08 03 13

« La stimulation cérébrale profonde efficace dans l’anorexie »
Le Nouvel Observateur , Le Figaro 

Le Nouvel Observateur indique en effet que « des chercheurs canadiens ont montré dans une étude pilote que la stimulation cérébrale profonde pouvait donner des résultats positifs dans le traitement de l’anorexie ».

Le magazine explique que l’étude « a porté sur un petit nombre de patientes résistantes aux autres formes de prise en charge, mais a fait l’objet d’une publication dans le Lancet. Avec des électrodes, les médecins ont ciblé et excité une zone du cerveau dont l’activité est anormale chez les anorexiques mais aussi chez les dépressifs ». Le Nouvel Observateur précise que « si les spécialistes n’ont pas déploré de décès, d’accident vasculaire grave ou d’infection, ils notent cependant qu’une patiente a été prise des convulsions durant l’intervention et d’attaque panique ».

« Mais sur les six patientes, trois ont maintenu un indice de masse corporelle supérieur à celui du départ. Leur qualité de vie s’est également améliorée, en termes d’humeur ou d’anxiété ou de comportements obsessionnels compulsifs liés à cette maladie », poursuit le magazine.

Le Figaro note également que des chercheurs, menés par le Dr Andres Lozano, neurochirurgien à l’université de Toronto, « ont testé pour la première fois les bénéfices de la stimulation cérébrale profonde sur des anorexiques. Quoique très invasif, le traitement montre des résultats intéressants ».

Le journal relaie les réactions de neurologues et de psychiatres, qui « restent cependant prudents face à ces résultats ». Le Pr Philippe Damier, neurologue au CHU de Nantes, remarque ainsi : « Il s’agit d’une étude très préliminaire. Même si la méthode était validée ultérieurement, ce type de thérapie resterait limité à des indications très particulières et donc à un nombre très restreint de patients ».

De son côté, le Pr Ringuet, chef du service de psychiatrie de l’hôpital Paul-Brousse, déclare qu’« il n’y a à ce jour pas suffisamment d’éléments dans la littérature pour justifier d’implanter des patients sur la seule indication d’une anorexie mentale ». Le praticien note toutefois que « le risque lorsque l’anorexie se prolonge, c’est la mort. La stimulation cérébrale profonde pourrait alors être envisagée comme option thérapeutique mais uniquement pour éviter une issue fatale à un petit nombre de patients. Et si d’autres études de plus grande envergure confirmaient ces résultats canadiens ».

11 03 13

« Un cerveau artificiel à 1 milliard d’euros »
Les Echos 

Alors que débute aujourd’hui la Semaine du cerveau, Les Echos se penche sur « l’un des projets scientifiques les plus audacieux de la décennie : le Human Brain Project. […] Un milliard d’euros, 10 ans, plus de 100 laboratoires… C’est la martingale de l’un des paris scientifiques les plus osés jamais conçus en Europe ». Le journal souligne que ce projet, « qui démarrera à la fin de l’année pour se terminer en 2023, n’ambitionne rien de moins que de simuler artificiellement, à l’aide d’algorithmes, de modélisations et d’ordinateurs, le fonctionnement d’un cerveau humain. Peut-être l’objet le plus complexe de tout l’univers connu ! ».

Les Echos continue : « Cette forteresse réputée imprenable logée dans notre boîte crânienne, les scientifiques vont l’attaquer sur deux flancs à la fois. C’est-à-dire selon deux grandes approches, symétriques et complémentaires, portées chacune par l’un des deux codirecteurs scientifiques de HBP : le neurobiologiste israélien Henry Markram, de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), et le physicien allemand Karlheinz Meier, de l’université de Heidelberg ».

Le quotidien explique que « Henry Markram s’est fait connaître en 2005 quand il a lancé le «Blue Brain Project», précurseur de HBP. […] Avec l’aide d’un super ordinateur Blue Gene d’IBM, […] les équipes d’Henry Markram ont réalisé une cartographie très précise des 10.000 neurones constituant la colonne corticale [d’un rat nouveau-né]. Puis ils ont recensé, pour chaque neurone, toutes les données morphologiques, électro-physiologiques et génomiques imaginables. Mais aussi toutes les observations qu’il était possible de faire sur la façon dont ils communiquent deux à deux via les synapses ».

« Cette méthode constitue ce que les spécialistes des neurosciences computationnelles appellent l’approche «bottom-up» : on part du «bas» de l’échelle (du niveau microscopique des neurones et des synapses) pour gravir ensuite un à un les échelons jusqu’à atteindre enfin – espère-t-on ! – le niveau macroscopique, celui du cerveau et des fonctions cognitives qui s’y déroulent », poursuit Les Echos.

Le journal remarque que « les détracteurs de l’approche bottom-up font remarquer qu’elle engendre un océan de données mais n’explique rien ou pas grand-chose, pour la bonne raison que la simulation informatique ainsi obtenue est aussi complexe que le phénomène biologique qu’elle reproduit. En outre, une telle méthode mobilise des capacités de calcul proprement titanesques ».

Le quotidien note donc que « tous les neuroscientifiques s’accordent à dire que l’approche bottom-up est une composante nécessaire mais non suffisante de HBP. Elle doit être couplée à une autre approche, radicalement différente et qualifiée symétriquement de «top-down». C’est celle du projet BrainScales piloté par le second homme-clé de HBP, Karlheinz Meier, et auquel est associée l’Unité Neurosciences, Information et Complexité (Unic) du CNRS ».

Les Echos précise ainsi que « connaître le profil exact de chaque neurone et de chaque synapse (à supposer que la chose soit possible) ne suffit pas, car il existe dans le cerveau, à la différence d’un ordinateur, quantité de «non-linéarités». Dans une machine, un même paramètre d’entrée donnera toujours le même résultat en sortie. Mais pas dans cette masse gélatineuse qu’est notre cerveau ! ».

13 03 13

« Un psychiatre radié à vie par ses pairs »
Le Parisien 

Le Parisien se penche sur « une décision rarissime », expliquant que « le Conseil national de l’Ordre des médecins vient de radier à vie un psychiatre de Metz (Moselle) accusé par l’une de ses anciennes patientes de viols et d’agressions sexuelles entre 2008 et 2010 ».

Le journal indique qu’« en 2007, Donatina [aujourd’hui âgée de 52 ans] rencontre le psychiatre lors d’une hospitalisation après une tentative de suicide. A sa sortie, le médecin – dont le cabinet se trouve dans le même immeuble que son logement – propose de la suivre ». La plaignante déclare ainsi : « Très vite, il a commencé à m’embrasser. Il m’a placée sous son emprise, comme un gourou. C’était d’autant plus facile que, pour ma thérapie, je lui confiais absolument tout ». Le Parisien ajoute que « les relations sexuelles s’enchaînent dans le cabinet, 2 jours par semaine ».

Le quotidien note que « Me Xavier Iochum, avocat du psychiatre, nie les accusations de viols, évoquant «une relation amoureuse qui se termine mal. […] Il n’était plus son thérapeute lorsque la relation a démarré» ».

Le Parisien relève cependant que « si le psychiatre ne percevait plus d’honoraires, il a pourtant continué à établir des certificats médicaux et des ordonnances pour Donatina. Dans sa décision sans équivoque, l’Ordre souligne un «manque de respect de la dignité de la patiente» et les «conditions douteuses» de sa prise en charge compte tenu de sa «très grande fragilité psychologique» et de sa «dépendance» face à un homme en «position d’autorité» ».

Le journal ajoute qu’« une autre procédure au civil est en cours. Paradoxalement, la justice pénale, elle, n’a pour l’instant pas bougé. Une première plainte a été classée et l’instruction en cours piétine. Mais Donatina, qui a enchaîné les tentatives de suicides depuis, veut «qu’il soit puni». Une autre ex-patiente du docteur, dont elle a eu un enfant, entend d’ailleurs se constituer partie civile. De son côté, le praticien mis en cause annonce qu’il va faire appel de sa radiation auprès du conseil d’Etat », conclut Le Parisien.

« Un lien établi entre mauvais sommeil et maladie d’Alzheimer »
Le Nouvel Observateur 

Le Nouvel Observateur indique qu’« un sommeil perturbé, de mauvaise qualité, pourrait être un signe précoce de la maladie d’Alzheimer. Des chercheurs de l’université de médecine de Saint-Louis aux Etats-Unis ont en effet constaté que les personnes sans problème de mémoire qui dormaient mal étaient plus nombreuses à avoir des plaques amyloïdes dans le cerveau. Or, la présence des plaques amyloïdes est un des signes cliniques de la maladie d’Alzheimer »,rappelle le magazine.

Le Nouvel Observateur explique que dans ce travail paru dans le Jama, « les chercheurs ont analysé le sommeil de 142 personnes âgées en moyenne de 65 ans, grâce à l’actigraphie, un appareil qui mesure les mouvements du dormeur, et ils ont déterminé la présence de dépôts amyloïdes en analysant le liquide céphalo-rachidien ».  

« Plus de 20% des personnes avaient un sommeil agité et ces personnes présentaient un taux beaucoup plus élevé de peptides béta-amyloïde 42 dans le liquide céphalo-rachidien. Pour le Pr David Holtzman, un des [auteurs], «ces résultats renforcent le lien entre qualité du sommeil et apparition de la maladie» », note l’hebdomadaire.

Le Nouvel Observateur s’interroge toutefois : « Est-ce la mauvaise qualité du sommeil qui provoque ces dépôts amyloïdes ou l’inverse ? L’étude ne permet pas de répondre ». Le Pr Florence Pasquier, neurologue au Centre mémoire ressources et recherches au CHRU de Lille, remarque ainsi que « cette étude renforce l’intérêt de prêter attention à la qualité du sommeil, mais elle n’établit pas de lien de cause à effet. On ne peut pas affirmer qu’un problème de sommeil conduira forcément à la maladie d’Alzheimer ».  

Le magazine ajoute que la spécialiste « souligne que la mauvaise qualité du sommeil est surtout associée à une autre maladie apparentée à Alzheimer, la maladie à corps de Lewy. […] Néanmoins, selon plusieurs études, près de 40% des malades diagnostiqués Alzheimer ont des troubles du sommeil. Et surtout les perturbations du sommeil sont associées généralement à des altérations cognitives et fonctionnelles plus importantes, et à un déclin plus rapide selon les études », continue Le Nouvel Observateur.

Le Pr Pasquier précise : « C’est certain, les troubles du sommeil sont à rechercher chez les personnes qui ont une plainte cognitive. Mais les troubles du sommeil peuvent aussi s’expliquer par d’autres facteurs, par exemple lorsqu’il y un syndrome d’apnée du sommeil, ou tout simplement parce qu’il y a une mauvaise hygiène du sommeil. […] Le message important, c’est que le sommeil a des répercussions sur le fonctionnement cognitif, mais que cela peut être remédiable ».

 

14 03 13

 

« La justice condamne l’usage thérapeutique du cannabis »
La Croix , Libération 

La Croix relève en effet que « le tribunal correctionnel de Belfort a condamné hier un consommateur de cannabis qui, atteint de myopathie, faisait valoir que seul ce stupéfiant apaisait ses douleurs ». Le journal observe que « le prévenu a écopé d’une amende de 300 € assortie de 5 ans de mise à l’épreuve. Il s’agit toutefois d’une condamnation très clémente en comparaison de celles qui ont été prononcées dans les affaires classiques de drogue ».  

Le quotidien rappelle cependant qu’« en 2002, la cour d’appel de Papeete (Polynésie française) avait conclu différemment en relaxant un paraplégique qui recourait au cannabis pour apaiser ses douleurs », et note que « seule une décision de la Cour de cassation permettra de trancher entre ces deux décisions et d’établir une jurisprudence claire ».  

La Croix souligne en outre que « la question d’un usage thérapeutique du cannabis vient tout juste d’être relancée. Au début du mois, Marisol Touraine s’est déclarée favorable à une révision du code de la santé publique, qui interdit aujourd’hui les médicaments contenant des substances dérivées du cannabis ». Le journal observe toutefois que « les médecins [sont] partagés sur le cannabis thérapeutique ».   

Libération évoque également ce jugement et indique que « le prévenu, qui réclame une relaxe basée sur «l’état de nécessité», va faire appel ». Le journal relève lui aussi que « sauf cas exceptionnels », la justice ne reconnaît pas le cannabis thérapeutique, et note qu’« à Belfort, le médecin de Dominique Loumachi appuyait l’intérêt «bénéfique» du cannabis. Mais le parquet a reproché au Belfortain de ne pas avoir demandé une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) pour du Marinol, cannabinoïde synthétique ».  

Libération observe par ailleurs que « les vertus thérapeutiques du cannabis sont reconnues dans de nombreux pays (Allemagne, Italie, Canada…). Il soulagerait, entre autres, les effets secondaires d’une chimiothérapie (dont les pertes d’appétit), les spasmes dus à la sclérose en plaques, le glaucome. En France, le cannabis est diabolisé alors que personne ne s’indigne de l’usage médical de la morphine », conclut le quotidien.

 

18 03 13


« Des stratégies pour lutter contre la dépression résistante »
Le Figaro 

Anne Prigent rappelle dans Le Figaro que « la dépression est une maladie qui se soigne. [...] Mais dans 20 à 30% des cas, cette dépression résiste aux antidépresseurs ». Le Pr Jean-Pierre Olié, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne (Paris), précise que « chez ces patients, […] nous cherchons une stratégie d’optimisation des antidépresseurs en associant un autre médicament. Cela peut être du lithium, des hormones thyroïdiennes ou encore des neuroleptiques atypiques ».  

La journaliste relève qu’« une synthèse de plusieurs études cliniques, publiée sur le site de Plos One Medicine, s’est intéressée aux neuroleptiques atypiques. Ces médicaments se révèlent modérément efficaces sur les symptômes de la dépression et c’est au prix d’effets secondaires importants (prise de poids, sédation…). Un résultat que les psychiatres tiennent à nuancer ».  

Le Pr Chantal Henry, psychiatre au CHU Albert-Chenevier de Créteil, remarque ainsi que « les antipsychotiques ont leur place dans certains types de dépressions »et « raconte avoir vu des dépressifs revivre grâce à ces molécules ». Le Pr Pierre-Michel Llorca, psychiatre au CHU de Clermont-Ferrand, note quant à lui que « la dépression est une constellation hétérogène ».  

Anne Prigent souligne donc qu’« il est difficile de déterminer à l’avance quelle personne va réagir positivement à une stratégie thérapeutique donnée et, jusqu’à présent, ces traitements sont administrés de façon plus ou moins empirique ». Le Pr Henry précise toutefois : « Nous allons progresser sur ce sujet car nous avons lancé de grandes études de cohorte qui vont nous permettre d’affiner les caractéristiques cliniques des dépressions ».  

La journaliste observe que « cette connaissance de la maladie devient indispensable lorsque l’on sait qu’en 2020, pour l’OMS, elle sera la pathologie la plus invalidante dans le monde, après les troubles cardiaques », ajoutant qu’« en France, chaque année, 3 millions de personnes sont terrassées par la dépression, principalement des femmes ».  

Anne Prigent évoque cependant « le paradoxe français : nous nous déclarons d’humeur morose, nous consommons toujours trop de psychotropes, principalement des benzodiazépines, mais nous ne nous soignons pas lorsque nous sommes dépressifs ». La journaliste explique ainsi : « Le sentiment d’être assez «fort» pour surmonter ces difficultés, la crainte de ce que penserait l’entourage, la peur d’être hospitalisé, la peur de l’éventuel traitement autant de raisons pour ne pas faire appel aux médecins ».  

De son côté, le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre à l’hôpital Bichat (Paris), remarque que « les critères objectifs de la dépression ne sont pas assez acceptés en France. Nous finissons par passer à côté, par ne pas chercher le diagnostic ».  

Anne Prigent ajoute qu’« il est souvent plus facile et moins coûteux pour le médecin traitant de prescrire un médicament. Face à une dépression sévère, le traitement par antidépresseur ne se discute pas. Ces médicaments vont mettre plusieurs semaines avant d’agir sur les symptômes. Un peu de patience est donc nécessaire avant de décréter que la dépression fait de la résistance ». Le Pr Lejoyeux note que « si le patient ne répond pas au traitement, soit il ne prend pas correctement son antidépresseur, soit il n’est pas dépressif et souffre d’autre chose ».  

La journaliste indique enfin que « dans la majorité des cas, les antidépresseurs vont aider à restaurer le fonctionnement normal du sommeil, de l’appétit, à retrouver l’initiative, une perception positive de la vie… […] Impossible cependant de prédire qui rechutera ou entrera en résistance ».

 

« Un anti-migraineux pour réduire l’effet des mauvais souvenirs »
Le Parisien 

Le Parisien indique que « si effacer les mauvais souvenirs à la manière du film « Eternal Sunshine » n’est pas (encore) possible, des scientifiques parviennent désormais à en réduire la charge émotionnelle. Pas de lavage de cerveau nécessaire, un simple anti-migraineux suffit : le Propanolol, un médicament de la classe des bêtabloquants ».

Le journal relaie une information de La Dépêche du midi, expliquant que « des chercheurs du laboratoire de stress traumatique de Toulouse (Haute-Garonne), rattaché à l’université Paul-Sabatier et au CHU, développent depuis 2007 ce traitement innovant. […] Pour l’instant, une quarantaine de patients dans le monde en ont bénéficié ». Le quotidien parle d’une « recherche suffisamment sérieuse pour que le ministère de la Santé ait accordé une subvention au laboratoire », et précise que le but est d’« approfondir l’étude et comparer l’effet du médicament avec un placebo ».

Le Parisien relève qu’« administré 90 minutes avant la séance, cet anti-migraineux agit sur le cerveau émotionnel pendant que le patient est invité à raconter son souvenir traumatisant en rédigeant un texte à la première personne ». La Dépêche du midi explique : « Lors des deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième séances, le script a été imprimé, sur une seule page, comme un story-board », notant que « que le patient doit alors «réactiver son souvenir», une heure et demie toujours après la prise de la molécule ».

Le Pr Philippe Birmes, directeur du laboratoire du stress traumatique de Toulouse, remarque ainsi que « chez les 8 patients traités, on a constaté la baisse des symptômes de stress post-traumatique : transpiration, troubles du sommeil, sursauts exagérés. [Dans le futur], on pourra envisager de faire prendre ce médicament à domicile et de ne faire venir le patient que 10 minutes ».

 

« Les nuits pleines de danger des somnambules »
Le Figaro 

Le Figaro constate que « les risques auxquels sont exposés les somnambules et leurs proches sont sous-estimés, et méritent que l’on prenne cette maladie plus au sérieux », selon une étude menée par le Pr Yves Dauvilliers, directeur du laboratoire du sommeil à l’hôpital Gui-de-Chauliac (Montpellier).

Le journal remarque ainsi : « Yeux fermés, bras en avant, marchant d’un pas lent mais sûr, le somnambule jouit dans l’imaginaire collectif d’une image plutôt calme. Mais la réalité peut parfois s’avérer plus mouvementée : chute, saccage de chambre, jet d’objets, voire même, dans des cas heureusement exceptionnels, des accidents dramatiques comme cet homme devenu tétraplégique après être tombé dans les escaliers ».

« Or, ce trouble du sommeil, qui concerne au moins 4% de la population, a tendance à être banalisé, voire même ignoré par la médecine de ville », relève le quotidien. Le Figaro explique qu’« à travers une vaste étude prospective menée sur 100 somnambules adultes diagnostiqués entre 2007 et 2011 et publiée dans Sleep, l’équipe du Pr Dauvilliers montre que 58% des patients ont expérimenté au moins un épisode de violence durant leurs phases de somnambulisme. Dans 17% des cas, l’étude a recensé des atteintes à l’intégrité physique du patient mais aussi de son partenaire de chambre, tels que des ecchymoses, des saignements du nez, des fractures et même un cas de traumatisme crânien concernant un patient s’étant défenestré du troisième étage ».

Le Dr Eric Mullens, médecin somnologue référent du laboratoire du sommeil d’Albi, précise qu’« il ne s’agit pas de violence à proprement parler et encore moins de violence dirigée contre le partenaire. […] La personne a une activité mentale, sans que l’on puisse parler de rêve. Elle se trouve dans une confusion totale quant à son environnement ».

Le Figaro poursuit : « Le somnambulisme est entouré de zones d’ombres, notamment concernant ses symptômes associés. 59% des patients étudiés ici présentent également d’autres signes tels qu’une privation de sommeil, un stress, une anxiété ou des symptômes dépressifs. Mais il est difficile de déterminer si ces facteurs sont la cause ou la conséquence du somnambulisme ».

Le journal rappelle enfin qu’« il existe des traitements. Ceux-ci passent dans un premier temps par l’éducation du patient dans les centres du sommeil où des thérapies comportementales pourront notamment lui être proposées. […] Dans les cas les plus sérieux, le patient pourra se voir proposer un traitement médicamenteux à base de benzodiazépines ».

 

22 03 13

 

« Le sommeil des Français, ce colosse aux pieds d’argile »
Le Monde , Le Parisien 

En cette Journée du sommeil, Le Monde observe que « la durée du sommeil va décroissante et les troubles du sommeil, pernicieux, [sont] à l’origine de nombreux dysfonctionnements de la santé ». Le journal relate les résultats d’un sondage OpinionWay pour l’Institut national du sommeil et de la vigilance (Insv) et la mutuelle MGEN, notant qu’« en 2012, le temps de sommeil des Français est resté à peu près stable, de 7 heures en moyenne en semaine et de 8 heures le week-end, par rapport à 2011. […] Cette durée de sommeil correspond à la moyenne préconisée par les spécialistes ».

Le Pr Damien Léger, président de l’Insv, remarque cependant que « 30% des Français dorment moins de 6 heures, en deçà du seuil réparateur. Ce sont souvent des jeunes actifs avec de longs trajets de transports ». Le Monde note ainsi que « 30% des sondés affirment dormir entre 2 et 6 heures par jour en semaine, et ils sont 12% à conserver ce rythme le week-end. […] Ce manque de sommeil est lié à un risque plus élevé d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires », rappelle le quotidien.

Le journal relève que « le rythme de sommeil des Français est déréglé par des réveils nocturnes. Près de 7 sondés sur 10 (69%) affirment se réveiller au moins une fois la nuit, dont 11% disent se réveiller au moins trois fois chaque nuit. Plus d’un tiers des personnes interrogées (36%) affirme souffrir d’au moins un trouble du sommeil ». « L’insomnie est le trouble le plus fréquemment cité par les répondants (18%), devant les troubles du rythme du sommeil (17%), le syndrome des jambes sans repos (6%) et le syndrome d’apnée du sommeil (5%) », continue Le Monde.

Le quotidien indique en outre que « les nuisances environnementales, thème de cette 13e Journée du sommeil, participent aux troubles du sommeil : 24% des Français interrogés sont exposés à l’éclairage public dans leur chambre, les trois-quarts disposent d’au moins un appareil électronique dans la pièce où ils dorment et 42% dorment avec leur téléphone mobile allumé. […] Dans 9 cas sur 10, le bruit qui dérange provient de l’extérieur, émis pour l’essentiel par les transports (61%) ».

« L’enquête pointe d’autres habitudes peu propices à un sommeil de qualité. Il y a ceux qui dorment avec leur animal favori ou encore avec les portables, radio, téléviseurs, ordinateurs et tablettes, présents dans 3 chambres à coucher sur 4 », ajoute Le Monde.

Le Parisien consacre pour sa part près d’une page à « une arme antironflement ». Le journal note en effet que « 15 millions de Français indisposent leur entourage dès qu’ils ferment l’œil. Pour éviter les décibels intempestifs, une nouvelle méthode est lancée ». Le quotidien évoque l’orthèse de la société Oniris, « sorte de protège-dents façon boxeur qui, en avançant la mâchoire, empêche les ronflements. Elle est vendue environ 80 € sur Internet ou en pharmacie, alors que les orthèses disponibles sur le marché jusqu’à présent coûtent entre 400 et 800 € », observe Le Parisien.

 

25 03 13

 

« De nouveaux médicaments pour combattre l’alcoolisme »
Le Figaro 

Le Figaro observe que « l’arrivée imminente sur le marché de nouveaux médicaments [contre la dépendance à l’alcool] suscite un grand espoir chez les addictologues, comme chez les malades. Elle ravive aussi la rivalité entre laboratoires ».

Le journal se penche ainsi sur ces nouvelles molécules, relevant que « le Selincro [nalméfène] est à ce jour le plus abouti. Commercialisé par le laboratoire danois Lundbeck, il a reçu une autorisation de mise sur le marché européen le mois dernier et devrait être disponible dans les pays scandinaves, en Pologne et en Allemagne dès cette année. Il est attendu en France à partir de 2014 ».

Le Figaro explique que « l’originalité de ce traitement est de ne pas viser l’abstinence du malade, mais de réduire son envie de boire. Les essais cliniques ont montré qu’il entraîne, avec peu d’effets secondaires, une diminution de la consommation d’alcool de près de 60% après 6 mois de traitement, soit une «baisse moyenne de près d’une bouteille de vin par jour», selon le laboratoire. Il est indiqué pour des adultes moyennement dépendants, qui n’ont pas de symptômes de sevrage ». Le Pr Michel Reynaud, psychiatre à l’hôpital Paul-Brousse (Villejuif), observe que « ce médicament va permettre aux médecins, y compris généralistes, de proposer à leurs patients autre chose que l’abstinence à vie, qui leur paraît terrifiante. C’est une petite révolution dans la prise en charge ».

Le journal note que « le deuxième médicament, l’Alcover, est un traitement connu, prescrit en Italie et en Autriche depuis une quinzaine d’années. Le laboratoire D&A Pharma […] mène actuellement un essai clinique de phase 2-3 dans l’espoir de le lancer en France à la fin de l’année 2014. La molécule utilisée n’est autre que le GHB, la «drogue du violeur», ce qui pourrait constituer un handicap pour sa commercialisation. Il est indiqué chez des patients alcoolodépendants qui ont pour projet l’abstinence. […] Il comporte un risque d’addiction ».

Le Figaro relève enfin que « la molécule la plus connue du grand public est le baclofène, aujourd’hui prescrit comme décontractant musculaire dans certaines maladies, comme la sclérose en plaques. […] Il fait actuellement l’objet de deux essais cliniques, en vue d’une autorisation de mise sur le marché dans l’indication spécifique de lutte contre l’alcoolisme ».

Le quotidien souligne qu’« alors que l’arsenal thérapeutique se limite aujourd’hui à deux molécules aux effets modestes (l’acamprosate et la naltrexone), un nouvel horizon s’ouvre ainsi pour les médecins et les malades. Mais ces médicaments ne sont pas sans poser de nouvelles questions. On ne sait pas en effet comment réagira le patient à l’arrêt du traitement. Sera-t-il obligé de le prendre à vie ? ».

« On ignore aussi si la diminution des quantités bues aura un effet significatif sur les comorbidités. Suffira-t-elle, par exemple, pour guérir d’une maladie alcoolique du foie ou diminuer une hypertension ? Enfin, les addictologues n’ont pour l’heure aucun critère scientifique leur permettant de préférer un médicament à un autre, selon le profil du patient », poursuit le journal. Le Figaro note enfin que « les psychiatres rappellent qu’il n’existe pas de molécule miracle. Des thérapies comportementales et une assistance sociale restent nécessaires pour lutter contre une dépendance aux ressorts complexes ».

 

« Râler, ça fait du bien »
Le Parisien 

Le Parisien s’interroge : « Considérée comme un sport national, la «râlerie» à la française serait-elle en train d’acquérir ses lettres de noblesse ? ». Le journal indique que « plusieurs études et essais publiés ces dernières semaines aboutissent à la même conclusion : exprimer sa colère, à bon escient, est bon pour la santé ».

Le quotidien explique ainsi que « plusieurs spécialistes à travers le monde considèrent que le fait d’exprimer ce qu’on a sur le cœur – au lieu de bouillir intérieurement – apporte de vrais bénéfices santé. A condition de respecter certaines règles ». Le Parisien relève notamment que « savoir exprimer sa mauvaise humeur augmenterait l’espérance de vie. Tel est le résultat surprenant d’une vaste étude, menée par des chercheurs en psychologie de l’université allemande d’Iéna auprès de 6.000 personnes ».

« Ils ont constaté chez les individus les plus «répresseurs» (qui contiennent leurs émotions négatives) une accélération cardiaque (qui pourrait à la longue augmenter les risques d’hypertension ou d’ennuis cardiaques) par rapport à ceux qui extériorisent leurs émotions », poursuit le journal.

Le Parisien conseille en outre de « râler auprès de la bonne personne. […] Pour une plainte efficace, combien se perdent dans le vide ! », ou encore cite le psychologue Didier Pleux, qui précise qu’« il ne faut pas confondre s’affirmer et faire des colères. Le plus grand nombre d’accidents cardiaques, c’est quand même chez les colériques ».

 

26 03 13

 

« La pilule qui efface les traumatismes »
Le Parisien 

Le Parisien se penche sur « un médicament qui pourrait changer la vie des personnes ayant subi un traumatisme comme une agression ou un accident de la route ». Le journal note ainsi que « depuis 2007, le Laboratoire du stress traumatique de Toulouse (Haute-Garonne) travaille sur une molécule, le propranolol, qui atténue les mauvais souvenirs de la mémoire ».  

« Une quarantaine de personnes à Toulouse, Montréal et Boston ont déjà bénéficié de ces recherches qui vont s’étendre à de nouveaux patients à Lille, Tours ou en Martinique », poursuit le quotidien.

Le Pr Philippe Birmes, directeur du laboratoire toulousain, indique que « le propranolol est un médicament générique connu depuis une dizaine d’années qui était destiné au traitement des migraines ou de l’hypertension. En administrant cette molécule à nos patients, nous avons vu que la charge émotionnelle liée à ces souvenirs traumatisants diminuait. […] Nous l’avons proposée en test à 8 personnes ayant subi l’explosion d’AZF en 2001 ».  

Le Parisien explique ainsi que « 10 ans après la catastrophe, [ces patients] présentaient toujours des troubles importants : certains ne pouvaient plus affronter la foule, d’autres sursautaient au passage d’un avion ou au moindre bruit… Après 6 séances de traitement, les chercheurs ont constaté une baisse de leurs symptômes pouvant se manifester par de la transpiration, une accélération de l’activité cardiaque ou des troubles du sommeil ».  

Le Pr Birmes précise : « C’est le script traumatique, qui permet de réactiver le souvenir lors des séances suivantes. Ces personnes connaissaient une grande détresse émotionnelle car elles revivaient en permanence leur traumatisme. Quatre-vingt-dix minutes après la prise du médicament, elles conservent le souvenir mais n’en souffrent plus ». « Et ce, de manière durable », ajoute le quotidien.

Le journal relève que « selon les chercheurs toulousains, 70% des 40 patients ayant testé ce médicament ont vu leurs symptômes disparaître et seraient guéris. Ce traitement novateur pourrait donc devenir une alternative aux thérapies comportementales. […] Jusqu’à présent, les antidépresseurs servaient également à traiter ces problèmes mais ils endormaient le stress, sans le faire disparaître ».  

Le Pr Birmes déclare que « c’est un grand espoir car le traitement est simple même s’il nécessite la présence d’un médecin. A terme, on imagine la prise du médicament à domicile pour que le patient ne passe que 10 minutes chez le médecin ».

 

29 03 13

 

« L’hyperactivité directement liée au manque de lumière »
Sciences et Avenir , Le Point 

C’est ce que remarque Le Point, qui indique que « la découverte est colossale : en comparant la carte de prévalence du trouble de l’attention et de l’hyperactivité (TDHA) chez les enfants et celle de l’intensité solaire mesurée sur le territoire des États-Unis en 2003 et en 2007, des chercheurs ont constaté une « parfaite correspondance » », selon un article paru dans Biological Psychiatry.

L’hebdomadaire relève que « ces scientifiques de l’université d’Utrecht, du Research Institute Brainclinics, de la Leiden University et de l’Ohio State University décident alors de procéder à la même comparaison dans 9 autres pays où de telles données étaient disponibles : France, Allemagne, Belgique, Hollande, Italie, Colombie, Mexique, Espagne, Liban. Là encore, les courbes de données se superposent, chez l’enfant comme chez l’adulte ».

Sciences et Avenir précise de son côté que « le manque d’intensité lumineuse pourrait expliquer 1/3 des cas de trouble de l’attention et de l’hyperactivité chez l’enfant et jusqu’à 57 % chez l’adulte ».

Le magazine cite Martjin Arns (Research Institute Brainclinics), selon qui « le TDAH serait lié, pour un sous-groupe du moins,  à des troubles du sommeil générant des difficultés de vigilance et de concentration diurnes, liés eux-mêmes à un manque de lumière naturelle ».

« On voit s’accroître deux phénomènes. Tout d’abord on sort de moins en moins dehors la journée. Et le soir, on utilise de plus en plus des outils modernes comme les tablettes, les ordinateurs ou les smartphones, qui émettent une lumière bleue. Or cette lumière, on le sait, perturbe l’horloge biologique », note le spécialiste.

Le chercheur propose un « antidote simple pour améliorer le sommeil et les symptômes du TDHA » : « Il faut s’exposer davantage à la lumière naturelle matinale (comme sortir le chien, aller à l’école à pied, favoriser les jeux dehors). Et le soir réduire les écrans ou réfléchir à des solutions de changements de couleur d’écran grâce à un utilitaire gratuit comme f.lux »


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