étude sur « genre et stress ».
Le magazine relève que « ces résultats pourraient expliquer en partie la plus grande vulnérabilité des femmes à la dépression ou à l’anxiété ».

25 01 08

« Suicides : des médicaments placés sous surveillance »
Le Figaro, Les Echos
Le Figaro indique que « la FDA demande aux laboratoires de renforcer les contrôles sur leurs nouvelles molécules, lors des essais cliniques ».
Le journal note en effet que « la FDA a décidé de réclamer depuis quelques mois aux industriels qu’ils étudient de près si les sujets inclus dans les essais cliniques en cours ont ou non un risque suicidaire ».
Le quotidien relève que « tout a démarré après le gros coup dur infligé au géant français Sanofi en juin 2007 :  sa demande d’autorisation de mise sur le marché américain du Rimonabant ®, conçu pour lutter contre l’obésité et le surpoids, mais aussi le diabète gras de la maturité et certaines dyslipidémies, avait été rejetée par l’agence fédérale américaine ».
« Motif : quatre suicides, des troubles de l’humeur, des idées suicidaires et des phobies soudaines avaient effrayé le comité scientifique », rappelle Le Figaro.
Le journal retient qu’« après des décennies de mépris quant aux possibles effets secondaires psychiatriques des médicaments lors d’essais cliniques, l’agence fédérale s’est dotée de nouvelles règles ».
Le quotidien indique que « Jean-Marc Podevin (Sanofi Aventis) confirmait hier que la firme «a bien reçu une demande de la FDA d’utiliser l’échelle de Posner, élaborée pour évaluer le risque de suicide, pour tous les essais cliniques en cours» et ce dès le début du dossier d’enregistrement du Rimonabant ® ».
Le Figaro note que « l’agence a envoyé des lettres officielles en ce sens à la plupart des industriels, mais n’a pas communiqué officiellement sur ce thème ».
Le journal précise que « des médicaments antiépileptiques, des troubles de l’humeur, de l’incontinence urinaire, des médicaments de sevrage tabagique sont dans le collimateur de l’agence fédérale ».
Le Figaro observe cependant que le Dr Kelly Posner (département de psychiatrie, Columbia University, New York) « considère avoir du mal à convaincre ses homologues de l’Afssaps de l’intérêt de cet outil moderne [qu'est l'échelle portant son nom]. À l’Afssaps, on considère, «au contraire, que c’est une préoccupation nouvelle qui va réclamer une concertation supranationale au niveau de l’agence européenne» ».
« Mais, à ce jour, les industriels n’ont pas été sommés de le faire », remarque le journal.
Les Echos relèvent également qu’aux Etats-Unis, « les laboratoires devront mesurer les pensées suicidaires lors des essais cliniques ».

« La dispute conjugale est bonne pour la santé »
Le Figaro, Le Parisien
C’est ce que note Le Figaro, qui aborde une étude américaine à paraître dans le Journal of Family Communication, menée par Ernest Harburg, de l’université du Michigan.
Le quotidien indique ainsi que « les familles qui ne parviennent pas à exprimer leur colère ont un taux de mortalité deux fois plus important que ceux où au moins un partenaire extériorise. Et, après 17 ans, les couples où aucun conjoint n’avait exprimé son courroux avaient environ 5 fois plus de risque d’être tous deux décédés que ceux adeptes de la dispute ».
Le journal précise que l’enquête, menée de 1971 à 1988, « a porté sur l’impact de la colère enfouie et du ressentiment sur la mortalité au sein des couples. Sur les 192 couples étudiés, 26 évitaient tout conflit ».
Le Figaro rappelle que « de précédentes études avaient montré que le fait de réprimer sa colère augmentait les maladies liées au stress comme les problèmes cardiaques ou ceux liés à la tension artérielle ».
Le Parisien note également que « se disputer avec son conjoint peut se révéler bénéfique pour la santé ».

28 01 08

« Les dommages invisibles des explosions sur le cerveau »
Le Figaro, Science
Le Figaro publie un article de la revue Science, qui se penche sur la découverte d’Ibolja Cernak, neurologue à l’hôpital militaire de Belgrade (Serbie), qui, « au cours de la guerre des Balkans de 1990, se trouva confrontée à une énigme : elle voyait des soldats atteints de troubles de la mémoire, de vertiges, de problèmes d’élocution, mais sans trace de blessure ».
Le journal explique que « lorsqu’elle fit réaliser des images par tomographie ou IRM [chez des soldats ayant « survécu à une forte explosion au cours d'un combat »], elle vit des signes d’altération. Dans certains cas, les ventricules du cerveau s’étaient agrandis ou il y avait la trace d’un léger saignement ».
Le Figaro aborde ainsi ce traumatisme appelé shellshock ou choc d’obus, que « docteurs et officiers considéraient [depuis la Première Guerre mondiale] comme un phénomène psychologique transitoire, qui touchait selon eux les soldats plus fragiles mentalement ».
Le quotidien indique que la neurologue « a mené en 1999 une étude auprès de 1 300 soldats blessés au bas du corps, mais pas à la tête. La moitié l’avait été lors d’une explosion, les autres par un projectile. Parmi les premiers, beaucoup se plaignaient d’insomnies, vertiges et pertes de mémoire ».
« Dans ce même groupe, 36 % des victimes avaient montré un électroencéphalogramme irrégulier dans les trois jours suivant le traumatisme, contre 12 % dans le second groupe. Un an plus tard, ils étaient encore 30 %, contre seulement 4 % dans l’autre groupe », poursuit Le Figaro.
Le journal relève que selon Ibolja Cernak, « les ondes de choc se propagent à travers les vaisseaux sanguins du thorax au cerveau et y laissent des traces neurologiques qui peuvent être longues à se manifester. Dans ce cas, les casques ne seraient pas très utiles ».
Le Figaro observe que « la question de savoir comment les déflagrations affectent le cerveau est peu à peu devenue prioritaire en médecine militaire ».
Le quotidien ajoute : « Que le simple fait d’être exposé à une déflagration puisse provoquer des dommages durables au cerveau a ouvert une boîte de Pandore, en particulier pour des vétérans plus anciens. Car cela implique que certains pourraient souffrir de déficits neurologiques non diagnostiqués ou confondus avec un syndrome de stress posttraumatique ».

29 01 08

« La psychiatrie publique oubliée »
Libération
Libération livre sur sa Une et 3 pages « le «J’accuse» de Sandrine Bonnaire ».
Le quotidien indique en effet qu’« à l’occasion de la sortie de son documentaire, «Elle s’appelle Sabine», l’actrice est retournée sur les lieux où a été internée sa sœur, dressant un constat alarmant de la psychiatrie publique ».
Sandrine Bonnaire déclare ainsi : « Sabine a été endormie, enfermée, droguée, et tout cela a servi à quoi ? Pendant ces années-là, on ne comprenait pas. On nous disait que c’était nécessaire, qu’il fallait l’interner. Et nous, avec mes sœurs, on voyait Sabine décliner ».
Libération en profite pour se pencher sur cette « psychiatrie publique oubliée », observant que « depuis près de 20 ans, elle tangue dans une indifférence des pouvoirs publics. On ferme des lits à tour de bras, passant de près 80 000 lits en 1989 à 40 000 ».
« Le nombre de patients suivis en psychiatrie a pourtant été multiplié dans la même période par deux », remarque le journal.
Le quotidien relève qu’« il y a bien eu un plan «santé mentale», lancé en 2005, par Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé. Concocté à la hâte, juste après le double meurtre à l’hôpital psychiatrique de Pau, il est aujourd’hui englué dans une panne complète ».
Libération rappelle qu’« en décembre, le Comité national d’éthique a rendu un rapport sur les insuffisances de la prise en charge des autismes en France. Son président, le Pr Didier Sicard, est sorti de sa réserve, pour évoquer «la honte française» et assurer que «nous sommes à la limite de la maltraitance» ».
Le journal précise que « des secteurs de psychiatrie se démènent, souvent seuls. […] Des associations de malades mentaux font un travail remarquable. Il n’empêche, sur ce paquebot devenu ivre, l’industrie pharmaceutique reste seule à bénéficier de moyens. Elle impose sa loi, parfois avec raison : bien des molécules ont réussi à adoucir la vie des malades ».
« Mais est-ce si bon signe qu’en France, jamais la consommation de médicaments, comme les antipsychotiques, n’a été aussi prégnante ? », s’interroge Libération.

« Un «coaching» pour les diabétiques »
La Croix
La Croix fait savoir qu’« en mars, l’assurance-maladie va lancer dans 10 départements un service «d’accompagnement» téléphonique » pour diabétiques.
Le journal note qu’« appelé Sophia, ce dispositif aura pour objectif d’améliorer la qualité de vie de ces malades chroniques, en les aidant à suivre les recommandations de leur médecin ».
« Des infirmières, spécialement formées, seront chargées de répondre à toutes leurs questions ou demandes de conseil », continue le quotidien.
La Croix retient que « le but est d’aider les patients à gérer leur maladie et éviter certaines complications, potentiellement graves ».

30 01 08

« Quand le sport fait rajeunir de dix ans »
Le Figaro
Martine Perez note dans Le Figaro que selon une étude britannique parue dans les Archives of Internal Medicine, « le vieillissement biologique serait moins rapide chez les personnes actives, à patrimoine génétique équivalent ».
La journaliste explique que « l’objectif de ce travail était de comparer chez des vrais et des faux jumeaux ces marqueurs du vieillissement chromosomique que sont les télomères, et de voir s’il y avait une corrélation entre ces marqueurs et la pratique d’un exercice physique ».
Martine Perez relève que « les chercheurs du King’s College de Londres ont étudié 2 401 jumeaux (vrais ou faux), hommes ou femmes, âgés en moyenne de 48 ans, qui, dans un premier temps, ont répondu à un questionnaire sur leur niveau d’activité physique, leur statut socio-économique et leur tabagisme ».
« Ils ont également, à partir d’une prise de sang, extrait l’ADN des globules blancs de chacun d’entre eux pour examiner la longueur des télomères », poursuit la journaliste.
Martine Perez indique ainsi que « les personnes les moins actives physiquement ont des télomères plus courts que ceux faisant régulièrement de l’exercice. Et cela, y compris chez les couples de vrais jumeaux ».
Le Dr Lynn Cherkas précise que « les plus actifs ont des télomères d’une longueur comparable à des personnes sédentaires 10 ans plus jeunes ».
Martine Perez se demande « par quel mécanisme l’exercice physique agirait sur le vieillissement cellulaire ? Les explications ne sont pas encore très claires. Les auteurs évoquent le stress oxydatif ou encore le stress psychologique, qui influerait sur les télomères et le processus de vieillissement ».
La journaliste retient en tout cas que cela « devrait inciter les médecins à recommander systématiquement la pratique d’activité physique à leurs patients plutôt que de leur prescrire toujours plus de médicaments ».

31 01 08

« Des souvenirs oubliés peuvent renaître sous l’effet de stimulations électriques du cerveau »
Le Monde
Jean-Yves Nau indique dans Le Monde qu’« il est possible, en stimulant une région spécifique du cerveau, de réveiller certains souvenirs disparus et d’améliorer les capacités mnésiques ».
« Telle est la spectaculaire conclusion à laquelle sont parvenus les membres d’une équipe médicale canadienne dirigée par le Pr Andres M. Lozano, chef de la division de neurochirurgie au Toronto Western Hospital », note le journaliste.
Jean-Yves Nau explique que cette observation publiée sur le journal en ligne de l’Association américaine de neurologie « a été faite, par hasard, chez un homme âgé de 50 ans pesant 190 kg, chez lequel on expérimentait la technique de stimulation électrique intracérébrale profonde pour obtenir une modification du comportement alimentaire ».
Le journaliste relève ainsi que « les neurochirurgiens canadiens expliquent que durant la période où ils pratiquaient, au moyen d’électrodes intracérébrales, la stimulation d’une région très précise de l’hypothalamus, leur patient a subitement eu la perception d’une scène familière, vécue 30 ans auparavant ».
« Les auteurs rapportent, en outre, que la précision de cette impression de « déjà-vu » augmentait parallèlement à l’intensité de la stimulation », continue Jean-Yves Nau.
Le journaliste livre la réaction du Pr Alim-Louis Benabid (CHU de Grenoble), qui parle d’une publication « très importante et [qui] soulève de très intéressants problèmes », mais qui « se garde d’en déduire que l’on pourra traiter de la sorte les troubles de mémoire, à commencer par ceux dont souffrent les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ».


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