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Revue de presse santé psy – mars 2026

« Santé : quand l’empathie est considérée comme une faiblesse… »

 Date de publication : 2 mars 2026 Temps de lecture: 4 min


Dans Libération, Christian Lehmann, médecin et écrivain, « se demande […] comment remettre la prise en compte de l’autre au cœur du système de santé ».
Le médecin cite ainsi Theodore Zeldin, historien, sociologie et philosophe anglais, qui évoquait en 1988 le système de santé sous Margaret Thatcher : « J’ai appris à connaître ce conflit permanent dans lequel vous, médecins, vous débattez, entre les impératifs de santé et les impératifs financiers. Ici, en Angleterre, le souci d’argent est devenu obsessionnel. Tout est argent. Les comptables sont devenus les maîtres de la société. C’est une éthique différente, qui rend fous les médecins… Mais vous ne savez pas la chance que vous avez. Vous êtes au cœur du combat de la compassion. Et parce que c’est difficile, parce que vous vous sentez isolés, vous perdez espoir… ».
Christian Lehmann écrit : « J’y ai repensé la semaine dernière en cherchant à venir en aide à une patiente vue en téléconsultation. Vivant dans un endroit médicalement désertifié, elle avait du mal à obtenir un rendez-vous pour une urgence gynécologique. Sur un forum médical de la région, j’expose son cas et demande si un confrère ou une consœur aurait une idée pour l’aider. […] Nombre de réponses m’interpellent, du genre : «C’est aux femmes de faire ce qu’il faut faire au bout d’un moment non ? Se déplacer, prendre les rendez-vous…», «Tu as vraiment du temps à perdre ! On ne peut pas faire les choses à leur place…» ».
Le médecin et écrivain précise : « Je n’ai pas réussi à aider la patiente qui, comme tant d’autres, subira donc une perte de chance. […] Mais ce qui m’a surpris, c’était le ton employé par certains confrères. Pour eux, semble-t-il, l’empathie ou la compassion envers une patiente confrontée à la désertification médicale est une perte de temps. Et je me suis rendu compte à quel point les choses avaient changé au fil des décennies ».
Christian Lehmann écrit que « de nombreux soignants aujourd’hui portent un regard critique sur la génération des médecins boomers des années 80-90. Ils considèrent, parfois à juste titre, que leur rapport aux patients était vicié, que certains, pour fidéliser leur «clientèle», travaillaient à guichet ouvert, prescrivant des médicaments ou des examens complémentaires au-delà de leur stricte nécessité, se déplaçant à domicile ».
« Or au fil des années, avec la raréfaction des médecins, ce type de pratique n’a plus été possible, et on voit nombre de patients s’en plaindre. Ils considèrent les plus jeunes médecins comme insuffisamment empathiques, pas aussi dévoués que le généraliste des temps bénis que l’on pouvait sonner à toute heure, et pour qui travailler 15 heures par jour était une vocation », remarque le médecin.
Il poursuit : « Cela signifie-t-il que les jeunes soignants auraient perdu leur empathie, se seraient éloignés des patients ? C’est le reproche que leur font beaucoup de confrères et de consœurs de mon âge, ayant travaillé ainsi toute leur vie, le nez dans le guidon, et s’agaçant soudain, à l’âge de la retraite, de ne trouver personne pour racheter leur patientèle (…) ou reprendre leur activité à temps complet ».
Christian Lehmann ajoute que « l’empathie, la compassion, ne sont possibles que lorsque le méta cadre le permet, ce qui était le cas il y a quelques années, et qui ne l’est plus aujourd’hui. Prendre de son temps pour aider dans son parcours de soins un patient qui galère pour trouver des rendez-vous, c’est possible dans un système de santé fonctionnel ».
« Aujourd’hui, dans un système extrêmement dégradé, avec des délais très longs, l’incapacité à joindre les confrères, l’attente pour récupérer des résultats sanguins, des biopsies, des examens complémentaires (…), c’est chronophage et épuisant. De même que la prise en compte des situations liées aux inégalités sociales de santé est indispensable en soins primaires, et complètement dévaluée et ignorée par les tutelles », poursuit-il.
Christian Lehmann continue : « La vision comptable imposée et largement répétée, qui veut qu’un patient soit un irresponsable qu’il faut taxer de nombreuses franchises, et le médecin un complaisant qui distribue des arrêts de travail sans souci du produit intérieur brut, a détruit en grande partie ce qui faisait du système français un système envié, celui d’une prise en charge médicale individuelle respectueuse de l’humain. Et si, globalement, patients comme soignants, nous ne mettons pas le holà à cette dérive, cela va encore s’aggraver ».

« Dans les entreprises, une femme sur quatre se dit “en mauvaise santé mentale”, davantage que les hommes »

 Date de publication : 3 mars 2026 Temps de lecture: 2 min


Le Parisien fait savoir qu’« une femme salariée sur quatre se dit «en mauvaise santé mentale» contre 19% des hommes, un constat qui s’aggrave chez les moins de 40 ans, selon une étude d’Ipsos-BVA pour le cabinet Qualisocial ».
Le journal ajoute que « les femmes sont plus nombreuses à se déclarer en bonne santé mentale par rapport à la même étude menée en 2025 (74%, soit + 5 points), «mais l’écart avec les hommes persiste» ».
Le quotidien précise que « pour celles qui se déclarent «en plutôt ou assez mauvaise santé mentale» cette «fragilité se concentre chez les plus jeunes», relève le baromètre. Ainsi, elles sont «29% chez les femmes de moins de 40 ans (contre 22% chez les 40 ans et plus)» à se déclarer «en mauvaise santé mentale» ».
L’enquête souligne que « les femmes expliquent davantage la dégradation de leur santé mentale par des facteurs liés au manque de temps pour soi (44% contre 35% chez les hommes) et aux difficultés personnelles ou familiales (32% contre 28%), et moins par la situation politique nationale (25% contre 32%) ».
Le Parisien relève que « «la charge mentale et l’équation temps – vie personnelle – travail» semblent être le nœud du problème, même si par ailleurs, elles ont un regard moins positif que les hommes sur certains aspects de la vie au travail ».

« Le premier hôpital des nounours va ouvrir au CHU d’Orléans »

 Date de publication : 5 mars 2026 Temps de lecture: 2 min


Christian Panvert remarque dans Le Parisien que « pour dédramatiser une hospitalisation, des étudiants en médecine à la fac d’Orléans apprennent aux enfants […] le fonctionnement d’un établissement de santé et la pratique des médecins ».
Le journaliste souligne en effet que « consulter un praticien ou se rendre à l’hôpital est souvent angoissant pour les enfants. Alors, pour relativiser ce passage, une douzaine d’étudiants en santé ont créé un «hôpital des nounours», reconstitué dans un local du CHU ».
Maxime Fradet, président de l’association Hôpital des nounours, indique que « ce lieu fictif existe dans tous les hôpitaux qui comptent une faculté de médecine. […] Nous nous déplaçons tout d’abord dans les écoles en amont pour rencontrer les enfants afin de discuter avec eux de leurs représentations du monde médical et de la maladie en général ».
« C’est aussi l’occasion de les faire prendre contact avec du matériel médical : brassard à tension, ou stéthoscope afin qu’ils puissent poser des questions. L’action se déroule ensuite dans des locaux de l’hôpital », ajoute l’étudiant en médecine.
Christian Panvert explique donc que « les jeudis 5 et 12 mars, différents stands seront installés sur le site du CHU. Médecin traitant, bloc opératoire, hygiène bucco-dentaire ou l’alimentation seront autant de thématiques présentées ».
Maxime Fradet précise : « Les enfants viennent avec leur doudou auquel ils vont prêter une pathologie. Ce qui permet d’inverser le rapport. L’enfant n’est plus passif parce qu’accompagné de ses parents et pris en charge par le médecin. Là, c’est lui qui prend le rôle d’accompagnateur de son doudou malade. Ça le responsabilise. Le doudou sert de médiateur pour dédramatiser et expliquer à l’enfant les gestes qu’il peut être amené à subir s’il est hospitalisé ou s’il va chez le médecin ».

« Un lien direct entre perte auditive et déclin cognitif découvert »

 Date de publication : 4 mars 2026 Temps de lecture: 3 min


Thaïs de Bastard remarque dans Sciences et Avenir que « la presbyacousie est une perte auditive liée à l’âge se caractérisant par une diminution progressive de l’audition. Elle représente près de 90% des cas de surdité. […] Elle ne résulte pas seulement du déclin des organes auditifs, mais implique également des lésions du cortex auditif ».
Le journaliste explique ainsi que « de nombreuses études montrent une association étroite entre presbyacousie et déclin cognitif, à tel point que des chercheurs ont prouvé que les seuils d’audition pouvaient servir d’indicateurs prédictifs des déficits des fonctions exécutives (mémorisation, planification, attention) ».
Il ajoute que « d’autres scientifiques ont démontré que la perte auditive constituait le premier facteur de risque modifiable de la démence. Toutefois, les mécanismes physiologiques à l’origine de cette association demeuraient mal compris ».
Thaïs de Bastard annonce qu’« une étude publiée dans la revue eNeuro a identifié pour la première fois un lien neurobiologique spécifique entre ces deux phénomènes. [….] Les chercheurs de l’Université de Tiangong et de l’Hôpital de Shandong, en Chine, ont examiné l’audition et la cognition de 110 participants âgés de 50 à 74 ans. Parmi eux, la moitié présentait une presbyacousie, tandis que l’autre moitié était composée de témoins sains ».
Le journaliste indique que « les biologistes ont mesuré les seuils d’audiométrie tonale, soit la capacité à percevoir des sons à différentes fréquences et intensités, et les seuils de reconnaissance vocale (…). Puis, pour quantifier les caractéristiques cognitives, ils ont mesuré l’activité cérébrale spontanée par IRM, et le volume de matière grise ».
Les chercheurs notent ainsi que « chez les patients presbyacousiques, une atrophie de la matière grise et une diminution de l’activité cérébrale électrique ont été constatées », évoquant « des dommages d’autant plus marqués que la perte auditive était sévère ».
Les auteurs ajoutent : « L’altération de la structure cognitive et de la connectivité aux réseaux cérébraux fonctionnels dans […] 4 zones expliquerait les symptômes de déclin. Ces résultats apportent la première preuve neurobiologique directe reliant la perte auditive au déclin cognitif via une réorganisation neuronale coordonnée ».
Thaïs de Bastard poursuit : « L’hypothèse des scientifiques est celle de « la privation auditive » : lorsque le cerveau cesse de recevoir des signaux sonores clairs, les zones responsables du traitement de ces informations s’atrophient et se déconnectent progressivement du reste des réseaux cérébraux. L’impact se propage notamment aux zones de mémoire et de prise de décision et finit par affecter l’ensemble des fonctions cognitives ».
Les auteurs indiquent cependant que « nous ne pouvons exclure que des modifications cérébrales préexistantes contribuent aux altérations observées ».
Ning Li, co-auteur, ajoute que « le principal enseignement est que la préservation de la santé auditive pourrait protéger l’intégrité cérébrale. Étant donné que les variations du ratio fonctionnel-structurel sont corrélées à la fois à la perte auditive et au déclin cognitif, ce ratio pourrait à terme servir de biomarqueur – un outil permettant aux médecins d’identifier les personnes présentant le risque le plus élevé de démence, simplement en analysant leurs examens cérébraux ».

« “L’impression de tromper les autres sur ses qualités” : et vous, souffrez-vous du syndrome de l’imposteur ? »

 Date de publication : 6 mars 2026 Temps de lecture: 2 min


C’est ce que titre Le Parisien, qui indique que « d’après une enquête inédite [de l’institut Odoxa], 83% de Français ont déjà éprouvé ce syndrome, principalement les femmes et les jeunes, et 32% doivent composer avec de façon régulière. Une BD s’intéresse au phénomène, accompagnée d’un test accessible en ligne ».
Bérangère Lepetit précise ainsi que « 38% se sentent freinés dans leur vie. Les catégories sociales supérieures, les jeunes et les femmes sont les plus concernés. L’étude nous apprend que chez les hommes, le syndrome «tend à s’atténuer avec la maturité professionnelle et les prises de responsabilités». Chez les femmes, ce n’est pas le cas. Entre 35-49 ans, 51% d’entre elles sont touchées, contre 28% des hommes ».
La journaliste rappelle que « ni maladie, ni trouble, le syndrome de l’imposteur est un phénomène sociétal qui repose, selon le psychologue Kevin Chassangre, sur «la peur d’être démasqué, l’impression de tromper les autres sur ses véritables qualités et le sentiment que votre place – ou votre poste – vous a été mal attribué» ».
Inès Gauthier, psychologue clinicienne, remarque que « beaucoup d’hommes peuvent le ressentir mais ils n’en parlent pas toujours beaucoup ou ils ne l’identifient pas car ils sont moins dans l’introspection que les femmes ».
Bérangère Lepetit note que « cette dernière repère souvent ce trouble chez les personnes neuroatypiques, par exemple diagnostiquées HPI ou TDAH. […] La plupart des personnes peuvent néanmoins mener une vie relationnelle et professionnelle tout à fait épanouie. Mais lorsque le syndrome est trop pesant, comment alléger son poids ? ».
Inès Gauthier répond qu’« il faut travailler sur l’image que l’on a de soi et apprendre à accepter les compliments, par exemple ».

« Violences conjugales : le repérage par les médecins généralistes progresse mais de manière encore lente, estime la HAS »

 Date de publication : 9 mars 2026 Temps de lecture: 3 min


Mattea Battaglia relève dans Le Monde qu’« en matière de repérage des violences faites aux femmes, les médecins généralistes, interlocuteurs privilégiés des patientes, pourraient faire mieux. [Dans le cadre de] la Journée internationale des droits des femmes, dimanche 8 mars, la Haute Autorité de santé (HAS) a rendu publics […] les résultats d’une consultation faisant état de progrès, toutefois encore lents ».
La journaliste souligne que « dans le secret de la consultation, les échanges sur le sujet ne vont pas de soi : une femme sur 20 (5%) déclare avoir été questionnée à ce propos, contre une sur 33 (3%) en 2022 ».
La HAS observe ainsi : « Aujourd’hui, seul un quart des victimes se confient à leur médecin généraliste, essentiellement parce qu’elles lui en parlent d’elles-mêmes, faute d’avoir été questionnées ».
Mattea Battaglia explique que la HAS, « qui recommande depuis 2019 aux généralistes comme aux autres professionnels de santé (gynécologues, sages-femmes, urgentistes…), de demander à toutes leurs patientes «si elles subissent ou ont subi des violences», même en l’absence de signes d’alerte, a mis en place ce baromètre, qui en est à sa troisième édition, pour suivre l’évolution des pratiques ».
La journaliste relève que « les besoins sont manifestes […] : parmi les répondantes, une sur cinq déclare subir ou avoir subi des violences (verbales, psychologiques, sexuelles…) de la part de son partenaire, dont 21% en ont parlé, spontanément, en consultation. Mais 39% n’ont rien dit, tout en signalant qu’elles l’auraient fait si le médecin les avait questionnées. Reste que plus du tiers (35%) pensent «ne jamais lui en parler» ».
Mattea Battaglia ajoute que « sur le terrain, si le principe du questionnement n’est remis en cause par aucun praticien, les modalités de sa «systématisation» font émerger certaines réserves ».
La Dre Julie Chastang, vice-présidente du Collège de médecine générale, remarque ainsi qu’« il y a beaucoup de questions à poser lors d’une consultation, sur les conditions de vie, la santé au travail, les consommations d’alcool, de tabac, les vaccins, la prévention. Sur le papier, tout le monde comprend qu’on en fasse un objectif essentiel, mais dans la réalité, la demande, un peu injonctive, se heurte à de nombreux écueils ».
La journaliste précise : « Un écueil de temps, d’abord, les généralistes se rejoignant sur le constat que le temps de la consultation est «compté», mais aussi qu’une relation de confiance avec le patient se construit «dans la durée». Un écueil de formation, aussi ».
La Dre Chastang remarque que « le repérage des violences fait aujourd’hui partie de la formation initiale de tous les internes, en dix ans on a beaucoup progressé, mais les pratiques évoluent plus lentement, et ces violences, qui restent une question sensible dans la société, […] le sont également dans les cabinets médicaux ».
Mattea Battaglia cite en outre Sophie Duchesne, gynécologue à la Maison des femmes de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, « régulièrement sollicitée pour animer des formations ». Elle déclare : « Cela montre tout l’intérêt des collègues généralistes. Le message à faire passer, c’est qu’ils ont à poser la question des violences, et le plus rapidement possible, mais qu’ils peuvent le faire en fonction de leurs possibilités, de la patiente, du moment… Si c’est pour l’aborder en catastrophe, en étant mal à l’aise, ça peut ne déboucher sur rien ».

« “Au bout d’un mois, 90% des gens dorment mieux” : à Paris, un centre du sommeil aide les mauvais dormeurs »

 Date de publication : 13 mars 2026 Temps de lecture: 3 min


Esther Serrajordia note dans La Croix : « Nuits trop courtes, insomnies, hypersomnolence… Un tiers des Français disent souffrir de ces troubles. À l’occasion de la 26e Journée du sommeil, […] La Croix s’est rendue au Centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu (AP-HP), où sont pris en charge des patients pour qui dormir n’est pas de tout repos ».
La journaliste observe ainsi : « Ici, pas de « bips » intempestifs, ni d’infirmières pressées dans les allées. Loin de l’agitation habituelle d’un hôpital, le calme domine. Seules les cloches de la toute proche cathédrale Notre-Dame rappellent, de temps à autre, le monde extérieur ».
« Ce jour-là, ce centre de référence – l’un des 50 en France – accueille quatre patients. Tous ont, au préalable, effectué une première consultation quelques mois plus tôt, un étage au-dessus », indique Esther Serrajordia.
Le Pr Damien Léger explique : « Nous leur faisons retracer l’historique de leur sommeil afin de comprendre quand les difficultés sont apparues, s’il y a déjà eu des tentatives de traitement ou des prises en charge. Certains arrivent dans un état très sévère : je pense par exemple à un patient récent qui ne dormait que trois heures par nuit, mettait 1h45 à s’endormir, avec des cycles de sommeil fragmentés de 45 minutes… ».
La journaliste relève que « pour les patients du jour, le problème est inverse : le professeur soupçonne une narcolepsie (endormissements involontaires pendant la journée) ou une hypersomnie (somnolence excessive). Ils sont donc invités à passer 48 heures au centre, durant lesquelles leur sommeil est enregistré grâce à un examen de polysomnographie ».
« Des électrodes placées sur leur cuir chevelu permettent de mesurer l’activité du cerveau et des yeux ; un petit boîtier enregistre l’activité cardiaque comme un électrocardiogramme ; d’autres capteurs sont fixés sur les jambes. Tout est minutieusement surveillé », relève Esther Serrajordia.
Le Pr Léger observe : « Il existe parfois un paradoxe. Certaines personnes ont l’impression de très mal dormir alors que ce n’est pas le cas, tandis que d’autres sont persuadées d’être de très bons dormeurs alors que leur sommeil est de mauvaise qualité ».
« Nous proposons aux insomniaques des thérapies cognitivo‑comportementales : cinq séances de 2 heures, à raison d’une par semaine. Au bout d’un mois, 90% des gens dorment mieux. On voit des patients qui traînent des décennies d’insomnie et qui, soudain, revivent », indique le médecin.
La journaliste ajoute que « pour l’hypersomnie, des médicaments peuvent être nécessaires afin de maintenir l’éveil ».

« “J’ai lutté pendant des années” : un nouveau traitement prometteur pour les soldats traumatisés »

 Date de publication : 16 mars 2026 Temps de lecture: 3 min


Marine Legrand et Fanny Delporte indiquent en effet dans Le Parisien qu’« une étude clinique, menée à l’hôpital militaire Bégin (Val-de-Marne), vise à améliorer la prise en charge par antidépresseurs. Les effets indésirables des médicaments actuels sont tels que seuls 30% des patients poursuivent leur traitement au-delà de 6 mois ».
Les journalistes évoquent ainsi le trouble de stress post-traumatique : « C’est le sujet sur lequel travaillent le Dr Émeric Saguin et son équipe de l’Hôpital national d’instruction des armées (HNIA) Bégin à Saint-Mandé ».
Le médecin psychiatre souligne que « chez nos patients, plus d’un sur deux interrompt son traitement avant 3 mois ».
Marine Legrand et Fanny Delporte remarquent : « Baisse de libido, vie sexuelle fortement altérée, prise de poids jusqu’à 13 kg… Les effets indésirables des antidépresseurs sont tels qu’en effet, seuls 30% des patients les poursuivent au-delà de 6 mois ».
« Il faut souvent tester une molécule durant un mois, en essayer une autre le mois suivant si elle ne fonctionne pas, etc. Le problème est d’autant plus criant chez les militaires français souffrant de stress post-traumatique, car seuls deux antidépresseurs sont autorisés face à ce trouble dans l’Hexagone : la paroxétine et la sertraline », observent les journalistes.
Elles indiquent : « Alors, comment trouver la bonne molécule pour le bon patient ? Le Dr Saguin s’est penché sur la question avec son collègue Hervé Delacour, pharmacien en chef et responsable du service de biochimie à l’hôpital Bégin. Il est sur le point d’achever une étude clinique dont les résultats intermédiaires s’avèrent particulièrement prometteurs. Son nom : Psygen ».
Marine Legrand et Fanny Delporte expliquent que « grâce à une simple prise de sang coûtant une centaine d’euros, le laboratoire est capable d’établir en une semaine le profil du malade, c’est-à-dire de savoir si son corps transformera le médicament très vite, normalement ou très lentement, de connaître la concentration de la molécule dans son sang, l’importance des effets indésirables, etc. ».
Le Dr Saguin précise : « Nous avons créé un algorithme sur mesure qui aide le médecin à mieux choisir la molécule en fonction du génotypage du patient ».
Les journalistes notent ainsi que « 97 militaires suivis en psychiatrie dans les hôpitaux militaires Bégin, Percy à Clamart (Hauts-de-Seine) et Clermont-Tonnerre à Brest (Finistère) ont été recrutés pour tester cette approche. Et les résultats sont éloquents ».
Les auteurs précisent que « lorsque les médecins ont suivi notre guide, 70% de leurs patients ont vu les effets secondaires des médicaments chuter et 50% ont constaté une augmentation de l’efficacité de leur traitement ».
Marine Legrand et Fanny Delporte observent que « les résultats définitifs seront analysés à partir de mars ». Le Dr Saguin ajoute que « nous pourrions rechercher d’autres marqueurs génétiques pour améliorer notre algorithme, décliner l’étude pour les antipsychotiques, antalgiques et antiépileptiques. Et, enfin, généraliser cette approche à tous les patients suivis en psychiatrie ».

« Le projet de “prisons-hôpitaux” pour les détenus souffrant de troubles psychiatriques, une bonne idée ? »

 Date de publication : 20 mars 2026 Temps de lecture: 3 min


C’est ce que titre Le Parisien, qui explique que « Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, a annoncé sa volonté de créer des établissements hybrides pour prendre en charge les détenus atteints de pathologies psychiatriques graves. Un projet qui inquiète les soignants en milieu carcéral ».
Lucie de Perthuis note ainsi que cette « expérimentation devrait être lancée avec le ministère de la Santé, ciblant «les 700 à 800 détenus les plus dangereux» du pays, qui seraient pris en charge dans des prisons adaptées. Selon l’entourage du ministre, entre 20 et 25% des personnes incarcérées en France présentent des troubles psychiatriques nécessitant des soins spécifiques ».
La journaliste relève que cette « annonce [est] saluée par le syndicat pénitentiaire UFAP Unsa-Justice, qui y voit «la fin de la prison fourre-tout», dans laquelle les agents pénitentiaires seraient devenus des «infirmiers de fortune face à des pathologies lourdes» ».
Lucie de Perthuis indique cependant que « le projet, dont les contours restent flous, suscite de fortes inquiétudes chez les soignants. Dans un communiqué commun, fédérations hospitalières, syndicats et associations de professionnels de santé craignent «un retour à une logique purement sécuritaire», où «les soins seraient dictés par les impératifs pénitentiaires au mépris de la dignité des patients» ».
La journaliste explique que « depuis 1994, les soignants intervenant en prison dépendent de l’hôpital public et non plus de l’administration pénitentiaire. Une réforme destinée à garantir l’indépendance des soignants et le respect du secret médical. Pour Nathalie Von Zelowitz, psychologue au centre pénitentiaire de Château-Thierry (Aisne), spécialisé dans la prise en charge de détenus souffrant de troubles psychiatriques, revenir sur la loi de 1994 serait «une catastrophe». Elle redoute que la psychiatrie ne devienne un «outil de contrôle des détenus» ».
La psychologue déclare ainsi que « ce serait une véritable régression, un retour à l’asile du XIXe siècle ».
Lucie de Perthuis rappelle que « dans un rapport parlementaire consacré à la santé mentale en prison, les députées Élise Leboucher et Josiane Corneloup préconisent en premier lieu d’investir dans la psychiatrie publique, afin de mieux accompagner les malades avant le passage à l’acte, et après leur sortie ».
« Les rapporteuses alertent sur la «présence croissante en prison de personnes qui n’y ont pas leur place», conséquence directe, selon elles, de la crise de la psychiatrie publique. Le secteur continue de se paupériser alors que les besoins augmentent. Entre 2010 et 2025, le nombre de personnes faisant l’objet de mesures de soins ordonnées par la justice a plus que doublé, passant de 35.000 à plus de 73.000 », poursuit la journaliste.

« Le cannabis thérapeutique n’a pas encore fait ses preuves face aux troubles mentaux, conclut une étude du Lancet »

 Date de publication : 18 mars 2026 Temps de lecture: 3 min


Libération note en effet que « le Lancet Psychiatry publie […] une analyse de la littérature scientifique sur l’efficacité et la sécurité de ce traitement dans la prise en charge de certains troubles mentaux. Pour l’heure, ses auteurs dressent un tableau peu concluant ».
Le journal rappelle que « le cannabis thérapeutique est actuellement autorisé dans plusieurs dizaines de pays, comme l’Australie, le Canada et plusieurs États de l’Union européenne − mais pas encore en France. Il a obtenu ce feu vert essentiellement dans deux grandes indications : face à la douleur et à certains troubles psychologiques. La méta-analyse du Lancet Psychiatry s’est concentrée sur ce second volet ».
Le quotidien note que « les scientifiques ont donc passé au peigne fin une cinquantaine d’essais cliniques. Et se montrent très prudents dans leurs conclusions ». Ils écrivent que « vu le manque de preuves, il est difficilement justifiable à l’heure actuelle d’employer couramment des cannabinoïdes pour traiter des troubles mentaux ou liés à l’usage de substances [addictives] ».
« Certes, les chercheurs reconnaissent que les données des travaux analysés laissent penser que ces produits peuvent “améliorer” certains symptômes liés à des troubles mentaux, comme les tics, l’insomnie, le sevrage d’une addiction au cannabis. Mais la qualité des études menées reste à ce stade insuffisante pour parvenir à des conclusions solides », continue Libération.
Les auteurs soulignent qu’« aucun effet significatif n’a été observé sur […] l’anxiété, l’anorexie mentale, les troubles psychotiques, le syndrome de stress post-traumatique et le trouble lié à l’usage d’opioïdes ».
Le quotidien ajoute qu’« ils n’ont pas non plus trouvé de «preuve» issue d’essais cliniques solides concernant les effets du cannabis dans le traitement de la dépression. En revanche, le cannabis médical ne semble pas associé à des effets secondaires graves pour traiter ces troubles ».
Libération relève que « cette absence de données probantes ne signifie pas que le cannabis thérapeutique n’a pas d’intérêt pour traiter certains de ces troubles. Elle montre surtout un «besoin pressant de recherches d’excellente qualité» pour pouvoir réellement le recommander dans les prises en charge ».
Le Figaro observe aussi : « Dépression, anxiété, stress post-traumatique… Le cannabis n’a guère fait ses preuves dans la lutte contre les troubles mentaux ».
Le journal indique qu’« une analyse de grande ampleur des études publiées depuis 1980 montre que les données sont de faible qualité, et que la recherche doit avancer avant d’envisager d’autoriser ce produit dans ces indications ».
Jack Wilson, chercheur de l’Université de Sydney (Australie), qui a mené l’étude, remarque de plus que « même si notre étude ne s’est pas penchée spécifiquement sur ce point, l’usage systématique du cannabis à des fins médicales pourrait faire plus de mal que de bien (…) par exemple en augmentant le risque de symptômes psychotiques et de développer un trouble lié à l’usage du cannabis, et en retardant le recours à des traitements plus efficaces ».
Le Figaro relève que « l’étude du Lancet Psychiatry s’inscrit dans un contexte où de nouveaux pays envisagent de légaliser le cannabis médical mais où son intérêt continue de faire débat au sein du corps médical ».

« La consommation de cocaïne et de kétamine à la hausse en Europe, à en croire les eaux usées »

 Date de publication : 20 mars 2026 Temps de lecture: 2 min


Le Figaro remarque ainsi : « Une hausse de 41% entre 2024 et 2025 pour la kétamine, et de 22% pour la cocaïne : les résidus de ces deux drogues dans les eaux usées, qui permettent de retracer leur consommation, ont fortement augmenté l’an dernier par rapport à 2024 ».
Le quotidien explique que « l’étude, menée par l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA, ex-EMCDDA) en association avec le réseau de chercheurs Score, repose sur l’analyse d’échantillons quotidiens d’eaux usées municipales prélevés sur une période d’une semaine entre mars et mai 2025 dans les zones de captage de stations d’épuration dans 115 villes de 25 pays (23 pays de l’Union européenne, Norvège et Turquie). Couvrant 72 millions de personnes, l’analyse visait à détecter des traces de kétamine, de cocaïne, de MDMA, de méthamphétamine, d’amphétamine et de cannabis ».
Lorraine Nolan, directrice de l’agence, évoque ainsi « un phénomène de consommation de drogues à la fois généralisé, varié et en constante évolution ».
Le Figaro explique que « la présence de kétamine a progressé dans la majorité des villes l’an dernier, et les niveaux les plus élevés ont été observés dans des villes belges, allemandes et néerlandaises étudiées. Quant à la cocaïne, sa présence dans les égouts a elle aussi augmenté et reste élevée dans les villes d’Europe occidentale et méridionale ».
Le journal ajoute que « pour la MDMA, la majorité des localités ont signalé une baisse des détections entre 2024 et 2025. Cette diminution a été la plus marquée dans les eaux usées des villes d’Allemagne, d’Autriche et de Slovénie ».

« Des “ondes de sommeil” responsables des troubles de l’attention ? »

 Date de publication : 23 mars 2026 Temps de lecture: 3 min


Anne Prigent remarque dans Le Figaro : « Oublis à répétition, pensées qui s’échappent, impossibilité de rester concentré sur une tâche monotone… Les adultes atteints de TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) connaissent bien ces décrochages. Mais d’où viennent ceux-ci, exactement ? ».
La journaliste fait savoir qu’« une étude internationale, publiée dans le Journal of Neuroscience, apporte un début de réponse inattendu. Le cerveau des personnes TDAH présente, pendant l’éveil, des intrusions d’ondes cérébrales lentes normalement réservées au sommeil profond ».
Thomas Andrillon, chercheur Inserm à l’Institut du cerveau et coauteur, indique ainsi : «Nous sommes partis du constat que les personnes atteintes de TDAH présentent des difficultés d’attention et souffrent très souvent de troubles du sommeil, qui provoquent eux-mêmes inattention et impulsivité »
Anne Prigent relève que « l’équipe a donc cherché à savoir si ces «intrusions de sommeil», c’est-à-dire l’apparition à l’éveil de marqueurs cérébraux typiques du sommeil, pouvaient contribuer aux symptômes ».
La journaliste explique que « les chercheurs ont enregistré l’activité cérébrale de 32 adultes TDAH et 31 témoins pendant une tâche d’attention soutenue. Résultat : les participants TDAH présentaient davantage d’ondes lentes, notamment dans les régions pariéto-temporales. Et plus ces ondes étaient nombreuses, plus les erreurs d’inattention, la somnolence et les temps de réaction lents ou irréguliers augmentaient. À l’inverse, leur rareté coïncidait avec des moments de concentration ».
Anne Prigent note que « ces intrusions de sommeil local ne sont pas propres au TDAH. Elles surviennent en effet chez tout le monde lorsque la fatigue s’installe. […] Chez les personnes atteintes de TDAH, toutefois, cette activité est plus fréquente ».
Thomas Andrillon indique qu’« elle pourrait constituer un mécanisme cérébral clé expliquant leurs difficultés à maintenir une attention et des performances stables au cours du temps ».
La journaliste ajoute que « les personnes atteintes de TDAH rapportent également davantage d’épisodes de vagabondage mental (« mind wandering »), mais aussi, fait plus rare dans la littérature, davantage d’épisodes de vide mental (« mind blanking »), ces moments où la pensée s’interrompt complètement ».
Anne Prigent note ainsi que le chercheur « explique avoir été frappé, lors de rencontres avec des groupes de soutien, par le nombre de personnes atteintes de TDAH qui décrivaient spontanément ces moments de vide comme une part familière et pesante de leur quotidien. Un vécu qui, paradoxalement, ne figure pas dans les critères diagnostiques officiels du trouble ».
« Les chercheurs se gardent d’affirmer que ces ondes lentes causent l’inattention. Leurs analyses statistiques de médiation indiquent néanmoins que les ondes lentes n’accompagnent pas seulement les symptômes. Elles en expliqueraient une partie, agissant comme un maillon entre le diagnostic de TDAH et les difficultés comportementales observées », continue la journaliste.
Elle note que « ces résultats ouvrent plusieurs perspectives. D’abord, celle d’un nouveau biomarqueur du TDAH, simple à mesurer avec un électroencéphalogramme. Ensuite, celle d’interventions ciblant le sommeil qu’elles soient pharmacologiques ou non médicamenteuses ».
Thomas Andrillon observe que « si on améliore le sommeil, on pourrait diminuer ces ondes lentes pendant la journée et donc atténuer certains symptômes. Ce ne serait pas une solution unique, mais un levier supplémentaire, facile à intégrer aux prises en charge existantes ».

« Stress et eczéma : un circuit nerveux identifié comme déclencheur des poussées »

 Date de publication : 24 mars 2026 Temps de lecture: 3 min


Anne Prigent remarque dans Le Figaro : « Pourquoi une période de stress suffit-elle parfois à déclencher ou aggraver une poussée de dermatite atopique, plus connue sous le nom d’eczéma ? Un mystère auquel s’est longuement heurtée la science, et dont des chercheurs ont peut-être enfin trouvé la cause… ».
La journaliste relève ainsi : « On sait que le stress psychologique perturbe l’équilibre du système immunitaire, et que la peau y est particulièrement sensible, car elle est riche en nerfs et en cellules immunitaires. Des travaux récents suggèrent que les signaux envoyés par le système nerveux sympathique, qui prépare le corps à réagir face au danger, pourraient agir directement sur l’immunité cutanée. Dans la dermatite atopique, les éosinophiles, des cellules immunitaires capables de libérer de puissantes protéines inflammatoires, sont étroitement associés à la sévérité de la maladie. Mais jusqu’ici, on comprenait mal comment les signaux neuronaux liés au stress pouvaient recruter et activer ces cellules dans la peau ».
Anne Prigent indique qu’« une nouvelle étude publiée dans Science apporte enfin une explication. Les chercheurs de l’université Fudan (Shanghai) décrivent un véritable axe cerveau-peau. Un groupe très spécifique de neurones sympathiques activerait directement les éosinophiles, aggravant ainsi l’inflammation cutanée ».
La journaliste précise que les auteurs « ont combiné l’analyse de données cliniques issues de 51 patients avec des expériences sur des modèles de souris, mettant en évidence un sous-ensemble de neurones exprimant une protéine appelée prodynorphine (Pdyn+), qui innerve préférentiellement la peau. Sous l’effet du stress, ce petit réseau nerveux recrute et active les éosinophiles, déclenchant une flambée inflammatoire ».
Lilian Basso, immunologiste à l’Institut Toulousain des Maladies Infectieuses et Inflammatoires, réagit : « Ce qui est vraiment très nouveau, c’est qu’ils identifient une population neuronale du système nerveux sympathique qui réagit au stress et innerve la peau, et que c’est cette population-là qui, dans un stress spécifique, va attirer les éosinophiles et promouvoir l’exacerbation de la maladie ».
Le spécialiste note toutefois qu’« ils ont testé plusieurs types de stress chez la souris et il n’y en a qu’un qui a exacerbé la maladie, celui qui permet de sécréter le plus d’adrénaline, donc plutôt lié au stress aigu. Il faut prendre le parallèle avec la vie réelle avec des pincettes ».
Anne Prigent continue : « Pour confirmer le rôle central du système nerveux sympathique, les chercheurs ont ensuite utilisé une technique de sympathectomie chimique, en administrant aux souris une substance détruisant sélectivement ces fibres nerveuses. Résultat : les souris stressées ne développaient plus de poussée. […] La chaîne causale est désormais établie : le stress active les neurones, les neurones appellent les éosinophiles, les éosinophiles aggravent l’eczéma ».
La journaliste conclut que « cette étude ouvre donc des pistes thérapeutiques inédites. Elle suggère qu’il pourrait être pertinent de cibler les neurones sympathiques, de bloquer la production de la molécule qui attire les éosinophiles ou de moduler l’activité de ces cellules inflammatoires. Mais elle met aussi en lumière l’importance d’intégrer la dimension psychologique dans la prise en charge de l’eczéma ».

« Santé mentale : près d’une personne sur deux garde pour soi ses difficultés psychologiques »

 Date de publication : 25 mars 2026 Temps de lecture: 3 min


Libération constate que « les Français souffrant d’anxiété ou de dépression sont plus nombreux qu’on ne le pense. Selon une étude publiée [hier] par Santé publique France, près d’une personne sur deux ayant souffert de difficultés psychologiques garde son trouble pour soi ».
Le quotidien remarque que « cette [propension] à taire ses difficultés psychologiques se manifeste en particulier chez les personnes âgées, dépressives ou issues de milieux ouvriers et ruraux. Celles-ci n’en parlent ni à leur entourage ni à un professionnel de santé ».
Le journal précise que « cette enquête se base sur les résultats d’une première baptisée CoviPrev et lancée en 2020. Sur plus de 8000 Français interrogés entre 2022 et 2023, près de 3000 personnes déclarent avoir ressenti un mal-être ou des difficultés psychologiques sur les 12 derniers mois. Il en ressort qu’une proportion élevée de ces personnes – 49% […] –, ont déclaré n’en avoir «parlé à personne, ni à leur entourage ni auprès de professionnels de santé» ».
Libération ajoute que « ceux qui évoquent le moins souvent leur mal-être sont les hommes âgés de plus de 65 ans (41%), mais aussi les personnes présentant un état dépressif (44%), celles vivant en milieu rural (47%) ou encore les ouvriers (46%) ».
L’étude de SpF indique ainsi que « les freins au fait de réussir à évoquer ou partager son mal-être pourraient en partie s’expliquer par des normes d’autonomie, de forte indépendance, de confidentialité ou d’anonymat, ou encore par une stigmatisation particulièrement renforcée en contexte rural ».
Le journal relève qu’« à l’inverse, les personnes de l’autre moitié de l’échantillon (51%) s’étaient confiées à un professionnel de santé ou de santé mentale (29%), un membre de leur famille (25%), un ou une ami(e) 19%, un ou une collègue de travail (7%) ou des canaux de communication alternatifs tels que le recours à une ligne d’écoute téléphonique, aux réseaux sociaux ou encore auprès d’une association (9%) ».
Libération note que « ces résultats montrent «l’importance de déployer des actions pour faciliter la parole autour de la souffrance psychique et réduire la stigmatisation» ».
Le Parisien titre également : « Santé mentale : près d’1 personne sur 2 en difficulté psychologique n’en parle à personne, selon une étude ».
Le journal rappelle qu’« en France, la prévalence des épisodes dépressifs caractérisés survenus dans l’année a presque doublé chez les 18-24 ans, passant de 11,7% en 2017 à 20,8% en 2021 ».
Le Figaro indique aussi que « près d’une personne sur deux ayant souffert de difficultés psychologiques, en particulier les personnes âgées, dépressives ou issues de milieux ouvriers et ruraux, n’en parlent ni à leur entourage ni à un professionnel de santé ».
Le quotidien relève notamment que depuis la pandémie de Covid-19, l’OMS « a observé une hausse d’environ 25% des troubles anxieux et dépressifs, en particulier chez les femmes et les jeunes ».

« Le lien entre douleur chronique et dépression enfin élucidé »

 Date de publication : 30 mars 2026 Temps de lecture: 3 min


Marguerite Jamet relève dans Le Figaro que « les douleurs chroniques touchent 1,5 milliard de personnes dans le monde et sont fréquemment associées à l’apparition de troubles du comportement émotionnel : 40% des personnes touchées présentent des symptômes dépressifs ou anxieux, soit un risque deux à quatre fois plus élevé que dans la population générale ».
La journaliste explique : « On sait que des mécanismes neuro-inflammatoires sont impliqués tant dans la douleur chronique que dans les troubles émotionnels, et certains psychotropes se sont montrés efficaces contre la douleur. Deux éléments qui renforcent l’idée que le lien entre souffrance physique et psychique résulte en partie de mécanismes neurobiologiques ».
Elle fait savoir que « dans la revue Science, une équipe de chercheurs de l’université Fudan, à Shanghaï, explique avoir identifié certains leviers moléculaires impliqués dans ce mécanisme. Un premier pas pour lutter contre le développement de troubles émotionnels chez les patients souffrant de douleurs chroniques ».
Marguerite Jamet précise notamment que « l’un des secrets à l’origine de cette association fréquente réside dans une petite structure cérébrale connue pour son rôle dans la mémoire, mais aussi impliquée dans la régulation émotionnelle : l’hippocampe. Suite à des douleurs récurrentes, ce dernier grossit en réaction à la souffrance, puis diminue et s’atrophie conjointement à l’apparition progressive de symptômes dépressifs et anxieux ».
« En complétant ces observations humaines avec des données issues de modèles animaux, les chercheurs sont parvenus à comprendre le déroulement des événements sous-jacents à ces modifications structurelles », poursuit la journaliste.
Marguerite Jamet retient que le « mécanisme semble commun à tous les sujets développant une dépression suite à des douleurs neuropathiques, indépendamment de leur sexe ou de la pathologie à l’origine de la douleur. Cette observation soulève l’espoir d’identifier une cible thérapeutique qui concernerait l’ensemble des patients. Mais quelle cible ? Les «initiateurs» de ce basculement sont les neurones hyperactifs nouvellement formés dans l’hippocampe, qui s’emballent. Les microglies ne sont que les amplificateurs de cette transition ».
« Pourtant, ce sont vers elles que les chercheurs ont décidé de se tourner pour tâcher d’enrayer le processus. En limitant leur recrutement excessif et leur suractivation, ils parviennent à empêcher la dépression chez des animaux souffrant de douleur chronique, sans affecter les fonctions de l’hippocampe. Un résultat encourageant, bien qu’un long chemin reste à parcourir avant le développement d’une telle thérapie pour l’humain », continue la journaliste.
Elle conclut que « l’étude ainsi que d’autres travaux soulignent cependant que l’hippocampe n’est pas la seule structure cérébrale impliquée dans le lien entre douleurs chroniques et dépression, suggérant que des mécanismes complémentaires restent à élucider ».

« Cuisiner une fois par semaine peut réduire le risque de maladie d’Alzheimer »

 Date de publication : 30 mars 2026 Temps de lecture: 3 min


Pauline Fréour note en effet dans Le Figaro : « Et si un geste simple, et aux conséquences plutôt sympathiques, aidait à prévenir le risque de maladie d’Alzheimer ? […] Des chercheurs japonais montrent qu’une piste pourrait être efficace : préparer soi-même un repas par semaine pourrait suffire, chez les seniors, à réduire le risque de plus d’un quart… ».
La journaliste explique que « les chercheurs se sont appuyés sur une cohorte d’environ 11.000 Japonais et Japonaises âgés d’au moins 65 ans, à qui il a été demandé par questionnaire s’ils savaient cuisiner (un peu, beaucoup…), et à quelle fréquence ils se faisaient eux-mêmes à manger. Ils ont ensuite croisé ces résultats avec les données de l’assurance-maladie nippone sur leur santé cognitive, pendant 6 années consécutives (entre 2016 et 2022) ».
Pauline Fréour retient que « leurs conclusions, présentées dans le Journal of Epidemiology and Community Health, montrent que les personnes cuisinant au moins une fois par semaine avaient un risque de présenter un Alzheimer réduit de 23% à 27% par rapport à celles cuisinant moins que cela. Et le gain était particulièrement significatif chez ceux qui déclaraient ne pas savoir bien cuisiner (-67%), par rapport à ceux déjà bien expérimentés en la matière ».
La journaliste observe que « les études épidémiologiques comme celle-ci ne permettant pas de conclure avec certitude sur les causes d’une telle association vertueuse, mais l’équipe de Yukako Tani, de l’Institut des sciences de Tokyo, émet une hypothèse : le bénéfice serait dû à l’activité physique nécessaire à la cuisine (aller faire les courses, rester debout pendant l’élaboration du plat, puis ranger la cuisine) ».
Yukako Tani déclare en outre que « cuisiner stimule la pensée à différents niveaux, car il faut planifier, séquencer et organiser ses gestes, autant d’activités intellectuelles associées dans des études antérieures avec un moindre risque de déclin cognitif ».
La Dre Catherine Malaplate, enseignante-chercheuse au CHU et à la faculté de médecine de Nancy, remarque pour sa part : « Quand on cuisine chez soi, on a tendance à utiliser davantage de produits bruts et frais, et moins d’aliments ultratransformés dont on sait qu’ils sont délétères pour la santé cognitive ».
Pauline Fréour note que « la biologiste rappelle que le régime alimentaire japonais comporte de nombreux poissons gras riches en acides gras polyinsaturés oméga-3 ». La Dre Malaplate observe ainsi que « les recherches que je mène avec mon équipe visent à montrer que la consommation de ces composants, très présents et utiles dans les membranes neuronales, protège les neurones et améliore leur fonctionnalité ».

« Aux Etats-Unis, les promesses et les dangers d’un “shoot” de testostérone pour raviver le désir féminin »

 Date de publication : 30 mars 2026 Temps de lecture: 4 min


Eve Minault constate en effet dans Le Monde qu’« outre-Atlantique, les vidéos vantant les bienfaits de cette hormone fleurissent sur les réseaux sociaux. A les croire, la testostérone résoudrait tous les maux liés à la ménopause, redonnant vitalité, joie de vivre et désir sexuel. Reste qu’elle présente des effets secondaires parfois irréversibles et ses conséquences à long terme sur la santé ne sont pas encore connues ».
La journaliste explique ainsi que « les promesses, alléchantes, ont de quoi séduire n’importe quelle femme à partir de la quarantaine : désir sexuel au top, motivation en béton, ambition décuplée, mais aussi une amélioration du sommeil et une diminution des douleurs musculaires et articulaires ».
Elle cite Marcella Hill, relevant qu’« à 45 ans, cette pétillante entrepreneuse et mère de 4 enfants de l’Etat de l’Utah parle carrément de renaissance, avec un sourire communicatif qui traverse le téléphone ».
Cette dernière déclare : « Je me sentais complètement morte de l’intérieur. Je n’avais plus aucun désir pour mon mari. J’essayais de me donner envie en buvant du vin, pour me mettre dans le mood… Je n’avais plus aucune motivation pour rien. J’avais l’impression d’être cassée. Cela me rendait très malheureuse ».
Eve Minault note qu’« il y a 7 ans, alors âgée de 38 ans, elle cherche des réponses auprès de son médecin généraliste, sans pour autant obtenir de traitement satisfaisant. […] Sur les conseils d’une amie, elle finit par s’adresser à une clinique esthétique qui lui propose de lui poser un implant sous-cutané (pellet) diffusant de la testostérone dans son corps ».
Marcella Hill indique que « les premières nuits, je me suis remise à dormir. En une semaine, mes douleurs chroniques et mon brouillard mental avaient disparu et, trois semaines plus tard, j’ai senti mon désir renaître : mon corps fonctionnait à nouveau ».
Eve Minault relève que « ce nouveau traitement est une telle révélation qu’elle décide de partager son histoire sur TikTok. La vidéo génère plus de 9 millions de vues en trois jours […] L’idée germe de monter un site de conseil, baptisé Wake Her Up (« réveille-la »), qu’elle lance en 2022 et qui s’adresse aux femmes de 40-50 ans qui, comme elle, ne se reconnaissent plus. Ces vidéos vantant l’hormone «miraculeuse» pullulent désormais sur les réseaux sociaux, réalisées par des patientes convaincues mais aussi parfois par des femmes médecins ayant elles-mêmes expérimenté le «traitement» ».
La journaliste souligne : « Une popularité qui inquiète désormais une partie du corps médical américain. Car, à ce jour, aucun traitement hormonal à base de testostérone n’a été approuvé pour les femmes aux Etats-Unis par la Food and Drug Agency (FDA) et aucune institution médicale reconnue n’a encore officiellement recommandé son usage ».
Eve Minault retient que « parmi les problèmes signalés, beaucoup parlent de perte de cheveux, de sautes d’humeur ou de l’apparition d’une nouvelle pilosité, notamment sur le visage. Et l’absence de traitement adapté aux femmes sur le sol américain inquiète particulièrement les médecins, car elle pousse certaines d’entre elles à prendre des doses très élevées de testostérone, jusqu’à dix fois le taux naturellement produit par l’organisme, sans que la science n’ait aucun recul sur les conséquences à long terme ».
Elle note que « face à cet engouement, la FDA a annoncé en juillet 2025 vouloir se pencher sur une possible réglementation. A titre de comparaison, il existe déjà une trentaine de traitements à base de testostérone pour les hommes, approuvés depuis les années 1950. Les médecins américains qui acceptent donc de prescrire aujourd’hui cette hormone aux patientes qui le leur demandent doivent commander en pharmacie des préparations spécifiques ou détourner un traitement homologué pour les hommes, en réduisant la dose pour l’adapter à leur public ».
Marcella Hill déclare ainsi que « les femmes me contactent souvent dans un état de détresse immense, alors j’ai constitué une liste de médecins prescripteurs. Aujourd’hui, c’est le plus grand annuaire mondial de thérapeutes hormonaux recommandés par des patientes du monde entier ».
Susan Davis, endocrinologue et chercheuse à l’université Monash, à Melbourne (Australie), observe de son côté que « ces femmes cherchent des réponses. Elles veulent savoir pourquoi elles sont fatiguées, pourquoi elles ont des sautes d’humeur. Elles veulent trouver une solution à ce qu’elles vivent. Mais il y a de nombreux facteurs socioéconomiques et environnementaux qui contribuent à l’épuisement des femmes et à leur moral en berne ».
« Peut-être que d’autres études permettront à l’avenir d’établir de nouveaux bienfaits de la testostérone… Mais ce qui ne va pas, c’est de faire croire qu’il existe un remède miracle qui va faire que tout le monde se sente fabuleusement bien », ajoute-t-elle.

Revue de presse santé psy – février 2026

« Ces médicaments psy dont les ventes explosent en France »

 Date de publication : 11 février 2026 Temps de lecture: 3 min


Nicolas Berrod note en effet dans Le Parisien : « Antidépresseurs, anxiolytiques, antipsychotiques… Pour chaque gamme de psychotropes, ces médicaments qui agissent sur le cerveau, les prescriptions ont «explosé» ces dernières années en France ».
Le journaliste observe qu’« en 5 ans, les ventes annuelles de boîtes de sertraline (…) ont été multipliées par plus de deux. (…) Cette molécule fait même partie de celles, tous médicaments confondus, dont les délivrances ont le plus grimpé. La hausse sur 5 ans dépasse 50% pour la quétiapine (…) et la fluoxétine (…), elle est un peu moindre pour l’escitalopram (…) et le diazepam ».
Nicolas Berrod indique que « ces tendances s’expliquent en premier lieu par la dégradation de la santé mentale des Français, en particulier des moins de 40 ans, et surtout des jeunes filles et jeunes femmes, ces dernières années. Tous les indicateurs en attestent : hausse des troubles anxieux, dépressifs, des tentatives de suicide, etc. ».
Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil), remarque qu’« il y a non seulement plus de personnes touchées par des symptômes anxieux et des troubles dépressifs, mais aussi plus de personnes qui consultent ».
Le journaliste relève en effet que « 936.000 jeunes de 12 à 25 ans ont été remboursés d’au moins un psychotrope en 2023, soit 18% de plus qu’en 2019. (…) Sur cette même période, la population de cette tranche d’âge n’a augmenté que de 3% ».
La Cnam observe pour sa part que « les prescriptions de psychotropes chez les jeunes ont significativement changé depuis la pandémie avec une accélération des tendances à la hausse ».
Nicolas Berrod s’interroge : « Certains médecins auraient-ils aussi la main un peu lourde ? Jeanne, qui vient d’accoucher, est allée voir une praticienne en fin d’année dernière car elle se sentait «dépressive» après la naissance de son premier enfant. Au bout d’une petite heure d’échange, elle est ressortie du rendez-vous avec une ordonnance de sertraline. (…) Après quelques semaines de prise quotidienne «sans aucun effet», elle a finalement arrêté ».
Maurice Bensoussan, président du syndicat des psychiatres français, précise que « la majorité des prescriptions de psychotropes sont faites par des médecins généralistes ». Le Pr Pelissolo note ainsi que ces derniers « ont souvent moins de temps à consacrer à leurs patients et ils sont moins spécialistes ».
Nicolas Berrod relève enfin que « la France se démarque notamment, par rapport à ses pays voisins, par des délivrances d’anxiolytiques (…) très importantes ». Maurice Bensoussan réagit : « On dit beaucoup que les antibiotiques, ce n’est pas automatique. Cela vaut aussi pour les psychotropes ».

« La renaissance de Chloé, au bord du suicide à cause d’un médicament antimigraineux : “J’ai réussi à le surmonter” »

 Date de publication : 13 février 2026 Temps de lecture: 4 min


C’est ce que titre Le Parisien, qui explique que « l’étudiante en médecine de 28 ans a développé des idées suicidaires après avoir pris du topiramate contre ses céphalées. Hospitalisée 12 semaines en psychiatrie, elle s’est reconstruite et envisage désormais de se spécialiser dans cette discipline ».
Gaël Lombart indique ainsi qu’« en novembre 2024, [elle] a tenté le tout pour le tout pour venir à bout de migraines qui la handicapent alors quotidiennement depuis près de 3 ans, au point de lui avoir coûté sa deuxième année ».
« Après plusieurs traitements infructueux, elle explique à son psychiatre vouloir essayer le topiramate, médicament qu’elle avait refusé jusqu’ici en raison de ses effets indésirables, y compris sur la santé mentale. Or, la jeune femme se bat depuis quelques années contre des épisodes dépressifs récurrents. Le spécialiste donne son feu vert, qu’il conditionne à une surveillance rapprochée », précise le journaliste.
Chloé souligne : « Dès que j’ai commencé à le prendre, les migraines ont disparu. Je n’avais plus d’appétit parce que c’est un médicament qui coupe aussi la faim, ce qui, dans mon cas, n’était pas trop gênant parce que je suis en surpoids. Par contre, très rapidement, j’ai sombré dans une dépression très profonde avec des idées suicidaires avancées et scénarisées ».
Gaël Lombart note qu’« au cours d’une visite en centre médico-psychologique (CMP), son psychiatre lui intime de se rendre aux urgences psychiatriques de Nancy où elle reste 4 jours. Le 10 janvier, Chloé est transférée dans une clinique. Elle y restera un peu moins de 12 semaines ».
Le journaliste relève que « le compte rendu de l’examen d’entrée montre l’extrême précision du projet qui l’obsède : «La patiente rapporte avoir prévu une phlébotomie de l’artère fémorale, planifiée pour le 18 janvier.» Chloé a choisi de mourir le jour de son anniversaire, pour que ses «proches souffrent moins qu’avec deux dates». Elle a déjà rédigé une lettre d’adieu à sa famille ».
« Devant la gravité de l’état de Chloé et pour prévenir un passage à l’acte, la clinique décide un séjour sous contrainte. […] Le personnel n’aura jamais besoin de recourir à la contention. La jeune femme se voit, en revanche, administrer de nombreux sédatifs, ce qu’elle réclame », continue Gaël Lombart.
Elle déclare que « l’objectif, c’était vraiment de casser toutes mes pensées pour que je ne sois pas dans cette rumination d’idées suicidaires qui me faisait beaucoup de mal. J’en étais arrivé à un stade où je ne ressentais plus du tout d’émotion et j’étais très calme, sereine même à l’idée du suicide. Cela s’appelle le syndrome de Ringel, typique d’un passage à l’acte imminent ».
Le journaliste note que « les soupçons se portent sur cet antiépileptique, également prescrit pour prévenir les migraines. Le dosage est progressivement diminué, décision confirmée par le neurologue de Chloé. Dans la lettre de liaison rédigée avant sa sortie, la clinique conclut à un «amendement total des idées suicidaires après arrêt du topiramate». Après une déclaration d’effets secondaires par la patiente, le Centre régional de pharmacovigilance de Nancy observe une «résolution des symptômes» une fois stoppé ce traitement ».
Gaël Lombart continue : « La rémission en vue, Chloé se reprend en main. Elle met en place un planning concret pour les années à venir dans lesquelles elle projette désormais son existence. […] Depuis sa convalescence, Chloé prend de l’Anafranil, un médicament qui soulage à la fois les principaux symptômes de la dépression et des migraines ».
Le journaliste indique que « Chloé pense souvent à cette hospitalisation qui a changé sa vie, mais elle n’en veut ni à l’industrie pharmaceutique, ni aux spécialistes qui la suivent ». Elle déclare : « J’ai toujours confiance en la médecine telle qu’elle est aujourd’hui. Je pense juste qu’il faut davantage prendre en compte les effets indésirables graves, même s’ils sont peu fréquents, quand on prescrit un médicament ».

« Autisme : la psychanalyse enterrée par la HAS »

 Date de publication : 13 février 2026 Temps de lecture: 4 min


Delphine Chayet constate dans Le Figaro qu’« avec des années de retard sur la plupart des autres pays, les autorités sanitaires françaises reconnaissent que la psychanalyse n’a pas fait ses preuves dans la prise en charge de l’autisme ».
La journaliste relève ainsi que « c’est l’aboutissement d’une lente évolution. En 2012, la Haute Autorité de santé avait rangé cette approche dans les interventions «non consensuelles». Dans de nouvelles recommandations publiées jeudi, l’Agence fait un pas de plus, en annonçant que le recours à la psychanalyse n’est «pas recommandé» ».
La HAS observe que « la revue actualisée de la littérature scientifique n’apporte pas de preuve permettant de conclure à son efficacité ».
Delphine Chayet retient que « les interventions recommandées dans la prise en charge du trouble du spectre de l’autisme (TSA) sont développementales et comportementales. Pluridisciplinaires, elles visent à travailler les domaines de la communication et du langage, de l’autonomie, des habiletés sociales, de la motricité ou encore de la sensorialité ».
Claire Compagnon, membre du collège de la HAS, précise qu’« il s’agit de travailler sur le développement de l’enfant par des séances de kinésithérapie et d’orthophonie notamment, mais aussi par l’imitation avec des systèmes de récompense ».
La journaliste ajoute qu’« a contrario, le neurofeedback (une technique permettant aux individus de changer leur activité cérébrale à l’aide d’un instrument qui fournit des informations sur l’activité du cerveau), le packing (qui consiste à emmailloter un enfant dans du linge froid et humide), la thérapie des 3I et une dizaine d’autres méthodes n’ayant pas fait leurs preuves ne sont pas recommandées ».
Delphine Chayet note que « la HAS met en garde les parents contre des interventions qui prétendent «supprimer complètement les manifestations du TSA» ou exigent l’abandon d’autres traitements. Concernant les médicaments, elle rappelle qu’il n’existe pas de traitement spécifique à l’autisme et que toute prescription, en particulier de psychotropes, doit être strictement encadrée ».
La journaliste indique entre autres que la HAS « préconise une intervention la plus précoce possible, «dès l’apparition des premiers signes d’alerte, y compris lorsqu’il s’agit d’un nourrisson». En cas de risque avéré ou de diagnostic d’autisme, «au moins 10 heures d’interventions hebdomadaires» menées par des professionnels formés, complétées par des activités conduites par les parents à la maison, sont recommandées ».
Libération titre pour sa part : « Autisme : la Haute autorité de santé durcit le ton contre la psychanalyse, soulignant un «niveau de preuve insuffisant» ».
Le journal explique aussi que « la psychanalyse n’est pas recommandée face à l’autisme. La HAS l’affirme désormais clairement, tranchant un débat de longue date qui oppose notamment les associations de familles à nombre de psychiatres et psychologues ».
« Les nouvelles recommandations vont bien au-delà du seul volet thérapeutique, appelant à une prise en compte à l’échelle de toute la société. La HAS insiste ainsi sur la nécessité d’impliquer activement et immédiatement les familles, ou de donner un rôle central à l’école », relève Libération.
Le Parisien titre quant à lui : « «On a assez souffert» : haro sur la psychanalyse dans la prise en charge des enfants autistes ».
Véronique Hunsinger relève ainsi : « «Avez-vous désiré cet enfant ?», «La maman lui a-t-elle donné le sein quand il était bébé ?» : voici deux genres de questions culpabilisantes rapportées autrefois par des parents d’enfants et d’adolescents autistes, et qu’ils ne voudraient plus jamais entendre. Ce jeudi, pour la première fois, la HAS s’oppose formellement à la psychanalyse dans la prise en charge des troubles du spectre de l’autisme ».
La journaliste indique que « dans ses nouvelles recommandations, la HAS insiste beaucoup […] sur les «interventions développementales et comportementales, précoces et adaptées aux besoins de l’enfant», ainsi que sur l’adaptation de la scolarité ».
Olivia Cattan, présidente de SOS Autisme, déclare toutefois que « l’urgence est aujourd’hui ailleurs, on a des recommandations formidables mais on manque de thérapeutes. Pour avoir un rendez-vous à l’hôpital, c’est entre 1 et 3 ans d’attente. Même à Paris, je galère pour trouver un psychologue pour mon fils ».

« “Il fait partie de la famille” : le CHU de Clermont-Ferrand teste la présence de chiens au chevet des patients en réanimation »

 Date de publication : 18 février 2026 Temps de lecture: 2 min


Geneviève Colonna d’Istria relate en effet dans Le Parisien « une scène inhabituelle dans un service de réanimation : un chien s’apprête à entrer dans la chambre d’un patient, qui est aussi son maître ».
La journaliste explique que ce n’est « pas une animation symbolique mais le cœur d’une véritable étude clinique très sérieuse lancée par le CHU de Clermont-Ferrand. Baptisé PET in Intensive Care Unit, ce protocole inédit teste la faisabilité (et la sécurité) de l’introduction des chiens de compagnie auprès des patients hospitalisés en réanimation ».
Adèle Gauthier, interne en anesthésie-réanimation à l’origine du projet, précise que « l’idée, c’est de voir si on peut faire entrer le propre chien du patient sans compromettre la sécurité. On sait déjà que la présence des proches améliore le moral et la récupération. Le chien fait partie de la famille. On espère qu’il peut apporter le même soutien émotionnel ».
Geneviève Colonna d’Istria indique que « l’étude se déroule dans trois unités de soins critiques du CHU. […] Rien n’est laissé à l’improvisation. Autour du projet, une équipe pluridisciplinaire : vétérinaire, éducateur canin, équipes d’hygiène hospitalière et soignants volontaires. Tous les patients ne sont pas éligibles ».
Adèle Gauthier souligne qu’« il faut être adulte, non immunodéprimé, sans infection à bactéries multirésistantes et sans plaies à risque ».
La journaliste continue : « Même rigueur côté animal : vaccinations à jour, vermifugation, lavage la veille, comportement calme et absence de classification en chien dangereux. Le jour J, le chien entre par un accès extérieur, accompagné d’un proche et d’un soignant. La visite dure 15 minutes maximum. Les dispositifs médicaux sont protégés, puis la chambre est entièrement désinfectée après son départ ».
Elle note que « 3 visites ont déjà eu lieu ». Adèle Gauthier indique qu’« elles se sont très bien passées. Aucun événement indésirable, des chiens calmes et des retours très positifs des équipes et des familles ».
Geneviève Colonna d’Istria conclut que « l’étude ne mesure pour l’instant que la faisabilité. […] L’objectif à long terme est plus ambitieux : ouvrir la voie à une étude randomisée pour évaluer l’impact sur la douleur, la confusion, l’anxiété ou la motivation à la rééducation ».
Adèle Gauthier remarque ainsi que « la réanimation n’est pas seulement un lieu technique. Beaucoup de patients sont conscients. Retrouver un repère familier peut être extrêmement fort ».

« IRM du cerveau : l’intelligence artificielle franchit un cap dans la détection des anomalies »

 Date de publication : 19 février 2026 Temps de lecture: 3 min


Nicolas Gutierrez C. évoque dans Sciences et Avenir « deux révolutions qui fusionnent. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) a été une avancée gigantesque pour la santé. […] Une nouvelle révolution bouleverse la santé : l’intelligence artificielle ».
« Ce n’était qu’une question de temps pour que ces deux percées technologiques se rejoignent. C’est désormais le cas, grâce à une IA spécialisée conçue par des chercheurs de l’Université du Michigan aux États-Unis. Leur approche, qui automatise la détection de problèmes neurologiques lors des IRM, a été présentée […] dans la revue Nature Biomedical Engineering », fait savoir le journaliste.
Nicolas Gutierrez C. précise que « l’IA en question s’appelle Prima. Il ne s’agit pas vraiment de la première intelligence artificielle pour des IRM, mais c’est la première entièrement autonome, […] qui fonctionne davantage comme les modèles de langage (LLM) tels que ChatGPT, qui nécessitent d’être alimentés par un grand nombre de données mais qui font elles-mêmes le travail de « comprendre » ces données ».
Le journaliste note que « Prima peut aussi analyser du texte, afin de faire le lien entre les clichés du cerveau d’un patient et son histoire médicale pour affiner le diagnostic ».
Samir Harake, auteur de l’étude, indique que « Prima fonctionne comme un radiologiste, dans le sens qu’elle intègre l’information médicale du patient et les données issues des images pour avoir une meilleure compréhension de sa santé. Cela lui permet d’obtenir une meilleure performance à travers un large éventail de tâches prédictives ».
Nicolas Gutierrez C. précise que « les chercheurs ont entraîné Prima avec des données issues de plus de 170.000 patients ayant fait une IRM de la tête dans l’hôpital de leur université avant 2023 (…). Chaque IRM était liée à une synthèse du rapport radiologique correspondant, permettant à l’IA d’apprendre à interpréter les images toute seule ».
« Prima est parvenue à décrire correctement les images avec un taux de succès de 94%, étant capable ainsi de diagnostiquer 52 anomalies neurologiques, tels que les troubles vasculaires, des inflammations ou encore des infections au niveau du cerveau », relève le journaliste.
Il ajoute que « les scientifiques ont testé Prima avec tous les nouveaux patients admis à l’hôpital entre juin 2023 et juin 2024 (…). L’IA est parvenue à diagnostiquer correctement chaque cas médical avec un taux de succès de 90% en ayant accès uniquement aux images cérébrales, et à 92% avec les images et l’histoire médicale du patient ».
Nicolas Gutierrez C. note que « pour certains cas, ce taux de diagnostic était particulièrement élevé : par exemple pour les tumeurs gliales (…), le taux de réussite a atteint 99,7% ! ».
Le journaliste observe que « cette capacité de diagnostic rapide pourrait être très utile pour trier les patients et optimiser leur parcours médical. Les chercheurs ont mis en évidence que Prima permettait en effet d’identifier rapidement les cas les plus graves, afin de prioriser leur prise en charge. Et qu’en plus, elle proposait correctement vers quel service chaque patient devait être dirigé ».
« Cependant, le but de cette IA n’est pas de remplacer le médecin, seulement de l’épauler », souligne Nicolas Gutierrez C., qui note que l’équipe « ambitionne désormais de renforcer son modèle en intégrant des données supplémentaires, telles que la génétique du patient ou d’autres informations de santé, afin d’enrichir sa capacité de diagnostic et améliorer la prise en charge ».

« IA : après les réseaux sociaux, la France veut protéger les enfants des chatbots »

 Date de publication : 19 février 2026 Temps de lecture: 2 min


Alexandre Piquard indique en effet dans Le Monde qu’« en marge du sommet de l’intelligence artificielle, à New Delhi, Emmanuel Macron et la délégation française ont mis en avant la thématique de la protection de l’enfance ».
Le président français a ainsi déclaré que « dans le système actuel, quelque chose est pourri quand on regarde la situation de notre jeunesse. Pour les enfants et les adolescents, quand on parle de réseaux sociaux et quand on y ajoute des chatbots d’intelligence artificielle, cela peut mener à une situation terrible ».
Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique, a ajouté que« l’adoption massive de l’IA, à une vitesse sans précédent, amène de nouveaux dangers. Nous devons protéger nos enfants dans leurs vies numériques. […] Nous allons utiliser la même approche [que pour la proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans] : nous appuyer sur un consensus scientifique ».
Alexandre Piquard observe qu’« il n’est pas question de limite d’âge. […] L’exécutif français a annoncé, le 5 février, une mission sur les risques de l’IA (et des jeux vidéo) pour la santé mentale des jeunes confiée à des experts et au Conseil national de l’IA et du numérique. Les conclusions seront rendues « fin mai » au G7 présidé par la France, a annoncé Mme Le Hénanff. Cette dernière a lancé […] un appel international à contributions d’articles scientifiques sur l’effet de l’IA sur les enfants et adolescents ».
Le journaliste observe que « la France pense pouvoir trouver sur cette thématique un écho au niveau mondial. […] La mort de l’adolescent [américain] Adam Raine, dont les parents accusent ChatGPT de l’avoir accompagné dans son suicide, a suscité de vives réactions aux Etats-Unis. Ce décès a poussé OpenAI à mettre en place notamment un contrôle parental de son assistant ».
« Si l’entreprise assure ne pas rechercher à maximiser le temps passé par les utilisateurs sur son service, certains estiment que les assistants ont tendance à créer des addictions, une tendance que pourrait renforcer l’introduction de publicités », remarque Alexandre Piquard.

« Fondation Vallée : une suspension d’activité décidée pour quatre unités de l’hôpital pédopsychiatrique francilien »

 Date de publication : 20 février 2026 Temps de lecture: 3 min


Mattea Battaglia et Camille Stromboni relaient dans Le Monde « une décision rare que vient d’annoncer l’agence régionale de santé d’Ile-de-France […] : la Fondation Vallée, l’un des grands centres hospitaliers pédopsychiatriques franciliens, récemment mise en cause pour des pratiques d’enfermement de jeunes patients, verra l’activité de ses 4 unités d’hospitalisation complète, à Gentilly (Val-de-Marne), suspendue à compter du 27 février. Une procédure «en urgence», précise l’agence ».
Les journalistes relèvent que « 20 patients mineurs sont concernés – les nouvelles admissions ayant été stoppées depuis octobre 2025, après un premier rappel à l’ordre de l’ARS. Celle-ci assure que la continuité des soins, pour eux, sera assurée. Les activités d’hôpital de jour et en ambulatoire continueront, elles, d’accueillir des patients ».
Mattea Battaglia et Camille Stromboni rappellent que « voilà plusieurs mois que cet établissement pédopsychiatrique est dans la tourmente : après plusieurs signalements de pratiques d’enfermement «non conformes» de mineurs, l’ARS a enclenché une inspection à l’automne, toujours en cours. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a, elle, saisi, le 2 février, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté ».
« Pourquoi l’ARS décide-t-elle, aujourd’hui, de franchir cette étape supplémentaire, avant même que les conclusions de son inspection ne soient rendues publiques ? », poursuivent les journalistes.
L’ARS fait savoir que « la Fondation Vallée n’a pas été en capacité d’apporter la garantie de l’arrêt définitif de ces pratiques ».
Les journalistes ajoutent que « dans l’entourage de la ministre de la Santé, on confirme attendre encore le «rapport finalisé» de l’ARS. Mais la connaissance de «manquements conséquents sur le sujet de l’isolement et de la contention ne permet pas, en conscience, de prendre le moindre risque» ».
Mattea Battaglia et Camille Stromboni observent que « dans les rangs de la CGT Santé, qui conteste depuis plusieurs semaines l’ensemble des accusations de mauvaises pratiques et de contention, l’émotion est vive ».
David François, responsable départemental du syndicat, réagit : « On supprime une partie de l’offre de soins de façon abrupte sur le territoire, alors que les conclusions de l’enquête de l’ARS n’ont pas été transmises aux représentants des personnels ».
Etienne Pot, délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement, indique quant à lui que « c’est une mise en sécurité nécessaire, pour pouvoir repartir du bon pied ».
Libération indique également que « l’hôpital pédopsychiatrique public Fondation Vallée dans le Val-de-Marne va devoir mettre à l’arrêt plusieurs services le 27 février, annonce l’ARS. […] Les agents de l’hôpital «contestent formellement les accusations de mauvaises pratiques» ».
Le journal note que « la CGT Santé du Val-de-Marne s’est déclarée «très inquiète de cette décision brutale de supprimer une partie importante de l’offre de soins pédopsychiatriques dans le département et dans la région» ».
Théo Uhart observe aussi dans Le Parisien que « les autorités ont décidé de dire stop. À compter du 27 février prochain, les 4 unités de pédopsychiatrie en hospitalisation complète de La Fondation Vallée à Gentilly n’auront plus le droit d’accueillir de patients, ce afin «d’assurer la sécurité et le respect des droits» des mineurs, a annoncé l’ARS. […] Un coup de tonnerre pour cet hôpital qui figure parmi les premiers centres de pédopsychiatrie en Île-de-France ».
Le journaliste relève que « l’Agence régionale de santé promet de trouver une solution «sans discontinuité de soins» pour la vingtaine de patients concernés. Les vacances scolaires débutant ce vendredi, cela laisse 2 semaines aux autorités médicales pour leur trouver un point de chute ».

« “On la surnomme la drogue du pauvre” : l’inquiétant trafic autour des gélules de prégabaline »

 Date de publication : 20 février 2026 Temps de lecture: 3 min


Vincent Vérier remarque dans Le Parisien : « Dans un bus, un train, le coffre d’une voiture ou dans les colis qui transitent par le centre de tri de la Poste de l’aéroport de Roissy, les douaniers en trouvent partout. Les saisies de prégabaline, un médicament utilisé dans le traitement de l’épilepsie et détourné en stupéfiant pour ses vertus apaisantes, ont explosé en 2025 selon le bilan de l’activité douanière ».
Olivier, un agent de l’observatoire des médicaments de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), observe ainsi : « C’est simple, elles ont presque triplé. […] Nous sommes passés d’environ 109.000 gélules saisies en 2024 à plus de 290.000 gélules l’année dernière ».
Vincent Vérier relève que cette « tendance inquiète alors qu’en 2022 les douaniers avaient récupéré moins de 4000 gélules. Un chiffre multiplié par presque dix dès l’année suivante (plus de 33.000 unités). Entre 2022 et 2025, les douanes françaises sont ainsi passées de 19 affaires traitées à 147 ».
Le journaliste souligne que « la consommation de ce médicament est tout sauf anodine pour la santé. Comme le rappellent les douanes, sans prescription médicale, il peut conduire à une désorientation, au coma et même au décès ».
L’agent de la DNRED précise : « On a vu apparaître la prégabaline au début des années 2020. On la surnomme la drogue du migrant parce que cet antiépileptique qui calme les crises d’angoisse est notamment consommé par ce public qui a eu à affronter un parcours migratoire difficile en traversant parfois la mer. Arrivés en Europe, ils développent une certaine accoutumance ».
Élodie, autre agent de DNRED, ajoute qu’« il y a certains médicaments notamment le Rivotril ― un antiépileptique très prisé en raison de ses effets psychotropes ― qui ont été très détournés et qui ont fini par être beaucoup plus contrôlés. S’en procurer est devenu plus difficile et les trafiquants se sont reportés sur d’autres médicaments ».
Vincent Vérier indique que « le produit emprunte souvent le même circuit de distribution que la vente de cigarettes, c’est-à-dire à la sauvette, dans la rue ou via les réseaux sociaux ».
Élodie précise que « l’Inde est un pays de provenance majeur. On y trouve des médicaments qui sont légaux dans ce pays mais pas en Europe parce qu’ils ne répondent pas à notre réglementation. Les gélules arrivent par voie postale. On en intercepte quelques centaines voire quelques milliers chaque semaine à Roissy ».
Vincent Vérier ajoute que « l’autre filière est qualifiée de «nomadisme européen». Avec des ordonnances trafiquées, ou la complaisance de certains professionnels de santé, la prégabaline est récupérée en nombre dans des pharmacies installées dans des pays aux conditions moins restrictives ».

« “Ce n’est pas dans votre tête” : une étude avance pourquoi les femmes sont plus sujettes aux douleurs chroniques »

 Date de publication : 23 février 2026 Temps de lecture: 3 min


Libération remarque en effet : « «Ce n’est pas dans votre tête, et vous n’êtes pas faible. C’est votre système immunitaire.» Dans un monde de la recherche dont les femmes sont les grandes oubliées, la phrase a son importance. Elle émane du Dr Geoffroy Laumet, chercheur à l’université d’Etat du Michigan, aux Etats-Unis, et auteur principal d’une étude publiée […] dans Science Immunology ».
Le journal retient que « ses résultats mettent en lumière le rôle de certaines cellules du système immunitaire dans la résolution de la douleur, mais aussi et surtout, le fait que ce mécanisme fonctionne bien mieux chez les hommes que les femmes ».
Le Dr Laumet indique qu’« il existe des raisons biologiques réelles pour lesquelles les femmes souffrent de douleurs prolongées ».
Libération note que « si ces raisons sont probablement diverses, l’une des pistes dévoilées par son équipe réside dans l’action d’un type de globule blanc. Les chercheurs ont en effet découvert, chez des souris, qu’une sous-catégorie de cellules immunitaires quittait le sang pour se rendre dans les tissus blessés et y libérait «une molécule faisant taire les neurones sensibles à la douleur», explique Geoffroy Laumet ».
Le quotidien relève que « cette action était plus prononcée chez les souris mâles en raison d’une hormone sexuelle bien connue, la testostérone. Celle-ci est apparue comme «favorisant la production par ces globules blancs de la molécule qui calme les neurones» ».
Le journal poursuit : « Ce mécanisme biologique a ensuite été observé chez des patients humains ayant subi un traumatisme physique, comme un accident de la route : les chercheurs ont mesuré dans leur sang les niveaux de ces globules blancs spécifiques et de la molécule soupçonnée d’alléger la douleur. Ils ont alors découvert qu’ils étaient bien plus élevés chez les hommes que chez les femmes ».
« Et si tous les blessés rapportaient des niveaux de douleur initiale comparables après leur traumatisme, celle-ci diminuait ensuite nettement plus rapidement chez les hommes que chez les femmes », relève Libération.
Le quotidien observe qu’« en éclairant ce rouage, les chercheurs pourraient donc ouvrir la voie à de nouveaux traitements. Cette piste suscite de l’espoir car si de nombreux antidouleurs sont aujourd’hui sur le marché, aucun traitement idéal n’existe pour les douleurs chroniques, et encore moins spécifiquement pour les femmes ».
Libération précise qu’« il faudra toutefois sûrement des années pour aboutir à une solution thérapeutique adaptée, mais Geoffroy Laumet espère que ces travaux pourront entre-temps «contribuer à effacer cette idée répandue que la douleur des femmes est exagérée» ».

« La rhétorique du “cancer backlash” présente de nombreuses analogies avec le climatoscepticisme »

 Date de publication : 23 février 2026 Temps de lecture: 4 min


Stéphane Foucart constate dans Le Monde que « depuis plusieurs mois, des médecins et des scientifiques s’exprimant hors de leur champ d’expertise dénigrent leurs collègues et cautionnent la démolition des normes de protection de l’environnement et de la santé ».
Stéphane Foucart relève ainsi qu’« en janvier, dans une tribune au Monde, Marc Billaud et Pierre Sujobert forgeaient l’expression «cancer backlash» («retour de bâton sur le cancer») pour qualifier l’offensive idéologique qui accompagne, ces derniers mois, l’entreprise de démolition des normes de protection de l’environnement et de la santé publique ».
« Comme l’expliquent ce chercheur en cancérologie (CNRS, Centre de recherche en cancérologie de Lyon) et ce professeur de médecine (université Lyon-I, Hospices civils de Lyon), le cancer backlash réduit la maladie aux comportements individuels, et la naturalise en la dépolitisant », explique le journaliste.
Il note que « l’augmentation de son incidence serait principalement liée à la consommation de tabac et d’alcool et à l’allongement de l’espérance de vie. Sans oublier ce satané hasard. Tout le reste – les déterminants socio-économiques, la dégradation de l’environnement, les réglementations laxistes ou absentes – ne serait que distraction ».
« Le cancer backlash est le compagnon rêvé des responsables politiques et des industriels à la recherche de cautions scientifiques déculpabilisantes, et ces jours-ci la demande est forte », continue Stéphane Foucart.
Le journaliste souligne que « ce discours n’a pourtant de la science que l’apparat. A bien des égards, il présente de nombreuses analogies avec la campagne climatosceptique qui s’est déployée après la remise du quatrième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, en 2007. Dans les deux cas, l’accroissement des connaissances déclenche le même genre de contre-discours, souvent porté par des scientifiques ou médecins s’exprimant hors de leur champ d’expertise ».
Stéphane Foucart explique ainsi qu’« à chaque fois est répercuté dans l’espace public un mélange de contrevérités, d’omissions et de sophismes, le tout accompagné de vibrants plaidoyers pour la rigueur, la science, etc. C’est l’une des singularités de l’époque : le mensonge est commis au nom de la lutte contre le mensonge ».
« Il est incontestable que le tabac et l’alcool forment un fardeau monstrueux – nul ne le conteste. Mais la rhétorique du cancer backlash omet généralement de préciser qu’ils sont en fort déclin. La consommation moyenne d’alcool des Français a été réduite de plus de moitié depuis les années 1960, et la part des buveurs quotidiens a été divisée par trois depuis 1990. Quant à la part de fumeurs quotidiens, elle est passée de 28,7% en 2015 à 18,4% en 2024 – son plancher historique. C’est encore trop, mais agiter systématiquement ces deux fléaux pour faire oublier tout le reste devient de moins en moins justifiable », continue le journaliste.
Il relève que « selon le dernier calcul d’attribution mené par Santé publique France (sur des données de 2015), 60% des cancers ne sont pas attribuables à des facteurs de risque suffisamment connus. Pour les artisans du cancer backlash, ce serait la part naturelle et irréductible de la maladie. Le fruit vénéneux du hasard, qu’il faudrait déplorer silencieusement. En réalité, une part sans doute substantielle de ces cancers est liée à des facteurs de risque environnementaux non consentis, et trop mal documentés pour être évalués ».
Stéphane Foucart évoque « un autre sophisme du cancer backlash. Selon ses promoteurs, alerter sur les risques environnementaux subis serait, en fait, dangereux : cela relativiserait en creux les effets du tabac et de l’alcool, favorisant les conduites à risque. Un peu comme prétendre qu’il serait dangereux de recommander le port de la ceinture de sécurité, au motif que cela inciterait les automobilistes à rouler trop vite ».
Le journaliste conclut que « le cancer backlash réduit la santé environnementale à une lubie, en ignorant toute l’histoire d’un champ de recherche. Des décennies sont parfois nécessaires pour objectiver et chiffrer les risques d’une exposition à bas bruit de la population ».

« Êtes-vous lève-tôt ou oiseau de nuit ? La réponse n’est pas aussi simple… »

 Date de publication : 23 février 2026 Temps de lecture: 3 min


Anne Prigent observe dans Le Figaro qu’« une nouvelle étude canadienne [parue dans Nature Communication] vient bousculer cette vision simplifiée qui voudrait classer les dormeurs en deux catégories, d’un côté les «lève-tôt», de l’autre les «couche-tard» ».
La journaliste explique qu’« en analysant les données de plus de 27.000 adultes de la UK Biobank, des chercheurs montrent que derrière ce classement familier, se cachent en réalité cinq profils biologiques distincts, chacun avec sa signature cérébrale, ses comportements et ses vulnérabilités ».
Le Dr Philippe Beaulieu, spécialiste du sommeil à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil), remarque que « les étiquettes classiques sont trop simplistes. À chronotypes identiques, il existe une véritable hétérogénéité biologique ».
Anne Prigent indique que « côté oiseaux de nuit, la première variante est ce que l’on pourrait appeler le «couche-tard performant». Il se caractérise par des temps de réaction rapides, une aisance dans les tâches cognitives, mais aussi une irritabilité marquée et une consommation accrue de substances ».
La journaliste ajoute : « Le deuxième sous-type est le profil le plus à risque : il cumule dépression, tabagisme, sédentarité et pathologies métaboliques (diabète, hypertension). Enfin, un troisième groupe du soir, plus masculin, présente également un terrain cardio­vasculaire défavorable lié à l’alcool et au tabac ».
Le Pr Pierre-Alexis Geoffroy, psychiatre, remarque ainsi qu’« on savait les couche-tard plus exposés aux dépressions ou aux cancers, mais cette étude prouve que ce phénotype n’est pas homogène. Ces sous-profils sont visibles dès l’enfance ».
Anne Prigent précise qu’« il ne faut pas confondre rythme tardif et manque de sommeil ». Le Dr Beaulieu indique qu’« un chronotype du soir peut-être physiologiquement équilibré ; une grande partie du risque vient sans doute du désalignement entre l’horloge interne et les contraintes sociales ».
La journaliste relève que « ce n’est pas tant le fait d’être « du soir » qui pose problème, que l’obligation de vivre dans un monde réglé sur les horaires du matin. La diversité existe d’ailleurs aussi chez les lève-tôt : si un groupe présente une santé robuste, l’autre, majoritairement féminin, montre un lien étroit avec la dépression ».
Danilo Bzdok, professeur à l’université McGill et principal auteur, souligne que « ce n’est pas uniquement l’heure du coucher ou du réveil qui définit ces sous-types. Ils résultent d’une interaction complexe entre des facteurs liés à la génétique ainsi qu’au milieu et au mode de vie ».
Anne Prigent retient que « pour les médecins, l’intérêt est d’abord conceptuel. Il s’agit de penser en «profils» plutôt qu’en catégories rigides pour préparer une médecine du sommeil personnalisée. En attendant, les solutions pour les couche-tard en difficulté demeurent les mêmes ».

« “Chaque enfant a des envies particulières” : quand les rêves des jeunes malades deviennent réalité »

 Date de publication : 23 février 2026 Temps de lecture: 3 min


Marine Brugeron observe en effet dans Le Parisien : « Rencontrer une danseuse étoile, partager une pizza avec Donald à Disneyland… Depuis 1987, l’association Petits Princes exauce les vœux de jeunes patients. Maxime, lui, aspire à sauver des vies en haute montagne. Nous l’avons suivi au sein d’une unité spécialisée, dans les Alpes ».
La journaliste explique ainsi : « Maxime, 12 ans, gamin discret au regard vif derrière ses lunettes rondes, prend la place d’honneur, au premier rang, à côté du pilote [de l’hélicoptère]. En ce jour de janvier, il est venu de Paris à Chamonix, en Haute-Savoie, avec ses parents et son frère, Stanislas, 15 ans, grâce à l’Association Petits Princes, qui réalise des rêves d’enfants malades ».
Marine Brugeron précise que « le jeune garçon [qui « se bat contre une leucémie »] ambitionne d’intégrer, plus tard, le peloton de gendarmerie de haute montagne, une unité spécialisée dans le secours aux victimes en milieu périlleux. Celui de Chamonix, qui intervient sur le massif du Mont-Blanc et alentour, en est le fleuron, et fait rêver petits et grands. Il comprend des pilotes, des mécaniciens, des médecins… ».
La journaliste relève notamment : « Virée sur la Mer de glace en montant par le célèbre train du Montenvers, expédition en téléphérique à l’aiguille du Midi, culminant à 3800 m… Intéressé, et jamais impressionné, Maxime révèle son esprit montagnard à chaque étape ».
Elle indique que « plus de 10.000 souhaits ont ainsi été réalisés depuis la création de l’Association Petits Princes, fin 1987, par les bénévoles – ils sont une centaine actuellement –, qui s’emploient à faire vivre des moments magiques à des enfants atteints de cancers ou de certaines maladies génétiques, nécessitant des hospitalisations fréquentes et des traitements intensifs ».
Marine Brugeron explique que « remplis par les parents, tous les dossiers des jeunes candidats au rêve sont présentés lors de réunions auxquelles assistent les membres de l’association. Chaque semaine, ils se retrouvent pour raconter les expériences tout juste vécues et découvrir les nouveaux arrivants. Un moment où le cœur parle en premier ».
La journaliste observe : « En première place des demandes : Disneyland Paris, un «classique» qui fait briller les yeux des moins de 10 ans. Grâce à un partenariat avec le parc à thème, les Petits Princes sont accueillis pour une expérience féerique, avec nuits à l’hôtel et coupe-file pour les manèges. Les héros de Disney sont particulièrement attentifs à ces enfants, reconnaissables à leur badge autour du cou, qu’ils saluent et chouchoutent quand ils les croisent dans les allées ».
« Pour l’Association Petits Princes, il est important d’inclure l’entourage de l’enfant, que la maladie impacte également », continue Marine Brugeron.

« Santé mentale des jeunes : un rapport préconise dix mesures d’urgence »

 Date de publication : 26 février 2026 Temps de lecture: 2 min


La Croix indique en effet qu’« un rapport publié [hier] par le ministère de la Santé préconise dix mesures d’urgence pour améliorer le repérage précoce des troubles psychiques chez les jeunes. Plusieurs psychiatres alertent sur des délais d’accès aux soins et recommandent la création d’un centre national ressource ».
Le journal retient ainsi : « Création d’un centre national ressource, maillage du territoire, formation accrue des professionnels… ».
Les psychiatres Rachel Bocher et Marie-Odile Krebs et Angèle Malâtre-Lansac, déléguée générale pour l’Alliance de la santé mentale, autrices du rapport, soulignent qu’« agir tôt c’est soigner mieux ».
La Croix explique qu’« elles rappellent que les troubles psychiques constituent la première cause de morbidité et de handicap chez les 15-25 ans. Cette tranche d’âge est particulièrement vulnérable : entre 63 et 75% des troubles psychiatriques apparaissent avant 25 ans ».
« Or, à l’heure actuelle en France, les délais d’accès aux soins pour des troubles psychotiques débutants peuvent atteindre entre 2 et 5 ans, loin des 3 mois recommandés, et jusqu’à 10 ans pour les troubles bipolaires », continue le journal.
Le quotidien poursuit : « Face à un état des lieux jugé préoccupant, […] les autrices appellent à une réorganisation profonde du parcours de repérage et d’accompagnement des jeunes ».
« S’appuyant sur 30 ans d’expériences internationales, notamment en Australie, au Royaume-Uni ou au Canada, où les modèles d’intervention précoce ont démontré leur efficacité à réduire les hospitalisations, les rechutes et les coûts de soins, elles plaident pour l’implantation à l’échelle nationale de programmes de détection et d’intervention précoce (DIP) », note La Croix.
Le quotidien ajoute que « le rapport propose ainsi la création d’un centre national ressource, chargé de définir un cadre commun, d’harmoniser les pratiques, de coordonner la formation et de suivre des indicateurs de qualité. Il recommande ensuite un maillage territorial structuré. […] Les autrices appellent également à la formation massive de tous les professionnels au contact des jeunes, au développement d’outils numériques de dépistage et de téléconsultation ».

Revue de presse santé psy – janvier 2026

« Comment ChatGPT bouleverse les réflexes des Français en matière de santé »

 Date de publication : 9 janvier 2026 Temps de lecture: 4 min


Keren Lentschner et Marie Bartnik constatent dans Le Figaro que « plus de 230 millions d’internautes se tournent chaque semaine vers ChatGPT pour le questionner sur leur santé. Le chatbot d’OpenAI les aide à interpréter leurs symptômes ou leurs bilans sanguins, ou à s’informer sur leurs remboursements de soins ».
« Au total, ces questions représentent plus de 5% des requêtes, selon des chiffres dévoilés par OpenAI. Soit 125 millions de questions quotidiennes. 70% de ces échanges ont lieu en dehors des heures d’ouverture des cabinets médicaux », relèvent les journalistes.
Elles notent ainsi qu’« OpenAI a annoncé mercredi lancer aux États-Unis ChatGPT Health. Cet onglet au sein du chatbot permettra d’y connecter son dossier électronique médical et des applications de bien-être, a annoncé mercredi la start-up américaine. Il pourra aussi «s’appuyer sur le contexte de vos conversations hors ChatGPT ­Santé, comme un déménagement récent ou un changement de mode de vie, afin de rendre une discussion de santé plus pertinente», précise OpenAI ».
Un jeune père de famille indique : « Ma fille a eu beaucoup de fièvre cette nuit et j’ai confondu la bouteille de sirop de Doliprane avec du Desloratadine. J’ai indiqué à ChatGPT les quantités exactes, et il m’a rassuré ».
Nathalie, architecte d’intérieur, remarque quant à elle : « J’apprécie la synthèse, le gain de temps et la formulation en langage naturel, qui est plus accessible. Le fait qu’il me dise “tu” me permet de mieux m’approprier sa réponse ».
Keren Lentschner et Marie Bartnik relèvent cependant que « ces outils peuvent donner l’illusion d’échanger avec un médecin ». Alexandre Biosse-Duplan, responsable du service des usagers à la Haute Autorité de santé, explique que « le ton du chatbot induit la confiance. Cela peut être trompeur, notamment dans le cas d’un patient vulnérable ».
Les journalistes continuent : « Hervé Gompel, gastro-entérologue à Neuilly, constate ainsi que des patients, «très angoissés», ont «tendance à retenir ce qu’il y a de plus grave sur ChatGPT. C’est très anxiogène pour les patients hypocondriaques. Mais cela a au moins le mérite de les faire consulter plus tôt. Le rôle du médecin est de faire la part des choses» ».
Keren Lentschner et Marie Bartnik ajoutent que « les utilisateurs de chatbots se heurtent aussi au risque de mésinformation. ChatGPT et ses rivaux peuvent donner des conseils erronés, et potentiellement dangereux. Cela peut venir de la formulation de la requête. […] Le risque vient aussi des fake news médicales que peuvent véhiculer les chatbots. […] Les assistants IA généralistes sont, en effet, alimentés par des bases de données le plus souvent venues d’internet, pas toujours fiables ni mises à jour ».
Nicolas Gatulle, médecin anesthésiste et fondateur du chatbot Gustave, souligne que « de nombreux patients arrivent avec des idées totalement erronées. […] L’IA, ce sont des probabilités, des méthodes statistiques ».
Keren Lentschner et Marie Bartnik remarquent qu’« OpenAI a indiqué travailler à l’amélioration des réponses fournies par ChatGPT, en collaboration avec des médecins. Avec la dernière version de son modèle de langage, GPT-5, le chatbot est plus susceptible de poser des questions complémentaires à l’utilisateur, de rechercher des informations et articles de recherche récents, d’utiliser un langage prudent et d’orienter les utilisateurs – si nécessaire – vers son médecin ».
Les journalistes poursuivent : « Les changements d’usage des internautes et les alertes rouges des professionnels de santé ont conduit Doctolib, acteur reconnu du secteur, à lancer fin octobre son propre moteur de recherche dopé à l’intelligence artificielle. Ce «compagnon» IA ne s’adresse pour l’instant qu’aux parents d’enfants de moins de 4 ans. […] À terme, cette IA a vocation à répondre aux questions de tous les utilisateurs de Doctolib ».

« L’activité physique, aussi efficace que les psychothérapies contre la dépression »

 Date de publication : 12 janvier 2026 Temps de lecture: 3 min


Delphine Chayet relève dans Le Figaro que « parmi les outils disponibles contre la dépression, l’activité physique n’est pas souvent mise en avant. Elle serait pourtant aussi efficace que la psycho­thérapie et les antidépresseurs pour atténuer les symptômes de la maladie, selon une étude publiée jeudi par la collaboration Cochrane ».
La journaliste explique ainsi que « des chercheurs de l’université de Lancashire (Royaume-Uni) ont regroupé les résultats de 73 essais cliniques menés depuis dix ans auprès de 5000 adultes pour évaluer l’efficacité de séances de « cardio » et de musculation. Seules des études de comparaison avec une autre mesure thérapeutique (antidépresseurs, psychothérapie, musicothérapie…) ou avec un placebo (…) ont été examinées ».
Delphine Chayet retient que « quand on la compare à une absence de traitement, l’activité physique est bénéfique ». Le Pr Pierre-Michel Llorca, chef du service de psychiatrie adulte au CHU de Clermont-Ferrand, remarque ainsi que « les participants à ces groupes voient l’intensité de leurs symptômes réduite en moyenne de moitié ou un peu moins par rapport au groupe placebo, ce qui est plutôt un bon résultat ».
« Seul un petit nombre de personnes a rapporté des effets indésirables, telles que des blessures musculaires », ajoute la journaliste.
Delphine Chayet relève que « les chercheurs constatent aussi qu’«il n’y a probablement que peu ou pas de différence» d’efficacité entre cette mesure de santé et les psychothérapies. Le résultat est similaire face aux traitements pharmacologiques, mais la conclusion est incertaine en raison du nombre très réduit d’essais cliniques ».
Pierre-Michel Llorca déclare que « globalement, l’exercice physique est un outil important pour améliorer la symptomatologie de la dépression, qu’elle soit associée ou non aux autres traitements ».
La journaliste précise que « le fait de réaliser entre 13 et 36 séances d’exercice est associé à de plus grandes améliorations des symptômes dépressifs. Aucun type d’activité ne s’avère clairement supérieur aux autres – les programmes variés et la musculation semblent toutefois plus efficaces que l’exercice cardio seul. Enfin, certaines pratiques, comme le yoga, le qi gong et les étirements, n’ont pas été incluses dans l’analyse. Elles constituent des pistes de recherche futures ».
Delphine Chayet ajoute que « les chercheurs appellent à la réalisation d’un essai clinique de grande envergure pour déterminer quels types d’exercices sont les plus efficaces et mesurer le maintien des bienfaits dans le temps ».
La journaliste observe que « des mécanismes à la fois biologiques et psychologiques peuvent contribuer à l’effet positif de cette mesure. Le sport augmente le rythme cardiaque, l’oxygénation des organes, régule le taux d’endorphines et réduit le taux de cortisol, l’hormone du stress. L’effort augmente la vascularisation cérébrale et stimule la croissance de nouvelles cellules nerveuses. Mais l’activité physique peut aussi détourner l’attention du patient de ses pensées négatives et renforcer son lien social ».

« Le lien entre trouble de l’attention et comportements sexuels à risque chez les étudiants mesuré par une nouvelle étude »

 Date de publication : 13 janvier 2026 Temps de lecture: 2 min


Le Parisien relève que « les étudiants présentant des symptômes caractéristiques du trouble de l’attention (TDAH) ont plus fréquemment des comportements sexuels à risque, comme un usage irrégulier du préservatif, montre une étude réalisée en France par des chercheurs de l’Inserm ».
Ces derniers observent ainsi que « les symptômes de TDAH seraient associés à des niveaux plus élevés de comportements sexuels à risque chez les étudiants universitaires : âge plus précoce au moment des premiers rapports, moindre usage du préservatif, risque accru d’infections sexuellement transmissibles ».
Le Parisien relève que « la littérature médicale a déjà montré qu’un patient atteint de TDAH est plus exposé à des comportements sexuels à risque, mais l’étude de l’Inserm est la première à mesurer cette association au sein de la population étudiante française ».
Le journal précise que « les chercheurs, emmenés par la psychologue Claudine Offranc, ont examiné des questionnaires remplis par plus de 13.000 étudiants, âgés en moyenne de 20 ans. […] Les étudiants faisant état de symptômes du TDAH ont, ainsi, 25% de risque en plus d’avoir eu un usage irrégulier du préservatif au cours des 12 mois écoulés, et 50% de risque supplémentaire de s’être vu diagnostiquer une infection sexuellement transmissible (IST) ».
« Chez les femmes, les étudiantes aux symptômes associés au TDAH sont un peu plus nombreuses (+ 20%) à avoir recouru à la pilule du lendemain », continue le quotidien.
Le Parisien observe que « cette étude présente certaines limites, pointées par les chercheurs. Elle ne permet pas, par exemple, d’étudier en détail les risques associés à différentes manifestations du TDAH qui, selon les patients, donne plutôt lieu à une inattention ou à des comportements impulsifs ».
Cédric Galera, pédopsychiatre, qui a supervisé ce travail, souligne que « ces résultats invitent à mieux prendre en compte les étudiants présentant des symptômes de TDAH dans la prévention en santé sexuelle ».

« Réseaux sociaux et adolescents : face à des “interfaces manipulatrices”, l’Anses veut “responsabiliser les plateformes” »

 Date de publication : 13 janvier 2026 Temps de lecture: 4 min


Bénédicte Lutaud note dans Le Figaro qu’« en France, près de 90% des 12-17 ans utilisent quotidiennement un smartphone pour accéder à internet, et 58% d’entre eux s’en servent pour accéder aux réseaux sociaux. L’impact de ces plateformes sur leur santé mentale […] agite le débat public ».
La journaliste fait savoir que l’Anses « publie un rapport inédit […], afin d’«éclairer l’ensemble des acteurs, dont les pouvoirs publics» sur le sujet «pour les aider à prendre des mesures appropriées». […] Epidémiologistes, pédopsychiatres, ou chercheurs en science de l’information et de la communication ont analysé plus d’un millier d’études scientifiques sur les effets des réseaux sociaux sur la santé ».
Bénédicte Lutaud retient que « le mode de fonctionnement même des réseaux sociaux consultés par les jeunes est néfaste pour leur santé : ils se basent sur des «stratégies de captation de l’attention visant à maintenir l’engagement des utilisateurs le plus longtemps possible» ».
La journaliste explique que « les plateformes s’appuient sur des «interfaces manipulatrices» ». Thomas Bayeux, chef de projet socio-économique à l’Anses, précise : « Cela passe par le design, comme les notifications, le scroll infini, l’enchaînement automatique de vidéos, les likes ».
Bénédicte Lutaud ajoute que « les algorithmes sur lesquels s’appuient ces plateformes enferment leurs utilisateurs dans «des contenus de plus en plus ciblés, parfois extrêmes». Des stratégies qui «exploitent la vulnérabilité des adolescents, leur besoin d’interactions sociales et leur recherche de sensations» »
Thomas Bayeux observe ainsi que « l’adolescence est une période charnière de transition, et les réseaux sociaux permettent de nourrir la soif d’interaction sociale, le désir d’information par ses pairs ou encore la prise de risque ».
Bénédicte Lutaud continue : « Parmi les effets majeurs, l’agence sanitaire liste des troubles du sommeil, mais aussi des troubles anxio-dépressifs (les deux étant corrélés, soulignent les experts), des gestes auto-infligés (automutilation, suicide…), des altérations de l’image du corps voire des troubles du comportement alimentaire, des conduites à risque comme la prise de drogues, le sexting ou la diffusion non consentie d’images intimes, ou encore le cyberharcèlement ».
La journaliste évoque « l’un des enseignements majeurs de l’expertise : «Les filles constituent une population particulièrement à risque pour tous les effets sanitaires étudiés». […] Elles consacrent plus de temps aux réseaux sociaux que les garçons (1h32 contre 52 minutes par jour en moyenne), et y accordent davantage d’engagement émotionnel ».
« Un autre groupe est particulièrement vulnérable aux troubles anxio-dépressifs via l’usage des réseaux sociaux : les adolescents présentant initialement des symptômes dépressifs ou anxieux », poursuit Bénédicte Lutaud.
Elle remarque que « l’encadrement parental, «en coopération avec les adolescents», joue un rôle clé, assure l’agence sanitaire ».
Thomas Bayeux souligne en outre que « l’expertise de l’Anses invite surtout à une responsabilisation des plateformes, c’est le message premier ».
Bénédicte Lutaud explique que l’Anses « a quelques idées pour les dites plateformes : «Mettre en œuvre la limite d’âge prévue par le RGPD pour éviter un accès (…) aux moins de 13 ans», ce qui «implique également une révision en profondeur des principes de fonctionnement des réseaux sociaux», c’est-à-dire bannir les «techniques d’interfaces manipulatrices, interdire la diffusion de contenus délétères pour la santé (conduites à risques, jeux d’argent, régimes alimentaires extrêmes, contenus violents, pornographie)» ».
« Programme ambitieux… ou vœu pieux, face aux géants chinois TikTok et américains Instagram ou Snapchat ? », s’interroge la journaliste.
Le Parisien titre pour sa part : « Réseaux sociaux et santé mentale : cyberharcèlement, troubles alimentaires… les adolescentes en première ligne ».
Juliette Pousson indique également que « l’Anses dresse un état des lieux des connaissances sur les risques sanitaires associés à l’usage des réseaux sociaux chez les jeunes ».
La journaliste retient que « ces plateformes altèrent la santé mentale des plus jeunes. Et encore plus celle des adolescentes, à tous les niveaux. Ce sont les premières victimes du cyberharcèlement, elles se sentent davantage contraintes d’envoyer des contenus sexuellement explicites et se disent plus stressées par l’utilisation des réseaux ».
Juliette Pousson note que « l’Anses recommande donc que seuls les réseaux paramétrés pour protéger les mineurs soient accessibles aux adolescents ».
Libération note aussi : « Troubles du sommeil, TCA, cyberviolences… L’Anses détaille les risques des réseaux sociaux chez les adolescents ».
Théo Eberhardt retient que le rapport « désigne […] les réseaux sociaux comme des «facteurs contributifs de troubles anxiodépressifs, d’automutilation et d’idées suicidaires». Les algorithmes de personnalisation de contenu créent un effet de spirale qui amplifie l’exposition et limite les chances de sortir de ces types de contenus dangereux ».
« Si l’Anses ne se prononce pas sur la question de l’interdiction, le rapport ne nie pas la possibilité d’une pratique saine par le biais de «réseaux sociaux protecteurs», c’est-à-dire conçus et paramétrés pour protéger la santé de ses utilisateurs », ajoute le journaliste.

« Avec ChatGPT, “le monopole de la confiance avec le psychiatre est remis en cause” »

 Date de publication : 14 janvier 2026 Temps de lecture: 3 min


Le Monde livre un entretien avec le philosophe et physicien Alexei Grinbaum, qui « appelle les institutions européennes à s’adapter aux évolutions technologiques. Il plaide par ailleurs pour un système de santé avec une IA souveraine ».
Le physicien, à la tête du comité opérationnel pilote d’éthique du numérique au Commissariat à l’énergie atomique, expert auprès de la Commission européenne et membre du Comité consultatif national d’éthique du numérique, déclare notamment que « nous entrons dans une nouvelle époque. Les citoyens, dont des patients psychiatriques qui sont les premiers exposés car ils souffrent de troubles sévères, utilisent des chatbots généralistes, une sorte d’automédication à travers le langage. Auparavant, un patient parlait à un professionnel dans un cadre réglementé. Aujourd’hui, il ouvre son téléphone et discute avec un système qui n’est pas un dispositif médical ».
Alexei Grinbaum souligne que « le patient ne vit plus seul, il «fait système» avec son chatbot et cela remet en cause le monopole de la confiance qu’avait le médecin, notamment le psychiatre ».
Le Monde interroge : « Qui est responsable si la machine conseille mal ? ».
Le physicien répond que « c’est la grande question qui, pour l’instant, n’est pas résolue. Contrairement au médecin qui suit des protocoles, l’ingénieur conçoit un modèle de langage, mais ne peut prédire ses réponses à la requête d’un utilisateur, car elles ne sont pas déterministes [non directement liées à des événements antérieurs]. Pourtant, il est le fournisseur du système ».
« Pour les ingénieurs, il va falloir à l’avenir impérativement faire en sorte que le système indique au chatbot à qui il s’adresse, un adolescent, un adulte, un médecin… afin de fournir une réponse adaptée », poursuit-il.
Alexei Grinbaum relève que « de nombreux concepteurs d’applications surfent sur l’idée du bien-être, pour éviter les contraintes réglementaires de la thérapie. Affirmer ne pas faire de médecine permet de s’affranchir des règles médicales, même si les utilisateurs s’en servent pour se soigner ».
Il souligne en outre que « la collecte de données physiologiques et comportementales en temps réel (vitesse de frappe sur un clavier, accéléromètres montrant qu’une personne marche doucement, données cérébrales captées par des montures de lunettes) permettrait d’acquérir une connaissance intime de l’individu. De plus, lorsque les professionnels de santé font appel à des ingénieurs ou à des systèmes tiers externes pour construire ces outils, les fabricants peuvent potentiellement avoir accès aux données sensibles des patients. Cela pose la question de ce que devient la notion même de secret médical ».
Le physicien poursuit : « Il faut dès à présent que l’ensemble des médecins travaillent avec ces systèmes, car leurs patients vivent déjà avec ces machines parlantes. Un système de santé du XXIe siècle, avec une IA souveraine, doit par ailleurs être construit le plus rapidement possible pour ne pas laisser la place aux seuls acteurs internationaux ».

« “Blue Monday”, le jour de l’année où le moral est en berne ? Le vrai-faux de la dépression saisonnière »

 Date de publication : 19 janvier 2026 Temps de lecture: 2 min


Gaël Lombart relève en effet dans Le Parisien : « Décrété jour le plus déprimant de l’année, le troisième lundi de janvier a été victime d’un coup marketing, plutôt que le résultat de recherches sérieuses ».
Le journaliste fait « le point sur ces idées reçues qui associent la santé mentale et le calendrier ».
Il relève ainsi : « Le lundi, le moral est plus bas que les autres jours. Faux » : « La recherche montre un effet négligeable du jour de la semaine sur le moral. Certains travaux révèlent des cycles hebdomadaires d’humeur différents selon les cultures, mais le lundi n’est pas universellement considéré comme un jour maudit. En revanche, d’après une large étude incluant un million de réponses, les symptômes dépressifs ou anxieux varieraient selon l’heure de la journée, avec, en moyenne, un bien-être meilleur le matin et moindre autour de minuit ».
Gaël Lombart continue : « L’hiver, on broie du noir. En partie vrai » : « Il existe une dépression à profil saisonnier où les épisodes reviennent surtout en automne hiver, avec une amélioration au printemps pour une partie des patients. Mais les fluctuations de l’humeur selon les saisons seraient loin de concerner tout le monde ».
Le journaliste précise que « selon une vaste analyse publiée en décembre dans Journal of Affective Disorders, 5% des gens ressentent l’hiver une vraie dépression avec un ensemble de symptômes (tristesse, perte d’intérêt, fatigue, troubles du sommeil, etc.) assez forts pour gêner nettement la vie quotidienne, que ce soit le travail, les études ou les relations ».
Gaël Lombart relève que Xavier Briffault, chercheur en santé mentale au CNRS, « estime plutôt à 1% la part des personnes concernées. Il distingue cette maladie du «blues hivernal», qui peut toucher une plus large proportion des gens ».
Le journaliste observe en outre : « La luminothérapie, ça ne marche pas du tout. En partie faux » : « Pour les personnes qui font chaque hiver une vraie dépression, la luminothérapie fait partie des traitements de référence. […] Mais cette technique est plus ou moins efficace selon la situation ».
Xavier Briffault indique en effet que « si des gens sont dans des états dépressifs vraiment intenses, avec perte totale du plaisir, difficulté à travailler, envies suicidaires, cela ne va pas résoudre le problème. Mais en prévention, en début de saison, chez les personnes luminosensibles, ça peut jouer un rôle ».

« “J’étais un zombie” : le difficile sevrage des traitements antidépresseurs »

 Date de publication : 20 janvier 2026 Temps de lecture: 4 min


Isabelle Veloso Vieira relève dans La Croix qu’« alors que les prescriptions de médicaments antidépresseurs sont en hausse constante en France, leur arrêt reste insuffisamment accompagné par les professionnels de santé. Un sevrage brutal peut pourtant s’avérer dangereux ».
La journaliste livre notamment le témoignage d’Emmanuel, 47 ans, qui « tente d’arrêter son traitement antidépresseur depuis 2 ans. Le quadragénaire en prend depuis 14 ans pour des problèmes «d’impulsivité» ».
Il déclare : « Quand le médecin m’a proposé ce traitement, j’ai accepté car il m’a affirmé qu’il était inoffensif, que je n’aurais pas de problèmes de dépendance ou de sevrage à l’arrêt ».
Isabelle Veloso Vieira relève que « sa première tentative de décrocher s’est pourtant muée en échec ». Emmanuel indique : « J’étais un zombie, je ne pouvais plus travailler à cause de la fatigue et d’un brouillard cérébral permanent ».
La journaliste explique que « l’arrêt en 10 jours est trop brutal. Contraint de reprendre la molécule, il décide de diminuer ses doses progressivement. Là encore, les symptômes s’accumulent : insomnies, «sensations de décharge électrique dans le cerveau. Mais c’est beaucoup plus gérable que la dernière fois», explique Emmanuel, à qui la vie sans médicament semble encore lointaine ».
Isabelle Veloso Vieira souligne ainsi qu’« environ 15% des patients qui arrêtent les antidépresseurs connaissent un syndrome de sevrage ».
Jean-François Huon, pharmacien clinique et président du Réseau français de la déprescription, déclare que « si l’arrêt est trop brutal, le patient peut ressentir des symptômes physiques : nausées, vomissements, confusion, sueurs, tremblements, etc. Mais aussi des symptômes psychiques comme de l’angoisse et des idées suicidaires ».
Le pharmacien précise : « Lorsqu’un patient arrête son médicament, la concentration de celui-ci dans le sang chute en quelques jours voire en quelques heures. Alors que le système nerveux, lui, va mettre du temps à modifier son nombre de récepteurs de sérotonine. C’est donc l’écart entre la quantité de médicament dans le sang et ce à quoi s’attendait le système nerveux qui provoque le syndrome de sevrage ».
Isabelle Veloso Vieira poursuit : « Pour retrouver une stabilité, les patients doivent alors reprendre leur médicament à dose égale ou plus importante et se voient parfois prescrire un anxiolytique, provoquant «une espèce d’escalade médicamenteuse», déplore Jean-François Huon ».
Elle indique que « pour Fabrice Berna, professeur de psychiatrie aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, ces erreurs fréquentes de diagnostic sont en grande partie dues à un manque de formation des médecins à la déprescription ».
Le praticien observe que « les manuels de psychiatrie sur la prescription des psychotropes abordent rarement le sujet ».
Fabrice Berna relève que les médecins font « comme ils le sentent. Ils disent aux patients de diminuer les doses par palier, de couper les derniers comprimés ou d’espacer les prises, puis d’arrêter, sans schéma très clair ».
« Un manque de connaissances dangereux pour le patient qui risque «une nouvelle hospitalisation ou un passage à l’acte suicidaire face aux symptômes violents du sevrage», s’inquiète Maëva Musso, psychiatre aux Hôpitaux de Paris Est-Val-de-Marne », continue Isabelle Veloso Vieira.
La journaliste rappelle que « des protocoles de déprescription et des ordonnances spécifiques pour l’arrêt de certains antidépresseurs ont été mis au point par l’Observatoire du médicament, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique (Omédit) Grand Est. La HAS, elle, recommande de réduire graduellement les doses, de privilégier la thérapie et déconseille l’arrêt d’un traitement «sans accompagnement médical» ».
Isabelle Veloso Vieira fait savoir qu’« outre-Atlantique et outre-Manche, des chercheurs et des médecins se sont intéressés à la déprescription des psychotropes. Parmi eux, Mark Horowitz, un psychiatre qui s’est lui-même sevré d’un antidépresseur. Une expérience dont il a tiré un guide de déprescription devenu une référence et dans lequel il préconise une «décroissance hyperbolique» des traitements ».
« Il s’agit de diminuer chaque jour ou chaque semaine de 10% la dose précédente », poursuit la journaliste.
Isabelle Veloso Vieira note en outre que « pour Matthias Brunn, psychiatre et chercheur en politiques publiques à Sciences Po, la déprescription est un «enjeu systémique qui se joue aussi en dehors du cabinet du médecin». Elle tient aussi au suivi psychologique et social proposé au patient ».
« La déprescription demande surtout du temps. […] La création du Réseau national de la déprescription et du Groupe de travail sur l’arrêt des psychotropes en 2025 constitue une première étape », conclut la journaliste.

« “Mes bras s’allongent », ”les murs se rapprochent »… Quand un médicament déforme la réalité, ou le syndrome d’Alice au pays des merveilles »

 Date de publication : 22 janvier 2026 Temps de lecture: 3 min


Anne Prigent remarque dans Le Figaro : « Avoir soudain l’étrange sensation que sa propre main devient gigantesque, que son cou s’allonge de façon démesurée ou que les murs de la pièce se resserrent irrémédiablement. Sentir son propre corps flotter avec une légèreté surnaturelle, ou percevoir l’écoulement du temps comme s’il était brusquement ralenti, étiré, totalement déréglé ».
« Ces manifestations spectaculaires […] définissent un trouble neurologique rare et encore largement méconnu du grand public comme du monde médical : le «syndrome d’Alice au pays des merveilles» », explique la journaliste.
Elle évoque ainsi « une réalité clinique complexe faite de distorsions sensorielles et de perceptions spatiales erronées. Particularité importante : les patients gardent conscience que ce qu’ils perçoivent est anormal, ce qui distingue ce syndrome d’un trouble hallucinatoire psychiatrique ».
Anne Prigent indique que « si les causes neurologiques sont documentées depuis des décennies, une étude récente publiée dans la revue internationale Psychiatry Research suggère que ce syndrome pourrait également être un effet indésirable rare de certains médicaments ».
Elle explique ainsi que « les chercheurs du CHU de Nice et du centre de pharmacovigilance de Toulouse ont analysé VigiBase, la base de données mondiale de pharmacovigilance gérée par l’OMS, qui compile des millions de déclarations d’effets secondaires à travers la planète ».
Le Dr François Montastruc, médecin et pharmacologue au CHU de Toulouse et coauteur, observe que « parmi toutes les déclarations, seuls 87 cas correspondaient au codage “syndrome d’Alice au pays des merveilles” ».
Anne Prigent relève que « cette extrême rareté explique pourquoi le lien avec le médicament est resté si longtemps dans l’ombre. Parmi ces cas, environ 30% concernaient des enfants, un chiffre notable compte tenu de leur moindre exposition aux traitements ».
Le Dr Montastruc déclare que « le syndrome est probablement sous-estimé chez l’enfant, notamment parce qu’il est difficile pour les plus jeunes de décrire précisément ce qu’ils ressentent ».
La journaliste précise que « les principaux médicaments pédiatriques concernés sont le méthylphénidate, utilisé dans le TDAH, et le montélukast, prescrit dans l’asthme. Pour le méthylphénidate, l’action sur le système nerveux est évidente. Pour le montélukast c’est plus surprenant ».
Le Dr Diane Merino, psychiatre au CHU de Nice et principale auteure, déclare : « On sait aujourd’hui qu’il peut provoquer des effets neuropsychiatriques : troubles du sommeil, cauchemars, modifications de l’humeur, voire idées suicidaires, y compris chez l’enfant. Il agit sur les leucotriènes, impliqués dans l’inflammation, et ces mécanismes peuvent avoir des répercussions centrales encore imparfaitement comprises ».
Anne Prigent ajoute que « chez l’adulte, la liste des médicaments potentiellement déclencheurs s’allonge et inclut aussi certains antidépresseurs, antiépileptiques ou antipsychotiques. Là encore, malgré l’aspect spectaculaire des signes cliniques, leur évolution est très rassurante ».
Le Dr Merino souligne que « dans la littérature comme dans notre étude, les symptômes régressent spontanément ou après une réduction ou un arrêt du traitement suspecté. Les formes persistantes sont exceptionnelles ».
La journaliste note enfin que « l’enjeu majeur reste la reconnaissance de ce trouble par l’ensemble du corps médical ». Le Dr Merino remarque ainsi que « si le syndrome d’Alice au pays des merveilles était mieux connu, une potentielle origine iatrogène pourrait être évoquée plus tôt, et donc favoriser une tentative d’éviction médicamenteuse ».

« Les pensées positives boostent les effets de la vaccination »

 Date de publication : 21 janvier 2026 Temps de lecture: 3 min


Soline Roy indique en effet dans Le Figaro que « dans des travaux publiés dans la revue Nature Medicine, des chercheurs israéliens de l’université de Tel-Aviv expliquent avoir entraîné de jeunes adultes à activer des zones précises de leur cerveau, avant d’être vaccinés contre l’hépatite B ».
La journaliste explique que « 85 participants étaient invités à appliquer diverses stratégies mentales (par exemple, se souvenir d’un voyage agréable) tandis que leur activité cérébrale était enregistrée par IRM ».
« Soixante-huit d’entre eux recevaient un retour sur leurs «performances» qui leur permettait, au fil de 4 séances, d’apprendre à activer des zones cérébrales précises ; et en particulier l’aire tegmentale ventrale, une région du tronc cérébral impliquée dans le système de la récompense, notamment par la libération de dopamine », relève Soline Roy.
Elle ajoute que « tous ont alors été vaccinés contre l’hépatite B, et des prises de sang réalisées avant la vaccination, puis 14 et 28 jours après et, pour certains, 3 mois plus tard ».
La journaliste constate qu’« avoir des pensées positives permettait d’augmenter l’activité cérébrale dans la zone impliquée dans la récompense, et ceci était corrélé à une hausse durable du taux d’anticorps produits suite à la vaccination. Notre cerveau peut donc bel et bien moduler le fonctionnement de notre système immunitaire ».
Gérard Eberl, professeur d’immunologie et responsable de l’unité Micro­environnement & Immunité Institut Pasteur/Inserm, remarque ainsi : « Quand vous vous sentez bien et pensez à quelque chose de positif (…), votre cerveau relâche de la dopamine dans l’aire tegmentale ventrale. Inversement, en cas de stress aigu ou chronique, il relâche de l’adrénaline et du cortisol ».
Le spécialiste rappelle que « ces substances ont un effet sur le système immunitaire : la dopamine le “booste”, les deux suivantes l’inhibent. Et ce pour une raison simple à comprendre : si vous êtes attaqué par un lion, l’urgence est de fuir, pas de combattre une éventuelle infection. Inversement, quand le stress diminue, vous pouvez remettre de l’énergie dans le fonctionnement immunitaire ».
Il ajoute que « l’effet psychosomatique est puissant, et “psychosomatique” ne devrait pas avoir de connotation péjorative. Cela signifie simplement que le fonctionnement cérébral a une influence directe sur celui du reste de l’organisme ! On sait depuis longtemps que l’effet placebo existe, mais ce genre d’article en apporte la preuve biologique ».
Soline Roy conclut que « ces découvertes pourraient avoir une application dans la prise en charge du cancer avec le développement des immunothérapies, ou dans les maladies inflammatoires chroniques, soulignent les chercheurs ».
Dans un commentaire associé à l’article, des chercheurs écrivent ainsi que « les études futures devront déterminer comment ces facteurs psychologiques influencent les réponses du circuit de récompense et développer des protocoles de “neurofeedback” sur mesure qui peuvent exploiter efficacement ces états modifiés ».

« La lecture nourrit ce moment où l’on se déconnecte des stimuli de la journée »

 Date de publication : 22 janvier 2026 Temps de lecture: 2 min


Emmanuelle Giuliani observe dans La Croix que « par sa dimension rituelle et sa faculté à enrichir notre imaginaire, la lecture nocturne possède de sérieux atouts pour favoriser l’endormissement. Elle accompagne ce moment de lâcher-prise si nécessaire à notre cerveau ».
La journaliste livre un entretien sur le sujet avec Nicolas Decat, doctorant en neurosciences à l’Institut du cerveau.
Elle interroge ainsi : « La lecture avant de dormir est-elle favorable à l’endormissement ? ».
Le spécialiste répond que « les profils d’endormissements en termes de durée, d’allers-retours entre veille et sommeil et d’images mentales perçues pendant le processus sont très divers. Ils méritent d’être étudiés comme nous le proposons actuellement via un questionnaire international ouvert à tous qui permettra, je l’espère, d’identifier des groupes types selon l’âge, le sexe, l’origine géographique et culturelle, etc. ».
« Dans tous les cas, je suis 100% favorable au rituel avant de dormir pour donner à notre cerveau un signal familier d’entrée dans la nuit. La lecture en est un excellent exemple. […] La lecture nourrit ce moment de déconnexion de tous les stimuli de la journée qui n’ont cessé de nous distraire », poursuit Nicolas Decat.
Il explique que « l’imagerie créée par le livre va irriguer notre monde intérieur et notre créativité. Celle-ci est en effet favorisée lors de l’endormissement grâce à une sorte de laisser-aller, de détachement et de flexibilité mentale. C’est un mécanisme analogue à celui de la résolution presque malgré soi de problèmes complexes ».
Le scientifique ajoute que « le livre facilite le sommeil sans le troubler. Tout l’inverse des stimuli technologiques. […] Toute la journée sur leur portable, les jeunes ne connaissent aucune plage de vide ni d’ennui. Si bien que, le soir, seuls et dans le noir, la jeune fille ou le jeune homme se trouvent subitement assaillis par une immense vague de pensées. Elle surgit, trop grande, trop anxiogène, empêchant de trouver le sommeil. Si bien qu’il faut à nouveau s’occuper pour s’en détourner. […] Jusqu’à ce que, exténué, on s’endorme enfin ».

« Cocaïne : un nombre croissant de consommateurs et une prise en charge encore insuffisante »

 Date de publication : 23 janvier 2026 Temps de lecture: 5 min


Esther Serrajordia indique dans La Croix qu’« une expertise de l’Inserm […] confirme la nette augmentation de la consommation de cocaïne, qui touche l’ensemble des tranches d’âge et toutes les classes sociales. L’institut de recherche met notamment en lumière les conséquences sanitaires d’une addiction encore insuffisamment prise en charge ».
Perrine Roux, directrice de recherche Inserm en santé publique, souligne ainsi que « les chiffres récents montrent une hausse importante ».
Esther Serrajordia relève qu’« un adulte sur dix a déjà consommé de la cocaïne au cours de sa vie (9,4%), soit environ cinq fois plus qu’au début des années 2000. Les 25-34 ans sont les plus concernés, avec 5,4% d’usagers récents – un chiffre en hausse dans cette population. À l’inverse, chez les plus jeunes, âgés de 17 ans, l’expérimentation recule, passant de 2,8% en 2017 à 1,4% en 2022 ».
« Recherche de performance, gestion du stress ou usage récréatif en contexte festif : les motivations de consommation sont multiples », continue la journaliste.
Perrine Roux indique que « les études menées à l’échelle nationale montrent une prévalence plus élevée dans les secteurs de l’hébergement-restauration et du milieu artistique. Chez les femmes, la consommation est également plus fréquente chez les cadres et les professions intellectuelles supérieures ».
Esther Serrajordia remarque que « parmi les signaux d’alerte relevés par l’Inserm figure l’augmentation de la demande de prise en charge pour des problèmes liés à la cocaïne, qui a doublé entre 2015 et 2019, avec des délais d’attente pouvant atteindre 3 à 6 mois ».
Hélène Donnadieu, médecin hépatologue et addictologue, souligne : « On sait qu’en général il existe un décalage de 13 ans entre la première consommation et la première consultation des usagers présentant des troubles de l’usage. […] Quel que soit le type d’usage, occasionnel ou régulier, les conséquences médicales peuvent être graves, même si leur intensité augmente avec la fréquence des prises ».
La praticienne indique que « la consommation peut entraîner l’aggravation de troubles psychiatriques et accélérer leur développement, comme pour des troubles anxio-dépressifs, symptômes psychotiques ou troubles du comportement ».
« S’y ajoutent des troubles cardiovasculaires, des lésions ORL liées à la consommation par voie nasale, ainsi qu’une altération des fonctions cognitives – troubles de l’attention, de la mémoire, de l’apprentissage et de la psychomotricité – sans oublier des complications pulmonaires ou rénales », ajoute Esther Serrajordia.
La Dr Donnadieu remarque que « de nombreux passages aux urgences sont liés à la cocaïne, ce qui pèse également sur le système de soins, en raison d’AVC, d’infarctus du myocarde et d’autres complications. La cocaïne provoque une vasoconstriction des artères, entraînant une souffrance des tissus qu’elles irriguent ».
La journaliste relève que « l’Inserm souligne l’importance d’un accompagnement médico-psychologique global, le plus efficace pour favoriser une diminution réelle de la consommation. Contrairement à certains opiacés, aucun médicament n’a pour l’instant montré son efficacité contre l’addiction à la cocaïne ».
Esther Serrajordia note que « des pistes d’espoir ont toutefois été évoquées par les chercheurs, notamment la kétamine, le méthylphénidate (spécifiquement pour les personnes TDAH qui sont plus susceptibles de développer des troubles de l’usage), certains psychédéliques ou le bupropion (traitement utilisé contre la dépression) ».
La journaliste conclut que « l’Inserm souligne le rôle clé de la prévention pour freiner le passage à la consommation, tout en pointant l’inefficacité des politiques répressives ciblant les usagers ».
Libération titre pour sa part : « Cocaïne : pour l’Inserm, «la première chose qui ne marche pas, c’est la répression pure» ».
Maïté Darnault explique aussi : « Offrir un regard croisé, autant qu’une caution scientifique indépendante. C’est l’ambition d’un rapport d’expertise collective dévoilé […] par l’Inserm, afin d’«affronter la complexité» de l’attrait de la cocaïne en France, où le nombre de consommateurs a doublé en dix ans, et contribuer à «mettre en place des politiques publiques efficaces» ».
La journaliste souligne que « ce nouvel état des lieux part des usages multifacettes de cette substance psychoactive, devenue le premier marché de la drogue dans notre pays, pour s’attacher aux possibles «leviers d’action» au bénéfice des populations concernées ».
Maïté Darnault retient notamment : « Au centre du passage à l’acte, demeure la «relation tripartite entre une substance, un individu et un environnement», rappellent les scientifiques. Parmi les facteurs de risques identifiés, il existe «peu de données sur l’hérédité, mais un effet avéré des troubles psychiatriques», qui favorisent le risque de «troubles de l’usage» ».
La journaliste remarque qu’« «aucun traitement pharmacologique dédié n’a encore obtenu d’autorisation de mise sur le marché pour traiter la dépendance», d’abord psychologique, à ce produit, même si «plusieurs pistes thérapeutiques intéressantes» existent pour réduire ou stopper sa consommation. En attendant, c’est sur l’offre «médico-psycho-sociale» que l’accent doit être mis, a estimé le Pr Yasser Khazaal, psychiatre au CHU de Lausanne ».
« D’où la nécessité de campagnes de prévention ciblées, couplées à des actions d’«aller vers» les populations en particulier les plus précaires, par le biais d’associations, de systèmes de soins mobiles et de la pair-aidance », poursuit Maïté Darnault.

« “On diagnostique mieux et donc plus” : pourquoi le TDAH fait autant parler »

 Date de publication : 23 janvier 2026 Temps de lecture: 3 min


C’est ce que titre Le Parisien qui observe que « de plus en plus de personnes annoncent souffrir d’un trouble de l’attention [avec hyperactivité (TDAH)]. Doublée d’une hausse des diagnostics, cette prise de parole réjouit les spécialistes qui pointent néanmoins quelques (faibles) risques ».
Clémence Bauduin relève ainsi que « le diagnostic de ce trouble du neurodéveloppement a explosé au cours des dix dernières années. La vente du médicament le plus couramment prescrit pour soulager certains cas de TDAH, la Ritaline ― composé de méthylphénidate, la molécule qui combat cette pathologie ― est en augmentation constante depuis une décennie ».
La journaliste note que « cette médication croissante s’explique par une évolution sociale en France, où le TDAH a longtemps été sous-estimé ». Klara Kovarski, maîtresse de conférences en psychologie du développement à Sorbonne Université, déclare qu’« on diagnostique mieux et donc plus, notamment les femmes ».
Clémence Bauduin évoque « une notion importante : le TDAH est un trouble à spectre large : son intensité dépend du degré de trouble dont est atteint le patient, et sa forme varie elle aussi ― considérablement ― d’un patient à l’autre. Certains peuvent donc parfaitement vivre avec un trouble d’intensité faible, sans médication, quand d’autres auront besoin d’une aide, pas forcément médicamenteuse ».
La journaliste ajoute que « pour identifier un TDAH, le comportement du patient doit s’inscrire dans la durée ». Céline Masson, psychothérapeute et professeure des universités en psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, remarque ainsi : « Souvent, je dis aux parents : Attendez, ça fait une semaine que votre enfant ne dort pas, on va prendre un peu le temps ».
Clémence Bauduin relève que « dans leurs cabinets, les spécialistes interrogés notent un empressement de plus en plus marqué à poser un diagnostic ». Céline Masson confirme : « Il y a une impatience, un besoin de rationalité. Cela répond aussi à une peur de l’anormalité : coller un diagnostic apaise les inquiétudes ».
Thierry Delcourt, pédopsychiatre, souligne toutefois : « Notre société a horreur du vide, du silence et du flou, il y a un besoin d’identifier, de nommer. Mais à nommer trop vite, on pose une étiquette sur le front de la personne. Cela stigmatise autant que ça rassure ». La journaliste souligne : « Le principal risque, selon lui : la surmédication ».
Elle explique en outre que « le diagnostic d’un TDAH est complexe. […] «Il nécessite plusieurs interventions (entretien, examen clinique…)», fait valoir la Haute Autorité de santé, qui livre en ligne ses recommandations afin d’aider les professionnels à identifier ce trouble chez l’enfant et l’adolescent. La HAS doit d’ailleurs rendre, fin 2026, des consignes spécifiques pour les adultes ».
« Une suspicion de TDAH a en tout cas le mérite d’amener à consulter », poursuit Clémence Bauduin. Klara Kovarski remarque ainsi que « les personnes qui cherchent un diagnostic, qu’elles se pensent par exemple autistes ou TDAH, ont souvent une souffrance associée et d’autres troubles ou maladies qui méritent d’être explorés ».
La journaliste continue : « À l’heure où beaucoup sont encore en attente de prise en charge et de diagnostic, décomplexer la parole sur le TDAH encourage le déploiement «de structures cliniques et la bonne formation du personnel de santé, mais aussi scolaire», salue Klara Kovarski. Depuis des années, la HAS appelle d’ailleurs les pouvoirs publics «à développer l’offre de soins pour réduire les délais de prise en charge». En attendant, les spécialistes appellent au «bon sens» et à «ne pas coller un TDAH à tous les gamins agités», plaide Céline Masson ».

« “Trois ans pour me remettre d’une fatigue écrasante” : après un burn-out, comment revenir au travail ? »

 Date de publication : 27 janvier 2026 Temps de lecture: 4 min


C’est ce que titre La Croix, qui observe qu’« en France, entre 300.000 et 500.000 personnes souffriraient d’un syndrome d’épuisement professionnel. Si l’arrêt de travail s’impose souvent, la question de la reprise après des mois de pause est rarement abordée ».
Sophie Viguier-Vinson explique ainsi : « Trois ans d’arrêt. C’est le temps qu’il a fallu à Magalie Milo pour reprendre son métier de soignante, après avoir craqué et manqué de se tuer sur la route ». La généraliste déclare : « Trois ans pour me remettre d’une fatigue écrasante, réinvestir mon corps, me concentrer à nouveau et savoir ce que je voulais faire de ma vie professionnelle ».
Sophie Viguier-Vinson relève que « devenu la première cause des arrêts de travail de longue durée (plus de 90 jours) avec la fatigue et la dépression, le burn-out n’est toutefois pas reconnu comme une maladie ».
La journaliste indique qu’« en décembre 2025, la Haute Autorité de santé (HAS) a mis à jour ses recommandations sur le sujet, qui remontaient à 2017. La prise en charge, dit-elle, doit assurer «le repos, la reconstruction identitaire, (…) le retour au travail ou une reconversion professionnelle» et identifier les facteurs de risque dans l’environnement professionnel ».
Sophie Viguier-Vinson évoque « un long chemin, qui commence par une étape incontournable ». Le Dr Clément Duret, chef de l’unité des maladies professionnelles de l’hôpital Raymond-Poincaré à Garches (Hauts-de-Seine), médecin du travail, précise ainsi : « Traiter les effets destructeurs du stress chronique, grâce à un arrêt prolongé et par l’accompagnement du médecin traitant, voire d’un psychiatre reconduisant plus facilement les arrêts de travail que les généralistes ».
Le praticien ajoute que « le médecin du travail, consultable confidentiellement pendant l’arrêt, est aussi bien placé pour faire le lien entre le syndrome et le contexte professionnel ».
Sophie Viguier-Vinson note que « les médecins-conseils de la Sécurité sociale, familiers de la problématique, peuvent aussi être de bons interlocuteurs. Et pour le Dr Duret, la psychothérapie est essentielle ».
Le médecin indique en effet que « plus tôt le travail sur soi a lieu, moins la souffrance est grande, et plus vite on se remet ».
La journaliste continue : « Cet accompagnement «permet de comprendre pourquoi on s’est exposé pour mieux se protéger à l’avenir et trouver les ressources psychiques pour rebondir», ajoute la Dre Catherine Badinier, elle aussi médecin du travail et psychothérapeute. Un suivi qui, selon elle, «doit être prolongé après la reprise, afin d’assurer un bon soutien. Tant qu’on pense pouvoir s’en passer, on n’est pas prêt à revenir» ».
Marie Pezé, psychologue, souligne quant à elle que « cette approche pluridisciplinaire est importante. Alors que l’épuisement professionnel crée des dommages cognitifs durables, les activités créatives mobilisent des facultés intactes pour restaurer un sentiment d’accomplissement réparateur ».
Sophie Viguier-Vinson relève qu’« avant d’envisager le retour en poste, elle suggère de faire un bilan neuropsychologique pour objectiver l’impact du burn-out et peser dans la négociation avec l’employeur sur les changements à opérer ». La psychologue observe en effet que « si rien ne bouge dans l’organisation, la rechute est assurée ».
Le Dr Duret remarque ainsi : « Certes, le profil surinvesti de la personne explique en partie son burn-out, mais celui-ci est bien causé à 90% par le mode d’organisation du travail ».
La journaliste observe cependant que « certaines structures restent fermées à toute adaptation, par déni ou manque de moyens. C’est ce qu’a vécu Magalie Milo, le centre où elle travaillait étant confronté à la pénurie de personnel soignant. Elle a finalement été licenciée pour inaptitude ». La généraliste indique que « cela m’a permis de retrouver un poste ailleurs et d’exercer trois jours par semaine en suivi pédiatrique ».
Le Dr Duret précise enfin que « 80% des travailleurs en burn-out quittant leur structure retrouvent un emploi, surtout quand ils ont été bien accompagnés ».

« À la ménopause, les zones du cerveau touchées sont les mêmes que celles de la maladie d’Alzheimer, selon une étude »

 Date de publication : 28 janvier 2026 Temps de lecture: 2 min


Le Parisien relaie en effet les conclusion d’une étude de l’université anglaise de Cambridge, parue dans Psychological Medicine, qui « visait à examiner l’impact de la ménopause et des traitements hormonaux de substitution (THS) sur la santé mentale, la fonction cognitive et la structure cérébrale des femmes. Elle conclut d’une manière peu encourageante dans les deux cas ».
Le journal explique que « l’équipe constituée autour de la Pr Barbara Sahakian, neuroscientifique réputée pour son travail sur la maladie d’Alzheimer, a analysé les données de près de 125.000 femmes issues du copieux vivier de l’UK Biobank ».
Le Parisien note que « 11.000 [femmes] ont subi une IRM cérébrale pour évaluer précisément les volumes du cerveau dans le lobe temporal médian (LTM) et le cortex cingulaire antérieur (CCA), deux zones impliquées dans la mémoire et les émotions ».
« Non seulement les volumes du LTM et du CCA étaient plus petits chez les femmes déjà ménopausées que chez les femmes périménopausées, mais les volumes les plus faibles ont été observés dans le groupe sous traitement hormonal (THS). L’étude a également montré des temps de réaction allongés pour les patientes ménopausées ou sous THS », continue l’article.
Le Pr Sahakian fait ainsi savoir que « les régions du cerveau où nous avons observé ces différences sont celles qui ont tendance à être affectées par la maladie d’Alzheimer. La ménopause pourrait rendre ces femmes plus vulnérables par la suite. Bien que cela n’explique pas tout, cela pourrait contribuer à expliquer pourquoi on observe presque deux fois plus de cas de démence chez les femmes que chez les hommes ».
Le Parisien ajoute que « les femmes sous THS sont plus susceptibles de souffrir de troubles de santé mentale. Une constatation à prendre toutefois avec des pincettes : le recoupement des données a montré que nombre d’entre elles présentaient déjà des problèmes de santé mentale avant de recevoir leur prescription ».
Le journal relève qu’« au Royaume-Uni, 15% des femmes en périménopause ont un THS et les deux tiers des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont de sexe féminin. En France, alors qu’un demi-million de femmes passe statistiquement le cap tous les ans, le taux de femmes sous THS a chuté sous les 3% après des inquiétudes sur leurs effets secondaires et le risque d’augmentation de cancer du sein. Malgré des démentis rassurants, les THS n’ont pas redécollé en France ».

« Les ultrasons à l’assaut des dépressions résistantes »

 Date de publication : 28 janvier 2026 Temps de lecture: 3 min


Marie-Laure Théodule évoque dans Le Monde « une nouvelle piste ouverte pour faire face aux 30% de dépressions dites «résistantes», car rétives aux traitements classiques à base d’antidépresseurs ».
La journaliste explique que « 5 personnes âgées de 23 à 75 ans ont ainsi testé à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, une nouvelle méthode : la stimulation cérébrale profonde par ultrasons. Les résultats sont encourageants : au bout de 5 jours, à raison de 5 séances d’ultrasons de 5 minutes quotidiennes, la sévérité de leur dépression, mesurée à l’aide d’échelles standardisées, a diminué de 61% en moyenne ».
Marie-Laure Théodule relève que « certes, la maladie s’est peu à peu réinstallée dans les 4 semaines de suivi ». David Attali, psychiatre et chercheur à l’hôpital Sainte-Anne, coauteur de ce travail, indique que « c’est toujours le cas quand on arrête un traitement contre la dépression. Il faut prévoir une période de consolidation ».
La journaliste ajoute que « leurs résultats publiés en avril 2025 dans Brain Stimulation restent à confirmer, l’étude n’ayant porté que sur 5 personnes ». Marion Plaze, psychiatre et co-auteure, précise : « Nous voulions d’abord valider la faisabilité et l’innocuité de la méthode, ce qui a été fait ».
Marie-Laure Théodule précise que « la phase intermédiaire se poursuit, avant qu’une étude comparative – traitement contre placebo – soit lancée d’ici à la fin de l’année pour évaluer l’efficacité de la solution sur un grand nombre de patients ».
La journaliste observe que « la nouvelle méthode soulève un réel espoir pour la dépression résistante aux traitements (DRT). […] Depuis l’épidémie de Covid-19, les DRT (environ 400.000 cas en France) ont augmenté, et avec elles les tentatives de suicide menant à une hospitalisation : +6% en 2024 par rapport à 2023 ».
Marie-Laure Théodule rappelle que « pour traiter la DRT, deux solutions sont reconnues par les autorités de santé en France. La plus utilisée, l’électroconvulsivothérapie (…), donne 80% de résultats positifs, mais elle perturbe souvent la mémoire. La seconde, l’eskétamine, médicament long à agir (4 semaines), n’est efficace que sur la moitié des patients ».
« Deux techniques de neuromodulation non encore agréées par les autorités de santé commencent à être utilisées. La première, la stimulation magnétique transcrânienne répétée, bien supportée, n’atteint que les zones superficielles du cerveau, ce qui ne suffit pas toujours à traiter la maladie. La seconde, la stimulation cérébrale profonde, nécessite une neurochirurgie assez lourde – implantation d’électrodes dans le cerveau – qui limite son application », relève la journaliste.
Elle indique que « l’approche développée par l’équipe du physicien Jean-François Aubry à l’Institut physique pour la médecine Paris […] se contente d’un seul émetteur, sur lequel on fixe une lentille acoustique personnalisée en silicone ».
« Réalisée à partir des données crâniennes de chaque patient, la lentille ralentit l’onde – pour rendre le crâne comme transparent aux ultrasons – et permet de focaliser la région cingulaire subcalleuse, repérée auparavant par IRM par l’équipe de Marion Plaze. Il suffit alors au soignant, guidé par un écran et une caméra, de placer la sonde au bon endroit sur le front du patient avant de commencer l’envoi des ultrasons par impulsions », poursuit Marie-Laure Théodule.
La journaliste note qu’« avec ce système de faible intensité […], on stimule la zone comme avec une électrode implantée sans que le patient ressente ni douleur ni gêne ».

Revue de presse santé psy – décembre 2025

« “Conséquences dangereuses” sur la santé sexuelle des jeunes : Sidaction alerte sur la “montée spectaculaire” des discours masculinistes »

 Date de publication : 1er décembre 2025 Temps de lecture: 2 min


Le Parisien fait savoir que « l’association Sidaction s’alarme […] d’une «montée spectaculaire» des discours masculinistes sur les réseaux sociaux et de leur impact sur la santé sexuelle des jeunes. Pour la Journée mondiale de lutte contre le sida, Sidaction met l’accent sur les «discours délétères de domination masculine et de violences sexistes et sexuelles», aux «conséquences dangereuses sur la prévention et la santé sexuelle» ».
Le quotidien explique : « Jugeant que les plates-formes amplifient ces discours car «leurs algorithmes privilégient les formats sensationnalistes», Sidaction explique avoir diffusé «discrètement» sur TikTok «une série de vidéos virales imitant les codes des influenceurs ‘alpha’, pour réinjecter prévention, respect et information fiable dans les ‘feeds’ (fils d’actualité, NDLR) des jeunes hommes» ».
Le journal précise que cette campagne « s’accompagne d’un sondage Opinionway, selon lequel plus d’un jeune homme de 16 à 34 ans sur trois (37%) consulte des contenus masculinistes sur les réseaux sociaux ».
« Parmi ceux de 25-34 ans connaissant des influenceurs masculinistes, un sur deux (51%) estime que leurs contenus «disent enfin la vérité». […] Plus de la moitié (53%) des sondés considère que les hommes sont trop souvent accusés de violences sexuelles exagérées ou mensongères ou juge important d’être «viril» (51%) », continue Le Parisien.
Le journal cite Florence Thune, directrice générale de Sidaction, selon qui « ces croyances «augmentent les prises de risques» et «déstabilisent profondément la culture du consentement, centrale dans la lutte contre le VIH» ».
Le quotidien observe en effet que « près d’un homme de 25-34 ans sur cinq (18%) et un sur trois (34%) parmi ceux adhérant aux théories masculinistes affirme «comprendre» le retrait non consenti d’un préservatif pendant un rapport sexuel ».

« “C’est dingue que ça n’existait pas” : pour ses filles et en hommage à sa mère, il invente la blouse gynécologique »

 Date de publication : 2 décembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Barbara Baudin indique dans Le Parisien qu’« alors qu’il n’existait jusqu’ici aucune blouse réellement pensée pour les examens gynécologiques, Rodolphe Cressonnier, ingénieur basé dans l’Aube, vient bouleverser les usages en créant Miaro, un vêtement dédié au respect de la dignité des femmes. Une avancée saluée autant par les patientes que par les soignants ».
La journaliste note en effet que « lors des premières consultations gynécologiques de ses deux filles, Rodolphe Cressonnier constate un malaise profond : l’exposition du corps, souvent totale, est vécue comme intrusive et anxiogène. Et pourtant, aucune blouse spécialement conçue pour la gynécologie n’était disponible ».
Barbara Baudin relève que « c’est ce décalage entre les besoins des femmes et l’absence de solution qui déclenche son projet de créer une blouse de ce genre. L’ingénieur présente en juillet dernier un prototype à la Caisse primaire d’assurance maladie, puis à un chirurgien plastique et à un cadre du centre hospitalier de Troyes (Aube). Il a également déposé deux brevets à l’INPI ».
La journaliste précise que « sa blouse […] s’enfile comme une robe et s’adapte à toutes les morphologies, du 34 au 54. Sa conception repose sur des «volets» modulables permettant chaque type d’examen : mammaire, abdominal, gynécologique. Cette blouse permet au praticien de réaliser tous les gestes nécessaires sans jamais exposer inutilement le corps de la patiente ».
« L’usage de cette blouse est accompagné d’un document d’explication, remis directement à la patiente ou accessible via un QR code. Ce support permet d’expliquer la démarche, de rassurer en amont de l’examen et de rappeler que l’objectif principal est de protéger la pudeur et de réduire la charge émotionnelle associée à la nudité en contexte gynécologique », continue Barbara Baudin.
Elle ajoute que « la partie basse, fendue et maintenue dans les étriers, joue le rôle d’un écran de protection. La patiente ne voit pas le geste, le médecin n’est plus sous un regard direct souvent chargé d’émotions. L’ingénieur insiste également sur la protection qu’offre la blouse aux soignants, souvent exposés au regard défensif, tendu ou inquiet des patientes ».
Rodolphe Cressonnier déclare ainsi : « Sans s’en rendre compte, ils accumulent des émotions toute la journée. Certains praticiens en avaient les larmes aux yeux quand je leur ai expliqué ».
Barbara Baudin note que « des services hospitaliers hors gynécologie s’intéressent au produit. À Troyes, quatre services testeront prochainement Miaro : soins post-Samu, Maison des femmes, gynécologie et maternité ».
La journaliste précise en outre que « le nom Miaro vient du malgache « miharo », qui signifie protection ». Rodolphe Cressonnier explique : « Ma mère était malgache, elle avait toujours le cœur sur la main. C’était un hommage à mes parents ».
Barbara Baudin observe enfin que « l’innovation pourrait aller encore plus loin : une version masculine est désormais à l’étude ». 

« Les ultrasons, une piste prometteuse pour les dépressions résistantes »

 Date de publication : 3 décembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Bénédicte Lutaud relève dans Le Figaro que « la dépression affecte 2,5 millions de Français chaque année. Dans 15% à 30% des cas, les traitements classiques restent inefficaces, c’est ce qu’on appelle une dépression résistante, avec un risque suicidaire élevé ».
La journaliste observe que « parmi les pistes de traitements alternatifs, une nouvelle thérapie très prometteuse repose sur la concentration d’ultrasons de faible intensité dans une région spécifique du cerveau. Une idée qui vaut à Jérémy Bercoff, physicien, cofondateur et président de Sonomind, le prix Marcel-Dassault 2025 pour l’innovation en santé mentale ».
Bénédicte Lutaud précise qu’« actuellement, les pistes se concentrent sur des techniques de neuromodulation pour corriger l’activité électrique dysfonctionnelle du cerveau. Deux types existaient jusqu’à présent, «les techniques non invasives mais peu précises, telles les électrochocs pour les cas les plus sévères, ou les techniques très précises mais nécessitant des interventions chirurgicales, comme la stimulation cérébrale profonde, avec l’implantation d’électrodes dans le cerveau», décrit Jérémy Bercoff ».
La journaliste explique que « les ultrasons sont capables de cibler avec une précision extrême les zones du cerveau impliquées dans la dépression. Le dispositif de Sonomind repose ainsi sur des ultrasons focalisés de faible intensité pour stimuler ces zones. Cette thérapie ne se substitue toutefois pas aux autres traitements, médicaments et psychothérapie, mais les complète, permettant de «casser cette résistance», clarifie le professeur en psychiatrie Marion Leboyer, directrice générale de FondaMental ».
Jérémy Bercoff indique qu’il s’agit de « moduler l’activité cérébrale en induisant des ultrasons, un peu comme des massages pour les neurones. Il va y avoir un effet électrique. On sait ainsi soit réduire l’activité des neurones, soit la stimuler ».
Bénédicte Lutaud poursuit : « Restait à contrebalancer les effets de la boîte crânienne, qui déforme les ondes à leur passage. […] Les chercheurs de l’Institut de physique pour la médecine, à Paris, à l’origine du dispositif, ont mis au point une lentille acoustique, sorte de coupelle en silicone, personnalisée pour chaque patient et conçue grâce à un jumeau numérique et imprimée en 3D ».
« Simplement posée sur le crâne, la lentille agit comme un tampon qui ralentit les ultrasons, pour les faire arriver dans la zone cible. Le patient positionne sur sa tête un masque imprimé sur mesure, à partir de son IRM, qui correspond à la morphologie de son visage et de son crâne », note la journaliste.
Elle ajoute que « le dispositif, totalement indolore, ne nécessite pas d’anesthésie. Le traitement consiste en une heure d’ultrasons par jour, pendant cinq jours. Le patient n’entend ni ne ressent les ultrasons ».
Bénédicte Lutaud relève que « c’est […] ce qu’a permis de vérifier un premier essai clinique mené en 2023 à l’hôpital Sainte-Anne, avec 5 patients, dont les résultats préliminaires ont été publiés en mai dernier dans la revue Brain Stimulation. Au bout du cinquième jour de traitement, les patients, en dépression sévère depuis 4 ans environ, ont observé une réduction moyenne de 60% de leurs symptômes ».
La journaliste conclut que « le prix Marcel-Dassault, doté de 100.000 euros, va permettre de lancer un essai clinique de plus grande envergure, dès le premier trimestre 2026, avec la participation de 100 à 200 patients, afin de vérifier la sûreté et l’efficacité, à plus long terme, du dispositif, avec un suivi à 4, puis à 6 mois ».

« Alcool et réseaux sociaux : “Il faut interdire toute publicité”, demande Addictions France »

 Date de publication : 10 décembre 2025 Temps de lecture: 2 min


Mariam Sahraoui remarque dans La Croix : « Recettes de cocktails, jeux à boire, scènes festives alcoolisées… Plus d’un an après le premier rapport d’Addictions France sur la promotion de l’alcool en ligne, l’association constate dans une nouvelle enquête […] que 79% des 15-21 ans restent confrontés à de la publicité pour des boissons alcoolisées toutes les semaines sur les réseaux sociaux ».
La journaliste précise que « menée entre juin 2021 et janvier 2024, l’enquête « Promotion de l’alcool : les réseaux sociaux, un nouveau Far West » avait permis d’identifier plus de 11.300 contenus faisant la promotion de boissons alcoolisées, émis par 483 influenceurs ou par des marques. En un an, «rien n’a changé», regrette Addictions France. Aujourd’hui, plus de 5000 nouveaux contenus ont été identifiés par l’association ».
Mariam Sahraoui rappelle que « la loi Évin de 1991 a interdit «de faire appel à des célébrités pour promouvoir l’alcool», tant les jeunes sont sensibles à ce type de publicité. Pour contourner la loi – respectée dans les médias traditionnels – les influenceurs usent de stratégies, comme la publication de stories éphémères ».
Addictions France observe que « les stories représentent 73% des contenus repérés, des formats difficilement contrôlables et donc sanctionnables. De même, les décisions de justice qui sont venues sanctionner les contenus pro-alcool publiés par plusieurs influenceurs ne semblent pas les inquiéter ».
La journaliste note qu’« en l’absence de régulation efficace, France Addictions privilégie pour l’heure la pédagogie, en contactant sur les réseaux sociaux les influenceurs pour leur demander de retirer les contenus qui contreviennent de manière manifeste à la loi. Avec une efficacité relative ».
L’association indique que « 58% ont cessé de publier des contenus promouvant l’alcool », mais « 42% des influenceurs repérés continuent à promouvoir la consommation d’alcool en dépit des messages de sensibilisation qui leur sont envoyés ».
Addictions France remarque ainsi qu’« il faut interdire toute publicité en faveur de l’alcool sur les réseaux sociaux ».
Mariam Sahraoui fait savoir qu’« à l’Assemblée nationale, deux propositions de loi (PPL) ont déjà été déposées pour mieux encadrer le marketing de l’alcool. Aucune n’a cependant été discutée au Parlement ».

« Soins psychiatriques sans consentement : les droits des patients ne sont pas suffisamment protégés, alerte un rapport »

 Date de publication : 12 décembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Le Figaro indique en effet : « Privations de liberté arbitraires, isolement et contention abusifs : bien que contrôlées par un juge judiciaire, les hospitalisations sans consentement de patients en psychiatrie portent de «nombreuses atteintes» à leurs droits, pointe jeudi la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté ».
Le journal explique que « chargée de veiller au respect des droits fondamentaux, l’autorité indépendante pilotée par Dominique Simonnot, qui visite régulièrement des établissements psychiatriques, a évalué l’effectivité du contrôle juridictionnel de l’hospitalisation sans consentement ».
Le quotidien indique ainsi qu’« en 2022, sur 286.000 personnes hospitalisées à temps plein en psychiatrie, 76.000 l’ont été sans leur consentement. Malgré des garde-fous, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté constate […] «de nombreuses atteintes aux droits des patients, en particulier concernant leur liberté d’aller et de venir et le recours à des mesures d’isolement et de contention hors du cadre strict défini par le code de la santé publique» ».
Le Figaro ajoute que « cela s’explique «au moins en partie, par la crise que traverse la psychiatrie : conditions d’accès dégradées, pénurie de moyens, inégalités territoriales» ».
Le journal rappelle que « depuis le début des années 2010, le juge judiciaire contrôle systématiquement les hospitalisations sans consentement, en raison des «contraintes nées de décisions de la Cour européenne des droits de l’homme et du Conseil constitutionnel». Les mesures d’isolement et de contention […] sont soumises au contrôle du juge depuis 2022 ».
Le quotidien observe qu’« il s’agit de mesures de «dernier recours», «destinées à prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou pour autrui», rappelle le rapport. Si la généralisation de ce contrôle a favorisé le «développement d’une réflexion sur le recours à ces mesures» et une «diminution des pratiques abusives», elle n’a contribué «que très imparfaitement à la protection des patients» ».
« Quant au placement en unité pour malades difficiles, il manque de contrôle. Et la contestation en justice «ne peut remplacer une politique de moindre recours à la contrainte en psychiatrie», souligne la Contrôleuse qui réclame «une politique ambitieuse» de l’État », continue Le Figaro.
Le journal précise enfin que « parmi 27 recommandations, le rapport préconise d’améliorer les procédures afin de faciliter les recours des patients et de mieux former et spécialiser juges et avocats. Il appelle aussi à saisir la justice afin de rechercher la responsabilité des établissements en cas de «conditions indignes d’hospitalisation» notamment, à «combler les lacunes du droit» pour les mineurs, les urgences et les unités de soins intensifs en psychiatrie et à mieux former les soignants ».
Libération remarque de son côté : « Internement sans consentement : la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté alerte sur les atteintes aux droits des patients ».
Le journal explique aussi qu’« après avoir analysé les jurisprudences française et européenne, réalisé des entretiens avec des juges, des avocats, des représentants de familles, des psychiatres ou encore des autorités sanitaires, [Dominique Simonnot] constate dans son rapport des «conditions d’accès dégradées», une «pénurie de moyens», et des «inégalités territoriales» dans le secteur ».

« Antidépresseurs : moins de rechutes avec un arrêt progressif »

 Date de publication : 15 décembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Delphine Chayet observe dans Le Figaro que « l’arrêt d’un traitement antidépresseur n’est pas toujours une décision facile à prendre. Redoutant la réapparition de leurs symptômes autant que les risques d’un sevrage raté, de nombreux patients n’osent pas franchir le pas, et poursuivent la prise des médicaments pendant des années ».
La journaliste fait savoir qu’« une étude publiée jeudi dans […] The Lancet pourrait les rassurer : elle montre qu’un arrêt progressif et accompagné d’un soutien psychologique n’entraîne pas plus de risque de rechute que la poursuite du traitement ».
Florian Naudet, professeur à l’université de Rennes et auteur de ce travail, indique ainsi que « ces deux stratégies – arrêt précautionneux et poursuite du traitement – sont toutes les deux plus sûres qu’une interruption brutale et qu’une réduction rapide des antidépresseurs. Les patients qui se posent la question doivent savoir qu’il est possible d’arrêter, à condition de le faire dans le cadre d’une décision partagée avec son médecin et d’être bien accompagné ».
Delphine Chayet précise que les chercheurs « ont analysé l’ensemble des publications scientifiques sur le taux de rechute associé aux antidépresseurs les plus fréquemment prescrits (pour la plupart des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ou ISRS) ».
« Ils ont sélectionné 76 essais, incluant plus de 17.000 participants, en comparant la prise d’un traitement avec différentes stratégies de sevrage », explique la journaliste.
Delphine Chayet note qu’« une réduction des doses sur plus de 4 semaines, associée à un soutien psychologique, permet de prévenir environ une rechute sur cinq par rapport à un arrêt brutal ou à une diminution rapide ».
La journaliste relève que « ce type de stratégie expose en effet les patients à la réapparition de symptômes dépressifs ou à un syndrome de sevrage – deux états qui peuvent être difficiles à distinguer. De nombreux malades connaissent des troubles, plus ou moins sévères et durables, liés à un arrêt trop rapide du traitement ».
Delphine Chayet retient que « l’étude confirme donc le bien-fondé des recommandations de la Haute Autorité de santé qui préconise un arrêt progressif «sur plusieurs semaines ou mois». Faute de données suffisantes, les chercheurs ne peuvent cependant pas se prononcer sur le schéma de réduction des doses le plus efficace ni sur sa durée ».
La Dr Maëva Musso, psychiatre aux hôpitaux Paris Est Val-de-Marne, précise que « la stratégie optimale pour éviter ces effets indésirables est de diminuer la dose très progressivement pendant quelques mois, en baissant de plus en plus lentement à mesure que la dose approche de zéro. Ce processus est différent de l’arrêt par palier, qui est aujourd’hui pratiqué en France, faute de formation des médecins ».
La journaliste ajoute que « l’étude, dont le niveau de preuve est «modéré» car elle rassemble des données très hétérogènes, a le mérite de soulever la question de la nécessaire «dé-prescription», selon la psychiatre ».
La Dr Musso souligne que « c’est un enjeu de plus en plus reconnu par les institutions, et une demande croissante des usagers qui ne se sentent pas assez soutenus lorsqu’ils tentent d’arrêter un traitement. Les antidépresseurs ont aussi des effets indésirables, comme des troubles sexuels et un émoussement des émotions ».

« “Dès que j’avais une angoisse, ça me calmait” : la tentation de la kétamine chez les jeunes »

 Date de publication : 15 décembre 2025 Temps de lecture: 2 min


C’est ce que titre Le Monde, qui constate que « la kétamine, autrefois cantonnée aux marges festives, s’est glissée dans le quotidien de certains vingtenaires. Portée par une esthétique pop et un prix abordable, la substance abîme en silence et se diffuse parmi toutes les classes sociales ».
Audrey Parmentier souligne ainsi qu’« en 2023, 3,3% des 18-24 ans et 4,8% des 25-34 ans avaient déjà testé la kétamine, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) ».
Joëlle Micallef, cheffe du service de pharmacologie clinique et pharmacosurveillance de l’AP-HM, remarque que « c’est loin d’être marginal… Il y a quelques années, on était à presque zéro avec seulement quelques usagers ».
La journaliste note qu’« un autre indicateur préoccupant montre que le profil des usagers a également évolué, cette substance n’étant plus uniquement réservée aux publics aguerris ».
Le Pr Micallef indique qu’« il y a des cas où la première dépendance est liée à la kétamine – même avant l’alcool ou le tabac. On ne voyait pas ça avant ! ».
Audrey Parmentier relève que « sur TikTok et Instagram, un marketing pop et coloré entoure la « kéta », « Special K », « K2 ». Fort de 338.000 internautes, le compte Instagram Keta Polo Club tourne la consommation en dérision ».
Jean-Victor Blanc, médecin psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP), relève ainsi : « Il y a tout un marketing avec une certaine imagerie de la teuf, symbolisé par l’équidé – en référence à son utilisation comme anesthésiant pour chevaux. On donne l’impression que c’est nouveau et plus branché ».
Le Pr Micallef ajoute que « les outils numériques permettent d’y accéder en un temps record : ce n’est plus vous qui cherchez le produit, c’est le réseau qui vient à vous ».
Audrey Parmentier remarque en outre que « les consommateurs ne sont pas tous égaux face à cette drogue : certains profils sont plus vulnérables, notamment celles et ceux qui cherchent à apaiser des souffrances psychiques. Chez des jeunes femmes en particulier émerge un usage plus discret ».
Joëlle Micallef fait savoir qu’« on parle de 400 à 500 complications sanitaires en France, contre une vingtaine de cas il y a dix ans. Depuis quatre ans, cela augmente progressivement. Il s’agit de patients passés par les urgences, pris en charge en addictologie, parfois en urologie pour des complications pouvant mener à des ablations de la vessie ».

« Protoxyde d’azote : comment les professionnels de santé se mobilisent face à cette “épidémie silencieuse” »

 Date de publication : 15 décembre 2025 Temps de lecture: 4 min


Esther Serrajordia remarque dans La Croix qu’« encore marginal il y a quelques années, l’usage détourné du protoxyde d’azote s’est aujourd’hui largement répandu chez les jeunes. À l’hôpital, les professionnels de santé se retrouvent confrontés à cette nouvelle addiction ainsi qu’aux séquelles parfois graves, encore difficiles à cerner avec précision ».
La journaliste livre notamment les propos de Rémy Diesnis, médecin urgentiste à l’hôpital de Roubaix, expliquant que « fin 2020, il a commencé à voir affluer de jeunes patients présentant des troubles neurologiques «atypiques». Les symptômes étaient très variés : douleurs dans les jambes, incapacité à marcher depuis plusieurs semaines, voire paraplégie. Mais impossible de rattacher ces signes à des pathologies connues ».
Le médecin indique : « Nous avons pensé au syndrome de Guillain-Barré, mais cela ne correspondait pas ».
« Grâce à des examens approfondis et à des échanges avec des collègues d’autres hôpitaux, l’équipe a finalement établi un lien avec la consommation de protoxyde d’azote », relève Esther Serrajordia.
Elle explique que « détourné, ce gaz qui se trouve dans les cartouches pour siphons à chantilly, dans les aérosols d’air sec ou dans les bonbonnes destinées à un usage médical ou industriel procure une sensation d’euphorie proche de l’ivresse, souvent accompagnée de rires incontrôlables, d’où son surnom de «gaz hilarant». Ses effets, immédiats, s’estompent en 2 à 3 minutes ».
La journaliste souligne que « depuis 2020, les signalements d’intoxications liées à son usage détourné augmentent sans interruption ». Le Dr Diesnis note ainsi : « On estime qu’un jeune de moins de 25 ans sur dix en a consommé au cours de l’année ».
Esther Serrajordia souligne : « Perte de coordination, troubles moteurs, paralysies partielles, bouffées délirantes, hallucinations, mais aussi thromboses, AVC ou infarctus… La consommation de protoxyde d’azote peut entraîner des dégâts majeurs ».
Le Pr Laurent Karila, addictologue à l’hôpital Paul-Brousse, remarque qu’« en 2021, 80% des cas signalés au centre d’addictovigilance présentaient des complications neurologiques, et 65% des symptômes rapportés aux centres antipoison concernaient des atteintes neurologiques ou neuromusculaires ».
La journaliste indique en outre que « tous les médecins le soulignent : il reste beaucoup d’inconnues ». Christophe Riou, addictologue au CHU de Lyon, remarque qu’« il se passe quelque chose au niveau du cerveau, mais nous avons encore du mal à le percevoir. Nous constatons simplement que les jeunes que nous suivons présentent un déficit cognitif parfois impressionnant ».
Esther Serrajordia ajoute que « les séquelles à long terme restent elles aussi difficiles à évaluer ». Le Dr Diesnis relève que « la littérature sur le sujet est limitée. Une étude datant de quelques années indiquait qu’un patient sur cinq récupérait complètement, qu’un sur vingt ne montrait aucune amélioration malgré les traitements, et qu’une grande majorité conservait des séquelles partielles, allant de simples douleurs à une faiblesse compromettant la marche ».
La journaliste observe que « c’est notamment pour mieux comprendre ces effets que l’urgentiste a participé à la création de Protoside. Cette association, dédiée à la prévention et au traitement des intoxications au gaz hilarant, mène des projets de recherche, contribue à monter des centres de compétences pluridisciplinaires accueillant les patients et forme les professionnels de santé ».
Esther Serrajordia poursuit : « En attendant la création d’une filière de soins nationale ou d’un protocole officiel, les professionnels de santé s’organisent comme ils peuvent. Constatant que les patients intoxiqués arrivaient souvent dans des situations déjà compliquées, l’addictologue Christophe Riou a lancé une téléconsultation spécifique, la première en France ».
La journaliste indique que « l’objectif est d’évaluer les habitudes de consommation du patient et, en cas d’usage problématique, de proposer une consultation en présentiel. Un an plus tard, le dispositif rencontre déjà un grand succès. […] Même succès pour Protoside, qui peine désormais à répondre à toutes les sollicitations ».

« “On perd 2 millions de neurones par minute” : ce neurologue parisien lance un podcast pour alerter sur l’AVC »

 Date de publication : 19 décembre 2025 Temps de lecture: 2 min


Bertrand Métayer observe dans Le Parisien : « Une course contre la montre. C’est ce à quoi est confrontée chaque personne victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC), source importante de mortalité et de lourdes séquelles ».
Le journaliste indique que « le Pr Éric Jouvent, neurologue à l’hôpital Lariboisière à Paris (Xe), publie le podcast « Le temps de l’AVC » pour informer sur une pathologie qui touche 150.000 personnes chaque année ».
Le spécialiste déclare en effet qu’« on perd 2 millions de neurones par minute, donc l’enjeu du temps est primordial. […] Pour une crise cardiaque, les secours sont appelés en moyenne au bout d’une heure contre six dans le cas d’un AVC ».
Bertrand Métayer note ainsi que « chaque jour, le professeur de neurologie voit des patients affluer dans son service […]. Des malades dont le diagnostic a parfois été retardé par un manque de réaction, faute de connaissance sur l’AVC ».
Le journaliste explique que « pour améliorer les prises en charge, le médecin a décidé de faire acte de pédagogie… en s’installant derrière un micro. Avec le soutien de l’université Paris-Cité et de l’Inserm, le praticien a publié le podcast Le temps de l’AVC pour mettre la lumière sur les différentes problématiques de cette maladie. Signes avant-coureurs, prises en charge, témoignages de professionnels, anecdotes ; les différents épisodes, de sept minutes en moyenne, abordent l’ensemble du parcours de soins ».
Le Pr Jouvent précise : « On essaie d’avoir une approche différente pour informer et prévenir la population afin d’améliorer les prises en charge. Que ce soit pour nos patients ou les étudiants, les formats traditionnels fonctionnent moins bien que les réseaux sociaux, les vidéos ou de l’audio comme les podcasts. Cela nous permet d’aller toucher un autre public, alors qu’il n’y a pas de campagne nationale pour évoquer l’AVC auquel beaucoup sont confrontés à un moment sans vraiment savoir comment réagir ».

« La plupart des maladies psychiatriques partageraient une base biologique commune »

 Date de publication : 22 décembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Anne Prigent observe dans Le Figaro : « Schizophrénie, trouble bipolaire, dépression, anxiété, autisme, addictions ou troubles obsessionnels compulsifs… Derrière la diversité des symptômes, les frontières entre ces troubles psychiques seraient en réalité bien plus poreuses qu’on ne le pensait ».
La journaliste fait savoir qu’« en analysant les données génétiques de plus de 1 million de personnes souffrant de troubles psychiatriques, une équipe internationale de chercheurs montre en effet que la majorité de ces maladies partagent une base biologique commune, bien au-delà des catégories diagnostiques traditionnelles ».
Le Dr Boris Chaumette, psychiatre et enseignant-chercheur à l’université Paris Cité, coauteur de ce travail paru dans Nature, remarque ainsi que « pendant longtemps, nous avons mené des études maladie par maladie. Ce que montre cette publication, pour la première fois à cette échelle, c’est que les mêmes gènes peuvent prédisposer à différents troubles ».
Anne Prigent explique que « cette étude, menée par le consortium international Cross-Disorder Psychiatric Genomics Consortium, identifie cinq grands facteurs génétiques communs à 14 maladies psychiatriques majeures. Ce qui explique pourquoi dans certaines familles une personne peut souffrir de schizophrénie, son frère de bipolarité et un cousin de dépression ».
La journaliste note que « les chercheurs ont ainsi mis en évidence cinq grands « clusters » de maladies, qui recoupent étroitement l’observation clinique : un ensemble anorexie mentale-TOC, un autre schizophrénie-trouble bipolaire, un troisième dépression-anxiété-état de stress post-traumatique, un cluster autisme-TDAH, et enfin un cluster addictions ».
Le Dr Chaumette ajoute qu’« à l’intérieur de chaque cluster, il existe des facteurs génétiques partagés. L’environnement, ensuite, oriente la trajectoire individuelle ».
Anne Prigent précise que « ces résultats ne permettent pas, à ce stade, de poser un diagnostic génétique individuel. […] Les variants génétiques identifiés sont fréquents dans la population et n’augmentent le risque que de manière modeste ».
« En revanche, les implications thérapeutiques sont considérables. En croisant les données génétiques avec les types de cellules cérébrales concernées, les chercheurs ouvrent la voie à des traitements ciblant des mécanismes communs à plusieurs troubles », continue la journaliste.
Anne Prigent conclut que « la prochaine étape sera d’identifier les variants génétiques rares, à fort impact, avec un réel potentiel diagnostique. Dans ce domaine, la France dispose d’un atout majeur grâce au Plan France Médecine Génomique 2025 ».
Le Dr Chaumette indique que « chez des patients avec des formes sévères ou atypiques de schizophrénie ou de trouble bipolaire, on trouve aujourd’hui des variants explicatifs dans 20% à 25% des cas. C’est énorme pour des maladies aussi complexes ».

« “De patients, on est devenus artistes” : en psychiatrie, soigner le blues avec du rock »

 Date de publication : 23 décembre 2025 Temps de lecture: 4 min


C’est ce que titre Libération, qui constate qu’« à Rodez (Aveyron), professionnels de la santé mentale et patients ont créé un groupe de musique au sein duquel ils partagent tout : concerts, tournées, compositions, mais les coups de cafard ».
Sarah Finger livre ainsi un reportage : « Tandis que les morceaux s’enchaînent, on se dit qu’on assiste là à un concert déconcertant. Côté scène se tiennent les Squatteurs du Blues : ce groupe réunit un psychiatre guitariste, un infirmier bassiste, un musicothérapeute campé derrière sa console et une dizaine d’artistes, tous patients en psychiatrie, souffrant de troubles de l’humeur, de psychoses ou de schizophrénie ».
« Côté public s’alignent les fauteuils roulants d’adultes de tous âges, lourdement handicapés, hébergés dans une maison d’accueil spécialisée de Saint-Côme-d’Olt, un bourg aveyronnais de 1500 habitants », continue la journaliste.
Sarah Finger poursuit : « Leurs pathologies, leurs troubles, leurs failles, ces musiciens amateurs les mettent en chanson, les transforment en partition, les tournent en dérision. Leurs paroles décalées résonnent dans la salle aseptisée : «Je me sens si bien quand je deviens folle / Ma folie, je t’aime, je t’aime à la folie…» ».
Nathalie déclare ainsi : « C’est très enrichissant de se produire dans une structure comme celle-ci, de rencontrer ce public qu’on ne côtoie pas. Aller vers ces personnes, les voir applaudir à leur manière, c’est que du bonheur ».
La journaliste explique que « ce groupe s’est formé en 2017, à Rodez, au sein du centre de réhabilitation psychosociale de l’hôpital Sainte-Marie, un établissement de santé privé d’intérêt collectif ».
Pierre Kivits, psychiatre et guitariste, précise qu’« au départ, il s’agissait d’un atelier de musicothérapie classique s’adressant à des usagers de la psychiatrie non hospitalisés. Mais au fil du temps, un vrai projet artistique s’est dessiné et nous a tous embarqués dans une grande aventure thérapeutique et humaine ».
Sarah Finger relève ainsi que « le groupe enchaîne répétitions et compositions tandis que les thérapeutes poursuivent d’ambitieux objectifs : que ces patients retrouvent une «posture citoyenne» grâce à la pratique artistique. Et, selon les mots du Dr Kivits, d’arrimer ce projet de soin à un projet de vie ».
Olivier Rabereau, infirmier musicothérapeute et bassiste, ajoute qu’« autrefois, l’art-thérapie restait toujours au sein de l’hôpital. Nous, on fait sortir cet art, on le montre, et on part à la rencontre du public ».
Sylvie déclare ainsi : « Le groupe nous aide à avancer, à nous épanouir, à grandir, à nous protéger », tandis que Françoise remarque : « Ce sont nos failles qui nous ont donné notre force. Aujourd’hui, j’ai plus le pouvoir d’agir, davantage confiance en moi. J’avance ».
Sarah Finger observe que « le noyau dur de la formation compte plus d’une douzaine de membres actifs. Reprises réarrangées et compositions originales ont donné naissance, en 2021, à un double album baptisé Opus 16/3 (en mémoire du premier confinement) ».
La journaliste ajoute qu’« une nouvelle étape est franchie en 2025, avec la création de Maudit Blues, un spectacle musical théâtralisé au cœur de la maladie mentale. Sur scène, les Squatteurs évoquent les symptômes, les soins et les prises en charge, en compagnie de leurs thérapeutes ».
« La représentation de Maudit Blues se poursuit toujours par une discussion avec le public visant à briser les tabous sur la maladie mentale et à faire dialoguer le public avec les usagers de la psychiatrie et les soignants », souligne Sarah Finger.
Le Dr Kivits indique ainsi que le spectacle « porte un message émouvant, plein d’espoir. Les Squatteurs parlent de la maladie, du rétablissement, à la fois dans leurs textes et dans l’aventure que nous partageons ensemble. Ce que le groupe transmet à d’autres, à tous les niveaux, c’est la possibilité d’une identité positive. Tout cela représente pour moi un grand bonheur ».

Revue de presse santé psy – novembre 2025

« “Stopper l’entrée dans le tabagisme” : peut-on vraiment interdire la cigarette aux prochaines générations ? »

 Date de publication : 5 novembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Nicolas Berrod relève dans Le Parisien que « le député écologiste Nicolas Thierry a présenté, ce mardi, une proposition de loi visant à proscrire la vente de tabac à toutes les générations nées après 2014. Comme l’interdiction est déjà en vigueur pour les mineurs, cela ne changerait rien jusqu’en 2032. Mais à partir de cette date, progressivement, de plus en plus de Français ne pourront plus s’acheter de cigarettes ».
Le député fait savoir que « l’objectif est de stopper l’entrée des jeunes dans le tabagisme, c’est une mesure de santé publique ciblée et graduelle ».
Le journaliste observe que « sa proposition ne vise donc pas les fumeurs d’aujourd’hui… mais elle a pour but d’éviter que des jeunes ne les rejoignent ».
Marion Catellin, directrice de l’Alliance contre le tabac, précise quant à elle qu’« il ne s’agit pas de stigmatiser, mais de s’attaquer à la source en asséchant ce business mortifère. C’est un changement de paradigme total ».
Nicolas Berrod observe qu’il « reste à savoir si une interdiction de vente à une génération entière serait appliquée. Car aujourd’hui, de nombreux mineurs parviennent assez facilement à s’acheter des cigarettes ».
Le Dr Emmanuel Ricard, directeur du service de prévention et promotion des dépistages à la Ligue contre le cancer, déclare que « si on veut que cette initiative ait un véritable impact, il faut qu’elle soit bel et bien appliquée par les buralistes dont les licences peuvent être maintenues ou supprimées ».
Nicolas Berrod relève que « sans surprise, les commerçants à la carotte rouge ne voient pas d’un bon œil une telle initiative. À leurs yeux, interdire la vente ne ferait que jeter les jeunes dans les bras du marché noir ».
Nicolas Thierry réagit : « Je pense qu’il faut être lucide et pragmatique. Si on allait vers une interdiction rapide et brutale, on verrait l’explosion des circuits de contrebande car on aurait des millions de fumeurs dépendants en situation très difficile ».
Le journaliste note que « pour le moment, l’entourage de [la ministre de la Santé] Stéphanie Rist dit soutenir le principe… mais pas forcément cette initiative en tant que telle ». Le ministère indique que « toute nouvelle mesure devra s’inscrire dans le cadre légal et européen, en cohérence avec les résultats déjà obtenus et la dynamique nationale ».
Nicolas Berrod ajoute : « Encore faudra-t-il que cette proposition de loi soit examinée, dans ce contexte politique particulièrement incertain… À l’étranger, hormis les Maldives, aucun pays n’interdit encore la vente de tabac à une génération entière ».

« Au bloc opératoire, la musique adoucit aussi la douleur »

 Date de publication : 6 novembre 2025 Temps de lecture: 2 min


Anne Prigent note dans Le Figaro que « les vertus de la musique sur la douleur et l’anxiété sont bien établies. De nombreuses études ont démontré qu’écouter une mélodie peut atténuer la perception de la douleur, ralentir le rythme cardiaque, et même réduire la consommation de morphine après une opération ».
La journaliste fait savoir qu’« une récente étude menée par une équipe de New Delhi et publiée dans la revue Music and Medicine s’est penchée sur un aspect encore peu exploré : l’effet de la musique pendant l’intervention chirurgicale elle-même ».
Anne Prigent explique ainsi que « les chercheurs ont observé 56 patients subissant une ablation de la vésicule biliaire par cœlioscopie, répartis en deux groupes. En sus de l’anesthésie générale, le premier groupe a «écouté» une musique douce, principalement des morceaux de flûte inspirés de la musique classique indienne, tout au long de l’opération. Le second portait des écouteurs antibruit, sans musique ».
La journaliste retient que « les patients du groupe musical ont eu besoin de 15% de propofol en moins, un anesthésique couramment utilisé. Ils ont également reçu des doses significativement réduites de fentanyl, un puissant antalgique opioïde ».
« Leur taux de cortisol, l’hormone du stress, était plus bas, et leur pression artérielle est restée plus stable durant l’intervention. Au réveil, ces patients se sont montrés plus calmes et globalement plus satisfaits de leur expérience », précise Anne Prigent.
Le Pr Emmanuel Bigand, spécialiste en psychologie cognitive, observe ainsi que « la musique modifie la biochimie cérébrale, elle agit sur le système opioïde endogène et joue ainsi un rôle dans la régulation de la douleur et du plaisir ».
Le Pr Hervé Platel, neuropsychologue à l’université de Caen et directeur de l’unité Inserm U1077 Neuropsychologie et Imagerie de la Mémoire Humaine, précise quant à lui : « La musique agit sur l’attention et la conscience de la douleur. Comme l’hypnose, elle détourne l’attention du patient, qui ne se focalise plus sur la sensation douloureuse ».
Anne Prigent rappelle qu’« en France, cette idée n’est pas tout à fait nouvelle. L’application Music Care propose déjà des séquences musicales protocolisées destinées à induire relaxation et analgésie. Le patient peut même choisir l’esthétique musicale qui lui convient, ce qui renforce l’efficacité ».

« Santé mentale : près d’un adulte sur six déclare avoir vécu un épisode dépressif en 2024 »

 Date de publication : 13 novembre 2025 Temps de lecture: 2 min


Libération relaie « des résultats déprimants. Près d’un adulte sur six déclare avoir vécu un épisode dépressif en 2024, particulièrement les jeunes, les femmes et les personnes précaires, selon les résultats d’un baromètre de Santé publique France. […] La santé mentale, en particulier celle des jeunes, ne va pas fort », souligne ainsi le journal.
Il explique qu’« en 2024, quelque 15,6% des 18-79 ans ont déclaré avoir vécu un épisode de ce type lors des 12 derniers mois – au moins 2 semaines consécutives où ils se sentaient tristes, déprimés ou sans intérêt pour leur quotidien, avec d’autres symptômes et un retentissement sur les activités habituelles ».
Le journal relève que « cela s’inscrit dans «une tendance à la hausse déjà amorcée en 2017 et amplifiée par les effets de la pandémie de Covid-19», note l’agence sanitaire, qui souligne aussi des disparités sociodémographiques et socioéconomiques marquées ».
Libération souligne que « les 18-29 ans apparaissent plus concernés (22%), comme les femmes (18% contre 13% des hommes), les chômeurs (25%), les étudiants (22%), les télétravailleurs (17,2%), les personnes vivant seules (19%) ou en famille monoparentale (21%). La gravité des épisodes déclarés est plus forte chez les femmes et les 18-59 ans, avec un pic chez les 40-49 ans ».
SpF ajoute que « pour l’ensemble de la population, le recours aux soins reste insuffisant ». Le journal note en effet qu’« environ 4 personnes sur 10 concernées par un épisode dépressif sévère ont déclaré n’avoir bénéficié d’aucun recours thérapeutique. C’est plus de la moitié des actifs parmi les agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprise et ouvriers. Le médecin généraliste apparaît comme le premier recours, en particulier pour les femmes et en cas d’épisode dépressif sévère ».
Le quotidien fait savoir que « Santé publique France et le ministère de la Santé ont lancé dimanche une campagne de communication, qui sera diffusée jusqu’au 10 décembre. […] Dans le cadre de sa «grande cause nationale» 2025, le gouvernement a dévoilé en juin un plan pour mieux repérer et soigner les troubles psychiques et rendre plus attractive la psychiatrie publique. Sans convaincre nombre de soignants qui ont regretté des mesures et des moyens financiers insuffisants ».

« “Cela ouvre de belles perspectives” : contre la dépression sévère, l’espoir des implants cérébraux et ultrasons »

 Date de publication : 20 novembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Gaël Lombart relève dans Le Parisien que « si les traitements conventionnels parviennent à venir à bout de la maladie la plupart du temps, la dépression résiste dans environ un tiers des cas ». Le journaliste explique que « plusieurs équipes de chercheurs à travers le monde travaillent actuellement à soigner ces formes les plus sévères, avec des essais cliniques prometteurs, même si les méthodes peuvent surprendre ».
Il indique ainsi que « dans une étude publiée mardi dans la revue Nature Communications, des scientifiques détaillent comment ils ont recouru à la stimulation cérébrale profonde (SCP) : l’insertion d’électrodes fines au cœur du cerveau pour délivrer des stimulations électriques ».
Gaël Lombart note que « les résultats de ces expériences, menées dans un hôpital de Shanghai, sont au rendez-vous : sur 26 patients traités, la moitié a connu une amélioration significative de son état. Neuf d’entre eux (35% du groupe) ont même atteint une rémission, c’est-à-dire une quasi-élimination de leurs symptômes ».
Valerie Voon, professeure en neuropsychiatrie à l’université de Cambridge et autrice principale, précise que « les patients traités avaient des antécédents de dépression sévère et n’avaient pas répondu à de nombreux traitements par le passé ».
Le journaliste remarque que « plusieurs équipes de scientifiques à travers le monde expérimentent la SCP quand les rechutes sont fréquentes et que les autres remèdes se révèlent inefficaces. Mais elles ciblent différentes régions du cerveau ».
« L’approche de Valerie Voon est une première : deux zones — impliquées en l’occurrence dans le traitement de la peur et de la motivation — ont été stimulées simultanément avec une électrode, ce qui permettrait notamment d’analyser les progrès des patients », observe Gaël Lombart.
La spécialiste rappelle que « la SCP est le traitement de référence pour les formes sévères de la maladie de Parkinson et d’autres troubles neurologiques (comme les TOC, les troubles obsessionnels compulsifs). Elle est utilisée chez plus de 250.000 personnes dans le monde, ce qui témoigne de son innocuité et de son efficacité ».
Gaël Lombart relève que « pour la dépression, toutefois, des effets secondaires ne seraient pas à exclure, bien que les travaux de l’équipe sino-britannique n’en fassent pas état ».
David Attali, chef de clinique assistant à l’Université Paris Cité, précise ainsi qu’« une étude de 2022 affirme qu’il y a eu 480 effets indésirables recensés par le passé, comme des saignements, des infections, de l’épilepsie ou des douleurs associés à la SCP ».
Gaël Lombart indique que « ce chercheur a piloté un autre essai clinique à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, pour traiter la dépression en profondeur dans le cerveau. […] La méthode utilisée ne nécessite pas d’acte chirurgical : il s’agit d’ultrasons. […] Des résultats préliminaires publiés en avril ont montré une amélioration des symptômes chez 4 des 5 patients traités ».
Le journaliste ajoute que « les recherches se poursuivent désormais avec un panel plus large de patients ».
David Attali déclare ainsi que « c’est vraiment la première fois qu’on peut stimuler de façon non invasive les régions profondes du cerveau, dont on sait qu’elles sont très impliquées dans beaucoup de maladies psychiatriques et neurologiques. Même si on n’en est qu’aux prémices, ça ouvre quand même de belles perspectives pour la médecine ».

« “Un organe vivant” : les secrets d’un neuroscientifique pour garder un cerveau en “bonne santé” jusqu’à 90 ans »

 Date de publication : 20 novembre 2025 Temps de lecture: 2 min


Le Parisien note en effet : « Après avoir passé 30 ans à décortiquer le fonctionnement du cerveau, le neuroscientifique Majid Fotuhi en est convaincu : les fonctions cognitives ne sont pas vouées à se détériorer. Dans son ouvrage « The Invincible Brain », à paraître le 3 mars 2026 aux États-Unis, il détaille les stratégies qu’il a mises en place pour prévenir son propre déclin cognitif. Au moins jusqu’à ses 90 ans ».
Le Dr Fotuhi observe ainsi : « On croit souvent, à tort, que le cerveau est comme un vieil ordinateur qui finit inévitablement par tomber en panne avec l’âge. En réalité, c’est un organe vivant qui peut se développer (ou se réduire) en fonction de nos actions et de nos choix quotidiens ».
Le journal explique que « pour conserver un cerveau performant, le spécialiste du vieillissement cérébral a une routine bien définie. Il commence sa journée avec une séance de sport, combinant cardio et musculation. Le sexagénaire, qui parcourt entre 96 et 128 km à vélo par semaine, rappelle que la stimulation sanguine, et donc cérébrale, est la clé d’une bonne mémoire ».
Le quotidien ajoute que « côté alimentation, le médecin mise sur le régime méditerranéen. Fruits, légumes, poisson, huile d’olive… Sa grande richesse est qu’il favorise l’équilibre alimentaire, tout en limitant l’apport en viande rouge, les produits laitiers, raffinés et transformés qui favorisent l’inflammation ».
Le Parisien relève que « les compléments alimentaires, eux, n’ont pas leur place dans ce menu. À une exception près : les oméga-3 ». Le neuroscientifique précise que « pour moi, c’est le seul complément alimentaire pour lequel il existe des données très solides qui soutiennent la santé cérébrale et préviennent la maladie d’Alzheimer ».
Le journal indique en outre que « pour préserver son cerveau, le médecin s’efforce de le nourrir quotidiennement avec des lectures, des jeux comme le sudoku ou les mots fléchés ». Le Dr Fotuhi explique que « le cerveau est comme un muscle : ne pas l’utiliser peut l’affaiblir et le rétrécir. C’est pourquoi la pratique quotidienne d’exercices mentaux est bénéfique ».
« Tout comme les interactions sociales. En ce sens, le médecin prend des cours de danse une fois par semaine avec sa femme. Le dernier facteur à ne pas négliger, selon lui, et pas des moindres : le sommeil », continue Le Parisien.

« Chez l’adolescent, [la fluoxétine] ne fait pas mieux qu’un placebo »

 Date de publication : 24 novembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Soline Roy note dans Le Figaro que les adolescents « sont de plus en plus nombreux à être pris en charge pour des troubles dépressifs. Or, du diagnostic à la guérison, un adolescent ne se soigne pas comme un adulte. En particulier concernant les médicaments : si un antidépresseur peut être prescrit d’emblée chez l’adulte, il ne doit être envisagé pour lui que lorsque tout le reste a échoué », souligne la journaliste.
Elle relève ainsi que la fluoxétine (molécule active du Prozac), « seul antidépresseur autorisé en France dans la dépression chez l’enfant et l’adolescent, ne serait «pas plus efficace qu’un placebo» dans cette population, assènent des chercheurs britanniques et autrichiens dans le Journal of Clinical Epidemiology ».
Soline Roy explique que « les auteurs reviennent sur deux méta-analyses publiées en 2016 et 2020, qui, tout en relevant la balance bénéfice-risque douteuse du Prozac chez les enfants et adolescents, considéraient qu’il était «probablement la meilleure option à considérer quand un traitement pharmacologique est indiqué» ».
La journaliste indique qu’« en mai 2021, […] une revue de littérature menée par la chercheuse néo-zélandaise Sarah Hetrick conclut que la différence d’effet entre fluoxétine et placebo chez l’enfant et l’adolescent est «faible et insignifiante», qu’aucun antidépresseur ne franchit le seuil de l’efficacité clinique dans cette population, et que se pose donc «la question de savoir si les antidépresseurs doivent être utilisés» ».
Les auteurs du nouvel article écrivent ainsi que « l’efficacité de la fluoxétine dans le traitement de la dépression pédiatrique ne peut plus être considérée comme cliniquement significative » et « les effets secondaires créent un rapport bénéfice/risque défavorable ».
Soline Roy s’interroge : « Faut-il alors renoncer au Prozac ? La réponse est plus nuancée que cela… D’abord, insiste le Dr Xavier Benarous, maître de conférences en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à Sorbonne Université, dire que le Prozac n’est pas plus efficace qu’un placebo ne signifie pas qu’il est totalement inefficace ».
Le spécialiste indique que « dans les essais cliniques, la fluoxétine réduit la sévérité des symptômes dépressifs d’environ 55-60%. Mais chez l’adolescent, la réponse au placebo est très importante, environ 50% soit bien plus que chez l’adulte. La différence entre les deux est donc plus difficile à mettre en évidence dans cette population ! ».
Soline Roy remarque que « le simple fait de prendre un médicament, ou ce que l’on croit être un médicament, active des réponses neurochimiques qui peuvent suffire à soulager les symptômes ».
Le Dr Benarous ajoute : « C’est l’un des problèmes méthodologiques des essais cliniques dans la dépression de l’adolescent : le recrutement est fait avec des critères diagnostiques assez larges, et mêle des dépressions sévères avec des formes de mal-être plus transitoires, chez qui l’effet placebo est plus marqué, ou bien avec des évolutions spontanément favorables ».
La journaliste note que « le Prozac garde donc toute sa place, insiste le pédopsychiatre, d’autant plus qu’il est relativement bien toléré. Mais seulement en seconde intention, «dans les formes résistantes et sévères, pour des patients chez qui on constate un manque d’efficacité de psychothérapies bien conduites» ».

« Plongée dans le mystérieux “syndrome du savant” »

 Date de publication : 24 novembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Dans Le Figaro, la Dr Nathalie Szapiro-Manoukian explique en effet que « dans de très rares cas, des personnes peuvent se réveiller musicien ou mathématicien de génie après un accident ».
La praticienne explique notamment : « En 2002, après une agression à la sortie d’un bar qui lui vaut un trauma crânien, l’Américain Jason Padgett, vendeur (et surtout fêtard), développe un soudain appétit pour les mathématiques et l’art, au point de reprendre ses études et d’être reconnu en tant que «génie» : c’est, raconte-t-il, comme si tout ce qu’il voyait était fragmenté en une multitude de petites formes géométriques qu’il pouvait dessiner ».
« Quelques années plus tôt, en 1994, semblable aventure était arrivée à un autre Américain, Tony Cicoria : touché par la foudre, le chirurgien orthopédique se passionna soudain pour le piano au point de composer et d’en faire son nouveau métier… », relève Nathalie Szapiro-Manoukian.
Elle poursuit : « Leur point commun ? Un problème cérébral initial – trauma, accident vasculaire cérébral, démence fronto-temporale – qui laisse émerger un don : c’est le fameux «syndrome du savant acquis» ».
La praticienne observe qu’« avec seulement une quarantaine de personnes connues dans le monde, ce destin reste exceptionnel. Mais, en dépit de ses apparences incroyables, ce syndrome n’a rien d’ésotérique ».
Le Pr Marc Vérin, neurologue, fondateur de l’unité de recherche Brain Clinical and Experimental Neuroplasticity (B-Cline) à l’université d’Orléans et vice-président recherche du CHU d’Orléans, souligne que « les compétences qui ressortent étaient forcément présentes et enfouies dans le cerveau, mais elles ne s’exprimaient pas et n’étaient pas conscientes. L’idée qu’après un coma, par exemple, on puisse se réveiller en parlant couramment une langue étrangère est un mythe pour qui n’aurait jamais entendu parler cette langue. Il ne peut s’agir que d’un gain d’une fonction déjà ancrée dans le cerveau et qui ne demande qu’à être approfondie ».
Nathalie Szapiro-Manoukian continue : « Si les neurologues sont aussi certains de l’absence de « miracle » dans ce phénomène, c’est parce qu’ils peuvent s’appuyer sur l’exemple des enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA). Présenter des capacités hors norme dans un domaine et de grosses lacunes par ailleurs concerne effectivement 10% à 30% d’entre eux ».
La praticienne précise que « la fréquente association entre TSA et syndrome du savant, ou le fait qu’il puisse apparaître après un traumatisme ou une maladie, est […] liée à certaines particularités des circuits cérébraux : certaines zones proches dans le cerveau sont hyperconnectées (notamment le lobe temporal et pariétal), alors que d’autres zones plus distantes sont hypoconnectées (lobe frontal et occipital) ».
Le Pr Vérin indique : « Normalement, le lobe frontal a une fonction inhibitrice sur les autres. C’est d’ailleurs grâce à cela qu’un adulte est capable de se contrôler sans céder à ses pulsions. Mais si cette fonction inhibitrice ne peut pas s’exercer parce que certains circuits longue distance en provenance du lobe frontal sont déficients, ou ont été altérés à la suite d’un accident ou d’une démence par exemple, cela libère certains circuits locaux et permet à des fonctions jusque-là en veilleuse de s’exprimer. Dans le cerveau encore en construction d’un enfant, des circuits locaux se réorganisent et sont parfois à l’origine d’une hypercompétence et d’un syndrome du savant inné ».
Nathalie Szapiro-Manoukian conclut que « l’équipe du Pr Vérin souhaite lancer une étude auprès d’enfants atteints de TSA comparés à un groupe témoin, avec un électroencéphalogramme (EEG) de haute résolution capable de suivre en temps réel le cheminement de la pensée, pour cartographier les circuits associés au syndrome du savant ».

« “La maltraitance envers les enfants est courante, et l’absence de diagnostic conduit à un risque de répétition des violences”, alerte un collectif de 120 médecins »

 Date de publication : 25 novembre 2025 Temps de lecture: 2 min


Le Monde publie une tribune d’un collectif de pédiatres, chercheurs, médecins issus de différentes spécialités, qui « fait le point sur l’état des recherches et des savoirs liés aux maltraitances infantiles ».
Les signataires écrivent notamment : « Nous, pédiatres, chercheurs, médecins, souhaitons rappeler un certain nombre de points. La maltraitance envers les enfants est malheureusement une pratique courante, qui a fait l’objet de déni à travers les siècles. Les conséquences sur la vie de l’enfant peuvent pourtant être très graves, jusqu’à entraîner son décès ».
« Nous savons que l’absence de diagnostic de maltraitance conduit à un risque de répétition des violences, qu’il s’agisse de lésions traumatiques cutanées, de fractures par manipulations forcées, de lésions cérébrales par traumatisme crânien infligé, de lésions traumatiques abdominales provoquées par des coups de pied ou des saisies violentes de l’enfant souvent très jeune, pour ne parler que des violences physiques », poursuivent-ils.
Les signataires précisent que « le diagnostic de maltraitance est toujours évoqué devant l’ensemble du contexte médical, en éliminant parallèlement toutes les autres causes possibles des lésions observées. Un seul test ne suffit jamais. Chez le nourrisson, c’est toujours une équipe pluridisciplinaire qui pose le diagnostic et émet, s’il y a lieu, un signalement judiciaire. L’expertise médico-légale prend place dans un second temps et a pour objectif d’éclairer le magistrat instructeur ».
Ils soulignent en outre que « des consensus et des recommandations internationales sont régulièrement actualisés, et la recherche dans ce domaine est active. […] Le questionnement scientifique se poursuit. On ne peut que s’en réjouir car, contrairement au déni, la recherche fait avancer la connaissance. Sur un sujet aussi douloureux que le syndrome de l’enfant secoué, la science et la société doivent évoluer de concert ».

« 9, 32, 66 et 83 ans : chacun de ces âges correspond à une phase de développement de notre cerveau »

 Date de publication : 28 novembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Apolline Le Romanser explique dans Libération qu’« une équipe de l’université de Cambridge s’est attelée à cartographier les connexions neuronales du cerveau au fil de son vieillissement. Cela leur a permis de déterminer l’existence de quatre «points de bascule» : à 9, 32, 66 et 83 ans. Une «première», affirment-ils dans la communication de leur travail, publié mardi 25 novembre dans Nature Communications ».
La journaliste relève que « pour dégager ces phases, les scientifiques ont observé quelque 4000 cerveaux, de nourrissons jusqu’à des personnes de 90 ans. Il y a d’abord «la petite enfance et l’enfance». Les réseaux neuronaux se consolident. Les scientifiques notent par exemple que le nombre de synapses, c’est-à-dire les connexions entre les neurones, diminue : seules les plus actives subsistent. Le volume de la matière grise (partie qui contient nos cellules nerveuses) et de la matière blanche (la substance qui assure les liaisons nerveuses entre les différentes parties cérébrales) croît rapidement… ».
Apolline Le Romanser ajoute que « le premier tournant survient à 9 ans. Place à l’adolescence. L’organe continue de se développer peu à peu, l’organisation du réseau cérébral s’affine, ses connexions sont plus performantes. Concrètement, les performances cognitives s’améliorent. […] Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette période ne s’arrête pas à la vingtaine : les chercheurs la situent plutôt dix ans après. Autour de 32 ans. C’est d’ailleurs à cet âge-là que les scientifiques ont observé les changements les plus marqués ».
Alexa Mousley, coautrice, souligne que « si la puberté marque un début clair, la fin de l’adolescence est beaucoup plus difficile à cerner scientifiquement ».
La journaliste poursuit : « Le début de la trentaine marque donc le début de «l’âge adulte» du cerveau. Il s’agit, selon les chercheurs, de la plus longue période du développement cérébral : une trentaine d’années. Dans cette phase, l’architecture cérébrale se stabilise, sans rupture majeure ».
« Le prochain tournant ne survient qu’au milieu de la soixantaine. C’est à ce stade que s’amorce le déclin cognitif – sans être «soudain», insistent les auteurs de l’étude. Et c’est effectivement à partir de cette tranche d’âge que des troubles comme l’hypertension ou la démence se développent généralement. Une phase plus avancée du vieillissement est identifiée à partir de 83 ans : les mêmes changements cérébraux se poursuivent, mais sont plus prononcés », précise Apolline Le Romanser.
La journaliste observe que « ces différentes phases ne peuvent pas être transposées avec exactitude d’une personne à l’autre », puis note que « l’équipe s’est […] dite particulièrement surprise par la manière dont les changements neuronaux «coïncident avec de nombreuses étapes importantes» de la vie, comme la puberté ou la parentalité ».
Alexa Mousley remarque pour sa part que ces périodes « pourraient nous aider à comprendre pourquoi certains cerveaux se développent différemment à des moments clés, qu’il s’agisse de difficultés d’apprentissage dans l’enfance ou de démence plus tard dans la vie ».

Revue de presse santé psy – octobre 2025

« “Les chiffres sont alarmants” : l’OMS alerte sur une nouvelle addiction à la cigarette électronique, ciblant les plus jeunes »

 Date de publication : 7 octobre 2025 Temps de lecture: 3 min


Le Parisien relève en effet que « les cigarettes électroniques alimentent une nouvelle vague «alarmante» de dépendance à la nicotine. Au moins 15 millions d’enfants entre 13 et 15 ans dans le monde y ont désormais recours, a averti ce lundi l’Organisation mondiale de la Santé ».
Le journal observe que « selon l’agence de santé des Nations unies, les industriels présentent les cigarettes électroniques comme moins nocives que les cigarettes traditionnelles, mais en réalité, ils ciblent agressivement les jeunes et les rendent dépendants ».
Étienne Krug, directeur des déterminants de la santé, de la promotion et de la prévention à l’OMS, a souligné que ces produits « sont présentés comme des moyens de réduction des risques, mais en réalité ils rendent les enfants dépendants à la nicotine plus tôt et risquent de compromettre des décennies de progrès ».
Le Parisien rappelle qu’« aujourd’hui le monde fume moins : le nombre de fumeurs est passé de 1,38 milliard en 2000 à 1,2 milliard en 2024, tandis que la population mondiale a augmenté ».
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a quant à lui indiqué que « des millions de personnes arrêtent de fumer, ou ne commencent pas à fumer grâce aux efforts de lutte antitabac déployés par les pays du monde entier. […] L’industrie du tabac riposte avec de nouveaux produits à base de nicotine, ciblant agressivement les jeunes. Les gouvernements doivent agir plus rapidement et plus fermement ».
Le Parisien note ainsi qu’« un adulte sur cinq dans le monde est dépendant au tabac et 12 pays constatent une augmentation de la prévalence du tabagisme ». Jeremy Farrar, sous-directeur général de l’OMS pour la promotion de la santé, la prévention des maladies et les soins, a indiqué que cela « représente des millions de personnes supplémentaires exposées au risque de maladie, d’invalidité et de décès prématuré dans les années à venir ».
Libération observe également que « la vape [est] dans le viseur de l’OMS. L’Organisation mondiale de la santé s’est inquiétée […] de la vague «alarmante» de recours à la cigarette électronique et de dépendance à la nicotine ».
Le quotidien relève qu’« environ 40 millions d’enfants âgés de 13 à 15 ans consomment actuellement du tabac, soit un sur dix. […] Dans certains pays, les enfants avaient «bien moins de 10 ans» lorsqu’ils ont commencé à fumer, a poursuivi Alison Commar, auteure principale du rapport ».
Le sous-directeur général de l’OMS Jeremy Farrar « rappelle que le tabagisme tue plus de 7 millions de personnes par an et le tabagisme passif plus d’un million », conclut le journal.

« Animaux, quel rôle dans la thérapie ? »

 Date de publication : 8 octobre 2025 Temps de lecture: 3 min


Isabelle Hennebelle note en effet dans Le Monde : « Trouble du stress post-traumatique, autisme, dépression… Côtoyer un animal est bénéfique sur les plans physique, social, émotionnel et cognitif. Forte de ce constat, la pratique de la médiation animale se déploie, mais a besoin d’un cadre légal ».
Marine Grandgeorge, maître de conférences en éthologie et docteur en psychologie au laboratoire Ethos, à l’université de Rennes, remarque ainsi que « les études scientifiques sont formelles : vivre avec un animal est bénéfique sur les plans physique, social, émotionnel et cognitif. Le simple contact avec l’animal – chien, chat, cheval… – a un effet anxiolytique rapide et fait baisser le rythme cardiaque ».
« Vecteur de socialisation, il casse l’isolement des seniors et aide les enfants à être plus populaires et plus responsables. L’animal apprend l’altérité et le fait que l’autre a des besoins différents. S’occuper d’un animal pour une personne âgée contribue au ralentissement du déclin cognitif », ajoute la spécialiste.
Isabelle Hennebelle explique qu’« outre [des] expériences personnelles, on voit aussi se déployer la pratique de la médiation animale, lors de laquelle un professionnel (de la santé, du social, de l’éducation, du monde de l’animal) et un animal interagissent avec une personne fragile pour améliorer son bien-être physique, psychologique et social ».
La journaliste relève notamment qu’« à l’initiative de l’armée de Terre depuis 2019, le programme Arion a fait appel à des chiens pour contribuer à la reconstruction psychologique et sociale d’une vingtaine de militaires concernés par le trouble du stress post-traumatique (TSPT) ».
Christophe Blanchard, docteur en sociologie, maître de conférences à Sorbonne Paris-Nord et maître-chien, coordinateur scientifique du programme, explique que « c’est un levier complémentaire de leur prise en charge médicale, ces militaires renouent avec leur identité cassée, s’apaisent en famille, certains ont repris un emploi ».
Isabelle Hennebelle continue : « Si la médiation animale se développe, elle pâtit cependant de «l’absence de cadre réglementaire clair», alerte la psychologue clinicienne et docteure en éthologie, Sarah Jeannin, chercheuse au Laboratoire éthologie, cognition, développement (Lecd) de l’université Paris-Nanterre ».
La spécialiste observe que « des personnes non formées exercent sous l’appellation de “spécialiste”, ce qui peut engendrer des pratiques hétérogènes et inadaptées, à la fois pour les bénéficiaires et les animaux impliqués ».
La journaliste indique qu’« afin de structurer et d’encadrer la médiation animale, une proposition de loi […] a été déposée le 11 juillet à l’Assemblée nationale et signée par une centaine de députés ».

« Comment la pollution et les épisodes de canicule minent notre santé mentale »

 Date de publication : 9 octobre 2025 Temps de lecture: 3 min


Frédéric Mouchon relève dans Le Parisien qu’« entre le 11 et le 17 août, au plus fort de la canicule, près de 300 passages quotidiens ont été enregistrés aux urgences. Pas uniquement pour des coups de chaleur ou des problèmes de déshydratation : les spécialistes en soins psychiatriques ont également accueilli en nombre des patients atteints de dépression, de bipolarité ou de schizophrénie ».
Le journaliste observe ainsi que « d’après une étude mise en avant ce jeudi par l’Institut Mondor de recherche biomédicale (IMRB), […] les effets délétères de la pollution et des vagues de chaleur sur notre santé mentale sont de plus en plus manifestes ».
Stéphane Jamain, responsable de l’équipe de neuropsychiatrie transactionnelle à l’IMRB, souligne : « Les chercheurs observent une augmentation de 9,7% des consultations pour troubles psychiatriques aux urgences pendant les vagues de chaleur. Il y a aussi davantage de suicides ».
Le chercheur explique que ces patients ont « du mal à dormir à cause de la chaleur et ne se reposent pas. Ils sont donc plus irritables, plus angoissés et vont globalement moins bien ».
Frédéric Mouchon note que « les mêmes effets délétères sur des patients en souffrance psychique ont été observés lorsque l’air extérieur est vicié ».
Baptiste Pignon, chercheur en épidémiologie psychiatrique, indique qu’« en analysant 11 ans de consultations aux urgences à l’hôpital Henri-Mondor (Val-de-Marne) pour différents troubles psychiques, nous avons observé davantage de consultations liées à des dépressions et de la schizophrénie, dans la semaine qui suit un pic de pollution ».
Le chercheur précise qu’« en passant à l’intérieur du cerveau, via le flux sanguin, ces particules ultrafines [émises par les transports, les pesticides, l’industrie chimique] altéreraient les cellules autour des neurones. C’est ce qui ferait le lit des maladies psychiatriques et les aggraverait ».
Frédéric Mouchon explique ainsi qu’« avec les équipes du Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (Lisa), l’IMRB a créé une chambre de simulation atmosphérique destinée à l’étude des effets de la pollution sur la santé. […] Avec les chimistes de l’atmosphère du Lisa, ils exposent des cellules à des conditions de pollution similaires à celles de grandes villes, comme Pékin ou Paris ».
Stéphane Jamain fait savoir que « ceux qui vivent en ville ont un risque trois fois plus élevé de développer une maladie psychiatrique que ceux qui vivent éloignés des grandes agglomérations. […] Des études sur le cerveau de personnes exposées à la pollution ont montré des signes de neuro-inflammation ».
Baptiste Pignon souligne en outre qu’« une étude, qui suit la santé de 150.000 Français chaque année, a permis d’associer à des symptômes dépressifs le fait d’être exposé à un niveau de pollution élevé au dioxyde d’azote et aux particules fines ».

« Les femmes présentent un risque génétique plus élevé de dépression, selon une étude australienne »

 Date de publication : 9 octobre 2025 Temps de lecture: 2 min


Le Parisien fait savoir qu’« une nouvelle étude pourrait permettre de changer la façon de traiter la dépression. Les femmes sont génétiquement plus exposées aux risques de troubles dépressifs que les hommes, révèlent des chercheurs australiens dans une étude publiée mercredi par la revue Nature Communications ».
Le journal explique que « les scientifiques ont analysé l’ADN de près de 200.000 personnes souffrant de dépression afin d’identifier des «marqueurs» génétiques communs. […] Les femmes présentaient près de deux fois plus de marqueurs génétiques liés à la dépression que les hommes, selon le projet mené par l’Institut de recherche médicale Berghofer en Australie ».
Jodi Thomas, chercheuse, remarque qu’« identifier les facteurs génétiques communs et spécifiques chez les hommes et les femmes nous permet de mieux comprendre les causes de la dépression et ouvre la voie à des traitements plus personnalisés ».
Le Parisien précise que « les chercheurs ont identifié environ 13.000 marqueurs génétiques liés à la dépression chez les femmes, contre 7000 chez les hommes. Certaines de ces différences génétiques pourraient également influencer le métabolisme ou la production d’hormones ».
Jodi Thomas note ainsi : « Nous avons découvert certaines différences génétiques qui pourraient nous aider à expliquer pourquoi les femmes souffrant de dépression présentent plus souvent des symptômes métaboliques, comme des variations de poids ou des changements dans leur niveau d’énergie ».

« Pourquoi les addictions et les comportements compulsifs sont aggravés par la société de consommation »

 Date de publication : 10 octobre 2025 Temps de lecture: 2 min


Isabelle Hennebelle constate dans Le Monde qu’« avec la multiplication des épidémies, de l’écoanxiété, des conflits géopolitiques, les addictions prennent une ampleur inédite. L’usage des produits illicites comme la cocaïne et l’ecstasy/MDMA a doublé en France au cours des dix dernières années. Au Royaume-Uni, les décès directement causés par l’alcool ont augmenté de 30% depuis la pandémie de Covid-19 », fait savoir la journaliste.
Elle évoque le livre « Pop & Psy : Addicts » (éd. Points), de Jean-Victor Blanc, psychiatre et enseignant à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, qui « invite à replacer les dépendances dans une «dynamique sociale et systémique» ».
Ce spécialiste des addictions souligne : « La précarité engendrée par chaque crise économique augmente mécaniquement la consommation de drogues et d’autres produits psychoactifs. Car, contrairement à une croyance populaire, l’addiction n’est due ni à un manque de volonté ni à un laisser-aller de la personne concernée ».
Isabelle Hennebelle évoque les travaux de l’historien des drogues David T. Courtwright : « Cet universitaire américain rappelle en effet comment, à la faveur de l’industrialisation et de la mondialisation, la consommation ancestrale de plantes aux effets psychoactifs s’est transformée en une «addiction de masse» à des substances bon marché et facile d’accès. Selon lui, nous sommes entrés dans l’ère de ce qu’il nomme le «capitalisme limbique», l’économie de marché reposant sur la monétisation de la mise en mouvement frénétique de notre système de récompense (dopamine), logé dans le système limbique de notre cerveau ».
Isabelle Hennebelle indique en outre : « Consultation en addictologie, psychothérapie, hospitalisation pour sevrage, hôpital de jour ou soutien de groupe de pairs comme les Alcooliques anonymes ou les Narcotiques anonymes sont autant de pistes efficaces et complémentaires. Dans la famille des psychédéliques, la psilocybine est actuellement à l’étude, et les premiers retours sont prometteurs dans le traitement de l’addiction à l’alcool ».

« Elles mènent de front maternité et lutte contre le cancer du sein : “C’est épuisant de faire semblant d’aller bien” »

 Date de publication : 13 octobre 2025 Temps de lecture: 3 min


Sandra Favier remarque dans Le Monde : « Comment rester une mère câline et protectrice quand le corps est mis à rude épreuve par la maladie et que l’on se sent vulnérable ? Des femmes, parfois solos, racontent leur défi quotidien : être la meilleure maman possible sans négliger les indispensables soins ».
La journaliste évoque ainsi ces « patientes «jeunes», d’un point de vue médical. Quelque 3000 nouveaux cas sont recensés chaque année chez ces femmes, qui représentent par ailleurs environ 5% de l’ensemble des patientes touchées par un cancer du sein, selon des chiffres communiqués par Florence Coussy, gynécologue et oncologue à l’Institut Curie et spécialiste des soins pour les femmes jeunes ».
« Des études récentes (…) montrent une augmentation globale de l’incidence des cancers, notamment du cancer du sein, chez les jeunes, multipliant les situations de mères malades », note Sandra Favier.
Elle relève que « pour Mélanie Courtier et Christelle Rakotoarimanana, les cofondatrices de l’association de patientes Jeune & Rose, près de Bordeaux, ces femmes sont alors confrontées au «même problème» que les autres malades, mais «pas aux mêmes problématiques» ».
La journaliste explique qu’« outre des diagnostics tardifs plus fréquents qui peuvent alourdir les traitements – «notamment parce qu’elles ne sont pas leur priorité dans la vie, à ce moment-là» –, il existe, selon les cofondatrices, un «véritable enjeu autour du vécu de la maladie dans un contexte de maternité», quand les patientes «cherchent à protéger leurs enfants, tout en étant rendues vulnérables» ».
Sandra Favier livre notamment le témoignage de Cathy Ferotin, 40 ans, qui « connaît des difficultés à déléguer le soin quotidien de Léonore, 6 ans, et Mathis, 8 ans. Sous traitement pour un cancer du sein métastatique, la mère de famille envisageait d’organiser la fête d’anniversaire de sa fille à la fin de septembre, une semaine après une importante opération, sans oser solliciter l’aide d’autres parents. Par peur de susciter de la pitié et volonté de ne pas être faible ».
La journaliste explique que « traitée depuis le début de 2023 entre Marseille et Toulon, où elle habite, Cathy a toutefois bien dû arranger son quotidien. Du mardi soir au mercredi soir, Léonore et Mathis sont gardés par leurs grands-parents pour que Cathy puisse effectuer sa séance de chimiothérapie. Puis, c’est son mari, Jérémie, qui prend le relais, pendant qu’elle part «[se] coucher direct» ».
Cathy Ferotin indique que même si « la force de l’esprit est incroyable, […] c’est épuisant de faire bonne figure, de faire semblant d’aller bien ».
Sandra Favier remarque que « pour beaucoup de patientes mères, il est difficile de «faire coexister un moment de vulnérabilité en tant que personne, lié à la maladie, sa découverte et son traitement, et la préservation de la fonction parentale, dans laquelle elles doivent, au contraire, se montrer solides et responsables», analyse Amélie Icart, psychologue au sein de l’unité de psycho oncologie de l’Institut Curie ».
La journaliste observe que « dans son service, où les patientes atteintes d’un cancer du sein sont surreprésentées, Mme Icart confirme une «inquiétude» des mères à «rester une figure de stabilité» pour leurs enfants, alors que le quotidien est bousculé, que les certitudes sont balayées, le corps et l’esprit affaiblis ».
Sandra Favier poursuit : « Aucune n’a échappé à la question : «Dis, maman, est-ce que tu vas mourir ?» Toutes y ont pensé, évidemment. Elles y ont réfléchi, éventuellement. Mais à cette évocation, Cathy Ferotin, elle, s’étrangle. Non, elle ne les a pas préparés à l’éventualité d’une mort prématurée. Il ne faut «pas les inquiéter», surtout «garder leur naïveté et leur joie de vivre» ».

« Ces quelques minutes cruciales qui précèdent le sommeil »

 Date de publication : 13 octobre 2025 Temps de lecture: 3 min


Delphine Chayet observe dans Le Figaro : « A quoi pensez-vous au moment de vous endormir ? La question est au cœur d’une recherche menée depuis 3 ans à l’Institut du cerveau, à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière (Paris). Contrairement au sommeil paradoxal, un stade propice au rêve qui passionne les scientifiques, le moment de l’endormissement a été peu étudié ».
Nicolas Decat, doctorant en neurosciences cognitives, indique ainsi que « cette courte phase, aussi appelée N1, est un état de transition qui amène le sujet de l’éveil au sommeil léger. Il recèle une grande richesse de contenu, mais nous y avons peu accès car il est difficile de s’en souvenir ».
La journaliste explique que « le chercheur a prévu d’interroger 5000 personnes recrutées dans différentes cultures. Un questionnaire en trois langues (français, anglais, espagnol), sondant en une vingtaine de minutes la variété des ressentis individuels, a été diffusé au grand public. […] Son objectif est d’identifier des schémas de pensée récurrents dans cette zone grise entre éveil et sommeil, et des profils de dormeurs ».
Delphine Chayet indique que « la première partie de sa thèse a été menée l’an dernier auprès d’une centaine de volontaires. […] Installés dans un fauteuil inclinable, munis d’un casque enregistrant leur activité cérébrale, les participants ont été invités à s’endormir pour deux siestes de 20 minutes. Réveillés à plusieurs reprises, ils ont pu qualifier «à chaud» le contenu de leurs pensées ».
La journaliste relève que « la matière récoltée par Nicolas Decat s’est révélée très variée : «J’avais une musique dans la tête», «je pensais à mon voyage au Japon de l’an dernier», «j’ai vu des images de petits aliens»… ».
Delphine Chayet retient qu’« au stade N1, le rythme cardiaque ralentit, les muscles se relâchent, la conscience de l’environnement disparaît graduellement. Dans le cerveau, l’activité électrique varie en intensité selon les régions. Des expériences oniriques ou de pensées déformées émergent : les scientifiques parlent de perceptions «hypnagogiques». Elles peuvent être nourries par des tâches réalisées avant le sommeil, comme voir des briques tomber du ciel après avoir joué intensivement à Tetris, ou être influencées par des «stimuli» externes, tels que des bruits provenant de la rue ».
Nicolas Decat fait savoir : « Nous avons pu classer le contenu mental en 4 grandes catégories : souvenirs, attention à l’environnement, rêves et pensées pragmatiques. Ces différentes formes de pensées peuvent être présentes, dans un ordre ou un autre, au cours d’une même sieste ».
Delphine Chayet note que « l’équipe de l’Institut du cerveau […] espère contribuer à la compréhension et au diagnostic des troubles du sommeil ».
Nicolas Decat déclare ainsi qu’« il serait utile de savoir si ces schémas d’endormissement sont liés à la qualité du sommeil et de la récupération. Ainsi, les personnes qui se disent insomniaques ont-elles le même type de contenu mental ? Et celles qui sont créatives ou anxieuses ? Il serait alors possible, en analysant les pensées à l’entrée dans le sommeil, de prédire des traits de personnalité, avec de potentielles applications cliniques ».

« Le suicide des enfants, un phénomène méconnu qui reste très rare »

 Date de publication : 15 octobre 2025 Temps de lecture: 2 min


C’est ce que titre La Croix, qui explique que « samedi 10 octobre, une fillette de 9 ans et un garçon de 12 ans se sont donné la mort. Bien que les suicides chez les jeunes enfants soient des événements extrêmement rares, ils demeurent peu étudiés. Pour prévenir de telles tragédies, les pédopsychiatres insistent sur le rôle crucial du dialogue ».
Esther Serrajordia indique qu’« en 2016, la Haute Autorité de santé enregistrait 26 suicides chez les moins de 15 ans. Le nombre de suicides d’enfants, estimé entre 20 et 30 cas par an, reste globalement stable depuis près de 40 ans. Cependant, comme le souligne Olivier Bonnot, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’université Paris-Saclay, «tous les chiffres liés au suicide sont sous-estimés» ».
« Il ajoute que certains décès classés comme accidents – tels que des empoisonnements ou des chutes depuis un étage – pourraient en réalité dissimuler des suicides non identifiés », souligne la journaliste.
Elle ajoute que « si le suicide des enfants reste exceptionnel, la prévalence des tentatives et des idées suicidaires augmente ». Richard Delorme, chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital Robert Debré (AP-HP), précise que « d’après nos derniers chiffres, on peut considérer que cela concerne un enfant pour trois classes de primaires ».
Le médecin observe qu’« on a du mal à se représenter que les jeunes enfants puissent aller mal. Mais c’est une idée un peu naïve. Tous les jours, aux urgences, il y a 4, 5 ou 6 enfants qui sont hospitalisés parce qu’ils ont fait une tentative de suicide pendant la nuit ».
Esther Serrajordia relève que « ce manque de prise de conscience est corrélé avec les faibles études qui existent sur le sujet. L’une des plus récentes remonte à 2011 ».
La journaliste s’interroge : « Comment enrayer le phénomène ? «Prévention, prévention, prévention», insiste Olivier Bonnot ». Le Pr Delorme ajoute : « Ce qui n’est pas évident chez les plus petits, c’est qu’ils ont parfois la sensation qu’il n’y a pas d’autres solutions que la mort, d’où l’importance de discuter avec eux, de leur prouver que chaque problème peut être résolu. Il faut interroger les enfants sur leurs émotions, engager des relations régulières, avoir du temps pour jouer avec eux, pour discuter et percevoir les changements ».

« Les médicaments antiobésité pourraient bien jouer un rôle contre l’alcoolisme »

 Date de publication : 20 octobre 2025 Temps de lecture: 3 min


Bénédicte Lutaud constate dans Le Figaro que « les analogues du GLP-1, vantés aujourd’hui pour leurs effets sur l’obésité, ralentissent aussi l’absorption d’alcool dans le sang et ainsi la sensation d’ébriété. Avec, à terme, un potentiel effet sur l’addiction à l’alcool ».
La journaliste relate ainsi une étude qui vient de paraitre dans Scientific Reports : « Selon ces travaux, menés par le Fralin Biomedical Research Institute de Virginia Tech (États-Unis), les analogues du GLP-1 «ralentissent la vitesse à laquelle l’alcool entre dans le sang, ce qui ralentit aussi ses effets sur le cerveau». Or la vitesse d’absorption est déterminante dans l’effet d’ébriété ».
Bénédicte Lutaud précise que « les chercheurs ont conduit une expérience sur une vingtaine de patients souffrant d’obésité (IMC de 30 ou plus). La moitié prenait déjà habituellement des analogues du GLP-1 via des traitements à base de sémaglutide (…), du tirzepatide (…) ou du liraglutide (…). L’autre moitié ne prenait aucun médicament. Tous arrivés à jeun, ils ont reçu une barre de collation afin de standardiser l’apport calorique et le contenu de leur estomac ».
La journaliste note qu’« une heure et demie plus tard, chacun a pu choisir entre un cocktail vodka-cranberries et vodka-jus d’orange, avec pour consigne de le boire en 10 minutes. […] Ensuite, l’alcoolémie était mesurée dans l’air expiré des participants. […] Les volontaires ont également dû répondre à un questionnaire. Avec la question : «À quel point te sens-tu ivre en ce moment même ?», ils devaient jauger leur niveau d’ébriété sur une échelle de zéro à 10 ».
Bénédicte Lutaud observe qu’« en dépit des doses similaires d’alcool ingérées, la concentration d’alcool dans l’air expiré augmentait plus lentement chez les participants sous analogues du GLP-1. En outre, ces derniers ont rapporté se sentir moins ivres que ceux du second groupe ».
La Pre Alexandra DiFeliceantonio, auteure principale et neuroscientifique spécialisée dans les comportements alimentaires, fait savoir : « Il est possible que les médicaments GLP-1 réduisent l’absorption de l’alcool à travers la vidange gastrique retardée. […] Puisque l’alcool a besoin d’atteindre les intestins pour être absorbé rapidement, un retard va changer les effets subjectifs de l’alcool ».
La chercheure ajoute que les analogues du GLP-1 « pourraient en partie réduire la consommation d’alcool en changeant la vitesse à laquelle il entre dans le sang et, ensuite, dans le cerveau ».
Bénédicte Lutaud s’interroge toutefois : « Si l’alcool met plus de temps à rendre ivre, les personnes ne seraient-elles pas tentées de boire davantage ou plus vite pour compenser ? ».
Sébastien Carnicella, directeur de recherche Inserm à l’Institut des neurosciences de Grenoble, remarque ainsi que « les personnes addicts pourraient avoir besoin de soulager ce manque, soit en prenant plus de quantités, soit avec une autre forme d’administration, soit en se tournant vers une autre drogue ».
La journaliste note que « l’étude pilote de Scientific Reports se contente d’étudier le moment présent, et non les effets à plus long terme sur la consommation. Et ce, par ailleurs, sur un faible nombre de participants ».
« Il n’empêche : plusieurs études précédentes sur les analogues du GLP-1 ont conclu non seulement à une réduction de l’absorption d’alcool, mais aussi à une réduction effective de sa consommation », continue Bénédicte Lutaud, qui conclut que « les effets cachés des analogues du GLP-1 n’ont pas fini d’être dévoilés ».

« La santé mentale est devenue un marché très lucratif »

 Date de publication : 21 octobre 2025 Temps de lecture: 3 min


Quentin Benoist constate dans Le Figaro que « la question de la santé mentale s’impose aujourd’hui comme un sujet de société majeur. Elle a même été désignée Grande Cause nationale pour l’année 2025. Mais que recouvre réellement cette notion ? Quelle différence avec la psychiatrie ? ».
Le journaliste fait savoir que « pour clarifier les enjeux, le psychiatre David Masson a publié Santé mentale : ce que peut vraiment la psychiatrie, un ouvrage qui démonte les idées reçues et fausses évidences sur un domaine trop souvent réduit à la maladie ou au mal-être ».
Dans un entretien, le psychiatre explique notamment que « la santé mentale, selon l’OMS, est un état de bien-être permettant de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés de la vie, de travailler de façon productive et de contribuer à la communauté. Pour ma part, je préfère l’imaginer comme un trajet à vélo : il y a des pentes, des crevaisons, des moments fluides et d’autres plus difficiles. […] La santé mentale n’est pas un état figé. C’est un équilibre dynamique à entretenir entre nos ressources, les événements de vie et l’environnement ».
Quentin Benoist interroge : « Où s’arrête la santé mentale et où commence la psychiatrie ? ».
David Masson répond que « la frontière est floue, souvent mal comprise. La santé mentale concerne tout le monde et englobe tout ce qui permet de préserver son bien-être psychologique au quotidien. La psychiatrie intervient lorsque l’équilibre est rompu durablement, que la souffrance s’installe et impacte fortement la vie de la personne. Malheureusement, on confond souvent les deux dans le débat public et on attend de la psychiatrie qu’elle répare l’ensemble des maux de la société ».
Le psychiatre souligne que « les structures psychiatriques sont en souffrance, mais on attend d’elles qu’elles répondent à toutes les détresses. Si tout devient une question de «santé mentale», on finit par psychiatriser la vie quotidienne et par négliger ceux qui ont le plus besoin de soins ».
Le journaliste poursuit : « Peut-on trop parler de santé mentale ? ».
Quentin Benoist répond : « Oui. À force d’en entendre parler, on finit par ne plus l’entendre du tout. […] Tout devient pathologie, et le discours dominant est souvent catastrophiste [et] entretient l’anxiété collective. Sans nier les difficultés, ce ton décourage les vocations. On n’attire pas les soignants en leur répétant que tout est perdu ».
Quentin Benoist interroge en outre : « Face à l’explosion du «marché de la santé mentale», quels signaux d’alerte ? ».
David Masson souligne : « Méfiez-vous des promesses simplistes. Tout ce qui prétend «guérir en dix jours» ou «changer votre vie grâce à une méthode miracle» est suspect. Avant de suivre un conseil ou d’acheter un produit, demandez-vous qui parle et quelle est sa compétence. La santé mentale est devenue un marché très lucratif, où prospèrent les pseudothérapies, les tests douteux ou les «coachs du bien-être». La santé mentale est complexe et singulière ; les solutions universelles et généralistes n’existent pas et doivent immédiatement alerter ».

« La solitude augmenterait de 11% le risque de mourir du cancer »

 Date de publication : 24 octobre 2025 Temps de lecture: 3 min


Coralie Lemke souligne dans Sciences et Avenir que « le cancer est une épreuve à laquelle 20 millions de nouveaux malades doivent faire face chaque année. L’annonce du diagnostic, les traitements ou encore la fatigue sont autant de difficultés que les patients doivent affronter. Un parcours compliqué pour lequel il est préférable d’être accompagné, non seulement pour avoir de la compagnie mais aussi pour diminuer le risque de décès ».
La journaliste fait savoir que « pour la première fois, une méta-analyse montre que la solitude et l’isolement social augmentent de 11% le risque de décès chez les personnes atteintes de cancer. Les résultats sont publiés dans la revue BMJ Oncology ».
Coralie Lemke note ainsi que cette étude « a passé en revue 16 études, comprenant plus de 1,5 million de patients. Ces travaux ont été menés au Canada, en France, en Grande-Bretagne, en Finlande, en Irlande, au Japon et aux Etats-Unis, sur des personnes présentant tous types de cancer et dont l’âge moyen était de 63 ans ».
« Pour mesurer le niveau de solitude et d’isolation sociale de chaque participant, les auteurs ont utilisé deux échelles scientifiques de référence dans le domaine, l’une plutôt destinée aux malades en général et l’autre pensée pour les malades du cancer. De façon générale, la solitude était associée à un risque de décès augmenté de 34%, toutes causes confondues. Pour le cancer en particulier, les malades ont 11% de risque de décès en plus », indique la journaliste.
Les chercheurs de l’Université de Toronto écrivent que « la réponse au stress déclenchée par la solitude peut entraîner un dérèglement immunitaire et une augmentation de l’activité inflammatoire, contribuant ainsi à la progression de la maladie ».
Coralie Lemke ajoute que « d’un point de vue psychosocial, le fardeau des malades du cancer inclut souvent des formes d’isolement provenant directement de la maladie et de l’expérience des traitements ».
Les auteurs observent : « Cela inclut l’inaptitude des proches à comprendre les peurs associées au cancer, les stigmates associés aux effets visibles du cancer (comme la perte de cheveux, la perte de mobilité) et l’anxiété qu’ont les survivants d’une maladie. […] Les malades manquent aussi de moyens pour poursuivre leur vie sociale ».
La journaliste souligne en outre que « la solitude est un facteur de risque établi de troubles psychiatriques, comme la dépression, l’anxiété et la psychose, ce qui peut contribuer à l’accroissement de risque de décès des malades du cancer. Au moins 30 à 35% des patients atteints de cancer souffrent de troubles psychiatriques ».
Coralie Lemke note que « cette méta-analyse comporte toutefois des limites, préviennent les auteurs. Toutes les études incluses étaient de nature observationnelle, qui consistent à observer des phénomènes sans intervenir directement. Les résultats ne permettent pas d’établir une causalité certaine ».

« Cette infirmière bretonne a révolutionné la prise en charge des enfants avant leur anesthésie »

 Date de publication : 27 octobre 2025 Temps de lecture: 3 min


C’est ce que titre Le Parisien, qui explique : « Fondatrice de l’association Les P’tits Doudous il y a 14 ans, Nolwenn Febvre, infirmière anesthésiste à Rennes (Ille-et-Vilaine), se bat pour réduire les angoisses des enfants avant leur opération ».
Solenne Durox note ainsi que « la quinquagénaire aux yeux bleus […] a changé la vie de millions d’enfants opérés en France grâce à son association Les P’tits doudous. Son arme secrète : l’empathie ».
La journaliste indique que « si elle adore son métier, elle a de plus en plus de mal à faire face aux angoisses des jeunes patients en salle d’opération. […] Les années passant, les pleurs des enfants deviennent omniprésents si bien qu’elle finit par n’entendre plus que ça. Nolwenn souffre en silence. Elle se souvient d’un petit garçon en particulier, avec une fracture du fémur ».
L’infirmière explique : « Il hurlait et je suis arrivée avec mes seringues. Il m’a dit en me regardant droit dans les yeux : moi je ne peux pas dormir sans doudou. Je me suis rendu compte que j’avais tout sauf ce dont il avait besoin ».
Solenne Durox relève que « ce soir-là, Nolwenn est rentrée chez elle, avec l’envie de tout arrêter. Spontanément, elle se rend sur le site Internet de Moulin Roty, une entreprise française spécialisée dans la production de jouets et de cadeaux de naissance. L’infirmière envoie un mail, comme une bouteille à la mer, en leur demandant, vu le contexte à l’hôpital, de lui envoyer «quelques doudous qui traînent». Quelques jours après, elle reçoit un carton avec 100 peluches ».
Nolwenn Febvre déclare : « Je les ai emmenés à l’hôpital et ça a été une révélation ». La journaliste observe que « des sourires se mettent alors à éclairer les visages. L’association Les P’titis doudous est lancée en 2011 ».
Solenne Durox explique qu’« afin de pérenniser la démarche, Nolwenn s’intéresse au contenu des poubelles de l’hôpital où elle découvre des trésors pas toujours valorisés comme les fils de bistouri électrique contenant du cuivre ou les lames de laryngoscope en inox. Avec des collègues, elle se met à les trier pour les vendre auprès de filières de recyclage. Une véritable manne qui lui permet de financer l’association et de nouveaux projets ».
La journaliste retient que « les enfants deviennent ainsi acteurs de leurs parcours hospitaliers. L’initiative rennaise a fait des émules à travers tout le pays, ainsi qu’en Belgique et au Canada. On compte aujourd’hui 165 associations locales, 2500 soignants investis et plus de 300 tonnes de déchets recyclés par an. L’objectif de Nolwenn : atteindre 300 structures d’ici 2028 ».

« “Ils absorbent vos émotions et ne vous jugent pas” : des animaux au service des personnes atteintes de troubles mentaux »

 Date de publication : 30 octobre 2025 Temps de lecture: 2 min


Richard Zarzavatdjian indique dans Le Figaro que « dans les hôpitaux psychiatriques, des professionnels de santé accompagnent leurs patients grâce à la médiation animale ». Le journaliste évoque ainsi l’établissement psychiatrique Sainte-Anne, à Paris, et son « programme de «médiation canine» ».
Il cite Marine Chauveau, infirmière, diplômée de l’Institut français de zoothérapie, qui « quatre fois par mois, depuis trois ans, vient travailler accompagnée de sa petite chienne Talia et, depuis peu, de sa lapine Bella. Une initiative plébiscitée par les patients, jeunes et âgés, et même par les professionnels plutôt hygiénistes de l’établissement qui ont donné leur accord ».
L’infirmière souligne : « Ça apaise les malades, cela revalorise notre travail d’infirmière ». 
Richard Zarzavatdjian note que « d’autres unités qui accueillent des patients souffrant de troubles mentaux (schizophrénie, autisme, dépression, troubles bipolaires) ont suivi le même exemple. À la suite d’un partenariat avec l’école vétérinaire de Marcy-l’Étoile, le Pr Pierre Fourneret, pédopsychiatre aux Hospices civils de Lyon, a mis en place depuis 3 ans une consultation de médiation familiale hebdomadaire avec trois chiens auprès d’enfants hospitalisés pendant plus d’une semaine dans le cadre, par exemple, de troubles autistiques ».
Le médecin précise : « Ça nous permet de changer notre perception d’un enfant agité – qui a pu s’autoréguler en présence de l’animal, alors que l’on pensait le contraire ».
Richard Zarzavatdjian indique que « d’autres expériences autour de structures comme les fermes thérapeutiques voient également le jour. C’est le cas depuis près de 10 ans au cœur de l’établissement psychiatrique de Ville-Évrard, en région parisienne. Les malades, sur prescription de leur médecin référent à l’hôpital, sont orientés vers une ferme située dans l’enceinte de l’établissement, qui accueille une quinzaine d’animaux : ânes, chèvres, poules, colombes, lapins, cochons d’Inde, tortues, chiens… ».
« Autre initiative, l’association entre le GHU Paris Psychiatrie Neurosciences de Sainte-Anne et un club hippique à Liniers, près de Poitiers. Depuis 2021, des patients, victimes de psychotraumatismes (agressions physiques et sexuelles, incestes), vont à la rencontre de chevaux sur une durée de plusieurs jours », continue le journaliste.
Dominique Joaüs, psychologue clinicienne et initiatrice du projet, souligne : « Ils se sentent apaisés, en confiance et en sécurité par rapport à leur vécu ».

Revue de presse santé psy – septembre 2025

« Sommeil des enfants : un pschitt de mélatonine et au lit… Attention ! »

 Date de publication : 1er septembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Axel Favrot observe dans Le Parisien qu’« en gummy ou en pschitt, la mélatonine serait une potion magique pour faire dormir grands et petits. Ces produits en vente libre en pharmacie et en supermarché séduisent aussi les parents mais sont déconseillés pour les enfants », note le journaliste.
Virginie, mère de deux filles de 10 et 15 ans, remarque : « Vous pschittez directement sur la langue et ça fait effet dans le quart d’heure. (…) Ce n’est pas du tout quelque chose de systématique, c’est plutôt aléatoire. C’est même elles qui demandent ».
Axel Favrot indique : « Au fait, c’est quoi la mélatonine, cet ingrédient «magique» ? Une hormone, celle du sommeil. Elle est vendue sous forme de médicaments soumis à prescriptions. Mais également sous des formes plus accessibles, à plus faible dosage, moins de 2 mg par jour. Dans ce cas, on le trouve en vente libre en pharmacie et même en grande distribution ».
« Selon le Synadiet, le Syndicat national des compléments alimentaires, la mélatonine est l’un des ingrédients phare du marché », poursuit le journaliste.
Il souligne cependant que « malgré, ou plutôt à cause de leur accessibilité sans ordonnance, les autorités sanitaires alertent régulièrement sur ces produits qui ne sont pas contrôlés aussi scrupuleusement que des médicaments ».
Axel Favrot rappelle que l’Anses « avait émis un avis en 2018, alertant sur plusieurs cas d’effets indésirables incluant maux de tête, palpitations ou vomissements. Un lien «possible» ou «vraisemblable» avec la consommation de mélatonine n’a cependant pu être attribué qu’à 17 d’entre eux ».
Le journaliste ajoute que « l’Agence déconseille néanmoins leur usage dans plusieurs cas et notamment pour les enfants. Une recommandation également indiquée sur les emballages. (…) Pour les spécialistes du sommeil, le risque principal de la banalisation de la mélatonine est de nuire à l’apprentissage du sommeil ».
Marc Rey, neurologue et président de l’Institut du sommeil et de la vigilance, souligne que « dire à un enfant qu’il a besoin d’un médicament pour dormir, c’est faire le lit de l’insomnie adulte. Le sommeil, c’est quelque chose qui s’apprend ».
Yves Dauvilliers, professeur de neurologie responsable du laboratoire du sommeil du CHU de Montpellier, remarque pour sa part : « Il ne faut pas dire que la solution est médicamenteuse, sinon les gens vont être déçus. (La molécule) n’est pas un vrai somnifère. C’est un facilitateur qui va aider à réguler le rythme biologique sur lequel le sommeil va se caler. Au pire, ça risque de ne rien faire ».

« Déshydratation, troubles psychiques, sommeil perturbé… La chaleur, un fléau sanitaire invisible »

 Date de publication : 3 septembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Olivier Monod souligne dans Libération que « les vagues de chaleur tuent en silence. En Espagne, la canicule qui a sévi du 3 au 18 août a causé plus de 1100 morts, estime l’Institut de recherche en santé publique Carlos-III. Au Royaume-Uni, le premier épisode de surchauffe de fin juin, aurait fait au moins 2300 victimes prématurées dans 12 villes européennes du 23 juin au 2 juillet », selon le Grantham Institute.
Le journaliste observe : « Les chercheurs soulignent que le réchauffement climatique a amplifié cette vague de chaleur de 1 à 4°C. Dès lors, ils avancent que 1500 de ces décès sont imputables au climat ».
Olivier Monod relève qu’« en France, le bilan précis de l’été, le troisième plus chaud jamais enregistré, sera bientôt connu. Santé publique France (SPF) a déjà livré une estimation de l’excès de mortalité lié au premier épisode caniculaire, celui du 19 juin au 6 juillet. Parmi les 480 décès en excès observés, 85% concernaient des personnes âgées de plus de 75 ans ».
« Le dernier bulletin de SPF, en date du 20 août, fait, lui, état d’un «pic» de «286 passages aux urgences et 67 consultations SOS médecins» la semaine du 11 août », poursuit le journaliste.
Il souligne : « Déshydratation, troubles psychiques, sommeil perturbé, beaucoup d’effets de la chaleur sur la santé sont déjà bien connus. Mais, selon Basile Chaix [spécialiste en santé environnementale à l’Inserm], il en reste beaucoup à découvrir ».
L’épidémiologiste indique en effet que « derrière les statistiques globales de décès, il peut, par exemple, y avoir des interactions néfastes entre médicament et températures élevées. Certaines posologies ne sont peut-être pas adaptées à de fortes chaleurs. La concordance de la canicule et de la pollution est aussi à étudier ».
Olivier Monod note que « pour documenter l’exposition réelle à la chaleur, le chercheur a proposé cet été à 180 personnes de porter en permanence une batterie de capteurs sur eux, chez eux, au travail ou dans les transports. […] Les résultats seront connus au printemps ».
Le journaliste indique ainsi que « la recherche continue à explorer l’ampleur des conséquences des canicules. […] Des conséquences tout au long de la vie, c’est justement ce que met au jour une autre étude récente, taïwanaise cette fois. En analysant les données de santé de 25.000 personnes entre 2008 et 2020, les chercheurs ont observé une accélération du vieillissement de l’ordre de 3% par an pour les plus exposées à la chaleur ».

« Observer le cerveau en train de décider »

 Date de publication : 4 septembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Soline Roy note dans Le Figaro : « Que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu’il prend une décision ? Pour répondre à cette question, une douzaine de laboratoires de recherche en neurosciences à travers le monde ont réuni leurs forces. Ils ont établi, pour la première fois, une carte presque exhaustive de l’activité cérébrale de la souris au cours de la prise de décision ».
La journaliste explique que « lancé en 2017 avec 35 millions de dollars donnés par le Wellcome Trust et la Simon Foundation, l’International Brain Laboratory rassemble une vingtaine de laboratoires ».
Alexandre Pouget, professeur à l’université de Genève dans le département des neurosciences fondamentales et cofondateur de l’IBL, indique : « Nous avons passé 4 ans à construire une plateforme d’échanges de données et avons mis en place des protocoles communs : les laboratoires utilisent la même lignée de souris, mènent les mêmes expériences et recueillent les mêmes données ».
Soline Roy évoque ainsi « la publication, dans Nature, de la première carte de l’activité neuronale dans 279 zones du cerveau de la souris, soit 95% de son volume. L’activité cérébrale de 139 souris a été enregistrée par des sondes « neuropixels », qui enregistrent simultanément des centaines de neurones ».
« Les auteurs montrent que de très nombreuses régions cérébrales s’activent et dialoguent tout au long de la prise de décision, et non des zones très spécifiques, contrairement à une idée encore répandue dans le grand public », continue la journaliste.
Elle ajoute que dans « une seconde publication dans Nature, les chercheurs se sont demandé à quel point nos décisions sont empreintes d’a priori. Pour analyser de nouvelles informations, le cerveau déduit des probabilités à partir de ce à quoi il a déjà été confronté. Ainsi, face à une scène visuelle, nous nous attendons à ce qu’elle soit éclairée par le haut comme le fait le soleil ; ce qui donne une étrange beauté aux éclairages de jardin nocturnes lorsque les spots sont posés à terre ».
Soline Roy remarque que « ces résultats pourraient avoir des implications notamment en psychiatrie ».
Alexandre Pouget note que « des chercheurs pensent que des maladies comme la schizophrénie ou la dépression peuvent être liées à un déséquilibre entre ce que l’on attend et ce que l’on perçoit. Par exemple, la dépression pourrait être liée au fait que les patients voient le monde tel qu’il est, mais jamais tel que ce qu’ils en attendent… ».
David Thura, chercheur Inserm au Centre de recherches en neurosciences de Lyon, remarque toutefois que « les structures cérébrales de la souris sont très peu comparables avec celles du primate, on ne peut donc pas faire directement le lien entre ce qui est observé chez la souris et ce qui se passe chez l’humain ».
Tatiana Engel, qui « dirige un des laboratoires ayant coordonné ces travaux », indique pour sa part qu’ils « marquent un début, et non une fin ».

« Contraception, première fois… les médecins influenceurs se chargent de l’éducation sexuelle sur les réseaux »

 Date de publication : 4 septembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Christine Mateus annonce dans Le Parisien qu’« une étude européenne […] pointe la mauvaise place de la France concernant l’éducation des plus jeunes en matière de santé sexuelle et de contraception. Docteurs et gynécologues ont décidé d’occuper le terrain sur les réseaux sociaux pour contrer la désinformation qui y règne ».
La journaliste relève ainsi : « Pas besoin de rester très longtemps sur les réseaux sociaux pour être submergé par les faux mythes sur la santé sexuelle. Or, ces plates-formes sont devenues aujourd’hui la principale source d’information, et souvent de désinformation, chez les jeunes Français ».
Christine Mateus indique que « pour contrer le phénomène, les professionnels de santé sont de plus en plus nombreux à investir ce terrain, au point de devenir de véritables influenceurs chargés de parler à l’oreille des ados ».
La journaliste précise en effet que « l’enquête du Forum parlementaire européen pour les droits sexuels et reproductifs (EPF), avec le soutien du laboratoire Organon, dresse un constat alarmant sur le faible niveau d’éducation contraceptive en France des 18-30 ans ».
« Seuls 24% des jeunes ont cité l’école comme source d’information. Un chiffre bien en dessous de ceux relevés en Finlande (51%) ou en Autriche (53%). Et équivalent, voire inférieur, à des pays moins bien notés, comme la Roumanie (24%) ou l’Italie (28%) », remarque Christine Mateus.
Elle poursuit : « C’est sur les réseaux sociaux que les ados cherchent des réponses à leurs questions. Le succès des médecins influenceurs y est fracassant. Parmi les plus connus, les très médiatiques Drs Jimmy Mohamed […], Michel Cymes ou Marine Lorphelin, ancienne Miss France et médecin. […] D’après une étude de la plate-forme santé Doctolib, 78% des jeunes adultes âgés de 18 à 34 ans suivent au moins un médecin influenceur ».
Le chirurgien gynécologue Olivier Marpeau, alias Mon Gynéco, confirme : « J’ai bien conscience de l’impact et de la responsabilité que cela donne. D’autant que, sur TikTok, mes abonnés sont beaucoup plus jeunes, autour de 15 ans en moyenne ».
« Je n’ai jamais fait de consultations en portant une blouse blanche. Il s’agit d’abolir la distance, sinon on perd en efficacité. C’est la même chose sur mes vidéos où l’on me voit souvent faire la cuisine ou du sport », explique le médecin.
Il ajoute : « Les fake news existent depuis toujours, mais les réseaux sociaux leur ont donné plus d’ampleur. Si elles s’y sont développées, c’est qu’on leur a laissé la place. À nous, médecins, d’y être présents et de rétablir une balance saine ».
La Dre Laure Geisler, généraliste, alias Le Cœur net, remarque : « J’adore mon travail au cabinet face à une seule personne, mais aussi celui que je fais à grande échelle sur ces plates-formes. Ça décloisonne. On y donne aussi une image plus douce des médecins ».
La praticienne souligne : « Toutes les fausses croyances qui touchent la santé des jeunes me sidèrent. J’ai vu passer des choses affreuses sur les réseaux sociaux mais ils permettent aussi de mettre en avant des thèmes qui n’étaient pas abordés, comme la contraception ou, dans un autre domaine, le harcèlement ».

« Douleur au visage, bras, jambes : l’effet placebo agit de manière localisée et ça se voit dans le cerveau »

 Date de publication : 5 septembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Camille Gaubert remarque dans Sciences et Avenir que « nous pourrons peut-être bientôt soulager la douleur de façon ciblée selon la zone du corps en souffrance grâce à l’effet placebo juste en stimulant finement notre cerveau. Car à sa base, dans notre tronc cérébral, de minuscules zones ont justement cette capacité analgésique sélective, décrit une nouvelle étude publiée dans Science ».
La journaliste explique que « sur les joues, les avant-bras ou les mollets, 93 personnes reçoivent des stimuli modérément douloureux. Juste avant, les chercheurs leur ont appliqué soit de la vaseline, soit une crème antidouleur… Ou du moins est-ce ce qu’ils croient ! ».
« En réalité, les deux crèmes, bien que d’apparence différente, sont de la vaseline. Pourtant, les cerveaux de la moitié des participants s’activent différemment lorsqu’ils pensent avoir reçu la crème analgésique. C’est justement ce que recherchent les scientifiques : observer l’effet placebo en action », note Camille Gaubert.
Elle précise que « c’est dans le tronc cérébral que tout se joue, dans une zone de 10 à 12 mm de longueur sur 3 de diamètre, nommée substance grise périaqueducale (ou SGPA), qui elle-même communique avec une autre juste en dessous appelée la moelle allongée ».
Lewis Crawford, neuroscientifique à l’Université de Sydney (Australie), premier auteur, indique que « la voie qui relie cortex – SGPA – moelle allongée – moelle épinière ou noyau spinal du trijumeau est considérée comme la principale voie descendante par laquelle les humains peuvent directement moduler la douleur ».
Camille Gaubert relève que « sous l’influence de petites protéines – des peptides – produits par la SGPA, des cellules spécialisées de la moelle allongée inhibent ou amplifient le signal de douleur en aval. Un circuit dont on ne soupçonnait pas qu’il pouvait agir de façon localisée, sur une partie du corps en particulier ».
Lewis Crawford poursuit : « Nous montrons que ce circuit bien connu contient une carte approximative du corps permettant de provoquer une analgésie spécifique à une région donnée ».
La journaliste indique qu’« au sein de la moelle allongée et de la SGPA, les chercheurs constatent que les effets placebo générés lorsque la douleur était appliquée au visage, aux bras ou aux jambes activaient trois différentes sections ».
« Des sous-unités cérébrales si petites que leur étude a nécessité du matériel de pointe, à savoir une IRM fonctionnelle créant un champ magnétique de 7 teslas, permettant de faire passer la résolution de 8 (avec une IRMf 3 Tesla) à 1,2 millimètre cube », continue Camille Gaubert.
Elle ajoute que « ces travaux peuvent avoir des implications importantes pour le traitement des douleurs chroniques, en stimulant directement la bonne zone cérébrale pour provoquer un effet placebo localisé ».
Lewis Crawford remarque ainsi que « si nous parvenons à déterminer quelle partie du cortex cérébral est projetée vers la partie rostrale ou caudale du SGPA, nous serons alors en mesure de stimuler spécifiquement un circuit analgésique du visage ou du corps. Cela pourrait révolutionner le traitement personnalisé de la douleur chronique ».

« Autisme : pas de preuve d’efficacité pour les thérapies alternatives »

 Date de publication : 10 septembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Delphine Chayet observe dans Le Figaro : « De la musicothérapie aux oméga-3, en passant par l’ocytocine, la mélatonine ou l’acupuncture, les thérapies complémentaires et alternatives sont très utilisées dans le champ de l’autisme. Jusqu’à 90% des personnes concernées y auraient recours à un moment de leur vie, selon certaines études ».
Corentin Gosling, chercheur au service de pédopsychiatrie de l’hôpital Robert-Debré, et maître de conférences à l’université Paris-Nanterre, déclare que « ce taux est très élevé, sans doute parce que les familles ont des doutes sur l’efficacité des interventions conventionnelles ou qu’elles ont des difficultés à y accéder. Mais il n’est pas évident de savoir dans quelle mesure ces stratégies ont fait leurs preuves ».
La journaliste fait savoir que « le neuropsychologue a conduit avec d’autres chercheurs une étude de synthèse dite «revue parapluie», pour laquelle ils ont examiné toute la littérature scientifique sur les effets de ces thérapies proposées hors du sys­tème classique ».
Delphine Chayet explique ainsi qu’« environ 250 méta-analyses – des études regroupant elles-mêmes le résultat de nombreuses recherches – ont été incluses. Les chercheurs ont sélectionné les articles les plus solides. Au total, 19 thérapies alternatives ont ainsi été passées au crible ».
La journaliste retient que dans ce travail paru dans Nature Human Behaviour, « les chercheurs indiquent n’avoir trouvé «aucune preuve solide» permettant d’étayer l’efficacité de ces interventions ».
Corentin Gosling indique : « Certaines ont des résultats prometteurs, mais la qualité de la démonstration est très faible, souvent en raison d’un petit nombre de participants ou de risques importants de biais dans les études ».
La journaliste précise que « parmi les 19 interventions examinées, l’ocytocine est la seule bénéficiant d’une démonstration de qualité jugée modérée. Or son impact est faible sur les comportements répétitifs et intérêts restreints des adultes de plus de 20 ans ».
« Les chercheurs font un autre constat : moins de la moitié des thérapies alternatives ont fait l’objet d’une évaluation de tolérance ou de sécurité », ajoute Delphine Chayet. Ils soulignent ainsi que « ce manque de connaissances est très préoccupant s’agissant d’interventions présentant des effets indésirables potentiels, et qui sont proposées à un public large ».
La journaliste note enfin que « les scientifiques présentent leurs résultats sur un site internet (EBIA-CT Database) accessible gratuitement au grand public ». Corentin Gosling indique que « notre objectif est de mettre à la disposition des médecins, des personnes autistes et de leurs familles une information fiable afin d’éclairer la prise de décision ».

« L’insomnie chronique pourrait favoriser le vieillissement du cerveau »

 Date de publication : 11 septembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Elisa Doré indique en effet dans Le Figaro qu’« une équipe américaine pointe une association entre une dette de sommeil chronique et un vieillissement cérébral accéléré ».
Diego Carvalho, neurologue à l’hôpital de Rochester, qui a mené cette étude parue dans Neurology, remarque que « si le lien de causalité reste à démontrer, ces données renforcent l’importance de traiter l’insomnie chronique, non seulement pour améliorer la qualité du sommeil, mais aussi potentiellement pour préserver la santé cérébrale avec l’âge ».
La journaliste explique que « son équipe a suivi 2750 volontaires, âgés en moyenne de 70 ans, durant un peu plus de 5 ans et demi. Au moment du recrutement, les participants étaient tous en bonne santé cognitive, mais 16% d’entre eux présentaient un diagnostic d’insomnie chronique ».
Elisa Doré note que « chaque année, tous les participants ont passé des tests cognitifs qui ont permis d’évaluer leurs capacités de réflexion et de mémoire. Ils ont également réalisé des examens d’imagerie pour rechercher d’éventuels biomarqueurs du déclin cognitif, comme la présence de plaques amyloïdes, des protéines qui s’agrègent de façon anormale dans le cerveau de personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ».
La journaliste retient que « 14% des personnes insomniaques ont développé des troubles cognitifs légers ou une maladie neurodégénérative, contre 10% dans le groupe témoin. Après ajustement des données en fonction de l’âge, et d’autres facteurs tels que l’hypertension, le diabète ou encore la prise de somnifères, les chercheurs ont conclu que l’insomnie chronique augmentait de 40% le risque de déclin cognitif ».
« Un risque d’autant plus élevé chez les porteurs du gène APOE 4 (un facteur de risque génétique de la maladie d’Alzheimer) qui présentaient un déclin plus marqué de la mémoire et des capacités de réflexion lorsqu’ils souffraient aussi d’insomnie », note Elisa Doré.
La journaliste ajoute que « les participants insomniaques ont été classés selon leurs habitudes de sommeil déclarées dans les 2 semaines précédant le début de l’étude : ceux qui avaient moins dormi que d’habitude, et ceux qui avaient dormi davantage ».
« Dès le départ et jusqu’à la fin du suivi, ceux du premier groupe présentaient des performances cognitives plus faibles et davantage de lésions cérébrales. […] Ils avaient dans le cerveau plus de plaques amyloïdes, mais aussi plus de signaux d’hyperintensités dans la substance blanche, des lésions des petites artères cérébrales considérées comme un facteur majeur de risque d’AVC et de déficit cognitif », poursuit Elisa Doré.
Elle relève que « les insomniaques qui dormaient plus que d’habitude présentaient moins de lésions tout au long du suivi ».
Rémy Genthon, directeur scientifique de la Fondation Recherche Alzheimer, réagit : « Comme on le soupçonnait depuis longtemps, avec plusieurs études à l’appui, ces résultats suggèrent que l’insomnie n’a pas seulement un impact sur le confort de vie mais qu’elle peut fortement contribuer à accélérer la dégradation de la santé cérébrale ».
Le spécialiste rappelle toutefois que « les maladies d’Alzheimer évoluent pendant près de 20 ans avant que les premiers symptômes cognitifs apparaissent et conduisent au diagnostic. Il est donc très difficile de savoir si l’insomnie chronique est une cause de maladie neurodégénérative, ou symptomatique de son installation ».

« Alcool, tabac, cannabis : des comportements à risque en recul chez les jeunes de 16 ans »

 Date de publication : 11 septembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Mattea Battaglia observe dans Le Monde qu’« alors que les voyants clignotent au rouge concernant la consommation de drogues, notamment de psychostimulants, chez les jeunes adultes, les résultats de l’enquête ESPAD (pour « European School Survey Project on Alcohol and Other Drugs »), qui concerne les mineurs de 16 ans, diffusés […] par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), ont quelque chose de «très encourageant» ».
La journaliste indique ainsi : « Que ce soit pour le tabac, pour le cannabis ou, dans une moindre mesure, pour l’alcool, les comportements à risque des lycéens interrogés sont en recul en 2024 ; ils sont aussi, souvent, moins fréquents ou moins partagés chez les adolescents français que dans d’autres pays ».
Mattea Battaglia précise que « pour le tabac, la France se positionne parmi la dizaine de pays, principalement nordiques, comptant le moins de fumeurs quotidiens à l’adolescence (moins de 5%). Si ces jeunes sont 1 sur 5 à avoir déjà expérimenté le tabac à 16 ans, la part de ceux fumant tous les jours a été divisée par 5 depuis 2015 (passant de 16% environ à 3,1%) ».
« Concernant le cannabis, la courbe est qualifiée par l’OFDT de «spectaculaire» : l’initiation à ce produit a été divisée par 3 en 10 ans, passant de 31% à 8,4%. Des niveaux qui placent la France dans le tiers des pays les moins expérimentateurs. L’usage au cours du mois qui a précédé l’enquête est, lui, passé de 17% à 4,3% », ajoute la journaliste.
Elle relève que « pour ce qui est des autres drogues illicites (cocaïne, MDMA/ecstasy, kétamine, héroïne, LSD…), […] l’expérimentation concerne 3,9% des adolescents en 2024, contre 7,5% en 2015. La France se place, pour cet indicateur encore, dans le groupe des pays où les niveaux sont inférieurs à 5% ».
Mattea Battaglia constate que « concernant le tabagisme, les actions publiques volontaristes mises en place sont saluées pour leur efficacité (augmentation des prix du tabac, interdiction de vente aux mineurs, messages sanitaires, Mois sans tabac, zones sans tabac…) ».
La journaliste évoque en outre l’alcool, « un «point de vigilance» pour l’OFDT. A 16 ans, près de 7 jeunes sur 10 en ont déjà fait l’expérience, les jeunes filles étant désormais plus nombreuses dans ce cas (70%) que les garçons (67%). Près d’un quart (22%) ont déclaré un épisode d’alcoolisation ponctuelle importante (ou « API », soit au moins 5 verres consommés en une occasion) dans le mois qui a précédé l’enquête ».
« Certes, les deux tiers des pays participants affichent des ratios supérieurs, et les niveaux tendent à diminuer depuis 15 ans, mais ces données n’en sont pas moins alarmantes », souligne Mattea Battaglia.
Nicolas Prisse, président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), souligne quant à lui qu’« on progresse, mais 15-16 ans reste l’âge des premiers usages ; or c’est bien à ces âges-là que l’on observe les effets les plus délétères sur un cerveau encore en maturation – il l’est jusqu’à 25 ans –, avec des risques d’addictions et des conséquences sur la réussite scolaire et la santé mentale ».

« “Poison” de la jeunesse : ce que contient le rapport choc de la commission sur TikTok »

 Date de publication : 11 septembre 2025 Temps de lecture: 3 min


C’est ce que titre Le Parisien, qui indique qu’« après 6 mois d’auditions, la commission sur l’impact psychologique du réseau préféré des ados rend ses conclusions. Elle demande l’interdiction aux moins de 15 ans et un couvre-feu numérique ».
Elsa Mari explique que « devant les députés, il y a eu des psys, des sociologues, des chercheurs, au constat implacable sur les dangers du réseau social préféré des jeunes. Puis des idoles controversées des ados : Nasdas, Adrien Laurent, Alex Hitchens, sommés de s’expliquer sur leurs discours sexistes, masculinistes, parfois violents, diffusés auprès de millions d’abonnés ».
La journaliste note qu’« après 95 heures d’audition, 178 personnes entendues par 28 députés, la commission rend ce jeudi un rapport inédit à la sulfateuse contre TikTok. «Fabrique du mal-être», «poison lent», «engrenage mortel»… Ce «J’accuse» de 300 pages étrille un algorithme sadique, l’inaction de la plate-forme, sa spirale de contenus néfastes ».
Elsa Mari indique que le rapport « livre aussi 43 recommandations pour mieux protéger les jeunes de TikTok et des réseaux sociaux ».
La rapporteure Laure Miller, députée Ensemble pour la République, déclare ainsi : « Nous allons initier une coalition transpartisane pour les transformer en loi. Nous avons besoin d’un électrochoc. Il y a urgence ! ».
La journaliste retient que « la commission veut interdire aux moins de 15 ans l’inscription sur TikTok, Instagram, Snapchat, aujourd’hui fixé à 13 ans par les plates-formes, mais sans réel contrôle. Une disposition déjà présente dans la loi sur la majorité numérique de 2023 sauf qu’aucun décret d’application n’a vu le jour car l’Union européenne la jugeait contraire à ses règlements. Mais la position des institutions du Vieux continent a évolué. Une solution est même recherchée pour pouvoir vérifier l’âge des internautes ».
Elsa Mari remarque de plus que « la commission préconise un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans de 22 heures à 8 heures du matin », rappelant que « 70% des ados, selon le ministère de la Santé, ne dorment pas assez ».
Elle continue : « La commission veut aussi supprimer le smartphone au lycée dès janvier. […] La commission milite pour l’inscription de messages de prévention concernant le danger des réseaux sur le carnet de santé ».
Le Figaro titre quant à lui : « «Sortir nos enfants du piège algorithmique de TikTok» : le rapport parlementaire choc qui veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ».
Agnès Leclair relève aussi : « Tutoriels pour se suicider, «influenceurs » en scarification, incitations à l’anorexie, romantisation des propos misogynes et extrémistes… Le rapport dresse un tableau glaçant des contenus proposés aux plus jeunes pour retenir leur attention ».
La journaliste observe que « le rapport insiste sur la nécessité d’un signal fort ». La députée Laure Miller indique qu’« en dessous d’un certain âge, les réseaux sociaux […] sont néfastes sur la santé mentale. Il est temps de poser une règle claire au sein de notre société pour en faire prendre conscience ».
Agnès Leclair note que « l’élue appelle aussi à une meilleure formation des professionnels de santé qui soignent les plus jeunes ». Laure Miller observe : « Ils n’ont pas encore le réflexe de demander aux jeunes qui les consultent quel est leur usage des réseaux sociaux alors que c’est l’éléphant au milieu de la pièce ».

« “Elle a des hématomes au bras ?” : dans les coulisses du 119, numéro d’urgence de l’enfance en danger »

 Date de publication : 18 septembre 2025 Temps de lecture: 2 min


Bérangère Lepetit livre dans Le Parisien un reportage au sein de la plate-forme téléphonique, relevant que « le numéro d’urgence de l’enfance en danger, le 119, lance une nouvelle campagne ».
La journaliste explique en effet que la plate-forme téléphonique est « confrontée ces dernières années à une hausse continue des sollicitations (40.000 en 2024), de l’ordre de 10% chaque année. De leur bureau, dans cet open space du nord de la capitale, les 6 psychologues, juristes et travailleurs sociaux de l’après-midi négocient en direct avec les parents, écoutent les grandes et les petites peurs, délient les langues des enfants partout en France (12 à 15% des appelants) ».
Bérangère Lepetit note que « ces derniers temps, ils doivent de plus en plus intervenir en cas de cyberharcèlement. Cette semaine, avec la nouvelle campagne du 119 diffusée jusqu’à fin octobre dans les cinémas, mais aussi sur les réseaux sociaux, à la radio, dans certains podcasts, on s’attend à un nouveau pic d’appels ».
La journaliste indique que « l’objectif de la nouvelle campagne […] est de faire prendre conscience à l’ensemble de la population qu’elle a un rôle à jouer dans la protection des enfants maltraités : aussi bien à l’école, que dans les commerces, dans le quartier ».
Bérangère Lepetit remarque notamment que « ce qui marche de plus en plus, notamment chez les adolescents, c’est le tchat du 119, accessible aux moins de 21 ans et qui connaît ces temps-ci une très forte fréquentation pour ceux qui peinent à parler à quelqu’un directement au téléphone ».

« Maladie d’Alzheimer : les cinq signes qui doivent alerter »

 Date de publication : 22 septembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Elsa Mari remarque dans Le Parisien qu’« Alzheimer fait peur, au point d’entraîner des retards de diagnostics en cascade. Déni, refus de consulter, formes différentes, parcours médical complexe… Seulement 34% de patients sur près d’un million seraient diagnostiqués, selon une enquête nationale inédite de la Fondation recherche Alzheimer menée avec Ipsos BVA ».
La journaliste indique que « si cette pathologie ne se guérit pas, antidépresseurs, kiné et aide à domicile améliorent nettement la vie des malades ». Elle livre « les symptômes qui doivent alerter ».
Elsa Mari explique tout d’abord : « Soudain, votre père préfère rester dans le fauteuil du salon plutôt qu’arracher les mauvaises herbes de son potager adoré. Au fil du temps, il a de plus en plus souvent le regard dans le vide, n’attendant rien, absent à lui-même et aux autres ».
Jean-Luc Angélis, directeur de la Fondation Recherche Alzheimer, précise ainsi : « On a tous des milliers de dizaines de protéines dans le cerveau. Deux entrent en cause dans cette maladie. La première protéine va s’agréger et former des plaques séniles qui vont étouffer les neurones, la deuxième va désorganiser l’axone, le filament entre les neurones. À un moment, le cerveau attaqué n’arrive plus à compenser, il tourne à faible régime, c’est l’état dépressif, le premier signe de la maladie ».
Elsa Mari continue : « Qu’est-ce que j’ai mangé à midi ? Ces trous de mémoire sont fréquents, banals, même ».
Le Pr Marie Sarazin, neurologue au centre expert de l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, explique que « le cerveau n’est pas un ordinateur, il est normal de ne pas se souvenir de tout. Dans le cas d’Alzheimer, il s’agit davantage d’oubli immédiat, c’est ce qu’on appelle la mémoire du fur et à mesure ».
La journaliste indique que « dans Alzheimer, le malade ressent un fond d’inquiétude mais il va mettre ces oublis sur le compte de l’âge. C’est ce qu’on appelle « l’anosognosie » : l’entourage se rend compte de ses troubles, pas lui. Il n’est pas évident de faire le lien avec la maladie d’Alzheimer car ces oublis peuvent aussi s’expliquer par la fatigue, le stress, les troubles du sommeil ».
Elsa Mari relève en outre que « la pathologie débute par des difficultés à s’exprimer chez ceux qui ont des formes plus atypiques. […] Termes mal prononcés, phrases mal tournées, mots que l’on cherche… soyez vigilant. [Le Pr Sarazin] s’étonne de voir des patients débarquer dans son cabinet à des stades très avancés de la maladie, au point de ne plus réussir à parler, ou presque ».
La journaliste remarque enfin que « dans la deuxième phase de la maladie, les patients ont du mal à se repérer », et note que « la maladie peut altérer la personnalité. Les uns peuvent devenir «doux comme des agneaux», décrit Jean-Luc Angélis. C’est le papy dur et inflexible qui devient affable et bienveillant. D’autres, au contraire, peuvent avoir des comportements agressifs, liés à de la peur ».
Jean-Luc Angélis souligne ainsi : « Il ne faut pas hésiter à leur prendre la main, à être là pour eux car beaucoup sont perdus. Donnez-leur beaucoup d’amour ».

« Le suicide, première cause de mortalité maternelle jusqu’à un an après la grossesse »

 Date de publication : 23 septembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Christine Mateus remarque dans Le Parisien que « dans l’inconscient collectif, il est difficile […] de concevoir qu’une femme aille mal alors qu’elle vient de mettre au monde un enfant. Et pourtant, le suicide est la première cause de mort maternelle dans l’année qui suit la naissance du bébé, devant les maladies cardiovasculaires ».
La journaliste souligne que cette « situation fait de la France une exception au sein des pays européens, puisque, contrairement à eux, ces décès ne régressent pas dans l’Hexagone depuis le début des années 2000 ».
Christine Mateus rappelle ainsi que « selon le 7e rapport de l’ENCMM (l’Enquête Nationale Confidentielle sur les Morts Maternelles), ce sont 17 suicides maternels de cause psychiatrique qui ont lieu chaque année. Soit, une femme toutes les trois semaines ».
La journaliste fait savoir que « ce mardi, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) examinera en séance plénière, un projet d’avis avec 23 préconisations. Elles visent à alerter et à lutter contre les inégalités en matière de santé vécues par les femmes durant la période périnatale, et pointe en particulier les manquements quant à la prise en charge de leur santé mentale ».
« Si le texte est voté, il sera remis, notamment, au ministre de la Santé et aux élus des collectivités », précise Christine Mateus.
Marie Josée Balducchi, co-rapporteure, déclare que « 60% de ces décès sont évitables. Ce qui nous met en colère, c’est que l’outil pour les prévenir existe déjà avec la politique gouvernementale des 1000 premiers jours, conçue autour des besoins de l’enfant et de ses parents (depuis 2021). Mais elle n’est pas suffisamment appliquée, voire en sommeil ».
Christine Mateus indique que « l’une des préconisations du CESE est ainsi de renforcer la prévention des gestes suicidaires des mères, en systématisant et en finançant une coordination renforcée des services de santé périnatals avec les médecins généralistes, les services de soins psychiatriques et les autres acteurs et actrices de santé en contact avec les femmes ».
Santé publique France explique en effet que « l’échange d’informations et de coordination des soins entre l’équipe de la maternité et les autres acteurs de soin est un facteur majeur d’évitabilité du décès chez les femmes atteintes d’une pathologie somatique ou psychiatrique préexistante ou découverte en cours de grossesse ».
La journaliste poursuit : « 70% des femmes connaissent les symptômes du « baby blues » dans les jours qui suivent l’accouchement, mais 1 mère sur 5 et 1 père sur 10 connaissent une véritable dépression post-partum ».
Christine Mateus précise que « les différents facteurs de risque du suicide maternel en France comme à l’international sont […] la précarité, l’isolement, des événements de vie douloureux, des antécédents psychiatriques et des complications pendant la grossesse ou l’accouchement ».
La journaliste cite en outre Anouk Ullern, autre co-rapporteure, qui « encourage les jeunes mères à parler de leurs difficultés, «malgré cette injonction à être heureuse qui ne fait que renforcer leur culpabilité» ».

« Pensées suicidaires, troubles sexuels : information renforcée sur les effets secondaires des médicaments contre la calvitie »

 Date de publication : 26 septembre 2025 Temps de lecture: 2 min


Libération fait savoir que « les autorités sanitaires européennes ont renforcé les informations liées aux effets secondaires d’un médicament utilisé contre la chute des cheveux, le finastéride ».
Le journal explique en effet qu’« à la demande de l’ANSM, l’Agence européenne du médicament (EMA) a réévalué les bénéfices et les risques du finastéride et du dutastéride, appartenant à la même classe pharmacologique que le finastéride, l’un des traitements les plus connus contre la calvitie chez l’homme ».
Le quotidien observe que « les pensées suicidaires ont été confirmées comme effet secondaire du finastéride. L’EMA a par conséquent pris des mesures pour limiter ce risque. Un avertissement concernant les troubles de l’humeur, incluant la dépression, l’humeur dépressive et les pensées suicidaires, figure d’ailleurs déjà dans les informations sur le finastéride. Les patients qui présentent des changements d’humeur doivent consulter un médecin et, s’ils prennent du finastéride 1 mg, interrompre le traitement ».
Libération relève qu’« une nouvelle précision s’ajoute à présent aux notices des comprimés de finastéride (dosage 1 mg) : si les personnes qui en consomment présentent des troubles sexuels, comme une baisse de libido ou une dysfonction érectile, il sera mentionné qu’ils doivent consulter un médecin, ces effets pouvant contribuer à des changements de l’humeur ».
Le quotidien ajoute qu’« il n’a en revanche pas été possible d’établir un lien entre les pensées suicidaires et le dutastéride. Malgré tout, sa notice comportera aussi, par mesure de précaution, des informations sur le risque possible de troubles de l’humeur, y compris des pensées suicidaires ».
Libération note que de son côté, « l’ANSM considère, sur la base d’une expertise de pharmacovigilance, que ces mesures prévues au niveau européen «ne suffisent pas à réduire efficacement le risque d’idées suicidaires». […] Elle préconise notamment qu’en cas de traitement prolongé par finastéride, «une réévaluation de sa pertinence» soit régulièrement réalisée lors d’une consultation médicale ».

« “On confond parfois l’expression d’un mal-être chez les jeunes avec la dépression” : la tribune d’un collectif de psychiatres »

 Date de publication : 26 septembre 2025 Temps de lecture: 3 min


Le Monde publie une tribune d’un collectif de psychiatres et de chercheurs, qui « invite à la prudence face aux autodiagnostics [de dépression chez les jeunes] et insiste sur l’importance de définir un protocole rigoureux, seule manière d’apporter aux patients une aide adéquate et d’éviter la surmédicalisation ».
Les signataires observent qu’« un jeune sur quatre en France souffrirait de dépression. Ce fait alarmant […] provient d’une enquête de l’Institut Montaigne, de la Mutualité française et de l’Institut Terram. Basée sur un questionnaire en ligne rempli par 5633 jeunes de 15 à 29 ans, elle révèle une souffrance réelle avec une fatigue persistante pour plus de huit jeunes sur dix, des troubles du sommeil pour près des trois quarts et des idées suicidaires pour 31% d’entre eux ».
« Ces chiffres reflètent-ils pour autant une épidémie de troubles dépressifs ? Non, car ils confondent l’expression d’un mal-être avec une pathologie, dont le diagnostic est délicat et basé sur un entretien clinique. Cette distinction est cruciale pour éviter une surmédicalisation et maintenir la confiance dans les études en santé mentale », soulignent-ils.
Les signataires relèvent que « cette généralisation ignore le travail diagnostique essentiel, qui va bien au-delà d’un score sur un questionnaire. Le diagnostic d’une dépression nécessite une anamnèse approfondie, c’est-à-dire une exploration détaillée de l’histoire personnelle du patient. […] Un entretien clinique structuré, mené par un médecin formé, évalue l’intensité et la durée des symptômes et leur impact sur le quotidien scolaire, social et familial ».
« Sans cela, on risque de confondre la dépression avec des manifestations de détresse psychologique liées à des événements de vie ou à des périodes de transition comme l’adolescence. Le risque est aussi d’attribuer ces symptômes de façon erronée à une dépression alors que des signes de détresse psychologique peuvent révéler d’autres troubles psychiques : états traumatiques, troubles anxieux, conséquences psychologiques de troubles du neurodéveloppement », précisent-ils.
Ils ajoutent qu’« apposer des termes comme « dépression » ou « trouble dépressif » sur des autoévaluations rapides banalise la maladie, encourage une identification erronée de celle-ci à un autodiagnostic et peut dissuader ceux qui en souffrent vraiment de chercher une aide appropriée ».
Ils notent que « les chiffres de cette enquête plaident avant tout pour le développement d’une réelle politique de prévention des déterminants personnels et psychosociaux qui font le lit de futurs troubles psychiatriques. Ils incitent aussi à développer des dispositifs d’évaluation et d’intervention pertinents. Cela implique l’accès rapide à des professionnels formés à l’évaluation clinique ».


« Heureusement, les politiques de prévention des risques ont un effet », continue Olivier Monod. Gilles Moalic, chef du service des urgences à l’hôpital d’Angoulême, relève ainsi : « On ne reçoit plus de patients avec des déshydratations très importantes, comme en 2003. Les zones de fraîcheurs dans les Ehpad, le plan bleu, portent désormais leurs fruits ».
Le praticien ajoute qu’« il va falloir vraiment réfléchir à l’architecture des hôpitaux face à la chaleur ».

Revue de presse santé psy – juin 2025

« « Complètement endoctrinés » : des nutritionnistes alertent sur l’impact des réseaux sociaux sur l’alimentation des jeunes »

 Date de publication : 3 juin 2025 Temps de lecture: 4 min


« Glorification de contenus axés sur la maigreur et promotion de fausses informations en nutrition… les réseaux sociaux contribuent, chez des jeunes déjà fragilisés, au développement de troubles des conduites alimentaires (TCA) et complexifient leur prise en charge », indique Le Parisien.
« On ne traite plus un TCA sans aborder les réseaux sociaux. Ils sont devenus un facteur déclencheur, un accélérateur certain et un obstacle à la guérison », résume Carole Copti, diététicienne-nutritionniste à Paris.
« En France, près d’un million de personnes souffrent d’anorexie mentale, de boulimie nerveuse, ou d’hyperphagie boulimique, particulièrement des femmes âgées de 17 à 25 ans », rappelle en préambule le journal. Les réseaux sociaux, « ce n’est pas la cause mais c’est la goutte d’eau qui peut faire déborder le vase », explique Nathalie Godart, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent à la Fondation Santé des Étudiants de France.
« À travers la promotion de la maigreur, d’une alimentation ultra-contrôlée, et d’une activité physique acharnée, les réseaux sociaux fragilisent les personnes déjà vulnérables et  amplifient les menaces sur la santé des jeunes », ajoute-t-elle. « À l’exemple de la tendance #skinnytok qui regorge d’injonctions violentes, culpabilisantes et dangereuses, incitant à réduire drastiquement son alimentation », souligne Le Parisien.
« Pour Charlyne Buigues, infirmière spécialisée dans les TCA, les réseaux sociaux sont « une porte d’entrée » vers ces troubles, qui y sont « banalisés » », reprend l’article. « La prise de laxatifs ou les vomissements sont présentés comme un moyen tout à fait légitime de perdre du poids, alors que le risque est de faire un arrêt cardiaque », rappelle l’infirmière.
Carole Copti évoque  un « engrenage » : « Les personnes souffrant de TCA ont souvent une faible auto-estime. Mais en exposant leur maigreur causée par l’anorexie sur les réseaux sociaux, elles vont cumuler des abonnés, des vues, des likes… et cela va entretenir leurs troubles et prolonger la phase de déni », explique-t-elle.
« D’autant plus que certains contenus vont être monétisés. Charlyne Buigues raconte ainsi qu’une jeune femme qui se filme régulièrement en live sur TikTok en train de vomir « expliquait être rémunérée par la plateforme, ce qui lui permettait de financer ses courses » », fait savoir le journal.
« Et même lorsque les personnes s’engagent dans un processus de guérison, les réseaux sociaux rendent la prise en charge « plus dure, plus complexe et plus longue » », prévient Carole Copti. « En cause : les fausses informations en nutrition qui pullulent sur les plateformes et que les jeunes tiennent pour vraies », souligne l’article.
« La consultation, c’est un peu devenu mon procès. Je dois sans cesse me justifier et batailler pour leur faire comprendre que non, il n’est pas possible de tenir en ne mangeant que 1000 calories par jour — la moitié de leurs besoins — ou que non, ce n’est pas normal de sauter des repas », développe la diététicienne-nutritionniste.
« Les patients sont complètement endoctrinés et je ne fais pas le poids, moi, avec ma consultation de 45 minutes par semaine, face à des heures passées quotidiennement sur TikTok », souffle-t-elle.
Nathalie Godart alerte sur « la prolifération de « pseudo-coaches » qui partagent des conseils « aberrants », qui pourraient s’apparenter à « de l’exercice illégal de la nutrition » ».
« La parole de ces influenceurs pèse beaucoup plus que celle des institutionnels. On rame constamment pour passer des messages simples sur l’alimentation », déplore-t-elle
« Les contenus restent en ligne et les comptes ne sont que rarement suspendus, c’est vraiment fatigant», confie Charlyne Buigues. « L’infirmière en arrive ainsi à conseiller à ses patients de supprimer certains réseaux, notamment TikTok », note Le Parisien. « Ça peut paraître radical mais tant que les jeunes ne seront pas mieux informés, l’application est trop dangereuse », soutient-elle.

« Les drogues de synthèse font peser un risque sanitaire inédit sur l’Europe »

 Date de publication : 6 juin 2025 Temps de lecture: 3 min


Thomas Saintourens rend compte dans Le Monde du rapport annuel de l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA), qui « ressemble à un «état de la menace», comme peuvent en produire habituellement les services d’enquête. Sauf que, dans ce cas, il ne s’agit pas des corollaires violents du narcotrafic, devenu un sujet de préoccupation politique majeur, mais bien des risques sanitaires ».
Alexis Goosdeel, directeur exécutif de l’agence, souligne ainsi que « dans un contexte (…) d’évolution rapide des tendances en matière de drogues, l’Europe est confrontée à de multiples défis qui mettent ses citoyens en danger. L’essor de substances très puissantes et la complexité croissante des modes de consommation mettent à rude épreuve les systèmes de santé et de sécurité ».
Le journaliste souligne que « le marché des substances stupéfiantes mis en lumière par le rapport de l’EUDA est particulièrement volatil. Il s’adapte en continu, au gré des vicissitudes de la géopolitique, des évolutions législatives, ou encore des innovations scientifiques. Cette photographie d’une réalité en mouvement détaille la diffusion de molécules qui sont vendues à la place d’autres produits à des consommateurs qui, par conséquent, ne connaissent pas leur puissance ».
Le document indique notamment que « face à la disponibilité de nouveaux opioïdes synthétiques puissants, tels que les nitazènes, dans l’Union européenne et à leurs risques sanitaires graves, il est essentiel d’améliorer la capacité de l’Europe à identifier de nouvelles substances, à déterminer la pureté des drogues et à réaliser un profilage pharmacologique afin de clarifier les substances commercialisées ».
Thomas Saintourens ajoute que le rapport « met en garde face à la disponibilité croissante des cathinones de synthèse, aux «importations et saisies sans précédents» : 37 tonnes de ces stimulants (parmi lesquels figure notamment la 3-MMC) ont été saisies en 2023 en Europe, contre 4,5 tonnes en 2021. La «famille» de ces drogues s’est élargie de 7 nouveaux membres, détectés par le programme européen de détection rapide, portant le nombre total de cathinones observées à 178 ».
« Le rapport insiste sur la menace plus diffuse des opioïdes de synthèse, en particulier des nitazènes, en Europe. En 2024, la totalité des nouveaux opioïdes de synthèse notifiés par le programme européen de détection rapide appartenaient à cette famille de drogues très puissantes. L’agence européenne spécialisée s’inquiète de la plus grande disponibilité de ces molécules, notamment sous la forme de faux médicaments », 
continue le journaliste.
Il relève en outre que « les pages relatives au cannabis amènent, elles aussi, sur le terrain des manipulations chimiques. La drogue la plus consommée en Europe (24 millions d’adultes en ont fumé en 2024) est vendue dans des versions « boostées » particulièrement dangereuses. Selon les données de l’EUDA, le taux moyen de THC de la résine de cannabis a doublé sur la dernière décennie, pour atteindre désormais les 23% ».

« Covid-19 : ces impacts du premier confinement sur notre cerveau »

 Date de publication : 11 juin 2025 Temps de lecture: 3 min


Nicolas Berrod annonce dans Le Parisien qu’« une nouvelle étude […] a identifié une zone du cerveau qui pourrait être à l’origine de la détérioration de notre santé mentale au début de la pandémie ».
Le journaliste rappelle en effet que « l’évolution des troubles psys depuis 2020 en France fait froid dans le dos, notamment chez les jeunes filles et les jeunes femmes. Depuis le Covid, le nombre de celles hospitalisées pour tentative de suicide ou automutilation a explosé : +63% chez les 10-14 ans et +42% chez les 15-19 ans en l’espace de 5 ans ».
Éric Guedj, chef du service de médecine nucléaire à l’hôpital de la Timone, à Marseille, et auteur principal de ce travail paru dans Frontiers in Nuclear Medicine, explique : « On a voulu comprendre l’impact du stress associé aux crises collectives sur le fonctionnement cérébral ».
Nicolas Berrod indique que « le but de ces nouveaux travaux était donc de tenter d’établir, au bout du compte, «pourquoi un confinement pouvait entraîner une hausse du taux de suicides», abonde son coauteur Wissam El-Hage, professeur de psychiatrie à l’université de Tours ».
Le journaliste précise que « les deux praticiens ont recruté 95 adultes présentant des troubles neurologiques et qui ont eu des scanners réguliers durant le premier confinement. Tous ces «cobayes» ont été suivis au moment où les Français partageaient massivement, sur le réseau social X (anciennement Twitter), des posts «négatifs». Cette catégorie regroupe les messages exprimant de la peur, de la colère, du dégoût, de la tristesse ou encore de la surprise ».
Nicolas Berrod note que « les médecins chercheurs français ont constaté une activité anormale dans le «cortex préfrontal ventromédian» (vmPFC), une zone située à l’avant du cerveau, et dans le «cortex cingulaire antérieur» (ACC), juste à côté ».
Le journaliste indique que « ces deux régions étaient déjà connues pour empêcher une personne de se sentir hors de danger, entre autres phénomènes ». Les auteurs observent que ces résultats « suggèrent que le stress psychologique du confinement lié au Covid-19 a engagé les mêmes mécanismes neurobiologiques que ceux généralement associés aux événements post-traumatiques ».
Nicolas Berrod ajoute que « les conséquences en cascade sur notre santé mentale dépendent, bien évidemment, de notre sensibilité personnelle et de notre niveau d’exposition aux sources de stress — en l’occurrence, au suivi de l’actualité sur un réseau social très actif ».
Le journaliste relève enfin que « cette étude comporte des limites, à commencer par la petite taille de l’échantillon, lui-même composé de personnes atteintes d’un trouble neurologique, et le fait que le réseau X n’est pas forcément représentatif de la «vraie vie» ».
« Mais ses auteurs y voient une nouvelle preuve d’un «besoin urgent de mesures pour la santé mentale» », 
conclut Nicolas Berrod.

« Santé mentale des jeunes : après le drame de Nogent, le gouvernement a un nouveau plan pour la psychiatrie »

 Date de publication : 12 juin 2025 Temps de lecture: 5 min


« Le ministre de la Santé, Yannick Neuder, a présenté (…), un «plan d’action» santé mentale et psychiatrie, qui intègre des mesures de détection en milieu scolaire, poussées par sa collègue à l’Education, Elisabeth Borne », fait savoir Nathalie Raulin dans Libération. « C’est que la situation est alarmante. Depuis des mois, les instances sanitaires alertent sur le mal-être post-crise sanitaire de la population et particulièrement des jeunes », note la journaliste
« Tous les indicateurs sont au rouge. En 2023, les urgences hospitalières ont enregistré plus d’un demi-million de passages pour motif psychiatrique, soit une hausse de 21% au regard de la situation pré-Covid, particulièrement portée par les adolescents et les jeunes adultes », poursuit-elle. 
« Cette même année, 936.000 jeunes de 12 à 25 ans ont bénéficié du remboursement d’au moins un psychotrope : 144.000 patients de plus qu’en 2019. Chez les 18-24 ans, la prévalence des épisodes dépressifs est passée de 11,7% à 20,8% entre 2017 et 2021… », souligne la journaliste.
« Entre fermeture de lits d’hospitalisation et manque de personnel médical et paramédical formé, «la capacité du système de soins psychiatriques à répondre aux nouveaux besoins de soins de la population se dégrade, engendrant dans un système de soins saturé des phénomènes d’éviction», [selon] le rapport sur les urgences psychiatriques des députées Nicole Dubré-Chirat et Sandrine Rousseau », rappelle Libération. 
« Et la pédopsychiatrie est la première victime de la déliquescence de la filière », soulignent les élues. « En 2023, 123 enfants de moins de 15 ans s’étant présentés aux urgences du CHU de Nantes pour des idées suicidaires ou une tentative de suicide, ont dû retourner sans soins à leur domicile, alors même que la pédopsychiatre qui les avait évalués énonçait une indication formelle d’hospitalisation… », alerte la journaliste.
« Le plan présenté ce mercredi ne prévoit en effet «aucune mesure financière» de l’aveu même de l’entourage du ministre. En clair, les mesures préconisées devront être mises en place à moyens (au mieux) constants, par redéploiement de crédits », analyse Nathalie Raulin. « De quoi augurer des changements surtout cosmétiques », estime la journaliste.
« Les mesures préconisées se déclinent sur trois axes. En premier lieu, il s’agit d’«investir sur le repérage et l’intervention précoce» des souffrances psychiques, notamment chez les 12-25 ans, sur tout le territoire », détaille l’article. 
« Conformément à l’annonce faite par Elisabeth Borne, deux «personnels repères» en santé mentale seront formés dans tous les établissements scolaires et circonscriptions du premier degré d’ici à la fin de l’année scolaire 2026 », complète-t-il. 
« Neuder prévoit de mobiliser les étudiants en santé qui forment la réserve sanitaire : ils interviendront dans les écoles, collèges et lycées pour aider les jeunes à gérer leurs émotions et les sensibiliser au respect mutuel », révèle la journaliste. 
Par ailleurs, « les services d’accès aux soins (SAS) devront intégrer un correspondant formé à la psychiatrie : en cas d’appel du numéro d’urgence, il sera dès lors possible d’orienter les patients vers les services et établissements adaptés », reprend-elle. « De même, un infirmier référent en santé mentale devra être désigné dans chaque service d’urgences, maison de soins pluri-professionnelle ou communauté professionnelle territoriale de santé pour faciliter les parcours de soins », ajoute-t-elle.
« Pour finir, le plan prévoit une série de mesures pour renforcer l’attractivité de la psychiatrie, souvent considéré comme le parent pauvre de la médecine. Objectif du gouvernement : porter à 600 le nombre d’internes formés en psychiatrie à partir de 2027 », précise-t-elle. « Reste que cet empilement de mesures ne suffira pas à ragaillardir une filière psychiatrique désenchantée », conclut Nathalie Raulin.
De son côté, Le Parisien fait savoir que « plusieurs professionnels de santé réagissent à l’arsenal de mesures dévoilé par le gouvernement ce mercredi. Et ils sont, globalement, très déçus ».
« Tout est bon à prendre, et ce ne sont que des choses positives sur le principe, mais cela reste du saupoudrage », réagit Antoine Pelissolo, chef de service en psychiatrie au CHU Henri-Mondor, à Créteil (Val-de-Marne). « On est encore sur des mesurettes », tacle Saphia Guereschi, secrétaire générale du syndicat d’infirmières scolaires SNICS-FSU. 
« On sent une volonté d’apporter des réponses à la question de la santé mentale, mais une très grande partie des propositions repose sur les personnels existants », pointe Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des enseignants du secondaire. « Il faut aussi un effort budgétaire conséquent pour recruter des personnels supplémentaires », insiste-t-elle. 
« Les moyens de l’ARS, mais quels moyens ? Les fonds régionaux sont minimes, et ce n’est pas avec ça que l’on parviendra à ouvrir des consultations sans rendez-vous, car il faudrait deux ou trois professionnels en permanence », s’insurge le Pr Pelissolo.
« Pour mieux prendre en charge les cas les plus graves qui arrivent à l’hôpital, le gouvernement veut qu’un infirmier devienne «référent en santé mentale» dans chaque service d’urgence d’ici à 2026 », reprennent Nicolas Berrod et Juliette Pousson. 
« Former des internes prend 5 ans, alors que l’on vit aujourd’hui une véritable pénurie de psychiatres, de psychologues et d’infirmiers spécialisés », prévient Rachel Bocher. « Pas convaincue, la cheffe du service de psychiatrie au CHU de Nantes «ne voit rien de possible à court terme sans nouveaux professionnels» », notent les journalistes. 
« Une chose manque surtout dans ce plan, se désolent les acteurs de santé : l’argent », soulignent-ils. « Les moyens actuels sont notoirement insuffisants, en particulier aux urgences. Pour avoir davantage d’humains, il faut davantage d’argent », pointe Antoine Pelissolo.

« Réseaux sociaux : un rapport tire la sonnette d’alarme sur la santé mentale des enfants »

 Date de publication : 12 juin 2025 Temps de lecture: 3 min


« Dans son rapport annuel publié ce mercredi, KidsRights a identifié une « corrélation troublante » entre la détérioration de la santé mentale des enfants et ce que l’organisation qualifie d’utilisation « problématique » des réseaux sociaux, à savoir un usage compulsif et addictif », révèle Le Parisien.
« Selon les recherches menées par KidsRights, basé à Amsterdam, et l’université Erasmus de Rotterdam, plus de 14% des 10-19 ans dans le monde entier connaissent des problèmes de santé mentale, avec un taux de suicide global moyen de 6 pour 100.000 adolescents âgés entre 15 et 19 ans », rapporte le journal. « Le rapport de cette année est un signal d’alarme que nous ne pouvons plus ignorer », estime Marc Dullaert, fondateur et président de KidsRights.
« Le KidsRight Index, rapport annuel conduit par la fondation, évalue le degré d’adhésion de 194 pays aux droits des enfants et dans quelle mesure les pays s’efforcent d’améliorer ces droits », précise l’article.
« Le manque de données sur la santé mentale des enfants constitue un problème majeur selon le rapport, et révèle un « besoin urgent » d’action coordonnée visant à se confronter à l’impact nocif de l’environnement numérique sur les enfants et adolescents », reprend-t-il.
« Nous assistons à la lutte des gouvernements pour contenir une crise numérique qui est en train de remodeler fondamentalement l’enfance », poursuit Marc Dullaert. Il appelle « à prioriser le bien-être des enfants plutôt que « les profits des entreprises » », note l’article.
« Le rapport fait état de variations régionales importantes, citant l’Europe comme la région où les enfants de 13 ans sont les plus exposés au risque d’utilisation problématique des réseaux sociaux, à hauteur de 13%, et où le niveau de dépendance numérique des jeunes de 15 ans est « sans précédent », avec 39% d’entre eux en contact continu avec leurs amis via les réseaux », détaille Le Parisien.
« Soutenue par la France et l’Espagne, la Grèce a proposé la semaine dernière lors d’une réunion ministérielle à Luxembourg d’encadrer l’utilisation des plateformes en ligne par les enfants, face aux inquiétudes concernant leur caractère addictif », rappelle le journal.
« On aurait une réponse plus efficace si on pouvait légiférer au niveau européen. Je crois qu’il y a une prise de conscience de plus en plus importante, (…) Mais si un consensus ne se dégage pas, la France montrera la voie dans les prochains mois », assure Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe.
« En février, la mini-série « Adolescence » de Netflix avait révélé notamment les influences toxiques et misogynes auxquelles sont exposés les jeunes en ligne, poussant les gouvernements britannique et français à vouloir incorporer le visionnage du programme dans les écoles », rappelle Le Parisien.
Adolescence « a mis en lumière les préoccupations mondiales concernant la représentation et la protection des enfants sur les plateformes numériques – mais nous avons besoin d’action, pas seulement d’indignation », conclut Marc Dullaert.

« Dans une clinique parisienne, la lutte au quotidien pour vaincre l’anorexie »

 Date de publication : 13 juin 2025 Temps de lecture: 4 min


« Du lundi au vendredi, 21 jeunes âgés de 12 à 20 ans passent la journée dans ce service de la clinique FSEF Paris 16 – ex-clinique Édouard-Rist – destiné aux adolescents présentant des troubles des conduites alimentaires (TCA) », indique Aude Bariéty de Lagarde dans Le Figaro.
« Créé en 2019, le service accueille majoritairement « des patients avec un diagnostic d’anorexie mentale, à laquelle sont souvent associés d’autres éléments » », résume la Dr Céline Bréan, psychiatre responsable de l’unité. « Les jeunes accueillis, en immense majorité des filles, sont dans un état « sévère », mais n’ont pas besoin de« surveillance vitale » », précise l’article.
« Au début de la maladie, je voulais sculpter mon corps, être plus mince, plus tonifiée. Je me suis lancée dans du renforcement musculaire et j’ai revu mon alimentation. Tout a basculé au mois de janvier. J’avais comme une petite voix qui s’immisçait dans ma tête et qui me disait de mincir toujours plus », raconte Morgane. « La plupart des patients atterrissent cependant à Michel-Ange après une hospitalisation à temps plein », révèle la journaliste
« À Michel-Ange, les patients, qui restent en moyenne entre trois et six mois, sont entourés d’une vingtaine de personnels – psychiatres, psychologues, diététiciens, psychomotricienne, éducateurs spécialisés, art-thérapeute, infirmières… Ils bénéficient d’au moins quatre actes de soins par jour », détaille Le Figaro. « Ce caractère multidisciplinaire, c’est la force de cette unité », assure la Dr Bréan. 
« À ces actes s’ajoutent des cours – une poignée d’heures par semaine en début de prise en charge, presque une vingtaine à la fin – assurés dans une annexe pédagogique de la cité scolaire Jean-Baptiste-Say (16e arrondissement) installée au sein même de la clinique », fait savoir Aude Bariéty de Lagarde.
« Cette présence d’une véritable scolarité, qui s’adapte toutefois toujours aux soins, rend ce dispositif très efficace. Ça rassure les parents, ça motive les jeunes et ça permet de les garder insérés dans la société », souligne la Pr Nathalie Godart, pédopsychiatre et chef de service.
« Le lien avec les parents est également« essentiel » », reprend la journaliste. « D’autant plus que les troubles des conduites alimentaires ont un fort impact sur les familles », glisse la Dr Bréan. « Au groupe de parole pour les familles organisé par le service à l’occasion de la semaine de sensibilisation aux TCA, les parents des patients apparaissent en effet très éprouvés », observe Aude Bariéty de Lagarde.
« Plusieurs parents témoignent aussi d’une« forme de colère »à l’encontre du système de santé », souligne la journaliste. « Moi, l’anorexie, je l’ai vue tout de suite ! », témoigne la mère de Romane*, qui « a cependant dû attendre plusieurs mois que sa fille soit prise en charge ».
« Je suis traumatisée par cette période. J’avais une fille mourante, qui pouvait à peine monter les escaliers, qui avait des escarres… À 16 ans ! », ajoute-t-elle. « J’avais vu le problème un an avant l’hospitalisation. J’allais voir la pédiatre tous les mois, mais elle n’a pas compris les symptômes. (…) Elle aurait dû être prise en charge bien plus tôt ! », abonde la maman de Joséphine*.
« Nous avons plus de demandes que de capacité. En Île-de-France, l’offre de soins est insuffisante pour la population. C’était déjà le cas avant le Covid ; c’est encore plus vrai aujourd’hui, alors que nous connaissons une explosion des TCA et une hausse de la demande de soins », analyse la Pr Godart.
La spécialiste évoque « une augmentation de 30% de la demande de soins après la pandémie de coronavirus ». « À terme, la médecin souhaiterait d’ailleurs ouvrir une unité d’hospitalisation à temps complet spécialisée dans les TCA à la clinique FSEF Paris 16 », indique Le Figaro.
« Une fois dans le« circuit » de soins, le chemin est encore long et ardu », note la journaliste. « Les durées sont très variablesLes TCA peuvent disparaître totalement. Mais chacun a une trajectoire de vulnérabilité différente : anxiété, dépression… La question du poids n’est pas la seule qui rentre en compte pour déclencher la sortie de l’unité. Il faut que l’alimentation se passe bien, que le moral suive, que le projet de vie soit construit », développe la Pr Godart. 

« Tentatives de suicide, automutilations : en 2024, une augmentation « massive » des hospitalisations d’adolescentes et de jeunes femmes »

 Date de publication : 20 juin 2025 Temps de lecture: 2 min


Libération constate en effet que « les hospitalisations d’adolescentes et de femmes jeunes pour tentatives de suicide ou automutilations ont augmenté massivement en 2024 en France, notamment chez les 10-14 ans, selon des chiffres publiés mercredi ».
Le journal indique que « près de 82.000 personnes âgées de 10 ans ou plus ont été hospitalisées au moins une fois pour un geste auto-infligé en 2024, soit une hausse de 6% comparé à 2023, et près des deux tiers d’entre elles (64%) étaient des femmes, précise le service statistique des ministères sociaux (Drees) ».
Le quotidien poursuit : « Cela recouvre le nombre de tentatives de suicide et d’automutilation non suicidaires (scarifications, brûlures, coups contre un mur…) mais n’inclut pas les passages aux urgences sans hospitalisation, ni les hospitalisations en psychiatrie, en soins de suite ou à domicile. Si le nombre de patients hospitalisés a peu varié de 2013 à 2019, avant de diminuer fortement en 2020, il «augmente continûment depuis», indique la Drees ».
Libération souligne ainsi que « la France connaît des hausses d’hospitalisations d’adolescentes et de femmes jeunes pour tentatives de suicide ou automutilations «massives», constate [la Drees]. Chez «les très jeunes filles âgées de 10 à 14 ans», elles ont bondi de 22% entre 2023 et 2024, chez les 15-19 ans de 14%. Le nombre de patientes plus âgées a aussi progressé : de 4% pour les 20-24 ans et de 9% pour les 25-29 ans, «deux classes d’âge avec le plus de personnes hospitalisées» ».
La Drees indique que « la brutale dégradation de la santé mentale d’une importante minorité d’adolescentes et de femmes de moins de 30 ans est un phénomène international apparu dans les années 2010, que la crise sanitaire de 2020 paraît avoir accentué ».
« Bien qu’il soit difficile de déterminer les causes de cette détérioration, une hypothèse semble se démarquer, pointant le mésusage des réseaux sociaux et les agressions spécifiques à cette population qui peuvent y avoir lieu », 
observe l’organisme.

« Santé mentale en milieu scolaire : « Ce dont on manque, ce sont des moyens humains pour épauler les jeunes » »

 Date de publication : 23 juin 2025 Temps de lecture: 3 min


Cassandre Leray remarque dans Libération que « ces derniers jours, le gouvernement a enchaîné les annonces sur la santé mentale des enfants et des adolescents. Un enjeu brutalement remis en lumière par le drame de Nogent : le 10 juin, une surveillante de collège est morte après avoir été poignardée par un collégien de 14 ans. Depuis, un mot d’ordre revient : «repérer» le mal-être chez les jeunes doit être la priorité au sein de la communauté éducative, en première ligne ».
La journaliste note que « dans le «plan d’action» santé mentale et psychiatrie, dévoilé le 11 juin par le ministre de la Santé, Yannick Neuder, dans le chapitre sur les jeunes, l’accent est mis sur la détection du mal-être. Un «kit» à cet effet doit être distribué à la communauté éducative à compter de 2026 ».
« Le 13 juin, la ministre de l’Education, Elisabeth Borne, enfonce le clou et déclare à la presse que chaque établissement scolaire devra se doter, d’ici à la fin de l’année, d’un «protocole» de repérage et de prise en charge des «situations de souffrance psychologique», sans plus de précisions. Il doit contenir des «fiches réflexes, annuaires de référence, supports de dialogue et outils pédagogiques adaptés» », 
explique Cassandre Leray.
Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, déclare cependant : « La plupart du temps, on remarque déjà les élèves qui ne vont pas bien. Ce dont on manque, ce sont des moyens humains pour les épauler ensuite. Pour ça, il faut des recrutements ».
Olivier Bonnot, psychiatre des enfants et des adolescents et chef de service à l’hôpital Barthélemy-Durand (Essonne), souligne pour sa part que « le repérage, ce n’est pas si facile que ça. [Il faut] savoir faire la différence entre un problème ponctuel et quelque chose de plus grave. Il ne s’agit donc pas seulement de repérer, mais de savoir interpréter. Une expertise est nécessaire. Mais pour y avoir accès, il faut des professionnels formés, ce dont on manque cruellement ».
Cassandre Leray note que « le plan du gouvernement évoque bien la formation au repérage précoce des troubles de la santé mentale de 100% des personnels de santé scolaire. Problème : l’Education nationale fait face à une pénurie de ces professionnels de longue date. En France, 900 médecins scolaires seulement s’occupent des plus de 12 millions d’élèves du premier et second degré. Un problème «d’attractivité» reconnu par Elisabeth Borne. […] Avant de certifier qu’elle plaiderait pour le renforcement des effectifs pour les psychologues et infirmiers scolaires, ainsi que les personnels sociaux, dans le cadre du budget 2026 ».
La journaliste indique en outre que « le problème de la prise en charge de ces jeunes atteints de troubles psy est lui aussi de taille. […] Les délais d’attente dans les centres médico-psychologiques sont interminables et les services de pédopsychiatrie saturés… L’état des lieux est à pleurer ».

« « Catastrophe de santé publique » et sentiment d’abandon des usagères : dans la Drôme, la fermeture de 7 centres de santé sexuelle fait polémique »

 Date de publication : 24 juin 2025 Temps de lecture: 3 min


Maïté Darnault explique en effet dans Libération que « dans la Drôme, un gros tiers [des centres de santé sexuelle], ceux tenus par le département, auront fermé au 1er juillet. Sur un territoire de 520.000 habitants qui en comptait 18 en tout, il n’en restera plus que 11, gérés par un hôpital ou par le Planning familial, à qui l’exécutif Les Républicains de la collectivité a également imposé une baisse de subvention de 20% ».
La journaliste souligne que « rien n’a été prévu pour remplacer les antennes disparues, accessibles aux personnes mineures et majeures, assurées sociales ou non, seules ou à plusieurs, avec ou sans rendez-vous, de manière confidentielle, anonyme et gratuite ».
Maïté Darnault relève que « situés dans des zones rurales peu desservies par les transports en commun, […] les centres qui vont fermer ont assuré 779 consultations en 2024, selon le département qui, en ne citant que le travail des médecins, omet le rôle central des conseillères conjugales et familiales (CCF) ».
La journaliste explique que « durant plusieurs mois, une mobilisation locale a tenté d’infléchir la position du département, pour qui la fermeture des 7 centres constitue un gain de 240.000 euros. Une «économie de bout de chandelle», considère Sara, une conseillère, au regard du budget de la collectivité s’élevant à 914 millions d’euros en 2025 ».
Isabel, également CCF, ajoute : « Quand on tient une permanence au collège, on se fait dévaliser. C’était un bonheur d’intervenir en classe car les ados sont vraiment en demande, ils disent que ça les met mal à l’aise, mais ils écoutent absolument tout et ils posent des questions très claires sur la sexualité, ça a du sens d’aller à leur rencontre ».
Maïté Darnault précise que « mercredi 25 juin, le premier des 7 centres concernés, à Die (5000 habitants), va officiellement fermer. C’était le dernier point d’accès en direction des Hautes-Alpes avant Gap, à 90 km, via une départementale de montagne ».
Elle cite en outre « Marie-Charlotte Soydara, présidente de l’Ordre des sages-femmes de la Drôme, [qui] redoute déjà que «cela entraîne des retards de prises en charge, donc potentiellement une augmentation des actes d’IVG chirurgicales, voire pas de prise en charge du tout pour certaines», sachant que les praticiens «libéraux ont déjà beaucoup de travail» ».
La journaliste note que « ce sont souvent les médecins traitants qui font remonter aux centres de santé sexuelle les situations de violences conjugales, en conseillant à leurs patientes de s’y rendre ».
Malika, conseillère, souligne : « On pouvait prendre le relais, être dans l’écoute active, le renforcement de l’estime de soi et l’orientation vers un soutien juridique pour passer à l’action. Quand on sait qu’il faut en moyenne 7 tentatives de départ du domicile pour qu’une femme y parvienne vraiment, il faut garder le contact en permanence pour l’accompagner ».

« ChatGPT nous rendra-t-il tous idiots ? »

 Date de publication : 26 juin 2025 Temps de lecture: 3 min


C’est ce que se demande Elisa Doré dans Le Figaro. La journaliste observe ainsi : « L’intelligence artificielle va-t-elle affaiblir notre capacité à penser par nous-mêmes ? Depuis l’essor de ChatGPT et ses multiples concurrents (OpenAI, Gemini, Perplexity, etc.), et leur appropriation fulgurante par les utilisateurs de tous âges, la question revient de façon récurrente dans les débats ».
Elisa Doré indique que « plusieurs études […] ont […] tenté de quantifier les effets neurologiques liés à l’utilisation de l’IA ».
Elle explique notamment qu’une « expérience du MIT, menée auprès de 54 jeunes adultes, a consisté à comparer trois groupes de rédacteurs : l’un travaillait sans assistance, l’autre avec un moteur de recherche classique, le dernier avec ChatGPT ».
« Grâce à un dispositif de mesure neurophysiologique (dDTF- Dynamic Direct Transfer Function), les chercheurs ont suivi en temps réel l’activité dans 32 zones du cerveau des participants afin de quantifier l’intensité des connexions neuronales établies lors des sessions d’exercice », 
note la journaliste.
Elisa Doré relève qu’« au bout de 4 mois, ils ont constaté que les participants assistés par IA affichaient une baisse moyenne de 55% de leur activité neuronale, en particulier dans les zones associées à la mémoire, à la résolution de problèmes et à l’attention. Le groupe «moteur de recherche» semblait activer davantage le cortex visuel, ce qui traduirait l’action d’analyser et de hiérarchiser des contenus. Le groupe «cerveau seul» mobilisait de larges réseaux liés à la mémoire, à la créativité et à l’autocontrôle ».
La journaliste retient que « ces résultats suggèrent que l’IA peut favoriser un «traitement passif» de l’information, au prix «d’une perte de l’engagement cognitif profond» et «d’une moindre activation des capacités d’esprit critique lorsque la personne effectue ensuite des tâches seule» ».
Elisa Doré indique ainsi que « lorsqu’il leur a été demandé de citer un extrait de leur propre texte quelques minutes après la rédaction, les deux groupes non assistés par IA ont été capables de restituer au moins partiellement leur production dès la seconde session d’exercice. À l’inverse, 83% des utilisateurs de ChatGPT se sont révélés incapables de se souvenir d’un seul passage ».
« Une amnésie cognitive qui s’expliquerait par une diminution de l’activation des réseaux impliqués dans le traitement sémantique, si bien que l’utilisateur intègre des phrases produites par l’algorithme sans réelle appropriation intellectuelle. Les auteurs parlent de «délestage cognitif» : à force d’utiliser l’intelligence artificielle, notre cerveau lui «transfère» certaines tâches mentales de sorte à n’avoir plus besoin de retenir le contenu d’une information, mais à facilement pouvoir retrouver son emplacement », 
précise la journaliste.
Elle poursuit : « Faut-il pour autant en conclure à un déclin cognitif inexorable des futures générations ? Le débat n’est pas sans rappeler celui qui entourait autrefois l’arrivée des calculatrices dans les écoles ».
Justine Cassell, directrice de recherche à l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique, observe qu’« à l’époque déjà, on redoutait une perte des capacités de calcul mental. Crainte qui s’est démontrée fausse ».
Christian Terwiesch, professeur à l’université de Pennsylvanie, qui a mené une étude sur le sujet, ajoute : « Le danger, c’est que les utilisateurs acceptent trop facilement les IA, sans les remettre en question. Ce n’est donc pas en soi l’IA qui diminue les capacités cognitives humaines, mais plutôt l’usage qu’on en fait car la fluidité des réponses peut inciter à la passivité ».
Elisa Doré note que « plusieurs études ont en effet montré que l’IA pouvait stimuler la production d’idées, affiner un raisonnement et ainsi constituer ainsi un véritable vecteur de créativité… à condition d’en faire un usage raisonné ».

Revue de presse santé psy – mai 2025

Revue de presse du 2 mai 2025

« « Dans l’armée, si tu vas consulter, t’es faible » : la délicate prise en charge de la santé mentale des militaires »

 Date de publication : 2 mai 2025 Temps de lecture: 4 min


Théo Eberhardt constate dans Libération que « marqués par les scènes vues et vécues au combat, entre 3000 et 3500 soldats et ex-soldats souffrent de syndrome de stress post-traumatique. Les initiatives se multiplient, au sein de l’institution comme au-dehors, pour leur venir en aide ».
Le journaliste explique ainsi que « souvent lié aux traumatismes du combat, cet état dépressif des militaires porte aussi le nom de syndrome de stress post-traumatique (SPT ou ESPT). […] Parmi les 154 décès dénombrés au sein des armées en 2023, 31 sont des suicides, indique un rapport du Haut Comité d’évaluation de la condition militaire ».
Gérard Chaput, ancien médecin-militaire spécialisé du stress et du trauma, évoque une « rencontre accidentelle avec le réel de la mort. Après ça, vous rentrez dans le noir ».
Théo Eberhardt évoque Ludovic, qui « a fait des blessés SPT sa spécialité. Cet ancien tireur d’élite des commandos marines a connu, à 49 ans, de très nombreuses guerres, la perte de trop de camarades… […] Il y a 2 ans, il a créé sa propre association, Frères d’âmes, pour aider à la reconstruction des blessés ESPT et apporter un soutien à leur famille ».
Le journaliste explique que le haras national d’Hennebont (Morbihan) « a mis le pavillon de la conciergerie à la disposition de l’association, qui s‘y retrouve tous les mercredis. Certes, c‘est une ruine, mais les adhérents retapent justement le bâtiment pour en faire une maison des blessés. Ce chantier est coordonné par Aurélie, 43 ans. Il y a 6 ans, elle a perdu son conjoint, ancien commando parachutiste, qui s’est suicidé. A l’époque, elle voyait bien qu’il allait mal, mais on ne parlait pas encore de SPT ».
Aurélie souligne : « Les femmes ont des groupes de parole, on se sent entendues et comprises. […] Je n’ai pas pu aider mon conjoint, alors je veux aider les autres ».
Théo Eberhardt continue : « Ludovic l’assure, l’environnement contribue à apaiser la conscience meurtrie : un cadre naturel et silencieux, des chevaux, les mélodies de leurs sabots, l’odeur du crottin et des boxes, un café, des croissants, des gens sympas ».
Ludovic précise : « On fait des ateliers de réflexologie, des conférences avec un coach en burn-out, des stages de médiation canine. On aide aussi le haras pour l’entretien des espaces verts, vider les boxes, monter des estrades avant des compétitions. […] On a aussi formé trois personnes aux premiers secours en santé mentale. Ils tiennent une ligne d’appel d’urgence H24. On peut aussi remettre les blessés dans une prise en charge institutionnelle ».
Le journaliste indique ainsi que « l’association veut essayer de renforcer le travail de l’institution en apportant un accompagnement davantage individualisé. Il s‘agit de multiplier les actions quotidiennes pour sortir un maximum le blessé de l’isolement ».
Théo Eberhardt relève en outre que « depuis plusieurs années, le ministère des Armées multiplie les initiatives et des parcours de soins sont mis en place. Une fois détecté, le blessé psychique peut être admis en hôpital militaire. A sa sortie, il sera suivi par la Cellule d’aide aux blessés de l’armée de terre (Cabat) qui existe pour les trois forces de l’armée. Tous les militaires contactés par Libération disent être accompagnés de cette manière ».
« Malgré tout, la culture militaire persiste. Et tous le disent : le blessé psy n‘a pas toujours bonne réputation dans l’armée », 
remarque le journaliste, qui cite notamment Julien, deux ans à l’armée : « Dans l’armée, si tu vas consulter, t’es faible ».
Théo Eberhardt poursuit : « Aujourd’hui, la principale préoccupation de l’armée est d’améliorer la détection des blessés psychiques. D’abord, il faut repérer ceux qui ont du mal à l’accepter ou qui refusent de prendre un congé maladie. […] Le deuxième enjeu de cette détection est de rattraper les militaires qui ont disparu des radars ; les réformés, déserteurs, retraités ».

Revue de presse du 5 mai 2025

« Un système sous tension : quand ceux qui soignent ne vont plus bien »

 Date de publication : 5 mai 2025 Temps de lecture: 3 min


Alissa de Chassey note en effet dans Le Figaro : « Santé mentale, charge de travail, violences… Les soignants cumulent les fragilités au travail. Les professionnels de santé souffrent davantage que les autres actifs : 35% se disent en mauvaise santé mentale, soit 2,5 fois plus que la moyenne nationale. 75% estiment leur charge de travail excessive et plus d’un sur deux subit des agressions dans son cadre professionnel. Résultat : ils sont deux fois plus nombreux à déclarer des troubles physiques et psychiques ».
La journaliste relaie ainsi les résultats d’un sondage de l’observatoire Odoxa-MNH, notant qu’« après une forte chute pendant l’épidémie de Covid-19, les niveaux de satisfaction au travail retrouvent peu à peu leur niveau d’avant. Mais ils restent préoccupants : 35% se disent insatisfaits, soit deux fois plus que les autres actifs. Un écart persiste entre médecins (89% de satisfaits) et infirmiers ou aides-soignants (autour de 60%) ». 
Alissa de Chassey retient que « deux raisons principales expliquent cette insatisfaction : la surcharge de travail et les violences sur le lieu de travail. 75% des professionnels de santé estiment avoir un volume de travail trop important, deux fois plus que les salariés français. Et 50% disent avoir été confrontés à des situations de violence au travail, un taux là encore deux fois supérieur à celui des autres actifs ».
La journaliste remarque que « près d’un professionnel de santé sur deux a souffert d’un problème de santé au cours des 3 derniers mois, soit deux fois plus que la moyenne nationale. La santé mentale reste un point noir : 35% des soignants se déclarent en mauvaise santé mentale, un chiffre en hausse de 6 points cette année, et 2,5 fois supérieur à celui des autres actifs ».
Alissa de Chassey souligne que « 56% des soignants (contre 22% des actifs) rapportent stress, anxiété ou surcharge mentale liée au travail. Résultat, 39% des professionnels de santé ont déjà été arrêtés pour un motif psychologique, contre 28% des autres salariés ».
Elle souligne ainsi que « 86% pensent que leur état psychologique influence leur capacité à bien exercer, contre 66% des autres salariés. 39% des soignants ont déjà connu un burn-out, un taux largement supérieur à celui des autres actifs. En cause : manque de reconnaissance, rythme trop intense et décalage entre attentes et réalité du métier ».
« Le stress affecte aussi leur quotidien : 89% dorment mal, 80% modifient leur alimentation, et 34% consomment davantage de substances psychoactives (tabac, alcool, médicaments…) », 
continue Alissa de Chassey.
Elle note toutefois que « les professionnels de santé restent mobilisés : 88% estiment qu’il est possible d’agir pour mieux sensibiliser à la santé mentale et à la gestion du stress. […] Parmi les solutions plébiscitées, trois ressortent : la formation continue (49%), la présence de psychologues dans les services (42%) et les programmes de prévention et ateliers de communication (39%) ».

Revue de presse du 5 mai 2025

« Pourquoi l’intelligence artificielle nous fait peur »

 Date de publication : 5 mai 2025 Temps de lecture: 3 min


Ségolène Barbé observe dans Le Figaro qu’« à l’heure où même Sam Altman, patron d’OpenAI et concepteur de ChatGPT, reconnaît être «un petit peu effrayé» par sa création, l’«IA anxiété» semble de plus en plus répandue ».
La journaliste note que « selon une récente étude, 73% des Français redoutent ainsi l’impact de l’IA sur le monde dans lequel ils vivent, soit le taux le plus élevé parmi les 11 pays étudiés ».
Ségolène Barbé relève que « pour Frédéric Tordo, docteur en psychologie clinique et chercheur au CRPMS (Centre de recherches psychanalyse, médecine et société, université Paris-Cité), les IA nous déstabilisent parce qu’elles viennent contrarier les représentations que nous avons de nous-mêmes ».
Il déclare ainsi qu’« elles perturbent les distinctions fondamentales que nous faisons depuis l’enfance entre le vivant et le non-vivant, l’animé et le non-animé. Elles ébranlent nos repères cognitifs, notre classification spontanée du monde et créent aussi chez nous des blessures narcissiques ».
Ségolène Barbé observe que « de plus en plus perfectionnée, l’IA pourrait bien nous déposséder aussi de notre créativité, de notre sens artistique ».
La journaliste cite notamment Léa, graphiste, qui remarque : « Il est maintenant possible de demander à ChatGPT de générer des images façon Miyazaki par exemple et le résultat est malheureusement assez probant. Jusqu’à présent, je ne voyais pas du tout l’IA comme un remplacement de mon métier, mais comme une pâle imitation ou un outil de base pour une composition. À présent, je m’inquiète ».
Ségolène Barbé poursuit : « Notre angoisse face à l’IA est d’autant plus importante que ce progrès est arrivé très rapidement, sans que nous ayons réellement pu nous y préparer ».
Frédéric Tordo déclare ainsi : « Nous n’avons pas encore eu le temps d’encadrer sa pratique, de mettre en place des règles d’utilisation. […] Derrière cette peur de l’IA, il y a en fait un enjeu narcissique très fort. Nous craignons finalement que l’évolution ne s’arrête pas avec l’homme mais se poursuive aussi après nous ».
La journaliste ajoute que « selon une récente étude conjointe de Microsoft et de l’université Carnegie-Mellon, l’usage intensif de l’IA au travail pourrait ainsi altérer nos capacités de réflexion critique et entraîner, à long terme, la détérioration de nos facultés cognitives ».
Michaël Stora, psychologue et cofondateur de l’OMNSH (Observatoire des mondes numériques en sciences humaines), indique : « Je le vois de manière empirique auprès d’amis ou collègues qui utilisent quotidiennement l’IA : j’ai remarqué chez eux un appauvrissement de la capacité de raisonnement et d’élaboration. […] On l’a vu avec le GPS : il nous est très utile mais, à force de l’utiliser, nous avons perdu la mémoire de certains trajets. Avec l’IA, sorte de GPS mental, nous passons à un niveau supérieur : si nous lui demandons sans cesse de penser à notre place, elle risque d’appauvrir nos facultés de réflexion et notre créativité ».
Ségolène Barbé conclut que « pour les spécialistes, il est donc urgent d’encadrer les pratiques liées à l’IA, de repérer les domaines où son développement pourrait s’avérer dangereux pour l’être humain, d’éduquer aussi les jeunes, et les moins jeunes, à son usage ».

Revue de presse du 6 mai 2025

« Santé mentale : à qui profite la libération de la parole ? »

 Date de publication : 6 mai 2025 Temps de lecture: 3 min


Véronique Hunsinger indique dans Le Parisien que « des personnalités de premier plan témoignent, ce mardi soir, dans un documentaire sur M6, sur leurs troubles mentaux. Une libération de la parole saluée. Mais qui ne peut faire oublier que l‘accès aux soins est particulièrement inégalitaire ». 
Le Dr Patrick Chemla, psychiatre et psychanalyste retraité à Reims, remarque ainsi : « C’est une nouveauté et c’est une très bonne chose. Je pense que c’est l’époque qui veut cela. Nous assistons à un changement anthropologique qui fait que ce qui se passe dans la sphère intime peut maintenant se dire plus facilement publiquement ».
La journaliste note que « tous les psychiatres ont aussi noté une bascule dans la société au moment de l’épidémie de Covid ».
La Dre Rachel Bocher, cheffe de service de psychiatrie au CHU de Nantes, indique que « la pandémie a entraîné un tsunami qui a engendré de nouvelles demandes de soins, en particulier chez les plus jeunes. Et c’est dans cette période particulière qu’on s’est rendu compte que tout le monde est vulnérable et que tout le monde peut se retrouver en souffrance à un moment de sa vie ».
Véronique Hunsinger rappelle que « la santé mentale bénéficie aussi, cette année, du label «grande cause nationale» par lequel le gouvernement donne un coup de projecteur particulier à une thématique ».
Elle relève toutefois que « si une brèche s’est ouverte, le phénomène reste encore timide ». La Dre Bocher souligne que « ceux qui vont vraiment très mal restent encore souvent très culpabilisés et ils ont peur de l’opinion des autres ».
La journaliste continue : « Est-ce que les prises de paroles des personnalités ne sont pas indirectement utiles quand même pour les patients anonymes ? ». La Dre Geneviève Henault, psychiatre au Centre hospitalier Les Murets dans le Val-de-Marne, répond que « c’est probablement bénéfique pour la société mais c’est moins évident au niveau individuel ».
« Le risque est de faire de ces stars des sortes de héros qui ont réussi à être résilientes, à vaincre la maladie et même à en tirer une matière à transformation. C’est très bien pour elles pour elles mais pour le commun des patients, cela peut mettre la barre un peu haut et renforcer parfois l’incompréhension avec l’entourage », 
poursuit la psychiatre.
La Dre Henault ajoute qu’« il ne faut pas oublier que la société a aussi tendance à voir les patients psychiatriques comme des personnes dangereuses, indésirables, qu’il faudrait enfermer à vie à chaque fois que survient un fait divers sordide. Or la grande majorité de nos patients ne sont ni des stars ni des meurtriers ».
Véronique Hunsinger souligne en outre que « l’écart le plus béant entre les personnalités et le reste de la population réside dans l’accès aux soins ». Le Dr Chemla explique que « tout le monde n’a pas un psychiatre joignable à tout moment par SMS […]. La plupart des gens mettent 6 mois à un an juste pour obtenir un rendez-vous dans un centre médico-psychologique et on a fermé plus de 10.000 lits en psychiatrie ».
La Dre Bocher note ainsi : « Il faut faire en sorte que cette année de grande cause nationale ne soit pas seulement une année de communication, mais qu’on donne réellement à la santé mentale des moyens en phase avec les besoins de la population ».

Revue de presse du 7 mai 2025

« Les ultrasons testés avec succès contre la dépression résistante »

 Date de publication : 7 mai 2025 Temps de lecture: 3 min


Delphine Chayet relaie ainsi dans Le Figaro des résultats obtenus chez 5 patients, âgés de 23 à 75 ans, qui « présentaient des signes de dépression sévère que les médicaments classiques n’avaient pas pu soulager. Dans le cadre d’un essai clinique mené en 2023 à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, ils ont testé une nouvelle thérapie reposant sur la concentration d’ultrasons de faible intensité dans une région spécifique du cerveau ».
La journaliste retient que « les résultats préliminaires, publiés […] dans Brain Stimulation, laissent espérer une avancée dans la prise en charge de la dépression résistante, une maladie contre laquelle les médecins sont aujourd’hui assez démunis ».
La Dr Marion Plaze, coauteure, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne et chercheuse à l’Inserm, remarque : « Il faut rester très prudent dans l’interprétation des données d’efficacité : l’effectif est trop réduit pour être généralisable et il n’existe pas de groupe témoin évaluant l’effet placebo ».
Delphine Chayet explique que « les scientifiques voulaient d’abord vérifier la sûreté de la thérapie, ainsi que sa facilité d’utilisation en milieu hospitalier. Aucun effet indésirable grave n’a été rapporté et les IRM réalisées après les sessions ont confirmé l’innocuité de la technique. Émis à faible intensité, les ultrasons n’entraînent pas d’élévation de température localement »
La journaliste note que « les effets du traitement […] ont été immédiats. Les médecins racontent avoir constaté au fil des jours de petites améliorations – un sourire, un meilleur teint, une posture plus droite – chez certains patients ».
« À la fin de la semaine, 4 sujets étaient considérés comme «répondeurs» au traitement, l’intensité de leurs symptômes étant divisée par deux. Parmi eux, deux personnes étaient en rémission complète. Une évaluation réalisée 4 semaines plus tard a montré que les bénéfices s’étaient largement dissipés, mais une diminution moyenne de 20% de la sévérité des symptômes persistait », o
bserve Delphine Chayet.
Elle remarque que « plusieurs années de recherche auront été nécessaires pour parvenir à concentrer les ultrasons dans le cerveau de façon précise. […] L’objectif est d’inhiber l’activité d’une toute petite zone du cerveau, grande comme un grain de riz, située à environ 6 cm de profondeur ».
Le Dr David Attali, chef de clinique assistant à l’Université Paris Cité et coauteur, précise : « En mobilisant cette structure, qui se trouve au carrefour de l’activité de plusieurs régions impliquées dans la dépression, on peut avoir une action diffuse sur tout le cerveau. […] Mais la technique neurochirurgicale – qui a montré son efficacité – peut entraîner des infections ou des hémorragies, et ne peut être proposée qu’à un tout petit nombre de patients ».
Delphine Chayet note que « le dispositif mis au point par l’Institut de physique pour la médecine (ESPCI) est au contraire destiné à être utilisé à grande échelle par des praticiens hospitaliers. La start-up Sonomind, créée par les scientifiques, doit maintenant convertir le prototype utilisé à l’hôpital Sainte-Anne en appareil commercialisable ».
« L’efficacité de l’approche devra être démontrée dans le cadre d’une étude menée sur un plus grand nombre de patients, comportant un groupe recevant un placebo. […] À terme, les ultrasons pourraient être testés chez les adolescents et les personnes âgées, qui répondent mal aux médicaments, ainsi que dans d’autres maladies psychiatriques », 
continue la journaliste.

Revue de presse du 15 mai 2025

« La santé mentale au coeur des Assises de la santé scolaire »

 Date de publication : 15 mai 2025 Temps de lecture: 3 min


Sylvie Lecherbonnier revient dans Le Monde sur les Assises de la santé scolaire, qui se sont déroulées ce mercredi « afin d’«interroger la manière dont l’école doit se structurer pour permettre de répondre aux enjeux concernant le bien-être des élèves» ».
La journaliste observe que « les rapports sur le sujet ont beau s’empiler ces dernières années, la santé scolaire reste en proie à des difficultés structurelles et à un manque d’attractivité patent. On comptait, en 2022, 900 médecins scolaires, dont un tiers ont plus de 60 ans, 9300 infirmiers et infirmières scolaires, dont 1800 contractuels, 3200 assistantes sociales et 7000 psychologues de l’Education nationale ».
Sylvie Lecherbonnier souligne ainsi que « les concours de recrutement dans ces métiers ne font pas le plein. Chez les médecins scolaires, le nombre de postes vacants dépasse les 40%. Pourtant, ces professionnels de santé font face aux besoins grandissants de plus de 12 millions d’élèves ».
La journaliste rappelle que « depuis la pandémie de Covid-19, des enquêtes montrent une dégradation de la santé psychique des adolescents. Les tentatives de suicide ont par exemple dramatiquement augmenté depuis 2020, notamment chez les jeunes filles ».
Sylvie Lecherbonnier explique que « dans un contexte budgétaire contraint, la ministre [de l’Education Elisabeth Borne] se concentre sur la structuration de la santé scolaire et sur les partenariats à engager avec les services de santé des collectivités, les centres médicopsychologiques ou le secteur de la pédopsychiatrie, eux-mêmes en proie à des pénuries de moyens et de personnels. La priorité est mise sur le repérage des élèves en souffrance ou en difficulté, notamment à l’école primaire ».
La journaliste relève que « le ministère de l’Education nationale a évoqué la création d’un pôle ressources de santé et bien-être des élèves au sein de chaque département. Composé de conseillers techniques – médecin, infirmier, assistant social et psychologue –, il doit intervenir à la demande des établissements. Un conseiller technique en santé mentale, psychologue de l’éducation nationale, doit aussi être nommé dans chaque département ».
Morgane Verviers, secrétaire générale de l’UNSA-Education, remarque toutefois : «Le gouvernement doit sortir de la logique de faire plus avec moins. L’école ne peut pas tout et elle ne pourra pas continuer à compenser les renoncements d’autres politiques publiques ».
Sylvie Lecherbonnier conclut que ces « Assises de la santé scolaire sont une étape dans cette nouvelle structuration. De nouveaux groupes de travail sont prévus pendant toute l’année scolaire 2025-2026 pour une pleine entrée en vigueur à la rentrée 2026 ».

Revue de presse du 26 mai 2025

« « Tout le monde devrait la faire » : en immersion dans une formation aux premiers secours… en santé mentale »

 Date de publication : 26 mai 2025 Temps de lecture: 3 min


Maxine Marchand remarque dans Le Parisien que « depuis 2019, des formations aux premiers secours en santé mentale se développent partout en France. Alors que le gouvernement a fait de la santé mentale la Grande cause nationale de l’année 2025, ces dispositifs interrogent. Qu’apprend-on vraiment lors de ces formations ? ».
La journaliste livre ainsi un reportage : « La formation du jour a lieu dans le centre Victoire-Tinayre (Paris XIIIe), où les 8 participantes sont accueillies avec du café et des petits gâteaux. […] Carnets de notes, trousses et stylos quatre couleurs, l’ambiance est studieuse, comme dans une salle de classe. Les participantes ont dû débourser 250 euros chacune pour assister à la formation organisée par l’association PSSM France ».
Maxine Marchand relève notamment : « La formatrice, Séverine Fix-Lemaire, distribue à chacune un manuel de premier secours en santé mentale (PSSM) d’une centaine de pages avant de présenter le déroulement et le contenu de la formation. Deux journées de 7 heures, la formation est dense et aborde différents troubles psychiques : troubles dépressifs, anxieux, psychotiques ou liés à l’utilisation de substances ».
« La formation fournit aussi des pistes pratiques pour réagir auprès de personnes en crise. Le mot-clé : AÉRER. « A » pour approcher la personne, « É » pour écouter activement et sans jugement, « R » pour réconforter et informer, « E » pour encourager à aller vers des pros et « R » pour renseigner sur les autres ressources disponibles », 
poursuit la journaliste.
Elle observe que « pour devenir formateur PSSM, les candidats doivent d’abord être secouriste PSSM et remplir un dossier de candidature, où ils justifient d’une expérience personnelle ou professionnelle de la santé mentale ».
Maxine Marchand note que « près de 1900 formateurs sont accrédités sur l’ensemble du territoire. En majorité des femmes, qui travaillent dans le secteur de la santé, l’enseignement ou le social. Les formateurs doivent assurer un minimum de quatre formations par an. […] Des universités proposent également à leurs étudiants de se former gratuitement comme la faculté de Santé de l’Université Paris-Cité ».
La journaliste remarque que « ce dispositif de sensibilisation à la santé mentale est salué par Maurice Bensoussan, président du Syndicat des psychiatres français ». Ce dernier déclare ainsi : « Trouver des relais dans la société civile, c’est très positif, néanmoins on manque de psychiatres et de médecins pour assurer un véritable suivi ».
Il précise toutefois : « On se focalise sur une politique de l’urgence mais, en matière de santé mentale, tout ne se déroule pas en urgence. Tout ça part d’une très bonne intention, mais le risque, c’est celui du cache-misère. Il ne faut pas oublier que le vrai problème, c’est le manque de médecins ».

Revue de presse du 26 mai 2025

« Café aux champignons : cette boisson à la mode est-elle réellement bonne pour la santé ? »

 Date de publication : 26 mai 2025 Temps de lecture: 2 min


Charlotte de Frémont observe dans La Croix : « Le café aux champignons, une recette miracle ? Récemment, les publicités pour cette boisson, présentée comme une alternative «sans les effets indésirables de la caféine», ont pris d’assaut les réseaux sociaux et les rayons bio des supermarchés ».
« Mais leurs bénéfices pour la santé restent encore à prouver », 
ajoute la journaliste.
Charlotte de Frémont évoque ainsi « la promesse : une meilleure résistance au stress, une amélioration générale de la santé et un soutien du système immunitaire. Les ingrédients : des champignons dits «adaptogènes», c’est-à-dire qui aideraient à adapter le corps au stress et à équilibrer les fonctions physiologiques. Cette préparation, vendue entre 120 et 500 €/kg selon les marques, peut ainsi contenir des extraits de diverses variétés, shiitaké, chaga, reishi, ashwagandha, hydne hérisson… ».
La journaliste souligne que « rien ne prouve scientifiquement leur efficacité. Certaines recherches ont été menées, mais la plupart reposent sur des modèles animaux. Par exemple, une étude publiée l’an dernier dans la revue Nature a mis en évidence le rôle d’une molécule issue du shiitaké dans la suppression du diabète de type 1… chez la souris. De nombreux principes actifs de ces champignons sont en fait mal ou peu absorbés par le corps humain, et ne peuvent avoir qu’un effet indirect, via le microbiote ou le système immunitaire ».
Charlotte de Frémont précise qu’« en 2012, les autorités de santé européennes ont estimé, au vu des données scientifiques, que les produits contenant du reishi «ne peuvent pas prétendre stimuler le corps en phase d’épuisement». Par ailleurs, ce champignon peut augmenter l’effet des anticoagulants et exposer certaines personnes au risque d’hémorragie. Le shiitake, pour sa part, est tout bonnement toxique, s’il est consommé cru ou insuffisamment cuit ».
La journaliste note en outre que « sans véritable production française de ces champignons, les sources d’approvisionnement précises sont très rarement indiquées sur les paquets, et le processus de fabrication demeure floue. Cette absence de traçabilité et de législation claire rend difficile les contrôles de contamination aux métaux lourds, pesticides ou mycotoxines (toxiques présents dans les champignons) »
Juliette Di Marco, cofondatrice des cafés Bonjour, déclare pour sa part que « tous les lots sont testés dans un laboratoire indépendant ».

Revue de presse du 30 mai 2025

« « La France insomniaque » : pourquoi dormons-nous si mal ? »

 Date de publication : 30 mai 2025 Temps de lecture: 2 min


Samia Hanachi s’interroge dans Le Monde : « Avons-nous un problème avec le sommeil ? Alors que 25% des Français dorment moins de 6 heures par nuit et que 43% ont des troubles du sommeil, le nouveau livre de Damien Léger, médecin et chercheur, synthétise les causes de ce rapport contrarié à la nuit, ainsi que ses conséquences sur la santé ».
La journaliste explique ainsi que le Pr Léger, « qui dirige depuis 25 ans le Centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu, à Paris, et depuis 10 ans l’équipe de recherche associée, rattachée à l’université Paris Cité », « nous fait profiter de sa riche expérience, y compris auprès d’organismes de santé publique et d’entreprises ».
Samia Hanachi observe qu’« il vous convaincra sans difficulté du rôle central du repos pour la santé. […] Enchaîner les nuits de moins de 6 heures multiplie par deux les risques de développer du diabète de type 2 et par cinq les risques d’obésité ».
La journaliste poursuit : « Le médecin retrace les principaux résultats de la recherche sur le sommeil et explique l’influence sur celui-ci de différents facteurs : luminosité, activité sportive, consommation de caféine, stress post-traumatique… ».
« Les lecteurs trouveront dans cet ouvrage quelques astuces pour optimiser leur nuit et un tutoriel pour faire la sieste. Mieux encore : ils en ressortiront convaincus qu’une amélioration de la qualité de sommeil passe par des politiques publiques ambitieuses, prenant en compte autant les horaires de travail et la pollution lumineuse et sonore dans les villes que le réchauffement climatique », 
continue Samia Hanachi.

Revue de presse santé psy – avril 2025

« Le bruit est nocif pour la santé : ces métiers toujours beaucoup trop exposés »

Date de publication : 1er avril 2025

Le Parisien

Nicolas Berrod constate dans Le Parisien que « beaucoup trop de travailleurs restent exposés à un niveau sonore potentiellement dangereux pour la santé, d’après une étude inédite de Santé publique France ».
Le journaliste souligne que « les risques sont multiples : troubles de l’audition (acouphènes, surdité, etc.), mais aussi stress, problèmes de sommeil, maladies cardiovasculaires… ».
Il explique ainsi que « les experts de l’agence sanitaire ont analysé le niveau d’exposition au bruit, c’est-à-dire «le niveau sonore moyen auquel une personne est potentiellement exposée» pendant une journée de 8 heures de travail, en France ».
Nicolas Berrod retient que « plus de 5 millions de travailleurs, soit 20,5% du total, étaient exposés à un bruit moyen d’au moins 70 décibels (dB) en 2019. Cette part a légèrement diminué depuis 2007, lorsqu’elle atteignait près de 23% ».
Le journaliste remarque que « cette petite baisse est en trompe-l’œil ! Elle s’explique par la chute du nombre de professionnels dans les métiers les plus exposés, notamment en métallurgie (passée de plus de 110.000 à moins de 90.000 employés en 12 ans) ».
Il continue : « Ces victimes de nuisances sonores sont en très grande majorité des hommes et plus d’un tiers d’entre elles subissent même un bruit moyen d’au moins 80 dB, soit l’équivalent d’une tondeuse à gazon. À partir d’un tel niveau, dit «lésionnel», on considère que l’ouïe est en danger ».
Nicolas Berrod ajoute que « l’étude s’est penchée (…) sur les différents secteurs professionnels. Celui qui regroupe le plus de travailleurs en proie à du bruit important est le BTP (1,3 million, dont plus de 700.000 qui subissent au moins 80 dB en moyenne) ».
« Mais quand on rapporte le nombre de victimes potentielles à celui d’employés, c’est le secteur «mécanique et travail des métaux» (ouvriers, techniciens, etc.) qui est le plus touché : près de 80% de professionnels exposés, et plus de la moitié à du bruit «lésionnel» »,
relève-t-il.
Le journaliste note que « les experts de Santé publique France espèrent que leurs résultats permettront d’«orienter au mieux la prévention, en ciblant les secteurs avec le plus de personnes concernées ou avec les plus fortes proportions d’exposés» ».
Nicolas Berrod rappelle qu’« à partir de 80 dB en moyenne, la réglementation française prévoit la possibilité de faire examiner son audition par un médecin, sur demande du travailleur. Au-delà de 85, les endroits bruyants doivent être signalés comme tels, leurs accès doivent être limités, et des protecteurs auditifs ainsi qu’une surveillance médicale renforcée doivent être proposés aux employés ».
« Une fois que l’on dépasse – théoriquement – le seuil de 87, l’entreprise doit obligatoirement prendre des mesures pour réduire le bruit », 
ajoute le journaliste.
La Dr Jocelyne Berthaud, médecin coordinateur chez Horizon Santé Travail, remarque pour sa part que « des progrès ont été faits, notamment par les entreprises de BTP qui font très attention et qui mettent à disposition des casques. Mais encore faut-il que ces derniers soient correctement mis ! Et il faudrait aussi des machines moins bruyantes, comme on l’a fait dans l’automobile avec les voitures électriques ».

« Le stress peut-il provoquer un arrêt cardiaque ? »

Date de publication : 7 avril 2025

Le Figaro

C’est ce que se demande Cécile Thibert dans Le Figaro, qui note : « Colère, déception amoureuse, pression intense… peuvent déséquilibrer notre organisme ».
Le Pr Christophe Scavée, cardiologue aux cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles, remarque ainsi que « le lien entre stress et risque d’arrêt cardiaque est connu depuis longtemps, mais l’étude la plus connue date de 2004 ».
Cécile Thibert rappelle que « cette étude (appelée « Interheart ») portant sur 25.000 personnes à travers le monde avait non seulement montré que le stress augmente le risque d’infarctus du myocarde, mais aussi qu’il existe un effet dose : plus le stress est prolongé, plus le risque est grand ».
« De nombreuses études ont confirmé ce résultat. Après le tabac et le diabète, le stress constituerait ainsi le troisième facteur de risque évitable d’accident cardiaque », 
relève la journaliste.
La journaliste cite l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, qui précise que le stress est un état qui « survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ».
Sébastien Tubau, psychologue clinicien en Suisse, déclare quant à lui que le stress « est l’ensemble des réactions physiologiques et psychologiques que l’individu développe face à un danger ».
Cécile Thibert continue : « Il faut distinguer le stress aigu, causé par une circonstance exceptionnelle, et le stress chronique ».
Le Pr Scavée indique que « dans le premier cas, l’organisme produit immédiatement de l’adrénaline, explique. Cette substance, qui est l’hormone du stress par excellence, a un effet direct sur la fréquence cardiaque et la tension artérielle ».
La journaliste note que « les artères se contractent alors qu’au même moment, le cœur requiert un apport accru en oxygène. Autant d’événements qui peuvent provoquer un défaut d’alimentation en sang du cœur ».
Cécile Thibert remarque qu’« il existe aussi le syndrome du « cœur brisé » (ou « tako-tsubo », décrit au Japon dans les années 1990), qui survient après un lourd choc émotionnel et qui ressemble à une crise cardiaque (mais ce n’en est pas une) ».
« Le syndrome est dû à la déformation du ventricule gauche du cœur, qui n’arrive alors plus à assurer sa fonction de pompe, entraînant de ce fait une insuffisance cardiaque. Touchant en grande majorité les femmes, le tako-tsubo serait responsable de 1% à 3% des accidents cardiaques »,
 précise la journaliste.
Elle explique en outre que le stress chronique « est plus insidieux et s’installe sur le long terme ».
Le Pr Scavée indique que « le niveau de cortisol est très élevé. Cette hormone est indispensable mais, en excès, elle a un effet néfaste sur le cœur, la tension artérielle, les vaisseaux sanguins et elle aggrave les dépôts de cholestérol dans les artères ».
Cécile Thibert note que « d’après l’Association française de cardiologie, environ 3,5% des infarctus du myocarde seraient induits par un stress professionnel chronique, soit 3500 à 4000 cas chaque année ».
La journaliste s’interroge enfin : « Comment atténuer son stress pour diminuer son risque cardio-vasculaire ? ». Sébastien Tubau répond : «J’utilise beaucoup une technique de respiration appelée “cohérence cardiaque”. Cela va agir sur la fréquence cardiaque qui est un paramètre relié au système nerveux automne. Très rapidement, le cerveau va s’aligner et moduler sa réponse au stress. En quelques semaines, on peut diminuer l’anxiété, parmi d’autres choses ».
Cécile Thibert ajoute que « l’activité physique, les thérapies cognitives et une bonne alimentation sont également des alliés contre le stress ».

« Addictions, tentatives de suicide, urgences médicales : comment les détenus sont soignés en prison »

Date de publication : 7 avril 2025

Le Parisien

C’est ce que titre Le Parisien, qui explique qu’« en dehors des horaires d’ouverture de l’unité sanitaire du centre pénitentiaire de Beauvais (Oise), les prisonniers peuvent être conduits à l’hôpital sous escorte. Pour réduire les risques de tentative d’évasion, SOS Médecins est habilité depuis mars à intervenir au sein même du lieu de captivité ».
Julie Ménard livre ainsi un reportage au sein de l’unité sanitaire du centre pénitentiaire de Beauvais, où « les détenus n’ont rien à envier au système médical classique ».
La Dre Vanessa Thery, cadre de santé, indique qu’« ici, le temps d’attente pour voir un médecin est moins long qu’à l’extérieur. On peut voir un dentiste en 3 semaines contre 6 mois d’attente pour obtenir un rendez-vous dans le secteur ».
Julie Ménard précise que « le protocole imposé au personnel soignant et pénitentiaire est beaucoup plus strict. Lors des journées les plus chargées, jusqu’à 170 passages sont enregistrés. De quoi créer des mouvements sensibles parmi les 700 hommes et femmes incarcérés dans l’établissement ».
La journaliste relève notamment que « l’équipe détachée par l’hôpital Simone-Veil de Beauvais travaille aux côtés des psychologues du centre hospitalier Isarien de Clermont. Des associations de lutte contre les addictions ou de dépistage ainsi que des spécialistes en dentition, radiologie ou gynécologie interviennent aussi régulièrement. Les détenus sont reçus individuellement, dans le respect du secret médical ».
Julie Ménard indique que « pour les cas plus graves, les détenus doivent être extraits vers l’hôpital local avec tous les risques que cela comporte ».
Elle explique que « depuis le 11 mars, Beauvais expérimente un autre mode de prise en charge. L’administration pénitentiaire a signé une convention de partenariat avec l’antenne locale de l’association SOS Médecins. Le Samu peut donc décider de faire appel à un médecin libéral d’astreinte pour venir consulter le détenu à toute heure, en cellule, plutôt que de l’envoyer à l’hôpital ».
Julie Ménard note par ailleurs que la nuit, « aux urgences, les prisonniers sont installés dans des cellules prévues à cet effet, sans contact avec la population. Mais les surveillants doivent attendre auprès d’eux jusqu’à la fin de la prise en charge. En cas d’hospitalisation, il faut rester jusqu’à la relève policière. Ce qui peut prendre des heures, voire la nuit entière ».
« Pour ce qui est des cas psychiatriques — 90% des détenus souffrent d’addiction et les trois quarts ont un traitement médicamenteux —, l’administration pénitentiaire surveille surtout ceux qui menacent de mettre fin à leurs jours », 
continue la journaliste.
Elle note en outre que « les équipes doivent veiller à ne pas se faire manipuler. Certains détenus peuvent exagérer leurs symptômes, notamment les douleurs, dans le but de se voir prescrire des médicaments puissants. Ceux-ci pourraient ensuite être revendus et alimenter un trafic de stupéfiants au sein même de la prison ».

« Dans les maternités, le défi du repérage des nourrissons « à protéger » »

Date de publication : 7 avril 2025

Le Monde

Mattea Battaglia explique dans Le Monde que « dans les hôpitaux, des équipes pluridisciplinaires sont chargées du repérage et de l’accompagnement des situations familiales complexes dont elles estiment parfois, avant même la naissance, qu’elles pourraient justifier une intervention de l’aide sociale à l’enfance ».
Sarah Tebeka, qui coordonne la filière de psychiatrie périnatale à l’hôpital Louis-Mourier (AP-HP), à Colombes, précise ainsi que « la priorité durant la grossesse est de “border” au maximum les situations de vulnérabilité. Dès leur inscription à la maternité, les futures mamans sont questionnées sur leur parcours psychosocial, leurs antécédents psychiatriques, et, si un voyant clignote, on fait tout pour les intégrer à la filière de soins adéquats ».
La journaliste observe : « En première ligne, un «staff psychosocial» rassemble gynécologues, psychiatres et psychologues, mais aussi pédiatres, sages-femmes ou assistantes sociales, afin de croiser les regards et les expertises dans une «démarche collégiale», comme disent les soignants ».
« S’y ajoute souvent, dans les maternités dotées d’un service de néonatalogie, un «staff de parentalité», auquel peuvent être associés des représentants de la protection maternelle et infantile et d’autres, de l’aide sociale à l’enfance », 
relève Mattea Battaglia.
Elle note que « certaines situations laissent assez peu de place au doute quant à leur issue : un recours à l’ASE semble inévitable. Pour d’autres, nombreuses, il y a débat entre soignants, et le souhait de «se laisser du temps» ».
Tania Ikowsky, responsable de l’unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger à l’hôpital Robert-Debré (AP-HP, Paris), précise que« l’objectif est toujours d’aider les parents à être parents. On essaie de faire alliance avec eux en gardant en tête qu’ils peuvent, avec notre soutien, trouver les ressources nécessaires pour compenser les vulnérabilités, créer du lien avec l’enfant à naître, réussir à le sécuriser… Mais on doit aussi voir quand les facteurs de risque se cumulent et nécessitent une intervention de prévention ou de protection immédiate ».
Mattea Battaglia observe que « sur les centaines de grossesses ainsi accompagnées, chaque année, dans les grosses maternités franciliennes (3000 accouchements et plus), difficile de savoir combien, à la naissance, donnent lieu à une information ou à un signalement au procureur. Les médecins qui ont accepté de nous parler évoquent une « tendance » qui leur semble à la hausse, du fait d’une plus grande précarité sociale mais aussi de progrès dans le repérage anténatal ».
Le Pr Elie Azria, gynécologue-obstétricien, chef de la maternité du groupe hospitalier Paris-Saint-Joseph, remarque qu’« aucune histoire ne ressemble à une autre. Il peut y avoir des divergences de vues et d’appréciation au sein des équipes. On peut alors rédiger les informations préoccupantes à plusieurs, sans taire ces divergences ».

« La santé mentale encore trop difficilement prise en charge »

Date de publication : 8 avril 2025

Le Figaro

Jean Cittone observe dans Le Figaro que « la crise sanitaire a permis de lever le voile sur la santé mentale des Français. Une personne sur cinq est aujourd’hui concernée chaque année par un trouble psychiatrique et 3 millions de Français souffrent de troubles psychiques sévères. La prise en charge de ces maladies représente plus de 23 milliards d’euros de dépenses par an pour l’Assurance-maladie ».
Le journaliste ajoute que « les coûts directs et indirects sont estimés quant à eux à 163 milliards d’euros par an. Malgré une timide prise de conscience, la prise en charge de ces maladies reste une gageure. Pour mieux sensibiliser sur ce sujet, le gouvernement a décidé de faire de la santé mentale la grande cause nationale 2025 ».
Jean Cittone rappelle que « pour les personnes angoissées, déprimées ou souffrant d’un mal-être, l’Assurance-maladie a mis en place en 2022 le dispositif Mon soutien psy, en remboursant désormais 12 consultations par an chez un psychologue. Un investissement de plus de 118 millions d’euros, partagé avec les complémentaires santé, qui commence à porter ses fruits ».
Le journaliste indique que « près de 600.000 Français ont déjà bénéficié de Mon soutien psy depuis son lancement et 5500 psychologues avaient intégré le dispositif début 2025, alors qu’ils n’étaient qu’environ 2500 à la même période en 2024 ».
Jean Cittone relève cependant que « notamment échaudés par le plafond des montants qui leur sont remboursés, les psychologues ne se précipitent pas pour autant. La densité de praticiens partenaires n’atteint en effet que 8 pour 100.000 habitants, alors que nos voisins allemands ont quant à eux un ratio de 38 pour 100.000 habitants ».
« L’Assurance-maladie, elle, estime qu’entre 16.000 et 18.000 cliniciens pourraient être conventionnés. En France, les psychologues ne sont pour l’instant pas reconnus juridiquement comme des professionnels de santé et ne possèdent pas de lecteurs de carte Vitale », 
poursuit le journaliste.
Il relève en outre que « Mon soutien psy ne traite cependant que des troubles mentaux légers. En mars, la Fédération hospitalière de France (FHF) a publié un baromètre révélant que l’accès aux soins en santé mentale et en psychiatrie «reste très dégradé» en France, à la fois à cause de «carences structurelles» mais aussi de «préjugés durables», 52% des Français sondés pensant encore qu’on ne guérit jamais vraiment de ces problèmes ».
Jean Cittone observe que « selon la FHF, une personne sur deux souffrant de troubles psychiatriques rencontre des difficultés d’accès aux soins, dont 47% à cause des délais d’attente pour un rendez-vous. La situation des jeunes est particulièrement préoccupante en 2024, avec un recours aux soins à l’hôpital pour les pathologies psychiatriques chez les 5-19 ans nettement supérieur à ce qui était attendu ».
Le journaliste indique par ailleurs que « face à la minimisation et à la stigmatisation des troubles psychiques, le gouvernement prévoit (…) de former 150.000 personnes aux premiers secours en santé mentale (PSSM) en 2025 pour mieux repérer d’éventuels troubles psychiques, que ce soit dans l’environnement personnel comme professionnel ».
« La Haute Autorité de santé (HAS) a, elle, adopté en février son programme pluriannuel pour la période 2025-2030, destiné à «intensifier son engagement afin d’améliorer le parcours de santé des personnes, dès l’émergence de troubles de la santé mentale, et de mieux prendre en charge les troubles les plus sévères» », 
note Jean Cittone.

« Dérives sectaires : les médecines alternatives au coeur des préoccupations de la Miviludes »

Date de publication : 8 avril 2025

La Croix

La Croix annonce en effet que « la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a reçu 4571 saisines en 2024. (…) La santé et le bien-être arrivent en tête (37%) des signalements reçus entre 2022 et 2024, devant les cultes et spiritualités (35%) ».
Le journal remarque ainsi que « la santé reste particulièrement touchée par les risques de dérives sectaires, et les pratiques de soins non conventionnelles, y compris dans des établissements de santé, sont une source de «préoccupation», souligne la Miviludes ».
Le quotidien indique que « son précédent bilan, dévoilé en 2022, pointait déjà la santé comme «sujet de préoccupation majeur». Alors que les malades du cancer restent les plus touchés par les dérives sectaires en santé, la Miviludes s’inquiète désormais du développement de pratiques de soins non conventionnelles (PSNC) au sein même d’établissements de santé ».
La Croix observe que « souvent considérées comme «douces», «complémentaires» voire «alternatives et finalement bénéfiques pour la santé», la grande majorité de ces pratiques «n’a pas été approuvée scientifiquement», souligne-t-elle ».
Le journal précise qu’« un grand nombre de signalements reçus par l’organisme, rattaché au ministère de l’Intérieur, dénoncent ainsi «la banalisation de ces pratiques au sein des établissements de santé », sans être nécessairement accompagnées de «mises en garde ou d’encadrement médical» ».
Le quotidien souligne que « les soins de support, notamment en cancérologie, «connaissent, à leur tour, des dérives à caractère sectaire» ».
La Croix observe qu’« en 2024, la Miviludes a adressé 45 signalements au parquet – contre 20 en 2021 -, fréquemment «sur des “conseils” ou “pseudo-soins” donnés à des “patients “ (…) par des pseudo-thérapeutes n’ayant pas de diplôme reconnu par l’État». D’autres infractions concernent «les délits d’exercice illégal de la pharmacie, de la diététique, d’usurpation du titre de docteur en médecine» ».
Le journal précise que « dans la plupart des cas, les «pseudo-thérapeutes» prônent un régime alimentaire draconien, incitent à la consommation de stupéfiants, de soins à base de pierres (lithothérapie), ou d’examen de tumeur «par appareil “russe à résonance magnétique” qui contredit le diagnostic de cancer», énumère la Miviludes. (…) Dans le traitement du cancer, l’organisme alerte sur la dangerosité de l’urinothérapie, méthode «qui consiste à boire son urine» et qui a été «fatale» pour certaines victimes ».
La Croix indique que « pour mieux sécuriser les soins de support proposés aux malades et éviter de possibles dérives, la Miviludes, le ministère de l’intérieur et la Ligue contre le cancer vont signer mardi une convention de partenariat ».

« Dépression du post-partum, faut-il blâmer la pilule ? »

Date de publication : 9 avril 2025

Le Figaro

Bénédicte Lutaud remarque dans Le Figaro que « les femmes seraient deux fois plus touchées par la dépression que les hommes. Chaque année, entre 8 et 16% de celles âgées de 18 à 50 ans sont atteintes de cette maladie psychique, et ce chiffre grimpe à près de 20% pour les femmes enceintes ou dans la période post-partum ».
La journaliste évoque le livre des psychiatres Lucie Joly et Hugo Bottemanne, La dépression au féminin, et relève : « Parmi les explications, les facteurs hormonaux sont désormais établis. En effet, le risque de dépression s’accroît lors de différentes étapes de «grands remaniements hormonaux», explique la Dr Lucie Joly ».
Bénédicte Lutaud poursuit : « Qu’en est-il des hormones de synthèse ? La réponse n’a rien d’évident. Elle intéresse en tout cas les chercheurs, et notamment l’équipe danoise du département de recherche de neurologie et neurobiologie de l’hôpital universitaire de Copenhague ».
La journaliste fait savoir que « dans une étude parue fin mars dans la revue Jama Network, Søren Vinther Larsen et ses collègues concluent que débuter une contraception hormonale après l’accouchement serait associé à un risque accru de développer une dépression du post-partum (DPP) ».
Bénédicte Lutaud explique que « les chercheurs danois se sont basés sur les données du registre national de santé danois, ce qui leur a permis d’étudier une cohorte de 610.038 femmes devenues mères pour la première fois ».
« Le risque de dépression du post-partum est 1,49 fois plus élevé après l’initiation d’une contraception hormonale. Un risque accru qui s’observe avec tout type de contraceptif hormonal : pilules combinées, stérilets, implants, patch ou anneau vaginal. Seule exception, les pilules progestatives (ou dites microdosées) sont associées à un risque réduit en début de post-partum, puis accru en post-partum plus tardif », 
note la journaliste.
Elle précise que « les chercheurs font l’hypothèse que ces pilules, souvent prescrites aux mères allaitantes pour limiter les potentiels effets néfastes d’autres contraceptifs hormonaux, sont parfois prises plus tardivement après la prescription ».
« Il s’agit toutefois d’une étude observationnelle, reconnaissent les chercheurs, qui invitent donc à la prudence », 
poursuit Bénédicte Lutaud, qui rappelle que « la recherche, sur cette thématique, reste contradictoire ».
Søren Vinther Larsen remarque ainsi : « Il se peut que seulement un petit sous-groupe de femmes développe une dépression due à l’usage d’un contraceptif hormonal, et les effets pourraient ne pas être les mêmes chez toutes les femmes ».
Bénédicte Lutaud indique par ailleurs que « la méthodologie de l’étude suscite également quelques réserves, puisqu’elle comporte de nombreux biais ».
La Dr Joly réagit : « Des femmes risquent d’avoir peur de prendre leur contraceptif. Or, après l’accouchement, il y a un véritable tsunami hormonal. Une femme sur cinq est touchée par la dépression du post-partum, il est difficile de faire la différence entre des remaniements hormonaux, physiologiques et les effets de la contraception ».
Søren Vinther Larsen indique pour sa part : « Nous avons trouvé une petite augmentation de risque absolu, ce qui souligne que les femmes ne devraient pas, d’une manière générale, restreindre leur conception hormonale en raison d’inquiétudes sur la dépression ».

« Un médicament offre une première piste prometteuse contre l’addiction à la cocaïne »

Date de publication : 9 avril 2025

Le Figaro

Delphine Chayet remarque dans Le Figaro qu’« alors que la consommation de cocaïne atteint des niveaux records en France, il n’existe aucun médicament approuvé pour soigner cette addiction. (…) La cocaïne serait à l’origine de 10.000 hospitalisations par an, et de complications médicales dont la gravité et la fréquence augmentent ».
La journaliste fait savoir que « des chercheurs du laboratoire Novartis présentent une piste thérapeutique jugée « prometteuse », qu’ils ont testée pour la première fois chez l’être humain », selon un travail publié dans Science Translational Medicine.
Elle explique ainsi que « les scientifiques ont cherché à modérer l’activité d’un neurotransmetteur excitateur du cerveau, le glutamate, impliqué dans le traitement de la récompense et de la dépendance à la cocaïne. (…) Ils ont utilisé une molécule déjà connue, le mavoglurant, capable de bloquer un récepteur au glutamate, appelé mGluR5 ».
Delphine Chayet précise que « 70 adultes présentant un trouble de la consommation de cocaïne en poudre, prise par sniff nasal, ont été recrutés en Suisse, en Espagne et en Argentine pour participer à cet essai clinique de phase 2. Une partie d’entre eux s’est vue proposer le mavoglurant oral, à raison de deux fois par jour pendant quatorze semaines. Les autres ont reçu un placebo ».
La journaliste relève qu’« au bout de 98 jours, l’effet du traitement est significatif (…) : il réduit la proportion de jours comportant une prise de cocaïne. Une recherche complémentaire dans les urines et les cheveux confirme que le groupe traité par mavoglurant présente moins de résidus de cocaïne, mais aussi d’alcool, que les participants sous placebo ».
Delphine Chayet note en outre que « dans les trois dernières semaines de l’étude, 28% des patients du groupe traité étaient abstinents à la cocaïne, contre 8% dans le groupe placebo. (…) Des maux de tête, des vertiges et des nausées ont été fréquemment observés ».
Florence Noble, directrice de recherche au CNRS, déclare que « ces résultats sont très encourageants mais ils devront être confirmés par d’autres études. Le nombre de participants, essentiellement des hommes de type caucasien, est très réduit. Par ailleurs, on ne sait pas si le traitement continue à produire des effets au-delà des 3 mois de l’étude ».
La journaliste conclut que « le mavoglurant devrait maintenant être testé dans le cadre d’un essai clinique de phase 3 par une société de biotechnologie ».

« Pourquoi les Français sont (toujours) trop accros aux benzodiazépines »

Date de publication : 10 avril 2025

Le Parisien
Libération

Nicolas Berrod indique dans Le Parisien que « l’agence du médicament lance, ce jeudi, une nouvelle campagne de sensibilisation pour inciter à moins prescrire et avaler ces médicaments. La France est le deuxième consommateur de benzodiazépines en Europe, avec 9 millions de Français traités l’an dernier », souligne le journaliste.
Il précise que le « nombre de consommateurs en France a baissé dans les années 2000, mais de seulement 5% depuis dix ans ». L’ANSM souligne que « cette diminution reste modeste et le nombre de consommateurs reste trop élevé », sa directrice générale, Catherine Paugam-Burtz, ajoutant que « cela augmente chez les jeunes ».
Le journaliste rappelle qu’« aussi efficaces soient-ils pour calmer les angoisses, les troubles psychiques ou aider à mieux dormir, ces médicaments présentent aussi de nombreux risques : somnolence, convulsions, accidents de voiture par manque de concentration, etc. Les personnes âgées risquent davantage de faire des chutes, avec – parfois – de lourdes conséquences sur leurs corps fragiles ».
Nicolas Berrod ajoute que « certaines benzodiazépines (…) pourraient aussi générer une certaine dépendance chez les patients, surtout à forte dose ou sur une longue durée. (…) Plusieurs études suggèrent par ailleurs un risque accru de démence ».
Le journaliste relève que « la grande majorité des prescripteurs sont des médecins généralistes. Auraient-ils la main trop lourde ? ».
Le Dr Sébastien Adnot, praticien à Carpentras, secrétaire général adjoint de MG France, répond que « les médecins généralistes prescrivent beaucoup en France, mais pas comme des bonbons non plus. Et c’est avant tout car il y a hausse de l’anxiété dans la société depuis le Covid, et car la psychiatrie française est à terre ».
Nicolas Berrod remarque que « pour toucher les jeunes, la nouvelle campagne de pub passera aussi par les réseaux sociaux, avec le soutien de cinq influenceurs. En parallèle, davantage de boîtes plus petites vont être mises sur le marché par les laboratoires ».
Nathalie Raulin explique également dans Libération qu’« à partir de ce jeudi 10 avril et pour 5 semaines, l’ANSM lance une vaste campagne d’information pour sensibiliser l’opinion et les médecins au bon usage des benzodiazépines ».
La journaliste retient un « un angle d’attaque précis : la nécessité de respecter les recommandations de durée de traitement ».
Catherine Paugam-Burtz déclare que « moins de 3 Français sur 5 savent que ces médicaments doivent être pris sur des durées courtes, soit moins de 3 mois dans le traitement de l’anxiété et moins de 3 semaines dans le traitement de l’insomnie. Il nous est apparu que nous avions là une piste d’action pour améliorer le bon usage de cette classe de molécules ».
Nathalie Raulin précise que « si l’ANSM ambitionne «d’acculturer toutes les tranches d’âge» au bon usage des benzodiazépines, elle vise plus particulièrement deux catégories de la population. D’abord les 18-25 ans, dont la consommation, quoique globalement très faible, a augmenté chez les jeunes filles. (…) Mais c’est surtout les plus de 65 ans que veut toucher l’ANSM. (…) Ils sont les premiers consommateurs de ces molécules, et les plus enclins à prolonger le traitement au-delà des recommandations sanitaires ».
La journaliste ajoute que « les généralistes, à l’origine de 75% des prescriptions de benzodiazépine, ne sont pas oubliés ». Philippe Vella, directeur de la direction médicale de l’ANSM, remarque que « 40% des patients traités (…) le sont sur des durées trop longues, non conformes aux recommandations. Or cet usage prolongé favorise les effets indésirables liés à la prise de ces médicaments ».
Nathalie Raulin indique ainsi que « les laboratoires producteurs des benzodiazépines hypnotiques (contre les insomnies) ont été invités à les fournir en petit conditionnement (5 à 7 comprimés). De quoi mieux calibrer les prescriptions et limiter la tentation des patients de finir les boîtes à leur guise ».

« Une étude pour mieux comprendre comment la dépression se conjugue au masculin »

Date de publication : 14 avril 2025

Le Figaro

Sophie Massieu remarque en effet dans Le Figaro qu’« on comptabilise deux fois plus de diagnostics de dépression chez les femmes, mais trois fois plus de suicides chez les hommes »
La journaliste fait savoir que « lancée avec le soutien des fondations Pierre-Deniker et Sisley-d’Ornano, l’étude Gendep ambitionne de démêler les causes d’une telle situation. Un moindre recours des hommes aux soins psychiatriques ? De possibles symptômes mal identifiés, parce que différents de ceux des femmes et mal connus ? ».
Margaux Hazan, interne en psychiatrie et chercheuse en santé publique, responsable de l’étude, observe : « A l’hôpital ou au sein des services d’urgences, nous rencontrons des hommes en dépression, souvent sévère. Cela contraste avec les soins de psychiatrie en ville, où Doctolib comptabilise deux tiers de patientes parmi les prises de rendez-vous chez un psychiatre ».
Sophie Massieu explique que « des hommes et des femmes déprimés vont donc être interrogés en nombre. Ils appartiennent à la cohorte ComPaRe (Communauté de patients pour la recherche) de l’AP-HP. La plateforme compte déjà plus de 5000 inscrits sur son volet «dépression», mais elle aimerait en rassembler davantage, et rééquilibrer le nombre d’hommes, qui représentent pour l’heure seulement 20% des participants ».
La journaliste note que le « but principal (de l’étude) vise à déterminer l’existence, ou non, de symptômes spécifiques de la dépression chez les hommes. (…) 90 symptômes ont été listés. Certaines émotions comme la tristesse, mais d’autres aussi, comme l’irritabilité. Des éléments davantage d’ordre comportemental, à l’instar du recours à des substances psychoactives (alcool, tabac…), ou encore des difficultés dans les relations aux autres, et des symptômes sexuels ».
Astrid Chevance, psychiatre au Centre de recherche en épidémiologie et statistiques (Cress), précise : « En interrogeant les patients sur ce grand nombre de manifestations possibles de la dépression, l’idée consiste à déterminer si certaines sont plus saillantes chez les hommes, mais aussi comment elles s’agencent entre elles et s’articulent avec des variables comme l’âge, le statut socio-économique… ».
Sophie Massieu ajoute qu’« une fois la spécificité des symptômes mieux précisée, les chercheuses indiquent que les résultats de l’étude pourront être rapidement utilisés de façon opérationnelle en pratique clinique. Mais aussi en recherche, puisque des échelles plus sensibles à la dépression masculine pourront voir le jour et affiner les travaux sur la prévalence, autrement dit le nombre de dépressions ».

« Suicides à l’hôpital : une vingtaine de soignants attaquent en justice les ministres Catherine Vautrin et Elisabeth Borne »

Date de publication : 14 avril 2025

Le Monde

Rémi Dupré et Stéphane Mandard annoncent dans Le Monde qu’« une plainte a été déposée devant la Cour de justice de la République notamment pour «harcèlement moral» et «homicides involontaires». Elle vise les ministres de la Santé et de l’Education, ainsi que le ministre délégué à la Santé et à l’accès aux soins, Yannick Neuder, jugés responsables des conditions de travail dégradées des établissements publics ».
Les journalistes reviennent sur plusieurs suicides de soignants en 2023 et 2024, et expliquent que « pour tenter de mettre fin à cette «épidémie de suicides à l’hôpital public», plusieurs veuves et veufs de médecins ou de soignants ont décidé de «briser l’omerta» en saisissant la justice. (…) Une plainte a été déposée (…) devant la Cour de justice de la République (CJR) pour «harcèlement moral, homicides involontaires et violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner et mise en danger de la personne» ».
Rémi Dupré et Stéphane Mandard évoquent ainsi « une première, pour dénoncer une dérive de l’hôpital dont les plaignants estiment l’Etat responsable. (…) La plainte regroupe 19 requérants, qui ne se connaissent pas. Dix-neuf histoires de souffrances qui concernent tous les corps médicaux (infirmière, chef de service, directeur), toutes les spécialités (pédiatrie, néphrologie, cardiologie, psychiatrie, gynécologie…) et toutes les régions de France. Dix-neuf récits qui racontent un hôpital au bord de l’implosion, laminé par la crise engendrée par le Covid-19 ».
Un directeur d’un établissement du Nord déclare ainsi : « Moi aussi, j’aurais pu passer à l’acte. (…) Je me suis retrouvé à la tête d’un hôpital en train de s’effondrer comme un pilote d’avion à qui on demande de sauter sans parachute ».
Les journalistes indiquent que « dans sa plainte, Me Christelle Mazza s’appuie sur la jurisprudence tirée d’un arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation en janvier dans l’affaire France Télécom sur la responsabilité pénale des dirigeants de l’entreprise et la notion de «harcèlement moral institutionnel» ».
Rémi Dupré et Stéphane Mandard continuent : « La fonction publique hospitalière tient-elle des statistiques sur les cas de suicides de ses agents et praticiens ? Le Centre national de gestion n’a pas répondu à nos sollicitations. De son côté, l’Observatoire national du suicide déplore «ne pas avoir, aujourd’hui, les moyens de connaître les taux de décès par suicide par profession» ».
Les journalistes citent notamment un membre de l’Epsan (Etablissement public de santé d’Alsace Nord), un centre hospitalier spécialisé en santé mentale dans le Bas-Rhin, qui évoque « une banalisation du suicide : on montre la même indifférence aux suicides des agents que des patients alors que par notre métier, la psychiatrie, on devrait être plus vigilant à la souffrance au travail ».
Rémi Dupré et Stéphane Mandard relèvent que « dans un rapport publié en janvier 2025, la chambre régionale des comptes Grand-Est fait état de 7 décès par suicide de patients en 2021 et de 6 décès par suicide en 2022, à l’Epsan, sans mentionner ceux des agents, tout en évoquant des «tensions fortes sur le personnel médical et non médical» ».
Les journalistes observent que « la directrice de l’Epsan, Yasmine Sammour, indique qu’à la suite du suicide de monsieur M. «un travail transversal considérable» a été mené afin, notamment, de «reconstituer une équipe de santé au travail, avec une équipe désormais complète» et de «réaliser une nouvelle démarche de diagnostic des risques psychosociaux». Concernant les trois suicides survenus après celui de monsieur M., la directrice explique ne pas disposer «d’éléments pouvant indiquer un lien avec l’établissement» ».

« À l’hôpital, les pédopsychiatres face aux ravages de l’addiction aux écrans »

Date de publication : 18 avril 2025

Le Figaro

Stéphane Kovacs livre dans Le Figaro un reportage dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Robert-Debré, à Paris, relevant : « Interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans ? Des portables à l’école ? Clara Chappaz, ministre chargée du Numérique, s’est rendue (dans l’établissement) pour évaluer ces différentes pistes ».
Le journaliste observe ainsi : « Idées suicidaires, conduites autoagressives, cyberharcèlement : ici, sont soignés des jeunes « addicts » aux écrans, aux substances, ou parfois aux deux. Faut-il interdire totalement les écrans avant 3 ans ? À l’école ? ».
Stéphane Kovacs note que « les experts de l’hôpital parisien se montrent plus mesurés : «Plutôt éducation qu’interdiction», plaident-ils ».
Le Dr Vincent Trebossen, pédopsychiatre, souligne : « L’usage des réseaux sociaux, c’est la question que les parents nous posent systématiquement, pointant “la responsabilité de TikTok” dans le mal-être de leur enfant. On leur donne des conseils, mais aujourd’hui, on n’a pas de connaissances assez précises sur l’impact des réseaux sociaux sur le développement cognitif de l’enfant ».
« Un ado déprimé va passer plus de temps sur les réseaux, et ceux-ci peuvent mener à la dépression… C’est pour cela que nous voulons, à terme, infiltrer ces réseaux sociaux. Il existe d’ailleurs déjà des initiatives de jeunes qui y montent des groupes de soutien pour s’entraider entre pairs. Guider les influenceurs vers les bonnes pratiques aurait aussi un effet vertueux », 
continue le médecin.
Stéphane Kovacs explique que « la ministre déléguée Clara Chappaz, qui a fait de «la protection des mineurs en ligne une priorité», a souhaité aller à la rencontre «des personnes qui sont en première ligne : soignants, enquêteurs, chercheurs», pour l’aider à «avancer dans (sa) réflexion politique» ».
Le Dr Trebossen souligne : « Il faut plutôt être dans la guidance parentale. La clé, c’est aussi l’échange que l’on va avoir avec l’enfant ».
Le journaliste note qu’« un «conseil très simple et efficace» serait de demander à «toute la famille» de «poser son portable le soir dans un panier». Car il s’agit de ne pas donner le mauvais exemple, avertit la Dr Sylvie Derobert, spécialisée en addictologie périnatale, qui voit «des jeunes mamans allaiter, un œil sur leur smartphone» ».
Stéphane Kovacs continue : « Interdire les réseaux sociaux avant 15 ans ? Instaurer une «pause numérique» dans tous les lycées dès la rentrée prochaine, comme le demande la ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne ? Là non plus, les experts ne valident pas ».
L’un d’eux remarque que « c’est plutôt un échec de bannir les matières addictives ! Un jeune trouve toujours un moyen pour contourner l’interdiction. En hospitalisation, les ados ont souvent deux téléphones : celui qu’ils confient à l’entrée, et celui qu’ils gardent en cachette… Pour moi, c’est un non-sens de leur demander de déposer leur téléphone dans un casier à l’école ».
Stéphane Kovacs continue : « Comment atteindre ces parents, ces enseignants, tant demandeurs de conseils ? Créé après le Covid et ses confinements, le site CléPsy propose aujourd’hui gratuitement quelque 200 fiches en ligne, écrites par des experts ».
Nesrine Bouchlaghem, psychologue clinicienne, indique que « l’année dernière, on a eu un million de nouveaux visiteurs. Environ 90.000 utilisateurs se connectent chaque mois. Des Français mais aussi des francophones du monde entier ! ».

« Les bienfaits insoupçonnés de la tendresse sur la santé »

Date de publication : 18 avril 2025

Le Point

Dans sa chronique pour Le Point, Stéphane Demorand relève que « les gestes d’affection, qu’il s’agisse d’un câlin chaleureux ou d’un baiser passionné, ont longtemps été perçus comme de simples marques d’amour. Aujourd’hui, la recherche scientifique établit que ces interactions physiques possèdent de nombreuses et surprenantes vertus pour notre santé ».
Le masseur-kinésithérapeute et journaliste explique ainsi que « de très nombreuses études mettent en lumière l’effet bénéfique des câlins sur le stress. Lorsque l’on prend dans ses bras un être cher, le corps libère de l’ocytocine, «l’hormone de l’amour», qui aide à diminuer les niveaux de cortisol (hormone du stress) ».
« Selon une étude publiée dans Plos One, recevoir régulièrement des câlins peut contribuer à une meilleure gestion du stress quotidien. Une autre recherche nous révèle que les câlins semblent également favoriser la santé cardiovasculaire – en particulier chez les femmes – en abaissant la tension artérielle et en modulant le rythme cardiaque », 
poursuit-il.
Stéphane Demorand précise qu’« embrasser augmente la fréquence cardiaque et conduit à une dilatation des vaisseaux, provoquant ainsi une augmentation du flux sanguin et une baisse de la tension artérielle. Sur le plan cardiovasculaire, les embrassades fréquentes peuvent même améliorer le taux de cholestérol selon cette étude ».
Il ajoute qu’un autre article « souligne que les câlins renforcent la réponse immunitaire et pourraient même limiter la gravité des infections. Une autre étude suggère que l’échange de salive est susceptible de renforcer l’immunité en nous exposant à d’autres germes et bactéries présents dans le microbiote salivaire de notre partenaire ».
Stéphane Demorand relève que « l’inflammation peut aussi être modulée par les câlins selon cette analyse, qui révèle que l’inflammation dont souffraient les candidats, mesurée à l’aide d’échantillons de salive, était inversement proportionnelle au nombre de câlins qu’ils avaient reçu au cours des 14 derniers jours ».
Il souligne qu’« à l’instar des câlins, les bisous stimulent la libération d’un véritable cocktail hormonal, incluant la dopamine, la sérotonine et l’ocytocine. Ce mélange contribue à une sensation de plaisir et de bien-être, agissant comme un antidépresseur naturel ».
« Les hormones sécrétées lors des moments de tendresse sont susceptibles de nous rendre euphoriques, d’encourager les sentiments affectueux et d’attachement, diminuent le niveau de cortisol », 
continue Stéphane Demorand.

« Errance médicale, souffrance psychologique : le fléau sous-estimé des erreurs de diagnostic »

Date de publication : 22 avril 2025

Le Figaro

Delphine Chayet observe dans Le Figaro que « dans un rapport publié en décembre 2024, la Haute Autorité de santé (HAS) souligne que les erreurs de diagnostic – un diagnostic retardé, erroné ou non communiqué au patient – sont plus courantes que les erreurs médicamenteuses ».
« Elles affecteraient jusqu’à 10% des interactions cliniques entre patients et médecins, et seraient à l’origine, selon les études, de 7% à 36% des événements indésirables », 
note la journaliste.
Candice Legris, adjointe à la chef du service chargé de l’évaluation de la qualité et de la sécurité des soins à la HAS, remarque ainsi qu’« elles sont à la fois très fréquentes et complètement invisibilisées. Elles ont reçu moins d’attention que les autres erreurs médicales, sans doute parce qu’elles sont plus difficiles à identifier. Nous avons donc décidé d’alerter les professionnels de santé et les patients sur ce sujet ».
Delphine Chayet relève que « la HAS recommande l’élaboration d’un plan d’action national et une mobilisation de la recherche ». La journaliste explique que « les faux diagnostics peuvent survenir dans tous les services hospitaliers, les consultations de médecine et de radiologie, et même les laboratoires d’analyses médicales ».
Le Dr Jean-Marie Jacques, praticien hospitalier, souligne ainsi que « les médecins urgentistes sont particulièrement exposés du fait de leur charge de travail très lourde et de la pression liée à la gestion des flux. En plus, ils prennent en charge des patients inconnus, à toute heure, ils sont constamment interrompus et doivent souvent négocier les examens complémentaires ».
Delphine Chayet relève que « selon une étude réalisée en 2022 aux États-Unis, 1 patient accueilli aux urgences sur 18 reçoit un mauvais diagnostic, qui se traduit par un effet indésirable pour 1 personne sur 50 et un handicap sévère ou décès pour 1 patient sur 350. Cinq pathologies (AVC, infarctus du myocarde, anévrisme de l’aorte, compression de la moelle épinière et embolie veineuse) représentent près de 40% des erreurs de diagnostic graves dans ces services. L’AVC, la pathologie la plus grave, n’est pas décelé dans 17% des cas – en particulier quand il se présente sous forme de vertiges ou d’étourdissements ».
Le Dr Yamaldine Alouache, médecin-conseil auprès de la mutuelle MACSF, précise pour sa part que « ces erreurs concernent plus souvent des maladies fréquentes, auxquelles le médecin n’a pas pensé, que des pathologies rares. Mais il y a souvent une présentation atypique ou des symptômes trop précoces ».
Delphine Chayet ajoute que « la littérature scientifique a montré que la majorité des erreurs de diagnostic sont liées à des biais cognitifs. Dans un article publié en 2020, Jean-Marie Jacques en a dressé une liste non exhaustive : centrer son attention sur les données initiales sans tenir compte des éléments ultérieurs (biais d’ancrage), être influencé par un avis extérieur, comme celui d’une infirmière qui met en avant un symptôme, par exemple (biais de cadrage), arrêter trop rapidement ses hypothèses (biais de satisfaction), chercher à confirmer ce qu’on croit (biais de confirmation), accepter sans réserve un diagnostic initial (biais de conclusion prématurée)… ».
« Des facteurs liés au malade, notamment son milieu social, sa maîtrise du français et son origine, peuvent influencer le médecin », 
continue la journaliste.
Elle note enfin que « si toutes les erreurs de diagnostic ne sont pas évitables, la Haute Autorité de santé identifie plusieurs pistes d’amélioration. La formation des médecins aux biais cognitifs en fait partie ».
« Dans certains services, le travail en binôme – par exemple, la double lecture des radios – a permis de réduire le risque d’erreurs. La HAS compte aussi sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour attirer l’attention du médecin sur un diagnostic qu’il n’avait pas envisagé. Elle est déjà utilisée en imagerie, par exemple pour le diagnostic des tumeurs cérébrales, et en dermatologie », 
observe Delphine Chayet.

« Recherche sur la médecine psychédélique : « En France, on est hélas un peu à la traîne par rapport à nos voisins » »

Date de publication : 29 avril 2025

Libération

Margaux Gable note dans Libération qu’« après un arrêt brutal des recherches autour des substances psychédéliques (LSD, mescaline, champignons hallucinogènes…) en 1971 après leur classement dans la liste des stupéfiants de l’ONU, on assiste, depuis les années 2010, à une multiplication des études sur le sujet partout dans le monde ».
La journaliste livre un entretien avec Lucie Berkovitch, psychiatre et chercheuse en neurosciences à l’hôpital Saint-Anne, à Paris, selon qui « les idées reçues sur ces substances ont la vie dure en France. Malgré les freins, les études sur le sujet se multiplient depuis 15 ans ».
Cette dernière déclare notamment qu’« en psychiatrie, on se retrouve parfois face à des patients pour lesquels les traitements disponibles ne fonctionnent pas. Pour la dépression, on estime qu’environ un patient sur trois n’a pas une réponse satisfaisante aux antidépresseurs ».
Lucie Berkovitch précise qu’« outre la dépression résistante, les psychédéliques peuvent soulager l’anxiété dans les contextes de fin de vie, en soins palliatifs, où la détresse existentielle ressentie par les patients peut être très intense. Dans les cas d’addiction sévère, à l’alcool ou au tabac, ils peuvent également aider les personnes qui ont essayé de réduire ou d’arrêter leur consommation à plusieurs reprises et n’ont jamais réussi ».
Elle souligne que « l’une des différences majeures par rapport aux traitements habituels, c’est que les psychédéliques, associés à des séances de psychothérapie, sont efficaces dès la première séance. Et leurs effets semblent se maintenir dans le temps, de plusieurs semaines à plusieurs mois ».
Lucie Berkovitch indique que « les chiffres sont impressionnants : 60 à 80% des personnes arrêtent de fumer de façon durable ; en ce qui concerne l’alcool, elles divisent leur consommation par 5 ; pour la dépression, on observe, selon les études, entre 30 et 60% de rémission, c’est-à-dire de disparition des symptômes de la maladie. Mais cela ne fonctionne pas chez tout le monde, et il y a aussi un effet d’attente. […] Par ailleurs, ces chiffres ne sont pas uniquement le résultat de l’administration de substances, ils reflètent aussi l’efficacité de la thérapie qui est associée ».
Margaux Gable interroge : « Quel est l’état de la recherche sur le sujet en France ? ».
La psychiatre répond qu’« on est hélas un peu à la traîne par rapport à nos voisins européens et américains. Les premières études françaises chez des patients ont commencé en février 2024, avec une étude dirigée par la Pre Amandine Luquiens à Nîmes, évaluant l’efficacité de la psilocybine chez des personnes qui présentent à la fois un trouble lié à l’usage de l’alcool et une dépression. La deuxième à avoir démarré est celle dont je m’occupe à l’hôpital Sainte-Anne sur la dépression résistante ».
Lucie Berkovitch ajoute qu’« il y a évidemment un manque de moyens dans le secteur de la psychiatrie, qui est en grande souffrance. Mettre en place ces études très coûteuses et lourdes en termes d’organisation reste difficile mais plusieurs équipes, dont la mienne, ont réussi à obtenir des financements ces dernières années ».
La psychiatre observe en outre qu’« il y a tout un parcours administratif pour obtenir l’autorisation de mener ces études : les psychédéliques sont classés comme stupéfiants, il faut donc se justifier sur le plan éthique ».

« « Il nous fait tellement de bien » : à l’hôpital Foch, Toby le labrador est un soignant comme les autres »

Date de publication : 29 avril 2025

Le Parisien

C’est ce que titre Le Parisien, qui explique que « la structure implantée à Suresnes (Hauts-de-Seine) vient de recruter Toby, un chien de 2 ans et demi, spécialement dressé, qui intervient dans tous les services. Son influence sur les patients et le personnel a été immédiate ».
Olivier Bureau observe ainsi que « dans les couloirs de Foch, il est celui qui ravive les sourires, il est le shoot de bonne humeur, le concentré de joie de vivre à poils courts. En quelques semaines, Toby est devenu la mascotte du centre hospitalier […]. L’hôpital vient de recruter ce splendide labrador noir, le 500e chien d’assistance formé par l’association Handi’Chiens, médaillé à ce titre le 26 mars à l’Assemblée nationale ».
Florian Auffret, responsable de l’organisme de formation, précise : « Nous proposons des chiens pour six métiers différents : pour les personnes à mobilité réduite, pour enfants polyhandicapés, autistes ou trisomiques, pour personnes épileptiques, chiens d’accompagnement social comme Toby, d’accompagnement judiciaire ou à la réussite scolaire ».
Olivier Bureau explique que « Toby est un membre du personnel à part entière. […] Quand il travaille, Toby revêt sa cape de «chien d’assistance». Avec leur accord et l’aval des médecins, le labrador intervient en gériatrie, en neurologie, souvent dans le cadre de la rééducation après un AVC, en soins palliatifs et en psychiatrie. À chaque fois, il a une ou un référent soignant par service et un planning précis ».
« Véritable boule de bienveillance et de douceur, avec son regard profond, sa bonhomie et ses gros coussinets, le labrador est un antidépresseur à quatre pattes. Pour les patients, il est une autre relation à l’hôpital et au traitement », 
continue le journaliste.
Aléna Sorret, responsable « expérience patient » de l’établissement, indique qu’« avec les personnes âgées, il joue sur les stimuli sensoriels et donne une motivation. En soins palliatifs, avec lui, le patient se focalise sur autre chose que la douleur. En rééducation après un AVC, en neurologie, Toby fournit là encore une motivation pour aller d’un point A à un point B : pour le caresser le patient dépasse son ras-le-bol ou sa peur et, presque inconsciemment, fait l’effort nécessaire. Sa volonté prend le dessus ».
Anne-Sophie Caplain, coordinatrice de santé du service de médecine interne, souligne qu’« il apporte du fun. Il n’a pas la blouse blanche et abolit la barrière entre patient et soignant. Rien qu’un échange de regard peut aider à verbaliser. Avec lui, c’est une relation de confiance totale, quelque chose d’absolu qui se noue avec le malade ».
Olivier Bureau précise que « Toby n’est pas un jouet, cependant, et son activité est extrêmement contrôlée. Après une heure de travail, cette éponge à sentiments a droit au double de détente. Foch lui a aménagé un véritable studio avec espace vert, jouets à gogo et baignoire privative pour être en permanence impeccable. Le suivi vétérinaire est drastique. Pas question de prendre du poids ou de se laisser aller. Toby est un athlète de la santé ».
Anne-Sophie Caplain ajoute qu’« il a un effet sur les patients et sur nous. Comme un effet miroir. Nous sommes dans un milieu souvent difficile et on peut saturer. Sa présence, ce sont des moments privilégiés, elle diminue la charge émotionnelle ».

« Les neurones ne fonctionnent pas du tout comme on l’imaginait »

Date de publication : 30 avril 2025

Le Figaro

Alissa de Chassey remarque dans Le Figaro : « Que se passe-t-il exactement dans votre cerveau lorsque vous fredonnez votre nouvelle chanson préférée jusqu’à la connaître par cœur ? Le mécanisme neuronal de l’apprentissage reste encore assez mystérieux. Une équipe de chercheurs de l’université de Californie à San Diego vient néanmoins lever un coin du voile ».
La journaliste indique en effet que « leur découverte, publiée dans […] Science, «bouscule le modèle classique de la plasticité neuronale tel qu’on le concevait jusqu’ici», assure Laurent Groc, directeur de l’Institut interdisciplinaire de neurosciences de l’université de Bordeaux ».
« Les chercheurs ont en effet montré que les neurones et leurs connexions – les fameuses synapses – étaient bien plus «flexibles» dans leur fonctionnement qu’on ne l’imaginait », 
retient Alissa de Chassey.
Elle explique ainsi qu’ils « ont entraîné des souris à réaliser une tâche motrice : appuyer sur un levier après un signal sonore pour recevoir de l’eau. En deux semaines, les souris sont devenues plus rapides, plus précises : elles ont «appris» ».
William Wright, neuroscientifique à l’université de San Diego et coauteur, souligne : « Si nous ne connaissions pas encore parfaitement les règles qui régissent le fonctionnement des neurones et des synapses, c’est que, jusqu’à présent, nous n’avions pas les moyens d’observer ces mécanismes directement dans le cerveau ».
Alissa de Chassey note que « c’est l’excellente maîtrise d’une méthode d’imagerie de pointe, dite «biphotonique», qui a permis de faire une avancée considérable ».
Elle explique que « pendant l’apprentissage des souris, les scientifiques ont réussi à observer l’activité individuelle de neurones du cortex moteur (zone du cerveau qui contrôle les mouvements) à l’aide de deux faisceaux de lumière, permettant d’éclairer très précisément un point dans le cerveau, sans abîmer les tissus autour. Cela a permis de mesurer leur activité en temps réel avec une résolution inégalée, et de voir les synapses individuelles ».
Alissa de Chassey continue : « Ce que les chercheurs ont essayé de comprendre dans cette étude, c’est «l’algorithme» que le cerveau utilise pour sélectionner quelles synapses s’affaiblissent et lesquelles se consolident pendant l’apprentissage. Or il s’avère bien plus compliqué que ce que l’on pensait ».
« Ils ont découvert qu’un même neurone peut apprendre de plusieurs façons en même temps, selon la branche par laquelle arrive l’information. Par exemple, un neurone renforcera ses connexions aux neurones situées au bout de ses dendrites apicales (sur le haut de la cellule) quand plusieurs signaux lui arriveront en même temps. En revanche, sur d’autres branches, plus proches du centre du neurone (les dendrites basales), il ne renforcera une connexion que si un autre neurone est activé en même temps », 
indique la journaliste.
Elle retient ainsi : « Cette découverte montre que chaque partie du neurone applique sa propre «règle» pour traiter l’information, comme si chaque branche avait sa manière d’apprendre ».
William Wright observe qu’« un neurone seul suit plusieurs règles en même temps, ce qui engendre différents types de connexion, pour le même neurone ».
Alissa de Chassey remarque notamment que « ces travaux pourraient […] «avoir des répercussions majeures pour la santé», insiste Laurent Groc. En effet, pour les malades neuropsychiatriques, la plasticité des synapses est souvent un problème. […] Une meilleure compréhension de leur fonctionnement pourrait ainsi ouvrir la voie à des traitements plus ciblés et plus efficaces ».