05 09 2012

« Santé : peu de dégâts chez les ados connectés » 
Libération, La Croix, L’Humanité 
Libération fait savoir que « l’Inpes a étudié les répercussions d’Internet et des réseaux sociaux sur l’état des jeunes ». Le journal retient que ces derniers « sont de plus en plus connectés, mais ils ont une vie amicale riche. Ils dorment certes moins mais ils se nourrissent mieux ». L’Inpes remarque ainsi que « plus de 93% des ados ont au moins trois véritables amis, et ont une vie amicale plus riche qu’en 2006 ».
Libération précise cependant qu’« ils dorment moins bien. Les réseaux sociaux perturbent leur sommeil ». L’Inpes observe ainsi que « ceux qui utilisent un ordinateur ont un temps de sommeil plus court (8 heures et 6 minutes contre 8 heures et 50 minutes), de même ceux disposant d’un téléphone portable équipé d’Internet ».
La Croix remarque de son côté que selon cette « vaste étude sur le bien-être et la santé des 11-15 ans, […] les collégiens français vont bien ! ».
Le journal retient ainsi que « les habitudes alimentaires s’améliorent et l’usage des nouvelles technologies a plus d’effets bénéfiques que négatifs. […] 44% des 11-15 ans déclarent manger des légumes tous les jours (et 39% des fruits), contre 42% en 2006 (31% pour les fruits) ».
La Croix souligne en outre que « 88% des collégiens estiment que leur santé est «bonne» ou «excellente» », mais évoque un « aspect inquiétant : la consommation d’alcool et de tabac. […] L’enquête montre que 35% des jeunes de troisième ont déjà connu l’ivresse. […] Au seuil du lycée, ils sont aussi 1 sur 6 à fumer tous les jours ».
Et L’Humanité observe que « nos ados vont plutôt bien, mais ne dorment pas assez ». Le journal relève en outre que « les filles se déclarent en moins bonne santé. Elles se plaignent davantage de ce qu’on appelle «les symptômes flous de l’adolescence», à savoir de la fatigue, de l’irritation, des difficultés d’endormissement, de la déprime. A cela s’ajoutent des troubles somatiques comme le mal de dos, le mal de tête ou le mal au ventre ».

06 09 2012

« Le stress modifie durablement le cerveau des combattants »
Le Figaro 

C’est ce que constate Damien Mascret, qui note dans Le Figaro que « l’imagerie cérébrale de combattants néerlandais révèle des anomalies visibles jusqu’à 18 mois après leur retour d’Afghanistan », selon des travaux parus dans les comptes-rendus de l’Académie des sciences américaines (PNAS). Le journaliste explique ainsi que « le Pr Guido van Wingen et ses collègues de l’université de Radboud, d’Amsterdam et du Centre de recherche militaire d’Utrecht ont fait passer des examens d’imagerie cérébrale sophistiquée à 33 soldats avant qu’ils ne soient déployés en Afghanistan pour une mission de 4 mois, puis à nouveau 6 semaines après leur retour et enfin 1 an et demi plus tard ». « Aucun n’avait été blessé lors de la mission mais tous avaient été soumis au stress prolongé des zones de combat. Les résultats étaient comparés à un groupe de soldats qui n’avaient pas participé aux opérations », ajoute Damien Mascret. Le journaliste relève que « des différences nettes sont apparues au retour de mission, visibles à l’IRM fonctionnel et l’imagerie du tenseur diffusion, une technique qui suit les mouvements des molécules d’eau dans le cerveau et renseigne indirectement sur «l’état des routes» qui le traversent ». « Outre les modifications transitoires, présentes au retour mais disparues un an et demi plus tard, les chercheurs ont mis en évidence des perturbations durables de la circulation entre deux zones du cerveau, le cortex préfrontal et le mésencéphale, autrement dit le milieu du cerveau », note Damien Mascret. Le Pr van Wingen écrit que « ces résultats suggèrent que le cerveau humain peut largement récupérer des effets délétères du stress, supportant l’idée d’une plasticité cérébrale adaptative au stress prolongé, cependant, ils révèlent aussi des changements durables dans le réseau neural mésofrontal qui pourrait accroître la vulnérabilité à de nouveaux stress et conduire à des déficits cognitifs prolongés ». « En d’autres termes, un suivi prolongé des soldats s’impose durablement après des missions, même en l’absence de symptômes », remarque Damien Mascret. Le journaliste s’interroge : « Ces résultats sont-ils extrapolables aux civils soumis à un stress prolongé ? C’est probable selon les chercheurs néerlandais, et peut-être même d’une façon plus intense et plus prolongée car les civils ne sont pas, contrairement aux militaires, formés et entraînés à résister au stress prolongé ».

07 09 2012

« Chez les femmes, le bonheur c’est génétique »
L’Express 

Delphine Proust indique en effet dans L’Express que « des chercheurs américains de l’Université du Sud de la Floride ont découvert la présence d’un « allèle du bonheur » dans le corps humain. Selon leurs travaux publiés dans la revue Progress in Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry, ce gène n’opèrerait que chez les femmes ». La journaliste explique que « cet allèle est une variante du gène MAOA (monoamine oxydase A), une enzyme intervenant dans la dégradation de certaines molécules comme la sérotonine ou la dopamine (qui influencent favorablement l’humeur). L’allèle en question serait plus faible que le gène MAOA de base. Ainsi, il dégraderait moins les molécules responsables du bien-être ». Delphine Proust relève que « cette découverte vient conforter les résultats de précédentes études selon lesquelles les femmes, bien que plus enclines au stress, se disent plus souvent heureuses que les hommes ». La journaliste précise toutefois que selon les auteurs, « l’allèle en question n’est pas présent chez tout le monde. C’est donc la roulette génétique qui choisit qui aurait une ou deux copies de ce gène ou, pour les moins chanceuses, aucune. Conclusion : la capacité de chacune à être heureuse dépendrait du nombre de copies qu’elle possède ».Delphine Proust souligne enfin que chez les hommes, « non seulement ce gène ne les rendrait pas heureux mais il favoriserait même l’agressivité. Certains scientifiques surnomment cette version masculine de l’allèle « le gène guerrier ». Les chercheurs ne peuvent pour l’instant pas expliquer cette différence entre hommes et femmes ». « Toutefois, certains soulèvent la piste de la testostérone, qui stopperait l’action des molécules favorisant la bonne humeur », conclut la journaliste.

10 09 2012

« L’allaitement maternel est bénéfique pour la mère et l’enfant »
Le Figaro 

Anne Prigent note dans Le Figaro qu’« en France, environ 65% des femmes allaitent à la sortie de maternité. Mais 7 sur 10 arrêtent dès qu’elles reprennent le travail. Soit 2 mois et demi après la naissance. Bien avant les 6 mois recommandés par l’OMS ».
« Dans les pays les plus pauvres, l’allaitement permet en effet de diminuer considérablement la mortalité infantile par infections. En France, l’état de santé des nouveau-nés ne nécessite pas les mêmes précautions mais les bénéfices reconnus du lait maternel pour la future santé du nourrisson sont «dose-dépendants». C’est pourquoi les pédiatres insistent sur la nécessité de poursuivre l’allaitement jusqu’à au moins 3 mois », 
remarque la journaliste.
Anne Prigent souligne que 
« dans un rapport publié en 2009, l’Académie de médecine rappelait que l’allaitement prévient, à court et long terme, les diarrhées, les otites aiguës ou encore les infections respiratoires sévères. L’Académie souligne également que l’allaitement est bénéfique pour le développement sensoriel et intellectuel des nourrissons, diminue le risque d’eczéma à court et à long terme ».
« Il prévient, en outre, les risques ultérieurs d’obésité, de certains diabètes et des maladies cardiovasculaires chez l’adulte, même si l’influence du mode d’alimentation des nourrissons sur l’état de santé futur est difficile à démontrer », 
poursuit la journaliste. Anne Prigent ajoute que « nourrir son enfant au sein a aussi des retombées positives pour la mère, souligne l’Académie de médecine : la perte de poids et la diminution de la masse graisseuse est plus rapide dans les six premiers mois après l’accouchement. À plus long terme, l’allaitement diminuerait le risque de cancer du sein et de l’ovaire. Autre avantage : nourrir son enfant au sein ne coûte rien ».
La journaliste relève enfin que 
« pour les professionnels de santé, les bénéfices du lait maternel ne se discutent plus. Mais il n’est pas pour autant question de culpabiliser les femmes qui font un autre choix ou qui arrêtent rapidement ». Le Pr Dominique Turck, pédiatre au CHU de Lille, déclare ainsi que « c’est aux femmes de décider si elles allaitent ou pas. Nous devons être respectueux de leur choix ». De son côté, le Pr Jean Pierre Chouraqui, pédiatre au CHU de Grenoble, évoque« un choix personnel éclairé «après information par les professionnels de santé des effets bénéfiques de l’allaitement» ».  

14 09 2012

« Le stress au travail augmente le risque d’infarctus »
Le Monde , Le Nouvel Observateur 

Le Monde note en effet que « les personnes exposées au stress dans leur travail auraient un risque 23% plus élevé que celles qui n’y sont pas exposées de faire un infarctus, selon une étude publiée dans The Lancet ». Le journal indique que « des chercheurs européens ont confirmé cette association par le biais d’une analyse à grande échelle effectuée sur près de 200.000 personnes en Europe. Les travaux ont porté sur des personnes originaires de 7 pays, toutes en activité, qui ont été suivies entre 1985 et 2006. Pour la France, ce sont près de 20.000 agents d’EDF-GDF qui ont été étudiés à partir de 1989 ». Marcel Goldberg, chercheur à l’Inserm et coauteur de l’étude, précise que « sur les 100.000 à 120.000 infarctus survenant en France chaque année, cela correspondrait tout de même à environ 3.400 à 4.000 accidents imputables à ce facteur de risque ».

Le Monde explique que « le stress au travail a été évalué par des questionnaires portant notamment sur l’excès de travail, les demandes conflictuelles auxquelles les personnes étaient confrontées ou le temps accordé pour accomplir les tâches qui leur étaient confiées. […] La proportion des personnes exposées au stress atteignait 15,3%, alors que les études précédentes évaluaient cette proportion entre 12,5% et 22,3% ».

« Les chercheurs ont montré que les personnes stressées avaient un risque accru d’infarctus de 23%, mais en étudiant la population globale (stressée et non stressée), ils ont trouvé que le stress au travail était associé à une augmentation du risque de faire un infarctus de 3,4%. Il s’agit d’un risque « modeste » mais « non négligeable », selon l’Inserm qui souligne la nécessité de prévenir le stress au travail, une démarche qui pourrait avoir un « impact positif » sur d’autres facteurs de risque comme le tabac ou l’alcool dont la consommation est partiellement liée au stress », observe le journal.

Le Nouvel Observateur relève de son côté que « la prévention de ce facteur de risque est pourtant simple à mettre en pratique dans les entreprises ». Le magazine explique en outre que « les effets du stress sur le cœur sont doubles. D’une part, les personnes stressées ont tendance à multiplier les comportements nocifs pour leur santé cardiovasculaire. Pour «compenser» leur stress, elles fument plus, consomment plus d’alcool, d’aliments gras, salés ou sucrés et font moins d’activité physique. Et en parallèle, le stress agit directement sur le muscle cardiaque en augmentant la sécrétion d’une hormone : le cortisol ». L’hebdomadaire continue :« Résultat marquant de cette grande étude européenne, quelque soit le métier, le mode de vie, l’âge, le sexe ou la nationalité du travailleur, le sur-risque d’infarctus est identique, de l’ordre de 25%. Preuve que le stress au travail est, en lui-même, un facteur de risque ». 

18 09 2012

« Faut-il faire un diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer ? »
La Croix , Le Monde 

C’est ce que se demande Pierre Bienvault, qui constate dans le cahier « sciences & éthique » de La Croix qu’« un débat anime les médecins sur le moment opportun pour annoncer la maladie et concerne aussi la recherche qui vise à identifier la maladie chez les personnes n’ayant pas encore de symptômes ».
Le journaliste ajoute que 
« les médecins et les associations de patients sont tiraillés par des interrogations portant à la fois sur le présent et le futur. Ce débat n’est pas que théorique : il concerne d’ores et déjà des centaines de personnes qui, chaque année, consultent leur généraliste ou un centre mémoire d’un hôpital. Avec une question concrète : est-il utile d’annoncer à des patients, à un stade encore peu évolué de la maladie, un diagnostic potentiellement anxiogène alors qu’il n’existe pas de traitements vraiment efficaces ? ».
Pierre Bienvault continue : 
« L’autre débat se nourrit des perspectives ouvertes par les avancées de la recherche. L’enjeu est d’identifier les tout premiers signes de la maladie à un stade où la personne ne ressent pas de symptôme. Avec l’espoir de mettre au point des médicaments qui, délivrés très tôt, pourraient un jour prévenir l’évolution de la maladie ».
Le journaliste indique que 
« cette question du diagnostic précoce est au cœur de l’université d’été de l’Espace national de réflexion éthique sur la maladie d’Alzheimer (Erema) qui s’ouvre ce matin, à Aix-en-Provence pour deux jours avant de se conclure jeudi à Paris ». Pierre Bienvault relève notamment que« beaucoup de généralistes jugent inutile de délivrer trop tôt un diagnostic, potentiellement angoissant, à des patients à qui ils n’ont pas à proposer de traitements efficaces pour empêcher l’évolution de la maladie. A demi-mots, certains s’agacent d’une sorte de «course au diagnostic précoce» encouragée par des neurologues désireux d’augmenter la file de leurs patients pour monter des protocoles de recherche ».
« De leur côté, les neurologues affirment voir arriver encore trop de patients à un stade tardif »,
 continue le journaliste, qui ajoute que « ce débat concerne aussi la médecine de demain, celle qui, peut-être, sera capable de soigner la maladie d’Alzheimer ».
Le Monde évoque pour sa part les 
« bistrots mémoire », qui « réunissent des malades et leurs proches, qui partagent leur expérience la maladie ». Le journal publie un reportage dans un café-restaurant, près de Nancy : « Une dizaine de personnes touchées par la maladie d’Alzheimer, venues pour certaines avec leur conjoint, participent à ce rendez-vous de rentrée. Depuis quelques années, les malades commencent à parler de leur maladie. Le fait de se retrouver autour d’une tasse de café ou de thé […] est une façon conviviale de rompre l’isolement ».
« En quittant le bistrot, […] les personnes se saluent, s’embrassent. Rien à voir avec l’ambiance d’une réunion à l’hôpital. Pour les malades, ça change tout, car si « la mémoire fout le camp », la sphère émotionnelle reste très présente. Il suffit parfois d’une caresse, d’une écoute, d’un rire, pour que le malade se sente mieux »,
conclut Le Monde.
Le journal relève en outre que selon un sondage TNS Sofres pour l’Erema,
 « plus de la moitié des personnes interrogées (51%) déclarent penser à cette maladie, 21% avouant avoir peur de la développer elles-mêmes ».
Le quotidien ajoute que
 « c’est un enjeu de santé prioritaire pour 9 personnes sur 10. Pour autant, les Français n’ont qu’une connaissance limitée de cette pathologie, qui recouvre des réalités très différentes. Si deux tiers des personnes interrogées disent connaître ses conséquences sur la vie quotidienne des malades et de leur entourage, seulement 23% estiment connaître les modalités de sa prise en charge. Le maintien à domicile semble préférable pour la majorité (52%) des sondés, mais 57% des personnes interrogées ne s’estiment pas capables de s’occuper au quotidien d’un malade ». 

19 09 2012

« Le cerveau en cause dans l’obésité »
L’Humanité , Le Monde 

L’Humanité note en bref que « des chercheurs du CNRS ont publié, hier sur le site de la revue EMBO Journal, l’hypothèse que le cerveau pourrait être le siège du dérèglement initial conduisant à l’obésité mais aussi au diabète de type 2 et des maladies cardio-vasculaires ». Le journal retient que « ces études menées sur la souris ont confirmé que certains de nos neurones contrôlent la prise alimentaire mais coordonnent également l’action des organes comme le foie, le pancréas ou les muscles afin d’optimiser l’utilisation des nutriments comme les lipides ou les glucides ». Le Monde remarque pour sa part que « des études avaient montré une association entre les concentrations de bisphénol A (BPA) dans les urines d’adultes et un risque accru d’obésité. Une nouvelle publication indique pour la première fois qu’il en est de même chez les enfants et les adolescents ». Le quotidien explique que « l’étude, conduite par Leonardo Trasande (université de New York) et publiée dans le JAMA, a passé en revue les données de 2 838 individus âgés de 6 ans à 19 ans. Les jeunes du quart de l’échantillon ayant les concentrations urinaires de BPA les plus élevées présentaient un risque plus que doublé d’être obèses par rapport à ceux du quart présentant les concentrations les plus basses (22,3% d’obèses chez les premiers et 10,3% pour les autres) ». Le journal relève que « selon les auteurs, l’alimentation – à travers les contenants alimentaires – apporterait 99% du BPA absorbé par les enfants d’âge préscolaire ». Le Monde note par ailleurs que « le lien suspecté entre BPA et obésité n’est pas le seul mis en évidence. A deux reprises, des travaux ont montré une corrélation entre les niveaux d’anxiété et des troubles de l’attention de jeunes enfants et leur exposition au BPA in utero ».

« Premières greffes d’utérus de mère à fille » 
Le Figaro , La Croix 
Martine Perez note dans Le Figaro que « deux jeunes femmes viennent chacune de bénéficier d’une greffe de l’utérus de leur propre mère, afin de leur offrir la possibilité éventuelle d’avoir un jour un enfant ». La journaliste relaie ainsi une annonce de l’Hôpital Universitaire Sahlgrenska (Göteborg) et de l’Université de Göteborg, en Suède, qui indiquent que « l’une des femmes s’était fait retirer l’utérus après un traitement contre un cancer du col de l’utérus. L’autre femme était née sans utérus. Les deux femmes ont une trentaine d’années ». Martine Perez précise que « plus de 10 chirurgiens ont participé aux opérations, qui se sont déroulées sans complication. Les femmes qui ont reçu les utérus vont bien mais sont fatiguées après l’opération. […] Les jeunes femmes devront attendre 1 an avant de pouvoir entamer une procédure de fécondation in vitro avec leurs propres embryons congelés ». La journaliste ajoute que « l’équipe de recherche du Pr Mats Brännström, professeur de Gynécologie-Obstétrique à l’Université, qui compte 20 personnes, travaille sur ce projet depuis 1999 », puis remarque que « pour l’instant, si ces deux patientes sont à nouveau dotées d’un utérus, rien ne dit qu’il est fonctionnel et qu’elles pourront un jour être enceintes et accoucher ». Martine Perez rappelle en outre que « la première greffe d’utérus réussie a été réalisée en 2011 en Turquie. Mais pour l’instant aucune grossesse n’a été menée à son terme sur un utérus greffé ». Le Pr Israël Nisand, chef du pôle gynécologie-obstétrique au CHU de Strasbourg, remarque pour sa part que « la greffe d’organe implique un traitement anti-rejet, traitement qui peut avoir des conséquences non négligeables pour le fœtus en cas de grossesse. J’ai du mal à comprendre comment les chirurgiens voient l’avenir. Sans doute envisagent-ils un traitement anti-rejet pendant la grossesse, et que l’utérus greffé soit enlevé après l’accouchement ».Martine Perez note toutefois que « certaines femmes ayant eu des greffes d’organes ont déjà pu avoir des enfants en bonne santé, malgré les médicaments immunosuppresseurs ». La Croix constate également qu’« une équipe de Göteborg a réalisé une première médicale mondiale, les 15 et 16 septembre, en greffant à deux jeunes Suédoises les utérus de leurs mères. Ces opérations visent à lutter contre la stérilité ». Le journal relève que cette équipe « estime que 2 000 à 3 000 jeunes femmes suédoises, privées d’utérus pour des raisons diverses, ne peuvent pas devenir mères. En France, elles pourraient être environ 15 000 ». La Croix observe que « c’est la première fois que les donneuses sont vivantes », ou encore note qu’« en France, pour que ces greffes soient autorisées, l’Agence de biomédecine doit au préalable donner son évaluation des conditions de prélèvement de l’utérus dans le cadre du don d’organes sur une personne en état de mort clinique ». Le quotidien cite le Dr Pascal Piver, coordinateur du service d’assistance médicale à la procréation du CHU de Limoges, qui « se prononce contre le prélèvement sur des femmes vivantes, car «il s’agit d’une intervention mutilante, où la donneuse va prendre des risques opératoires, de complications nerveuses, vasculaires, urinaires» ».

20 09 2012

« Alzheimer : la souffrance morale mieux prise en compte » 
Le Figaro , Le Parisien , Libération 
Dans le cadre de la Journée mondiale Alzheimer, Le Figaro observe que « la perte du contrôle de soi est angoissante. La moitié des malades d’Alzheimer présenteraient des symptômes d’anxiété ou de dépression, que l’ont peut pourtant soigner ». Le quotidien relève ainsi qu’« en France, l’accent a été mis ces dernières années sur la prise en compte de cette détresse qui accompagne la perte du contrôle de soi ». Le Dr Thierry Gallarda, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne (Paris), précise que « les modalités d’expression de cette douleur varient selon la personnalité, plus ou moins fragile, et l’histoire personnelle du malade ». Le Figaro indique que « chez certains, la perte progressive de la mémoire déclenche une grande tristesse, une culpabilité et un sentiment de déchéance. […] D’autres mettent en place des mécanismes de défense pour adoucir la réalité », ajoutant que « le regard de l’entourage est déterminant ». Judith Mollard, psychologue, note en effet qu’« il est important de ne pas renvoyer les malades à leurs incompétences, car ils y sont extrêmement sensibles, et de ne pas sous-estimer l’angoisse ». Le journal relève en outre que « le décryptage devient de plus en plus difficile avec l’évolution de la maladie ». Le Dr Christophe Arbus, psychiatre au CHU de Toulouse, remarque ainsi qu’« au fur et à mesure du déclin cognitif, l’expression de la souffrance psychologique devient plus affective, plus archaïque ». De son côté, le Pr François Piette, gériatre, souligne qu’« au stade le plus avancé, on peut avoir l’impression que le malade ne ressent plus rien, mais il reste toujours des moments où la conscience de ses déficiences le rattrape ». « Dans ces instants fugaces, le soutien psychologique et la réassurance sont essentiels », constate Le Figaro, le Dr Arbus relevant que « même s’il reste encore du chemin à parcourir, une prise de conscience a bien eu lieu. Les soignants sont aujourd’hui plus attentifs à cette dimension de la maladie et les aidants sont mieux informés, donc mieux armés ». Le journal rappelle en effet qu’« à la suite du dernier plan Alzheimer, des unités spécialisées dans la prise en compte de la souffrance psychique ont été ouvertes en France. Les prises en charge non médicamenteuses, comme l’ergothérapie ou la musicothérapie, se sont développées ». Le quotidien publie en outre un reportage dans « un village où les malades ont la paix », à Hogewey, près d’Amsterdam (Pays-Bas). Le Figaro explique : « Ouvert en 2009, Hogewey est un centre spécialisé dans l’accueil de patients au stade ultime de la maladie d’Alzheimer. […] C’est un charmant hameau d’un hectare et demi aux ruelles fleuries, avec ses 23 maisonnettes de brique rouge bordées de terrasses, sa supérette, son café, son restaurant, son théâtre et même son salon de coiffure ». La directrice, Jannette Spiering, explique : « Nous nous sommes demandé: “Que voudrions-nous pour nos parents s’ils devenaient déments?” Surtout pas cet aspect “hôpital”, qui engendre des angoisses. Notre but était de recréer une sorte de vie de village. Le mot d’ordre, ici, c’est la sérénité. Nos 152 résidents sont libres d’aller et de venir, dans une atmosphère totalement exempte d’anxiété ». Le Parisien remarque de son côté que « contre Alzheimer, les souvenirs [sont] mieux que les pilules ». Le journal observe ainsi sur une page : « Tandis que les chercheurs planchent en vain sur un traitement, les approches non médicamenteuses sont aujourd’hui les seules à permettre de bien accompagner les malades ».Le quotidien publie un reportage dans une maison de retraite de Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines), où les résidants « disposent du salon Réminiscence qui reproduit un décor des années 1950 ». Et sur une double page intitulée « Alzheimer dans le brouillard », Libération observe que « François Hollande se prononce aujourd’hui sur la poursuite du plan de lutte contre la maladie. La médecine, confrontée à l’échec des traitements, teste de nouvelles méthodes de prise en charge ».

24 09 2012

« Alcoolisme : un Français sur sept sur le fil du rasoir »
Le Figaro , Le Parisien 

Le Figaro remarque que « boire par habitude plutôt que par plaisir constitue l’un des signaux d’alarme d’une consommation nocive d’alcool », et rappelle que « selon une enquête réalisée il y a une dizaine d’années, 14% des Français sont à risque d’alcoolisation excessive ». « Boire seul ou avoir des petits incidents liés à l’alcool doit mettre la puce à l’oreille. C’est alors le bon moment pour réduire sa consommation sans forcément passer par la case abstinence, pour éviter de sombrer dans la dépendance », poursuit le journal. Le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre à l’hôpital Bichat et président de la Société française d’alcoologie, remarque ainsi que « quand il y a perte de contrôle, survenue de dommages et répétition du comportement, on est dans une forme de la maladie, même si elle est modérée ». Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale à Grenoble, note que « l’image d’Épinal du grand alcoolique empêche de prendre conscience que l’on est parfois déjà dans une zone de consommation à risque. Et l’autoévaluation est parfois difficile, mais si on s’aperçoit que l’on n’arrive pas à garder le contrôle quand on boit, alors c’est que l’on a un problème ». Le Dr Philippe Batel, chef du service d’addictologie à l’hôpital Beaujon de Clichy, estime pour sa part qu’« il faut arrêter de séparer le monde entre les alcooliques, d’un côté, et ceux qui ne le sont pas, de l’autre ». Le Figaro relève ainsi que « le glissement de la consommation contrôlée à la dépendance se fait insidieusement. […] Certains s’en rendent compte le jour où ils ne peuvent pas avoir leur verre habituel. Pour d’autres, c’est quand ils essaient de s’en passer, sans y arriver, que la prise de conscience a lieu. Car il existe une zone grise entre le plaisir et la dépendance ». De son côté, Le Parisien se penche sur « le jeu qui fait boire ». Le journal indique en effet que « la société qui avait lancé le jeu Casse-toi pov’con récidive avec le politiquement incorrect Happy Hour,  qui incite ses utilisateurs à boire ». Le quotidien explique que « les participants [à ce jeu de cartes] sont sanctionnés quand ils répondent mal à une question : ils ont l’obligation de boire », ajoutant que le jeu, « déclinaison française de Ring of Fire, la version originale américaine », est « vendu en magasin aux côtés du Cluedo ou du Mille Bornes ». Le Parisien précise que « des mentions légales, stipulant que le jeu est destiné aux plus de 18 ans et qu’il n’est pas fait pour être pratiqué avec des boissons alcoolisées, figurent sur la boîte et dans les règles ». Le gérant de la société Cocktailgames, Matthieu d’Epenoux, déclare ainsi : « J’ai fait preuve de la même hypocrisie que les Américains. Disons que je prends un petit risque calculé. Tout s’est bien passé aux Etats-Unis. […] Nous faisons appel à la conscience des joueurs. Il faut jouer dans un esprit bon enfant, et savoir s’arrêter à temps ». Le journal livre la réaction de Daniel Bailly, pédopsychiatre spécialiste des addictions au CHU de Marseille, qui déclare : « Il est évident que c’est un jeu dangereux pour les enfants et les ados. Après, pour les jeunes adultes, je ne pense pas que cela change grand-chose.  […] Peut-être cela peut-il favoriser la bascule pour ceux qui n’osent pas boire mais qui en ont envie… Mais, en général, dans toutes les soirées alcoolisées, les jeunes raisonnables restent raisonnables ».

25 09 2012

« La folie placée d’office sous silence »
Libération 

Eric Favereau s’interroge dans Libération : « Qui parle aujourd’hui des fous ? La crise est là, partout. Et les fous disparaissent dans le silence des chambres d’isolement de plus en plus formatées ». Le journaliste rend compte de la « soirée de rentrée » du Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, vendredi dernier, collectif qui « s’est créé au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy, en décembre 2008 à l’hôpital d’Anthony. Un discours dans lequel le malade n’était perçu que comme une menace. Quatre ans de lutte pour le collectif afin de secouer un monde psychiatrique lassé et silencieux. […] Sarkozy parti, que faire ? Contre qui se battre ? La gauche a souvent brillé par son indifférence à la psychiatrie. Aucune idée particulière dans le programme de Hollande. […] Aucun projet dans l’immédiat au ministère » de la Santé, note Eric Favereau. Le journaliste cite notamment le Dr Hervé Bokobza, qui a déclaré que « notre problème est là : cet immobilisme n’est pas en soi une bonne nouvelle. Car cela signifie la poursuite du désastre dans lequel nous nous débattons ».

26 09 2012

« Trop de somnifères prescrits chez les plus de 65 ans » 
Le Figaro , Le Parisien , La Croix , Le Monde 
Le Figaro constate que « ni les campagnes d’information récurrentes, ni les objectifs de baisse fixés en 2011 par la Sécurité sociale n’ont eu d’impact sur les prescriptions de benzodiazépines et de médicaments apparentés. Leur consommation reste, en France, 3 à 5 fois supérieure à celles d’autres pays européens ». Le journal note en effet que « 3 millions et demi de Français âgés de plus de 65 ans prennent des somnifères de façon chronique, souvent à mauvais escient, et s’exposent à des effets secondaires potentiellement graves. Pour les autorités sanitaires, le constat sonne comme un échec ». Le Pr Jean-Luc Harousseau, président de la HAS, vient ainsi de déclarer que « cette surprescription devient un enjeu de santé publique de premier plan ». Le Figaro ajoute que le responsable appelle à « une sensibilisation du grand public et des médecins traitants », relevant que « les personnes âgées, plus fragiles, sont aussi plus exposées aux effets délétères des somnifères, qui peuvent être à l’origine de chutes, de troubles de la mémoire et de difficultés de compréhension, et engendrent parfois une dépendance ». « Plusieurs études scientifiques […] ont mis en évidence un lien statistique entre benzodiazépines et démence, sans que la relation de cause à effet soit établie. Pourtant, selon l’estimation de la HAS, plus de la moitié des traitements ne sont pas indiqués, lesvraies insomnies étant rares après un certain âge », poursuit le quotidien. Le Figaro explique ainsi que « le médecin généraliste doit prendre le temps d’expliquer [la] modification des cycles [du sommeil], sans céder à la tentation d’une prescription facile. Il doit aussi interroger son patient sur tout événement ayant pu perturber son sommeil et rechercher une éventuelle pathologie, comme un épisode dépressif, un début d’apnée du sommeil ou des douleurs nocturnes. Pour mener cet interrogatoire, la HAS met à la disposition des professionnels de santé des questionnaires, un agenda du sommeil ou des fiches d’informations sur les somnifères ». L’Ordre des médecins note toutefois que« cette démarche prend du temps et n’est pas toujours bien accueillie par le patient, alors que la rédaction d’une ordonnance ne prend pas plus d’une minute ». De son côté, le Dr Sylvie Royant-Parola, présidente du réseau Morphée, « regrette une «lacune dans la formation des médecins» dans laquelle s’engouffrent les laboratoires pharmaceutiques ». Le Figaro continue : « La HAS rappelle que des thérapies non médicamenteuses, comme la relaxation ou de simples aménagements dans l’hygiène de vie, existent. Si elle est finalement retenue, la prescription de somnifères doit toujours être de courte durée : 4 semaines au maximum ». La Croix constate également qu’« après 65 ans, une personne sur trois consomme des somnifères de manière chronique. Dans la moitié des cas, ces traitements ne sont pas indiqués et peuvent être dangereux ». Le journal note que « les généralistes le constatent : nombre de leurs patients âgés se plaignent de «mal dormir». Mais sur dix plaintes de ce type, seulement une à deux relèvent d’une véritable insomnie », et relève que « la HAS a présenté des recommandations pour inciter les médecins à prescrire des arrêts de ces médicaments ». Le Dr Armelle Leperre-Desplanques (HAS) explique qu’« il est essentiel, à chaque fois que cela est possible, de s’engager vers une “déprescription”, un concept qui est peu enseigné aux futurs praticiens. Il est possible d’arrêter les somnifères sans produit de substitution, même chez les patients de 85 ans qui en prennent depuis plus de 20 ans ». Le Monde relaie aussi cette « nouvelle alerte sur l’abus de somnifères », notant que « la France fait figure de très mauvais élève dans ce domaine. Alors que la durée de prescription maximale recommandée pour une benzodiazépine est de quelques jours, au maximum 1 mois, la durée moyenne réelle est de 7 mois ». Et Le Parisien publie un questionnaire à remplir par les lecteurs, pour répondre à cette question : « Etes-vous accro aux somnifères ? ».

28 09 2012

« Des anxiolytiques peuvent «accroître le risque d’Alzheimer» »
Libération 

C’est ce que titre Libération, qui indique sur une double page que « Bernard Bégaud, professeur en pharmacologie à l’université de Bordeaux, a codirigé [avec le Pr Jean-François Dartigues, neurologue,] une étude alarmante sur les benzodiazépines ». Le journal observe en effet que ce travail de 3 ans, publié dans le British Medical Journal, « établit un risque élevé de démence chez les personnes prenant régulièrement des benzodiazépines ». Le Pr Bégaud indique que ce sont « de 16 000 à 31 000 malades supplémentaires par an en France », Libération notant que « pour [le praticien] il n’y a plus guère de doute : ce type d’études devrait induire des changements dans les prescriptions ». Le spécialiste explique ainsi qu’« un consommateur régulier de benzodiazépines a un risque 50% plus élevé de présenter une démence de type Alzheimer dans les 15 ans qui suivent qu’une personne qui n’en consomme pas. […] Il ne faut pas semer la panique en diabolisant les benzodiazépines qui demeurent des médicaments utiles et parfois indispensables. [...] Notre étude renvoie à des personnes consommant des benzodiazépines sur des périodes longues, souvent des années. Ce qui est d’ailleurs en contradiction avec les recommandations de bonne pratique médicale, ce type de médicament ne devant pas être prescrit plus de 2 à 4 semaines ». Le Pr Bégaud remarque en outre : « Que des études, comme la nôtre, qui peuvent avoir un impact majeur en termes de santé publique et économiques, aient autant de mal à trouver un financement public ne me paraît pas normal et pour tout dire inquiétant ». Libération rappelle que « le 25 septembre, l’ANSM a sorti un plan contre le mauvais usage [des benzodiazépines]. Et lundi la HAS a alerté sur la surconsommation des hypnotiques chez les plus de 65 ans ». Le journal observe toutefois que « le tour de vis attendu sur les benzodiazépines pourrait avoir un effet hautement indésirable », relevant qu’« un récent article du New York Times a alerté sur la progression de l’usage détourné des neuroleptiques de seconde génération, pour traiter la dépression et l’insomnie ».


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