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Revue de presse santé psy – février 2014

06 02 14

« Des médecins s’alarment de la hausse des tentatives de suicide chez les jeunes filles »
Le Monde , Le Parisien

Pascale Krémer note dans Le Monde que « la revue de formation médicale Le Concours médical […] dévoile les premiers résultats d’une enquête épidémiologique menée conjointement par la faculté de médecine et l’Institut universitaire de santé public de Poitiers et l’Observatoire régional de la santé d’Alsace ».
La journaliste explique que l’enquête a été menée en juin 2012 auprès de 
« 1.817 jeunes de 15 ans tirés au sort, dans 171 établissements scolaires des régions Poitou-Charentes et Alsace, [qui] ont répondu à un long questionnaire de 88 questions sur la santé ». Pascale Krémer évoque des « résultats inquiétants », soulignant qu’« à 15 ans, près de 21% des filles et près de 9% des garçons ont déjà tenté de se suicider ».
Le Dr Philippe Binder, généraliste, responsable d’une consultation pour adolescents à l’hôpital de Rochefort (Charente-Maritime), et maître de conférences à l’université de Poitiers, déclare que « 
le niveau atteint, au dessus de la barre des 20%, et l’augmentation des tentatives de suicide chez les jeunes filles est très impressionnante. Je peux vous dire que je n’ai pas bien dormi le jour où j’ai eu ces résultats. Imaginez, sur 5 jeunes filles que vous croisez dans la rue, l’une d’entre elles a tenté de mettre fin à ses jours… ».
Le psychiatre Xavier Pommereau, qui 
« dirige le pôle aquitain de l’adolescent, au CHU de Bordeaux, et a coordonné ce numéro du Concours médical consacré à la dépression de l’adolescent »,remarque quant à lui que ces résultats « confirment les données hospitalières d’augmentation des admissions d’adolescentes pour tentatives de suicide. Leur âge moyen ne cesse de diminuer. Dans mon service, il est passé de 17 ans à 15 ans en vingt ans ».
Pascale Krémer rappelle que 
« lors d’études précédentes comparables, les adolescentes de 15 ans avaient été 9%, en 1993, à auto-déclarer une TS [tentative de suicide], et 14,6% en 1999. Chez les jeunes garçons, la progression (4% en 1993, 7,5% en 1999, 8,8% en 2012) est plus lente et semble plafonner ».
La journaliste souligne toutefois que 
« ces nouveaux chiffres doivent être maniés avec précaution, avertissent les auteurs de l’enquête. Ils suscitent en effet autant de craintes que d’interrogations. La part des moins de 24 ans dans les suicides reste faible – 4,8%, selon l’Inserm. En 2011, sur les 10 524 morts par suicide en France, 508 avaient moins de 24 ans ».
« 
Que signifie réellement vouloir mourir à 15 ans ? Quels actes sont considérés par les jeunes comme devant, pouvant mener au décès ? », s’interroge Pascale Krémer. Le Dr Binder note ainsi :« Une jeune fille avale une boîte entière de DolipraneMourir, dormir, elle ne sait pas bien ce que ça donnera… ».
La journaliste ajoute que «
 la représentation du suicide est elle-même peut-être en train d’évoluer, les jeunes filles déclarant davantage leurs scarifications profondes comme relevant d’une volonté suicidaire. Cependant, dans le questionnaire, une question sur les scarifications était posée avant celle sur le suicide, qui devait permettre au répondant d’opérer le distinguo – presque un tiers des jeunes filles ont d’ailleurs répondu qu’elles avaient déjà tenté de se blesser volontairement, par coupures, coups ou griffures… ».
«
 Quoi qu’il en soit, il est urgent, à en croire le Dr Binder, de lancer une étude spécifique », poursuit Pascale Krémer. Le praticien remarque que « ces jeunes filles ont, en tous cas, vécu une détresse telle à un moment donné qu’elles sont capables, a posteriori, de dire qu’elles ont essayé de mourir. Que ce soit vrai ou imaginaire, cela traduit quelque chose, qu’il faut creuser ».
Pascale Krémer note enfin : «
 Tentatives de suicide, scarifications, comas éthyliques… Toutes ces pratiques se répandent, s’alarme [le Dr Pommereau], et sont de plus en plus banalisées par les adultes. […] Face à cette poussée inquiétante des passages à l’acte chez les tout jeunes, le psychiatre lance un appel aux parents. Ils doivent aider leurs adolescents à se sentir exister en leur confiant des responsabilités, en les rendant plus acteurs ».
Le Parisien constate aussi qu’« 
une adolescente sur cinq déclare avoir déjà tenté de se suicider ». Le journal parle de « chiffres qui font froid dans le dos » et souligne : « Symptômes d’une société en état de stress, ces chiffres sont également pour Xavier Pommereau le résultat d’une certaine «banalisation» des gestes de désespérance par les adultes. Et le docteur de dénoncer «cette croyance erronée selon laquelle celui qui n’est pas mort ne voulait pas vraiment se tuer» ».

07 02 14

« Alcool, cannabis : les jeunes sont plus sensibles aux addictions »
Le Figaro , Le Parisien , L’Humanité , La Croix , Le Monde

Le Figaro relate les résultats d’une expertise collective que vient de publier l’Inserm, selon laquelle « les adolescents de 17 ans qui n’ont jamais touché un verre d’alcool, fumé un joint ou une cigarette font figure d’exception. A cet âge, près de 95% des jeunes Français ont expérimenté au moins un de ces trois produits ».
« Tous ne vont pas pour autant devenir dépendants, mais une première expérience positive avec des substances psychoactives peut favoriser des consommations régulières. […] En effet, le cerveau adolescent, encore en développement, est bien plus vulnérable à ces drogues que celui des adultes 
», note le quotidien.
Le Figaro souligne notamment que 
« l’alcool est la première substance psychoactive expérimentée par les jeunes. A 11 ans, près de 6 enfants sur 10 ont déjà bu un verre d’alcool. Et ils connaissent leur première ivresse à 15 ans en moyenne. […] Les premières expérimentations [de cannabis] interviennent à la fin du collège. Un élève sur 10 en quatrième, 1 sur 4 en troisième et 1 sur 2 en seconde a déjà fumé un joint. La consommation globale est stable depuis 2005, mais la France reste parmi les pays où la consommation chez les adolescents reste la plus élevée ».
Le journal s’interroge : «
 Comment prévenir, ou au moins retarder, l’âge de la consommation de ces substances ? Pour les experts de l’Inserm, il est nécessaire de renforcer, sans dramatiser, les messages décrivant l’impact durable sur la santé de ces produits, et de s’appuyer sur les parents mais aussi les adolescents eux-mêmes ».
« Ils recommandent également que l’achat de tabac et d’alcool s’accompagne systématiquement de la présentation de papiers d’identités indiquant l’âge de l’acheteur », 
ajoute le quotidien.
Le Parisien se penche aussi sur ce rapport qui 
« propose de cibler alcool, tabac et cannabis […] dans les campagnes de prévention auprès des jeunes ». Le journal relève que « le rapport souligne notamment l’augmentation des phénomènes de prise ponctuelle et excessive d’alcool ou « binge drinking » (au moins 5 verres en une seule occasion) chez les ados. Or ils sont plus sensibles que les adultes aux effets neurotoxiques de l’alcool, ainsi qu’à ceux du cannabis, car « le cerveau poursuit d’importantes étapes de maturation entre 15 et 25 ans » ».
La Croix titre sur une page : 
« Alcool, tabac, cannabis : les ados risquent gros », et retient que selon ce rapport de l’Inserm, demandé par la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), « les niveaux de consommation d’alcool, de tabac et de cannabis «demeurent élevés» chez les jeunes ».
Le Monde relaie aussi ce travail de l’Inserm : «
 S’il y avait un seul message à retenir ? ». L’addictologue Olivier Phan, coauteur, répond : « La dangerosité vient de la précocité de la consommation : on ne peut pas comparer celle des adultes et celle des adolescents ».

« Autisme : utilisation bénéfique d’un traitement diurétique »
Le Parisien , Le Figaro , La Croix

Le Parisien observe que « les niveaux de chlore anormalement élevés dans les neurones du fœtus pendant l’accouchement sont déterminants dans l’apparition de l’autisme et peuvent être réduits par l’administration précoce d’un médicament diurétique, selon une étude sur l’animal » parue dansScience.
Le journal note ainsi que 
« le Pr Yehezkel Ben-Ari, directeur de recherche émérite à l’Inserm et son équipe de l’Institut de neurobiologie de la Méditerranée (INMED) […] viennent de franchir un cap dans la compréhension de ce trouble du développement ».
Le Parisien explique que 
« les chercheurs ont enregistré pour la première fois l’activité des neurones embryonnaires et des neurones immédiatement après la naissance afin d’observer les modifications des taux de chlore (plus précisément de ions chlorure). Alors que ces niveaux chutent lors de l’accouchement chez les souris saines, ils restent anormalement élevés chez leurs congénères atteints de deux formes d’autisme, l’une génétique et l’autre provoquée par l’injection à la rate gestante d’un produit, le valproate ».
Le quotidien relève que «
 l’administration à la mère, peu avant la mise à bas, du diurétique, le bumétadine, restaure une activité cérébrale quasi normale et corrige le comportement « autiste » chez les descendants ».
Le Parisien indique que les auteurs «
 montrent également l’implication de l’hormone qui déclenche le travail de l’accouchement, l’ocytocine, qui agit normalement comme le diurétique en abaissant le taux de chlore dans les cellules nerveuses du cerveau. En revanche, l’hormone reste inopérante sur les fœtus animaux prédisposés et le chlore s’accumule à des concentrations anormales dans leurs neurones. Et si l’on bloque cette hormone chez des souris gestantes normales, leurs portées présentent des taux de chlore élevés et un comportement autistique ».
Le journal souligne que 
« cette étude valide les essais cliniques utilisant ce diurétique chez des personnes atteintes d’autisme, estime le Pr Ben Ari en évoquant un essai concernant plus d’une cinquantaine d’enfants, âgés de 11 à 13 ans, dont les résultats ont été publiés en décembre 2012 ».
« Ce traitement a permis, pour les trois quarts des enfants traités, d’atténuer la sévérité de leurs troubles grâce à l’amélioration de leurs capacités d’échanges avec l’entourage. Mais à l’arrêt du traitement, les troubles réapparaissent. […] A présent, un essai complémentaire est en cours sur 80 autistes, dont les résultats devraient être disponibles en 2015 au plus tard 
», note le quotidien.
Le Parisien remarque qu’« 
il n’est pas envisagé de traiter la femme avant la naissance, faute de moyen pour dépister l’autisme chez le fœtus humain. Mais selon le Pr Ben Yari, un diagnostic précoce associé à un médicament comme le bumétamide ou d’autres agents régulateurs capables de réduire l’activité aberrante du cerveau qui perturbe celle des neurones sera probablement un traitement d’avenir ».
Le journal souligne enfin que 
« le Pr Ben Ari, co-fondateur d’une start-up Neurochlore, bien que soutenu par l’Inserm, dit n’avoir pas trouvé de financement en France et s’être tourné vers un fonds américain qui a apporté 3 millions d’euros pour la poursuite des recherches ».
Le Figaro relève également que 
« l’ocytocine protègerait le cerveau du nouveau-né » contre l’autisme et cite le Pr Ben Ari, qui indique : « Il faut étudier davantage le cerveau. On sait qu’il y a des mutations génétiques présentes dans l’autisme. Notre étude montre que le problème de fond est lié à la cascade d’altérations que ces mutations entraînent ».
La Croix remarque de son côté que 
« ces données incitent à s’intéresser de plus près aux accouchements et à la façon dont ils se passent. Des accouchements compliqués avec par exemple des épisodes d’absence d’oxygénation prolongée ou des complications pendant la grossesse telles que des infections virales sont souvent citées comme facteurs de risque. Il est aussi important de se pencher sur les césariennes, notamment les césariennes de confort dont la proportion dans certains pays semble exploser ».

11 02 14

Sexualité : « Les fumeuses de joints se protègent moins »
Le Parisien

Le Parisien relève en effet que « drogue et contraception ne font pas bon ménage », selon une enquête menée sur la sexualité des étudiants par le réseau de mutuelles Emevia.
Le journal souligne que 
« les étudiantes qui fument modérément ou régulièrement du cannabis sont 2 fois plus nombreuses à avoir recours à la pilule du lendemain (54,2%) que les autres (23,6%). Et elles sont 4 fois plus nombreuses à subir une interruption volontaire de grossesse : 5,6% contre 3% pour la totalité des étudiantes interrogées et 2,7% pour l’ensemble des 20-24 ans ».
Laurent Karila, psychiatre addictologue à l’hôpital Paul-Brousse (Villejuif), observe que 
« c’est un comportement addictif qui fait que les fumeuses de cannabis prennent plus de risques. Mais c’est valable pour toutes les drogues ».
Le Parisien constate en outre que cette enquête «
 révèle que les consultations pour un examen gynécologique des étudiantes sont en baisse en 2013. Elles ne sont plus que 48% à avoir fait cette démarche, contre 52,1% en 2011. Quant au dépistage [des infections sexuellement transmissibles], seulement 50% des étudiants ayant déjà eu une relation sexuelle ont réalisé un test ».
Emevia souligne ainsi que « 
l’accès aux soins des étudiants s’est fortement aggravé en 2 ans. Il est important de renforcer l’information sur ce sujet ».
Le quotidien note par ailleurs que 
« si le cannabis mène facilement au sexe (90,6% des fumeurs de joints ont déjà eu des rapports sexuels, contre 73,8% pour l’ensemble des étudiants interrogés), les jeux vidéo et les réseaux sociaux entraînent une vie de moine : 44% des joueurs n’ont jamais eu de rapports sexuels, et ce chiffre monte à 76% pour ceux qui ont un compte Facebook ! ».

12 02 14

Maladie d’Alzheimer : « Il faut aussi se mobiliser pour les proches »
La Croix , L’Humanité

La Croix indique que « l’association France Alzheimer a rendu public [hier] un Manifeste visant à réclamer un certain nombre de mesures adaptées « aux besoins concrets de familles » confrontées à la perte d’autonomie d’un proche ».
Le quotidien constate ainsi que «
 France Alzheimer dénonce la « précarisation » des familles confrontées à la perte d’autonomie », et publie les propos de sa présidente, « alors que le premier ministre Jean-Marc Ayrault doit présenter [aujourd’hui] les principales dispositions du projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement ».
Marie-Odile Desana remarque notamment qu’
« il y a une immense attente des familles, dont beaucoup sont dans une situation de précarisation croissante. Aujourd’hui, le montant moyen de l’APA est de 450 € par mois, ce qui ne permet pas de couvrir les frais des aides à domicile ou une place en accueil de jour. Pour nous, la priorité est donc une diminution du reste-à-charge aussi bien pour le domicile qu’en établissement ».
La responsable observe qu’«
 en 2010, nous avons réalisé une étude qui montrait que ce reste-à-charge s’élevait en moyenne à 1 000 € par mois pour le domicile. C’est considérable pour ces familles qui s’investissent sans compter pour prendre en charge leur proche. En moyenne, les aidants déclarent passer 157 heures par mois pour s’occuper de leur parent, soit 5 heures par jour. Il y a donc vraiment urgence à soutenir ces aidants qui, pour certains, finissent par se couper du monde extérieur en s’enfermant dans un quotidien consacré quasiment à 100 % à la maladie de leur parent ».
« En établissement, le reste à charge s’élève lui, en moyenne, à 2 300 € par mois alors que le montant moyen des retraites en France est d’environ 1 200 € par mois », 
continue Marie-Odile Desana.
La présidente de l’association relève en outre que 
« dans certains départements, il y a manifestement une volonté de réduire les coûts liés à l’APA [allocation personnalisée à domicile]. Résultat, nous voyons aujourd’hui des disparités de traitement dans l’évaluation du niveau de perte d’autonomie des personnes d’un département à l’autre ».
L’Humanité note pour sa part que « 
pour France Alzheimer, le compte n’y est pas ». Le journal évoque lui aussi le projet de loi sur l’autonomie des personnes âgées, et constate que l’association « a estimé que le financement prévu n’est pas à la hauteur et a lancé un manifeste contenant plusieurs revendications ».

14 02 14

« Le nouveau jeu qui fait boire »
Le Parisien

Le Parisien constate que sur Internet, « des jeunes se poussent à consommer de grandes quantités d’alcool. Les médecins, consternés, alertent sur la dangerosité de ces comportements ».
Le journal relève que 
« sur Facebook, la page française de ce défi dangereux [Neknomination] a recueilli 20 000 «J’aime» depuis dimanche et de nombreuses participations. […] Venu d’Australie, le phénomène a déjà fait plusieurs victimes en Grande-Bretagne et en Irlande ».
Le Parisien explique que « 
ce jeu inquiétant […] consiste à boire cul sec un ou plusieurs verres d’alcool et à défier ses amis d’en faire autant en moins de 24 heures. Le tout posté sur Internet pour épater la galerie ».
« Un concept encore plus inquiétant que le phénomène du «binge drinking», qui consiste à boire 4 ou 5 verres en moins de 2 heures. Dans Neknomination, ce niveau peut être atteint en quelques minutes 
», observe le quotidien.
Le Parisien ajoute que «
 si les jeunes Français se contentent pour l’instant de boire de l’alcool, leurs cousins anglo-saxons vont plus loin en réalisant leurs défis en conduisant ou en sautant par les fenêtres… En Grande-Bretagne et en Irlande, au moins 3 jeunes sont décédés après avoir joué » à ce « jeu ».
Le quotidien livre la réaction du psychiatre Philippe Batel, chef du service du traitement des maladies addictives de l’hôpital Beaujon de Clichy : 
« Ce genre de jeu est très inquiétant car il banalise complètement l’alcool. Les jeunes rigolent en visionnant ces vidéos et se poussent à la surenchère. […] Boire une telle quantité d’alcool en aussi peu de temps est très dangereux. La tension artérielle augmente, les risques d’accidents vasculaires aussi ».

18 02 14

« Faut-il épargner la prison aux détenus atteints de maladies mentales ? »
Le Figaro

C’est ce que se demande Le Figaro, qui note que « deux rapports se penchent sur la situation de ces prisonniers ».
Le journal évoque ainsi des 
« chiffres inquiétants : selon le groupe de travail santé-justice, […] commandé il y a plus d’un an par les ministres de la Santé et de la Justice, de 20 à 30% des détenus souffriraient de troubles psychotiques. La Cour des comptes va même plus loin, puisque, dans son rapport annuel, elle dénonce «une prévalence très forte des maladies psychiatriques et infectieuses. Au moins un trouble psychiatrique est identifié chez 8 détenus sur 10, le taux de détenus atteints de schizophrénie étant 4 fois plus élevé que dans la population générale» ».
Le Dr Cyrille Canetti, chef du service médico-psychologique régional de la Santé et vice-président de l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire, explique qu’« 
il existe deux types de population souffrant de troubles psychiatriques en prison : celles qui auront été mises en détention alors qu’elles étaient déjà malades et qui n’ont pas forcément commis d’infraction en relation avec leur pathologie, et celles dont les troubles psychiatriques sont nés de la détention. Dans les deux cas, le problème est que ces personnes vont sortir de prison au bout de leur peine sans être soignées et dans un très sale état. Et pour le coup, c’est la société tout entière qui se trouverait exposée à ces dernières ».
Le Figaro note qu’il s’agit d’«
 une manière pour le psychiatre de plaider pour que «ceux des détenus qui relèvent de l’hôpital soient à l’hôpital». Car l’une des dispositions phares de ce rapport en cours d’arbitrage dans les deux ministères concernés est d’étendre les suspensions de peine pour raison médicale aux maladies mentales ».
Le Figaro ajoute que 
« l’idée de sortir les malades mentaux de prison séduit les syndicats de surveillants, qui dénoncent la présence sous les verrous de ces détenus particulièrement difficiles. Mais à quelle institution les confier ? La question reste entière – les établissements psychiatriques manquant cruellement de places, comme de dispositifs de sécurité », observe le quotidien.
Le journal précise que 
« le gouvernement laisse prospérer une proposition de loi portée par les sénatrices Europe-Écologie-Les Verts Hélène Lipietz et Esther Benbassa sur l’extension des suspensions de peine dans le cadre de la détention provisoire. […] Ainsi, «les personnes atteintes de troubles mentaux doivent être considérées comme des malades comme les autres et bénéficier de suspensions de peine comme celles qui souffrent de troubles somatiques» ».
Le Figaro continue : 
« De même, dans le cadre d’une hospitalisation sous contrainte, «les personnes atteintes de troubles mentaux pourraient continuer à être juridiquement considérées comme des personnes détenues, afin que la privation de liberté dont elles font l’objet dans le cadre de la mesure d’hospitalisation sans consentement puisse être imputée sur la durée de la détention provisoire et, le cas échéant, sur la durée de la peine d’emprisonnement ou de réclusion restant à accomplir» ».

19 02 14

« Les médecins se mobilisent contre le burn-out »
Le Figaro , Le Parisien , L’Humanité

Le Figaro note que « le burn-out ou épuisement professionnel menacerait 1 médecin sur 2, d’après l’Union française pour une médecine libre (UFML) », et indique que « le jeune syndicat, qui compte 1 an d’existence et 4500 membres, organisait [hier] une journée «noire» pour alerter la ministre de la Santé sur les risques psychosociaux encourus par la profession ».
Le journal relève ainsi que 
« les médecins étaient invités à couvrir leur plaque de crêpe noir pour sensibiliser le grand public et «rompre le silence» sur la question. Car ce silence est souvent entretenu par les praticiens qui n’osent pas demander de l’aide ou qui ne savent pas vers quelle structure se tourner ».
Le Figaro rappelle que «
 le burn-out survient quand une personne ne peut plus faire face à une demande professionnelle trop importante ou exigeante », et note que « les médecins sont très touchés : on compte 2,5 fois plus de suicides au sein de cette profession que dans le reste de la population ».
Le quotidien souligne ainsi que « 
chaque année, 45 praticiens tentent de se suicider en France. […] Les causes principales évoquées par les professionnels de santé sont «la surcharge administrative, le conflit avec des patients pressants, le manque de reconnaissance et les situations de violence et d’insécurité», rapporte le Dr Jean Thevenot, président du conseil départemental de l’Ordre des médecins de la Haute-Garonne ».
Le journal explique que 
« même si les médecins exercent par vocation, ils ont de plus en plus le sentiment d’être peu reconnus par la société. C’est notamment vrai pour les plus jeunes praticiens. Après une dizaine d’années d’études parfois «très violentes et peu pédagogiques», d’après le Dr Théo Combe, président du Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG), ils ne sont pas suffisamment préparés à assumer les responsabilités administratives, la relation médecin malade qui peut être compliquée voire tendue ».
Le praticien déclare : «
 On travaille en moyenne 60 heures par semaine, […] la charge de travail est importante et les demandes des patients sont parfois abusives ». Le Figaro ajoute que « pour ce dernier, les situations de détresse et de suicide chez les jeunes médecins viennent de «l’érosion de l’idéal quand il est confronté à la réalité, quand l’image du super-héros s’écroule» ».
Le Dr Philippe About, président de l’association MOTS (Médecins-Organisations-Travail-Santé), note pour sa part que 
« le médecin est un patient comme un autre ». Le responsable de cette association qui « soutient des médecins confrontés à des maladies psychologiques, des addictions, des conflits ou des difficultés financières », précise : « On essaie de rattraper les dizaines d’années de retard qu’a la France sur le Canada ou l’Espagne. Ils ont compris bien avant nous que soigner et aider et les confrères en difficultés était dans l’intérêt des patients ».
Le journal indique que 
« pour inciter les médecins à se faire aider, le dispositif mis en place est confidentiel et permet aux médecins de se faire soigner dans une autre région que la leur. En 3 ans et demi, MOTS a aidé plus de 200 praticiens en Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et dans le Limousin. Âgés en moyenne de 50 ans, la moitié des médecins étaient généralistes. Prochainement, la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur rejoindra le dispositif ».
Le Parisien indique quant à lui qu’
« une vingtaine de médecins en colère ont mimé des suicides devant le ministère de la Santé pour lancer un cri d’alarme sur les risques de surmenage et de suicides qui menacent, selon eux, la profession ».
« Masque blanc sur le visage et corde autour du cou, les médecins alignés, vêtus de leurs blouses blanches et portant charlottes ou stéthoscopes, se sont effondrés l’un après l’autre sans un mot, mimant le suicide, à chaque coup d’un gong venu sonner le glas de la profession 
», note le quotidien.
Le journal relève que Jérôme Marty, président de l’UMFL, «
 souhaite faire du 18 février une date symbolique. « Nous voulons être entendus et chaque année, nous serons là », a-t-il affirmé. L’action du jour n’était « pas une manif », mais une « image de ce qui se passe » en coulisses ».
L’Humanité, qui titre son article : 
« Vague noire au sein des professions médicales », souligne lui aussi que « chez les médecins, le taux de suicide représente plus du double de la moyenne nationale. Une tendance lourde et silencieuse ».

20 02 14

« Actionner un bras à distance par la pensée »
Le Figaro

C’est ce que titre Le Figaro, qui indique que « le bras paralysé d’un macaque a pu bouger grâce au cerveau d’un autre animal ».
Le journal décrit ainsi cette 
« expérience pionnière d’un avatar contrôlé par la pensée d’un autre » :« le primate est artificiellement paralysé et les signaux moteurs, c’est-à-dire les ordres de mouvements qui partent du cerveau, ne proviennent pas du sien mais d’électrodes implantées dans sa moelle épinière au niveau des cinquième et sixième vertèbres cervicales. Plus étonnant encore, les impulsions provenaient du cerveau d’un autre macaque sur lequel l’activité cérébrale était enregistrée ».
« On estime que la moitié des traumatisés de la moelle épinière qui survivent à leur accident ont des lésions situées au-dessus des cinquième et sixième vertèbres cervicales, ce qui entraîne une tétraplégie (paralysie des bras et des jambes). Le moindre mouvement récupéré constituerait un formidable progrès pour leur vie quotidienne »,
 souligne le quotidien.
Le Figaro note ainsi que cette « 
expérience de Mme le Pr Maryam Shanechi, ingénieur en informatique à la Cornell University d’Ithaca (États-Unis), réalisée avec l’aide des neurochirurgiens de Harvard Rollin Hu et Zuv Williams, publiée dans Nature Communication, constitue bien un espoir. Elle montre qu’il est possible d’enregistrer des programmes d’action potentiellement utilisables pour générer un mouvement, alors même que la connexion entre le cerveau et la moelle épinière a été accidentellement interrompue ».
Le Pr Lee Miller, professeur de neurosciences à la Northwestern University de Chicago, remarque toutefois qu’« 
il n’est pas évident que l’on puisse étendre cette technique à des mouvements plus compliqués que ceux, très élémentaires, de l’expérience ».

26 02 14

« L’hypocondrie est-elle le mal du siècle ? »
Le Figaro

Anne Prigent remarque dans Le Figaro qu’« en incarnant un malade imaginaire dans le film Supercondriaque, le comique Dany Boon nous fait rire avec une véritable maladie ». La journaliste relève toutefois que « plus d’un Français sur dix serait concerné par cette peur d’avoir une maladie ou d’en développer une alors qu’aucun signe n’est présent, selon une étude Ifop-Capital image. Mais attention, chez les vrais hypocondriaques, cette obsession entraîne une véritable souffrance ».
Le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre à l’hôpital Bichat (Paris), souligne ainsi que 
« la question de santé n’a jamais été aussi angoissante. Aujourd’hui, toutes les données sur la santé sont contradictoires. Le modèle étant l’information sur les vaccins : si je me fais vacciner, il y a des dangers, si je ne le fais pas, aussi ».
Anne Prigent observe que
 « la peur de la maladie est également alimentée par la médiatisation des campagnes de santé publique ». Le Pr Vincent Renard, président du Syndicat des enseignants de médecine générale, note ainsi que « lors d’une campagne sur les accidents vasculaires cérébraux ou sur la spondylarthrite ankylosante, de nombreux patients viennent consulter, persuadés d’être victimes de ces pathologies ».
La journaliste relève toutefois que 
« le médecin aura beau faire, il ne parviendra pas à tranquilliser ces patients particuliers. Persuadés d’être malades, les hypocondriaques sont à la recherche d’examens de plus en plus sophistiqués pour confirmer leur diagnostic ».
Le Pr Renard constate en outre que 
« le développement des technologies et leur survalorisation médiatique entraînent une demande de plus en plus forte de la part des patients ». « Et il est souvent difficile pour le médecin de résister à la pression des patients. Avec le risque d’une escalade d’examens extrêmement coûteux et qui, paradoxalement, peuvent devenir la source de nouvelles craintes », continue Anne Prigent.
Le Pr Lejoyeux remarque enfin que 
« l’hypocondriaque ne sait pas investir sur autre chose que sur sa santé. Il faut donc faire de la thérapie de la concurrence pour lui apprendre à réactiver des désirs positifs ».

27 02 14

« Les enfants de pères âgés ont plus de risques de troubles psychiatriques »
Le Parisien

Le Parisien note en effet que « les enfants dont les pères sont âgés auraient plus de risques de souffrir de troubles psychiatriques et de problèmes d’apprentissage, selon une vaste étude américano-suédoise » publiée dans le Journal of the American Medical Association Psychiatry.
Le quotidien explique que «
 ces chercheurs de l’Université d’Indiana (Etats-Unis) et de l’Institut Karolinska à Stockholm ont analysé des données médicales portant sur toutes les personnes nées en Suède entre 1973 et 2001 ».
« Ils ont constaté un lien très fort entre l’âge avancé du père à la naissance des enfants et un éventail de pathologies psychiatriques dont l’autisme, le déficit d’attention, le trouble bipolaire, la schizophrénie, des tentatives de suicide et des problèmes de drogues ainsi que d’échec scolaire et des résultats faibles aux tests de quotient intellectuel », 
souligne Le Parisien.
Le journal précise que «
 comparé à un enfant né quand le père avait 24 ans, celui dont le père avait 45 ans à sa naissance avait 3,5 fois plus de risque de souffrir d’autisme et 13 fois plus de probabilité d’avoir des troubles de l’attention. Le risque d’être bipolaire était aussi 25 fois plus grand tandis que la probabilité d’avoir un comportement suicidaire et des problèmes de drogue était 2,5 fois plus élevé ».
Brian D’Onofrio, professeur adjoint de psychologie à l’Université d’Indiana et coauteur de l’étude, remarque : 
« Nous avons été choqué par les résultats de cette étude. Les liens spécifiques entre l’âge paternel étaient beaucoup plus marqués que dans les études précédentes ».
Brian D’Onofrio ajoute que «
 bien que les résultats de cette étude ne signifient pas que tous les enfants nés d’un père plus âgé auront ces problèmes, ils s’ajoutent à un nombre croissant de recherches indiquant qu’une paternité à un âge plus avancé accroît le risque de troubles graves pour les enfants ».
Le Parisien souligne que 
« depuis 1970, l’âge des femmes devenues mères pour la première fois a augmenté de 4 ans, passant de 21,5 ans à 25,4 ans et pour les pères l’âge moyen est 3 ans de plus, à 28,5 ans ».

28 02 14

« Les filles mieux armées face à l’autisme »
Le Figaro

C’est ce que titre Le Figaro, qui indique que « le cerveau féminin serait plus résistant que celui des hommes pour contrer les mutations génétiques », selon une « analyse génétique menée sur deux grandes populations de patients atteints de troubles neurodéveloppementaux, et publiée dansAmerican Journal of Human Genetics ».
Le journal observe ainsi : «
 Retard mental, épilepsie, hyperactivité ou autisme : ces troubles du développement cérébral ont en commun de toucher plus de garçons que de filles. Cette différence peut être très élevée, comme pour l’autisme à haut potentiel. Dans ce cas-là, les garçons sont diagnostiqués 6 fois plus que les filles ».
Le Figaro retient que cette étude, menée par Sébastien Jacquemont, médecin et professeur assistant à l’université de Lausanne, «
 montre que les filles présentent beaucoup plus d’atteintes génétiques que les garçons. Et pourtant, la répercussion dans leur comportement est moins importante. Ces résultats suggèrent donc que le cerveau des filles serait plus résilient que celui des garçons ».
Le journal explique que 
« les chercheurs suisses en collaboration avec des collègues américains ont analysé les génomes de plus de 15.000 patients présentant différents types d’atteintes neurodéveloppementales. Ils ont aussi analysé le patrimoine génétique d’enfants autistes, inclus dans la cohorte Simons Simplex Collection (SSC) ».
« 
Les scientifiques ont recherché certaines variations génétiques, appelées CNV et SNV. Ils ont choisi les plus rares, celles qui touchent de larges zones de l’ADN, et en particulier des gènes importants pour le développement cérébral. Au total, un peu plus de 1.300 gènes ont été étudiés. Les résultats montrent qu’il y a significativement plus de CNV et de SNV dans l’ADN des filles que dans celui des garçons », relève le quotidien.
« 
Cela suggère qu’à nombre d’atteintes génétiques égal, les filles s’en sortiraient mieux que les garçons. Leur cerveau serait en quelque sorte mieux armé pour faire face et “compenser” certaines mutations », souligne Sébastien Jacquemont.
Catalina Betancur, directrice de recherche Inserm de l’équipe Génétique de l’autisme, note pour sa part que « 
ces résultats ne sont pas une preuve irréfutable d’une meilleure résistance du cerveau féminin, mais ils corroborent des hypothèses qui existent depuis déjà un certain temps. […] Rien n’est sûr, mais ce biais de sex-ratio est probablement le résultat d’interactions entre différents paramètres, biologiques, génétiques ou encore sociologiques ».

Revue de presse santé psy – janvier 2014

07 01 14

« La première carte corporelle des émotions »
Le Figaro

Pauline Fréour indique dans Le Figaro que « des chercheurs finlandais ont détaillé les effets physiques du bonheur, de la peur, de la tristesse et d’autres sentiments. […] Leurs travaux, publiés dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences américaine (PNAS), confirment notamment que les principales émotions humaines que sont la peur, la tristesse ou le bonheur sont ressenties physiquement de la même façon pour tous, quelle que soit la culture d’origine de l’individu ».
La journaliste explique que 
« l’équipe du Dr Lauri Nummenmaa, de la faculté des sciences d’Aalto, s’est appuyée sur les témoignages de 701 volontaires à qui étaient présentées des images ou vidéos éveillant une émotion spécifique. Les participants devaient représenter sur une silhouette humaine les parties de leur corps qui se trouvaient suractivées, ou, au contraire, dont l’activité diminuait ».
Le Pr Nummenmaa déclare : 
« Nous avons été surpris de constater qu’à chaque émotion correspondait une combinaison précise de sensations, et que celle-ci était reproduite spontanément par la majorité des participants, qu’ils viennent de Finlande, de Suède ou de Taïwan ».
Pauline Fréour relève ainsi qu’« 
à la plupart des émotions dites «primaires», comme la colère, la peur ou la surprise, était associée une augmentation de l’activité au niveau de la poitrine, «caractérisant vraisemblablement une accélération des rythmes respiratoires ou cardiaques», notent les auteurs ».
« À l’inverse, la tristesse se distingue par un affaiblissement de l’activité des membres supérieurs. Les sensations gastro-intestinales et de la gorge sont propres au dégoût. À noter : le bonheur est la seule émotion à se traduire par une élévation de l’activité de l’ensemble du corps
 », poursuit la journaliste.
Pauline Fréour remarque que pour Jean-Louis Millot, professeur en neurosciences à l’université de Franche-Comté, « 
cette topographie inédite pourrait faire avancer la recherche dans la compréhension des mécanismes émotionnels encore mal connus ». Le Pr Millot observe en effet que « la méthode pourrait par exemple être appliquée à des anorexiques, dont on sait qu’ils souffrent d’une perception perturbée d’eux-mêmes ».

08 01 14

« Les médecins ne parlent pas assez de sexualité avec les ados »
Le Figaro

Jean-Luc Nothias constate dans Le Figaro que « les médecins manquent une occasion importante de transmettre des informations sur le sexe et les comportements sexuels en n’abordant pas assez le sujet lors de leurs consultations avec des adolescents ». Le journaliste relaie ainsi une étude américaine de chercheurs de l’école de médecine de l’université Duke, publiée dans Jama Pediatrics.
Jean-Luc Nothias explique que les auteurs «
 ont enregistré de manière anonyme les conversations de 253 adolescents et de leurs médecins, âgés de 12 à 17 ans, lors de leur check-up annuel dans 11 centres hospitaliers de Caroline du Nord ».
« Moins de deux tiers des conversations durant les visites abordaient la sexualité et la durée moyenne sur le sujet était de moins de une minute 
», note le journaliste, qui rappelle que « dans ses recommandations, l’Académie américaine de pédiatrie demande aux médecins de parler aux adolescents du tabac, de l’alcool ou de l’importance du port de la ceinture, mais aussi de la sexualité ».
Stewart Alexander, qui a mené l’étude, relève ainsi que 
« les praticiens passent en moyenne 22,4 minutes avec chaque patient. Dans les cas où la sexualité est abordée (65% des cas), la discussion sur le sujet est en moyenne de 36 secondes. Cet échange est trop limité pour répondre aux besoins de prévention de la santé sexuelle des adolescents ».
Jean-Luc Nothias précise que selon ce travail, «
 quand le médecin aborde la question en premier, seuls 4% des adolescents ne répondent pas que par des oui ou des non mais participent plus. Avec une différence de taille, les filles sont 2 fois plus nombreuses que les garçons à le faire, même si, regrettent les chercheurs, les filles ont plus de curiosité sur les questions de contraception et d’une manière générale de prévention de la grossesse ».
Le journaliste ajoute que «
 plus la visite a été longue et confidentielle […], plus la sexualité a été abordée (4 fois plus). De même, les adolescents les plus âgés parlent plus facilement de sexualité que les plus jeunes ».

09 01 14

« Anxiolytiques : du calme ! »
Le Parisien

C’est ce que titre Le Parisien, qui relève que l’ANSM « s’alarme d’une reprise de la consommation des benzodiazépines, utilisés contre l’anxiété et l’insomnie, et veut mieux encadrer leur prescription ».
Le journal explique que 
« cette « reprise de la consommation » est « confirmée » dans une actualisation d’un rapport, publié en janvier 2012, sur la consommation de cette famille de médicaments et des molécules apparentées ».
« Selon ce document, 131 millions de boîtes de médicaments contenant des benzodiazépines ou apparentées ont été vendues en France en 2012 (dont 53,2% d’anxiolytiques et 40,5% d’hypnotiques, c’est-à-dire de somnifères). Environ 11,5 millions de Français ont consommé au moins une fois une benzodiazépine en 2012 : 7 millions pour l’anxiété, 4,2 millions pour des troubles du sommeil et 0,3 million ont pris un médicament de cette famille, le clonazépam […] dont les conditions d’accès ont été restreintes »,
 observe le quotidien.
Le Parisien précise que 
« les consommateurs ont en moyenne 56 ans et sont, pour près des 2/3, des femmes. Un tiers des femmes de plus de 65 ans prennent une benzodiazépine contre l’anxiété et près d’une sur cinq pour dormir ».
Le quotidien ajoute que 
« les principaux prescripteurs sont des médecins libéraux (90%), et notamment les médecins généralistes qui « prescrivent près de 90% » de ces anxiolytiques et somnifères », et souligne que l’ANSM « relève des durées de traitement souvent trop longues, et même « une proportion importante de patients qui les prennent en continu sur plusieurs années » ».
Le journal rappelle que 
« ces médicaments exposent à des risques neuropsychiatriques, ainsi qu’à des risques d’abus, de dépendance et de sevrage. Ils accroissent également le risque d’accidents de la route. Chez le sujet âgé, ils peuvent « favoriser les chutes et perturber la mémoire », ajoute l’ANSM qui évoque un « lien potentiel entre ces substances et la survenue d’une démence » d’après de récentes études ».
Le Parisien observe que «
 l’ANSM avoue en creux l’échec des «actions mises en place depuis 20 ans» » et indique qu’« un nouveau plan d’actions va donc être proposé par les autorités sanitaires courant 2014 pour mieux encadrer ces prescriptions et mieux informer professionnels de santé et patients sur leurs risques ».

10 01 14

« Les Français n’arrivent pas à se passer de psychotropes »
Le Figaro

Anne Prigent note à son tour dans Le Figaro que « malgré les alertes qui se multiplient depuis 20 ans, les Français consomment toujours énormément de benzodiazépines, ces molécules utilisées contre l’anxiété ou l’insomnie. En 2012, 11,5 millions de personnes ont acheté 131 millions de boîtes de Xanax, Tranxène, Lexomil, Stilnox, Imovane, Valium… selon le dernier bilan de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ».
La journaliste ajoute que 
« non seulement les Français ne diminuent pas leur consommation de ces médicaments, mais ils les avalent sur de trop longues périodes. Ainsi, l’utilisation annuelle atteint 5 mois alors que la durée maximale de prescription recommandée est de 12 semaines pour les anxiolytiques, et 4 semaines pour les somnifères ».
Anne Prigent relève en outre que «
 le consommateur de benzodiazépines est une femme, âgée en moyenne de 56 ans. Après 65 ans, 1 femme sur 3 est concernée ! ». L’ANSM souligne cependant que « chez la personne âgée les risques de chute et de perturbation de la mémoire sont particulièrement élevés et le risque d’accumulation accroît le risque de surdosage et d’effets indésirables ».
La journaliste rappelle que ces molécules 
« peuvent entraîner somnolence, amnésie, état confusionnel, agitation ou encore pharmacodépendance. Certaines études épidémiologiques suggèrent même un lien entre la consommation de benzodiazépines et la survenue de démences séniles ! ».
Anne Prigent observe que 
« face à ce bilan, une fois de plus alarmant, l’ANSM annonce de nouvelles actions. Pourtant, ce ne sont pas les plans, recommandations et référentiels qui manquent sur le sujet. […] Or force est de constater que les efforts entrepris n’ont guère porté leurs fruits. Pour de multiples raisons. Tout d’abord, une absence de volonté politique. […] Par ailleurs, ces molécules sont redoutablement efficaces. Lors de leur mise sur le marché dans les années 1960, elles sont apparues comme révolutionnaires car bien plus sûres que les barbituriques, qui sont très toxiques ».
Le Dr Patrick Lemoine, psychiatre, déclare ainsi : 
« Les médecins, dont la formation thérapeutique est insuffisante, se contentent de l’efficacité et ne se préoccupent pas des mécanismes d’action et des effets secondaires ».
« 
Enfin, les patients eux-mêmes sont très demandeurs de ces petites pilules qui vont les aider à surmonter leur angoisse, soulager un mal-être ou tout simplement éviter une nuit trop courte. Mais qui ne pourront ensuite plus se passer de leur béquille chimique », continue la journaliste.
Anne Prigent évoque 
« l’alternative de la psychothérapie », mais le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre à l’hôpital Bichat, remarque : « Nos querelles d’écoles empêchent la psychothérapie de se banaliser. La prescription massive des benzodiazépines signe un dysfonctionnement d’une prise en charge des troubles anxieux ».

13 01 14

La ministre des Droits des femmes « propose un kit de prise en charge et de suivi des victimes » de viol
Libération

Libération indique sur une double page qu’« un groupe de travail a été constitué pour réfléchir à la création d’un «kit de constatation en cas de viol», dans le cadre du plan de lutte contre les violences faites aux femmes qui sera débattu le 20 janvier à l’Assemblée nationale ».
Le journal souligne qu’« 
environ 120.000 femmes sont victimes de viol chaque année en France. Seulement 9% portent plainte. C’est l’autre combat de la ministre [Najat Vallaud-Belkacem] qui voudrait, notamment grâce à la mise en place du kit de constatation, réduire la pénibilité des démarches. A l’origine, il y a «l’alerte» lancée par le médecin Patrick Pelloux, inquiet de voir à quel point les internes des services d’urgences sont «désemparés» face aux victimes de viol ».
Emmanuelle Piet, médecin et présidente du Collectif féministe contre le viol, déclare ainsi : «
 Il arrive encore souvent qu’une victime de viol se fasse soigner aux urgences gynécologiques, pour une déchirure par exemple, et qu’elle reparte sans qu’on lui ait posé une seule question, ni donné aucune information sur la plainte, le soutien psychologique. Les internes ne savent pas quoi leur dire, alors ils ne disent rien. Pourtant, il vaudrait mieux n’importe quoi plutôt que le silence ! ».
Libération explique qu’
« au cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, on veut s’inspirer d’une «boîte» existant à New York et en Belgique. A l’intérieur, du matériel nécessaire aux prélèvements et soins d’urgence (prises de sang, trithérapie, contraception…) et de la documentation sur les démarches judiciaires et les associations d’aides ».
Le quotidien ajoute que «
 le kit devrait être expérimenté d’ici quelques mois à Paris et en zone rurale ».

« Le café stimule la mémoire visuelle selon une étude »
Le Parisien

Le Parisien note que « le café stimulerait la mémoire visuelle, selon une nouvelle étude américaine sur les vertus de la boisson, publiée dans Nature ». Le journal indique ainsi qu’« une équipe de l’Université Johns Hopkins de Baltimore a constaté que la caféine améliore certains souvenirs sur une durée d’au moins un jour alors que les preuves d’un effet dopant du café sur la mémoire étaient jusqu’à présent limitées ».
Le Parisien précise que 
« cette équipe conduite par le Pr Michael Yassa a demandé à 73 volontaires de regarder des images représentant des objets. Ensuite, la moitié du groupe a reçu une dose de 200 milligrammes de caféine, l’équivalent de deux tasses de café, et l’autre moitié a reçu un placebo ».
« Le lendemain, on a demandé aux deux groupes de regarder une autre série d’images. Certaines étaient les mêmes que celles de la veille, d’autres nouvelles, et quelques-unes étaient similaires mais avec des différences », ajoute 
le quotidien.
Le journal constate que «
 les deux groupes ont réussi de la même façon à distinguer les anciennes des nouvelles images. Mais ceux qui avaient reçu de la caféine ont été plus facilement capables de distinguer les différences sur les images similaires ». Le Pr Yassa observe que « si nous avions utilisé un travail de mémoire standard sans ces articles +similaires+ difficiles à distinguer, nous n’aurions trouvé aucun effet de la caféine ».
Le Parisien souligne que 
« dans le cas des images similaires, le cerveau doit faire une tâche « plus difficile » que les scientifiques appellent un travail de « séparation du modèle ». C’est précisément ce processus qui semble « renforcé par la caféine », explique le Pr Yassa ». Ce dernier remarque en outre que « la caféine est associée à la longévité en bonne santé et peut avoir des effets protecteurs du déclin cognitif comme la maladie d’Alzheimer ».

16 01 14

« Les hommes qui boivent trop d’alcool perdent plus vite la mémoire »
Le Parisien

Le Parisien fait savoir que « les hommes qui boivent régulièrement trop d’alcool entre 40 et 60 ans s’exposent à un déclin accéléré de la mémoire par la suite, avec diminution de l’attention et de la concentration ». Le journal rend ainsi compte d’une étude publiée dans Neurology, « conduite par des chercheurs de l’Inserm et de l’University College London (Royaume-Uni) chez 5 054 hommes et 2 099 femmes ».
Le quotidien explique que 
« les participants ont été interrogés trois fois en 10 ans sur leur consommation d’alcool. Les chercheurs ont étudié leurs capacités de mémorisation et leurs fonctions exécutives, c’est-à-dire les capacités d’attention et de raisonnement utilisées pour atteindre un objectif. Le test de mémoire consistait à se rappeler en 1 minute du plus de mots possibles dans une liste de 20 mots ».
« Les fonctions exécutives étaient évaluées à partir de trois tests : un test de raisonnement logique avec 65 questions et deux tests de «fluence verbale» où il fallait écrire, en une minute, le plus de mots commençant par S et le plus de mots d’animaux 
», continue Le Parisien.
Le journal précise que «
 les participants avaient 56 ans en moyenne lors des premiers tests, qui ont été répétés deux fois à 5 et 10 ans d’intervalle. Il en ressort que le risque de déclin cognitif accélère chez les hommes buvant plus de 36 g (plus de 3,5 verres) d’alcool par jour. Chez les hommes, aucune différence dans le déclin de la mémoire n’a été observée entre ceux qui ne boivent pas, les anciens buveurs, et les buveurs légers à modérés ».
« Mais les gros buveurs montrent un déclin de la mémoire et des fonctions exécutives plus rapide. Cette différence correspond, selon les tests, à l’équivalent d’un vieillissement intellectuel («cognitif») de 1,5 à 6 années supplémentaires », 
souligne le quotidien.
Le Parisien relève enfin que 
« l’impact d’une forte consommation n’a pu être évalué chez les femmes, car trop peu d’entre elles buvaient de grandes quantités d’alcool. Il semble toutefois qu’il y ait un déclin plus rapide des fonctions exécutives chez celles buvant plus de deux verres d’alcool par jour ».

21 01 14

Inceste : « Les médecins seraient obligés d’alerter »
Le Parisien

Le Parisien fait savoir que « des associations veulent que le mot inceste intègre le Code pénal afin qu’il soit enfin reconnu en tant que tel ». Le journal relaie ainsi le message de ces associations : « Notre droit pénal n’est pas adapté à l’inceste. Aujourd’hui, seul le viol peut être retenu, avec circonstance aggravante s’il s’agit d’un proche ».
Le Parisien cite notamment Isabelle Aubry, présidente de l’Association internationale des victimes d’inceste, qui déclare que «
 tout le problème, c’est qu’on traite les enfants comme des adultes, en leur demandant s’ils étaient d’accord. Mais on ne devrait même pas se poser la question ! Qu’un mineur n’ait pas envie d’avoir des relations sexuelles avec un adulte, a fortiori avec un membre de sa famille, tombe sous le sens. Pourtant, ce n’est nulle part dans la loi ».
Le quotidien évoque en outre «
 l’autre objectif du projet », expliquant que « le texte ferait obligation aux médecins d’alerter le procureur dès qu’ils ont un soupçon, à charge pour la police et la justice d’étayer ou non ces doutes ».
Le journal relève en effet que «
 les chiffres sont implacables : ils ne sont que 2%, selon une étude de 2003, à faire des signalements de maltraitance dont celle-ci, si particulière. Pourquoi cette frilosité ? ». Catherine Bonnet, pédopsychiatre, remarque que « peu de médecins ont appris à reconnaître les effets de l’inceste sur la santé. Beaucoup pensent aussi qu’avant de lever le secret médical il faut des preuves ».
Claude Leicher, président du syndicat MG France, note quant à lui que « 
pour un médecin de famille, c’est délicat. Si l’on pose trop de questions, on prend le risque de voir disparaître la famille ». Le Parisien indique que le responsable « plaide pour l’instauration du médecin traitant pour les enfants. […] Car très souvent les familles changent de praticien pour mieux brouiller les pistes… sans que personne ne s’en aperçoive ».
« 
Catherine Bonnet martèle, elle, que c’est bien dans le cabinet du généraliste, du pédiatre ou du pédopsychiatre qu’on peut détecter les symptômes qui doivent alerter : troubles du sommeil, changements de comportement, idées suicidaires… », note le journal.
Le quotidien ajoute que 
« dans le système actuel, regrette un psychothérapeute parisien, les blocages viennent aussi des services sociaux chargés de recueillir les signalements », le praticien remarquant : « Ils veulent des preuves béton. Forcément, ça prend beaucoup plus de temps ».
Le Parisien souligne enfin que 
« ce que craignent surtout les médecins, ce sont les représailles. Comme une centaine d’autres médecins, Catherine Bonnet a vu sa carrière brisée, en 1999, pour avoir fait remonter des suspicions d’inceste. Elle a été sanctionnée par le Conseil de l’Ordre, poursuivie au pénal, avant d’être réhabilitée des années plus tard ».
Le journal précise donc que «
 le texte prévoit une protection juridique complète (pénale, civile, disciplinaire) pour les médecins qui signalent de bonne foi ».

22 01 14

« La ministre de la Santé veut «faire évoluer» la loi sur la fin de vie »
Le Parisien , Libération , Le Figaro , La Croix

Le Parisien observe qu’hier lors de ses vœux à la presse, Marisol Touraine « a évoqué l’affaire Vincent Lambert, ce jeune homme tétraplégique et en état de conscience minimale hospitalisé au CHU de Reims, dont l’épouse a donné son accord au corps médical pour mettre fin au traitement ».
« 
Une décision du tribunal administratif de Chalons-en Champagne, saisi par les parents du patient, s’est opposée le 16 janvier à cette euthanasie passive envisagée par les médecins », rappelle le quotidien.
Le journal observe que «
 la ministre de la Santé est revenue sur ce cas qui soulève à nouveau la question de la fin de vie, en indiquant que si l’épouse de M. Lambert fait appel devant le conseil d’Etat, le CHU fera également appel ». Le Parisien relève que pour Marisol Touraine, « l’appel du CHU serait une marque de soutien moral envers Mme Lambert, mais «il ne s’agira pas de défendre un point de vue ou un autre». L’idée, c’est aussi de «disposer d’une jurisprudence» du conseil d’Etat sur ce cas particulier ».
Le quotidien ajoute que «
 la ministre a rappelé qu’un projet de loi était en gestation, qui devrait être présenté en conseil des ministres cet été, après qu’elle aura reçu l’avis du Comité consultatif national d’éthique qu’elle a sollicité ».
« 
Pour la ministre, l’affaire Lambert est «une affaire particulière qui ne doit pas être instrumentalisée dans la cadre de la nouvelle loi». Une nouvelle loi qui doit venir compléter la loi dite Leonetti »,continue le journal. Marisol Touraine a ainsi déclaré : « Nous devons faire évoluer la loi pour permettre à chacun de mieux mourir ».
Le Parisien indique par ailleurs que 
« l’Académie de médecine s’est prononcée sur le thème de la fin de vie, réitérant son opposition à l’euthanasie active impliquant des médecins et jugeant globalement suffisante l’actuelle loi Leonetti ». Le journal relève que l’Académie « indique « souhaiter ne pas être tenue à l’écart du débat » annoncé par le gouvernement pour l’élaboration de la nouvelle loi promise par François Hollande pour légaliser « une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité » ».
« 
Pour l’Académie, il convient avant tout de distinguer les situations de fin de vie, avec celles « d’arrêt de vie » qui répond « à une demande volontaire à mourir alors que la vie en elle-même n’est ni irrémédiablement parvenue à son terme ni immédiatement menacée » », poursuit le quotidien. Le Parisien ajoute que l’Académie « admet toutefois que « les questionnements les plus délicats surgissent des situations telles que celle de Vincent L. » et qu’il « devient nécessaire de faire progresser dans notre société la notion et l’expression des directives anticipées » ».
La Croix lance pour sa part une «
 alerte sur la fin de vie des personnes âgées », expliquant que « le dernier rapport de l’Observatoire national de la fin de vie […] est très critique sur la prise en charge des personnes âgées. 13 000 d’entre elles meurent chaque année aux urgences ; et les trois quarts des personnes qui finissent leur vie en maison de retraite n’avaient pas choisi d’y vivre ».
Le journal relaie ainsi le 
« constat accablant de l’Observatoire national de la fin », qui estime que« la fin de la vie des personnes âgées pourrait devenir un véritable naufrage social ». La Croix relève que selon ce rapport, « de nombreux droits […] sont trop rarement respectés s’agissant des personnes âgées : le droit de choisir son lieu de vie […], le droit d’arrêter les traitements ou d’exprimer ses souhaits par avance, notamment en cas de maladie d’Alzheimer ».
Le quotidien indique notamment que l’Observatoire «
 suggère d’encourager les équipes mobiles de soins palliatifs à intervenir dans ces établissements et de rendre obligatoire un module «accompagnement de la fin de vie» dans le cursus de médecin coordinateur en Ehpad ».
Libération se penche également sur ce rapport qui 
« détaille les failles de la prise en charge des personnes âgées sur le point de mourir. […] Pour autant, le rapport se montre confiant, notant que la situation s’est améliorée, comme par exemple sur la prise en charge de la douleur ».
Le Figaro retient de son côté 
« la désespérance des seniors en maisons de retraite », observant que « leurs paroles, poignantes, laissent entrevoir un fragment de la fin de l’existence des 90.000 aînés qui meurent chaque année en maison de retraite. Loin du tumulte médiatique des affaires d’euthanasie ».

23 01 14

« Les incroyables bienfaits des aquariums dans les hôpitaux »
Le Figaro

C’est ce que titre Le Figaro, qui relève : « Constatant l’effet bénéfique des poissons sur les malades, leurs proches et le personnel soignant, un nombre croissant d’établissements médicaux s’équipent d’aquariums plus ou moins gros ».
Le journal explique en effet que 
« les patients isolés sortent de leur chambre pour observer les changements dans l’aquarium, ils entrent en contact avec d’autres patients, avec les familles en visite. L’aquarium devient un lieu de rendez-vous, de promenade, d’observation d’un biotope ».
Le Pr Maurice Mimoun, chef du service de chirurgie plastique et des grands brûlés de l’hôpital Saint-Louis (Paris), remarque ainsi : 
« La vie de l’aquarium rythme la vie des patients comme un journal, ils se retrouvent autour de lui comme on se rassemble autour d’une cheminée. […] L’aquarium offre la possibilité de prendre le temps d’observer la vie des poissons avec un effet apaisant apporté par l’eau elle-même ».
Le Figaro indique qu’« 
il existe peu d’études sur ce type d’expérience, car les effets sont difficilement quantifiables. Plusieurs équipes ont cependant réussi à mesurer les effets d’un aquarium sur la tension artérielle : en 20 minutes d’observation, elle chute de manière significative, avec un effet résiduel pendant plusieurs heures ».
Le quotidien relève en outre qu’« 
une étude américaine a démontré que la présence d’un aquarium dans un service gériatrique augmentait la prise alimentaire des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Certains services ont pu observer une réduction des escarres pour les patients alités pendant de longues périodes car l’aquarium les encourage à se lever plus souvent. À l’hôpital Robert-Debré, à Paris, l’aquarium est utilisé en pédopsychiatrie pour aider les patients atteints de troubles alimentaires, notamment en les laissant nourrir les poissons ».
Le Figaro ajoute que 
« les effets bénéfiques s’étendent aux familles des patients et au personnel du service. […] Le personnel n’est plus soumis à la frustration des familles qui engagent plutôt la conversation sur les habitudes des poissons que sur la durée de leur attente ».
Le journal évoque toutefois « 
un dispositif salvateur mais contraignant », et s’interroge : « Faut-il installer un aquarium dans tous les services hospitaliers ? ». Le Pr Raphaël Vialle, chef du service de chirurgie orthopédique et réparatrice de l’enfant de l’hôpital Armand-Trousseau (Paris), répond :« Peut-être au moins un simple bocal avec des poissons rouges, mais sans doute pas un aquarium tropical qui demande un minimum d’expertise et un investissement important, sur le plan financier mais également en temps ».

« Plus de 3 millions de Français au bord du burn-out »
Le Monde , Le Parisien , L’Express

Le Monde indique que « plus de 3 millions d’actifs ont un risque élevé de faire un burn-out, selon une étude publiée par le cabinet Technologia ». Le journal note que « ce cabinet de prévention des risques professionnels lance un appel pour la reconnaissance par les autorités de ce syndrome d’épuisement professionnel ».
Le Monde explique que le cabinet 
« s’est fondé sur un sondage mené auprès de 1 000 actifs. Il en ressort que 12,6% d’entre eux encourent un burn-out, ce qui, rapporté à l’ensemble de la population, porte le nombre de personnes concernées à 3,2 millions d’actifs ».
« Le cabinet d’experts […] relève que le risque de burn-out, caractérisé par un travail excessif et compulsif, est particulièrement élevé chez les agriculteurs (23,5%), devant les artisans, commerçants et chefs d’entreprise (19,7%) et les cadres (19%). Viennent ensuite les ouvriers (13,2%), les professions intermédiaires (9,8%) et les employés (6,8%) », 
précise le journal.
Le quotidien ajoute que «
 cette affection touche des personnes sans antécédents psychiques et les pathologies «ne concernent que la sphère professionnelle», écrit Technologia. Selon ces experts, le lien «direct et essentiel» avec le travail est établi. Or, le cabinet note que ces affections sont «très difficilement reconnues» vu le flou sur la définition clinique de ce syndrome et l’absence de tableaux de maladies professionnelles spécifiques ».
Le Monde souligne ainsi que «
 le burn-out peut être reconnu au titre de l’article L 461-1 du code de la Sécurité sociale, mais uniquement si la maladie justifie une incapacité permanente de travail de plus de 25% et si un lien «direct et essentiel» avec le travail a été mis en évidence par un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles. Seules quelques dizaines de cas sont reconnus chaque année ».
Le Parisien évoque également ce « 
mal de notre siècle », notant que « peu de grandes entreprises y échappent ». Le journal indique que « Technologia lance un appel pour la reconnaissance par la Sécurité sociale du «burn-out» via la création de 3 nouveaux tableaux de maladies professionnelles : dépression d’épuisement, état de stress répété et anxiété généralisée. Une pétition rassemblant encore peu de signatures a été lancée sur le site appel-burnout.fr ».
De son côté, L’Express consacre un dossier au burn-out «
 et comment l’éviter ». Le magazine note que « c’est un choc d’autant plus violent que les victimes d’épuisement professionnel n’ont, en général, rien vu venir. Infirmières débordées, profs sous tension, cadres surinvestis… Ils sont de plus en plus nombreux à craquer. Les entreprises prennent enfin conscience du risque. Les salariés aussi, qui doivent apprendre à se protéger ».
L’hebdomadaire relève que « 
le voile s’est progressivement levé sur cette pathologie des temps modernes. Observée d’abord chez le personnel soignant et chez les enseignants elle a envahi les entreprises. Les cadres en premier lieu, mais aussi les salariés « de contact » – services clientèle, grande distribution… – et, phénomène récent, « les services à la personne et les travailleurs indépendants », s’inquiète Isabelle Burens, de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail ».
L’Express interroge le Dr Agnès Martineau-Arbes, médecin du travail et consultante pour Technologia, qui note que
 « l’essentiel, c’est de comprendre ses propres mécanismes de défense qui font que l’on a trop de narcissisme – ou pas assez d’estime de soi – pour admettre que l’on ne parviendra pas à satisfaire une exigence irréalisable ».
Le magazine cite en outre le Dr François Baumann, auteur de 
Burnout, quand le travail rend malade(éd. Josette Lyon), qui évoque « quelques pistes pour changer son rapport au travail : éviter les collègues toxiques ; lutter contre l’individualisme ; positiver « à l’américaine » ; et, bien sûr, prendre de la distance en trouvant la solution qui nous correspond le mieux – méditation, sport, sorties entre amis ».
« Sauf que… tous les spécialistes en conviennent, ces conseils sont en général voués à l’échec si, « en face », rien ne change. Et c’est là qu’interviennent les cabinets de conseil en management », 
continue L’Express.

24 01 14

« Schizophrène meurtrier : deux médecins mis en examen pour homicide involontaire »
Le Parisien

Le Parisien fait savoir que « deux médecins de l’hôpital psychiatrique de Saint-Egrève (Isère) ont été mis en examen pour homicide involontaire, 5 ans après le meurtre d’un étudiant grenoblois par un schizophrène qui s’était échappé de l’hôpital ». Le quotidien ajoute qu’« un troisième médecin et l’hôpital de Saint-Egrève sont convoqués [aujourd’hui] par la juge d’instruction en charge de l’affaire en vue d’une mise en examen ».
Le Parisien explique que 
« ces mises en examen font suite à un arrêt de la cour d’appel de Grenoble, rendu le 6 novembre 2013, ordonnant un supplément d’information aux fins de mise en examen des médecins et de l’hôpital ».
« Dans cet arrêt, la cour pointait « un défaut d’appréciation de la dangerosité » de Jean-Pierre Guillaud. Ce dernier, déjà auteur de plusieurs agressions à l’arme blanche, avait mortellement poignardé Luc Meunier, 26 ans, à Grenoble le 12 novembre 2008, après s’être échappé de l’hôpital psychiatrique de Saint-Egrève 
», poursuit le journal.
La cour avait remarqué que les médecins 
« n’ont pas su prendre en compte à leur juste mesure les antécédents et les signes précurseurs du passage à l’acte de Jean-Pierre Guillaud, qui auraient dû leur faire considérer ce malade comme potentiellement dangereux et les amener à mieux encadrer ses permissions de sortie ».
« Elle reprochait par ailleurs à l’hôpital de n’avoir pas réévalué « un dispositif de sécurité (…) manifestement défectueux » et de n’avoir pas pris « les mesures nécessaires à la prévention des fugues de patients manifestement dangereux » », 
continue Le Parisien.
Le journal précise que «
 M. Guillaud avait été déclaré pénalement irresponsable de cet acte en septembre 2011 et hospitalisé en unité pour malades difficiles. Une information judiciaire avait cependant été ouverte pour homicide involontaire afin de déterminer les éventuelles responsabilités des médecins, à la suite d’une plainte contre X de la famille Meunier ».

27 01 14

« Comment repérer les jeunes addicts »
Le Parisien

Le Parisien note que « prévenir et détecter les conduites à risques des ados, c’est l’une des mesures phares du plan de lutte contre la drogue et les addictions présenté aujourd’hui ».
Le journal remarque en effet qu’« 
à 17 ans, seuls 6,6% des jeunes n’ont jamais touché à l’alcool, au tabac ou au cannabis. La Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) a fait de ces ados consommateurs une des cibles privilégiées des 130 actions prévues dans le premier volet du plan gouvernemental de lutte contre la drogue et les conduites addictives ».
Danièle Jourdain Menninger, présidente de la Mildt, précise : 
« Tout en rappelant l’interdit, nous misons sur la prévention et une intervention précoce, qui passe par le repérage des conduites addictives chez les adolescents ».
Le Parisien explique que 
« cela repose sur une meilleure formation en addictologie des professionnels de santé, et plus généralement des adultes qui sont en contact avec les jeunes (animateurs, éducateurs sociaux, professeurs…) ».
« Ils devront être capables de percevoir les conduites à risque et d’orienter ce jeune public vers des structures adaptées, souvent sous-utilisées. C’est le cas des consultations jeunes consommateurs (CJC) », 
poursuit le quotidien, qui indique que « pour mener les jeunes usagers jusqu’à ces consultations, le plan compte sur le «réflexe CJC» que les médecins traitants devront adopter ».

« Alzheimer : la piste de la stimulation cérébrale »
Le Figaro

Delphine Chayet note en effet dans Le Figaro que « l’envoi d’impulsions électriques dans le cerveau à un stade précoce de la maladie semble donner des résultats positifs, bien que limités dans le temps ».
La journaliste remarque que la stimulation magnétique transcrânienne 
« a fait ses preuves dans le traitement des dépressions sévères résistantes, des idées hallucinatoires chez les schizophrènes. Mais les neurologues et psychiatres, persuadés que cette stimulation cérébrale n’a pas encore dévoilé tout son potentiel thérapeutique, l’expérimentent dans d’autres domaines ».
« 
Parmi eux, les séquelles d’un accident vasculaire cérébral, la maladie de Parkinson ou encore Alzheimer, dont les médecins espèrent contenir certains symptômes grâce à cet outil », indique Delphine Chayet.
La journaliste cite notamment le Pr Emmanuel Haffen, psychiatre au CHU de Besançon, qui rappelle que 
« le principe de la TMS est de moduler l’activité de régions du cerveau qui fonctionnent anormalement afin d’obtenir une amélioration de certaines fonctions ».
Delphine Chayet relève que 
« l’objectif n’est pas de traiter la cause de la maladie, encore moins de la guérir, mais de ralentir le déclin inéluctable des fonctions cognitives. […] En France, c’est à l’hôpital de Besançon que la stimulation cérébrale superficielle est expérimentée. Dix séances de 30 minutes sont proposées aux patients inclus dans ce projet de recherche. Une évaluation est réalisée un mois plus tard ».
Le Pr Haffen précise : 
« Nous obtenons des résultats positifs dans 3 tests qui mesurent la mémoire visuelle, la mémoire verbale antérograde et l’efficience cognitive. Les aidants rapportent, en outre, un retentissement au quotidien sur la qualité de vie ».
Delphine Chayet souligne toutefois que «
 même si elle semble prometteuse, la recherche demeure à un stade très préliminaire. Pour aller au-delà, des études portant sur un nombre plus important de patients seront nécessaires. Des interrogations subsistent par ailleurs sur la durée des effets positifs, qui paraissent éphémères dans la plupart des travaux menés, et sur le mode d’action de la TMS ».

« La molécule qui donne l’oreille absolue »
Le Figaro

Le Figaro rappelle qu’« en devenant adulte, [le] cerveau a perdu une bonne part de sa plasticité, et les facilités d’apprentis­sage qui vont avec. C’est pourtant cette plasticité qu’une équipe internationale de chercheurs est parvenue à restaurer, provisoirement et pour une fonction cognitive bien précise : l’oreille absolue ».
Le journal explique que 
« les neuroscientifiques appellent «période critique» ce moment où le cerveau, vierge de routes constituées, est capable de (presque) tout apprendre. Et c’est précisément pour cette «période critique» que Judit Gervain, du laboratoire de psychologie de la perception au CNRS et à l’université Paris-Descartes, s’est intéressée à l’oreille absolue », selon un article paru dans Frontiers in Systems Neuroscience.
Le quotidien note que 
« l’oreille absolue, capacité d’identifier sans point de référence la note correspondant à un son entendu, a cette particularité de ne pouvoir se développer que dans l’enfance ».
Le Figaro indique qu’un « 
entraînement idoine a été dispensé à de jeunes adultes, et la possibilité de tracer de nouveaux chemins neuronaux leur a été rendue grâce au valproate, une molécule antiépileptique et thymorégulatrice ».
« Durant 15 jours, 24 jeunes hommes ont pris les uns du valproate, les autres un placebo. Lors de la deuxième semaine ils ont appris à associer 6 notes à des prénoms ; au 15e jour, ils devaient nommer des notes entendues, et les participants sous valproate se sont révélés bien plus performants que ceux sous placebo », 
note le journal.
Le quotidien ajoute qu’« 
après quelques semaines de pause, deuxième manche : ceux qui avaient pris du valproate lors des premiers tests ont reçu un placebo et inversement, et d’autres prénoms étaient associés aux notes. Cette fois-ci, les participants sous valproate ont à peine fait mieux que lors de la première manche, lorsqu’ils étaient sous placebo ».
Le Figaro explique que selon les chercheurs, 
« en restaurant la neuroplasticité, le valproate a permis de rouvrir une fenêtre d’apprentissage… sans forcément aider la mémoire à se fixer ». Judit Gervain remarque ainsi : « Notre hypothèse, c’est qu’avec le valproate il est plus facile d’apprendre, mais aussi plus facile d’oublier ou de confondre puisqu’il y a plus de plasticité ».
Le journal continue : «
 On ne connaît pas encore tous les mécanismes du valproate, mais «on sait qu’il rend certaines parties du cerveau modifiables», dit Judit Gervain. En agissant sur des protéines appelées histones, le valproate «déplie» l’ADN et facilite ainsi son expression, selon les auteurs. Par ailleurs, il empêche le fonctionnement du neurotransmetteur GABA, «un système inhibiteur du cerveau», détaille Arnaud Norena, chercheur en neurosciences au CNRS. Chez l’adulte, quand le gaba se fixe sur un neurone, il l’inhibe ; durant le développement au contraire, ce même GABA active les neurones ».
Le quotidien relève en outre que 
« les auteurs assurent que les fonctions cognitives globales des participants n’ont pas été affectées par la prise de valproate ». Stéphane Auvin, neuropédiatre à l’hôpital Robert-Debré, remarque toutefois que « les tests utilisés ne sont pas les plus pertinents ».
Le Figaro ajoute que «
 le valproate pris au long cours entraîne, détaille le Dr Auvin, «des atteintes sur l’attention et le comportement. Un enfant sur deux développe un trouble cognitif ou comportemental, et on a du mal à penser qu’il n’y a pas d’effet chez les adultes». Sans compter les risques de prise de poids et perte des cheveux, et les dangers pour le fœtus dont la mère est sous val­proate… ».
Le journal fait savoir qu’« 
une seconde étude est en préparation », mais cite en conclusion Arnaud Norena : « Si le cerveau termine une période critique, il y a des raisons. Imaginons que l’on rouvre la plasticité, il y aura peut-être des effets secondaires, notamment sur la mémoire ».

28 01 14

« Burn-out : pourquoi les soignants sont en première ligne »
L’Express

C’est ce qu’explique Vincent Olivier dans L’Express. Le journaliste note que « toutes les études concordent : quel que soit le métier exercé (généraliste, interne, hospitalier, infirmière, sage-femme…), le taux de burn-out approche, voire dépasse les 40% parmi les professionnels de santé ».
Vincent Olivier indique que « 
plusieurs facteurs spécifiques expliquent ce niveau inquiétant – le plus élevé de tous les métiers », selon une étude de Sarah Dauchy, psycho-oncologue à l’Institut Gustave Roussy à Villejuif.
Le journaliste évoque ainsi « 
une charge émotionnelle très forte, des horaires changeants qui pèsent sur la vie familiale et sociale, un rythme de travail excessif et une forte tension, « surtout pour les non-décideurs qui sont soumis à des décisions changeantes et parfois contradictoires » ».
Vincent Olivier précise qu’« 
il faut ajouter aussi des risques d’erreur aux conséquences dramatiques, des traitements qui peuvent se révéler toxiques, et un « idéal du soin » à la fois personnel et collectif, qui se heurte aux réalités des limites de la médecine ». Sarah Dauchy remarque ainsi que « dans une société qui rêve de zéro douleur et de zéro détresse, les notions de « soigner », de « guérir » doivent être réexaminées ».
Le journaliste ajoute qu’« 
il y a également des exigences de rentabilité fortes, notamment à l’hôpital, un manque de reconnaissance des patients et des conflits éthiques récurrents. […] Difficile, dans ces conditions, d’éviter un double écueil : le surinvestissement d’un côté ou, à l’inverse, la prise de distance vis-à-vis des malades pour se protéger soi-même. D’autant que les professionnels ont souvent du mal à reconnaître leurs propres difficultés ».
Vincent Olivier explique en effet que 
« la « ligne verte » [que Sarah Dauchy] a initiée à l’Institut Gustave Roussy pour les soignants n’a reçu, en 6 mois, que… deux appels en tout et pour tout ! ».La psycho-oncologue précise : « Non pas que le personnel se sente peu concerné, mais il a tendance à penser que c’est forcément pour les autres ».
Pour 
« se prémunir du burn-out », Sarah Dauchy indique qu’« il faut tout d’abord se reconnaître comme potentiellement vulnérable et savoir que le travail que l’on fait est associé à un risque. […] Cela suppose d’être conscient de son état de souffrance individuelle, de passer de la plainte générale (« C’est dur pour tout le monde ») à l’approche personnelle (« Je vais mal »). Ensuite, il faut trouver ses propres solutions : relaxation, méditation, thérapies cognitivo-comportementales ».
La psycho-oncologue ajoute que cela exige 
« un vrai travail réflexif sur ses propres priorités, car on peut accepter de souffrir sur certains points non gérables, mais à condition de conserver ses priorités. [Il est important de] se parler dans l’équipe, de communiquer sur ses propres attentes. Et, surtout, de hiérarchiser ses attentes ».

« Prématurité : les bénéfices du ‘peau à peau’ sont durables »
Le Figaro

Delphine Chayet note dans Le Figaro que « le «peau à peau», instauré pour favoriser le lien entre la mère et son bébé prématuré, est désormais presque banal dans les services de néonatologie »,et fait savoir qu’« une étude publiée dans Biological Psychiatry montre que ce soin distille ses bienfaits bien au-delà des premiers mois de vie ».
La journaliste relève en effet que « 
des chercheurs de l’Université Bar Ilan, en Israël, ont observé son impact positif chez des enfants âgés de 10 ans. Ceux-ci présentent de meilleures capacités d’apprentissage, un sommeil mieux organisé et une meilleure réponse au stress ».
Delphine Chayet explique que «
 les chercheurs israéliens se sont intéressés au devenir de ces bébés. Ils ont suivi pendant 10 ans quelque 150 grands prématurés, dont la moitié avait bénéficié d’un peau à peau, 1 heure par jour pendant 14 jours, tandis que les autres étaient restés en couveuse ».
« Au bout de 6 mois, les scientifiques ont constaté que les mères du groupe «kangourou» étaient plus sensibles aux besoins de leur bébé et manifestaient un comportement plus maternel. Leurs enfants, testés à sept reprises pendant 10 ans, montraient quant à eux de meilleures capacités cognitives et de réalisation des tâches complexes, telles que lire ou écrire – des domaines dans lesquels les enfants prématurés ont parfois des difficultés 
», indique la journaliste.
Le Pr Jacques Sizun, pédiatre et chef de service de néonatologie au CHU de Brest, réagit :
 « On peut imaginer l’ampleur des bénéfices si cette méthode est mise en œuvre de façon plus intense que dans l’étude».
Delphine Chayet souligne en outre que 
« pour les spécialistes, la formation des équipes médicales est cruciale pour lever d’éventuelles réticences concernant la sécurité des nourrissons. Cela nécessite aussi des moyens matériels afin que les services soient en mesure d’accueillir cet échange mère enfant confortablement, et dans l’intimité ».

Revue de presse santé psy – décembre 2013

06 12 13

« Le nombre de personnes souffrant de démence va tripler dans le monde d’ici 2050 »
Le Parisien , Le Monde

Le Parisien indique que « le nombre de personnes dans le monde souffrant de démence, dont la maladie d’Alzheimer, va tripler d’ici 2050, pour atteindre 135 millions, selon une étude publiée jeudi avant un sommet du G8 à Londres consacré au sujet ». Le journal précise que « selon ce rapport d’Alzheimer Disease International, fédération d’associations basée à Londres, 44 millions de personnes sont actuellement atteintes de démence ».
Marc Wortmann, directeur exécutif de l’organisation, a ainsi déclaré : «
 C’est une épidémie mondiale, et ça ne fait qu’empirer : si l’on se projette dans le futur, nous voyons que le nombre de personnes âgées va connaître une énorme augmentation. […] Il est essentiel que l’OMS fasse de la démence une priorité, afin que le monde soit préparé à faire face à cette situation ».
Le Parisien observe que 
« l’étude d’ADI souligne que « la démence, notamment la maladie d’Alzheimer, est l’un des plus gros défis de santé publique de notre génération », précisant que l’ampleur de cette « épidémie » avait été sous-estimé dans son précédent rapport de 2009, en particulier pour l’Asie et l’Afrique sub-saharienne ».
Le journal ajoute que 
« quelque 32% des malades vivent actuellement dans les pays les plus riches, qui appartiennent au G8, la grande majorité (62%) vivant dans des « pays à revenus moyens et bas », « où l’accès à la protection sociale, aux services, à l’aide et aux soins sont très limités », selon les chercheurs. En 2050, la proportion de malades vivant dans ces pays s’élèvera à 71% ».
Le Parisien relève en outre qu’
« actuellement moins de la moitié des malades habitant les pays les plus riches sont diagnostiqués, et moins de 10% de ceux qui vivent dans des pays aux revenus moyens et bas. Le rapport conseille de façon préventive de mettre l’accent sur la lutte contre le tabac, l’obésité, l’hypertension et le diabète, et de promouvoir l’activité physique et l’exercice du cerveau ».
Le Monde remarque quant à lui que « 
le nombre de personnes souffrant de démence dans le monde a augmenté de 22% au cours des 3 dernières années ».
Le quotidien cite Martin Prince, professeur à l’institut de psychiatrie du King’s College à Londres, qui déclare que 
« la plupart des gouvernements sont très mal préparés pour l’épidémie de démence. […] C’est un problème mondial qui a des conséquences de plus en plus grandes sur les pays en développement qui ont des ressources limitées et peu de temps pour développer des systèmes globaux de protection sociale et de santé ».

10 12 13

« Les lycéens consomment beaucoup d’alcool, de tabac et de cannabis »
Le Parisien

Le Parisien fait savoir que « la consommation de tabac, de cannabis et d’alcool chez les jeunes, qui souvent débute au collège, s’intensifie pendant les années lycée, selon une étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) ».
Le journal indique ainsi que 
« selon les résultats de l’enquête européenne sur l’alcool et d’autres drogues en milieu scolaire (ESPAD), menée en 2011 auprès d’élèves de la seconde à la terminale, 2 lycéens sur 5 déclaraient avoir fumé des cigarettes lors du mois précédent l’enquête, et 7 sur 10 avaient déjà fumé au cours de leur vie (74%, contre 52% en 3e) ».
Le Parisien ajoute qu’« 
alors que les fumeurs quotidiens sont 16% en 3e, leur proportion double en 2nde, et atteint un élève sur trois à la fin du lycée. Et parmi ces consommateurs quotidiens, 24% fument plus de 10 cigarettes par jour, contre 5% en 3e ».
Le quotidien observe qu’« 
en matière d’alcool, dès la classe de 2nde, plus de 9 jeunes sur 10 déclarent en avoir consommé au moins une fois au cours de leur vie, et 4 élèves sur 5 en ont consommé le mois précédent l’enquête. L’usage régulier d’alcool concerne 1 lycéen sur 5. La moitié (52%) des lycéens déclarent une alcoolisation ponctuelle importante (avoir bu au moins 5 verres en une même occasion au cours des 30 derniers jours), et 6 lycéens sur 10 rapportent au moins une expérience d’ivresse ».
Le Parisien note que «
 la consommation de cannabis connaît la même évolution. La moitié des lycéens (49%) a déjà fumé du cannabis au cours de sa vie, mais si les premières expérimentations sont observées dès la 4e, on constate un doublement en 3e (24%) puis encore pratiquement en 2nde (41%). L’usage régulier de cannabis (plus de 10 fois dans le mois) touche 8% des lycéens, avec un niveau maximal (11%) en classe de 1ère ».
Le journal relève par ailleurs qu’«
 après une progression quasi linéaire des niveaux d’usages depuis l’entrée au collège, on observe une rupture en classe de terminale, toutes filières confondues. Les diffusions du tabac, de l’alcool et du cannabis cessent de progresser, notamment car les élèves de terminale réduisent certains usages à l’approche du baccalauréat ».

13 12 13

Maisons de retraite : « Former les soignants pour limiter la surconsommation des médicaments »
Le Parisien , La Croix

Le Parisien note en effet : « Former, former et encore former médecins et personnels des maisons de retraite : c’est ce préconise un rapport publié jeudi afin d’éviter la sur-consommation de médicaments par les personnes âgées ».
Le journal explique que «
 dans sa lettre de mission à l’attention de Philippe Verger, directeur adjoint du CHU de Limoges et auteur du rapport « La politique du médicament en Ehpad », le ministère des Affaires sociales et de la Santé rappelait sa volonté de « réduire la consommation médicamenteuse souvent délétère chez les personnes âgées » et de mieux « encadrer et gérer la dépense induite » ».
Le quotidien relève ainsi que 
« les personnes résidant en Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) souffrent en général de multiples pathologies […] et ingèrent en moyenne 7 molécules médicamenteuses différentes par jour ».
« Or plus les personnes âgées prennent de médicaments, plus elles sont exposées aux interactions médicamenteuses et aux effets indésirables. Ces effets indésirables sont contrés par la prescription de nouvelles molécules et ainsi de suite… 
», souligne Le Parisien.
Le rapport de Philippe Verger indique notamment qu’
« en Ehpad, on constate surtout des sur-prescriptions (…) ou des prescriptions inappropriées chez le sujet âgé (au regard de la molécule, du dosage et de l’interaction possible avec les autres médicaments prescrits). [Les médecins] appréhendent avec difficulté la complexité des situations gériatriques et les subtilités des bonnes pratiques de prescription chez les sujets très âgés ».
Le quotidien retient qu’«
 il est donc recommandé de renforcer la formation en gériatrie des futurs médecins et de leur favoriser l’accès à des stages en maison de retraite. Les diplômés devraient quant à eux pouvoir améliorer leur pratique de prescription gériatrique grâce à la formation continue. Il est également proposé de mettre en place un numéro d’appel unique pour permettre aux médecins généralistes de demander conseil à un gériatre ».
Le Parisien ajoute que «
 le rapport conseille de former les professionnels des maisons de retraite aux outils et techniques alternatives aux médicaments, en particulier pour les malades d’Alzheimer (musicothérapie, luminothérapie, etc.). Ces alternatives peuvent « se substituer aux psychotropes qui n’ont qu’une efficacité limitée et peuvent entraîner des effets délétères sur la santé du malade » ».
Le journal observe toutefois que « 
ce rapport n’aborde que le cas des médicaments consommés en maison de retraite, où « la qualité de la dispensation est en général importante car réalisée par le personnel soignant ». Mais 85% des personnes de plus de 80 ans vivent à domicile ».
La Croix relève aussi que 
« trop de médicaments [sont] prescrits en maison de retraite », soulignant que « faute de disposer de produits adaptés aux personnes âgées, les soignants sont souvent obligés d’écraser les médicaments, ce qui peut favoriser certains effets secondaires ».
Le quotidien ajoute que 
« ces patients âgés sont trop souvent exclus des essais chargés d’évaluer des médicaments dont ils sont pourtant les plus gros consommateurs ».

16 12 13

« Comment prévenir les drames dans les maisons de retraite ? »
La Croix

C’est ce que se demande Pierre Bienvault dans La Croix. Le journaliste rappelle tout d’abord que« la justice devra déterminer les circonstances ayant conduit une aide-soignante à administrer «un cocktail de psychotropes» à 9 pensionnaires d’une maison de retraite de Savoie, dont 6 sont décédés ».
Pierre Bienvault observe ensuite que «
 cette affaire soulève le problème de la sécurisation des médicaments au sein des établissements et de l’encadrement de soignants, qui peuvent être fragiles, face à certaine situations parfois éprouvantes ».
Le journaliste explique notamment que «
 les psychotropes sont des produits très courants dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Comme le souligne un rapport remis jeudi dernier à Michèle Delaunay, la ministre déléguée aux Personnes âgées, les principales classes thérapeutiques délivrées dans ces structures sont des antidépresseurs (32%), des anxiolytiques (27%), des somnifères (22%) et des neuroleptiques (15%) ».
Pierre Bienvault relève en outre que 
« les gériatres reconnaissent que les professionnels doivent savoir faire preuve de discernement devant certaines plaintes, fréquentes en Ehpad, de résidents qui expriment leur lassitude ou disent qu’ils sont fatigués de vivre ». Le Pr Joël Belmin, chef du pôle  gériatrique de l’hôpital Charles-Foix à Ivry-sur-Seine, précise que « ces personnes ne demandent absolument pas à ce qu’on les aide à mourir. Ce sont des plaintes souvent fluctuantes dans le temps, qui sont en général les symptômes d’une dépression qu’il convient de traiter ».

17 12 13

« Démence : l’hygiène de vie protectrice »
Le Figaro

Anne Prigent indique dans Le Figaro que « des chercheurs américains notent une baisse de la fréquence de la démence dans les pays développés », selon un article paru dans le NEJM.
La journaliste explique qu’«
 après avoir analysé 5 études récentes sur le sujet, l’équipe du Pr Eric B. Larson, directeur exécutif du Group Health Research Institute, constate qu’une proportion non négligeable des démences semble se développer à un âge plus avancé qu’il y a 20 ans et que la durée de vie sans démence semble augmenter, l’apparition de la maladie se rapprochant du décès. Cette baisse de la fréquence des démences pourrait s’expliquer par une meilleure prise en charge des risques cardio-vasculaires et par une augmentation du niveau général d’éducation ».
Anne Prigent souligne ainsi que «
 bien prendre en charge une hypertension, un diabète, arrêter de fumer, faire de l’exercice auraient un effet protecteur sur les méninges ».
De son côté, le Pr Bruno Dubois, neurologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, précise que 
« le cerveau est un réseau de neurones qui n’attend qu’une chose, c’est de se développer au maximum. Nous avons 100 milliards de neurones dans le cerveau, dont chacun peut potentiellement créer 100.000 connexions avec les autres, ce qu’on appelle la réserve cognitive. Elle se développe avec l’éducation ».
« 
Cette réserve cognitive qui se construit dans l’enfance freinera, des années plus tard, l’apparition de la maladie », indique Anne Prigent.
Le Pr Dubois « reste cependant très prudent » et remarque que 
« la maladie d’Alzheimer ne peut se résumer uniquement à une problématique d’hygiène de vie. […] Il existe des lésions spécifiques du cerveau avant même que les symptômes n’apparaissent. Et nous devons trouver des moyens thérapeutiques de nous attaquer à la maladie ».

« Améliorer la psychiatrie en France, une urgence »
La Croix

C’est ce que note La Croix dans son cahier « sciences & éthique ». Le journal fait ainsi « un état des lieux des maux de la psychiatrie en France et les remèdes possibles, à la veille de la présentation à l’Assemblée nationale du rapport parlementaire sur la psychiatrie ».
Le quotidien évoque « 
une très inégale répartition des praticiens sur le territoire, notamment entre zones urbaines et rurales. Et ce, alors même qu’avec 13.800 psychiatres, la France est plutôt mieux dotée que d’autres pays européens. […] Du coup, les praticiens se plaignent d’être débordés… et les patients – ou leurs familles – d’être insuffisamment suivis ».
La Croix indique que selon Marie-Dominique Fouqueray, psychiatre en libéral à Orléans, «
 une des solutions pourrait être d’«élargir le numerus clausus lors de l’admission aux études de psychiatrie». […] D’autres souhaitent l’instauration d’une carte sanitaire et la mise en place d’une obligation d’installation pour les psychiatres débutants, pendant leurs 5 premières années, dans les hôpitaux ou les secteurs les moins bien pourvus. Tous, surtout, réclament l’allègement d’une paperasserie envahissante, qui les oblige à passer plus de 20% de leur temps à renouveler des arrêts de travail signer des certificats ».

18 12 13

« Les médecins partagés sur le suicide assisté »
La Croix , Le Monde

C’est ce que constate La Croix. Le journal note ainsi sur une page qu’« après la publication d’un «avis citoyen» proposant de légaliser l’assistance au suicide, les points de vue des médecins divergent sur le bien-fondé d’autoriser une telle pratique ».
« Pour les uns, il faut accompagner une demande croissante dans la société. Pour les autres, le suicide assisté est incompatible avec la mission médicale 
», remarque le quotidien.
La Croix cite notamment le président de MG France, Claude Leicher, pour qui 
« la question du suicide assisté ne doit pas être tabou » : « En tant que généralistes, nous sommes impliqués dans l’accompagnement de la fin de vie. Certains de nos patients expriment le souhait d’être aidés à mourir, certains vont au bout en se suicidant, c’est une réalité. Si la société devait autoriser l’assistance au suicide, il faudrait l’accepter et en prendre notre part ».
Le journal remarque que «
 le généraliste concède néanmoins qu’une telle évolution législative nécessiterait un travail de formation approfondi des médecins », puis indique que « du côté du conseil de l’Ordre, on fait preuve d’une grande prudence ». Son président, Patrick Bouet, déclare que « donner la mort n’est pas dans le contrat du médecin, qui doit demeurer un contrat de vie avec le patient ».
La Croix relève que «
 si le suicide assisté devait être voté, le président de l’Ordre ne serait pas contre un rôle d’expertise en amont, notamment pour protéger les patients – quand leur lucidité est entravée par exemple -, mais pas plus ».
Le Monde retient pour sa part que 
« la société civile s’empare du débat sur la fin de vie », notant qu’« un avis des citoyens est rendu public à un moment où la parole autour de l’euthanasie se libère ».

24 12 13

« Les réseaux sociaux ne rendent pas ‘accro’ à Internet »
Le Figaro

C’est ce que note Le Figaro, qui explique que « des chercheurs de l’université des sciences et technologie du Missouri [Etats-Unis] ont pour la première fois décortiqué l’utilisation d’Internet de 69 étudiants pendant 2 mois ».
Le quotidien précise que «
 le Pr Murali Doraiswamy, psychiatre et spécialiste réputé des neurosciences cognitives de l’université de Duke (Caroline du Nord) et ses collègues de Rolla, ont également soumis les étudiants à un questionnaire d’addiction, l’IRPS (Internet Related Problem Scale), l’un des plus utilisé avec l’Internet Addiction Test ».
« 
Un score élevé signifiant d’avantage de problèmes liés à l’Internet. Par exemple l’introversion et la difficulté à réduire leur «consommation» pour les joueurs en ligne ou encore les troubles du sommeil pour ceux qui téléchargent abondamment », note le journal.
Le Figaro retient que 
« les chercheurs se sont aperçus que 9 étudiants sur les 69 se trouvaient à un seuil d’usage anormal avec un score d’IRPS supérieur à 110 sur 200, traduisant à impact important d’Internet dans leur vie quotidienne, alors que la plupart des étudiants se situaient entre 30 et 80 ».
Le quotidien indique que «
 le plus intéressant vient de l’analyse détaillée de l’utilisation d’Internet. Ceux qui se servent d’Internet pour les emails, le streaming ou les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) présentent les scores d’IRPS les plus bas, donc le moins de problème ».

Revue de presse Santé Psy – novembre 2013

8 11 13

« Passés du circuit psy au circuit prison »
Libération

Libération publie un reportage à Seclin, dans le Nord, où « l’unité hospitalière pour les détenus atteints de troubles mentaux tâche de soigner malgré les murs et miradors ».
Le journal relève notamment que l’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de Seclin
« n’est ouverte que depuis juin. C’est la sixième du genre en France. Créées par la loi de programmation et d’orientation de la justice de 2002, elles devraient être 9 à la fin 2014. Il était temps : Pierre-Jean Delhomme, le directeur de la prison la plus proche, celle de Sequedin, estime que 30% des 870 détenus incarcérés chez lui souffrent d’une maladie psychiatrique repérée ».
«
 Le nombre de malades mentaux en prison ne cesse de croître, une hausse directement liée à la réforme de la psychiatrie et à la fermeture des grands asiles », continue Libération. Le Pr Pierre Thomas, chef du pôle psychiatrique du CHRU de Lille, remarque ainsi : « Ils ont quitté le circuit psy pour le circuit prison ».

« Alcool, tabac, drogue : la carte étonnante des addictions »
Les Echos , La Croix , Le Parisien , Le Figaro

Vincent Collen note dans Les Echos que « l’Inpes publie un atlas des addictions par régions. Il bat en brèche les idées reçues. Le Languedoc-Roussillon est particulièrement mal classé pour le tabac, l’alcool et le cannabis ».
Le journaliste explique qu’« 
à partir de données recueillies en 2010 auprès de 25.000 personnes, l’Inpes a dressé un tableau de la consommation de tabac, de vin, de bière ou encore d’ecstasy dans chaque région. […] L’évolution générale était déjà connue. Entre 2005 et 2010, la consommation d’alcool a reculé, celle du cannabis est restée stable, tandis que le tabagisme a progressé ».
Vincent Collen indique qu’
« analysés pour la première fois, les écarts entre les régions sont importants pour l’alcool. La consommation quotidienne varie du simple au double entre la Lorraine, où elle ne concerne que 8% de la population, et le Languedoc, qui arrive nettement en tête » avec 17%, pour une moyenne nationale de 11%.
Le journaliste remarque que 
« de fortes disparités existent aussi pour l’«alcoolisation ponctuelle importante», le fait de boire plus de 5 verres en une même occasion au moins 1 fois par mois. Ou encore les ivresses répétées (au moins 3 fois dans l’année). […] Les mauvais élèves sont encore une fois le Languedoc, mais aussi les Pays de la Loire et la Bretagne. Dans d’autres régions comme le Nord – Pas-de-Calais, ces pratiques prisées des 15-30 ans progressent aussi, mais restent en dessous de la moyenne ».
Vincent Collen relève que «
 les disparités régionales sont moins flagrantes pour le tabagisme. Le Languedoc est, là encore, la région la plus touchée : plus de 35% de la population fume tous les jours. L’Alsace, les Pays de la Loire et l’Ile-de-France sont au contraire en dessous de la moyenne. Beaucoup moins répandue, la consommation de cannabis est 3 fois plus importante dans le Languedoc-Roussillon que dans le Limousin ou en Bourgogne ».
Le journaliste s’interroge : «
 Comment expliquer le très mauvais classement de régions comme le Languedoc ? On est tenté de faire le lien avec les taux de chômage et de pauvreté élevés. Mais c’est aussi le cas du Nord – Pas-de-Calais, alors que cette région est moins touchée par les addictions ».
La Croix aborde aussi cette étude qui 
« nuance quelques idées reçues sur les particularités régionales en matière de consommation d’alcool, de tabac ou de cannabis », relevant que « le plus «mauvais élève» de l’Hexagone est le Languedoc-Roussillon ».
Le journal remarque notamment : 
« Premier constat sur l’alcool : au niveau national, la fréquence des ivresses est plutôt en hausse, mais la consommation quotidienne, elle, est en recul : en 2010, on recensait 11% des Français déclarant boire tous les jours contre 15% en 2005 ». Le quotidien observe que « les régions les moins consommatrices au quotidien sont l’Île-de-France, la Haute-Normandie et la Lorraine. Parmi les plus consommatrices, outre le Languedoc-Roussillon, on trouve notamment Midi-Pyrénées et les Pays de la Loire ».
La Croix poursuit : « 
Deuxième constat : en 2010, près de 3 Français sur 10 (29%) étaient des fumeurs quotidiens. Un chiffre en augmentation de 2 points par rapport à 2005. Les régions les moins fumeuses sont l’Alsace (25%) devant les Pays de la Loire (26%), Rhône-Alpes (26%) et l’Île-de-France (27%). Les plus «accros» à la cigarette sont le Languedoc-Roussillon (35%), Provence-Alpes-Côte d’Azur (33%) et Aquitaine (32%) ».
François Beck, qui a mené ce travail à l’Inpes, évoque les causes de ces écarts : 
« Il y a des facteurs socio-économiques. En Languedoc-Roussillon, on recense ainsi de fortes inégalités de revenus au sein de la population. Il y a aussi le poids des traditions culturelles et locales. […] D’autres particularités peuvent jouer. Le niveau relativement élevé de tabagisme en Languedoc-Roussillon n’est sans doute pas sans lien avec le fait que de nombreux habitants franchissent régulièrement la frontière pour aller en Espagne acheter des cigarettes moins chères ».
Le Figaro retient quant à lui qu’« 
on fume davantage dans le Sud, et on boit dans l’Ouest ». Le journal relève entre autres qu’« en matière d’alcool, les années passent et les habitudes changent. Si la consommation quotidienne d’alcool diminue sur la plupart du territoire, […] les ivresses ponctuelles ont tendance à augmenter. L’Ouest et le Sud sont surreprésentés parmi les régions où la consommation excessive d’alcool a le plus progressé. […] Ce phénomène est particulièrement marqué chez les 15-30 ans : dans ces 4 régions [Bretagne, Pays-de-la-Loire, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées], environ 1 jeune sur 2 déclare avoir été ivre au moins une fois dans l’année, pour une moyenne nationale de 38% ». (Document à télécharger sur le site de l’INPES

12 11 13

« Alcoolisme : du Baclofène oui, mais avec modération »
Libération

Libération fait savoir que « l’ANSM vient de faire le point sur cette molécule, en mettant sur son site le long débat tenu en son sein sur «l’évaluation du rapport entre les bénéfices et les risques de santé du Baclofène» ».
Le journal relève entre autres que 
« selon l’Agence, «le nombre de patients ayant bénéficié de remboursements, qui étaient de 67.000 par an jusqu’en 2007, a atteint près de 117.000 patients l’an passé. […] En moyenne l’usager de Baclofène a 50 ans et c’est un homme. Environ 16.000 à 17.000 patients ont entamé un traitement de Baclofène l’an passé, avec pour prescripteur initial un généraliste ».
Libération ajoute que 
« l’Agence avance à petits pas, recommandant une quantité initiale faible, avant une hausse progressive. […] Et se prononce pour une durée maximale de prescription et de délivrance de 4 semaines. […] Dernier sujet : les effets indésirables. Attention, ils sont réels, mais difficiles à détecter, car ils peuvent se confondre avec ceux de l’alcool. En tout cas ils sont en augmentation, avec 405 cas recensés en 2012, soit 163 de plus qu’en 2011. Dont 93 graves ».

« Être gentil, c’est bon pour la santé ? »
Le Point

Le Point note en effet : « Réduction du stress ou transformation du cerveau : les bienfaits de la gentillesse pourraient être le secret des gens heureux et en bonne santé ». Le magazine explique notamment que « les études montrent que, lorsque nous agissons de manière généreuse, nous sécrétons plus de sérotonine, l’hormone de la bonne humeur qui permet notamment de limiter l’agressivité. Les bonnes actions améliorent aussi notre immunité en réduisant le stress ».
« 
Lorsque nous sommes sous tension, nous produisons plus de cortisol, une des hormones du stress, qui, à la longue, impacte toute notre santé à commencer par notre système immunitaire. L’entraide est également un rempart contre la solitude et ses méfaits. On sait par exemple que les relations sociales préservent le cerveau et le cœur et sont des gages de longévité », poursuit Le Point.
L’hebdomadaire remarque ainsi que 
« lors d’une étude menée auprès d’un groupe de bénévoles, ces derniers avaient effectivement le sentiment d’une meilleure qualité de vie, d’une meilleure estime d’eux-mêmes. Ils étaient moins dépressifs que la normale et semblaient moins concernés par la maladie d’Alzheimer ».
Le Point ajoute qu’«
 avoir du cœur [est] bon pour le cœur. On sait que notre cœur n’est pas qu’un muscle, mais une sorte de deuxième cerveau qui contient quelque 40.000 neurones. Notre cœur réagit donc particulièrement aux émotions, plus encore que le cerveau, avec lequel il entretient d’étroites relations ».
« Alors que les pensées négatives telles que le ressentiment augmentent le rythme cardiaque et la pression artérielle, la générosité et le pardon abaissent le stress physiologique et calment le cœur. Si ces vertus vous ont convaincu, sachez qu’en plus la gentillesse est contagieuse 
», poursuit le magazine.

19 11 13

« Nous cherchons des signatures cérébrales de la conscience »
Libération

Libération publie un entretien avec le neurologue Lionel Naccache, du Comité consultatif national d’éthique, qui « détaille les progrès de l’imagerie médicale dans l’étude du cerveau ».
Le spécialiste de neurosciences cognitives remarque ainsi que «
 nous sommes à un moment charnière où notre travail consiste à faire la part entre les fantasmes et la réalité. A expliquer en quoi les discours péremptoires du genre «l’imagerie cérébrale ne nous apprend rien sur la vie mentale», ou à l’inverse «on voit toutes nos pensées avec l’imagerie» sont inexacts ».
Lionel Naccache ajoute qu’«
 en ce qui concerne la conscience, nous sommes face à des questions scientifiques majeures. […] Notre objectif est d’identifier des «signatures» cérébrales de l’état de conscience », précisant qu’« en médecine, [le but est de] mieux évaluer les capacités cognitives résiduelles de malades dont l’examen clinique est très limité », comme ceux en état végétatif.

20 11 13

« Avignon : l’usage thérapeutique du cannabis autorisé à un malade par la justice »
Le Parisien

Le Parisien note qu’un Avignonnais « atteint de la maladie de Horton, la maladie dite «du suicide», […] vient d’obtenir du tribunal correctionnel de sa commune l’autorisation de fumer [du cannabis] de façon thérapeutique ».
Le journal indique que «
 malade depuis 15 ans, [Marc] n’a, dit-il, trouvé que cette solution pour soulager ses crises et ses intenses douleurs. Jamais il ne s’est caché de fumer du cannabis pour palier les conséquences de cette maladie inflammatoire des vaisseaux ». L’homme a notamment déclaré : « C’est génial, je l’espérais mais je ne m’y attendais pas. […] C’est une décision qui va compter, c’est la quatrième en France de ce type ».
Le Parisien note en effet que 
« cet éternel débat trouve des réponses différentes selon les juges »,et rappelle qu’« en juin, le gouvernement lui-même avait donné de l’espoir aux malades en autorisant, par décret, la mise sur le marché de médicaments contenant du cannabis ou ses dérivés. Sous forme de spray, de gélules ou encore d’infusions, de tels médicaments peuvent désormais être délivrés en pharmacie, sur ordonnance seulement, pour des personnes souffrant de maladies graves et douloureuses telle la sclérose en plaques, le cancer ou encore le sida ».

21 11 13

« L’impact du café de l’après-midi sur le sommeil »
Le Figaro , L’Express

Le Figaro relate les travaux de chercheurs du Centre de recherche sur les troubles du sommeil de l’hôpital Henry-Ford de Detroit (États-Unis), selon lesquels « boire un café 6 heures avant de dormir fait perdre 1 heure de sommeil, sans que l’on s’en rende compte ».
Le journal explique que 
« 12 volontaires ayant un sommeil normal devaient, pendant 4 jours d’affilée, s’abstenir de boire du café et avaler chaque jour 3 comprimés à des heures différentes. Le premier 6 heures avant le coucher envisagé, le second 3 heures avant et le dernier au moment de se coucher ».
Le Figaro précise que 
« l’un des comprimés contenait 400 mg de caféine, soit l’équivalent de 2 ou 3 tasses de café moulu, et les deux autres un placebo. Sauf le quatrième jour, où les 3 comprimés ne contenaient que du placebo pour permettre la comparaison avec une nuit «sans caféine». Les volontaires ignoraient si les comprimés contenaient ou non de la caféine ».
Le quotidien souligne que ces travaux 
« fournissent deux informations nouvelles. La première, c’est que le café de fin d’après-midi nuit effectivement au sommeil. Dans l’expérience, même prise 6 heures avant le coucher, la caféine réduit la quantité de sommeil habituelle puisque les cobayes ont dormi en moyenne 1 heure de moins que la nuit suivant une journée sans caféine ».
«
 Le deuxième enseignement de cette étude, encore plus étonnant, c’est que cette perte d’une heure de sommeil est passée complètement inaperçue des dormeurs, qui ont eu l’impression de faire leur nuit habituelle », poursuit le journal.
Le Dr Anthony Dubroc, pharmacien et fondateur du site www.mysommeil.com, précise pour sa part qu’«
 il faut aussi se méfier des sources discrètes de caféine, car les gens oublient qu’il y en a par exemple dans le thé, les sodas ».
L’Express relève aussi qu’
« une consommation tardive de café dans la journée entraîne chez les cobayes une carence de sommeil d’une heure. Une carence qui passe toutefois inaperçue ». Le magazine cite le Pr Christopher Draken, coauteur de ce travail, qui souligne que « boire une tasse de café en fin d’après-midi est aussi néfaste pour le sommeil que d’en boire avant d’aller se coucher ».

22 11 13

« Violences faites aux femmes, les médecins manquent de formation »
La Croix , Le Parisien

La Croix indique que « le gouvernement «double les moyens» consacrés à la lutte contre les violences faites aux femmes, dans un plan triennal présenté [aujourd’hui]. Dans ce plan doté de 66 millions d’euros, la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, prévoit notamment une série de mesures destinées aux médecins ».
Le journal relève ainsi que 
« les médecins manquent de formation » en la matière, et rappelle qu’« en moyenne en France, une femme meurt tous les 2 jours et demi du fait d’un homicide commis au sein du couple, et une femme sur dix serait victime de violences conjugales ».
« Si les professionnels de la santé sont aux premières loges pour repérer ces maltraitances, il arrive qu’ils passent à côté. Parce que certaines femmes culpabilisent trop pour parler à leur médecin ou qu’elles ont peur des conséquences qu’entraînerait leur aveu »,
 observe La Croix.
Miren Uhalde, généraliste dans les Pyrénées-Atlantiques, remarque qu’«
 il n’est pas facile de poser frontalement la question : on craint de brusquer la patiente, de briser le lien et donc de la mettre en danger. Parfois, des femmes consultent pour tout autre chose, poursuit-elle, et il faut du temps avant qu’elles demandent de l’aide ».
Gilles Lazimi, médecin et coordinateur de campagnes sur le sujet, note qu’
« il y a énormément de pathologies annexes qu’il faut apprendre à repérer : colopathies, troubles sexuels, parfois maladies respiratoires, tensions musculaires… Quand la parole ne se libère pas, c’est le corps qui s’exprime. […] Tout tableau douloureux incompréhensible doit alerter ».
Et le Pr Alexandre Duguet, vice-doyen de la faculté Pierre-et-Marie-Curie, indique qu’« 
il y a une méconnaissance des médecins liée à un manque de formation initiale et au fait que c’est un sujet peu relayé dans l’ensemble de la société, alors que c’est un grave problème de santé publique ».
La Croix évoque donc « 
les principales mesures du plan triennal » : « un protocole national pour renforcer les liens entre services de santé, de police et de justice ; un doublement des travailleurs sociaux présents dans les commissariats et gendarmeries », ou encore « pour les médecins, une formation initiale traitant notamment du dépistage et de la prise en charge, généralisée à la rentrée 2014 ».
Le Parisien constate également : « 
Urgentistes, policiers… ils seront tous formés ! ». Le journal relève que « c’est la partie la moins visible du plan, mais nécessaire et peut-être la plus coûteuse : former tous les corps de métier susceptibles d’être confrontés à la détection de ces violences sur les femmes ».
Le quotidien indique que « les médecins, les premiers, auront enfin un module obligatoire au cours de leurs études avant de choisir leur spécialité, mais aussi les travailleurs sociaux qui n’ont pas 1 heure sur ce thème aujourd’hui ! ».

Le Parisien ajoute que «
 les urgentistes seront tout spécialement armés pour faire face et éviter de faire attendre les femmes aux urgences. Et, comme ces violences sont aussi parfois des viols, le médecin urgentiste Patrick Pellloux a proposé au ministère un «kit de détection» pour faciliter la prise en charge des victimes. Comme à New York, une femme violée aurait qui appellerait le 15 n’aurait pas à se déplacer : les urgentistes iraient au-devant d’elle ».

Revue de Presse Santé Psy – octobre 2013

02 10 13

« La dépression n’augmente pas le risque de développer un cancer »
La Croix , Le Parisien , L’Humanité

Pierre Bienvault remarque dans La Croix que « selon une étude conduite sous l’égide de l’Inserm, il n’existe pas d’association significative entre le fait d’avoir connu des symptômes dépressifs et la survenue ultérieure d’un cancer. Certains patients éprouvent pourtant le besoin de trouver une cause psychologique à leur cancer, comme pour donner un sens à la maladie. Une quête qui peut s’avérer culpabilisante », note le journaliste.
Pierre Bienvault rend ainsi compte de ce travail du Dr Cédric Lemogne, psychiatre à l’Hôpital européen Georges-Pompidou, selon lequel 
« il n’existe aucune association significative entre le fait d’avoir connu des symptômes dépressifs au cours de sa vie et la survenue ultérieure d’un cancer ».
Le journaliste explique que le praticien 
« s’est appuyé sur une vaste cohorte mise en place par l’unité de Marie Zins en 1989. À l’époque, 20.000 employés d’EDF-GDF ont accepté de s’engager dans un suivi sanitaire à long terme. […] Pendant 15 ans, 14.203 membres de la cohorte ont rempli, tous les 3 ans, des questionnaires visant à mettre en évidence certains symptômes dépressifs assez fréquents ». Le Dr Lemogne précise : « On a aussi recensé tous les arrêts de travail pour dépression survenus entre 1989 et 1993 ».
Pierre Bienvault remarque que 
« parmi les personnes suivies, 1.119 ont développé un cancer. C’est en croisant toutes ces données que le Dr Lemogne est arrivé à ce constat «qu’être déprimé n’expose pas un risque de cancer accru» ».
Le journaliste relève en outre que 
« cela fait des siècles que les malades cherchent à trouver des causes les plus diverses possible à leur maladie », et cite le Dr Lemogne : « C’est une manière de donner un sens à ce qui arrive. Si le cancer est lié à tel événement – une dépression, un deuil –, il ne vient donc pas rompre ma vie de manière absurde et incompréhensible. Il s’inscrit dans la continuité de ce que j’ai vécu et de mon histoire. Cela peut rassurer des gens angoissés par l’idée qu’ils n’ont aucune prise sur ce qui peut survenir dans leur existence ».
Pierre Bienvault ajoute que 
« cette quête d’une explication «psychologique» peut aussi se révéler culpabilisante », Jean-Luc Machavoine, psychologue-clinicien au centre François-Baclesse de Caen, indiquant que « certains sont persuadés qu’ils sont malades par leur faute, parce qu’ils n’ont jamais été capables de faire le deuil de tel ou tel proche ».
Le Parisien rappelle quant à lui que 
« le mois d’action contre le cancer du sein a démarré hier avec une problématique de plus en plus présente : comment retravailler après ? ». Le journal livre le témoignage d’Alexandra, 35 ans, qui déclare : « Du moment que vous revenez, tout le monde s’attend à vous retrouver performant comme avant. […] Désormais, je tairai que j’ai eu un cancer ».Et L’Humanité constate à son tour que « le dépistage du cancer du sein s’essouffle. […] Une femme sur trois ne se fait pas dépister régulièrement ».

14 10 13

« Mon enfant a mal à la tête »
Le Parisien

Le Parisien constate que « 5 à 10% des jeunes souffrent de maux de tête. Pas de panique : migraine ou douleur passagère, on peut soulager ces troubles dès lors qu’ils sont bien diagnostiqués ».
Le journal cite notamment Daniel Annequin, responsable du Centre de la migraine de l’enfant et de l’unité douleur de l’hôpital Trousseau, à Paris, qui précise : 
« Il faut distinguer la migraine, une douleur invalidante qui force à stopper toute activité, des céphalées de tension, des douleurs moins intenses qui peuvent survenir seules, ou se surajouter à la migraine ». Le spécialiste observe en outre que « chez les jeunes de 5 à 15 ans, les migraines sont diagnostiquées dans seulement 20% des cas ».
Le Parisien explique donc « 
comment distinguer les maux », évoque les « traitements » et les « méthodes douces », et souligne que « le plus important est d’aller voir rapidement le médecin pour qu’il trouve l’origine de la douleur, surtout si celle-ci est récurrente ».

21 10 13

« Travailler sans nuire à sa santé devient une priorité »
Le Figaro

C’est ce que note Le Figaro, qui rappelle dans son cahier « santé » que « la Semaine européenne pour la sécurité et la santé au travail débute ce 21 octobre ».
Damien Mascret observe ainsi que 
« la souffrance psychique d’origine sociale, singulièrement au travail, est devenue une préoccupation majeure de notre société. Certains suicides spectaculaires n’en sont que la partie émergée ».
Le journaliste ajoute que 
« les risques psychosociaux prennent des visages différents selon le métier exercé », ou encore relève que « selon une enquête réalisée en 2005 sur les conditions de travail, 1 actif sur 4 considérait qu’on lui demandait régulièrement une quantité de travail excessive ».
Damien Mascret relève que 
« le Pr Marie-Christine Favrot, adjointe du directeur général de la Direction générale de la santé (dont le poste est inexplicablement vacant depuis la rentrée !), se félicite de voir la prévention mise au cœur de la nouvelle stratégie nationale de santé présentée par Marisol Touraine ». Le Pr Favrot remarque ainsi : « En France, nous soignons très bien, mais nous n’avons pas vraiment de politique de prévention ».

« Dormir permet au cerveau de se nettoyer »
Le Monde , L’Express

Le Monde note en effet que « dormir permet au cerveau de se nettoyer des déchets accumulés pendant l’éveil du fait de l’activité neuronale. Cette découverte, publiée dans Science, pourrait faire avancer la compréhension des fonctions biologiques du sommeil et permettre de trouver des traitements contre des maladies neurologiques comme Alzheimer, estiment les [auteurs] de l’étude ».
Le journal explique que 
« pour ce travail de nettoyage, qui serait responsable de la fonction récupératrice du sommeil, le cerveau utilise un système unique appelé « glymphatique », hautement actif pendant qu’on dort, qui permet de nettoyer les toxines responsables de la maladie d’Alzheimer et d’autres pathologies neurologiques ».
Le quotidien ajoute que les auteurs 
« ont découvert que l’espace intercellulaire s’accroissait de 60% pendant le sommeil, permettant aux déchets d’être évacués plus efficacement ».
Le Monde précise que «
 les auteurs ont pu observer pour la première fois ce système de nettoyage cérébral grâce à une nouvelle technologie d’imagerie utilisée sur des souris, dont le cerveau est comparable à celui des humains. Ce mécanisme, intégré dans le système sanguin du cerveau, pompe le fluide cérébro-spinal à travers les tissus et le renvoie purifié, les déchets étant transportés par le sang jusqu’au foie, où ils sont éliminés ».
Le journal observe qu’« 
une élimination de ces toxines du cerveau est essentielle car leur accumulation, comme celle de protéines toxiques, peut provoquer la maladie d’Alzheimer. Quasiment toutes les pathologies neurodégénératives sont liées à une accumulation de déchets cellulaires, soulignent ces chercheurs ».
L’Express remarque également que «
 le sommeil répond à un besoin essentiel de notre organisme : éliminer les toxines du cerveau ». Le magazine cite le principal auteur de l’étude, le Dr Maiken Nedergaard, de la faculté de médecine de l’Université de Rochester (New York) : « Cette recherche montre que le cerveau a différents états de fonctionnement pendant les périodes de veille et de sommeil. […] En fait, la nature récupératrice du sommeil résulterait de l’élimination des déchets produits par l’activité neuronale qui s’accumulent pendant la période d’éveil ».

« Un psy recense une nouvelle maladie : le surdiagnostic »
Libération

Libération relève qu’« Allen Frances, psychiatre de renom, bien connu pour avoir façonné la psychiatrie américaine en étant le grand ordonnateur de ce que l’on appelle le DSM4, c’est-à-dire le livre de diagnostics des maladies mentales, […] retourne sa veste et dénonce la tendance à voir des psychoses partout », dans un essai qui vient de paraître (« Sommes-nous tous des malades mentaux ? », chez Odile Jacob).
Le journal remarque ainsi : 
« Lui qui avait commencé à mettre dans les cases «diagnostic» toutes les bizarreries du comportement humain met en cause ces successeurs qui se sont attelés à rédiger le DSM5, paru au printemps, en poussant encore plus loin le bouchon d’une psychiatrisation à outrance de la vie ».
Libération explique que «
 le point de départ de sa rupture se situe lors d’un cocktail à San Francisco, en 1989. Là, se retrouve tout le gratin de la psychiatrie américaine. […] Allen Frances papote, écoute ses collègues. Il a un choc, quand un de ses amis lui précise qu’il va ajouter dans le nouveau répertoire des maladies psy un syndrome : le «risque psychotique» ».
Allen Frances écrit : «
 Absurde. L’écrasante majorité des individus susceptibles de présenter ce symptôme se sont révélés avoir été mal catalogués. […] Nous n’avons à ce jour aucun moyen de prédire qui deviendra psychotique. […] De nombreuses personnes vont souffrir de dommages collatéraux en prenant des médicaments susceptibles d’entraîner obésité, diabète, maladies cardiovasculaires ».
Le journal retient que 
« l’air de rien, c’est une critique acerbe de ce surdiagnostic, de cette mode totalement folle de psychiatriser les comportements des uns et des autres, à l’image du deuil rebaptisé deuil pathologique. […] Allen Frances reste néanmoins terriblement américain et… psychiatre, en continuant à militer pour le bon et juste diagnostic », conclut Libération.

24 10 13

« Le manque de sommeil pourrait favoriser la maladie d’Alzheimer »
Le Figaro

Damien Mascret note dans Le Figaro que « le puzzle de la maladie d’Alzheimer n’est pas encore achevé mais les dernières pièces se mettent en place ».
Le journaliste relève ainsi qu’
« il y a quelques jours, une équipe de chercheurs de l’université de Rochester (États-Unis) expliquait dans Science comment le cerveau se nettoie de ses toxines lors du sommeil », et cite le Pr Bruno Dubois (Pitié-Salpêtrière), qui a récemment déclaré lors d’un colloque : « Si l’on suppose qu’il y a 3 étapes – A, B et C – dans le développement de la maladie d’Alzheimer, on peut dire que B est le dépôt de protéine bêta-amyloïde et que C représente les symptômes de la maladie. On pense que B entraîne C mais on cherche encore quel est le A qui entraîne B ».
Damien Mascret observe ainsi que 
« la cause première de la maladie reste mystérieuse. Et s’il s’agissait du manque de sommeil ? ».
Le journaliste se penche sur une étude qui vient de paraître dans 
Jama Neurology, menée par Adam Spira, professeur associé dans le département de santé mentale de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health de Baltimore (États-Unis), et qui « a porté sur 70 personnes âgées en moyenne de 76 ans et ne présentant pas de déficit cognitif ou physique ni de maladie grave ».
Le Pr Spira indique que 
« la réalisation de pet-scan du cerveau de personnes âgées demeurant à domicile montre qu’un sommeil plus court ou un sommeil de mauvaise qualité sont tous les deux associés à un plus grand dépôt de protéines bêta-amyloïdes ».
Damien Mascret souligne que 
« le problème est de savoir si ce sont les perturbations du sommeil qui favorisent les dépôts amyloïdes ou, à l’inverse, les dépôts lorsqu’ils sont importants qui viennent troubler le sommeil ? ».
Adam Spira précise qu’«
 il est possible que très tôt dans le cours de la maladie d’Alzheimer – avant même que les problèmes cognitifs ne soient apparents -, les troubles du sommeil favorisent les dépôts amyloïdes et que plus tard au cours de la progression de celle-ci, les dépôts et la perte de neurones compromettent à leur tour la capacité du cerveau à réguler les cycles veille-sommeil ».
Damien Mascret rappelle que 
« la perturbation de l’alternance veille-sommeil est fréquente dans la maladie d’Alzheimer », et note que dans cette étude, « les réveils nocturnes n’étaient pas corrélés aux dépôts amyloïdes. Mais il est possible que la définition des réveils nocturnes ait été trop floue pour permettre une analyse suffisamment fine, selon le Pr Spira ».
Le chercheur remarque qu’«
 il serait prématuré d’affirmer qu’en améliorant le sommeil des gens on réduit le dépôt de protéines bêta-amyloïdes dans le cerveau ou que l’on retarde la survenue de la maladie d’Alzheimer ».
« Cependant, les travaux de quelques équipes de recherche suggèrent au moins cette possibilité. Il en faudra davantage pour en avoir la confirmation 
», poursuit le Pr Spira.

28 10 13

« Se coucher à heure fixe favorise la santé des enfants »
Le Figaro

Le Figaro note que « si l’importance du sommeil dans le développement du cerveau ne fait scientifiquement plus de doute, la longueur des nuits n’est pas le seul critère à prendre en compte. La régularité des horaires de coucher pendant l’enfance joue aussi un rôle essentiel », selon une étude parue dans Pediatrics. Yvonne Kelly, épidémiologiste à l’University College London (Grande-Bretagne), qui a coordonné ce travail, précise ainsi que « les enfants qui s’endorment à des heures irrégulières ont plus de problèmes comportementaux dans leur vie quotidienne, par exemple une tendance à l’hyperactivité ou des difficultés émotionnelles ».
Le Figaro explique que 
« les chercheurs ont examiné les habitudes de sommeil de plus de 10.000 enfants anglais âgés de 3, 5 et 7 ans. Puis ils ont mis ces données en regard avec le comportement des bambins décrit, dans des questionnaires, par leurs mères et instituteurs ».
«
 Un lien très net est apparu entre les horaires irréguliers de coucher pendant la semaine et les troubles du comportement. Ces derniers apparaissent d’autant plus aigus que la routine du soir est perturbée », remarque le journal.
Le quotidien précise que 
« l’étude a été menée dans la population générale, auprès d’enfants ne souffrant pas de troubles cliniques spécifiques », et rappelle que « d’autres critères ont statistiquement un lien avec les troubles du comportement. Il en est ainsi, notamment, du temps passé devant la télévision et de sa présence dans la chambre ».
Le Figaro souligne que 
« le fait d’avoir des horaires irréguliers est plus courant chez les enfants de trois ans (19% sont concernés) que chez leurs aînés (moins de 10%). Il est plus fréquent dans des familles de faible niveau social. Les chercheurs ont cependant découvert que leur constat était réversible : les enfants manifestant des difficultés à 3 ou 5 ans allaient beaucoup mieux deux ans plus tard si leur rythme de coucher était devenu plus constant ».
Le Dr Marie-Françoise Vecchierini, neuropsychiatre à l’Hôtel-Dieu (Paris), réagit : 
« On peut penser que l’irrégularité perturbe les rythmes biologiques, qui ont un rôle dans le développement du cerveau, et induit en outre une privation de sommeil ».
Le quotidien conclut que «
 pour les chercheurs, ces travaux ouvrent «des perspectives de santé publique». La question devrait, selon eux, être systématiquement abordée par les pédiatres lors des examens de routine ».

31 10 13

« Alzheimer : onze nouveaux gènes »
Le Nouvel Observateur

Le magazine souligne qu’« en trois ans à peine, les chercheurs ont réussi à identifier plus de gènes impliqués dans la maladie qu’au cours des vingt dernières années, depuis la découverte du premier en 1995 » et révèle qu’une récente étude en dénombre onze.
Il précise que « 
l’analyse, qui a réuni une centaine de chercheurs est une des plus grandes jamais menée comparant 17 000 malades et 37 000 témoins ». « Un pas de plus pour mieux cerner le profil génétique des personnes à risque et concevoir de nouveaux médicaments », se réjouit le magazine. 

Revue de presse santé psy – septembre 2013

02 09 13

« Dyslexie : un mal de mieux en mieux cerné »
Les Echos

C’est ce que titre Les Echos, qui remarque sur sa page « sciences » que « la dyslexie toucherait 5% des enfants, estiment les spécialistes. L’imagerie cérébrale permet d’en savoir plus sur cette maladie… qui reste difficile à diagnostiquer ».
Le journal observe que 
« depuis que le progrès technique nous a rendu notre propre cerveau transparent comme du cristal, nous en apprenons tous les jours davantage sur les bases neuronales de la lecture et de ses troubles. En 2010, le neuro-scientifique Stanislas Dehaene, directeur de l’unité Inserm-CEA de Neuro-imagerie cognitive, a publié dans « Science » un article phare dans lequel était comparée l’activité cérébrale d’adultes analphabètes avec celle de personnes alphabétisées ».
L’auteur indique que «
 l’apprentissage de la lecture opère des changements massifs dans trois régions de l’hémisphère gauche ». Les Echos explique que « la première de ces régions est située dans le gyrus filiforme, une partie du cortex visuel où s’opère la reconnaissance visuelle des lettres et donc des mots ; c’est la porte d’entrée par laquelle l’information contenue dans un texte pénètre dans le cerveau du lecteur. La deuxième se trouve dans le planum temporal, une partie du cortex auditif dont le rôle est de traduire la forme visuelle des lettres (les graphèmes) dans leur forme sonore (les phonèmes). La troisième zone modifiée par l’apprentissage de la lecture, c’est tout simplement celle qui s’étend entre les deux précédentes et les relie l’une à l’autre ».
Stanislas Dehaene précise ainsi que 
« quantité d’études d’imagerie cérébrale réalisées au cours des dernières années montrent chez les sujets dyslexiques des anomalies au niveau de la densité en matière grise de ces trois zones ».
Les Echos ajoute que 
« les chercheurs savent désormais avec certitude que 4 gènes distincts sont impliqués, ce qui explique qu’une majorité de dyslexiques aient des antécédents familiaux. Et ils soupçonnent que ces anomalies se produisent lors du processus dit de «migration des neurones», qui voit les neurones se formant près des ventricules (c’est-à-dire au centre du cortex) remonter par vagues successives vers les régions supérieures, où ils deviendront opérationnels. Soit durant le troisième trimestre de grossesse ».
Le journal note en outre que la dyslexie 
« n’est souvent diagnostiquée qu’à l’âge de 8 ou 9 ans, lorsque l’enfant est en CE2 : une conséquence directe du critère formel retenu pour poser le diagnostic (un retard de 18 mois de l’âge de lecture). A ce stade, les processus déficitaires à la base de la lecture, tels que la reconnaissance des lettres, sont plus difficiles à corriger. Un temps perdu d’autant plus préjudiciable que la dyslexie est essentiellement un cercle vicieux. […] Il est donc nécessaire de repérer les enfants à risque dès le plus jeune âge ».

05 09 13

« L’amnésie totale, un mal mystérieux »
Le Figaro

C’est ce que titre Le Figaro, qui observe qu’il y a quelques jours, « un appel à témoin a été lancé avec succès pour identifier une jeune fille ne se souvenant plus de son identité. Une pathologie que les experts peinent à expliquer et à soigner ».
Le journal souligne que 
« l’amnésie d’identité, qui implique l’oubli de l’ensemble des souvenirs personnels, y compris le nom, la famille, la profession, est très différente des autres troubles de la mémoire ». Le Pr Francis Eustache, directeur d’une unité de recherche Inserm à Caen spécialisée dans les maladies de la mémoire, précise : « Même les malades atteints d’Alzheimer à un stade avancé savent encore qui ils sont, quel métier ils ont exercé. La perte d’une information aussi fondamentale que son nom est très frappante, car cela compte parmi les souvenirs les plus anciens, ordinairement préservés car consolidés de longue date dans le cerveau ».
Le Figaro ajoute que 
« malgré les recherches menées sur le sujet, le mystère persiste autour des mécanismes de cette pathologie ». Le Pr Bruno Dubois, directeur de l’Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer à la Pitié-Salpêtrière (Paris), indique ainsi que « nos connaissances actuelles du système nerveux ne nous permettent pas d’expliquer ce genre de cas. Seuls des dommages cérébraux très étendus causeraient la perte d’une donnée aussi essentielle que la notion de soi. Mais les personnes ayant oublié leur identité n’ont pas ce profil ». 
Le quotidien note que 
« l’imagerie médicale a permis de mettre en avant chez ce type de patients des dysfonctionnements du cerveau, sans lésion visible. Parfois, le choc crânien précède l’amnésie de plusieurs mois. Il arrive que les malades aient aussi connu des difficultés psychologiques, mais ce n’est pas systématique. Les spécialistes parlent donc de trouble fonctionnel, voire psychogène lorsque l’origine du syndrome est en partie d’origine psychologique ».
Le journal précise enfin que 
« l’amnésie d’identité est le plus souvent transitoire. […] Les malades peuvent réapprendre qui ils sont, qui sont les membres de leur famille… Encore faut-il que le personnel soignant dispose de ces informations, ces malades étant souvent découverts dans des lieux de passage (gare, rue, aéroport) dans un état de grande confusion ».

« Et voilà le cerveau in vitro »
Le Parisien

Le Parisien fait savoir qu’« une équipe de chercheurs autrichiens et anglais de l’Institut de biologie moléculaire à l’Académie des sciences de Vienne a réussi à créer un mini-cerveau en laboratoire »,selon une étude parue dans Nature.
Le journal parle d’une 
« première historique dans le domaine de la recherche médicale : contrairement aux tentatives précédentes, ce cerveau embryonnaire est fonctionnel et réagit aux stimulations ».
Le Parisien indique que 
« créé à partir de cellules souches prélevées sur la peau de l’homme, cet organoïde cérébral humain ne dé passe pas 4 mm. Les scientifiques ont précisé que sa taille ne sera pas augmentée parce qu’un cerveau plus grand nécessite des vaisseaux sanguins pour être viable. Ce qui est techniquement impossible à réaliser pour l’heure. En plus d’être interdit pour des raisons éthiques ».
Le quotidien explique notamment que 
« cette prouesse scientifique permettra d’étudier les maladies humaines de façon bien plus fine qu’en travaillant sur le cerveau des souris. […] Elle permettra d’étudier les désordres qui frappent l’esprit, tels que la schizophrénie, l’autisme, mais aussi les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson ». 

« Un observatoire contre le suicide »
Le Journal du Dimanche

Le Journal du Dimanche fait savoir que « Marisol Touraine annoncera mardi la création d’un Observatoire national du risque suicidaire. Il était temps. La France connaît un taux de décès par suicide particulièrement élevé – 14,7 pour 100.000 habitants, comparable à celui de la Pologne ou de la Croatie », remarque le journal, contre 5,4 pour l’Italie ou 6,6 pour la Grande-Bretagne.
L’hebdomadaire relaie un sondage effectué pour Technologia, cabinet d’experts en prévention des risques liés au travail, selon lequel 
« pour 87% des personnes interrogées, les pouvoirs publics n’ont pas pris la mesure de la situation. […] Plus des deux tiers des Français actifs (69%) ont le sentiment que la crise est directement responsable du taux de suicide actuel ».
Le Journal du Dimanche continue : 
« Près d’un Français en activité sur trois (30%) admet avoir déjà songé au suicide. Si le travail est protecteur – le risque suicidaire est 2 fois plus élevé chez les personnes en situation de précarité ou au chômage -, il peut aussi devenir un facteur précipitant, particulièrement en cas de burn-out, […] en cas de mobilités professionnelles mal préparées ; ou encore à l’occasion de restructurations multiples ».
Jean-Claude Delgenes, directeur général de Technologia, déclare notamment qu’« 
il faudrait que la prévention du suicide devienne une cause nationale au même titre que la sécurité routière ».

« Les pertes de mémoire liées à l’âge seraient réversibles »
Le Figaro

Le Figaro note qu’« une étude publiée dans Science Translational Medicine apporte une preuve que les pertes de mémoire liées à l’âge et à la maladie d’Alzheimer ont deux causes distinctes. Si la démence résulte d’une destruction de cellules nerveuses dans une partie localisée du cerveau (le cortex entorhinal), les pertes de mémoire liées au vieillissement seraient une conséquence du déclin d’une protéine dans la région de l’hippocampe – la zone cérébrale en charge de la mémoire ».
« 
Cela impliquerait que les pertes de mémoire liées à l’âge seraient réversibles, même si parler d’un médicament contre la perte de mémoire serait encore prématuré », observe le quotidien.
Le Figaro se penche sur ces travaux autour de la protéine « RbAp48 » et livre la réaction du Dr Serge Laroche, directeur du centre de neurosciences de l’université Paris-Sud : «
 Ces expériences montrent qu’en modifiant l’expression du gène, il est possible de restaurer les performances de mémoire chez les souris âgées. Le problème, c’est la complexité des mécanismes moléculaires de la mémoire et des niveaux de déficience, qui peuvent varier d’un individu à l’autre ».
Le journal rappelle que 
« ce n’est pas la première fois qu’une équipe de chercheurs identifie une protéine qui, lorsqu’elle est présente en plus grande quantité, réduit les troubles de la mémoire ».Le Dr Laroche note pour sa part qu’« il serait plus facile de trouver un remède pour les protéines qui circulent dans le sang que d’intervenir au niveau génétique ».
Le Figaro explique en effet que 
« pour trouver un remède basé sur la protéine cérébrale RbAp48, il faudrait trouver un moyen de l’activer directement dans le cerveau ou de modifier ses mécanismes de synthèse ». Régis Bordet, neurologue et professeur de pharmacologie médicale à l’Université Lille 2, remarque qu’« agir sur la génétique est un leurre, et nous n’avons pas de méthode pour activer ou inhiber un gène chez l’homme sans provoquer d’effets indésirables ».
Le quotidien observe ainsi que les auteurs de l’étude 
« prévoient d’explorer plusieurs pistes pour favoriser la production RbAp48, comme l’impact du régime alimentaire, de l’activité physique et de la pratique d’exercices cognitifs ».

10 09 13

« Chez SOS Amitié, on libère la parole contre le suicide »
Le Parisien , La Croix , L’Humanité

C’est ce que titre Le Parisien. Le journal publie un reportage au sein de l’association, qui « a ouvert ses portes à l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide. A l’écoute des personnes en détresse depuis 1961, elle utilise aussi le Net pour dialoguer avec elles ».
Le quotidien indique en effet que 
« selon le rapport de l’observatoire SOS Amitié des souffrances psychiques, les appelants évoquent le suicide davantage sur Internet que par téléphone ». Le Parisien explique que « la plupart racontent leurs souffrances psychiques, mais aussi leur solitude. Alors, quand un internaute tape des mots de détresse sur Google, les coordonnées de SOS Amitié apparaissent en première position, grâce à un accord passé entre les deux au début de cette année ».
Le journal rappelle en outre que 
« la France est l’un des pays européens les plus touchés avec 10.334 décès par suicide en 2010, soit 2% de la mortalité générale selon l’Insee ». Le psychiatre Michel Debout déclare ainsi qu’« il ne faut plus attendre que ceux qui vont mal appellent, mais aller vers eux. Et cela passe par la connaissance des populations isolées pour les convaincre de se faire aider ».
Le Parisien note que 
« la création d’un Observatoire national du risque suicidaire, annoncée aujourd’hui par Marisol Touraine, est «une étape essentielle», estime le Pr debout ».
La Croix constate également qu’«
 à l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, Marisol Touraine doit installer aujourd’hui une nouvelle structure, visant à «mieux repérer et mieux alerter» ».
Le journal explique : 
« Chargée de rédiger un rapport annuel, cette structure devra d’abord fournir des données épidémiologiques précises. Aujourd’hui, on dispose de certaines données brutes. […] L’idée est d’aller plus loin en menant des études cliniques et sociologiques pour mieux identifier certains facteurs de risque ».
L’Humanité note aussi qu’«
 alors que le nombre de suicides est élevé en France, un observatoire national est lancé ». Le quotidien relève à son tour qu’« un actif sur trois a pensé au suicide », selon une étude du cabinet de prévention des risques professionnels Technologia.

« Le nombre de malades d’Alzheimer en forte hausse »
Les Echos

Vincent Collen observe en effet dans Les Echos que « la progression est impressionnante. En 3 ans seulement, le nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et d’autres démences a progressé de près de 14%. Ils étaient près de 320.000 en 2010 », selon l’Institut de veille sanitaire.
Le journaliste explique qu’«
 il s’agit très majoritairement (à 73%) de femmes. Environ 2% des personnes âgées de 75 à 79 ans sont atteintes. La proportion grimpe à près de 6% pour les femmes entre 80 et 84 ans, et dépasse 12% au-delà de 90 ans. La prévalence est moins forte pour les hommes (moins de 6% entre 85 et 89 ans) ».
L’InVS souligne qu’« 
une grande partie de cette augmentation est imputable au vieillissement de la population ». Vincent Collen précise en outre que « la fréquence de la maladie n’a pas beaucoup augmenté sur la période. Corrigée de l’impact du vieillissement de la population, la prévalence est passée de 2.481 cas pour 100.000 personnes de plus de 65 ans en 2007 à 2.602 cas en 2010. C’est dû en particulier aux progrès du dépistage et du diagnostic ».
L’association France Alzheimer remarque que « 
le grand public et les professionnels de santé ont été mieux sensibilisés à la pathologie depuis le lancement du premier plan Alzheimer en 2008 ». L’InVS observe toutefois que « dans plusieurs pays, dont la France, on estime que seulement 50% des patients avec une maladie d’Alzheimer ou une autre démence sont repérés par le système de santé ».
Vincent Collen indique par ailleurs que «
 ces malades sont plus souvent hospitalisés. Près de 230.000 d’entre eux ont fait un séjour à l’hôpital en 2010, pour des raisons qui ne sont pas toujours directement liées à la démence – il s’agit de personnes âgées qui souffrent aussi souvent de maladies cardiovasculaires, respiratoires, ou qui ont subi un traumatisme à la suite d’une chute ».Le journaliste relève que « les hospitalisations enregistrées ont progressé de 24% en 3 ans, mais c’est surtout dû au fait que les professionnels de santé dans les hôpitaux déclarent plus souvent que les malades sont atteints de ces pathologies ».
Vincent Collen rappelle enfin qu’«
 Alzheimer et les autres démences sont devenues la quatrième cause de décès après les tumeurs, les pathologies cardiovasculaires et les accidents, selon l’Inserm ».

13 09 13

« Les pensées positives sont bonnes pour la santé »
Le Figaro

Le Figaro rend compte d’une étude qui vient de paraître dans Circulation, selon laquelle « la réduction de mortalité liée à un bon moral viendrait d’une activité physique accrue chez les gens heureux ». Damien Mascret explique ainsi que « les auteurs ont fait remplir en 2005 un questionnaire sur leur humeur à 607 patients qui transitaient à l’hôpital de Holbaek, au Danemark, en raison d’une maladie cardio-vasculaire ».
« 
Cinq ans plus tard, il y avait une réduction de la mortalité de 42% dans le groupe de ceux qui affichaient le meilleur moral au départ. En valeur absolue, on comptait 10% de décès dans ce groupe contre 16,5% dans l’autre », note le journaliste.
Damien Mascret précise ce qu’est «
 avoir bon moral : un cocktail de pensées positives telles que la joie, l’enthousiasme, le bonheur, la satisfaction et, plus largement, le fait de ressentir des émotions agréables », et s’interroge : « Avoir le moral donne-t-il envie de faire du sport ou bien est-ce l’activité physique qui améliore le moral ? ».
Les auteurs de ce travail précisent que 
« tirer des conclusions sur la direction de la relation est prématuré à ce stade, mais la conclusion la plus probable est que ça marche dans les deux sens ».
Le journaliste relève en outre que l’étude 
« n’est pas focalisée sur des critères subjectifs comme le bien-être ou les symptômes mais sur un critère indiscutable, la survie. Là aussi, les résultats semblent converger ». Damien Mascret cite ainsi les Prs Chida et Steptoe, spécialistes du groupe de psychobiologie de l’university College de Londres, qui ont écrit dans Psychosomatic Medicine : « Le bien-être psychologique a un effet favorable sur la survie des personnes malades comme sur celle des personnes en bonne santé ».
Le journaliste continue : « 
Avoir un bon moral prédispose à avoir un comportement lui aussi plus «positif» en terme de santé. Les études montrent que cette disposition d’esprit s’accompagne de comportements plus vertueux : un meilleur sommeil, moins de tabac et d’alcool et… plus d’activité physique. Néanmoins, l’effet bénéfique du moral persiste après que l’on a statistiquement «éliminé» l’impact de ces comportements ».

16 09 13

« Face au cancer d’un parent, donner la parole aux enfants »
La Croix

C’est ce que titre La Croix, qui note sur une page que « la Ligue contre le cancer et le CHU de Tours ont mis sur pied un groupe de parole pour aider les enfants à mettre des mots sur la maladie de leurs parents ».
Le journal explique ainsi que 
« la Ligue contre le cancer, le réseau Oncologie d’Indre-et-Loire et le CHRU de Tours ont décidé, il y a 2 ans, d’aider ces familles déstabilisées en mettant en place « Questions d’enfants », qui réunit des enfants et leurs familles pour deux sessions espacées de 6 semaines. L’équipe fait en sorte de renouer les fils de la communication entre parents et enfants ». 
La Croix livre le témoignage d’une famille qui a participé à ce groupe de parole, relevant que 
« ces mots ont apparemment contribué à libérer [un des enfants de la famille] de ce poids lourd à porter. Aujourd’hui, Elie mène sa vie comme n’importe quel autre adolescent, tout en veillant au bien-être de sa maman ». 

19 09 13

« Des jardins thérapeutiques pour aider les malades d’Alzheimer »
La Croix

La Croix observe que « ces dernières années, plusieurs hôpitaux ou maisons de retraite ont aménagé des jardins spécialement conçus pour les malades d’Alzheimer ».
« Ces espaces de verdure permettent de stimuler certaines fonctions cognitives. Ils sont aussi des lieux de rencontre et de vie, en dehors des murs hospitaliers 
», constate le quotidien.
La Croix publie un reportage au service gériatrique du CHU de Nancy, où 
« un jardin «Art, mémoire et vie» est ouvert aux patients atteints de la maladie d’Alzheimer. […] L’aménagement de ce jardin «thérapeutique» a fait l’objet d’une longue réflexion de toute l’équipe soignante. Une attention particulière a été portée aux couleurs des fleurs, à la forme des allées, à l’éclairage, aux parfums, aux senteurs des plantations, aux sons des fontaines ».
Le journal précise que 
« l’objectif n’est pas de guérir mais de stimuler les fonctions cognitives des personnes et d’apaiser certains troubles du comportement », et note que « ces dernières années, plusieurs hôpitaux ou maisons de retraite ont mis en place ce type de jardins. À l’origine de ces initiatives, il y a souvent le même constat : aujourd’hui, les médicaments anti-Alzheimer n’ont qu’une efficacité très modeste. Et de plus en plus d’équipes soignantes jugent nécessaire de proposer des approches «non médicamenteuses» reposant notamment sur des activités artistiques, musicales ou sur ces jardins ».

20 09 13

« Un plan timoré de lutte contre les addictions »
Le Monde , Le Figaro

Le Monde observe que « le gouvernement a présenté [hier] son plan de lutte contre la drogue et les conduites addictives. Il propose une meilleure prévention, mais ne revient pas sur la forte répression en place ».
Le journal explique ainsi que «
 l’accent est mis sur une prévention plus efficace, avec notamment un repérage plus précoce des consommateurs de cannabis, de tabac et d’alcool, avant leur arrivée dans le bureau d’un addictologue ». « Autre apport : la mise en avant du concept d' »aller vers » les usagers de drogue, dans tous les milieux (scolaire, professionnel, festif, Internet…). Un souci d’efficacité, avec priorité aux jeunes, aux femmes et aux précaires, mais pas de révolution », note le quotidien.
Le Monde remarque ainsi que 
« le manque de moyens à dégager y est sans doute pour beaucoup. Mais le contexte politique joue aussi. Pas de grand jeu sur les taxes comportementales, pour limiter l’accès aux substances et contrecarrer le marketing des fabricants d’alcool. […] Pas de nouvelles taxes dans le budget de la Sécurité sociale, a promis l’exécutif ».
Le journal observe en outre que
 « l’heure n’est pas non plus à s’engager dans le débat sur l’évolution de la loi de 1970, qui pénalise l’usage des stupéfiants, cannabis compris. […] Un appel à davantage d’audace avait pourtant été porté, notamment par un rapport préparatoire au plan commandé à l’addictologue Michel Reynaud. Il avait préconisé une législation identique pour les délits (accidents de la route…), liés à la consommation de tout type de drogue, estimant que « l’ancienne division licite-illicite est une prime donnée à l’alcool » ».
Le Monde continue : 
« Il restera de ce plan une volonté de pousser la formation (des généralistes) et la recherche (sur l’entrée dans l’addiction ou l’intérêt de la cigarette électronique pour le sevrage tabagique), [ainsi qu’]une mesure phare, déjà annoncée, l’expérimentation des salles de consommation à moindre risque ».
Le Figaro retient pour sa part que 
« le gouvernement s’attaque aux addictions ». Le journal rappelle entre autres qu’« en 2011, 41,5% des jeunes de 17 ans avaient déjà expérimenté le cannabis, et 6,5% en étaient des consommateurs réguliers, selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanies. Les chiffres ne sont pas plus rassurants pour les autres formes d’addictions, le tabac et l’alcool, qui comptent respectivement 31,5% et 10,5% de consommateurs réguliers parmi les adolescents ».
Le quotidien observe que « 
l’une des priorités [de ce plan de lutte contre les addictions] est le cannabis, dont la consommation s’est stabilisée à un niveau trop élevé : 1,2 million d’usagers en France, le chiffre le plus haut en Europe pour les 15-16 ans ».
«
 Outre les drogues, la Mission interministérielle se préoccupe de deux addictions plus courantes, l’alcool et le tabac. […] Le tabac et l’alcool seraient responsables chaque année de 73.000 et 49.000 décès. Le gouvernement doit opter pour une modification du code du travail visant à limiter la consommation d’alcool dans l’environnement professionnel », relève Le Figaro.
Le journal note qu’« 
une mesure spécifique sera aussi mise en place pour les plus jeunes, sous la forme d’un questionnaire distribué à l’école, destiné à repérer très tôt les conduites à risques. L’éventualité de campus universitaires entièrement non-fumeurs devrait être évoquée ».

Revue de presse santé psy – juillet 2013

01 07 13

« Les autistes peuvent apprendre, ma fille en est la preuve »
Le Parisien 

Le Parisien constate que « le nouveau plan autisme prône une prise en charge précoce et pluridisciplinaire », et publie le témoignage de Françoise Telliet, dont la fille, Marjolaine, 30 ans, « est l’une des 12 pensionnaires de Saint-Jean-de-Malte [à Rochefort, en Charente-Maritime], une maison d’accueil spécialisée dont les méthodes de prise en charge ont convaincu sa maman ».

Françoise déclare notamment : « Nous avons eu une chance. C’est que notre fille a été diagnostiquée très tôt. Cela nous a permis de nous mettre en ordre de bataille. […] Nous avons fait notre chemin, suivi différentes méthodes, souvent inspirées du psychologue suisse Eric Willaye. […] Nous avons eu aussi la chance, aussi, de ne pas avoir à pâtir de cette guerre de spécialistes. […] Ici, ce qui compte, c’est de valoriser les rôles sociaux de chacun ».

Le Parisien explique que « concrètement, c’est faire de chaque moment de la vie courante en communauté […] l’occasion de progresser. Cela passe, tous les lundis matins, par l’atelier linge. […] La cuisine, les courses, les ateliers équitation ou d’arts plastiques participent toujours de la «thérapie» ».

08 07 13

« Rien ne vaut une bonne nuit de sommeil pour protéger son cœur »
Le Figaro 

Le Figaro indique que « des chercheurs hollandais se sont intéressés à quelque 15.000 hommes et femmes en 1993 et les ont suivis pendant des années, après les avoir interrogés sur leurs modes de vie (consommation d’alcool, sport, nutrition, sommeil…). Ils ont examiné au fil du temps comment évoluait leur santé en fonction de leur mode de vie ».

Le journal observe que « comme prévu, l’adhésion aux quatre facteurs de prévention [alimentation saine, exercice régulier, pas de tabac, consommation modérée d’alcool contribuait à réduire nettement le risque cardiaque par rapport au fait de n’en respecter aucun ». Le Figaro souligne ainsi que « les volontaires ayant adopté ces quatre facteurs avaient 57% de risque en moins d’accident cardio-vasculaire, et 67% de risque en moins d’en mourir. Mais lorsque les chercheurs se sont intéressés à la qualité et à la quantité de sommeil, ils ont eu la surprise de découvrir un impact important sur le risque cardiaque ».

Le quotidien explique que « les personnes qui, outre le respect des quatre facteurs protecteurs, ont en plus régulièrement un sommeil suffisant (entre 7 et 8 heures par nuit), bénéficient d’un risque réduit de 83% de mourir d’une attaque cardiaque ou cérébrale ». Le Figaro rappelle que selon d’autres études, « il a été démontré que de courtes durées de sommeil étaient associées au surpoids, à l’obésité et l’hypertension, facteurs de risque cardiaque ».

Le journal précise enfin que « pour le Dr Monique Verschuren, principal auteur de l’étude [parue dans l’European Journal of Preventive Cardiology], 7 heures par nuit est suffisant pour la majorité des individus ».

09 07 13

« Le risque d’autisme légèrement accru dans certaines FIV »
Le Figaro 

C’est ce qu’annonce Le Figaro, qui rend compte d’une étude suédoise publiée dans le Jama. Le journal explique ainsi : « Ayant suivi près de 2,5 millions d’enfants nés entre 1982 et 2007, les chercheurs révèlent que le risque d’autisme et de retard mental est légèrement accru chez les enfants nés grâce à certains procédés de fécondation in vitro ».  

« Il en est ainsi de l’ICSI (injection intracytoplasmique de sperme), une technique qui vise à traiter l’infertilité masculine en injectant directement en laboratoire le spermatozoïde dans l’ovule. […] D’après les chercheurs, les enfants nés après une ICSI ont un risque de présenter un autisme de 0,136%, contre 0,029% pour les enfants conçus naturellement », relève Le Figaro.

Sven Sandin, coauteur de ce travail, indique que « lorsqu’on examine les traitements dans leur ensemble, on ne constate pas d’augmentation du risque d’autisme. Par contre, lorsqu’on distingue les techniques, on voit que le recours à l’ICSI augmente à la fois le retard mental et l’autisme ». Le Pr Jean-Pierre Siffroi, généticien à l’hôpital Armand-Trousseau et spécialiste de la procréation médicalement assistée, précise toutefois que « même si l’augmentation est significative, le risque reste infime en valeur absolue ».

Le Figaro note en outre que « les scientifiques s’avouent incapables d’expliquer le mécanisme », le Pr Siffroi remarquant qu’« il n’est pas exclu que la manipulation des gamètes et des embryons dans des conditions artificielles perturbe le processus épigénétique, causant certaines pathologies ».  

« Selon les chercheurs, ce léger surrisque peut, au moins en partie, être attribué aux naissances multiples et prématurées, qui sont plus fréquentes en cas de FIV, et non à la technique en elle-même », conclut le journal.

 

12 07 13

« L’activité sexuelle régulière serait un élixir de jouvence »
Le Figaro 

Damien Mascret indique dans Le Figaro que « 3 rapports sexuels par semaine donneraient l’apparence d’avoir entre 7 et 12 ans de moins. C’est la conclusion du Pr David Weeks, neuropsychologue de l’Hôpital Royal d’Édimbourg (Ecosse), qui avec son équipe a mené une longue enquête originale pendant 10 ans auprès de 3.500 hommes et femmes d’Amérique et d’Europe », selon des travaux présentés devant la British Psychological Society.

Le journaliste explique que les « participants avaient tous une particularité : ils avaient l’air plus jeune que leur âge. Weeks les appelle «les superjeunes». Leur âge s’échelonnait entre 20 et 104 ans mais la majorité avait autour de 50 ans. Un panel de 6 juges cachés derrière une glace sans tain lors des entretiens devait chaque fois estimer leur âge ».

« En les interrogeant sur de nombreux éléments de leur vie intime, Weeks et ses collègues ont remarqué plusieurs caractéristiques plus souvent présentes chez ces superjeunes par rapport à des personnes d’âge équivalent », note Damien Mascret. Le journaliste précise que « le meilleur moyen d’avoir l’air plus jeune, et peut-être même de l’être d’un point de vue physiologique, est de faire du sport. En second, et c’est plus surprenant, venait donc l’activité sexuelle régulière. Des rapports 3 fois par semaine accordent 7 à 12 ans de rajeunissement apparent. Mais plus de 3 fois n’apportent pas de bénéfice supplémentaire ».

« En réalité, les bénéfices de la sexualité vont bien au-delà de la seule apparence ou du plaisir physique et émotionnel », poursuit Damien Mascret, qui rappelle qu’« une étude publiée en 2004 dans le réputé Journal of The American Medical Association avait montré l’effet bénéfique de l’activité sexuelle intensive sur la prostate. L’étude avait été menée par les National Institute of Health entre 1992 et 2000 en suivant près de 30.000 hommes entre 46 et 81 ans. Ceux qui éjaculaient plus de 20 fois par mois avaient un risque de cancer de la prostate réduit d’un tiers par rapport à ceux qui le faisait moins de 8 fois par mois », indique le journaliste.

Damien Mascret ajoute que « pour les femmes, l’hypothèse d’une diminution du risque de cancer du sein sous l’effet de la libération d’ocytocine a été émise dès 1995 par le Pr Murrel à l’université d’Adélaïde (Australie). L’hormone est libérée pendant la lactation mais aussi lorsque l’on stimule les mamelons pendant la phase lutéale du cycle menstruel (période d’environ 2 semaines qui précède les règles, NDLR) et enfin lors de l’orgasme ».

« Côté cœur, l’activité sexuelle augmente certes, un peu, le risque d’accident cardiaque mais d’une part ce risque reste tout de même très faible et, d’autre part, ce n’est plus vrai pour les sportifs », continue le journaliste.

 

15 07 13

« Trouble bipolaire : diagnostic et prise en charge à améliorer »
Le Figaro 

Le Figaro constate que « dans une étude récente sur 500 patients souffrant de troubles bipolaires, les psychiatres du CHU Henri-Mondor-Albert Chenevier (Créteil) montrent que le délai moyen entre le premier épisode majeur de la maladie et la prescription d’un traitement adapté approche 10 ans ». Les auteurs de l’étude notent ainsi que « le diagnostic correct, surtout pour les troubles bipolaires de type 2, et l’instauration du traitement recommandé sont retardés par l’attention insuffisante portée à la diversité des premiers symptômes, par l’absence d’évaluation adéquate et par un suivi insuffisant des recommandations de prise en charge ».

Le Figaro relève que les troubles bipolaires « frappent pourtant 1 à 2% de la population. Succession d’épisodes dépressifs et d’exaltation entrecoupés de périodes calmes, ce trouble aux allures de montagnes russes psychiques est parfois difficile à repérer. La composante dépressive prédomine chez deux tiers des patients, mais sa composante maniaque, indispensable pour poser le diagnostic, est plus ou moins intense selon les sujets ».

Le journal précise que « cette composante maniaque peut aussi être atténuée, s’exprimer seulement par une période de surexcitation psychique et de suractivité, qui peut passer inaperçue mais témoigne de l’instabilité de l’humeur. Cet épisode maniaque de moindre ampleur caractérise le trouble bipolaire de type 2 ».

Le Pr Pierre-Michel Llorca, psychiatre au CHU de Clermont-Ferrand, observe qu’« en l’absence d’accès maniaque avéré, le médecin peut conclure à une succession d’épisodes dépressifs, à un diagnostic erroné de dépression récurrente et à une prise en charge inadéquate ». Le Pr Philippe Courtet, psychiatre au CHU de Montpellier, remarque quant à lui que « près de la moitié des patients déprimés vus par les psychiatres ont en réalité des troubles bipolaires ».

Le Figaro explique notamment que « les troubles bipolaires sont souvent associés à d’autres troubles psychiatriques, surtout à des troubles anxieux paroxystiques, les attaques de panique. La moitié des patients bipolaires présente au cours de leur vie une addiction, alcool ou cannabis surtout, qui aggrave leur état. Ils ont aussi 2 à 3 fois plus de maladies cardio-vasculaires. Plus le diagnostic et le traitement sont différés, plus le trouble bipolaire s’aggrave et s’enrichit de ces pathologies associées ». Le Pr Chantal Henry (CHU Henri-Mondor-Albert Chenevier, Créteil) précise que « globalement, l’espérance de vie des patients bipolaires est réduite de 10 ans, en partie à cause du risque suicidaire : 15 à 20% des patients bipolaires non traités se suicident ».

Le quotidien conclut qu’« un trouble bipolaire diagnostiqué et bien pris en charge permet une vie professionnelle et familiale normales, même s’il reste vulnérable ». 

 

17 07 13

« Alzheimer : la retraite tardive protège »
Le Figaro 

Martine Perez indique dans Le Figaro qu’« une enquête française présentée lors de la Conférence internationale de l’Association Alzheimer à Boston (États-Unis) pourrait remettre en cause notre perception souvent négative du travail ». La journaliste explique que « l’analyse menée par l’Inserm, à l’initiative du Centre international sur la longévité (CIL), révèle que chaque année de travail en plus, après 60 ans, réduit de 3% le risque de souffrir un jour de la maladie d’Alzheimer ».  

« L’enquête porte sur 429.000 personnes cotisant au RSI, une caisse qui gère à la fois les assurances-maladie et vieillesse des indépendants. Ce qui a permis aux chercheurs d’avoir accès à des données concernant à la fois l’âge au moment du départ à la retraite, mais aussi l’état de santé et en particulier l’existence ou non d’une maladie d’Alzheimer », précise Martine Perez.

La journaliste ajoute que « l’analyse a porté sur l’année 2010, pour un groupe de personnes retraitées depuis 12 ans en moyenne. Il s’agissait de comparer le risque de souffrir d’une démence en fonction de l’âge au moment de la retraite ».  

Le Pr François Forette, président du CIL-France, remarque : « Quand on repousse l’âge de départ de 60 à 65 ans, on réduit de 15% le risque de souffrir d’une maladie d’Alzheimer. […] Et si l’on va au-delà de 65 ans, la baisse du risque continue ».  

Martine Perez souligne que « ce travail qui devrait être publié en détail dans une revue scientifique ouvre de nouvelles perspectives dans la lutte contre cette maladie ». Son auteur, Carole Dufouil (Inserm), note ainsi que « nos données montrent avec de fortes preuves une baisse du risque de démence avec un âge tardif de retraite ».  

De son côté, Dean Hartley, directeur des initiatives scientifiques pour l’Association Alzheimer, remarque : « Cette étude prolonge une croyance bien établie parmi les professionnels de santé selon laquelle l’activité physique et intellectuelle aide à réduire la détérioration mentale chez les personnes âgées. Il faut que nous identifions maintenant aussi ce qui change dans le cerveau, au moment de la retraite ».

 

18 07 13

« Les études, c’est la santé ! »
Le Monde 

Le Monde observe que « l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) [a] établi que globalement, dans les 24 pays qu’elle scrute pour son enquête « Regards sur l’éducation », les diplômés de l’enseignement supérieur sont 2 fois moins souvent obèses que ceux sans diplômes ».

Le journal explique en effet que « 19% des adultes des pays de l’OCDE sont obèses au sens médical du terme. Leur indice de masse corporelle est supérieur à 30. […] Or, le taux de vrais gros varie de 25%, chez ceux qui n’ont pas décroché de diplôme du secondaire, à 13% parmi les populations qui ont au moins une licence ».

Le Monde relève qu’« il faut évidemment nuancer. Même si le diplôme protège du gras dans tous les pays, il y a des zones géographiques où cette protection est plus efficace qu’ailleurs ». Le quotidien indique notamment qu’« en France, pays qui a le culte du parchemin, de la grande école et des concours, cela marche pas mal. Un homme non diplômé du secondaire a 16% de risques de devenir obèse. S’il est bachelier, ce taux tombe à 11,9%. S’il a une licence, il ne s’empâtera que dans 6,8% des cas ». Le Monde précise que « dans tous les pays étudiés par l’OCDE, la gent féminine est plus réceptive à l’effet antibourrelets des études. La différence de risque de devenir obèse est de 16 points chez les femmes, contre 7 chez les hommes ».

Le journal souligne en outre que « l’OCDE a neutralisé le facteur porte-monnaie et scruté la balance de diplômés et de non-diplômés qui gagnent la même chose. Là encore, celui qui a fait son université est moins gros que celui dont le chemin n’est pas passé par un campus ».

26 07 13

« Soins psychiatriques : deux députés veulent alléger la sécurisation »
Le Monde , Libération 

Le Monde observe que « noyée parmi les 33 projets de loi débattus en session extraordinaire, la proposition de loi sur les soins sans consentement en psychiatrie a été accueillie sans bruit. Il s’agit pourtant de revenir sur l’une des réformes les plus contestées des 10 dernières années en matière de santé mentale ». Le journal explique que « déposée le 3 juillet par les députés socialistes Denys Robiliard et Bruno Le Roux, la proposition de loi modifie les dispositions législatives du 5 juillet 2011, qui avaient été en partie censurées par le Conseil constitutionnel le 20 avril 2012, en raison de l’insuffisance des garanties légales encadrant l’admission des patients en unité pour malades difficiles (UMD) et les hospitalisations d’office des personnes reconnues pénalement irresponsables ».  

Le Monde rappelle entre autres qu’« en novembre 2008, après la mort à Grenoble d’un étudiant poignardé par un malade en fuite, Nicolas Sarkozy avait annoncé vouloir « sécuriser » davantage les hôpitaux psychiatriques. Le fait divers à l’origine de la loi de 2011 avait poussé au renforcement des mesures de rétention à l’égard des malades, en verrouillant davantage les hospitalisations d’office ».  

Le quotidien évoque la « principale mesure [de cette proposition de loi], la modification du statut des UMD, revenues dans le droit commun de la psychiatrie : le passage par ces centres sera d’abord justifié par la pathologie du malade et non sur le seul critère de dangerosité. Les sorties de courte durée, supprimées par la loi de 2011, sont réintroduites, et le juge se déplacera désormais à l’hôpital pour les audiences : les malades devaient jusqu’ici être amenés au palais de justice menottés ».  

Le Monde constate que « ces mesures ont été accueillies avec soulagement dans le milieu psychiatrique, mais sont jugées insuffisantes. Si le texte remet en question les modalités de levée des soins contraints, il ne met que partiellement en cause le régime dérogatoire qui touche les malades hospitalisés d’office reconnus pénalement irresponsables ».   

Le Monde en profite pour publier un reportage intitulé « Dans l’univers carcéral des « malades difficiles » » : « Il faut franchir une première porte, blindée. Se défaire de ses effets personnels dans le local surveillé par un vigile. Passer un deuxième, puis un troisième sas grillagé. Une porte enfin mène à un premier couloir, désert. Là, plantée au fond des 80 hectares du parc du centre hospitalier du Rouvray de Sotteville-lès-Rouen, en Seine-Maritime, derrière une enceinte haute de cinq mètres, l’unité pour malades difficiles Erasme accueille les personnes souffrant de troubles psychiatriques aigus ».  

« Depuis mai 2012, les malades représentant un danger pour autrui ou pour eux-mêmes sont transférés dans cette unité flambant neuve. L’adoption de la proposition de loi […] devrait toucher au plus près le quotidien de ces personnes en simplifiant les conditions de leur sortie », note le journal.

Libération consacre aussi une page à ce texte qui « annule des dispositions votées sous Sarkozy en 2011 qui durcissaient le régime d’internement sans consentement ». Eric Favereau constate qu’« hier, à l’Assemblée, une trentaine de députés de tous bords ont débattu. Sans coups d’éclat. Aucune grande envolée, mais au final des petites avancées pour les malades ».

Revue de presse santé psy – mai 2013

02 05 13

« Autisme : dépistage dès 18 mois et changement de méthode »
Le Parisien , Le Monde , La Croix , Le Figaro 

Le Parisien publie un entretien avec la ministre déléguée aux Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, qui « présente le 3ème plan Autisme (2014-2017), préconisant notamment un dépistage dès 18 mois et une orientation vers les méthodes éducatives et non plus psychanalytiques ».  

Marie-Arlette Carlotti déclare ainsi : « On sait que plus [le dépistage] est précoce, meilleure est la prise en charge. Donc à partir du premier trimestre 2015, profitant de la refonte du carnet de santé, nous y inclurons une grille de dépistage des premiers signes, dès l’âge de 18 mois ».  

Le Parisien ajoute que « la ministre annonce la création de 350 places dites « de répit », permettant des placements de courte durée. […] Mme Carlotti annonce également 700 places pour les petits en unité d’enseignement en maternelle, la formation de 5.000 professionnels du secteur médico-social aux méthodes éducatives et 1.500 places d’accueil en plus pour les adultes autistes ».  

« Le plan prévoit par ailleurs une plus grande intégration des familles, via des comités d’usagers et la nomination d’un « référent autisme » au sein du comité interministériel du handicap », relève le quotidien, qui précise que « le budget de ce plan est de 205,5 millions d’euros, en progression de 18 millions d’euros par rapport au précédent plan ».

Le journal note enfin que « la ministre souhaite à travers ce plan que « la France s’oriente vers une autre méthode dans la prise en charge de l’autisme » et met clairement en cause la méthode psychanalytique qui prévalait jusqu’ici ».   

Le Monde évoque aussi ce 3ème plan Autisme, relevant qu’« alors que la France accuse un retard de plusieurs décennies sur la prise en charge de l’autisme, [Marie-Arlette Carlotti] admet que ce nouveau plan s’est fait attendre car « on a voulu jouer la concertation, et il y avait des arbitrages budgétaires à faire » ».  

La ministre ajoute : « En France depuis 40 ans, l’approche psychanalytique est partout, et aujourd’hui elle concentre tous les moyens. Il est temps de laisser la place à d’autres méthodes pour une raison simple : ce sont celles qui marchent, et qui sont recommandées par la HAS. […] Que les choses soient claires, n’auront les moyens pour agir que les établissements qui travailleront dans le sens où nous leur demanderons de travailler ».

De son côté, La Croix brosse le portrait de « Lilia, 8 ans, autiste et camarade de classe ». Le journal observe que la petite fille « parvient à créer du lien avec les autres depuis qu’elle est scolarisée, à Paris, dans une classe ordinaire, grâce au soutien de son auxiliaire de vie scolaire et de son enseignante ». 

 

07 05 13

 

« L’enfant hyperactif : la prise en charge en question »
La Croix 
Le quotidien La Croix rappelle que le « trouble du déficit de l’attention – hyperactivité (TDAH) touche entre 3 et 5 % des enfants en France ». Il évoque un trouble «mal compris et mal accepté par la société ». Concernant la prise en charge, « à Robert – Debré, en cas de suspicion de TDAH, le délai d’attente est de deux ans », déplore François Delage. Pour Christine Gétin, de l’association TDAH France, « les choses s’améliorent doucement et « certaines régions commencent à être relativement bien pourvues, autour de Montpellier, Marseille, Bordeaux et Paris » pour effectuer une prise en charge efficace. Le journal ajoute que l’hyperactivité est « la conséquence d’une angoisse profonde que l’enfant dissipe en s’agitant », et qu’outre la prise en charge médicamenteuse, elle « nécessite une approche thérapeutique plurielle, adaptée à chaque enfant ».

 

10 05 13

 

« Le régime méditerranéen préserve la mémoire »
Le Figaro 
Le quotidien révèle que « la plus vaste étude menée sur le sujet confirme les bienfaits psychiques » du régime méditerranéen. Réalisée par l’Université d’Alabama à Birmingham (Etats-Unis) et publiée dans Neurology, la revue de l’Académie américaine de neurologie, cette nouvelle étude montre que « ce type d’alimentation permet de mieux préserver la mémoire et les facultés cognitives », rapporte Le Figaro. « 30239 personnes âgées de 45 ans et plus ont été suivies entre janvier 2003 et octobre 2007. Depuis, elles sont aussi suivies pour les changements de leur état de santé », explique le journal. Parmi elles, « le régime alimentaire de 17 478 personnes, Afro-Américains et Caucasiens, d’une moyenne d’âge de 64 ans, a été étudié avec soin », poursuit-il. Résultat ? Ceux dont « l’alimentation se rapprochait le plus de la diète méditerranéenne étaient 19 % moins enclins à développer des problèmes de mémoire ou intellectuels » et ce, « sans aucune différence entre les Afro-Américains et Caucasiens », précise le quotidien. En agissant sur le régime alimentaire, « on peut contribuer à limiter les altérations cognitives et mémorielles dues à l’âge, surtout en l’absence de traitement contre les démences », explique Georgios Tsivgoulis, neurologiste à l’université d’Alabama et à l’université d’Athènes en Grèce, l’un des auteurs de l’étude. En conclusion, Le Figaro rappelle que l’on sait déjà que ce type de régime alimentaire permet « de réduire de 30° % le risque d’accident cardio-vasculaire ou d’améliorer les chances de grossesse lors d’une fécondation assistée ».

 

13 05 13

 

« Psychiatrie : faut-il ranger les malades dans des «cases» ? »
Le Figaro , Les Echos 

C’est ce que se demande Le Figaro, qui note que « de nombreux psychiatres remettent en cause le «dictionnaire» officiel d’évaluation des maladies psychiques. Le journal relève que « la labellisation des troubles psychiques, l’inflation des étiquettes, «dépressif», «phobique», «cyclothymique», voilà sans doute l’une des premières causes des reproches adressés par une grande partie des professionnels du psychisme au DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) ».

« Cette bible médicale internationale, éditée par l’American Psychiatric Association depuis les années 1980, égraine des listes de symptômes et de comportements «ineptes» sur lesquelles les cliniciens sont censés s’appuyer pour poser leur diagnostic. Ce mois-ci, c’est une nouvelle version de ce manuel qui sera publiée (le DSM 5), publication qui suscite de nombreuses controverses, que ce soit outre-Atlantique ou en Europe », observe le quotidien.

Le Pr Maurice Corcos, auteur de L’Homme selon le DSM.Le nouvel ordre psychiatrique (Éditions Albin Michel), remarque : « Ce catalogue ne donne aucune chance d’évoluer aux patients. Une liste de symptômes n’est qu’une photographie figée de la vie psychique. Cette labellisation rapide a été créée pour servir dans un premier temps l’industrie pharmaceutique américaine – à chaque trouble sa molécule miracle – et aujourd’hui, chez nous, elle permet aux généralistes de pouvoir établir un diagnostic de dépression en 7 minutes ». Le Figaro note toutefois que « de nombreux patients confient le soulagement ressenti lorsque le mal dont ils souffrent est enfin nommé ».

Le journal continue : « Pour de nombreux professionnels, notamment ceux formés à l’approche psychanalytique, quelques symptômes cochés sur une liste ne peuvent servir d’unique référence ». Le Pr Corcos remarque ainsi qu’une « personne qui présente les signes d’un trouble à un moment donné ne saurait être réduite à cela. Il faut l’envisager avec son histoire, même si l’on n’est pas obligé de repartir dans de grandes narrations, comme dans une analyse ».

Le Pr Pierre Bovet, médecin chef au service psychiatrique de l’hôpital de Cery (Suisse), indique pour sa part que « la classification rigoureuse présentée dans le DSM est surtout essentielle pour la recherche et les communications internationales entre professionnels, et nul ne peut contester cette utilité, qui a indirectement aidé les patients. De plus, elle a permis que le savoir ne soit plus le monopole des médecins ». « Cependant, pour ces professeurs de psychiatrie, l’important est que leurs jeunes collègues  s’attachent d’abord à la relation humaine, à la «rencontre psychique» avec un patient », poursuit Le Figaro.

Les Echos relève également que « la cinquième édition du DSM, bible des psychiatres américains, sort la semaine prochaine aux Etats-Unis. Un manuel dangereux pour certains cliniciens, qui appellent au boycott ». Le journal parle de « livre qui rend fous les psychiatres. […] Une partie de la psychiatrie française fait flèche de tout bois dans les médias pour appeler au boycott du fameux manuel de diagnostic. Ce qui peut paraître étonnant, vu que le DSM ne s’applique pas en France, où c’est la Classification internationale des maladies, édictée par l’OMS, qui a seule cours légal », observe le quotidien.

Les Echos cite le psychiatre et psychanalyste Patrick Landman, président-fondateur du mouvement Stop-DSM, qui déclare que « la « pensée unique DSM » s’est répandue partout. Avec la CIM-10, qui date de 1992, l’OMS s’est complètement alignée sur le DSM. […] Seules 10% des personnes qui pénètrent dans mon cabinet souffrent de maladies mentales avérées. Si j’appliquais à la lettre les critères du DSM, ce taux serait de 100% ».

Le journal relève que « parmi les quelques nouvelles catégories introduites par le DSM-V, certaines paraissent très contestables et ont déjà fait couler des flots d’encre. Ainsi du trouble explosif de l’humeur (« disruptive mood dysregulation disorder »), visant les enfants faisant au moins trois grosses colères par mois ».

« Un autre point d’achoppement concerne la dépression, pour laquelle les critères ont été assouplis. Jusqu’à présent, toute personne ayant connu un deuil depuis moins de 2 mois ne pouvait être diagnostiquée dépressive. Ce délai d’exclusion a été ramené à 15 jours dans le DSM-V. Ce qui va mécaniquement entraîner une hausse des diagnostics de dépression, et donc des prescriptions d’antidépresseurs », remarque Les Echos, qui note toutefois que « la France n’a pas eu besoin du DSM pour être la championne de ces psychotropes ». 

 

16 05 13

 

« Les psychiatres se divisent face au DSM-5 »
La Croix 

La Croix note à son tour que « le congrès de l’Association américaine de psychiatrie s’ouvre samedi 18 mai à San Francisco dans un climat tendu. Cette association a rédigé le DSM5, un nouveau manuel qui classifie les diagnostics des maladies mentales ». Le journal titre sur sa Une : « Maladies mentales, des frontières floues », évoquant la « controverse [qui] entoure la sortie du nouveau manuel ».

La Croix explique ainsi sur une double page que « la planète «psy» est de nouveau en ébullition. Et c’est sur un ton solennel que plusieurs de ses représentants dénoncent un mouvement, venu des États-Unis, qui risque selon eux de «psychiatriser» divers comportements relevant de la plus parfaite normalité. Avec pour principale réponse thérapeutique la délivrance de médicaments psychotropes plutôt que l’écoute de la personne ».

Le quotidien cite de nombreux professionnels, dont le Dr Patrick Landman, psychiatre et psychanalyste, qui remarque que « ce n’est pas une querelle d’experts. L’enjeu est de savoir si nous voulons une société qui “fabrique” des fous et étiquette comme maladies mentales certaines réactions normales comme la tristesse après un deuil ». Le Pr Maurice Corcos, chef du département de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte à l’Institut mutualiste Montsouris, estime qu’« en voulant délimiter le normal et le pathologique, on ne cesse d’élargir les catégories de la maladie mentale. […] En France, la formation initiale des médecins à la psychiatrie reste largement sous l’influence du DSM. Et il ne faut pas oublier que 80% des psychotropes sont prescrits par des généralistes qui sont très sollicités par les laboratoires pharmaceutiques dont les études sont faites avec les classifications issues de ce manuel ».

De son côté, Pascal Diethelm, ancien fonctionnaire de l’OMS, déclare : « Cette inquiétude se fonde sur des constats souvent fallacieux et surfe sur la théorie très en vogue du grand complot de l’industrie pharmaceutique qui inventerait de nouvelles maladies pour vendre des médicaments ». Le Pr Viviane Kovess-Masfety, psychiatre, épidémiologiste et enseignante à l’École des hautes études en santé publique, note pour sa part : « Il peut arriver que des personnes développent d’authentiques dépressions après la perte d’un proche. Et dans ce nouveau manuel, il y a en fait tout un chapitre qui explique précisément la différence entre les symptômes normaux du deuil et ceux d’un épisode dépressif majeur. Le but est bien d’éviter de faire la confusion. [Le DSM-5] est juste un outil de diagnostic qui n’empêche pas le médecin de garder son libre arbitre et de ne pas prescrire un médicament s’il estime que cela n’est pas justifié ». 

 

21 05 13

 

« On peut désormais prédire le devenir de certains patients dans le coma »
La Croix 

Marine Lamoureux constate en effet dans La Croix que « des travaux menés en France permettent aujourd’hui d’affiner le pronostic des personnes dans le coma après un arrêt cardiaque ou un traumatisme crânien. Grâce à l’IRM, dans un nombre croissant de cas, on pourra prédire si le patient va se réveiller et avec quelles séquelles. Un progrès de nature à changer l’approche médicale et éthique de ces patients, ainsi que les relations avec leur famille ».

La journaliste évoque ainsi « l’étude «IRM Coma», menée par l’unité de neuroréanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris en partenariat avec le service de neuroradiologie (Dr Damien Galanaud) et l’Inserm. Celle-ci, qui a impliqué 10 centres de réanimation en France et en Belgique, vient de donner lieu à deux publications dans Anesthesiology ».

« Le principe est le suivant : comparer, grâce à un logiciel informatique sophistiqué (Comasoft), les résultats d’IRM du patient qui arrive en réanimation à ceux d’une banque de données mise en place à partir de centaines de personnes gravement accidentées dont on connaît le pronostic à 1 an. En étudiant les paramètres anatomiques (quelles zones du cerveau sont touchées et à quel degré), fonctionnelles (comment ces zones communiquent entre elles) et métaboliques, le pronostic s’éclaire », note Marine Lamoureux.

Le Pr Louis Puybasset, coauteur de l’étude, précise qu’« il y a un double enjeu. Le premier, c’est de ne pas baisser les bras trop tôt, en se donnant le maximum d’outils pour évaluer les chances réelles qu’a un patient de s’en sortir ». La journaliste note que « l’autre enjeu, […] c’est d’éviter l’obstination déraisonnable. Car certains patients ont des lésions cérébrales si graves qu’ils sont condamnés à une vie végétative, sans espoir de retour à la conscience ».

« Néanmoins des questions éthiques demeurent, dont la plus difficile à appréhender : quelles séquelles accepter ? Jusqu’où la vie vaut-elle d’être vécue ? »,continue Marine Lamoureux.

 

27 05 13

 

« Alzheimer : une étude à jeter aux oubliettes »
Libération , Le Monde 

Libération note que « l’an dernier, la très respectée revue américaine Science publiait une étude révélant les effets positifs sur les souris d’un médicament anticancéreux dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer ». Le journal rappelle qu’« une équipe de chercheurs américains prétendait que ce traitement à base de bexarotène inversait les symptômes d’Alzheimer comme la perte de la mémoire. Une publication qui avait suscité d’immenses espoirs dans l’univers médical et au-delà ».

Libération constate qu’« un an plus tard, la même revue apporte un démenti cinglant. Quatre équipes de chercheurs internationaux ont tenté de reproduire l’expérience sans y parvenir. […] L’avancée médicale qu’avait laissé espérer l’étude de 2012 n’existe pas ».

« Depuis longtemps, l’Alzheimer est instrumentalisée par des lobbys qui tentent de faire émerger des traitements qui se révèlent au final inopérants, sauf pour le chiffre d’affaires des laboratoires pharmaceutiques. Les études publiées par les 4 équipes de chercheurs sonnent comme une mise en garde pour les médecins qui seraient tentés de prescrire le fameux bexarotène », poursuit le journal.

Le quotidien note en effet que « cette molécule, plus connue sous le nom de Targretin, utilisée pour lutter contre le cancer de la peau, peut provoquer de graves effets secondaires ».

Le Monde évoque également cette « étude sur Alzheimer invalidée » et cite David Borchelt, professeur de neurosciences à l’université de Floride, qui explique : « Nous voulions reconstituer cette étude, pour voir si nous pouvions l’exploiter, mais nous n’avons pas réussiPeut-être devrait-on prendre certaines précautions avant de poursuivre, pour la sécurité des patients ».

Le journal note lui aussi que la molécule est « utilisée par les médecins pour traiter leurs patients atteints d’Alzheimer, alors même qu’elle peut provoquer de graves effets secondaires, regrette Robert Vassard, professeur de biologie cellulaire et moléculaire à l’école de médecine de l’université Feinberg, qui a appelé « à mettre un terme à cette pratique immédiatement » ».

 

29 05 13

 

« Hyperactivité : l’étonnant succès de la Ritaline »
Le Parisien 

C’est ce que titre Le Parisien, qui constate sur une page que « la consommation de [ce médicament], prescrit aux enfants, bondit alors que ses vertus divisent les médecins ». Le journal remarque ainsi : « On la surnomme Kiddy Coke ou drogue des enfants ! La Ritaline, cousine des amphétamines, classée parmi les stupéfiants, est indiquée pour soigner les troubles de l’attention associés à l’hyperactivité chez les enfants et les ados. Dans les années 1990, de graves dérives avaient été dénoncées aux Etats-Unis où 10% des enfants âgés de 9 à 12 ans étaient traités au méthylphénidate ».

« La polémique pourrait rebondir dans l’Hexagone où les ventes de ce médicament aux effets secondaires non négligeables connaissent une hausse phénoménale sans raison apparente », observe le quotidien. Le Parisien relate une étude du laboratoire de recherche Celtipharm, qui « observe en continu l’activité de 3.004 pharmacies » et selon laquelle « le nombre de boîtes [de méthylphénidate] vendues a bondi de 70% en 5 ans, passant de 283.700 boîtes en mars 2008 à 476.900 en mars 2013 ». Le journal précise que « plus de la moitié (55%) sont vendues sous la marque Ritaline (Novartis), devant Concerta (Janssen Cilag), 24,5%, et Quasyn (20,1%) produit par Shire France ».

« Etonnamment, l’augmentation du nombre de consommateurs est encore plus forte : +83% en 5 ans et même +114% chez les moins de 20 ans. Et l’âge médian des utilisateurs est tombé de 15 ans à 13 ans alors que le produit se consommant plusieurs années, la moyenne d’âge devrait augmenter », continue le journal. Le quotidien s’interroge : « Pourquoi cette envolée de ce médicament dont la prescription initiale est réservée aux seuls spécialistes hospitaliers ? […] Rien de nouveau sur le plan scientifique ne la justifie et ce produit ne doit être prescrit qu’en seconde intention selon les recommandations express de la HAS ».

« Ce bond de la consommation suscite d’autant plus d’interrogations que, le 3 octobre 2012, la HAS a estimé que «des incertitudes demeurent sur les effets à moyen et long terme du méthylphénidate, notamment en termes d’événements cardiovasculaires, neurologiques et psychiatriques» », rappelle Le Parisien. Le quotidien ajoute que « les experts de l’Autorité évoquaient «un risque d’usage détourné, de mésusage ou d’abus» ».

Le journal constate que « la molécule fait polémique » et interroge le Dr Louis Véra, psychiatre hospitalier et enseignant à l’université Paris-V, qui déclare qu’« en France, les prescriptions sont très inférieures à ce qu’elles devraient être : moins de 1% de la population est traitée alors que le trouble touche entre 5 et 6% de la population générale. […] Soixante ans de recul et de nombreuses études nous montrent son innocuité ».

Le Pr Maurice Corcos, chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’Institut mutualiste Montsouris, observe pour sa part : « Il y a en France une énorme surprescription de Ritaline. On s’aperçoit d’ailleurs que la Ritaline n’a pas réglé, comme certains le prédisaient, les problèmes de délinquance, de drogue et d’abandon scolaire chez les adolescents. […] Ce produit, comme toute amphétamine, entraîne une dépendance psychique et physique. […] On prescrit la Ritaline très souvent pour soigner une hyperagitation, ce qui n’a rien à voir. […] Dire qu’il y a des conflits d’intérêts avec les laboratoires est une évidence », ajoute le praticien. 

 

« Drogues de synthèse, alcool, cocaïne, herbe…, les pratiques des Français s’européanisent »
Le Monde 

Le Monde fait savoir que l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) « publie «Drogues et addictions, données essentielles», un panorama de la décennie passée en matière de consommation, dommages, saisies, soins… Autant de diagnostics dont devra tenir compte le gouvernement dans le plan de lutte contre les addictions qu’il doit dévoiler bientôt ».

Le journal remarque entre autres que « la moitié des jeunes de 17 ans déclarent avoir bu au moins 5 verres en une même occasion au cours du dernier mois. Ce phénomène, que les Français appellent les « alcoolisations ponctuelles importantes » (API), et les Anglo-saxons le « binge drinking », s’est développé dans l’Hexagone depuis 2005. C’est un indice parmi d’autres d’une France qui s’européanise en matière d’addiction. Pour beaucoup sous l’impulsion des jeunes », qui publie en outre un dossier sur cette « génération «biture express» ».

Le Monde note que « parmi les évolutions marquantes, les nouveaux produits de synthèse figurent en bonne place. […] On aurait pu croire qu’il y aurait là une exception française ; que la France serait épargnée parce que les sites de vente étaient, du moins au départ, tous anglophones. Cela n’a pas empêché les Français, un peu après les Anglais, les Irlandais ou les Polonais, d’adopter ces produits ».

« Pour la cocaïne également, la France se rapproche des pratiques de ses voisins. Longtemps, sa consommation était considérée comme faible. Mais elle a augmenté dans les années 2000. Le taux de personnes âgées de 18 à 64 ans en ayant consommé dans l’année est passé de 0,3% à 0,9%. Chez les jeunes de 17 ans, de 0,9% à 3%. En parallèle, dans les pays les plus consommateurs comme l’Espagne et le Royaume-Uni, la consommation a reculé », poursuit le quotidien.

 

Revue de presse santé – psy mars 2013

08 03 13

« La stimulation cérébrale profonde efficace dans l’anorexie »
Le Nouvel Observateur , Le Figaro 

Le Nouvel Observateur indique en effet que « des chercheurs canadiens ont montré dans une étude pilote que la stimulation cérébrale profonde pouvait donner des résultats positifs dans le traitement de l’anorexie ».

Le magazine explique que l’étude « a porté sur un petit nombre de patientes résistantes aux autres formes de prise en charge, mais a fait l’objet d’une publication dans le Lancet. Avec des électrodes, les médecins ont ciblé et excité une zone du cerveau dont l’activité est anormale chez les anorexiques mais aussi chez les dépressifs ». Le Nouvel Observateur précise que « si les spécialistes n’ont pas déploré de décès, d’accident vasculaire grave ou d’infection, ils notent cependant qu’une patiente a été prise des convulsions durant l’intervention et d’attaque panique ».

« Mais sur les six patientes, trois ont maintenu un indice de masse corporelle supérieur à celui du départ. Leur qualité de vie s’est également améliorée, en termes d’humeur ou d’anxiété ou de comportements obsessionnels compulsifs liés à cette maladie », poursuit le magazine.

Le Figaro note également que des chercheurs, menés par le Dr Andres Lozano, neurochirurgien à l’université de Toronto, « ont testé pour la première fois les bénéfices de la stimulation cérébrale profonde sur des anorexiques. Quoique très invasif, le traitement montre des résultats intéressants ».

Le journal relaie les réactions de neurologues et de psychiatres, qui « restent cependant prudents face à ces résultats ». Le Pr Philippe Damier, neurologue au CHU de Nantes, remarque ainsi : « Il s’agit d’une étude très préliminaire. Même si la méthode était validée ultérieurement, ce type de thérapie resterait limité à des indications très particulières et donc à un nombre très restreint de patients ».

De son côté, le Pr Ringuet, chef du service de psychiatrie de l’hôpital Paul-Brousse, déclare qu’« il n’y a à ce jour pas suffisamment d’éléments dans la littérature pour justifier d’implanter des patients sur la seule indication d’une anorexie mentale ». Le praticien note toutefois que « le risque lorsque l’anorexie se prolonge, c’est la mort. La stimulation cérébrale profonde pourrait alors être envisagée comme option thérapeutique mais uniquement pour éviter une issue fatale à un petit nombre de patients. Et si d’autres études de plus grande envergure confirmaient ces résultats canadiens ».

11 03 13

« Un cerveau artificiel à 1 milliard d’euros »
Les Echos 

Alors que débute aujourd’hui la Semaine du cerveau, Les Echos se penche sur « l’un des projets scientifiques les plus audacieux de la décennie : le Human Brain Project. […] Un milliard d’euros, 10 ans, plus de 100 laboratoires… C’est la martingale de l’un des paris scientifiques les plus osés jamais conçus en Europe ». Le journal souligne que ce projet, « qui démarrera à la fin de l’année pour se terminer en 2023, n’ambitionne rien de moins que de simuler artificiellement, à l’aide d’algorithmes, de modélisations et d’ordinateurs, le fonctionnement d’un cerveau humain. Peut-être l’objet le plus complexe de tout l’univers connu ! ».

Les Echos continue : « Cette forteresse réputée imprenable logée dans notre boîte crânienne, les scientifiques vont l’attaquer sur deux flancs à la fois. C’est-à-dire selon deux grandes approches, symétriques et complémentaires, portées chacune par l’un des deux codirecteurs scientifiques de HBP : le neurobiologiste israélien Henry Markram, de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), et le physicien allemand Karlheinz Meier, de l’université de Heidelberg ».

Le quotidien explique que « Henry Markram s’est fait connaître en 2005 quand il a lancé le «Blue Brain Project», précurseur de HBP. […] Avec l’aide d’un super ordinateur Blue Gene d’IBM, […] les équipes d’Henry Markram ont réalisé une cartographie très précise des 10.000 neurones constituant la colonne corticale [d’un rat nouveau-né]. Puis ils ont recensé, pour chaque neurone, toutes les données morphologiques, électro-physiologiques et génomiques imaginables. Mais aussi toutes les observations qu’il était possible de faire sur la façon dont ils communiquent deux à deux via les synapses ».

« Cette méthode constitue ce que les spécialistes des neurosciences computationnelles appellent l’approche «bottom-up» : on part du «bas» de l’échelle (du niveau microscopique des neurones et des synapses) pour gravir ensuite un à un les échelons jusqu’à atteindre enfin – espère-t-on ! – le niveau macroscopique, celui du cerveau et des fonctions cognitives qui s’y déroulent », poursuit Les Echos.

Le journal remarque que « les détracteurs de l’approche bottom-up font remarquer qu’elle engendre un océan de données mais n’explique rien ou pas grand-chose, pour la bonne raison que la simulation informatique ainsi obtenue est aussi complexe que le phénomène biologique qu’elle reproduit. En outre, une telle méthode mobilise des capacités de calcul proprement titanesques ».

Le quotidien note donc que « tous les neuroscientifiques s’accordent à dire que l’approche bottom-up est une composante nécessaire mais non suffisante de HBP. Elle doit être couplée à une autre approche, radicalement différente et qualifiée symétriquement de «top-down». C’est celle du projet BrainScales piloté par le second homme-clé de HBP, Karlheinz Meier, et auquel est associée l’Unité Neurosciences, Information et Complexité (Unic) du CNRS ».

Les Echos précise ainsi que « connaître le profil exact de chaque neurone et de chaque synapse (à supposer que la chose soit possible) ne suffit pas, car il existe dans le cerveau, à la différence d’un ordinateur, quantité de «non-linéarités». Dans une machine, un même paramètre d’entrée donnera toujours le même résultat en sortie. Mais pas dans cette masse gélatineuse qu’est notre cerveau ! ».

13 03 13

« Un psychiatre radié à vie par ses pairs »
Le Parisien 

Le Parisien se penche sur « une décision rarissime », expliquant que « le Conseil national de l’Ordre des médecins vient de radier à vie un psychiatre de Metz (Moselle) accusé par l’une de ses anciennes patientes de viols et d’agressions sexuelles entre 2008 et 2010 ».

Le journal indique qu’« en 2007, Donatina [aujourd’hui âgée de 52 ans] rencontre le psychiatre lors d’une hospitalisation après une tentative de suicide. A sa sortie, le médecin – dont le cabinet se trouve dans le même immeuble que son logement – propose de la suivre ». La plaignante déclare ainsi : « Très vite, il a commencé à m’embrasser. Il m’a placée sous son emprise, comme un gourou. C’était d’autant plus facile que, pour ma thérapie, je lui confiais absolument tout ». Le Parisien ajoute que « les relations sexuelles s’enchaînent dans le cabinet, 2 jours par semaine ».

Le quotidien note que « Me Xavier Iochum, avocat du psychiatre, nie les accusations de viols, évoquant «une relation amoureuse qui se termine mal. […] Il n’était plus son thérapeute lorsque la relation a démarré» ».

Le Parisien relève cependant que « si le psychiatre ne percevait plus d’honoraires, il a pourtant continué à établir des certificats médicaux et des ordonnances pour Donatina. Dans sa décision sans équivoque, l’Ordre souligne un «manque de respect de la dignité de la patiente» et les «conditions douteuses» de sa prise en charge compte tenu de sa «très grande fragilité psychologique» et de sa «dépendance» face à un homme en «position d’autorité» ».

Le journal ajoute qu’« une autre procédure au civil est en cours. Paradoxalement, la justice pénale, elle, n’a pour l’instant pas bougé. Une première plainte a été classée et l’instruction en cours piétine. Mais Donatina, qui a enchaîné les tentatives de suicides depuis, veut «qu’il soit puni». Une autre ex-patiente du docteur, dont elle a eu un enfant, entend d’ailleurs se constituer partie civile. De son côté, le praticien mis en cause annonce qu’il va faire appel de sa radiation auprès du conseil d’Etat », conclut Le Parisien.

« Un lien établi entre mauvais sommeil et maladie d’Alzheimer »
Le Nouvel Observateur 

Le Nouvel Observateur indique qu’« un sommeil perturbé, de mauvaise qualité, pourrait être un signe précoce de la maladie d’Alzheimer. Des chercheurs de l’université de médecine de Saint-Louis aux Etats-Unis ont en effet constaté que les personnes sans problème de mémoire qui dormaient mal étaient plus nombreuses à avoir des plaques amyloïdes dans le cerveau. Or, la présence des plaques amyloïdes est un des signes cliniques de la maladie d’Alzheimer »,rappelle le magazine.

Le Nouvel Observateur explique que dans ce travail paru dans le Jama, « les chercheurs ont analysé le sommeil de 142 personnes âgées en moyenne de 65 ans, grâce à l’actigraphie, un appareil qui mesure les mouvements du dormeur, et ils ont déterminé la présence de dépôts amyloïdes en analysant le liquide céphalo-rachidien ».  

« Plus de 20% des personnes avaient un sommeil agité et ces personnes présentaient un taux beaucoup plus élevé de peptides béta-amyloïde 42 dans le liquide céphalo-rachidien. Pour le Pr David Holtzman, un des [auteurs], «ces résultats renforcent le lien entre qualité du sommeil et apparition de la maladie» », note l’hebdomadaire.

Le Nouvel Observateur s’interroge toutefois : « Est-ce la mauvaise qualité du sommeil qui provoque ces dépôts amyloïdes ou l’inverse ? L’étude ne permet pas de répondre ». Le Pr Florence Pasquier, neurologue au Centre mémoire ressources et recherches au CHRU de Lille, remarque ainsi que « cette étude renforce l’intérêt de prêter attention à la qualité du sommeil, mais elle n’établit pas de lien de cause à effet. On ne peut pas affirmer qu’un problème de sommeil conduira forcément à la maladie d’Alzheimer ».  

Le magazine ajoute que la spécialiste « souligne que la mauvaise qualité du sommeil est surtout associée à une autre maladie apparentée à Alzheimer, la maladie à corps de Lewy. […] Néanmoins, selon plusieurs études, près de 40% des malades diagnostiqués Alzheimer ont des troubles du sommeil. Et surtout les perturbations du sommeil sont associées généralement à des altérations cognitives et fonctionnelles plus importantes, et à un déclin plus rapide selon les études », continue Le Nouvel Observateur.

Le Pr Pasquier précise : « C’est certain, les troubles du sommeil sont à rechercher chez les personnes qui ont une plainte cognitive. Mais les troubles du sommeil peuvent aussi s’expliquer par d’autres facteurs, par exemple lorsqu’il y un syndrome d’apnée du sommeil, ou tout simplement parce qu’il y a une mauvaise hygiène du sommeil. […] Le message important, c’est que le sommeil a des répercussions sur le fonctionnement cognitif, mais que cela peut être remédiable ».

 

14 03 13

 

« La justice condamne l’usage thérapeutique du cannabis »
La Croix , Libération 

La Croix relève en effet que « le tribunal correctionnel de Belfort a condamné hier un consommateur de cannabis qui, atteint de myopathie, faisait valoir que seul ce stupéfiant apaisait ses douleurs ». Le journal observe que « le prévenu a écopé d’une amende de 300 € assortie de 5 ans de mise à l’épreuve. Il s’agit toutefois d’une condamnation très clémente en comparaison de celles qui ont été prononcées dans les affaires classiques de drogue ».  

Le quotidien rappelle cependant qu’« en 2002, la cour d’appel de Papeete (Polynésie française) avait conclu différemment en relaxant un paraplégique qui recourait au cannabis pour apaiser ses douleurs », et note que « seule une décision de la Cour de cassation permettra de trancher entre ces deux décisions et d’établir une jurisprudence claire ».  

La Croix souligne en outre que « la question d’un usage thérapeutique du cannabis vient tout juste d’être relancée. Au début du mois, Marisol Touraine s’est déclarée favorable à une révision du code de la santé publique, qui interdit aujourd’hui les médicaments contenant des substances dérivées du cannabis ». Le journal observe toutefois que « les médecins [sont] partagés sur le cannabis thérapeutique ».   

Libération évoque également ce jugement et indique que « le prévenu, qui réclame une relaxe basée sur «l’état de nécessité», va faire appel ». Le journal relève lui aussi que « sauf cas exceptionnels », la justice ne reconnaît pas le cannabis thérapeutique, et note qu’« à Belfort, le médecin de Dominique Loumachi appuyait l’intérêt «bénéfique» du cannabis. Mais le parquet a reproché au Belfortain de ne pas avoir demandé une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) pour du Marinol, cannabinoïde synthétique ».  

Libération observe par ailleurs que « les vertus thérapeutiques du cannabis sont reconnues dans de nombreux pays (Allemagne, Italie, Canada…). Il soulagerait, entre autres, les effets secondaires d’une chimiothérapie (dont les pertes d’appétit), les spasmes dus à la sclérose en plaques, le glaucome. En France, le cannabis est diabolisé alors que personne ne s’indigne de l’usage médical de la morphine », conclut le quotidien.

 

18 03 13


« Des stratégies pour lutter contre la dépression résistante »
Le Figaro 

Anne Prigent rappelle dans Le Figaro que « la dépression est une maladie qui se soigne. […] Mais dans 20 à 30% des cas, cette dépression résiste aux antidépresseurs ». Le Pr Jean-Pierre Olié, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne (Paris), précise que « chez ces patients, […] nous cherchons une stratégie d’optimisation des antidépresseurs en associant un autre médicament. Cela peut être du lithium, des hormones thyroïdiennes ou encore des neuroleptiques atypiques ».  

La journaliste relève qu’« une synthèse de plusieurs études cliniques, publiée sur le site de Plos One Medicine, s’est intéressée aux neuroleptiques atypiques. Ces médicaments se révèlent modérément efficaces sur les symptômes de la dépression et c’est au prix d’effets secondaires importants (prise de poids, sédation…). Un résultat que les psychiatres tiennent à nuancer ».  

Le Pr Chantal Henry, psychiatre au CHU Albert-Chenevier de Créteil, remarque ainsi que « les antipsychotiques ont leur place dans certains types de dépressions »et « raconte avoir vu des dépressifs revivre grâce à ces molécules ». Le Pr Pierre-Michel Llorca, psychiatre au CHU de Clermont-Ferrand, note quant à lui que « la dépression est une constellation hétérogène ».  

Anne Prigent souligne donc qu’« il est difficile de déterminer à l’avance quelle personne va réagir positivement à une stratégie thérapeutique donnée et, jusqu’à présent, ces traitements sont administrés de façon plus ou moins empirique ». Le Pr Henry précise toutefois : « Nous allons progresser sur ce sujet car nous avons lancé de grandes études de cohorte qui vont nous permettre d’affiner les caractéristiques cliniques des dépressions ».  

La journaliste observe que « cette connaissance de la maladie devient indispensable lorsque l’on sait qu’en 2020, pour l’OMS, elle sera la pathologie la plus invalidante dans le monde, après les troubles cardiaques », ajoutant qu’« en France, chaque année, 3 millions de personnes sont terrassées par la dépression, principalement des femmes ».  

Anne Prigent évoque cependant « le paradoxe français : nous nous déclarons d’humeur morose, nous consommons toujours trop de psychotropes, principalement des benzodiazépines, mais nous ne nous soignons pas lorsque nous sommes dépressifs ». La journaliste explique ainsi : « Le sentiment d’être assez «fort» pour surmonter ces difficultés, la crainte de ce que penserait l’entourage, la peur d’être hospitalisé, la peur de l’éventuel traitement autant de raisons pour ne pas faire appel aux médecins ».  

De son côté, le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre à l’hôpital Bichat (Paris), remarque que « les critères objectifs de la dépression ne sont pas assez acceptés en France. Nous finissons par passer à côté, par ne pas chercher le diagnostic ».  

Anne Prigent ajoute qu’« il est souvent plus facile et moins coûteux pour le médecin traitant de prescrire un médicament. Face à une dépression sévère, le traitement par antidépresseur ne se discute pas. Ces médicaments vont mettre plusieurs semaines avant d’agir sur les symptômes. Un peu de patience est donc nécessaire avant de décréter que la dépression fait de la résistance ». Le Pr Lejoyeux note que « si le patient ne répond pas au traitement, soit il ne prend pas correctement son antidépresseur, soit il n’est pas dépressif et souffre d’autre chose ».  

La journaliste indique enfin que « dans la majorité des cas, les antidépresseurs vont aider à restaurer le fonctionnement normal du sommeil, de l’appétit, à retrouver l’initiative, une perception positive de la vie… […] Impossible cependant de prédire qui rechutera ou entrera en résistance ».

 

« Un anti-migraineux pour réduire l’effet des mauvais souvenirs »
Le Parisien 

Le Parisien indique que « si effacer les mauvais souvenirs à la manière du film « Eternal Sunshine » n’est pas (encore) possible, des scientifiques parviennent désormais à en réduire la charge émotionnelle. Pas de lavage de cerveau nécessaire, un simple anti-migraineux suffit : le Propanolol, un médicament de la classe des bêtabloquants ».

Le journal relaie une information de La Dépêche du midi, expliquant que « des chercheurs du laboratoire de stress traumatique de Toulouse (Haute-Garonne), rattaché à l’université Paul-Sabatier et au CHU, développent depuis 2007 ce traitement innovant. […] Pour l’instant, une quarantaine de patients dans le monde en ont bénéficié ». Le quotidien parle d’une « recherche suffisamment sérieuse pour que le ministère de la Santé ait accordé une subvention au laboratoire », et précise que le but est d’« approfondir l’étude et comparer l’effet du médicament avec un placebo ».

Le Parisien relève qu’« administré 90 minutes avant la séance, cet anti-migraineux agit sur le cerveau émotionnel pendant que le patient est invité à raconter son souvenir traumatisant en rédigeant un texte à la première personne ». La Dépêche du midi explique : « Lors des deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième séances, le script a été imprimé, sur une seule page, comme un story-board », notant que « que le patient doit alors «réactiver son souvenir», une heure et demie toujours après la prise de la molécule ».

Le Pr Philippe Birmes, directeur du laboratoire du stress traumatique de Toulouse, remarque ainsi que « chez les 8 patients traités, on a constaté la baisse des symptômes de stress post-traumatique : transpiration, troubles du sommeil, sursauts exagérés. [Dans le futur], on pourra envisager de faire prendre ce médicament à domicile et de ne faire venir le patient que 10 minutes ».

 

« Les nuits pleines de danger des somnambules »
Le Figaro 

Le Figaro constate que « les risques auxquels sont exposés les somnambules et leurs proches sont sous-estimés, et méritent que l’on prenne cette maladie plus au sérieux », selon une étude menée par le Pr Yves Dauvilliers, directeur du laboratoire du sommeil à l’hôpital Gui-de-Chauliac (Montpellier).

Le journal remarque ainsi : « Yeux fermés, bras en avant, marchant d’un pas lent mais sûr, le somnambule jouit dans l’imaginaire collectif d’une image plutôt calme. Mais la réalité peut parfois s’avérer plus mouvementée : chute, saccage de chambre, jet d’objets, voire même, dans des cas heureusement exceptionnels, des accidents dramatiques comme cet homme devenu tétraplégique après être tombé dans les escaliers ».

« Or, ce trouble du sommeil, qui concerne au moins 4% de la population, a tendance à être banalisé, voire même ignoré par la médecine de ville », relève le quotidien. Le Figaro explique qu’« à travers une vaste étude prospective menée sur 100 somnambules adultes diagnostiqués entre 2007 et 2011 et publiée dans Sleep, l’équipe du Pr Dauvilliers montre que 58% des patients ont expérimenté au moins un épisode de violence durant leurs phases de somnambulisme. Dans 17% des cas, l’étude a recensé des atteintes à l’intégrité physique du patient mais aussi de son partenaire de chambre, tels que des ecchymoses, des saignements du nez, des fractures et même un cas de traumatisme crânien concernant un patient s’étant défenestré du troisième étage ».

Le Dr Eric Mullens, médecin somnologue référent du laboratoire du sommeil d’Albi, précise qu’« il ne s’agit pas de violence à proprement parler et encore moins de violence dirigée contre le partenaire. […] La personne a une activité mentale, sans que l’on puisse parler de rêve. Elle se trouve dans une confusion totale quant à son environnement ».

Le Figaro poursuit : « Le somnambulisme est entouré de zones d’ombres, notamment concernant ses symptômes associés. 59% des patients étudiés ici présentent également d’autres signes tels qu’une privation de sommeil, un stress, une anxiété ou des symptômes dépressifs. Mais il est difficile de déterminer si ces facteurs sont la cause ou la conséquence du somnambulisme ».

Le journal rappelle enfin qu’« il existe des traitements. Ceux-ci passent dans un premier temps par l’éducation du patient dans les centres du sommeil où des thérapies comportementales pourront notamment lui être proposées. […] Dans les cas les plus sérieux, le patient pourra se voir proposer un traitement médicamenteux à base de benzodiazépines ».

 

22 03 13

 

« Le sommeil des Français, ce colosse aux pieds d’argile »
Le Monde , Le Parisien 

En cette Journée du sommeil, Le Monde observe que « la durée du sommeil va décroissante et les troubles du sommeil, pernicieux, [sont] à l’origine de nombreux dysfonctionnements de la santé ». Le journal relate les résultats d’un sondage OpinionWay pour l’Institut national du sommeil et de la vigilance (Insv) et la mutuelle MGEN, notant qu’« en 2012, le temps de sommeil des Français est resté à peu près stable, de 7 heures en moyenne en semaine et de 8 heures le week-end, par rapport à 2011. […] Cette durée de sommeil correspond à la moyenne préconisée par les spécialistes ».

Le Pr Damien Léger, président de l’Insv, remarque cependant que « 30% des Français dorment moins de 6 heures, en deçà du seuil réparateur. Ce sont souvent des jeunes actifs avec de longs trajets de transports ». Le Monde note ainsi que « 30% des sondés affirment dormir entre 2 et 6 heures par jour en semaine, et ils sont 12% à conserver ce rythme le week-end. […] Ce manque de sommeil est lié à un risque plus élevé d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires », rappelle le quotidien.

Le journal relève que « le rythme de sommeil des Français est déréglé par des réveils nocturnes. Près de 7 sondés sur 10 (69%) affirment se réveiller au moins une fois la nuit, dont 11% disent se réveiller au moins trois fois chaque nuit. Plus d’un tiers des personnes interrogées (36%) affirme souffrir d’au moins un trouble du sommeil ». « L’insomnie est le trouble le plus fréquemment cité par les répondants (18%), devant les troubles du rythme du sommeil (17%), le syndrome des jambes sans repos (6%) et le syndrome d’apnée du sommeil (5%) », continue Le Monde.

Le quotidien indique en outre que « les nuisances environnementales, thème de cette 13e Journée du sommeil, participent aux troubles du sommeil : 24% des Français interrogés sont exposés à l’éclairage public dans leur chambre, les trois-quarts disposent d’au moins un appareil électronique dans la pièce où ils dorment et 42% dorment avec leur téléphone mobile allumé. […] Dans 9 cas sur 10, le bruit qui dérange provient de l’extérieur, émis pour l’essentiel par les transports (61%) ».

« L’enquête pointe d’autres habitudes peu propices à un sommeil de qualité. Il y a ceux qui dorment avec leur animal favori ou encore avec les portables, radio, téléviseurs, ordinateurs et tablettes, présents dans 3 chambres à coucher sur 4 », ajoute Le Monde.

Le Parisien consacre pour sa part près d’une page à « une arme antironflement ». Le journal note en effet que « 15 millions de Français indisposent leur entourage dès qu’ils ferment l’œil. Pour éviter les décibels intempestifs, une nouvelle méthode est lancée ». Le quotidien évoque l’orthèse de la société Oniris, « sorte de protège-dents façon boxeur qui, en avançant la mâchoire, empêche les ronflements. Elle est vendue environ 80 € sur Internet ou en pharmacie, alors que les orthèses disponibles sur le marché jusqu’à présent coûtent entre 400 et 800 € », observe Le Parisien.

 

25 03 13

 

« De nouveaux médicaments pour combattre l’alcoolisme »
Le Figaro 

Le Figaro observe que « l’arrivée imminente sur le marché de nouveaux médicaments [contre la dépendance à l’alcool] suscite un grand espoir chez les addictologues, comme chez les malades. Elle ravive aussi la rivalité entre laboratoires ».

Le journal se penche ainsi sur ces nouvelles molécules, relevant que « le Selincro [nalméfène] est à ce jour le plus abouti. Commercialisé par le laboratoire danois Lundbeck, il a reçu une autorisation de mise sur le marché européen le mois dernier et devrait être disponible dans les pays scandinaves, en Pologne et en Allemagne dès cette année. Il est attendu en France à partir de 2014 ».

Le Figaro explique que « l’originalité de ce traitement est de ne pas viser l’abstinence du malade, mais de réduire son envie de boire. Les essais cliniques ont montré qu’il entraîne, avec peu d’effets secondaires, une diminution de la consommation d’alcool de près de 60% après 6 mois de traitement, soit une «baisse moyenne de près d’une bouteille de vin par jour», selon le laboratoire. Il est indiqué pour des adultes moyennement dépendants, qui n’ont pas de symptômes de sevrage ». Le Pr Michel Reynaud, psychiatre à l’hôpital Paul-Brousse (Villejuif), observe que « ce médicament va permettre aux médecins, y compris généralistes, de proposer à leurs patients autre chose que l’abstinence à vie, qui leur paraît terrifiante. C’est une petite révolution dans la prise en charge ».

Le journal note que « le deuxième médicament, l’Alcover, est un traitement connu, prescrit en Italie et en Autriche depuis une quinzaine d’années. Le laboratoire D&A Pharma […] mène actuellement un essai clinique de phase 2-3 dans l’espoir de le lancer en France à la fin de l’année 2014. La molécule utilisée n’est autre que le GHB, la «drogue du violeur», ce qui pourrait constituer un handicap pour sa commercialisation. Il est indiqué chez des patients alcoolodépendants qui ont pour projet l’abstinence. […] Il comporte un risque d’addiction ».

Le Figaro relève enfin que « la molécule la plus connue du grand public est le baclofène, aujourd’hui prescrit comme décontractant musculaire dans certaines maladies, comme la sclérose en plaques. […] Il fait actuellement l’objet de deux essais cliniques, en vue d’une autorisation de mise sur le marché dans l’indication spécifique de lutte contre l’alcoolisme ».

Le quotidien souligne qu’« alors que l’arsenal thérapeutique se limite aujourd’hui à deux molécules aux effets modestes (l’acamprosate et la naltrexone), un nouvel horizon s’ouvre ainsi pour les médecins et les malades. Mais ces médicaments ne sont pas sans poser de nouvelles questions. On ne sait pas en effet comment réagira le patient à l’arrêt du traitement. Sera-t-il obligé de le prendre à vie ? ».

« On ignore aussi si la diminution des quantités bues aura un effet significatif sur les comorbidités. Suffira-t-elle, par exemple, pour guérir d’une maladie alcoolique du foie ou diminuer une hypertension ? Enfin, les addictologues n’ont pour l’heure aucun critère scientifique leur permettant de préférer un médicament à un autre, selon le profil du patient », poursuit le journal. Le Figaro note enfin que « les psychiatres rappellent qu’il n’existe pas de molécule miracle. Des thérapies comportementales et une assistance sociale restent nécessaires pour lutter contre une dépendance aux ressorts complexes ».

 

« Râler, ça fait du bien »
Le Parisien 

Le Parisien s’interroge : « Considérée comme un sport national, la «râlerie» à la française serait-elle en train d’acquérir ses lettres de noblesse ? ». Le journal indique que « plusieurs études et essais publiés ces dernières semaines aboutissent à la même conclusion : exprimer sa colère, à bon escient, est bon pour la santé ».

Le quotidien explique ainsi que « plusieurs spécialistes à travers le monde considèrent que le fait d’exprimer ce qu’on a sur le cœur – au lieu de bouillir intérieurement – apporte de vrais bénéfices santé. A condition de respecter certaines règles ». Le Parisien relève notamment que « savoir exprimer sa mauvaise humeur augmenterait l’espérance de vie. Tel est le résultat surprenant d’une vaste étude, menée par des chercheurs en psychologie de l’université allemande d’Iéna auprès de 6.000 personnes ».

« Ils ont constaté chez les individus les plus «répresseurs» (qui contiennent leurs émotions négatives) une accélération cardiaque (qui pourrait à la longue augmenter les risques d’hypertension ou d’ennuis cardiaques) par rapport à ceux qui extériorisent leurs émotions », poursuit le journal.

Le Parisien conseille en outre de « râler auprès de la bonne personne. […] Pour une plainte efficace, combien se perdent dans le vide ! », ou encore cite le psychologue Didier Pleux, qui précise qu’« il ne faut pas confondre s’affirmer et faire des colères. Le plus grand nombre d’accidents cardiaques, c’est quand même chez les colériques ».

 

26 03 13

 

« La pilule qui efface les traumatismes »
Le Parisien 

Le Parisien se penche sur « un médicament qui pourrait changer la vie des personnes ayant subi un traumatisme comme une agression ou un accident de la route ». Le journal note ainsi que « depuis 2007, le Laboratoire du stress traumatique de Toulouse (Haute-Garonne) travaille sur une molécule, le propranolol, qui atténue les mauvais souvenirs de la mémoire ».  

« Une quarantaine de personnes à Toulouse, Montréal et Boston ont déjà bénéficié de ces recherches qui vont s’étendre à de nouveaux patients à Lille, Tours ou en Martinique », poursuit le quotidien.

Le Pr Philippe Birmes, directeur du laboratoire toulousain, indique que « le propranolol est un médicament générique connu depuis une dizaine d’années qui était destiné au traitement des migraines ou de l’hypertension. En administrant cette molécule à nos patients, nous avons vu que la charge émotionnelle liée à ces souvenirs traumatisants diminuait. […] Nous l’avons proposée en test à 8 personnes ayant subi l’explosion d’AZF en 2001 ».  

Le Parisien explique ainsi que « 10 ans après la catastrophe, [ces patients] présentaient toujours des troubles importants : certains ne pouvaient plus affronter la foule, d’autres sursautaient au passage d’un avion ou au moindre bruit… Après 6 séances de traitement, les chercheurs ont constaté une baisse de leurs symptômes pouvant se manifester par de la transpiration, une accélération de l’activité cardiaque ou des troubles du sommeil ».  

Le Pr Birmes précise : « C’est le script traumatique, qui permet de réactiver le souvenir lors des séances suivantes. Ces personnes connaissaient une grande détresse émotionnelle car elles revivaient en permanence leur traumatisme. Quatre-vingt-dix minutes après la prise du médicament, elles conservent le souvenir mais n’en souffrent plus ». « Et ce, de manière durable », ajoute le quotidien.

Le journal relève que « selon les chercheurs toulousains, 70% des 40 patients ayant testé ce médicament ont vu leurs symptômes disparaître et seraient guéris. Ce traitement novateur pourrait donc devenir une alternative aux thérapies comportementales. […] Jusqu’à présent, les antidépresseurs servaient également à traiter ces problèmes mais ils endormaient le stress, sans le faire disparaître ».  

Le Pr Birmes déclare que « c’est un grand espoir car le traitement est simple même s’il nécessite la présence d’un médecin. A terme, on imagine la prise du médicament à domicile pour que le patient ne passe que 10 minutes chez le médecin ».

 

29 03 13

 

« L’hyperactivité directement liée au manque de lumière »
Sciences et Avenir , Le Point 

C’est ce que remarque Le Point, qui indique que « la découverte est colossale : en comparant la carte de prévalence du trouble de l’attention et de l’hyperactivité (TDHA) chez les enfants et celle de l’intensité solaire mesurée sur le territoire des États-Unis en 2003 et en 2007, des chercheurs ont constaté une « parfaite correspondance » », selon un article paru dans Biological Psychiatry.

L’hebdomadaire relève que « ces scientifiques de l’université d’Utrecht, du Research Institute Brainclinics, de la Leiden University et de l’Ohio State University décident alors de procéder à la même comparaison dans 9 autres pays où de telles données étaient disponibles : France, Allemagne, Belgique, Hollande, Italie, Colombie, Mexique, Espagne, Liban. Là encore, les courbes de données se superposent, chez l’enfant comme chez l’adulte ».

Sciences et Avenir précise de son côté que « le manque d’intensité lumineuse pourrait expliquer 1/3 des cas de trouble de l’attention et de l’hyperactivité chez l’enfant et jusqu’à 57 % chez l’adulte ».

Le magazine cite Martjin Arns (Research Institute Brainclinics), selon qui « le TDAH serait lié, pour un sous-groupe du moins,  à des troubles du sommeil générant des difficultés de vigilance et de concentration diurnes, liés eux-mêmes à un manque de lumière naturelle ».

« On voit s’accroître deux phénomènes. Tout d’abord on sort de moins en moins dehors la journée. Et le soir, on utilise de plus en plus des outils modernes comme les tablettes, les ordinateurs ou les smartphones, qui émettent une lumière bleue. Or cette lumière, on le sait, perturbe l’horloge biologique », note le spécialiste.

Le chercheur propose un « antidote simple pour améliorer le sommeil et les symptômes du TDHA » : « Il faut s’exposer davantage à la lumière naturelle matinale (comme sortir le chien, aller à l’école à pied, favoriser les jeux dehors). Et le soir réduire les écrans ou réfléchir à des solutions de changements de couleur d’écran grâce à un utilitaire gratuit comme f.lux »

Revue de presse santé – psy avril 2013

02 04 13

« Des thérapies validées dans le plan contre l’autisme »
Le Figaro , Libération 

Delphine Chayet note dans Le Figaro que « face à l’approche psychanalytique, qui demeure privilégiée dans la prise en charge de l’autisme en France, le gouvernement entend promouvoir les thérapies validées scientifiquement. C’est tout l’objet du troisième plan autisme, dont les grandes lignes doivent être présentées [aujourd’hui] par la ministre déléguée aux Personnes handicapées ».  

La journaliste relève ainsi que « Marie-Arlette Carlotti s’appuie sur le rapport publié en mars 2012 par la HAS, qui recommande une prise en charge fondée sur une approche éducative et comportementale. Si elles sont précoces, des interventions de ce type permettent d’améliorer le langage et les facultés cognitives des enfants, mais aussi de faire régresser les symptômes de l’autisme ».  

Delphine Chayet précise que ce « plan interministériel porte sur la période 2013 à 2017. Il vise à remodeler l’ensemble de la prise en charge des enfants autistes : repérage dès l’âge de 18 mois, diagnostic, éducation renforcée et aide à la scolarisation ». De son côté, Florent Chapel, délégué général du collectif autisme, déclare que « la situation est catastrophique dans notre pays. Seuls 10% des enfants bénéficient d’une prise en charge adaptée et vont à l’école. Les adultes sont, quant à eux, enfermés dans des hôpitaux psychiatriques et des centres, ou bien rendus à leurs parents sans aucun accompagnement ».  

Delphine Chayet explique que « le plan vise à améliorer la détection des enfants autistes dès l’expression des premiers signes d’alerte, alors que le diagnostic n’intervient pour l’heure qu’à l’âge de 6 ans en moyenne. […] Un vaste programme de formation des personnels de la petite enfance (puéricultrices, assistantes maternelles, médecins, éducateurs, enseignants…) doit être mis sur pied. Des informations sur l’autisme seront introduites dans les carnets de santé ».  

« Le ministère veut par ailleurs constituer un réseau de diagnostic de premier niveau, en étoffant les équipes des centres d’action médico-social précoce et en les dotant du matériel de dépistage adapté », continue la journaliste. Delphine Chayet ajoute que « les missions des centres de ressources autisme […] seront redéfinies sur la base des recommandations formulées par la HAS afin d’y limiter l’influence de la psychanalyse. Cette discipline qui, en France, se trouve au cœur de la prise en charge des autistes, décrit leur trouble comme une «psychose infantile» liée à un trouble de la relation entre l’enfant et ses parents ».  

« Au plan international, il existe au contraire un large consensus scientifique pour définir l’autisme comme un trouble neuro-développemental assimilable à un handicap, qui requiert une intervention spécifique », souligne la journaliste.

Dans un entretien, Marie-Arlette Carlotti déclare notamment : « Pendant trop longtemps en France, les parents d’enfants autistes ont été laissés à l’abandon, en l’absence d’un repérage précoce de ce handicap et d’une prise en charge adaptée. Cela a engendré un désespoir immense. Il est temps que cette situation de non-assistance se termine ».  

Eric Favereau remarque aussi dans Libération qu’« aujourd’hui, journée nationale de sensibilisation à l’autisme, un troisième plan devrait être annoncé », et constate que l’autisme est « toujours otage du conflit sur ses traitements ». Le journaliste s’interroge : « Qui a raison ? », et fait savoir qu’« en écho, plusieurs livres sur la question sont publiés ces jours-ci ».

 

03 04 13

 

« Un 3e plan autisme pour tenter de combler 40 ans de retard »
Le Parisien , L’Express 

C’est ce que titre Le Parisien, qui note qu’hier, « à l’occasion de la Journée mondiale de l’autisme, Marie-Arlette Carlotti a annoncé que «le 3e plan autisme était prêt». La ministre déléguée chargée des Personnes handicapées […] devrait présenter ce plan prochainement devant le Comité national de l’autisme, des parlementaires et la commission des Affaires sociales à l’Assemblée ».  

Le journal précise que ce plan « comportera 5 axes, parmi lesquels le repérage précoce, l’accompagnement des parcours et le soutien aux parents ». Marie-Arlette Carlotti a ainsi déclaré que « ce plan veut que nous respections les recommandations de la HAS, à savoir, les bonnes pratiques comportementales et développementales que nous irriguerons à travers l’ensemble des territoires et des régions ».  

Le Parisien indique que « la priorité sera d’abord mise sur la détection de la maladie pour pouvoir intervenir auprès de l’enfant dès 18 mois. Pour cela, les professionnels de la petite enfance seront mieux formés. La refonte du carnet de santé, prévue en 2014, devra aussi faciliter le diagnostic ».  

« Le plan prévoit d’augmenter et de diversifier les modes d’accueil des adultes autistes et de créer des «unités d’accueil temporaire rattachées à un dispositif médico-social d’accueil», pour permettre aux familles qui le souhaitent d’avoir des moments de répit. Enfin, des efforts seront faits sur la recherche, la formation et la sensibilisation des professionnels de santé, travailleurs sociaux et enseignants », continue le journal.

Le quotidien relève en outre à propos de ce plan : « Pour les associations et proches de personnes autistes, c’est surtout une révolution culturelle qu’il faudrait opérer, pour combler les «40 années» de retard que la France a prises. Et, une fois pour toutes, cesser de laisser les clés de l’autisme à la psychanalyse, pour passer aux méthodes éducatives, éprouvées à l’étranger ».  

L’Express note pour sa part que « l’espoir des familles a laissé place à la colère ». Le magazine remarque ainsi : « Diagnostics tardifs de l’autisme, mauvaise prise en charge, manque de places d’accueil : les associations et familles concernées par ce trouble ont le sentiment de voir leurs revendications rester lettre morte, après des plans successifs qui ont peu amélioré la situation ».  

L’hebdomadaire cite notamment Danièle Langloys, présidente d’Autisme France, qui déclare que « les familles attendent tout de ce plan mais la France a 40 ans de retard, le chantier est phénoménal », et craint des « vœux pieux ».  

L’Express relève en effet qu’« un bilan du plan autisme 2008-2010 faisait état de 342 places réellement installées pour les adultes et 1 330 pour les enfants à la fin 2010, sur 4 100 places prévues pour la période 2008-2014 », ou encore note que « la prise en charge de l’autisme fait l’objet d’une vive opposition entre les partisans d’une méthode de soin psychiatrique d’une part et éducative d’autre part ».

 

05 04 13

 

« L’altération des neurones n’est plus une fatalité »
Le Point 

Anne Jeanblanc annonce dans Le Point qu’« une équipe du Laboratoire de radiopathologie (composée de chercheurs de l’Inserm et du CEA) vient de montrer, chez le rongeur, la possibilité de produire de nouveaux neurones en toutes circonstances. Une découverte qui, à court terme, pourrait bénéficier aux personnes âgées présentant un déclin cognitif et aux malades qui ont dû subir une radiothérapie de la tête ».  

La journaliste rend ainsi compte de ce travail paru dans EMBO Molecular Medicine, expliquant que « pour identifier les meilleurs moyens de préserver notre « capital neurones », les chercheurs ont tenté de connaître les acteurs responsables de l’altération de la neurogenèse. Il est apparu que les cellules souches capables de reformer des neurones ne disparaissent pas complètement. Certaines survivent, localisées dans une petite zone particulière du cerveau (la zone sous-ventriculaire). Toutefois, elles semblent ne pas pouvoir fonctionner correctement ».  

Anne Jeanblanc ajoute que « des expériences complémentaires ont permis de constater, tant après irradiation que dans le vieillissement, des niveaux élevés d’une molécule synthétisée par les cellules du système immunitaire, essentielle à la communication – la cytokine TGFβ. Conséquences : la « dormance » des cellules souches neuronales, une augmentation de leur susceptibilité à l’apoptose (mort programmée) et une diminution du nombre de nouveaux neurones ».  

Les chercheurs précisent que « la seconde partie de notre travail a permis de montrer que le blocage pharmacologique de TGFβ restaure la production de nouveaux neurones chez des souris irradiées ou âgées ». Anne Jeanblanc conclut donc que « ces résultats devraient induire le développement de traitements ciblés pour bloquer la cytokine TGFβ ».

 

09 04 13

 

« Alzheimer : de nouveaux marqueurs génétiques »
Le Figaro 

Martine Perez observe dans Le Figaro que « les stratégies de diagnostic [de la maladie d’Alzheimer] s’affinent, avec des petits progrès en permanence, mais les traitements, eux, ne suivent pas encore ».  

La journaliste explique ainsi que « des chercheurs américains de l’Université de médecine de l’État de Washington viennent de découvrir de nouveaux marqueurs génétiques liés à cette maladie. Leurs résultats, publiés dans Neuron, basés sur l’examen génétique de 1 200 malades, élargissent le panel des marqueurs et facteurs de risque pour améliorer le diagnostic et envisager de nouveaux traitements ».  

Martine Perez rappelle qu’« en janvier, une équipe américaine développait un test basé sur les subtilités sémantiques de nature à repérer des déclins cognitifs discrets », et note que « chaque mois, des travaux mettent en évidence de nouveaux biomarqueurs, des tests neuropsychologiques plus performants ou encore des techniques d’imagerie plus pointues, pour faciliter le diagnostic précoce de la maladie ».  

Le Dr Françoise Forette (Paris) indique que « plusieurs équipes de chercheurs tentent de découvrir des marqueurs dans le sang qui seraient facilement identifiés à partir d’une prise de sang ». De son côté, le Pr Philippe Amouyel (directeur du laboratoire d’excellence sur la maladie d’Alzheimer, Lille), précise que « lorsque l’on parle de diagnostic précoce, cela signifie diagnostic “en temps et en heure”. Les patients présentant certains troubles choisissent d’aller dans une consultation spécialisée pour s’engager dans une démarche diagnostique ».  

Martine Perez note enfin qu’« en France, il existe plus de 200 consultations mémoire, qui reçoivent chaque mois plusieurs milliers de patients. Si 3 000 nouveaux cas par an surviennent chez des moins de 65 ans, la maladie concerne 20% des plus de 85 ans. Il y a urgence à découvrir un traitement… ».

Sur la même page, Damien Mascret évoque « l’intérêt controversé du diagnostic précoce » et cite notamment le Pr Florence Pasquier, responsable du centre mémoire du CHRU de Lille : « Les patients qui ont des troubles de la mémoire s’inquiètent et ont besoin d’une réponse. Comme tout patient qui se plaint de quelque chose à son médecin ».  

Le journaliste relève toutefois que « le diagnostic de maladie d’Alzheimer est lourd de conséquences. En septembre 2011, après que la HAS a souligné les avantages du diagnostic précoce, pour le patient et ses proches, le Collège national des généralistes enseignants a fait part de ses réticences, jugeant qu’un «dépistage ou un diagnostic trop précoce peut conduire à de nombreux diagnostics faussement positifs et provoquer une angoisse inutile chez les patients et leur entourage» ».  

« Il est probable que les réticences au diagnostic précoce resteront fortes chez les généralistes, tant qu’il n’existera pas de traitement curatif et que l’on devra se contenter de traiter les symptômes », poursuit Damien Mascret.

 

15 04 13

 

« On sait désormais rendre le cerveau transparent »
Le Figaro 

Le Figaro se penche sur une « technique mise au point aux Etats-Unis pour faciliter l’imagerie cérébrale en neurosciences et dresser des cartes 3D plus précises des connexions qui existent dans le cerveau », baptisée « Clarity » et relatée dans Nature.

Le journal évoque « une petite révolution pour les neurosciences », expliquant que « des chercheurs de Stanford, emmenés par Karl Desseiroth – membre du récent projet de recherche américain BRAIN sur les neurotechnologies – ont mis au point une technique capable de rendre totalement transparent un cerveau de souris. Elle permet de faire très facilement des images 3D d’une grande précision des neurones et de leurs connexions ».  

Le Figaro indique que « l’opacité des cellules est d’ordinaire liée à la présence de lipides dans leur membrane. Pour rendre un organe transparent, il faut donc supprimer ces graisses sans endommager les cellules. Pour y parvenir, les chercheurs américains ont plongé les cerveaux de souris de 3 mois dans un bain d’hydrogel, une substance similaire à celle dont sont constituées les lentilles jetables. Les molécules de ce gel ont pénétré les tissus pour former une armature souple et transparente dans l’organe. Les lipides cellulaires ont alors pu être enlevés, en combinant une technique électrique et un nettoyage avec un détergent, sans que l’organe ne se liquéfie ».  

Le quotidien poursuit : « Des techniques classiques d’imagerie ont ensuite été appliquées. Des marqueurs fluorescents, qui ne réagissent qu’en présence de certaines molécules-cibles, ont été injectés dans l’organe pour repérer des cellules particulières (neurones excitateurs ou inhibiteurs par exemple). Ces techniques de marquage permettent même un travail encore plus fin, comme débusquer un neurotransmetteur ou une protéine particulière dans l’organe ».  

Sylvie Chalon, responsable de l’unité Inserm U 930 « Imagerie moléculaire du cerveau », observe que « les clichés obtenus sont incroyablement précis et détaillés. […] Seul bémol, cette technique ne fonctionne que sur des cerveaux récupérés sur des individus morts. Cela permet donc de visualiser toute la circuiterie, mais pas les courants électriques ».  

Le Figaro remarque en outre que « Deisseroth et son équipe ont réussi à appliquer leur technique sur des morceaux de cerveau humain dont certains avaient été conservés dans le formol. La technique aurait d’ailleurs permis de «scanner» un cerveau humain entier s’il existait un microscope assez gros pour effectuer cette tâche… ».  

« Si elle a été pensée pour le cerveau, la technique pourrait par ailleurs fonctionner avec n’importe quel type d’organe, précisent les chercheurs. À charge pour leurs confrères d’imaginer ce que cela pourrait leur permettre de découvrir dans leurs domaines respectifs », conclut le journal.

 

19 04 13

 

« Les bébés aussi ont une conscience ! »
Libération , L’Humanité 

L’Humanité indique en effet qu’« au terme de 5 années de recherches, des scientifiques français viennent de montrer que [dès 5 mois] les bébés perçoivent de faon consciente les objets et les personnes qui les entourent », selon des travaux de chercheurs du Laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistiques du CNRS, en collaboration avec des chercheurs de NeuroSpin (Inserm-CEA), coordonnés par Sid Kouider et parus aujourd’hui dans Science.

Libération évoque aussi ce travail, relevant notamment que « l’enfant met plus longtemps [qu’un adulte] à prendre conscience de la sollicitation qu’on lui présente. Ainsi, à l’âge de 5 mois, il lui faut environ 4 fois plus de temps qu’à un adulte pour y parvenir. […] Mais l’étude montre que ses performances s’améliorent au fil de son évolution. Dès l’âge de 12 mois, […] le chrono est déjà meilleur et le bébé n’est plus distancé par l’adulte que par un rapport de 1 à 3 ».

Concernant les applications de ces travaux, Sid Kouider précise : « détecter plus tôt «certaines pathologies comme l’autisme». […] Ou améliorer «les compétences cognitives des bébés» ».

 

« Doutes sur la fiabilité des neurosciences »
Le Monde 

Pierre Barthélémy évoque sur le site du Monde « une des interrogations les plus angoissantes pour les chercheurs : le phénomène que je mets en évidence est-il bien réel, d’autres équipes le retrouveront-elles ou bien n’est-ce qu’une illusion provoquée par mon protocole expérimental ? ».

Le journaliste rappelle qu’« il a été démontré que de nombreuses études biomédicales, si ce n’est la plupart d’entre elles, étaient… fausses dans le sens où elles décrivaient des effets qui n’existaient probablement pas et que l’on n’arrivait pas à reproduire. Le même constat a été fait en génétique et en psychologie ».  

« Aujourd’hui, c’est au tour des neurosciences de se retrouver sur la sellette suite à une étude américano-britannique publiée par Nature Reviews Neuroscience »,observe Pierre Barthélémy.

Le journaliste évoque ainsi « la fameuse pression mise sur les scientifiques, la loi du « Publie ou péris », puisque l’évaluation des chercheurs et les budgets décrochés par leurs laboratoires dépendent notamment du nombre d’articles publiés. Cette course à la référence incite les acteurs de la science à multiplier les études et les expériences avec des protocoles pas toujours rigoureux sur le plan statistique ».  

Pierre Barthélémy note que « le manque de moyens alloués aux laboratoires participe aussi à cette dérive puisque les contraintes budgétaires restreignent la taille des échantillons qui fournissent les données à analyser. Le tout a pour conséquence de réduire la puissance statistique de ces études, c’est-à-dire la probabilité pour qu’elles découvrent un effet et pour que celui-ci soit réel ».  

Le journaliste continue : « Un autre facteur concourt au manque de fiabilité dans certains domaines : le biais de publication. Les revues préfèrent les découvertes, les résultats « sexy » et nouveaux, aux expériences qui n’ont rien mis en évidence (ce qui est aussi un résultat…) et aux articles dont les auteurs ont simplement voulu vérifier les mesures de leurs collègues. […] Ce biais a pour conséquence de passer sous silence un certain nombre de travaux modérant la portée des découvertes tonitruantes ».  

Pierre Barthélémy explique donc que « si les auteurs de l’étude publiée par Nature Reviews se sont intéressés aux neurosciences, c’est parce que la discipline est envahie par des études s’appuyant sur de petits échantillons. […] L’équipe américano-britannique s’est appuyée sur une cinquantaine de méta-analyses réalisées en 2011 dans la discipline ».

« Le résultat est assez édifiant ou attristant. […] Suivant les domaines (neuro-imagerie, modèles animaux, etc.), la puissance statistique moyenne des études en neurosciences est comprise entre 8 et 31%, soit bien loin de la barre des 80%. […] En étant courantes, ces négligences méthodologiques font peser un doute légitime sur la fiabilité des neurosciences », poursuit le journaliste.

Pierre Barthélémy ajoute que « de bonnes pratiques existent aussi puisque l’analyse montre que près de 15% des études ont une excellente puissance statistique, supérieure à 90%. C’est avec les autres que les auteurs de l’article sont impitoyables, soulignant qu’une recherche à laquelle on ne peut se fier est inutile et coûteuse ».

 

29 04 13

 

« Être payé pour perdre du poids, c’est incroyable, mais ça marche ! »
Le Figaro 

Martine Perez constate dans Le Figaro que « l’imagination est débridée aujourd’hui s’agissant de trouver des solutions à l’épidémie d’obésité galopante partout dans le monde ». La journaliste relève ainsi qu’« un nombre croissant d’entreprises aux États-Unis offrent la possibilité à leurs employés de gagner plus au travail, par le biais d’incitations financières pour rester en bonne santé ».  

« Grâce à l’«Affordable Care Act», des employeurs pourront bientôt proposer des récompenses en espèces sonnantes et trébuchantes encore plus importantes aux salariés qui accepteront d’adopter des comportements plus sains pour la santé, comme arrêter de fumer ou maigrir », indique Martine Perez.

La journaliste fait savoir qu’« une étude vient de montrer que perdre du poids moyennant finance est particulièrement efficace quand la récompense concerne les performances d’un groupe plutôt que celles d’un individu ».  

Martine Perez se penche sur cette étude menée par l’université du Michigan et parue dans les Annals of Internal Medicine « Les auteurs n’ont pas hésité à offrir des contributions financières à deux groupes de personnes obèses. Dans le premier, ceux qui perdaient les kilos fixés comme objectif recevaient 100 dollars par mois. Dans le second groupe de 5 personnes, 500 dollars étaient partagés par mois mais uniquement entre ceux qui avaient réalisé leur objectif de perte de poids, avec donc la possibilité de gagner plus de 100 dollars ».  

La journaliste relève qu’« après 6 mois d’un tel marché, pour le second groupe soumis à une approche collective, la perte de poids a été plus importante que pour ceux récompensés individuellement ».  

Martine Perez note enfin que « si de telles démarches pour maigrir choquent ou étonnent nos oreilles d’Européens, les Américains, eux, sont bien plus pragmatiques ». Les auteurs écrivent ainsi : « L’obésité s’aggrave dans notre pays, le problème va de mal en pis. Nous avons besoin de trouver et d’analyser de nouvelles approches pour combattre ce fléau ».  

« Celle-là risque de coûter cher. Mais peut-être moins que les dépenses générées par l’obésité et ses complications », souligne la journaliste.

 

« La douleur se lit dans les yeux »
Le Figaro 

Le Figaro note en effet que « la taille de la pupille et sa contraction après une stimulation lumineuse seraient de bons indicateurs de l’intensité de la souffrance ressentie par un patient », selon une étude de chercheurs de l’université Paris-Diderot 7 associés à l’Inserm (unité 738), publiée dans Anesthesia & Analgesia.

Le journal explique que « Jean Guglielminotti, médecin anesthésiste, a choisi d’étudier le diamètre de la pupille et l’ampleur de sa contraction après une stimulation lumineuse dans un cas extrême : l’accouchement. […] Avec son équipe il a filmé avec des caméras les pupilles de 24 femmes dans ces quatre situations distinctes : avant et après péridurale, avec et sans contraction utérine ».  

Le Figaro souligne que « les résultats confirment des travaux préliminaires menés dans les années 90 selon lesquels le diamètre de la pupille augmente avec la douleur. Ils établissent aussi que sa contraction est plus marquée après une stimulation lumineuse lorsque la souffrance est forte ».  

« En revanche, ces petites variations sont très difficiles à déceler à l’œil nu. Des caméras très précises et ultra-rapides sont indispensables », relève le quotidien, ajoutant que « les chercheurs n’ont pas réussi à déterminer un seuil générique permettant d’assurer si une personne souffrait ou non ».  

Jean Guglielminotti précise toutefois que « chaque individu pourrait être son propre témoin. Cela signifie qu’en mesurant l’évolution de ces paramètres au cours du temps, par exemple avant et après un traitement antalgique, il serait possible de déterminer l’évolution de la douleur et de savoir ainsi si ce traitement a été efficace ou non ».  

Le Figaro retient que « ces travaux […] pourraient donc permettre de juger de manière plus objective l’efficacité d’un traitement analgésique. A l’heure actuelle, la seule manière de jauger la douleur d’un patient est de lui demander de la classer sur une échelle allant de 1 à 10 ».  

« Les chercheurs espèrent aussi pouvoir mettre au point une méthode permettant de déceler la douleur chez les personnes incapables de s’exprimer : jeunes enfants, patients comateux ou atteints d’un «locked-in» syndrome », conclut le journal.