« Modifier le cerveau pour restaurer la vue »

Les Echos

Yann Verdo observe dans Les Echos que l’Institut de la vision, « l’un des plus importants centres de recherche sur les maladies de la vision en Europe, basé à Paris et dirigé par le Pr José-Alain Sahel, […] se retrouve à la tête d’un consortium international visant à mettre en œuvre le projet CorticalSight, qui bénéficie d’une enveloppe de 25 millions de dollars sur 4 ans ».
« Son but ? Permettre à des aveugles dont le lien entre l’œil et le cerveau ne fonctionne plus de recouvrer la vue, en agissant directement sur les neurones du cortex visuel afin de court-circuiter le nerf optique défectueux », 
explique le journaliste.
Il relève que ce
 « projet, s’il débouchait, comme c’est son ambition, sur de premiers essais cliniques sur l’homme d’ici à 4 ans, pourrait à terme permettre de guérir les victimes d’un glaucome, deuxième cause de cécité dans le monde après la cataracte. Ainsi que les personnes ayant perdu la vue à la suite d’un diabète, première cause de cécité des moins de 50 ans ».
Yann Verdo indique qu’
« à la base du projet CorticalSight se trouve une technique d’exploration et de manipulation du cerveau en train de bouleverser le champ des neurosciences depuis qu’elle a émergé il y a une dizaine d’années : l’optogénétique ».
« Associant l’optique à la génétique, cette méthode consiste à modifier génétiquement certains neurones ciblés du cerveau afin de les rendre sensibles à la lumière ; cela fait, il devient possible de les activer (ou les inhiber) à l’aide d’un flash lumineux produit par une fibre optique ou par une grille de LED implantées dans le tissu cérébral, un peu comme si on les avait dotés d’un interrupteur marche/arrêt », 
explique le journaliste.
Il note que 
« l’application de cette technique révolutionnaire aux maladies de la vision n’est pas nouvelle. GenSight Biologics, un spin-off de l’Institut de la vision au cœur du projet CorticalSight, y travaille même depuis plusieurs années. Mais il s’est d’abord attaqué à une autre cause de cécité […] : la rétinite pigmentaire, une maladie génétique rare se traduisant par un rétrécissement progressif du champ visuel ».
« La différence – et elle est de taille – est que, dans cette maladie comme dans la DMLA, plus répandue, ce n’est pas le lien œil-cerveau qui est endommagé mais la rétine elle-même, ou plus précisément la fine couche de neurones qui se trouve sous les photorécepteurs de la rétine et qui sont couplés à ceux-ci », 
précise Yann Verdo.
Il relève que 
« GenSight est en passe de réussir à corriger cette maladie grâce à l’optogénétique », Serge Picaud, directeur de recherche à l’Inserm et membre du comité stratégique de l’Institut de la vision, indiquant : « Si le prochain essai clinique de GenSight montre que la technique fonctionne avec les neurones de l’œil, on aura toutes les raisons de penser qu’elle fonctionnera également avec ceux du cortex visuel ».

Date de publication : 2 Octobre 2017

 

« De la France à la Belgique, sur la route de l’euthanasie »

Le Parisien Libération

Le Parisien observe que « son cas, très médiatisé, a relancé le débat sur la fin de vie et mis en lumière un phénomène. Anne Bert, 59 ans, est morte hier matin en Belgique, où elle avait demandé une euthanasie. L’écrivaine, qui raconte dans un livre à paraître demain son combat contre la maladie incurable qui la rongeait, s’est résolue à cet ultime voyage, faute de solutions dans l’Hexagone ».
Le journal publie ainsi une enquête intitulée 
« De la France à la Belgique, sur la route de l’euthanasie », relevant : « Comme l’écrivaine Anne Bert, […] de plus en plus de Français franchissent la frontière pour que des médecins abrègent leurs souffrances. Des réseaux, discrets, les y aident ».
Le quotidien relève que 
« si aucun chiffre précis n’existe, les médecins belges n’étant pas tenus de transmettre la nationalité de leurs patients, notre enquête révèle l’existence de réseaux discrets qui épaulent bénévolement les malades dans toutes leurs démarches : de l’hébergement aux obsèques, en passant par la constitution de dossier ».
Le Parisien cite ainsi Claudette Pierret,
 « militante très engagée » de Meurthe-et-Moselle : « Je n’ai pas l’impression de faire le mal, bien au contraire ». Le journal continue : « «Aider des gens qui souffrent», c’est aussi le sentiment d’Yves de Locht, un des médecins bruxellois vers lesquels elle aiguille des malades ».
« Mais de l’autre côté de la frontière, il y a aussi des praticiens qui commencent à grogner et rechignent à s’occuper des demandes étrangères », 
note le journal. Il explique que « si des patients français se sont résolus à en passer par là, c’est que, dans l’Hexagone, la loi Leonetti-Claeys de février 2016 n’autorise qu’une «sédation profonde jusqu’au décès» et uniquement pour «les malades en phase terminale» ».
Le Dr Jean-Marie Faroudja, président de la section 
« éthique et déontologie » de l’Ordre des médecins, déclare : « Il peut y avoir des dérives dangereuses. Un médecin ne doit pas pouvoir donner délibérément la mort. C’est pour cela que nous sommes tout à fait contre toute forme d’euthanasie ».
Le Parisien indique que 
« pour l’heure, le gouvernement n’envisage pas de modifier la législation, considérée comme équilibrée ». « Il faudrait pourtant le faire. C’est un problème urgent », déclare pour sa part Jean-Luc Romero, président de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité).
Dans un article intitulé 
« Anne Bert, la fin d’un été », Libération indique également que « l’écrivaine, que la maladie de Charcot condamnait à une paralysie progressive, est morte lundi en Belgique après une euthanasie, comme elle l’avait souhaité ».
Le journal évoque son dernier livre, 
« Le Tout Dernier Eté », qui « aborde son mal et son choix » : « Des mots et des moments. Comme un journal que l’on tient pour la dernière fois, sans bruit, ni écho. Dans ce livre, Anne Bert se parle tout bas. On le sait, elle l’avait dit avec force au printemps dernier : atteinte de la maladie de Charcot, quand les symptômes seront trop lourds, elle voudra que cela s’arrête. C’est tout, rien d’autre que ce désir bien à elle ».
Libération remarque que 
« des médecins lui ont dit : «Je vous comprends, vous avez raison, mais je ne peux rien faire pour vous.» Ils ont tort : la dernière loi Claeys-Leonetti laisse un espace pour ces situations. Encore faut-il qu’ils prennent leurs responsabilités. Là, les médecins ne l’ont pas prise, et Anne Bert s’est décidée à partir en Belgique ».

Date de publication : 3 Octobre 2017

 

« Michel Jouvet, découvreur du « sommeil paradoxal », est mort »

La Croix

Denis Sergent annonce en effet dans La Croix : « Hasard du calendrier : alors qu’on attribuait lundi le prix Nobel de médecine à trois Américains pour leurs travaux sur l’horloge biologique et l’alternance éveil/sommeil, Michel Jouvet, médecin neurobiologiste, découvreur du sommeil paradoxal, décédait à Villeurbanne à l’âge de 91 ans. Or, ces travaux n’auraient peut-être jamais existé sans les découvertes de Michel Jouvet ».
Le journaliste rappelle que 
« le sommeil paradoxal, c’est une sorte de troisième état fonctionnel du cerveau. C’est en 1959, au retour d’une année dans le laboratoire de neurobiologie d’Horace Magoun en Californie, que Michel Jouvet met en évidence cette forme de sommeil chez le chat, animal modèle pour les recherches sur le sommeil et les rêves ».
« Pendant la plus grande partie du sommeil, hommes et animaux ont un sommeil dit lent, caractérisé par des ondes électroencéphalographiques (EEG) lentes. Mais intercalées entre ces longues périodes se glissent des séquences d’ondes rapides, et surtout de mouvements oculaires rapides (REM pour rapid eye movements,en anglais). Cela ressemble à une phase d’éveil, et pourtant l’animal est bel et bien endormi », 
poursuit Denis Sergent.
Michel Jouvet déclarait ainsi dans Le Point en 1984 : 
« C’est pourquoi j’ai parlé de sommeil paradoxal. Et on s’est très vite aperçu que cela correspondait au moment des rêves ».
Le journaliste relève que 
« cette découverte, qui allait faire le tour du monde, ouvrait une porte sur un domaine entièrement nouveau puisque auparavant, seuls deux états étaient censés exister, le sommeil et l’éveil ».
Denis Sergent indique par ailleurs que 
« Michel Jouvet a travaillé sur la caractérisation cérébrale de la mort. Ce qui lui vaudra de figurer parmi les scientifiques à l’origine du concept de «mort cérébrale», dont il a décrit les signes électroencéphalographiques dès 1959. Il s’intéresse également à l’éveil et à la façon de maintenir des hommes éveillés au moyen de molécules pharmacologiques ».
Le journaliste note que 
« le modafinil, qui interagit avec certains neurotransmetteurs dans notre cerveau, «reste aujourd’hui la plus efficace molécule pour traiter l’hypersomnie et la narcolepsie, deux pathologies du sommeil très invalidantes», rappelle l’Inserm ».

Date de publication : 4 Octobre 2017

 

« Le passage à la cigarette électronique pourrait éviter des millions de morts »

Le Parisien Le Figaro

Le Parisien note en effet que « le passage généralisé des fumeurs du tabac à la cigarette électronique pourrait permettre de réduire d’un quart les morts liées au tabagisme aux Etats-Unis d’ici 2100, soit 6,6 millions de décès évités », selon une étude parue dans Tobacco Control.
Le journal remarque toutefois que 
« le débat sur les éventuels effets nocifs pour la santé de la cigarette électronique n’est toujours pas tranché, même si nombre de spécialistes soulignent que sa dangerosité est moindre que celle du tabac ».
Le quotidien explique que 
« les auteurs de l’étude […] se sont livrés à des projections selon deux scénarios. Dans le scénario le plus optimiste, ils sont partis de l’hypothèse que les risques liés aux cigarettes électroniques représentaient 5% de ceux du tabac, et que seule une minorité de gens continuerait à fumer de manière «traditionnelle» d’ici 2026 ».
« Dans cette hypothèse, les auteurs de l’étude estiment que 6,6 millions de morts pourraient être évitées d’ici 2100 aux Etats-Unis. Cela représente un quart des morts prévisibles (26,1 millions) si la situation reste telle qu’elle est aujourd’hui, où, chez les Américains, 19,3% des hommes et 14,1% des femmes fument », 
relève le quotidien.
Le Parisien ajoute que «
 dans le scénario pessimiste, les auteurs sont partis de l’hypothèse que les risques liés aux cigarettes électroniques représentaient 40% de ceux du tabac. Dans ce cas, c’est 1,6 million de vies qui seraient épargnées d’ici 2100 ».
Le journal rappelle toutefois que 
« l’usage de la cigarette électronique divise scientifiques et spécialistes de la lutte contre le tabagisme. Ses détracteurs craignent que son image plus sûre attire une nouvelle génération de fumeurs et qu’elle soit une porte d’entrée au tabac. Ses défenseurs estiment au contraire que, quels que soient les risques qu’elle présente via l’inhalation de vapeurs de liquides contenant de la nicotine, elle reste infiniment moins nocive que le tabac ».
Le Figaro relève également que selon cette étude américaine, 
« des millions de morts [seraient] évités avec la cigarette électronique ».
Le journal observe que 
« si l’innocuité de la cigarette électronique n’a pas encore été démontrée, les scientifiques pour l’heure s’accordent sur l’idée qu’elle est dans tous les cas de figure moins nocive que le tabac ».

Date de publication : 4 Octobre 2017

 

« L’âge des deux parents influe sur le patrimoine génétique des enfants »

Science et Vie

Science et Vie indique en effet qu’« une étude islandaise montre que l’âge des deux parents, surtout celui du père mais aussi celui de la mère, contribue à augmenter les mutations génétiques – heureusement bénignes – que l’on trouve chez leurs enfants ».
Le magazine précise que cette étude publiée dans 
Nature a été « menée par la société islandaise De Novo Genetics sur les génomes de 1548 insulaires, leurs parents et au moins un de leurs enfants ». Il explique ainsi : « En matière de patrimoine génétique, les dés sont pipés. Et certaines mutations génétiques, appelées néomutations – ou mutations de novo – apparaissent chez un individu sans même qu’aucun des parents ne les possède. Toutefois, on peut retrouver le parent qui en est à l’origine. C’est ce travail qu’ont effectué les scientifiques islandais ».
Science et Vie note que 
« sur les 108.778 néomutations qu’ils ont recensées parmi le groupe étudié, le parent d’origine a pu être déterminé pour un peu moins de la moitié. Résultat : la proportion de mutations imputables aux spermatozoïdes – qui augmente de 1,51 par année en plus du père – est prépondérante. Mais celles issues des ovules est loin d’être négligeable : 0,37 mutation supplémentaire par année en plus de la mère ».
Le magazine ajoute que 
« plus étonnant : ces changements, liés à l’âge, ne sont pas répartis uniformément dans l’ensemble du génome féminin. Dans une petite portion du génome (environ 10%), les néomutations provenant de la mère sont égales en nombre à celles du père. Sur le chromosome 8, elles sont carrément 50 fois plus nombreuses ! ».
Science et Vie conclut que 
« si cette étude ouvre une nouvelle voie de compréhension sur l’évolution humaine et sur certaines maladies rares, que les parents âgés se rassurent : les effets de ces mutations restent souvent imperceptibles à l’échelle de l’individu ».

Date de publication : 5 Octobre 2017

 

« La parole se libère autour des « violences » obstétricales »

La Croix

C’est ce que titre La Croix, qui note que « sorti [hier] en librairie, Le Livre noir de la gynécologie dénonce les maltraitances subies par des femmes lors de consultations ou actes médicaux. Face aux nombreux témoignages sur les réseaux sociaux, les médecins se sentent injustement accusés et affirment ne pas être des «bourreaux» ».
Le journal précise que 
« pour ces femmes, la première maltraitance vient souvent d’une parole autoritaire, infantilisante, paternaliste ou agressive ».
Pierre Bienvault observe ainsi : 
« C’est comme si, d’un seul coup, s’était libérée une parole trop longtemps retenue. Une colère enfouie et soudain remontée à la surface. «Quand j’y pense et que j’en parle, j’ai encore envie de pleurer 13 ans après», écrit sur Internet une femme en racontant son accouchement et les gestes brusques et douloureux d’un gynécologue sans «bienveillance» ».
Le journaliste relève que 
« ces mots sont lâchés dans l’anonymat des réseaux sociaux. Parfois après des années de silence et peut-être aussi de culpabilité et de honte. «Je suis allée pour la première fois chez le gynécologue avec ma mère à l’âge de 14 ans. Je souffrais de violentes migraines et mes règles étaient douloureuses», raconte une autre femme, qui n’a rien oublié de l’examen traumatisant et très invasif qui a suivi, alors que le médecin lui avait demandé de se dévêtir totalement, sans un mot d’explication. «J’ai 37 ans aujourd’hui et je ne vais jamais chez le gynécologue», ajoute-elle ».
Pierre Bienvault revient sur ce Livre noir de la gynécologie :
 « Un ouvrage signé Mélanie Déchalotte, journaliste indépendante et documentariste à France Culture. Au terme d’un travail de terrain et grâce au recueil de nombreux témoignages, l’auteur décortique le phénomène des «maltraitances gynécologiques et obstétricales» ».
« Un phénomène sur lequel, reconnaît-elle, «il n’existe aucune enquête scientifique fiable», mais qui donne lieu depuis des années à plusieurs prises de parole sur les réseaux sociaux. Ou dans les médias », 
continue le journaliste.
Pierre Bienvault évoque ainsi ces 
« violences obstétricales », « un terme très mal vécu par les médecins. «Stop au gynéco-bashing. Nous ne sommes pas des bourreaux», affirmait en septembre un texte signé par de nombreux jeunes gynécologues-obstétriciens. «Nous avons choisi ce métier pour aider les femmes, pas pour les maltraiter», explique une des signataires, le Dr Yaël Levy-Zauberman ».
Le journaliste indique que 
« cette jeune femme médecin, qui refuse le «paternalisme» des anciennes générations, affirme ne pas vivre dans une bulle ». La praticienne déclare : « Nous ne sommes pas insensibles aux témoignages de ces femmes. Mais sous ce terme de «violences», on met beaucoup de choses très différentes : des mauvaises pratiques médicales, des gestes chirurgicaux peut-être mal vécus ou mal expliqués mais nécessaires. À lire les témoignages, on recense aussi pas mal de comportements déplacés ou maladroits, mais pour lesquels il me semble excessif de parler de violences ».
Pierre Bienvault remarque que 
« ce terme ne choque pas Anne Evrard, du Collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane) », qui indique : « Cela fait 10 ans que nous accompagnons des femmes dans des recours contre des maternités ou des soignants au sens large. Et ce qu’elles racontent relève d’un vrai traumatisme ».
Le journaliste relève que 
« pour ces femmes, la première maltraitance vient souvent d’une parole autoritaire, infantilisante, paternaliste ou agressive qui survient dans un moment de vulnérabilité psychologique ».
Anne Evrard déclare que 
« cette maltraitance existe dans toutes les spécialités médicales. Mais en gynécologie, c’est très particulier car c’est une médecine qui touche à l’intime et à la sexualité ».
Pierre Bienvault ajoute que 
« ce qui frappe Anne Evrard, c’est souvent l’incrédulité des soignants quand ils se retrouvent ainsi mis en cause ». La responsable observe : « On a parfois des recours dans des services ultra-performants sur le plan technique avec des soignants qui ne voient pas en quoi cela peut poser un problème de dire à une femme qui refuse la péridurale : “Tout à l’heure, tu feras ta chochotte et tu nous supplieras pour qu’on t’en fasse une”» ».
De son côté, Bertrand de Rochambeau, président du syndicat national des gynécologues-obstétriciens (Syngof), déclare : 
« Aujourd’hui, la société a changé et nos patientes ont des attentes que nous devons écouter. Mais nous ne pouvons laisser diffuser l’idée que tous les gynécologues se comportent aussi mal ».
« Le problème est que la souffrance de ces femmes est exploitée par un courant féministe un peu extrémiste, qui voudrait faire croire que ces femmes sont victimes d’un machisme médical. C’est oublier qu’aujourd’hui, le monde de la gynécologie-obstétrique est féminin à près de 70%. Et que dans la salle de naissance, il y a des sages-femmes, profession à 98% féminine », 
ajoute le praticien.

Date de publication : 6 Octobre 2017

 

« Violences sur mineurs : des conséquences sur le développement de leur cerveau »

Le Figaro

Le Figaro fait savoir qu’« une étude met en évidence des altérations cérébrales chez des victimes mineures d’abus physiques ou sexuelles. Elles seraient responsables de dommages psychopathologiques ».
Le journal relève que selon ce travail,
 « 5 à 15% des enfants occidentaux subissent des violences physiques ou sexuelles. Ces sévices peuvent favoriser le développement de dommages psychiatriques tels que des comportements agressifs, une forte impulsivité et anxiété, pouvant aller jusqu’à la dépression ou au suicide ».
Le quotidien explique ainsi que 
« pour la première fois des chercheurs du McGill Group for Suicide Study (Canada) ont révélé des altérations de cellules cérébrales qui seraient à l’origine de ces comportements chez les victimes. Leurs travaux sont publiés dans The American Journal of Psychiatry ».
Le Figaro indique que les chercheurs 
« ont disséqué et analysé 27 cerveaux de personnes ayant été en dépression ou qui se sont suicidées et qui avaient subi des violences avant leurs 15 ans. Ils les ont comparés à 26 cerveaux dits «sains» et à 25 autres ayant appartenu à une personne dépressive ou décédée suite à un suicide mais qui n’avaient jamais subi d’abus ».
Ils
 « ont constaté une altération des cellules nerveuses chargées de former les connexions entre neurones. La zone du cerveau concernée est chargée entre autres de réguler les fonctions cognitives et émotionnelles. Chez les mineurs victimes de violences elles auraient été endommagées lors de leur croissance. Ce phénomène cause des dommages structurels et fonctionnels du cerveau, entraînant des psychopathologies à long terme », relève le journal.
Le Figaro rappelle que
 « de précédentes études par IRM avaient pu démontrer des dommages significatifs au niveau de fibres de la matière blanche (moelle épinière et partie interne du cerveau). Cependant, ayant été effectuées sur des personnes vivantes, il était impossible de faire des analyses approfondies afin de connaître l’origine de ces altérations ».
Le journal conclut qu’« 
avec cette étude, les chercheurs ont pu découvrir les cellules et gènes qui sont source de pathologies psychiatriques durables chez les enfants maltraités ».

Date de publication : 6 Octobre 2017

 

Neurologie : « Les pouvoirs publics se préoccupent plus des personnes âgées que des jeunes »

Le Point

Le Point observe que « pour la troisième année consécutive, la santé se met en scène samedi au théâtre de l’Odéon (Paris) pour S3Odéon (pour Sciences, santé et société). Chercheurs, médecins, sociologues, économistes et patients disposeront de 7 minutes pour aborder des sujets qui ont suscité le débat, l’espoir, l’emballement médiatique ou la critique ».
Le magazine indique que 
« parmi eux [figure] le Pr Thomas Bourgeron, directeur de l’unité Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Institut Pasteur, dont les travaux sur l’autisme sont reconnus dans le monde entier ».
Dans un entretien, il souligne que 
« l’autisme touche entre 300.000 et 500.000 personnes, mais ce chiffre ne tient pas compte de tous ceux qui souffrent de troubles plus ou moins reliés à cette maladie comme l’hyperactivité, la déficience intellectuelle et les TOC… ».
« Au total, cela représente 10% des enfants ! Il faut vraiment faire quelque chose pour eux et replacer l’autisme dans un continuum. Or les pouvoirs publics se préoccupent bien plus des personnes âgées et de neurodégénérescence que du sort de ces jeunes et des troubles du neuro-développement », 
observe le Pr Bourgeron
Le chercheur évoque les gènes impliqués dans l’autisme : 
« Les avancées sont énormes puisque plus de 200 gènes ont déjà été identifiés. Il n’y a vraiment plus qu’en France où l’on nie encore leur rôle. Qui plus est, certains de ces gènes ont une causalité très forte. Presque tous les porteurs souffrent d’autisme…, mais seuls quelques-uns présentent une déficience intellectuelle. […] Il faut comprendre pourquoi, avec les mêmes gènes, les enfants ne développent pas les mêmes troubles ».
Il souligne qu’« 
on commence à comprendre ce que font ces gènes. Ils participent à la connectivité dans le cerveau. […] Nous sommes en train de tester des molécules pour améliorer les fonctions cognitives, les aspects d’excès de sensorialité, comme chez les enfants hypersensibles aux sons (hyperacousiques). Des essais cliniques se mettent en place ».
Le chercheur voit cependant l’avenir
 « avec pessimisme face au manque de moyens dont nous disposons. Le 3e Plan autisme était doté de 500.000 € sur 4 ans. C’est presque offensant. Pour le 4e, on ne sait pas encore. Sans l’aide de fondations privées et de certaines familles de patients, je ne pourrai pas continuer les recherches ».
Il ajoute toutefois : 
« Mais aussi avec optimisme, car nous allons accueillir à l’Institut Pasteur la plus grande data base en Europe de patients autistes avec des données génétiques, d’imagerie… La mise en commun des données va permettre d’avancer plus vite ».

Date de publication : 6 Octobre 2017

 

« Les étranges vertus de la nuit blanche contre la dépression »

Le Figaro

Pauline Fréour note en effet dans Le Figaro que « l’efficacité de la privation de sommeil est prouvée en cas de dépression sévère, et la compréhension de ce phénomène pourrait ouvrir la piste à de nouveaux traitements ».
La journaliste relève que 
« ce traitement naturel résiste encore à la compréhension du monde médical, qui cherche comment l’optimiser », et indique que « pour faire le point sur les découvertes des dernières années, l’équipe du Pr Philip Gehrman (université de Pennsylvanie) a passé au crible 66 études sur la privation de sommeil en traitement de la dépression, y compris chez les personnes bipolaires ».
Pauline Fréour observe que 
« la méta-analyse publiée dans le Journal of Clinical Psychiatry confirme l’efficacité importante de la privation de sommeil pour réduire les symptômes de la dépression, chez environ un malade sur deux (44 à 50%). Autre avantage de la méthode : l’effet est immédiat ».
Le Pr Emmanuelle Corruble, chef du service de psychiatrie à l’hôpital Bicêtre (AP-HP), remarque ainsi : 
« Nous y avons parfois recours pour des patients très suicidaires, dont on craint qu’ils ne passent à l’acte dans les heures qui viennent et pour lesquels on a besoin d’une action très rapide ». Le Dr Pierre Geoffroy, psychiatre et médecin du sommeil (Hôpital Fernand Widal, Paris), souligne quant à lui que « l’effet est spectaculaire. Après une nuit de privation de sommeil, on peut améliorer une dépression sévère chez un patient mutique, qui ne se levait plus, contre 4 à 6 semaines avec un traitement antidépresseur classique ».
Pauline Fréour explique que 
« la privation de sommeil peut être totale (le patient ne dort pas du tout) ou partielle (il est réveillé au bout de quelques heures pour éviter l’entrée en sommeil paradoxal) avec une efficacité équivalente, selon la méta-analyse du Pr Gehrman. Simple en apparence, c’est en pratique difficile à mettre en place ». Le Dr Rémi Bation, psychiatre à l’Hôpital Lyon Sud, précise en effet qu’« il faut hospitaliser le patient 36 heures, le surveiller de près et disposer d’infirmières formées car leur rôle est déterminant pour maintenir le patient éveillé ».
Pauline Fréour relève que 
« la privation de sommeil est donc réservée à des cas très spécifiques. À l’hôpital psychiatrique du Vinatier à Lyon où le Dr Bation a exercé, ce traitement est proposé à des patients en échec thérapeutique ». Le psychiatre observe que « pour eux, l’étape suivante est l’électroconvulsivothérapie, anciennement appelée électrochocs. Mais l’attente pour être pris en charge étant un peu longue, on utilise la privation de sommeil pour les soulager temporairement, en alternant nuits de sommeil et nuits écourtées pendant deux semaines ».
La journaliste souligne en outre que 
« le revers de l’efficacité spectaculaire de la privation de sommeil est son caractère transitoire, car les bénéfices s’estompent dès que le patient recommence à dormir ».
Le Dr Geoffroy remarque qu’
« on ne sait pas exactement comment ça marche. L’une des hypothèses est que la nuit blanche réinitialiserait l’horloge biologique interne du patient, perturbée chez les patients déprimés ».
Le Pr Corruble note quant à elle : 
« Chez les personnes en dépression, certains phénomènes biologiques se manifestent prématurément, comme le pic de cortisol qui stimule l’organisme le matin et l’élévation matinale de la température. Ces patients se réveillent d’ailleurs très tôt avec des symptômes de dépression maximum, comme une forte anxiété ».
Pauline Fréour ajoute que « 
ces pistes de recherche conduisent à tenter de prolonger les bénéfices de la privation de sommeil avec de la luminothérapie. […] Certaines équipes ont aussi recours à la stimulation cérébrale magnétique ou à l’électroconvulsivothérapie et, bien sûr, aux médicaments antidépresseurs. Mais les résultats sont encore insatisfaisants et le Graal reste à découvrir ».

Date de publication : 9 Octobre 2017

 

« Psychiatrie : le nombre d’internements sans consentement en augmentation »

Le Figaro

Le Figaro constate que « selon une étude publiée en février 2017 dans la revue Questions d’économie de la Santé, plus de 92.000 personnes ont été hospitalisées au moins une fois sans leur accord en psychiatrie en 2015 en France. Soit environ 5% des 1,7 million de personnes suivies en psychiatrie la même année ».
« Une tendance à la hausse, puisque le nombre de personnes soignées contre leur gré a augmenté de 15% entre 2012 et 2015 », 
observe le quotidien, qui précise que « ces personnes étaient en majorité des hommes (60%), avec une moyenne d’âge de 43 ans. Près de la moitié souffrait de troubles schizophréniques ou psychotiques ».
Le Figaro rappelle qu’
« en France, le consentement du patient est indispensable à toute prise en charge thérapeutique. Mais cette disposition, inscrite au Code de la Santé Publique, connaît toutefois une exception : pour les personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères affectant la conscience, le recours aux soins sans consentement est autorisé. L’hospitalisation forcée peut se faire sur la décision d’un représentant de l’État, s’il y a atteinte à la sûreté des personnes ou à l’ordre public, ou sur demande d’un tiers ».
Le quotidien ajoute qu’
« une loi de juillet 2011 a introduit un nouveau mode de placement appelé «admission en soins psychiatriques en cas de péril imminent», supposé favoriser l’accès aux soins des personnes isolées ou désocialisées. Le recours à cette mesure ne peut avoir lieu qu’en cas d’absence d’un proche et il doit être motivé par un certificat médical établi par un médecin extérieur à la structure d’accueil ».
Le journal constate que selon cette étude, 
« cette nouvelle mesure explique en partie l’augmentation importante du nombre d’internements forcés. Depuis sa mise en place en 2011, ce nombre a plus que doublé (8.500 personnes en 2012 contre 19.500 en 2015). Des chiffres qui témoignent d’une banalisation de cette procédure, même si sa fréquence varie grandement d’un hôpital à l’autre ».
Les auteurs s’interrogent :
 « Dans quelle mesure les soins pour péril imminent facilitent-ils l’accès aux soins dans des situations complexes et des contextes d’urgence ou portent-ils atteinte à la liberté des personnes par la simplification des procédures d’admission ? ».
Le Figaro relève que 
« le nombre d’internements réalisés à la demande d’un représentant de l’État a également augmenté, mais dans une moindre mesure (8% de plus entre 2012 et 2015). Quant au placement à la demande d’un tiers, il est resté constant sur cette période (près de 60.000 personnes concernées) ».
Le journal précise en outre que « la loi de juillet 2011 prévoit un contrôle obligatoire du juge des libertés et de la détention dans les 12 jours suivants l’hospitalisation complète. Selon le ministère de la Justice, 2.300 demandes d’annulation d’une mesure d’hospitalisation complète ou partielle ont été faites par le patient ou par ses proches au juge des libertés et de la détention en 2016. Pour 305 d’entre elles, la médicalisation contrainte a été annulée, ce qui représente 13% de ces demandes ».

Le Figaro évoque des 
« témoignages édifiants de personnes en bonne santé mentale qui ont été internées de force », et conclut que « pour éviter que de telles dérives aient lieu, les auteurs de l’étude demandent une évaluation des dispositions mises en place par la loi du 5 juillet 2011 et rappellent que «ces mesures au caractère exceptionnel doivent être proportionnelles au bénéfice attendu pour la personne» ».

Date de publication : 11 Octobre 2017

 

« On peut aider les chercheurs à comprendre l’autisme »

Le Parisien

Le Parisien observe que « le Pasteurdon – sorte de Téléthon de l’Institut Pasteur – se tient jusqu’à dimanche afin de faire avancer la recherche. Vos dons serviront à faire avancer la cause de cette maladie encore peu étudiée mais aussi à travailler sur les insectes, comme les moustiques, vecteurs de maladies, les microbes ou encore les neurones ».
Le journal se penche sur l’étude
 « Comprendre l’autisme », « nécessitant au moins 300.000 €, [qui] fait partie des projets sur lesquels chacun est invité à donner à partir d’aujourd’hui ».
Thomas Bourgeron, responsable de l’unité génétique de l’Institut Pasteur, indique ainsi que 
« la mutation de certains gènes joue sur la connectivité des neurones et peut entraîner des troubles autistiques plus ou moins sévères ».
Le Parisien note que le chercheur 
« pointe, alors que de récentes recherches mettaient en avant la piste des écrans pour expliquer certaines formes d’autisme, que, «pour l’instant, les études montrent que la composante génétique est très, très forte, même s’il ne faut exclure aucune hypothèse» ».
Le journal explique que 
« plusieurs «pistes thérapeutiques» sont dans le viseur des chercheurs pour le développement de traitements ».
Thomas Bourgeron précise :
 « Il y a différentes formes d’autisme. Certaines sont une maladie car elles sont associées à de l’épilepsie ou à des déficiences graves. Le développement de médicaments est très important. Pour d’autres formes, il faudra aussi que la société fasse preuve de tolérance et apprenne à vivre avec sa diversité neurologique ».

Date de publication : 12 Octobre 2017

 

« Peut-on voir la douleur dans le cerveau ? »

Le Figaro

Le Figaro observe que « la Journée mondiale de la douleur veut attirer l’attention du public sur les douleurs chroniques. Elles ne sont pas toujours faciles à évaluer ».
Damien Mascret remarque ainsi :
 « Lorsque quelqu’un se plaint d’avoir mal est-il possible d’utiliser l’imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle, Pet-scan, EEG etc.) pour dépister les simulateurs ? C’est la question que se posent parfois la justice, lorsqu’elle est saisie, ou les assureurs, lorsqu’ils doivent payer ».
Le journaliste indique qu’«
 un groupe d’experts, incluant non seulement des praticiens mais aussi des juristes et des spécialistes de l’éthique médicale, a été mis en place par l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP) pour y répondre, mais en ajoutant celle-ci : Si c’est possible, est-ce souhaitable ? ».
Damien Mascret note que ces experts
 « viennent de publier leurs conclusions après 2 ans de travail, dans Nature Reviews Neurology, et mettent en garde contre cette tentation techno-intrusive ». Ils écrivent ainsi : « Sur la base de ce que l’on sait aujourd’hui, l’imagerie cérébrale n’est pas suffisamment fiable pour être utilisée comme détecteur permettant d’appuyer ou de contredire ce que dit un individu ».
Le journaliste retient donc que 
« ces outils de visualisation de la douleur doivent rester des outils de recherche. Et le jour où les progrès le permettront ? Les experts craignent le pire : «La disponibilité d’un test le rendrait de facto incontournable dans la pratique, si non dans la loi» ».
Damien Mascret observe que 
« le développement d’un test est pourtant inéluctable. Car si chacun d’entre nous a une idée assez précise de ce qu’est la douleur, les choses se compliquent dès qu’il s’agit d’estimer celle qui est ressentie par quelqu’un d’autre. Ce qui peut être très ennuyeux en médecine ».
Le journaliste remarque qu’«
 en pratique, il suffit de poser la question. C’est d’ailleurs ce que font couramment les soignants, y compris en interrogeant les enfants grâce à des petits dessins de visages plus ou moins souriants ou grognons (échelle visuelle analogique). Mais l’idéal serait de disposer d’une mesure objective (indépendante du sujet), par exemple un capteur indiquant le niveau de douleur ressenti ».
Les experts estiment ainsi qu’
« un tel test serait particulièrement utile pour des personnes incapables de verbaliser (par exemple des enfants ou adultes qui sont handicapés, très jeunes ou déments), dans le cas où il y a un décalage entre le comportement d’une personne et ce qu’elle dit, et aussi pour personnaliser la prise en charge ».

Date de publication : 17 Octobre 2017

 

« Alzheimer dépisté dans sa phase invisible »

Le Figaro

Le Figaro évoque « une avancée considérable, un «saut technologique» dans la recherche sur la maladie d’Alzheimer que vient d’effectuer une équipe française (Inserm, CNRS, CEA, universités Paris-Sud et Paris-Descartes) ».
Le journal indique en effet que les chercheurs 
« ont «inventé» (au sens propre puisque des brevets ont été déposés) un nouveau modèle animal de la pathologie qui reproduit, pour la première fois de manière très fidèle, ce qui se passe chez l’homme, et ce dès les tout premiers stades invisibles de la maladie ».
Le quotidien souligne que 
« c’est tout le champ d’une compréhension accrue des mécanismes de son développement, d’essais de molécules correctrices et de dépistage précoce qui s’ouvre », selon cette étude parue dans Cerebral Cortex.
Le Figaro rappelle que la dégénérescence des neurones 
« est provoquée par deux facteurs : l’accumulation d’une protéine dite amyloïde bêta entre les neurones, qui perturbe les communications entre les cellules nerveuses ; et une deuxième protéine, Tau, qui adopte une forme modifiée (hyperphosphorylation), entraînant une fragilisation des neurones ».
Jérôme Braudeau, auteur principal de l’étude et directeur de la start-up AgenT, indique que 
« ce sont ces deux caractéristiques fondamentales de la maladie que notre modèle animal reproduit ».
Le chercheur explique :
 « Les animaux sont des rats, tous des clones, qui ne sont pas transgéniques. Quand ils ont 2 mois, on leur injecte le gène humain de surproduction de la protéine amyloïde bêta directement dans une petite zone du cerveau, l’hippocampe. Un mois plus tard, cette protéine commence à apparaître dans l’hippocampe ».
« Neuf mois plus tard, c’est la forme modifiée de la protéine Tau de l’animal qui commence à être produite, à peu près au moment où les premiers troubles de la mémoire se manifestent. À 30 mois (2,5 ans), les premiers dégâts irréversibles s’installent », 
indique Jérôme Braudeau.
Le Figaro note ainsi que 
« pas moins de 130 animaux (rats Wistar) ont été suivis et finalement sacrifiés à différents âges afin de pouvoir étudier leur cerveau », relevant que « jusqu’ici, on ne disposait que de modèles porteurs de l’une ou l’autre des protéines, et tout se jouait en quelques mois ».
Ronald Melki, directeur de recherche CNRS à l’Institut des neurosciences de Paris-Saclay, souligne que ce modèle animal 
« donne du temps au temps. Il reproduit la lenteur d’évolution de la maladie. On a vraiment besoin de ce type de modèle pour cibler des molécules thérapeutiques dans la phase silencieuse de la maladie. Car tout ce que l’on a testé l’a été sur des modèles animaux très imparfaits ou sur des personnes avec une dégénérescence déjà irréversible. Il faudra sans doute tout retester. Et j’aimerais savoir pourquoi seule la moitié des animaux présentent le phénomène avec la protéine Tau… ».
Le Figaro observe enfin :
 « Prochaine étape pour les créateurs d’AgenT, développer leur start-up […] en proposant une multitude de services employant leur modèle animal à destination des laboratoires de recherche, tant publics que privés, mais aussi poursuivre leurs propres recherches pour étudier dans le détail les premiers stades de la maladie ».
Jérôme Braudeau déclare ainsi :
 « Notre objectif est, d’ici à quelques années, de mettre au point un test sanguin diagnostique mais aussi prédictif. […] Nous pensons pouvoir caractériser la présence de marqueurs de la maladie même en l’absence de signes cliniques, dès 45-50 ans ».
« Reste que, comme pour d’autres maladies neurodégénératives incurables, faire l’annonce à quelqu’un qu’il est à fort risque ou que la maladie est déjà présente silencieusement, mérite réflexion, à commencer par «est-ce utile ?» », 
conclut le journal.

Date de publication : 19 Octobre 2017

 

« Une étude controversée sur l’origine de la dyslexie »

La Croix

Audrey Dufour indique dans La Croix qu’« une étude de deux physiciens de l’université de Rennes, publiée mercredi, assure que l’origine de la dyslexie se situe dans un défaut de l’œil. Une conclusion hâtive, aux dires de plusieurs professionnels ».
La journaliste relaie ainsi cette 
« information [qui] a fait les gros titres partout : l’origine de la dyslexie a été trouvée ! Selon des chercheurs de l’université de Rennes, la faute reviendrait à la fovéa, une minuscule zone du fond de l’œil où sont situés les cônes. Ces derniers sont des photorécepteurs de la lumière qui permettent de distinguer les couleurs. Chez les personnes sans trouble de la vision, il existe des cônes verts, rouges et bleus. Et au centre de la fovéa se trouve chez toutes les personnes une zone sans cônes bleus ».
Audrey Dufour explique que 
« pour Guy Ropars et Albert Le Floch, la forme de cette zone serait responsable de la dyslexie. Selon eux, chez les personnes dyslexiques, cette zone serait parfaitement ronde dans les deux yeux. Tandis que chez les non-dyslexiques, dans l’un des deux yeux, elle aurait une forme irrégulière ».
« Dans ce dernier cas, l’œil choisirait donc l’image la «mieux définie» et oublierait celle issue de la zone irrégulière. Au contraire, chez les dyslexiques, les deux images seraient considérées comme ayant la même «valeur» et la personne verrait l’image principale et l’image miroir avec la même intensité, ce qui entraînerait une confusion des lettres », 
relève la journaliste.
Elle constate cependant que 
« dans les faits, affirmer que la zone sans cônes bleus de la fovéa forme un cercle parfait est compliqué, que ce soit chez des individus dyslexiques ou non. De plus, la dyslexie est un trouble qui va plus loin que la simple confusion visuelle entre deux lettres comme un «b» et un «d», exemple rapporté dans l’étude ».
Florence Delteil, responsable du centre référent des troubles de l’apprentissage à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, souligne que 
« la dyslexie, ce n’est pas juste mal distinguer les lettres », tandis que Marianne Chatriot, pédiatre spécialisée dans les troubles d’apprentissage, remarque : « Jusqu’à 6 ans, tous les enfants confondent le “b ” et le “d ”, ce n’est pas un signe de dyslexie ! ».
Audrey Dufour ajoute que la pédiatre 
« rappelle aussi que la plupart des dyslexies sont phonétiques : les enfants vont confondre des sons proches et avoir du mal à associer son et syllabe ».
La journaliste note en outre que 
« le groupe de contrôle, c’est-à-dire les individus non dyslexiques dans l’étude, ne comprenait que 30 personnes ». Sylvie Chokron, directrice de recherches au CNRS et responsable de l’Unité fonctionnelle vision et cognition, observe ainsi que « pour affirmer que l’asymétrie est nécessaire à une bonne lecture, il faudrait être certain qu’il n’existe pas de bon lecteur avec absence d’asymétrie ».

Date de publication : 20 Octobre 2017

 

« Dépression de la ménopause : une prévention possible ? »

Le Figaro

Le Figaro observe : « Anxiété, fatigue, sautes d’humeur, les [femmes] cinquantenaires traversent un véritable orage émotionnel autour de la cinquantaine. Chez certaines, ce blues de la ménopause se transforme en véritable maladie ».
Le Pr Patrice Lopes, président du groupe d’étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal, précise ainsi qu’
« entre 10 à 15% des femmes en préménopause souffriraient de dépression ».
Le quotidien explique que 
« les fluctuations hormonales importantes qui précèdent de quelques années l’arrêt des règles seraient en grande partie responsables de cet état. C’est pourquoi la dépression frapperait en priorité les femmes plus sensibles aux variations hormonales ».
« C’est-à-dire celles qui ont fait une dépression post-partum ou qui souffraient de syndrome dépressif prémenstruel », 
précise le Dr Gabriel André, gynécologue à Strasbourg. Le Pr Lopes souligne ainsi que « chez ces femmes à risque, le taux de dépression se situerait entre 30 et 50% ».
Le Figaro évoque le 
« principal responsable : le taux d’œstrogènes. L’effondrement de ces hormones qui interviennent dans la régulation de la température du corps est à l’origine du signe le plus connu de la ménopause : les bouffées de chaleur. Ces symptômes vasomoteurs favoriseraient la dépression ».
Le Pr Anne Gompel, gynécologue à l’hôpital Cochin (Paris), souligne que 
« les bouffées de chaleur et sueurs nocturnes concernent 75% des femmes. Mais pour 11% d’entre elles, ces épisodes sont particulièrement sévères et précoces. La principale conséquence est qu’elles dorment mal, sont épuisées, ce qui fait le lit de la dépression ».
Le Figaro observe que selon la praticienne, 
« l’impact de ces bouffées de chaleur est largement minimisé par la majorité des médecins. […] Par ailleurs, la baisse des oestrogènes va également diminuer la production de sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans l’humeur et les émotions ».
« Difficile, néanmoins, d’incriminer uniquement la fuite des hormones dans la survenue d’une maladie par essence multifactorielle. À cette période de la vie, les événements négatifs viennent souvent s’additionner aux bouleversements physiologiques », 
poursuit le quotidien.
Le journal fait savoir que 
« le congrès de la société américaine d’étude de la ménopause qui se déroulait mi-octobre à Cleveland s’est intéressé au traitement de ces dépressions du milieu de vie chez la femme. L’une des études présentées valide l’utilisation d’un traitement hormonal pour prévenir les dépressions survenant lors de la périménopause ».
Le Figaro explique que 
« les chercheurs ont démontré que l’administration d’œstrogènes par voie transdermique en début de transition ménopausique permettait de prévenir l’apparition de dépressions par rapport à l’administration d’un placebo ».
« Ce résultat n’étonne pas les spécialistes. L’administration d’hormones va en effet résoudre les troubles du climatère : bouffées de chaleur, fatigue, prise de poids, sécheresse vaginale. Avec, comme conséquence immédiate, une amélioration de la qualité de vie et de l’image de soi qui aura une influence positive sur l’humeur », 
continue le journal.
Il s’interroge : 
« Cette étude permettra-t-elle pour autant de redorer le blason des traitements hormonaux de la ménopause ? Rien n’est moins sûr. Elle pourrait, en revanche, apporter des arguments pour convaincre les femmes les plus handicapées par les troubles climatériques et qui ont déjà fait une dépression ».
« Même si […] instaurer un traitement hormonal en préménopause n’est pas facile en raison des fluctuations : les femmes peuvent être en hyper ou hypo-oestrogène. Par ailleurs, une fois la dépression déclarée, seuls les antidépresseurs seront efficaces », aj
oute le quotidien.
Le Dr Marie Tournier, psychiatre à l’hôpital Charles Perrens à Bordeaux, note néanmoins que 
« le traitement aux œstrogènes pourrait minimiser la dépression ou augmenter la réponse aux antidépresseurs ».

Date de publication : 23 Octobre 2017

 

« La médecine chinoise sort de l’ombre »

Le Parisien

Le Parisien relaie « une première en France ». Le journal indique qu’« hier, les assises nationales des médecines conventionnelles et chinoises se sont achevées à la faculté de médecine de Lyon. Objectif : réfléchir à une proposition de loi permettant de légaliser en 2018 un certain nombre de pratiques ».
Le quotidien note en effet que 
« pour l’instant, c’est le grand vide, un peu comme pour les ostéopathes naguère. Pourtant acupuncture, Qi Gong, massage Tuina ou pharmacopées venus de l’empire du Milieu comptent de plus en plus d’adeptes en France… ».
Le Parisien rappelle 
« les motifs de consultation les plus courants » : « Fatigue, douleurs chroniques, insomnie, tabagisme… La médecine chinoise considère la personne comme un tout, où psychisme, physiologie, diététique, flux d’énergie interagissent ».
Le journal relève que 
« même si elle compte encore des détracteurs, des praticiens s’en servent désormais pour améliorer la qualité de vie de leurs patients. Comme à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, notamment en gynécologie obstétrique, mais aussi au CHRU de Lille où de l’acupuncture est proposée aux femmes enceintes ».

Date de publication : 23 Octobre 2017

 

« Agnès Buzyn réticente à faire évoluer la loi sur la fin de vie »

La Croix

La Croix remarque en effet : « C’est sa première prise de parole publique sur le sujet depuis qu’elle a pris ses fonctions de ministre de la santé. Agnès Buzyn s’est montrée réticente dimanche […] à l’adoption d’une nouvelle loi sur la fin de vie ».
La ministre de la Santé a déclaré : 
« Je préférerais que l’on travaille sur la base de la loi Claeys-Leonetti avant de relégiférer sur un sujet éminemment compliqué ».
Le quotidien ajoute que la ministre 
« s’est montrée également circonspecte quant à la législation belge qui ouvre l’euthanasie à des patients atteints par des «souffrances physiques ou psychiques constantes, insupportables et inapaisables» ».
Agnès Buzyn a remarqué :
 « À partir de quand décide-t-on effectivement qu’une personne est suffisamment malade à un moment X pour dire que l’on abrège sa vie ? C’est quoi une souffrance très profonde ? Est-ce que des gens qui font une dépression grave et dix tentatives de suicide, il faut abréger cette souffrance atroce d’une dépression grave ? Moi je me pose la question du curseur ».
La Croix note qu’
« il faudra aussi évaluer l’application de la loi Claeys-Leonetti sur le terrain, «notamment sur le sujet très particulier des maladies neurodégénératives», a ajouté Agnès Buzyn ».
Jean-François Delfraissy. président du CCNE (Comité consultatif national d’éthique), observe pour sa part qu’
« en théorie ce sujet ne figure pas [dans la révision de la loi sur la bioéthique prévue pour 2019], mais il est évident que si l’on interroge les Français, ils sont majoritairement favorables à ce que la loi évolue ».
La Croix rappelle que 
« c’est à son organisme que le gouvernement a confié l’organisation, au premier semestre 2018, des états généraux de la bioéthique. C’est également le CCNE qui proposera au gouvernement les thèmes à inclure dans la révision des lois ».

Date de publication : 24 Octobre 2017

 

« En fac de médecine, de l’«intégration» à l’«humiliation» »

Libération Le Monde

C’est ce que titre Libération, qui fait savoir qu’« une enquête a été ouverte sur des soupçons de bizutage au sein de l’université de Caen et le week-end d’intégration a été annulé. Les étudiants décrivent des défis dégradants et sexistes ».
Le journal observe ainsi :
 « Il y a des «règles», «des points», et un «gagnant», comme dans un jeu des plus classiques. Mais il y a aussi des témoignages faisant état de «scènes d’humiliation» ou «d’agressions sexuelles» ».
Le quotidien note que 
« deux syndicats étudiants, Sud Education Calvados et SL Caen, affirment, témoins à l’appui, qu’«un bizutage est organisé annuellement par la corporation des étudiants de médecine de Caen, particulièrement auprès des étudiants et étudiantes de deuxième année» ».
Libération rappelle que 
« le bizutage consiste, selon la loi, «à amener une personne, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants ou à consommer de l’alcool de façon excessive, au cours d’une manifestation ou d’une réunion liée au milieu scolaire et/ou socio-éducatif». Il est puni de six mois de prison et 7500 € d’amende ».
Libération cite un 
« «exemple parmi d’autres», selon les syndicats de Caen, la liste des «commandements 2016-2017», dressé par la «Corpo», une association étudiante qui gère les soirées de l’université, à destination des élèves de deuxième année (L2). «Le principe […] : réaliser les actions pour avoir les points y correspondant», explique le document qui précise que ça se «joue» par équipe. Parmi les 69 «actions» qui permettent de faire grimper le score de son groupe, tout n’est pas répréhensible ni même gênant. On peut «payer un sandwich à un clochard» (5 points), «faire un don de sang pour le défi sang limite» (5 points) ».
« Mais dans la catégorie des actions qui rapportent gros (entre 40 et 50 points), on trouve : «Donner une fessée à trois inconnu(e)s dans la rue en criant « t’aimes bien ça coquiiiiiiine »», «photocopier ses seins à la Corpo», «faire un Jacquie et Michel» ou encore «se faire bifler par Rosy avec son gode». Ledit Rosy, selon le Monde, est un salarié de la Corpo d’une cinquantaine d’années, se présentant comme «un artiste explorant les rituels étudiants» », 
note le quotidien.
Il ajoute que Le Monde 
« décrit aussi des soirées d’intégration durant lesquelles «les plus chauds doivent ramper dans la merde, les tripes ou les viscères de poisson et manger de la pâtée pour chien» ou encore «s’échanger un poisson rouge vivant en s’embrassant, le dernier de la chaîne devant l’avaler». En réaction, la direction de l’université a annulé le week-end d’intégration qui devait se tenir les 28 et 29 octobre ».
Libération remarque que 
« ces week-ends, plus ou moins extrêmes, ont lieu dans la plupart des facs de médecine », et cite une ancienne étudiante de Lille : « Quand on passe en deuxième année, on ne connaît pas beaucoup de monde car il y a très peu de gens de la première année qui réussissent. On se met dans des groupes d’intégration où chacun a son parrain ou sa marraine. C’est un moyen de se faire des amis ».
Le quotidien poursuit :
 « Pendant une semaine, il y a donc les fameux défis et beaucoup de soirées qui débouchent sur le week-end d’intégration. «On commence à boire dès le début de la journée mais ce n’est pas forcé.» Rien d’ailleurs, selon elle, n’est imposé. Ni les flambys gobés sur les seins des étudiantes – elles peuvent demander que l’on réalise l’opération sur leur ventre – ni les séances de verres avalés cul sec sur un tourniquet ».
« Il y a bien des rumeurs – un étudiant aurait sodomisé un poulet l’année avant la sienne -, des actes de violence – un autre s’est vu «enfoncer une fourchette dans les fesses» l’année après la sienne -, mais généralement «c’est bon enfant» », 
continue Libération.
Le journal observe néanmoins que
 « chaque année offre son lot de faits divers sordides et certains récits décrivent ce qui s’apparente plutôt à un système. Se répètent, comme une tradition, les insultes et les défis humiliants et écœurants, le tout sur fond de sexisme. Il y a par exemple l’élection de «miss chaudasse» ».
Une étudiante déclare : 
« Il y a des femmes qui se font harceler, voire agresser sexuellement. …] Ce n’est pas secret pour les autres étudiants qui parfois assistent à la scène sans broncher. Mais il règne dans ce milieu un tel déni de considération des femmes et un tel système de protection des personnalités « populaires » de la promo ou des supérieurs, que c’est souvent la victime elle-même qui est blâmée dans ces cas-là ».
Emmanuelle Godeau, anthropologue et médecin, remarqueque 
« dès que l’internat a été créé, au début du XIXe siècle, des activités sont nées pour faire office de défouloir et se sont ritualisées. Ce sont des études pendant lesquelles on travaille sur des gens morts, nus. On est confrontés à des tabous qui s’expriment ensuite dans le groupe par des pratiques coutumières. Les étudiants aujourd’hui vont chercher dans ces rites qui participent à la construction symbolique du personnage du médecin ».
De son côté, Le Monde explique :
 « Le week-end d’intégration à la fac de médecine de Caen [a été] annulé en raison d’une enquête pour bizutage. […] La décision d’annulation a été prise après que la procureure de la République de Caen, Carole Etienne, a ouvert une enquête sur des soupçons de bizutage, lors du week-end de 2016 ».
« «Si les faits sont avérés, ils sont susceptibles d’être qualifiés pénalement», déclare-t-elle, précisant que les auditions ont commencé », 
indique le journal, qui note que « d’anciens étudiants témoignent d’un rituel d’initiation franchissant régulièrement la barrière de la légalité ».

Date de publication : 25 Octobre 2017

 

« Du sport, pour prévenir et soigner les idées noires »

Le Figaro

C’est ce que titre Le Figaro, qui rend compte des résultats de la « vaste étude HUNT (Health Study of Trondelag Country), menée dans la région du Nord-Trondelag en Norvège, et dont certains résultats sont publiés dans l’American Journal of Psychiatry ».
Le journal explique que «
 les chercheurs ont suivi près de 34.000 personnes ne présentant aucun problème de santé, aussi bien physique que mental. Durant la première phase, les experts ont recueilli les données concernant leur style de vie et leur pratique sportive ».
« Onze années plus tard, ces mêmes personnes se sont soumises à des tests psychologiques visant à déterminer s’ils présentaient ou non des signes de dépression ou d’anxiété. Les données ont été recoupées et analysées par les chercheurs »,
 indique le quotidien.
Le Figaro observe que selon ce travail, 
« 12% des futurs cas de dépression auraient pu être évités si les personnes avaient pratiqué au moins une heure de sport par semaine. Un minimum d’exercice physique régulier, peu importe l’intensité, suffirait donc à prévenir les dépressions, mais sans montrer d’effet sur le niveau d’anxiété. Ces résultats sont observés aussi bien pour les hommes que pour les femmes, peu importe l’âge ».
Le journal note ainsi que 
« le sport influe sur certaines parties de notre cerveau, celles-là mêmes qui sont stimulées par les médecins pour traiter certaines dépressions. La bonne santé physique, les bénéfices sociaux et l’estime de soi induits par la pratique du sport sont d’autres raisons avancées par les chercheurs pour expliquer ces résultats ».
Le Dr Gilles Bajeux, psychiatre à Paris, indique pour sa part que 
« les activités les plus compatibles avec cette maladie restent la marche, la natation et le vélo car très complètes et non brutales. Ces pratiques jouent un rôle au niveau chimique en activant les neuromédiateurs. Mais aussi au niveau psychologique en redonnant confiance au patient ».
Le Figaro souligne enfin que
 « l’activité physique se réduit de manière très importante dans les pays développés et cette sédentarité est jugée responsable de nombreux problèmes sanitaires. Les auteurs recommandent donc d’avoir au moins une heure d’activité sportive par semaine, ce qui entraînerait une diminution de 12% des cas de dépression ».

Date de publication : 27 Octobre 2017

 

« Il y a un « problème » de harcèlement sexuel à l’hôpital »

Le Monde

Le Monde note en effet que « le harcèlement sexuel est «un problème à l’hôpital», a reconnu [hier] le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch. Une déclaration qui suit celle de la ministre de la Santé et ancienne médecin, Agnès Buzyn, qui a raconté dimanche avoir été victime de «comportements très déplacés» dans son travail ».
« Elle mentionnait notamment des chefs de service lui disant : «“Viens t’asseoir sur mes genoux”, des choses invraisemblables… qui faisaient rire tout le monde», a-t-elle dit », 
relève le journal.
Martin Hirsch a ainsi déclaré que «
 c’est un milieu (…) vulnérable entre le stress, les enjeux de pouvoir et les traditions qui font que (…) les acteurs ont toujours eu du mal à faire la frontière entre la plaisanterie lourdingue et ce qui est le harcèlement. J’espère que ce qui se passe aujourd’hui aidera à remettre une frontière bien claire et à éviter des comportements qui sont des comportements qui dépassent les limites et qui existent ».
Le Monde relève que 
« le directeur général de l’AP-HP a fait savoir avoir «encore la semaine dernière» dû suspendre un professionnel «a priori» accusé de harcèlement contre une jeune étudiante en médecine, précisant que «le conseil de discipline et le jugement viendront plus tard» ».
Martin Hirsch a ajouté :
 « Il y avait une époque où on disait que pour des raisons d’hygiène les infirmières devaient être nues sous les blouses mais que ça ne s’appliquait pas aux médecins qui pouvaient tout à fait être habillés, ce qui montre le type de rapport de domination qui pouvait exister ».
Le quotidien constate que 
« dans la foulée de l’affaire Weinstein, du nom du producteur américain visé par une série d’accusations d’agressions sexuelles, aucun milieu social ou professionnel n’échappe depuis plus d’une semaine à la multiplication des dénonciations de harcèlement et d’agression sexuelle subis par des femmes ».

Date de publication : 27 Octobre 2017

 

« Un traitement contre la calvitie sous haute surveillance »

Le Point

C’est ce que titre Le Point, qui indique que « la prise de finastéride contre la calvitie et l’hypertrophie de la prostate pourrait provoquer dépression, troubles de la sexualité et même suicide ».
Anne Jeanblanc relaie ainsi une « 
alerte de l’ANSM [...] arrivée en fin de semaine dernière : «Finastéride : surveiller le risque de dépression et d’idées suicidaires». […] Les hommes – ce médicament leur est strictement réservé – en utilisent un peu moins de 30.000 unités par mois (une boîte équivaut à un mois de traitement) et cette consommation est stable depuis plusieurs années ».
La journaliste précise : 
« L’agence du médicament rappelle que, depuis la commercialisation de cette molécule en 1999, «des effets indésirables psychiatriques ont été signalés, suggérant un lien possible entre la prise de finastéride et une dépression ou des idées suicidaires» ».
« Le risque de dépression était par ailleurs déjà mentionné dans les documents d’information […] du finastéride 5 mg. […] Mais la pharmacovigilance a permis d’identifier relativement récemment des risques neuropsychiatriques. Une grande étude pharmaco-épidémiologique, publiée dans le JAMA Internal Medicine en mars, a mis en évidence un risque d’automutilation et de dépression, mais pas de suicide avec cette molécule », 
explique Anne Jeanblanc.
La journaliste relève qu’
« à la suite du dernier rapport européen de sécurité de ces spécialités, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a donc demandé une modification des documents d’information pour les deux dosages, «afin d’avertir les professionnels de santé et les patients sur les risques de changements d’humeur, d’idées suicidaires et de dépression» ».
Anne Jeanblanc ajoute que 
« l’agence rappelle également qu’il est possible d’observer une persistance de troubles sexuels après l’arrêt d’un traitement par finastéride. Il peut s’agir d’une diminution de la libido, de troubles de l’érection et de troubles de l’éjaculation. Par ailleurs, des cas de cancers du sein ont été rapportés chez des hommes traités par ce médicament, ce qui est aussi mentionné dans les documents d’information ».

Date de publication : 31 Octobre 2017

 

 


« Retour à la revue de presse.